Documents de la IVe Internationale

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La revue › 3e série n° 9

La question nationale en Irlande

Quatrième Internationale, 3e série n° 9 · juillet-août-septembre 1982 · p. 83-96 · 6 443 mots

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L'Irlande a été occupée par la Grande-Bretagne il y a 800 ans. Depuis exploitée économiquement et privée de ses droits démocratiques. A la la population indigène catholique a été brutalement réprimée, fin du XIX* et au début du XX* siècle, les secteurs les plus clairvoyants de la bourgeoisie anglaise ont voulu résoudre la question irlandaise par l'introduction d'une forme limitée de Home Rule. Cet effort fut bloqué systématiquement par les capitalistes et les propriétaires terriens anglais, qui avaient des intérêts en Irlande, notamment dans les provinces du Nord-Est.

Dans le Nord-Est, il y avait de nombreux colons d'origine presbytérienne écossaise. Les propriétaires et les hommes d'affaires anglais ont exploité leur position et fomenté le sectarisme religieux contre la population catholique irlandaise. Toutes les tentatives d'unir la classe ouvrière sur la base de ses intérêts de classe contre l'exploitation britannique se sont heurtés à l'obstacle constitué par ce sectarisme. L'insurrection de Pâques 1916, tout en n'atteignant pas le but de conquérir l'indépendance par la force, a mis en branle un processus qui, finalement, a obligé le gouvernement britannique à faire des démarches pour résoudre la situation. Cela s'est produit malgré l'opposition virulente des représentants des intérêts anglais dans le Nord, qui sont allés jusqu'à armer les ouvriers protestants dans la lutte contre le Home Rule. En 1918, il y a eu des élections générales. Le Sinn Fein, le parti nationaliste, a obtenu le 80% des élus. Ceux-ci ont refusé de participer au Parlement de Londres et se sont réunis séparément comme Dail

Eireann (Parlement irlandais). En 1920, le gouvernement britannique a fait adopter le Government of Ireland Act, qui comportait la formation d'un Parlement séparé pour les 6 provinces du Nord et d'un Parlement à Dublin pour les 26 autres provinces.

Cette concession à ceux qui s'opposaient violemment à l'indépendance irlandaise a été vivement ressentie par les forces nationalistes. Toutefois, en 1921, une partie du mouvement nationaliste a décidé d'accepter le traité avec la Grande-Bretagne, et la guerre angloirlandaise a pris fin. En 1922 et 1923, la guerre civile a continué entre les forces favorables et les forces hostiles au traité. A la fin, celles-ci se sont divisées et, sous la direction de Eamonn De Valera, le nouveau Fianna Fail a accepté lui aussi «L'Etat Libre irlandais», à savoir l'Etat composé des 26 provinces.

La division de l'Irlande n'a jamais été acceptée par la majorité. Les catholiques du petit Etat du Nord ont dû subir constamment une répression qui les a privés de leurs droits démocratiques.

A la fin des années 1960, le Civil Rights Movement s'est formé dans le Nord, et la lutte pour la réunification de l'Irlande est entrée dans un nouveau stade, qui reste ouvert aujourd'hui. Les grèves de la faim dans les H Blocks de Long Kesh en 1981 — qui se sont soldées par une dizaine de morts _ ont attiré l'attention du monde entier sur la lutte des Irlandais.

La question de la division reste la question centrale de la situation politique irlandaise. Aussi longtemps que la communauté catholique du Nord continue d'être une minorité opprimée, toute tentative d'unir la classe ouvrière dans une lutte pour le socialisme est vouée à l'échec. La question nationale est donc d'une importance cruciale pour les marxistes révolutionnaires.

Nous publions deux contributions des marxistes révolutionnaires irlandais. La première esquisse l'histoire de la question nationale et les différentes étapes de la lutte. La deuxième est une déclaration politique adoptée à la Conférence de fusion entre le Movement for a Socialist Republic, section de la IVe Internationale, et People's Democracy, une organisation qui avait ses racines dans la lutte pour les droits civils. Les deux organisations se sont unies en 1977 pour former une organisation commune, People's Democracy, qui est l'actuelle section irlandaise de la IVe Internationale.

QUESTION PAYSANNE

ET QUESTION NATIONALE La question nationale irlandaise doit être considérée dans le contexte du colonialisme et de l'impérialisme : la loi du développement inégal et combiné la détermine aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. La rébellion de 1798 a marqué la fin de la bourgeoisie comme force révolutionnaire. Sa défaite est en partie liée au processus qui l'a engendrée. Le colonialisme avait créé une division religieuse entre la paysannerie et les autres classes, qui a renforcé la domination britannique. Dans le Nord-Est, grace a l'Ulster Custom, les termiers ont tiré profit des améliorations qu'ils avaient introduites (1). Les prêts à long terme, concédés après les guerres de William (2), ont renforcé le sentiment de sécurité, alors que dans le reste de l'Irlande dominait la rack rent (3). Les grands propriétaires, souvent absents, saignaient à blanc les paysans en ne leur assurant que la subsistance au sens strict. Une telle situation était imposée par la force militaire britannique. La question nationale était donc étroitement liée à la question de la terre et à la destruction des institutions d'oppression féodales. Puisque la paysannerie n'était (et n'est) pas par elle-même une classe révolutionnaire, la rôle dirigeant devait être joué par une autre classe. Ce rôle, les United Irishmen ne l'ont pas joué non plus (4). La croissance de la population et la pression sur la terre qui en découlait a amené une dure concurrence entre protestants et catholiques, du fait que ceux-ci acceptaient un niveau de vie plus bas. La différenciation en castes a été institutionnalisée avec la fondation de l'Orange Lodge en 1795 (5). Sa portée réactionnaire a été appréciée par la classe dominante, notamment au moment de l'écrasement de la révolution de 1798, qui a accentué davantage les divisions.

