Le texte qui suit a été rédigé par les marxistes révolutionnaires du Québec et publié en brochure en 1977 par la LOR, section canadienne de la IVe Internationale. La question de l'indépendance nationale du Québec est le problème clé auquel doivent répondre les marxistes révolutionnaires du Canadaanglais et du Québec. Au Canada-anglais, la lutte active pour la reconnaissance du droit du Québec à l'auto-détermination et à l'indépendance est la ligne de démarcation fondamentale au sein de la gauche et du mouvement ouvrier canadien entre révolutionnaires authentiques et les organisations pseudo-révolutionnaires qui masquent sous des paroles radicales leur social-chauvinisme.
Au Québec, la réponse à apporter à la question nationale est le problème stratégique clé de la révolution. Si les marxistes révolutionnaires veulent sérieusement construire une organisation de combat implantée dans la classe ouvrière québécoise, ils ne peuvent passer à côté du problème politique central que sont le PQ et la question nationale. Nous devons apporter des réponses claires à deux niveaux : a) Sommes-nous pour l'indépendance du Québec ? Est-ce la solution à la question nationale la plus susceptible de faire progresser la lutte des classes ? b) Si nous sommes pour l'indépendance, quelle sorte d'indépendance défendons-nous ?
LES MARXISTES
REVOLUTIONNAIRES ET
(PROBLEMATIQUE D'ENSEMBLE) Un postulat de base : le droit des nations opprimées à l'autodétermination.
Le fondement de notre position sur la question nationale repose sur la nécessité pour les révolutionnaires de reconnaître le droit à l'autodétermination des peuples et des nations opprimés. Par autodétermination des nations, nous entendons leur séparation en tant qu'Etats d'avec les collectivités nationales étrangères, nous entendons la formation d'Etats nationaux indépendants.
Cette reconnaissance du droit des nations à l'autodétermination a une double fonction : 1) permettre aux révolutionnaires de la nation opprimée de lutter plus efficacement contre leur propre bourgeoisie ou petite-bourgeoisie nationaliste et 2) favoriser historiquement l'unité la plus solide et la plus large entre la classe ouvrière de la nation opprimée et celle de la nation dominante.
La lutte contre l'oppression nationale, le combat pour l'indépendance nationale ne sont pas en soi des luttes anticapitalistes. Il s'agit en fait de luttes pour des revendications démocratiques-bourgeoises qui ne sont pas en tant que telles incompatibles avec le maintien du capitalisme. Presque toutes ces luttes commencent sous une direction bourgeoise ou petite-bourgeoise. Ce sont ces classes qui tendent les premières à se saisir de la question de l'oppression nationale afin de se gagner une base de masse qui leur permette de modifier en leur faveur le rapport de forces avec l'impérialisme. La capacité de la bourgeoisie ou de la petite-bourgeoisie nationaliste de prendre la tête de cette lutte et à en conserver la direction lui ménage non seulement une marge de manœuvre favorable dans son conflit avec tel ou tel impérialisme, elle lui permet aussi de maintenir un rapport de force plus favorable avec sa propre classe ouvrière et de la maintenir sous sa propre domination. Afin de pouvoir mener une lutte efficace contre les forces nationalistes bourgeoises de leur nation, les révolutionnaires de la nation opprimée doivent avant toute chose lui reconnaître le droit à la séparation si elle en décidait ainsi. Toute autre attitude reviendrait à les marginaliser par rapport au mouvement des masses, à laisser celles-ci sous l'influence des directions nationalistes bourgeoises ou petites-bourgeoises et à faire passer les révolutionnaires pour des complices objectifs de l'impérialisme oppresseur. La reconnaissance du droit à l'autodétermination des nations est donc une arme essentielle dans la lutte des révolutionnaires contre les nationalistes bourgeois.
D'autre part, la reconnaissance du droit à l'autodétermination est encore plus impérative de la part des révolutionnaires de la nation opprimante. Tout refus de reconnaître ce principe sera inévitablement interprété par la classe ouvrière de la nation opprimée comme un appui du prolétariat de la nation oppresseuse à sa propre bourgeoisie impérialiste contre la nation dominée. Il ne peut que renforcer le rapprochement de la classe ouvrière de la nation opprimée avec sa propre bourgeoisie nationaliste et la placer encore davantage sous sa domination. « Nier le droit de libre détermination ou de séparation conduit inévitablement dans la pratique à soutenir les privilèges de la nation dominante », disait Lénine. La solidarité nationale de la classe ouvrière de la nation impérialiste avec sa propre bourgeoisie renforcera la solidarité nationale de la classe ouvrière de la nation opprimée avec sa propre bourgeoisie nationaliste. Une telle attitude ne peut que mener au renforcement des deux bourgeoisies face à leurs classes ouvrières respectives et à accentuer les divisions entre les prolétariats des deux nations.