Les United Irishmen avaient été presbytériens dans le Nord-Est à prédominance bourgeoise, mais avec une présence d'artisans urbains. Le colonialisme, qui avait divisé la paysannerie en différenciant les formes d'exploitation de la terre, avait donné naissance, par le développement du capitalisme, à des nouvelles classes qui menaçaient de l'écraser. L'Ulster Custom avait été décisive pour la formation de l'industrie de la laine, dans la mesure où elle avait permis une accumulation suffisante pour assurer l'essor d'une manufacture rurale, qui put profiter du libre accès au marché protégé britannique.

Toutefois, son expansion avait été limitée par l'absence de crédit à des conditions favorables, de sociétés de dépôt, ce qui illustre bien les difficultés que rencontre une accumulation capitaliste dans un contexte colonial.

Néanmoins, ce développement, qui a eu un équivalent dans l'industrie du coton, a fourni une base sociale suffisante pour déclencher une révolution contre l'occupation britannique. Avec l'écrasement de la révolution de 1798, la bourgeoisie dans son ensemble a renoncé à jouer tout rôle révolutionnaire. Le développement de la Révolution française était très alarmant pour elle, et depuis lors elle s'est limitée à mener une action de réforme dans le cadre constitutionnel britannique.

La paysannerie était atomisée en tant que classe par rapport à la production et au marché. Après l'épuisement du rôle dirigeant de la bourgeoisie et avant l'émergence d'une direction ouvrière dans la dernière partie du XIX* siècle, la paysannerie a été incapable d'accomplir les tâches d'une révolution bourgeoisie. La source du mécontentement qui couvait dans presque tout le pays, découlait du système d'exploitation de la terre. La destruction des institutions féodales, de même que la solution apportée à la question nationale, reflète les limites du mouvement paysan. La conscience du mouvement a pu progresser grâce aux United Irishmen, mais elle ne pouvait pas aller au-delà du problème national, à savoir elle ne pouvait pas par elle-même atteindre un niveau socialiste. Sur le terrain organisationnel, ses méthodes étaient également limitées. Elles étaient conspiratrices, en rapport avec l'activité militaire, mais elles impliquaient en fait un abandon de la lutte politique. Le développement de l'IRA en est une claire démonstration.

Tout au long du XIXe siècle, le capitalisme n'a cessé de se développer dans le Nord-Est. Cela est illustré par la croissance des villes industrielles, de Belfast en premier lieu. Au moment de l'Union, cette ville avait 20 000 habitants; elle en comptait 70 000 en 1841 et 119 000 en 1961. L'introduction des machines à vapeur, en 1825, a provoqué la ruine de la manufacture à domicile. La famine poussait beaucoup de gens à quitter le pays. L'émigration avait comme résultat de faire monter les salaires des tisserands, avec la conséquence de rendre plus économique l'emploi des machines à vapeur. En 1850, l'Irlande dépassait l'Angleterre sur le terrain de l'industrie de la laine. En 1866, il y avait plus de 10 000 métiers à vapeur. La tendance était à une concentration dans le Nordest. Au milieu du XIX* siècle, le tiers des usines irlandaises se trouvaient à Belfast ou près de Belfast, et leur production correspondait à la moitié de la production globale. Ainsi, le Nord-Est avait développé un capitalisme industriel achevé.

Au lieu de s'efforcer de consolider son marché national, la bourgeoisie industrielle a accepté de dépendre du marché impérialiste britannique. D'autre part, à cause de la prédominance de la rack rent et des formes les plus répandues d'exploitation de la terre, le marché intérieur pouvait bien difficilement s'élargir. Cela est une confirmation du caractère réactionnaire du stade impérialiste du capitalisme qui n'a aucun intérêt à construire une structure économique équilibrée.

Ainsi, la croissance considérable du capitalisme dans le Nord-Est n'avait aucun aspect progressif, et la couche bourgeoisie liée à cette croissance ne s'efforçait aucunement d'amorcer une solution des problèmes d'une révolution bourgeoise.

A la suite de la montée du capitalisme industriel, l'Orange Order réussissait à imposer un grand bond en arrière. Même avant la famine (6), les tensions entre les couches protestantes et les couches catholiques de la classe ouvrière s'étaient accentuées rapidement, notamment à Belfast. L'année 1835 a marqué le début d'émeutes sérieuses, qui devaient continuer avec une régularité inquiétante. L'Orange Order non seulement a pu exploiter à court terme la division de la classe ouvrière, mais il a également joué un rôle explicitement politique. Dans la dernière partie du XIX* siècle, la bourgeoisie irlandaise a pu jouer de nouveau un rôle dirigeant sur le terrain politique. Après avoir vaincu les propriétaires fonciers, elle a pu exercer une force d'attraction sur la paysannerie et utiliser cette force sociale considérable pour exiger des concessions de la Grande-Bretagne. Un tel mouvement (ou plutôt, comme on le verra, le mouvement républicain plébéien, qui menaçait constamment de lui arracher l'initiative) entrait évidemment en contradiction avec les couches industrielles de la bourgeoisie du Nord-Est, qui voulaient une union stable avec la Grande-Bretagne et s'assuraient leurs profits par une discrimination religieuse qui aurait été menacée par l'existence d'un Parlement irlandais à Dublin. C'est ainsi que l'Orange Order est devenu un instrument efficace contre le développement d'un mouvement progressiste.

La bourgeoisie nationale irlandaise de la période qui a suivi la famine était essentiellement composée de couches gombeen (7) (secteur des services et de la distribution, petites manufactures essentiellement basées sur l'agriculture). Elle pouvait ménager les intérêts agraires et - grâce au déclin de la valeur de la propriété rurale après 1870 — même atténuer les tensions. Fondamentalement, elle était une classe compradore basée sur l'usure. Là où elle était industrielle, comme dans le Nord, elle dépendait de la Grande-Bretagne et de ses marchés impériaux. Elle était carrément réformiste et intéressée à se servir de son pouvoir politique pour réaliser le Home Rule(8) et assurer son contrôle sur l'appareil d'Etat (actuellement dirigé par les Britanniques). Elle était de religion catholique ; depuis 1882, l'Eglise a joué un rôle essentiel dans son organisation politique, ce qui ne lui a pas gagné l'amitié des protestants du Nord. Une telle classe ne pouvait pas accomplir les tâches traditionnelles de «sa» révolution. En 1914 elle acceptait non seulement ce Home Rule qui était son objectif limité, mais aussi la division du pays.

Les tâches de la révolution bourgeoise, que les United Irishmen n'avaient pas accomplies, ont été reprises par les ouvriers qualifiés des villes. Dans une société agricole sous-développée, cette couche de la classe ouvrière avait une force et une confiance en elle-même assez considérables. Mais, en l'absence d'un prolétariat vigoureux, capable de la stimuler, elle ne pouvait pas développer une conscience plus élevée que celle atteinte par la bourgeoisie après la famine. Ses revendications visaient essentiellement à renforcer les positions de ses membres. Du point de vue politique, elle oscillait entre le terrorisme blanquiste de la Irish Republican Brotherhood (Fraterhité républicaine irlandaise) et le réformisme de son idéologue le plus intelligent et conséquent, l'imprimeur Griffith. Celui-ci exprimait une orientation politique fondamentalement bourgeoise (la construction d'une industrie irlandaise protégée par des tarifs douaniers, celle d'une marine marchande, etc.). Son but conscient était de renforcer le capitalisme irlandais. Ce n'est pas étonnant donc, qu'en 1913, il ait attaqué les travailleurs de Dublin en grève. A partir de 1907, après toute une série de faux départs, un nouveau candidat à la direction de la bour- geoisie irlandaise faisait son apparition. Il s'agissait des ouvriers sans qualification, dont une grande partie commençait à s'organiser autour de la TGWU de Larkin(9). Ils étaient, toutefois, politiquement frustes et socialement atomisés. Sauf dans le Nord-Est, ils n'étaient pas intégrés dans l'industrie, et leur avant-garde se trouvait chez les ouvriers du transport, socialement moins avancés que ceux de l'industrie.

En dehors de ces couches, il y avait les paysans. Ceux-ci étaient non seulement atomisés, mais de plus en plus divisés à la suite du processus de réforme de la terre. Les gros paysans s'associaient de plus en plus à leurs anciens propriétaires et ils devenaient prospères grâce à leurs coopératives laitières. Les petits paysans - surtout dans l'Ouest - avaient besoin de terre et ne pouvaient pas en acheter. L'Annuties System (10) représentait un obstacle majeur sur ce terrain.

Cet héritage du féodalisme n'aurait pu être éliminé que par un Parlement irlandais séparé. Cela aurait représenté le début de cette nationalisation de la terre proposée par la Land League en 1879 (cette revendication, toutefois, devait être affaiblie en 1914 à la suite de l'introduction des lois britanniques sur la terre). Jusqu'après 1916, la paysannerie irlandaise dans son ensemble, à l'exception de quelques petits fermiers dans les zones des grandes fermes. a suivi avec conviction les gombeenmen, comme elle l'avait fait depuis 1880.