Les marxistes révolutionnaires s'efforcent d'établir l'unité d'action et la solidarité révolutionnaire entre les classes ouvrières de toutes les nations. Or, pour les classes ouvrières d'une nation opprimée et d'une nation oppresseuse, une telle solidarité n'est possible que sur la base du respect du droit à l'autodétermination des nations : « L'éducation internationaliste des ouvriers des pays oppresseurs doit nécessairement consister en premier lieu à prêcher et à défendre le principe de la liberté de séparation des pays opprimés. Sinon pas d'internationalisme » (Lénine).
LA LUTTE CONTRE
L'IDEOLOGIE NATIONALISTE La reconnaissance du droit à l'autodétermination n'est que le premier fondement du cadre stratégique des révolutionnaires sur la question nationale. Il n'occupe pas tout ce cadre. La lutte contre l'idéologie nationaliste constitue le deuxième volet de la lutte des révolutionnaires contre l'oppression nationale.
« Le marxisme est inconciliable avec le nationalisme, fut-il le plus juste, le plus 'pur'", le plus fin et le plus civilisé » (Lénine). La reconnaissance du droit à l'autodétermination et la légitimité historique des mouvements de lutte contre l'oppression nationale ne doit pas conduire à obscurcir la conscience de classe prolétarienne par l'idéologie bourgeoise. Or, le nationalisme est une idéologie bourgeoise.
Le nationalisme est l'idéologie de la solidarité nationale par dessus les classes sociales, les particularismes régionaux ou autres. Cette idéologie a joué un rôle progressiste à l'époque où la jeune bourgeoisie montante s'en servait pour rallier derrière elle les forces vives de la nation contre la monarchie et les résistances féodales pour créer l'Etat-nation moderne. Mais depuis l'avènement de l'époque impérialiste, où le moteur fondamental de la lutte des classes n'est plus l'antagonisme entre la bourgeoisie progressiste et la monarchie réactionnaire, mais bien l'antagonisme irréconciliable entre la bourgeoisie, devenue une classe complètement réactionnaire, et la classe ouvrière, le nationalisme est en règle générale une idéologie réactionnaire qui vise à subordonner la classe ouvrière et les autres couches populaires à la domination idéologique de la bourgeoisie ou de fractions de celle-ci, une idéologie de collaboration de classe.
Toutefois, dans le cadre de cette lutte contre toute idéologie nationaliste, il faut distinguer entre le nationalisme de la nation qui opprime et celui de la nation opprimée.
Le nationalisme des pays impérialistes et des nations oppresseuses est soit un complément idéologique à une lutte ou à une compétition inter-impérialiste, soit une justifica- tion idéologique à une politique annexionniste. Dans les deux cas, il vise à soumettre la classe ouvrière à 'sa' bourgeoisie impérialiste et à dresser la classe ouvrière d'une nation contre l'autre.
Le nationalisme des nations opprimées est un phénomène plus complexe et il doit être compris à deux niveaux. D'une part, pour la bourgeoisie ou petite-bourgeoisie nationaliste de la nation opprimée, il s'agit de se doter d'une base populaire comme point d'appui et comme moyen de pression contre l'impérialisme, puis d'empêcher l'organisation indépendante de la classe ouvrière. Mais d'autre part, ce nationalisme est souvent pour la classe ouvrière et les masses populaires de la nation opprimée l'expression nationale, l'enveloppe de leur indignation sociale.
Il est vrai que le développement d'une conscience nationale «antiimpérialiste» au sein de la classe ouvrière et des masses populaires d'une nation dominée est éminemment progressiste et que les révolutionnaires doivent l'appuyer sans pour autant appuyer son expression nationaliste, confuse et interclassiste. C'est là, par exemple, la distinction fondamentale entre le nationalisme québécois (nation opprimée) et le nationalisme canadien (nation opprimante).
Néanmoins, même le nationalisme le plus «progressiste» reste une idéologie confuse, qui masque les vraies sources de l'oppression nationale et sociale, qui agit en dernière instance, comme un frein sur le développement de la conscience de classe de la classe ouvrière. Les révolutionnaires doivent conséquemment s'appuyer sur la conscience nationale anti-impérialiste de la classe ouvrière et des masses populaires d'une nation dominée, non pas pour s'adapter au nationalisme ni pour le rendre plus progressiste ou «révolutionnaire», mais pour permettre à la classe ouvrière et aux autres couches populaires de dépasser complètement l'idéologie nationaliste et d'acquérir une claire compréhension de la nécessité de la révolution prolétarienne pour éliminer toute forme d'exploitation et d'oppression.
LA REVENDICATION
La reconnaissance du droit à l'autodétermination et la lutte contre toute forme de nationalisme (avec une méthode et une pédagogie différente selon qu'il s'agit du nationalisme d'une nation oppresseuse ou bien celui d'une nation dominée) sont des principes généraux qui circonscrivent le cadre de fonctionnement de notre politique de fond sur la question nationale. Ils ne présentent pas nécessairement en eux-mêmes une réponse stratégique claire à chaque cas concret.
A partir du principe de la reconnaissance du droit à l'autodétermination des nations opprimées, les révolutionnaires peuvent adopter deux positions quant à la façon dont ils croient que leur nation devrait se prévaloir de ce droit : 1) ils peuvent s'opposer à la séparation, « la reconnaissance de ce droit (à l'autodétermination) n'exclut aucunement ni la propagande ni l'agitation contre la séparation... » (Lénine) ou 2) ils peuvent au contraire faire leur la revendication d'indépendance nationale.
Sans dresser un catalogue des circonstances ou des facteurs qui peuvent amener les révolutionnaires à prendre position pour ou contre l'indépendance de leur nation, on peut néanmoins délimiter certains critères fondamentaux qui orientent notre politique dans un sens ou dans l'autre. Ces critères ont ceci de commun qu'ils peuvent se ramener au principe plus général que «reconnaissant l'égalité en droit et un droit égal à constituer un Etat national, il (le prolétariat) prise par dessus tout l'alliance des prolétaires de toutes les nations et apprécie sous l'angle de la lutte des classes des ouvriers toute revendication, toute séparation nationale » (Lénine). Autrement dit, comment cette revendication pour l'indépendance nationale affecte-t-elle la dynamique de la lutte des classes, est-ce une revendication qui pousse de l'avant, qui en accélère le rythme ? Contribue-t-elle historiquement à jeter les bases de l'unité révolutionnaire de la classe ouvrière ? S'il arrive parfois que des mouvements de libération nationaux ont pour premier effet d'accentuer les divisions entre le prolétariat de la nation dominante et celui de la nation dominée, la capacité de la classe ouvrière de la nation dominée à se saisir de la direction de la lutte pour l'indépendance, d'imposer ses méthodes de lutte et son programme révolutionnaire, peut par l'exemple ainsi donné surmonter rapidement ces divisions et rétablir la solidarité de classe à un niveau plus arrière, devient-elle un obstacle à une lutte commune entre les prolétaires des deux nations ? Il n'y a pas de réponse universelle à ces deux questions. Il est nécessaire d'examiner chaque cas concret.
Règle générale, les marxistes révolutionnaires, tout en reconnaissant le droit à l'autodétermination des nations opprimées, tendent à s'opposer politiquement à la sécession d'une nation opprimée lorsque la dynamique de la lutte des classes dans les deux nations tend à converger ; lorsque le processus révolutionnaire tend à prendre la forme d'un affrontement entre l'Etat bourgeois central et les mouvements convergents des classes ouvrières des différentes nationalités de l'Etat lorsque le mouvement pour l'indépendance nationale n'est le fait que de la bourgeoisie et de la petitebourgeoisie alors que la classe ouvrière n'est que peu touchée par le nationalisme et conserve de forts liens organiques avec la classe ouvrière de la nation dominante ; lorsque la classe ouvrière de la nation dominante est à l'avantgarde de la lutte des classes. Dans tous ces cas, les révolutionnaires de la nation opprimée mettent en avant l'unité organique immédiate des ouvriers des différentes nations, privilégiant par dessus tout leurs luttes communes.
Par contre, en règle générale, les marxistes révolutionnaires vont plus loin que la simple reconnaissance du droit à l'autodétermination et assument eux-mêmes la revendication de l'indépendance nationale dans le cas, par exemple, des mouvements de libération coloniaux, lorsque la majorité de la population (y compris de la classe ouvrière) s'est prononcée clairement pour une telle solution et que la tâche principale des révolutionnaires consiste a arracher ce puissant mouvement national à la direction de la bourgeoisie nationaliste, lorsque des secteurs décisifs de la classe ouvrière de la nation dominée se sont déjà prononcés en faveur de l'indépendance et que cette lutte constitue un des principaux cadre de radicalisation du prolétariat (résultat le plus souvent du décalage existant entre la lutte des classes dans la nation dominante et celle dans la nation dominée) ; c'est-à-dire, lorsque le cadre de la lutte pour l'indépendance devient le cadre inévitable dans lequel débutera et duquel émergera la lutte pour le socialisme.
Ce ne sont que des indications générales. On peut très bien dans une situation concrète trouver des traits, des éléments contradictoires. Dans ce cas, ce qui tranche, c'est la capacité des révolutionnaires de bien comprendre les tendances fondamentales du processus révolutionnaire. Toute élaboration d'une stratégie révolutionnaire pour le Canada et le Québec exige une position correcte sur la question nationale. C'est pourquoi l'articulation concrète entre lutte des classes et libération nationale au Québec doit être rigoureusement analysée.
LE QUEBEC :
UNE NATION OPPRIMEE
AU SEIN DE L'ETAT
IMPERIALISTE CANADIEN Le Québec est une nation. Il possède une langue commune, une histoire commune, un territoire commun, des institutions nationales, de même qu'un très haut degré de conscience nationale, dont le développement puissant et massif du nationalisme québécois est l'expression la plus claire.