Ainsi, dans le processus réel aucune classe n'était capable, objectivement et subjectivement, d'accomplir les tâches de la révolution bourgeoise. Jusau'en 1916, le rôle de direction avait été joué par une coalition composé de mouvements d'ouvriers qualifiés et d'ouvriers non qualifiés. Après l'assassinat de James Connolly(11), ses épigones ont amené les organisations qui se réclamaient du mouvement ouvrier à abandonner le Guerre pour l'indépendance(12), pour s'efforcer de réaliser la tâche de construire un pouvoir économique des travailleurs dans le cadre du pouvoir politique de la bourgeoisie. Par conséquent, la petite bourgeoisie a été abandonnée à Arthur Griffith et, par son intermédiaire, aux gombeenmen. Aidée par le soutien de la paysannerie qu'elle avait gagnée en appuyant l'agitation contre la congestion(13), elle n'a pas été en mesure de pousser les gombeenmen un peu plus loin qu'ils ne le voulaient. En pratique elle n'a obtenu qu'une séparation parlementaire formelle, à savoir le Saorstat Eireann (L'Etat libre irlandais) au lieu du Home Rule.

Dans le Nord-Est, le secteur le plus développé économiquement de la bourgeoisie irlandaise a finalement tourné le dos à la révolution nationale bourgeoisie. D'une part, l'activité de James Larkin en 1907, de James Connolly en 1911, et des dirigeants de la grève générale de Belfast en 1919, a uni les ouvriers protestants et les ouvriers catholiques, ce qui a poussé la bourgeoisie protestante de l'Ulster à accentuer les divisions religieuses au sein de la classe ouvrière. D'autre part, le fait que la direction bourgeoise de la direction nationale irlandaise était catholique et qu'elle revendiquait une protection douanière, bien que formelle, a été l'une des causes les plus immédiates qui ont poussé les capitalistes protestants à fonder l'Etat séparé de l'Irlande du Nord

Cela a signifié une institutionnalisation de la division de la classe ouvrière par l'inclusion dans le cadre du nouvel Etat d'un tiers de la population catholique. Cette présence catholique devait être présentée comme une menace permanente. L'Orange Lodge devenait partie intégrante du parti dirigeant du Nord, et donnait un contenu encore plus concret à son idéologie.

Le Traité anglo-irlandais et l'écrasement militaire de l'oppositon marquait la victoire des gombeenmen, non sur les Britanniques mais sur la classe ouvrière et la paysannerie irlandaise. Le Saorstat Bireann allait plus loin que le Home Rule , projeté pour 1914, mais il ne résolvait pas le problème et il provoquait une scission au sein des Républicains, dont l'aile la plus radicale essuyait une défaite. Le gouvernement du Saorstat Eireann a accepté la politique de «libre échange», en opposition aux buts traditionnels des artisans petitsbourgeois dont le mouvement avait été dévoyé par ses fondateurs. L'unité nationale ne s'est pas réalisée. Qui plus est, le gouvernement des gombeenmen s'appuyait fortement sur l'Eglise catholique en fournissant ainsi un prétexte à l'agitation des Orangistes contre le «Home Rule». Et les ouvriers, qui seuls auraient pu accomplir les tâches de la révolution nationale et de la révolution agraire, étaient divisés et démoralisés.

La dépression économique mondiale des années 1930 a accentué les contradictions dans la société irlandaise. La classe ouvrière n'a pas pu en profiter. La victoire du Fianna Fail en 1932 a été la conséquence de l'agitation sociale des petits paysans. Le parti victorieux a appliqué la politique économique du jeune Griffith, ce que le Cumannan Gael (Cosgrave Party)(14) avait été absolument incapable de faire. La fin des Land Annuties ouvrait la phase protectionniste de la manufacture irlandaise.

Les couches capitalistes avancées, qui avaient structurellement besoin d'accéder au marché britannique, réagissaient par une tentative d'unité avec le fascisme. Les chemises bleues de Eoin O'Duffy(15) étaient mobilisées contre les Républicains et les classes qu'ils représentaient. La faiblesse décisive se produisait encore une fois au niveau de la direction. L'IRA n'a pas réussi à surmonter sa structure militaire et à se développer politiquement. Par conséquent, Eamon De Valera a pu jouer un rôle de Bonaparte entre les classes antagonistes. L'aile radicale des Républicains a été utilisée contre Eoin O'Duffy. La diversion avait pour but d'émousser les conflits sociaux. Eamon De Valera restait fidèle à la tradition des fossoyeurs bonapartistes. Le Coal-Cattle Pact était signé en 1935(16).

A Belfast, la crise économique et l'arrogance du gouvernement poussaient la classe ouvrière à s'unir temporairement. L'IRA et PUPA luttaient ensemble pour défendre les quartiers ouvriers de Shankil et Falls(17) contre les forces de la Couronne. Ce qui mérite d'être souligné, ce n'est pas la crise de l'idéologie orangiste, mais son étonnant rebondissement. En 1935 ont eu lieu des émeutes religieuses inspirées directement par le gouvernement du Stormont(18).

La profonde crise sociale et économique avait démontré que la question de la terre et la question nationale avaient encore une portée concrète. A cause de l'absence de toute direction révolutionnaire valable, le républicanisme avait été canalisé par le Fianna Fail. Toutefois, sa force peut être mesurée à lumière de la défaite des Chemises bleues, malgré les concessions faites par Eamon De Valera. La survivance de l'Etat du Nord illustrait la permanence d'institutions et d'une idéologie basées sur l'opposition religieuse.