Le Québec est une nation opprimée dans le cadre de la Confédération canadienne. Cette oppression nationale s'articule à trois niveaux.
Au niveau économique, le Québec est dominé par les impérialismes canadien et américain. Au cours de l'histoire, cette domination a fortement déformé la structuration socio-économique du Québec : absence d'une bourgeoisie nationale digne de ce nom, débilité structurelle du secteur manufacturier lourd, hypertrophie du secteur public et de la construction, très forte dépendance de l'investissement et de l'emprunt étranger, surexploitation relative de la classe ouvrière québécoise par rapport à l'ensemble du continent nord-américain, etc.
Au niveau politique, le Québec ne dispose pas d'un Etat national qui lui soit propre. L'Eat québécois reste limité par les contraintes de la constitution canadienne et par son insertion dans le réseau étatique pancanadien. Ni la constitution, ni l'Etat canadien ne reconnaissent le droit de la nation québécoise à l'autodétermination. La bourgeoisie canadienne a systématiquement et consciemment utilisé l'Etat fédéral central pour imposer au Québec des politiques qui maintenaient celui-ci dans un état de déstructuration industrielle et de subordination économique. Cet Etat n'a pas hésité à plusieurs reprises dans l'histoire à utiliser l'armée canadienne pour réprimer les mouvements de masses au Québec.
Au niveau culturel et linguistique, les Québécois sont victimes de discrimination. L'anglais, langue de la minorité privilégiée, est au Québec même, la langue de la promotion sociale. Les travailleurs québécois comptent parmi les groupes linguistiques les moins bien rénumérés. Objectivement, la politique de la bourgeoisie canadienne, que ce soit par des projets d'anglicisation, ou plus récemment et subtilement, par sa politique de bilinguisme, a toujours tendu vers une politique d'assimilation de la nation québécoise.
L'oppression nationale dont est victime la nation québécoise nécessite de la part des révolutionnaires québécois et canadien-anglais, une position non-équivoque pour son droit à l'autodétermination. Mais la question centrale qui est posée est celle de l'exercice concret de ce droit, celle de l'indépendance nationale. Les révolutionnaires doiventils reprendre à leur compte la lutte pour l'indépendance nationale du Québec ? A cette question nous devons répondre oui. La dynamique concrète de la lutte des classes au Québec et son insertion dans l'Etat impérialiste canadien et dans l'ensemble du réseau impérialiste nordaméricain font de la revendication d'indépendance nationale un des éléments-clés de la lutte pour le socialisme.
L'INDEPENDANCE
NATIONALE, UN ELEMENT CENTRAL DE LA LUTTE DES
CLASSES Le Québec est partie intégrante de l'Etat impérialiste canadien. Mais son insertion dans cet Etat n'est pas celui de n'importe quelle province de la Confédération canadienne. La structuration économique et sociale du Québec (celle d'une formation socio-économique dominée) la distingue qualitativement de celle de la formation socio-économique canadienne prise dans son ensemble (qui est celle d'une formation socioéconomique impérialiste). Les conséquences en sont considérables. Premièrement, au niveau de la structuration sociale, il y a l'absence d'une bourgeoisie nationale consistante. Les secteurs francophones de la bourgeoisie sont directement intégrés et dépendants de la bourgeoisie canadienne. Les secteurs décisifs de l'économie québécoise sont contrôlés par la bourgeoisie impérialiste canadienne. L'absence d'une bourgeoisie autochtone forte et le poids de l'impérialisme étranger et de l'oppression nationale déterminent chez les larges masses ouvrières et populaires québécoises un mode de radicalisation nationaliste. C'est là la base objective de l'appui dont jouit le Parti québécois dans la classe ouvrière québécoise, et plus particulièrement dans les secteurs et les régions fortement dominés par l'impérialisme. Ce mode de radicalisation nationaliste n'est pas un phénomène conjoncturel mais repose sur des bases structurelles.
Le rôle central joué par la question nationale et l'intensité des contradictions sociales produites par la domination impérialiste créent également les bases objectives pour un rythme plus accéléré de la lutte des classes au Québec que dans le reste du Canada. Encore une fois, il ne s'agit pas d'un phénomène conjoncturel, mais bien d'un produit d'un ensemble de contradictions sociales (haut taux de chômage, salaires plus bas que la moyenne continentale, attitudes plus dures du patronat, déséquilibres régionaux plus accentués, importation des difficultés économiques impérialistes...) reposant sur des bases structurelles.
Il existe donc une base objective à la désynchronisation du rythme de la lutte des classes entre le Canada et le Québec, aux modes de radicalisation différenciés entre travail- leurs québécois et travailleurs canadiens. A ces facteurs objectifs, s'ajoutent des facteurs subjectifs : le mouvement ouvrier canadienanglais n'a jamais montré la moindre velléité de combattre l'oppression nationale des Québécois par la bourgeoisie canadienne. Historiquement, le mouvement ouvrier canadien-anglais n'a pas seulement montré à maintes reprises son incompréhension profonde de la question nationale québécoise, mais aussi son chauvinisme à l'égard des travailleurs québécois.
L'ensemble de ces facteurs — le mode de radicalisation spécifique de la classe ouvrière québécoise, la désynchronisation de la lutte des classes entre le Canada-anglais et le Québec, les divisions nationales entre travailleurs canadiens-anglais et québécois, et le fait que cet ensemble de facteurs soit soutendu par des bases structurelles - déterminent une dynamique spécifique de la lutte des classes au Québec, distincte de celle qui prévaut au Canada anglais, et qui a comme élément central, la lutte pour la libération nationale.
La force du PQ et sa capacité d'hégémoniser politiquement la classe ouvrière québécoise tient justement à ce qu'il propose une solution «québécoise», au niveau de l'Etat québécois, donc crédible, à l'oppression nationale et aux revendications des masses. Cette hégémonie ne sera pas rompue par des appels abstraits à l'unité dans la lutte des classes ouvrières canadienanglaise et québécoise, mais bien en luttant pour que le mouvement ouvrier québécois reprenne les revendications nationales et la lutte pour l'indépendance (c'est là la tâche des révolutionnaires au Québec), et pour que le mouvement ouvrier canadien-anglais se débarrasse de ses préjugés chauvins et appuie le droit de la nation québécoise à l'autodétermination et à l'indépendance (c'est là la tâche des révolutionnaires au Canadaanglais). Ce n'est qu'en posant résolument la question de l'indépendance, des moyens de l'obtenir et du type d'indépendance dont la classe ouvrière a besoin pour obtenir la libération nationale, que l'hégémonie péquiste sur la classe ouvrière pourra être battue en brèche. La rupture de cette hégémonie est la précondition essentielle à toute révolution socialiste au Québec. Toute l'expérience historique démontre que le détournement des masses ouvrières de l'influence du nationalisme bourgeois ne peut surgir que de la prise en charge de la lutte nationale par les révolutionnaires et de son articulation à la lutte pour le socialisme.
UNE ARME CONTRE
L'IMPERIALISME CANADIEN Le Québec est le maillon faible de l'Etat impérialiste canadien. L'indépendance, même bourgeoise du Québec, porterait un coup dur -— sinon fatal — à l'impérialisme canadien.
Economiquement, le Québec est une base d'investissements qui donne de forts profits à la bourgeoisie canadienne. Les secteurs surtout basés sur l'exportation ont besoin de conserver le Québec comme liaison territoriale avec les provinces maritimes et le débouché sur l'Atlantique qu'elles offrent. Le Québec est le principal client de biens de consommation de l'Ontario, le cœur industriel du Canada. Finale- ment, le Québec constitue un des principaux secteurs d'extraction de l'économie canadienne. La création d'un Etat québécois indépendant affaiblirait considérablement le Canada. Même l'indépendance diluée en souveraineté-association n'est pas un projet acceptable pour la bourgeoisie impérialiste canadienne : les bases d'accumulation propres de cette bourgeoisie, son épine dorsale — les communications et le système financier canadien, un des plus concentrés au monde - seraient fortement touchés par les projets de restructuration qu'implique la souveraineté-association.
Politiquement, les effets seraient encore plus brutaux. Le Canada est caractérisé par un très faible degré d'intégration régionale. Certaines régions du pays sont davantage intégrées au marché américain qu'au marché pancanadien et l'indépendance du Québec exacerberait toutes les tendances centrifuges déjà existantes. La structure étatique pancanadienne telle qu'elle existe actuellement serait détruite. Elle marquerait une crise politique sans précédent pour la bourgeoisie canadienne.
Socialement, l'affaiblissement économique et politique de la bourgeoisie canadienne créerait des conditions plus favorables à la lutte des classes au Canada même. Un des principaux ciments de la collaboration de classe, le mythe de l'unité nationale canadienne, le front uni pour le maintien de la subjugation nationale du Québec, serait détruit.
Aussi, défendons-nous l'indépendance du Québec sous toutes ses formes, y compris sous une direction bourgeoise. L'indépendance du Québec affaiblit l'impérialisme canadien et crée les meilleures conditions pour le développement de la lutte des classes au Canada et au Québec d'une part. Et c'est, en même temps, la seule façon d'arracher les masses de l'influence du PQ : en luttant pour l'indépendance nationale sans placer aucune condition.
POUR LA REPUBLIQUE DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC Mais défendre inconditionnellement l'indépendance du Québec ne signifie pas que nous nous contentons de mettre de l'avant des revendications nationales. Au contraire, les révolutionnaires doivent combiner étroitement ces revendications nationales avec des revendications transitoires anticapitalistes et la perspective d'un Québec indépendant avec celle d'un Québec socialiste. Une véritable libération nationale, qui soustrairait totalement le Québec à la domination impérialiste est impossible dans un cadre capitaliste.