La campagne de l'IRA entre 1956 et 1962 révèle les limites d'une organisation purement militaire. Le rapport entre la conscience politique de sa base sociale et sa structure militaire est arbitraire et non dialectique. La communauté républicaine ne s'est pas mobilisée et la défaite était le seul aboutissement possible. La théorie de PIRA a été fondamentalement une version idéaliste du matérialisme dialectique. Selon la théorie révolutionnaire, la tactique militaire l'emporte sur les nécessités politiques lorsque le stade de la guerre civile est atteint. Toutefois, la guerre civile elle-même est déterminée non par l'action militaire, mais par une lutte politique qui provoque l'affrontement des classes sociales. La perspective militaire n'a le dessus que dans un tel contexte, et même dans ce cas, dans un cadre strictement politique. Le fait que l'IRA rejette cette approche, illustre ses origines conspiratives petitesbourgeoises (paysannerie et artisanat).

La loi de l'accumulation capitaliste a provoqué une érosion de la base matérielle originelle de la question nationale et de la question de la terre. Il y a eu une chute drastique et constante de la population active dans l'agriculture. La question de la terre a été résolue par un exode rural massif. Il y a eu une croissance progressive du poids du secteur industriel, et donc de la classe ouvrière, notamment dans les 26 provinces. La conclusion qui en découle est que la base de la question nationale ne réside plus dans la question de la terre.

Au fur et à mesure que le capitalisme se développait, les ouvriers qualifiés indépendants, qui ont constitué la base la plus active du mouvement républicain, étaient constamment marginalisés et prolétarisés. Il s'agissait d'un processus plus quantitatif que qualitatif. En outre, la base matérielle des anciennes conceptions républicaines — la survivance d'un capitalisme industriel indépendant — dépérissait à la suite du développement réel de ce capitalisme et de son incapacité à croître comme force indépendante.

La déclaration commune sur la liberté du commerce faite en 1965 par les 26 provinces et la GrandeBretagne — après dix années de «maison ouverte» aux industriels étrangers - a signifié l'enterrement du capitalisme «progressiste» et la faillite de sa résistance à l'impérialisme. Les 26 provinces ont été assimilées, dans le cadre de la structure économique britannique, par une opération de type néocolonial. L'entrée dans le Marché commun marque un nouveau déclin de l'industrie irlandaise. La bourgeoisie irlandaise est condamnée à perdre, à l'avantage du capital international, l'emprise qu'elle avait sur une partie de l'économie.

La liberté du commerce a déjà eu comme conséquence une augmentation sensible du chômage. Par ailleurs, le remède traditionnel de l'émigration peut de moins en moins être adopté à cause de la récession de l'économie britan- nique. La bourgeoisie britannique a donc voulu introduire ces normes démocratiques qu'elle avait refusées au début du siècle.

Les revendications démocratiques bourgeoises du mouvement pour les Civils Rights a eu comme riposte non pas des concessions, mais la violence déclenchée par l'Etat. La question nationale est revenue avec force sur la scène politique grâce à l'action du secteur catholique de la classe ouvrière nord irlandaise, inspirée par le militantisme républicain. La classe dominante du Nord n'a plus besoin du marché impérialiste britannique. Les secteurs qui en avaient besoin au début du siècle ont subi un déclin substantiel, et le développement s'est produit essentiellement sous l'attraction du capittal international. La classe dominante a intérêt à sauvegarder un régime démocratique. Mais le gouvernement d'Irlande du Nord en tant que tel est l'expression du sectarisme réligieux sous la forme institutionnalisée que représente l'Orange Order. Une structure carrément réactionnaire devrait donc accomplir des tâches progressistes, à savoir sauvegarder le régime démocratique. En Allemagne, les Junkers ont contribué au développement du capitalisme en surmontant ainsi la contradiction entre féodalisme et capitalisme. Mais dans le cas de l'Irlande du Nord, l'analogie ne tient pas. Il n'y a pas de capitalisme progressiste et il n'y a pas des rapports féodaux à briser : les rapports existants sont entièrement capitalistes. Par conséquent, la tâche de la classe dominante est purement politique. Le démantèlement de l'Etat du Nord - l'élimination de l'Orange Order en tant qu'institution amènerait à cela - impliquerait, toutefois, la fin de l'idéologie sur laquelle se base la classe dominante.

L'expression concrète de l'idéologie orangiste réside dans la garantie donnée aux couches ouvrières protestantes de maintenir une position privilégiée par rapport aux couches catholiques. Les forces de production, tout en œuvrant lentement, ont devancé la superstructure. C'est la riposte de l'Etat à l'agitation pour les droits civils qui a provoqué l'escalade de la lutte armée. Le fait que l'IRA était ancrée dans les couches catholiques de la classe ouvrière par ailleurs a renforcé l'idéologie orangiste.

Ainsi, la classe dominante irlandaise et son tuteur, l'impérialisme britannique, ont dû choisir : soit détruire la base de l'Etat en neutralisant l'Orange Order, soit écraser les couches catholiques et ensuite introduire une réforme. L'Orange Order a eu, historiquement, la tendance à développer sa propre dynamique. Si la bourgeoisie renonçait à contrôler la situation, cela favoriserait une réaction très forte. A la suite de l'utilisation croissante de l'Armée britannique comme arme politique du Stormont le choix est devenu clair. Il implique en tout cas une contradiction : le but de toute action politique des Britanniques est d'assurer la stabilité sociale. Mais, quelle que soit leur orientation, ils devront avoir recours à une intervention militaire puissante.