Coincé entre l'impérialisme canadien et l'impérialisme américain, disposant d'une très faible base d'accumulation du capital, réduite fondamentalement à un rôle de sous-traitant avec l'impérialisme, ce qui existe comme bourgeoisie québécoise est incapable de concurrencer l'impérialisme sur son propre territoire. Le projet de développement d'un capitalisme d'Etat québécois, à l'ombre duquel prospèrerait tout un réseau de «petites et moyennes entreprises québécoises» se heurte d'abord à l'opposition de l'impérialisme à cause de ses nombreuses difficultés objectives, et tout autant à l'opposition active de l'impérialisme canadien qui dispose de toute une gamme de moyens, tant politiques qu'économiques pour bloquer un tel projet. Les reculades successives du PQ sur la question de l'indépendance et sur son programme économique en témoignent.
La libération nationale du Québec ne peut s'effectuer par l'établissement d'un Québec capitaliste indépendant qui laisserait intact l'essentiel de la domination impérialiste sur le Québec. Au contraire, elle ne peut passer que par l'expropriation massive des intérêts impérialistes, la délivrance de l'économie québécoise de l'emprise du marché impérialiste mondial au moyen de l'établissement du monopole sur le commerce extérieur et la planification socialiste de l'économie, seule à même de développer les forces productives dans un Québec libéré de la domination impérialiste. Seule une mobilisation révolutionnaire des masses dépassant les objectifs nationalistes bourgeois du PQ peut mener à bien une telle tâche.
C'est cette problématique qui détermine le cadre stratégique de la révolution québécoise. En reprenant à leur compte la lutte contre l'oppression nationale et pour l'indépendance du Québec, les marxistes révolutionnaires cherchent à amener les masses ouvrières et populaires à se mobiliser de façon autonome à partir de revendications qui remettent concrètement en cause à la fois la domination impérialiste sur le Québec et l'hégémonie du PQ sur elles.
A cette fin, les marxistes révolutionnaires mettent en avant un programme d'action basé sur des revendications qui combinent étroitement l'aspect national et l'aspect anticapitaliste de la lutte. Ils font de chaque revendication nationale une revendication prolétarienne, tant dans son contenu que dans ses formes de lutte. Ils dirigent ces luttes et revendications à la fois contre l'Etat canadien et le gouvernement québécois : a) contre le gouvernement québécois, en exigeant de lui qu'il rompe complètement avec l'Etat impérialiste canadien, qu'il abroge unilatéralement toutes les lois fédérales anti-ouvrières et anti-populaires, en exigeant l'expropriation de l'impérialisme et en mobilisant les masses pour la satisfaction de toutes leurs revendications. b) contre l'Etat fédéral canadien, en luttant systématiquement aux côtés des travailleurs canadiens-anglais contre les lois et mesures fédérales qui s'attaquent aux classes ouvrières des deux nations, en recherchant constamment l'unité d'action entre les deux classes ouvrières autour de revendications communes.
Les révolutionnaires cherchent à mobiliser les masses non seulement pour créer un rapport de force favorable à la classe ouvrière au niveau du Québec seulement, mais aussi pour établir le rapport de force le plus favorable pour l'ensemble des classes ouvrières à l'échelle de tout l'Etat pancanadien.
Les marxistes-révolutionnaires avancent une perspective double : d'une part, des mobilisations dirigées contre le gouvernement québécois afin d'exacerber les contradictions entre lui et l'Etat fédéral, entre le PQ et les masses ; d'autre part, des mobilisations unitaires des classes ouvrières canadienne et québécoise dirigées contre l'Etat fédéral pancanadien afin de raffermir les liens avec le prolétariat canadien et affaiblir le plus possible l'Etat fédéral central, de réduire sa capacité à intervenir efficacement et contre la classe ouvrière et contre la lutte nationale au Québec. Ces deux tâches constituent une orientation à deux volets dont l'objectif central est la destruction de l'Etat impérialiste canadien et la libération nationale du Québec par la création d'une République des Travailleurs du Québec.
LES MARXISTES-
REVOLUTIONNAIRES ET
LE PQ Si nous appuyons inconditionnellement la lutte pour l'indépendance nationale du Québec, nous n'accordons aucun appui politique, quel qu'il soit, au Parti Québécois. Pour mener à bien la lutte pour la libération nationale et le socialisme, la classe ouvrière doit être rigoureusement indépendante du PQ et de toutes les forces bourgeoises ou petites-bourgeoises. Notre attitude face au PQ s'articule à partir des éléments suivants : a) appui à toutes les mesures antiimpérialistes, si jamais le PQ venait à en prendre sous la pression de la mobilisation des masses, la défense inconditionnelle de la lutte pour l'indépendance nationale et de toutes les revendications nationales progressistes, défense du droit du gouvernement québécois de légiférer sans obstruction ou intervention de l'Etat fédéral (exemple : la loi 101). b) mobilisations rigoureusement autonomes des masses pour la satisfaction de leurs revendications. Mise en avant d'un programme de revendications transitoires qui s'attaque véritablement à la domination impérialiste sur le Québec et lie la lutte nationale à la lutte anticapitaliste.