LES CONCLUSIONS QUI

S'IMPOSENT SONT LES SUIVANTES : a) Le fait que la révolution bourgeoise est restée inachevée, a déterminé des contradictions poli- tiques qui ont leurs racines dans la question nationale. b) L'unité nationale et l'introduction des normes démocratiquesbourgeoises exigent l'écrasement de l'idéologie orangiste, laquelle est institutionnalisée dans l'Etat du Nord et, dans une moindre mesure, la destruction de la nature confessionnelle des 26 provinces. c) Seule la classe ouvrière de la bourgeoisie irlandaise est capable de mobiliser des forces importantes sans entrer en contradiction avec les intérêts sociaux de ces forces. d) La révolution socialiste ne peut pas se développer sans la participation des couches protestantes de la classe ouvrière, mais une telle participation présuppose la destruction de leur idéologie actuelle. e) Le sectarisme religieux catholique de la République des 26 provinces doit être dénoncé et condamné à tout moment. Cela est d'autant plus nécessaire qu'il y a un danger réel que le développement national de la bourgeoisie de la République ne comporte une diversion poussant les catholiques vers des positions xénophobes et sectaires.

LUTTE NATIONALE

ET LUTTE SOCIALE L'Irlande est la plus vieille colonie britannique. Elle a subi toutes les différentes formes d'oppression adoptées par l'impérialisme britannique, allant du pillage pur et simple aux XVI et XVII• siècles, à l'exploitation économique sophistiquée du XXe siècle. Aujourd'hui, l'impérialisme domine les deux parties du pays.

L'économie du Sud est entièrement dominée par le capital extérieur (non seulement britannique, mais aussi nord-américain, européen et multinational en général). Cela a conduit à une domination politique de la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les pays de la Communauté économique européenne (CEE) étant bien disposés à laisser à la Grande-Bretagne, puissance dominante traditionnelle, le soin de sauvegarder leurs intérêts.

Nous caractérisons un tel rapport comme un rapport impérialiste. Sa réalité est illustrée par le fait que si un régime socialement radical ou révolutionnaire s'imposait dans le Sud, les partis bourgeois souhaiteraient une intervention de la Grande-Bretagne et éventuellement d'autres pays de la Communauté économique européenne et de POTAN.

La fonction de l'Etat du Nord était d'assurer le maintien de l'exploitation de ce pays par l'impérialisme, et de son contrôle militaire stratégique, en d'autres termes d'être une tête de pont britannique en Irlande. C'est dans ce but que les frontières ont été tracées, de manière à donner une majorité stable aux protestants et à perpétuer une alliance interclassiste protestante par la concession de toute une série de privilèges. Cela a eu comme résultat non seulement que les masses protestantes se sont rangées aux côtés de l'impérialisme, mais que la classe ouvrière elle-même a été divisée. Par ailleurs, derrière la façade de l'autogouvernement local dans les 6 provinces, le contrôle de la situation a été assuré, en dernière analyse, par la présence des troupes britanniques.

L'Irlande a donc été divisée par l'impérialisme, et les deux parties du pays sont dominées par celui-ci. Le but final des marxistes révolutionnaires est la formation d'une république socialiste, mais aucun progrès ne pourra être réalisé dans ce sens aussi longtemps que la domination impérialiste subsiste. La lutte contre l'impérialisme est par conséquent la tâche centrale de la révolution irlandaise. Cela implique avant tout la fin de la division de l'Irlande et du contrôle britannique sur les 6 provinces. Les événements des dernières dix années ont confirmé que la question de la division et de l'occupation britannique du Nord représente la contradiction centrale de la société irlandaise d'aujourd'hui.

Nous luttons inconditionnellement pour le retrait immédiat des troupes britanniques des 6 provinces et pour l'autodétermination du peuple irlandais tout entier. Nous nous opposons à toute conception selon laquelle la région des 6 provinces et sa population protestante auraient un droit à l'autodétermination allant à l'encontre de la volonté de la majorité du peuple irlandais. Par ailleurs, c'est dans un tel contexte que nous mettons l'accent, encore plus fortement que dans le passé, sur la nécessité d'une séparation de l'Eglise et de l'Etat, et d'une laïcisation de la société irlandaise sur tous les terrains. Nous luttons contre toute tentative d'imposer des normes catholiques à la population protestante ou vice versa, et contre toute solution de «compromis» amenant à renforcer la domination catholique dans le Sud et la domination protestante dans le Nord.

Nous ne subordonnons pas notre soutien à l'autodétermination à l'acceptation du socialisme. Nous rejetons toute formule du type «Seule une Irlande socialiste pourra être unifiée». Nous estimons que la lutte nationale est partie intégrante de la lutte pour le socialisme.