UTTE DE CLASSES AU QUEBEC 107 c) aucune confiance, aucun appui à ce gouvernement bourgeois, dénonciation systématique de son refus de lutter sérieusement contre l'oppression nationale et de ses capitulations devant l'impérialisme, de toutes ses mesures anti-ouvrières et anti-populaires. Les révolutionnaires ne doivent semer aucune illusion sur les capacités de ce parti de mener à bien les tâches nationales ou de satisfaire les revendications des masses. d) mise en avant systématique de la nécessité de l'indépendance de classe, tant au niveau syndical que politique. Pas de pacte social. Non à la concertation, au tripartisme ou à tout autre forme de collaboration de classe avec le gouvernement péquiste. Pour l'indépendance politique de classe, pour un parti des travailleurs basé sur les syndicats.
LUTTE DE LIBERATION
NATIONALE ET
INTERNATIONALISME
PROLETARIEN Entre la tâche de libération nationale du Québec que se posent les marxistes-révolutionnaires et l'internationalisme prolétarien qui est le fondement historique et stratégique de toute notre activité, il n'y a aucune contradiction effective.
L'internationalisme prolétarien puise sa force pratique dans des conditions objectives et matérielles : l'unification économique et politique du monde entier par le capitalisme. L'impérialisme a imposé au système capitaliste un degré très avancé d'intégration mondiale ; le contrôle du marché, de la vie économique et sociale, par les corporations dites multi-nationales est évidente et la politique militaire de l'impérialisme en Indochine hier, au Moyen Orient, en Amérique latine et en Afrique centrale et méridionale aujourd'hui rendent de plus en plus clair le caractère international de la lutte des classes et de la révolution socialiste.
L'internationalisme prolétarien est donc la prise de conscience agissante de cette réalité objective. L'analyse et le programme révolutionnaires se font en fonction de cette réalité, c'est-à-dire en fonction de l'intervention mondiale la plus efficace pour la modifier. Ainsi toute politique qui prend comme point de départ un point de vue étroitement national est à moyen terme suicidaire.
Cependant, si le capitalisme a créé dans tous les pays du monde, dominants ou dominés, un prolétariat moderne qui a les mêmes intérêts historiques, (la révolution socialiste), et le même adversaire, (la bourgeoisie), cela ne signifie pas que l'origine historique et les conditions de vie et de lutte soient identiques dans tous les pays et toutes les nations. L'internationalisme nécessaire du prolétariat canadien et du prolétariat québécois ne repose pas du tout sur une identité absolue de leurs conditions de vie, tâches et méthodes d'organisation et de lutte, mais sur l'interdépendance objective de la lutte contre l'ennemi commun. Car l'unification du monde entier par le capitalisme et surtout l'impérialisme n'a pas procédé par l'égalisation de tous les pays et de toutes les nations. Le développement combiné et inégal de l'histoire signifie un accroissement de l'inégalité entre les nations dominées et les nations dominantes.
Pour que l'unité historique des prolétaires des nations dominantes et des nations dominées se réalise, il va falloir que les premiers rompent concrètement avec 'leur impérialisme' à tous les niveaux et que les derniers prennent en main la lutte de libération nationale en évinçant les nationalistes bourgeois et petitsbourgeois. Ce n'est qu'ainsi qu'on pourra progresser vers notre but final : la République universelle des conseils ouvriers, où toutes les formes non seulement d'exploitation mais aussi d'oppression des êtres humains par des êtres humains seront liquidées.
C'est ainsi que les marxistes-révolutionnaires du Québec inscrivent leur lutte pour la République des travailleurs du Québec dans le cadre de la lutte pour la destruction de la société bourgeoise, quelque soit sa forme étatique actuelle, dans l'ensemble du continent nord-américain. La libération du Québec impliquerait un affaiblissement grave immédiat de l'Etat canadien, sinon sa destruction, et aurait des effets directs sur les USA.
Mais cette perspective historique des Etats-Unis socialistes d'Amérique du Nord ne doit pas nous pousser à établir artificiellement un schéma ou un calendrier : d'abord la révolution au Québec, ensuite au Canada et après aux USA. Ce n'est pas la question. Il s'agit plutôt de saisir la révolution québécoise dans sa dimension internationale et de comprendre la nécessité d'une participation active des révolutionnaires québécois à l'élaboration d'une stratégie révolutionnaire internationale.