Les socialistes et la classe ouvrière n'ont nullement monopole de la lutte contre l'impérialisme. L'Irlande a une longue et héroïque tradition de lutte anti-impérialiste avec une continuité organisationnelle qui remonte au mouvement fénian du XIX° siècle. Mais à cause du sous-développement économique du pays et de la faiblesse de la classe ouvrière industrielle, cette tradition s'est basée sur les petits paysans et la petite bourgeoisie urbaine (employés, commerçants, intellectuels, etc.).

Au XX* siècle, le palmarès honteux du mouvement ouvrier organisé qui — à l'exception honorable de son petit secteur marxiste — ne s'est pas intégré à la lutte nationale, a renforcé la nature petite bourgeoise de la tradition anti-impérialiste représentée par le mouvement républicain, et abandonné à cette direction petite-bourgeoise les militants ouvriers qui avaient compris l'importance cruciale de la lutte anti-impérialiste. La petite bourgeoisie, en tant que classe qui ne dispose pas de la propriété tout en aspirant à devenir propriétaire, n'a pas confiance en elle-même. Elle a peur et se méfie des masses et recherche constamment des alliances avec des secteurs de la bourgeoisie. Le mouvement républicain a beaucoup de caractéristiques d'un mouvement petit-bourgeois. Il a une mentalité élitiste et conspiratrice, il a un mépris pour l'activité de masse et de fortes déformations militaristes. Toutes ces tendances ont été accentuées par des années de répression et de harcèlement dans les deux parties du pays. Il n'a pas de programme social clair. Il s'est refusé de s'identifier sans ambiguïté avec la classe ouvrière et a adopté une série de documents politiques oscillant entre le socialisme et le capitalisme.

La carence la plus sérieuse du mouvement républicain réside toutefois dans le fait que l'impérialisme et ses alliés — la bourgeoisie du Sud et l'alliance interclassiste protestante du Nord - ne peuvent pas être vaincus simplement par une lutte militaire basée sur la minorité du Nord et développée sur un seul front, celui de 6 provinces. Pour battre l'impérialisme, il est nécessaire de mobiliser dans la lutte de nouvelles forces, d'utiliser de nouvelles armes et combattre sur de nouveaux fronts. Ces forces existent dans la classe ouvrière industrielle des 26 provinces. Pour la première fois au cours de la présente décennie, les ouvriers industriels sont devenus la majorité de la population active dans les 26 provinces. En même temps, le voile de la propriété capitaliste indigène dans l'économie irlandaise a été déchiré et, pour la première fois, les ouvriers ont pu reconnaître la véritable identité de leurs exploiteurs, le capital britannique et multinational. Il est maintenant possible de faire clairement comprendre le lien concret entre la lutte contre la domination britannique dans le Nord et la lutte de la classe ouvrière dans le Sud pour conquérir le contrôle de l'économie. Si la classe ouvrière du Sud peut être mobilisée dans une seule lutte anti-impérialiste dans les deux parties du pays, un deuxième front de lutte sera ouvert, et le mouvement anti-impérialiste aura à sa disposition une arme puissante, l'arme de l'action dans les entreprises. Cela offrira également la possibilité de provoquer des divisions dans l'alliance interclassiste des Unionistes du Nord.

A cause de sa nature essentiellement petite-bourgeoise et de son programme social ambigu, le mouvement républicain ne peut pas mobiliser la classe ouvrière dans cette lutte et il est donc incapable de la mener à bien. La classe ouvrière ne peut être mobilisée contre l'impérialisme que par un mouvement ayant un programme social basé sur les besoins de la classe ouvrière, et qui soit capable de saisir le lien entre les revendications immédiates sur le terrain social et économique et la question nationale dans son ensemble. C'est la tâche des marxistes révolutionnaires d'aider à la construction d'un tel mouvement.

Toutefois, le mouvement républicain a été à l'avant-garde de la lutte anti-impérialiste pendant environ 50 années et il a continué sa lutte alors que tous les autres l'abandonnaient. Pour cette raison surtout, les masses du Nord se sont tournées vers lui en 1969, lorsque le régime unioniste et l'Armée britannique ont voulu écraser la révolte de la minorité par la force brutale. Les Républicains ont été depuis lors les protagonistes de la lutte. De plus, la grande majorité du mouvement ouvrier a une histoire si négative voire contre-révolutionnaire sur la question nationale, que des militants ouvriers ont été amenés à soutenir le mouvement républicain, en dépit de la politique sociale ambigue de celui-ci.

En tout cas, le mouvement républicain continuera à être une force capitale dans la lutte anti-impérialiste dans un futur prévisible, et malgré le fossé entre son idéologie et la nôtre, nous devons réaliser, avec les autres courants anti-impérialistes du mouvement ouvrier et socialiste, une alliance avec les Républicains et travailler avec eux. Tout refus d'une telle approche relèverait d'un sectarisme incurable qui pourrait amener à aider objectivement l'impérialisme, même sans le vouloir.

Nous devons également construire avec le mouvement républicain, des fronts unis démocratiques ouverts, de façon à ce qu'en même temps que nous puissions, mener un débat vigoureux sur la tactique, la stratégie et le programme de la révolution irlandaise. Nous ne croyons pas que le mouvement républicain en tant que tel puisse devenir marxiste. Nous espérons toutefois qu'un tel débat et la pression des événements amènent beaucoup des militants républicains à rompre avec l'idéologie petitebourgeoise de leur mouvement et à rejoindre la gauche marxiste.

Notes : (1) Selon l'Ulster Custom, les fermiers ont le droit de propriété sur les améliorations qu'ils introduisent. Il a été introduit dans l'Ulster à cause de la prédominance des colons-fermiers protestants qui jouissaient d'un statut social supérieur à celui de catholiques. Dans le reste du pays, toutes les améliorations apportées par les fermiers avantageaient le propriétaire terrien : si la valeur de la terre montait, la rente augmentait aussi. Par conséquent, le mouvement paysan catholique avançait la revendication de l'application de l'Ulster Custom dans tout le pays. (2) Les guerres entre le roi protestant William III, qui devint roi de

Grande-Bretagne en 1688, et les partisans catholiques du roi James II, qui avait été chassé. Le résultat de la victoire de William pour l'Irlande fut l'expropriation de presque tous les propriétaires terriens catholiques et le transfert de la terre aux lords et colons britanniques. (3) II s'agit d'une rente dont la valeur annuelle correspond à la valeur de la propriété. (4) Un groupe de bourgeois d'employés, d'artisans irlandais, qui se prononçèrent pour l'indépendance de l'Irlande et organisèrent la rébellion de 1798. Wolfe

Tome fut leur représentant le plus éminent. (5) Dénommé aussi Orange Order. Il s'agit d'une organisation exclusivement protestante, qui fut formée par les propriétaires et les industriels britanniques pour renforcer leur emprise sur la petite bourgeoisie, les artisans et la classe ouvrière protestants. Au début, elle fut dirigée contre le retour des catholiques sur les terres d'où ils avaient été expulsés. Plus tard, elle élargit son action en défendant les privilèges des protestants dans d'autres domaines. (6) La famine de 1846 et de 1848 fut provoquée par une maladie qui trappa la récolte des pommes de terre, aliment de base des paysans irlandais. Les autres produits, qui n'avaient pas été affectés, furent accaparés par les propriétaires anglais à titre de rente et transportés par bateau en Grande-Bretagne.

(7) Couche de la petite bourgeoisie catholique néo-coloniale qui gagnait de l'argent par des activités marginales. Le mot signifie en irlandais «chiffon», et il sousentend que ces gens gagnaient leur vie par des activités comparables au ramassage de chiffons. (8) Les lois sur l'Home Rule ont été présentées par le gouvernement libéral au

XIX* et au début du XX* siècles. Elles devaient donner des pouvoirs limités à un Parlement irlandais sur des questions intérieures. (9) James Larkin, 1876-1947, fut le fondateur de la Irish Transport and General

Workers Union et participa à la fondation du Labour Party irlandais. Plus tard il fut membre fondateur du Parti communiste américain. (10) Annuities Systems. Le Land Act de 1890 établissait un système sur la base duquel les fermiers pouvaient acheter la terre qu'ils occupaient. Les quotas annuels qu'ils payaient s'appelaient annuities. 1 mes connol 11 drigant de l'Insurrection de Pâques en 1916. en o), commenga en 1918 ot amena la

Il fut exécuté par les Britanniques. (12) Guerre avec la Grande-Bretagne, qui commença en 1918 et amena la formation de l'Etat libre irlandais en 1921. (13) A la suite des dernières guerres de conquête menées par les Anglais et de l'introduction des enclosures, qui suivit la famine, de nombreux paysans irlandais furent chassés des meilleures terres vers des terres pauvres de l'extrême

Ouest, où ils se trouvèrent donc concentrés. Ces terres pauvres furent dénommées congested districts. Le Congested Districts Board fut mis sur pied en 1891 pour affronter les problèmes de ces couches paysannes. (14) Avant-coureur du Fine Gael Party d'aujourd'hui, historiquement le plus pro-impérialiste des deux principaux partis bourgeois. (15) Le général Eoin O'Duffy était le leader des forces de l'Etat libre qui capitulèrent devant le règlement imposé par l'impérialisme britannique. Les Chemises bleues étaient une organisation fasciste, fondée en 1931. (16) Cette mesure comportait une augmentation du quota de charbon britannique importé en Irlande en échange d'une augmentation du bétail irlandais importé en Grande-Bretagne. Le résultat fut un abaissement des tarifs douaniers que

Eamon De Valera avait introduit contre la Grande-Bretagne, et auxquels les

Britanniques avaient riposté en diminuant les importations de bétail irlandais.

La base sociale des Chemises bleues étaient les éleveurs, dont les intérêts avaient été particulièrement atteints par cette guerre commerciale. (17) Shankill Road est le centre du principal ghetto ouvrier protestant et Falls Road le centre du principal ghetto ouvrier catholique à Belfast. (18) Le Stormont était le parlement des 6 provinces de l'Irlande du Nord. Il fut dissous par les Britanniques en 1971 après le «dimanche sanglant», et le Direct

Rule de Westminster fut introduit. Les circonscriptions électorales furent fixées de façon à ce que la population catholique soit sérieusement sous-représentée.

Par conséquent, seulement le SDEP (Social Democratic and Labour Party)

d'orientation réformiste a pu représenter la communauté catholique.

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