La prédominance chez les masses québécoises de l'idéologie nationaliste incarnée par le PQ actuellement au pouvoir ne peut que retarder l'émergence d'une conscience internationaliste agissante, d'autant plus que le gouvernement péquiste soumis aux pressions de l'impérialisme sera obligé de remettre en cause le radicalisme «neutraliste» d'une partie de sa base fondatrice. Ainsi les résolutions anti-OTAN et anti-NORAD de ses premiers congrès (héritage du RIN) vont inévitablement prendre le bord face à la nécessité de prouver devant l'impérialisme américain le fait que le PQ et sa solution de souveraineté-association est la meilleure manière de contenir le mouvement ouvrier au Québec.
L'évolution de plus en plus conciliatrice de la direction péquiste, et son recul sur des questions centrales allant éventuellement jusqu'à l'abandon de l'objectif de l'indépendance risquent de remettre en cause l'unification de tout le mouvement nationaliste derrière le PQ. Compte tenu de l'expérience historique des formations sociales dominées hautement prolétarisées, la formation de courants nationalistes radicaux est une possibilité sérieuse à terme.
Ces courants combineraient un anti-impérialisme plus militant et un discours plus radical à une idéologie confuse recouvrant une réalité nationaliste populiste, et donc bourgeoise.
D'autre part on ne peut exclure l'apparition de courants extrémistes pro-canadiens, basés par exemple sur les secteurs violemment racistes de la minorité britannique au Québec. Ces groupes, manipulés ou non d'Ottawa, pourraient intervenir dans une déstabilisation du régime péquiste ouvrant la voie à d'éventuelles opérations militaires de «pacification» de la part de l'Etat fédéral canadien. Une telle évolution accentuerait le cours droitier et conciliant du PQ et aiguiserait les tensions en son sein.
L'internationalisme prolétarien exige des révolutionnaires le soutien inconditionnel aux combattants anti-impérialistes réels, mais pas de façon acritique. Au contraire une polémique serrée et constructive des révolutionnaires, leur prise en charge réelle du combat contre l'impérialisme peut prévenir la cristallisation d'un courant populiste radical et renforcir le pôle communiste-révolutionnaire, identifiant clairement la classe ouvrière comme l'agent historique de la révolution québécoise et le caractère socialiste de celle-ci.
Les organisations mao-staliniennes ont maintenu une activité internationaliste beaucoup plus conséquente que les organisations trotskystes depuis la fin du mouvement Chili. Cependant, leur activité est fondamentalement subordonnée aux besoins de la politique étrangère de la Chine (dans le cas du PCCml de plus en plus à celle de l'Albanie). Cette subordination les a amenés à des positions aussi réactionnaires que celle de l'appui à Mobutu. De plus, la politique ambigue de la LC(ml)C, principale organisation de l'extrême-gauche, sur la nature de l'Etat canadien la porte à ne pas mener concrètement la bataille contre l'impérialisme canadien. Ainsi une partie des couches avancées des travailleurs et travailleuses qui rompent avec le nationalisme du PQ sous l'égide des mao-staliniens n'effectuent qu'une rupture partielle soit parce qu'ils ne comprennent pas le rôle impérialiste joué par le Canada, soit parce qu'ils acceptent de se subordonner aux intérêts étroits de la bureaucratie chinoise.
Aussi, malgré l'anti-impérialisme verbal de la gauche du PQ, des directions syndicales qui collaborent avec le PQ et des mao-staliniens, seuls les marxistes-révolutionnaires mettent en avant un programme concret anti-impérialiste comprenant surtout le refus des alliances de l'OTAN et de NORAD et l'exigence du retrait unilatéral du Québec de ces alliances et de l'établissement des liens privilégiés avec les Etats ouvriers.
De plus, la nécessité fondamentale pour les marxiste-révolutionnaires de mettre à nu le contenu de classe de l'anti-impérialisme prolétarien va exiger pendant toute la prochaine période un travail : a) de solidarité avec les luttes des nationalités opprimées du Québec (Amérindiens et Inuit), du Canada (Acadiens, Amérindiens, Inuit, francophones des provinces anglaises) et du reste du continent (Noirs, Chicanos, Portoricains) ; b) de solidarité avec la révolution RE FINAL 222laal 01
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Shanatad BINANS CASIER mondiale dans ses secteurs les plus avancés dont surtout la péninsule ibérique et l'Afrique méridionale.
Ce travail doit être mené dans les buts suivants: a) renforcer l'unité historique entre les prolétariats québécois et canadien et de ces deux avec le prolétariat américain ; b) créer des liens de solidarité entre les travailleurs et travailleuses québécois(es) et les nationalités opprimées du continent, ce qui permettrait de mettre à nu encore plus clairement le contenu de classe de l'oppression nationale ; c) renforcer concrètement la révolution mondiale car tout ce qui affaiblit la bourgeoisie impérialiste ailleurs l'affaiblit ici ; d) expliquer les leçons d'ailleurs pour le Québec et le continent nord-américain.