Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 3e série n° 5

Un communiste chinois à Moscou (1927-1929)

Wang Fan-hsi · Quatrième Internationale, 3e série n° 5 · juillet-août-septembre 1981 · p. 89-101 · 6 232 mots

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Après la défaite de la révolution chinoise en 1927, le Comité central du PC chinois, à l'initiative de Moscou, envoya plusieurs centaines de jeunes militants en Union soviétique. Wang Fan-hsi fut l'un d'eux et il vécut pendant deux ans en Union soviétique. De ses Mémoires, écrits en 1957, qui viennent de paraître en anglais, nous avons extrait les pages suivantes où il raconte comment ces jeunes communistes, fraîchement sortis de l'expérience de la révolution chinoise de 1925-1927, furent mêlés à la lutte fractionnelle au cours de laquelle Staline et la bureaucratie soviétique vainquirent l'Opposition de gauche, comment ces étudiants chinois adoptèrent en grand nombre les positions de Trotsky, s'organisèrent clandestinement à Moscou et, finalement découverts, payèrent un lourd tribut à la fraction stalinienne. Ces pages révèlent une partie de l'histoire des trotskystes chinois et de la révolution chinoise, inconnue ou largement méconnue, aussi bien dans leur pays qu'hors de celui-ci ! Les sous-titres ont été insérés par nous. Nous arrivâmes à Moscou au début d'octobre (1927) et logeâmes dans un immeuble situé près du square Strastnaya. D'autres groupes d'étudiants chinois continuèrent à arriver pendant les semaines suivantes, et nous fûmes bientôt plus de six cents vivant dans le même hôtel. Il avait été convenu que nous suivrions tous un cours de six mois à l'école militaire attachée à l'Université communiste pour les travailleurs b eur puys yu nors de cer-ci . Les d'Orient (UCTO). Mais l'école militaire n'était pas encore prête lors de notre arrivée à Moscou, probablement parce que la défaite de la révolution chinoise avait surpris tout le monde. Nous n'avons donc eu rien à faire pendant quelques semaines, jusqu'à ce qu'il fut décidé d'envoyer quelques dizaines d'entre nous au cours normal de deux ans de l'UCTO. Je fus parmi ceux ainsi choisis...

L'UCTO était une université politique spécialisée dans la formation de cadres révolutionnaires pour les pays orientaux. Elle regroupait des étudiants de plus de 70 nationalités, y compris des nationalités minoritaires de la partie orientale de l'Union soviétique, et des nations opprimées d'Afrique et d'Asie. Il y avait aussi quelques étudiants japonais et des Noirs américains. Nous vivions boulevard Tverskaya dans l'hôtel où Chu Chiu-pai (1) et d'autres avaient vécu à Moscou quelques années auparavant. Au début des années 1920, tous les étudiants chinois à Moscou étudiaient à l'UCTO. En 1925, la révolution chinoise étant dans sa période ascendante, des Chinois venaient de plus en plus nombreux étudier à Moscou et une nouvelle université portant le nom de Sun Yat-sen fut créée exclusivement pour eux. L'université Sun Yat-sen était un produit de la période de collaboration entre le Kuomintang et le Parti communiste chinois, elle acceptait non seulement les membres du PC et de la Jeunesse communiste, mais aussi les enfants de fonctionnaires de haut rang du Kuomintang. Les hommes et les femmes qui avaient été membres du PC pendant une assez longue période continuaient à être envoyés à l'UCTO pour y étudier.

DECOUVERTE DE

L'OPPOSITION DE GAUCHE

SOVIETIQUE En 1927, il y avait aussi une importante différence entre l'Université Sun Yat-sen et l'UCTO. Le président de la première était Karl Radek, un trotskyste éminent, tandis que l'UCTO était dirigée par Boris Schumiantsky, ardent partisan de Staline. Pour favoriser ses intérêts, la fraction dirigeante du Comité central du PCUS renforçait par tous les moyens l'UCTO, s'assurant que les étudiants les meilleurs et les plus dignes de confiance y étaient envoyés. Mais, au moment où nous arrivâmes à Moscou, la situation commençait à changer. Les staliniens avaient gagné la bataille contre les trotskystes à l'Université Sun Yat-sen et Pavel Mif avait remplacé Radek. Le sort des étudiants trotskystes à l'Université avait été également réglé : quelques-uns avaient été exclus du PC chinois et attendaient leur transfert en Sibérie ou leur retour en Chine, d'autres avaient capitulé et renoncé à leurs positions, parmi eux Tchiang Chingkuo, fils de Chiang Kai-shek.

Dès que nous commençâmes notre vie d'étudiants, nous fûmes, que nous le voulions ou pas, entraînés dans la lutte fractionnelle qui allait décider du sort du PCUS, de l'Union soviétique, du PC chinois et même de toute l'humanité. Nous étions ignorants de l'histoire de la révolution russe et ne savions presque rien de l'Union soviétique et du mouvement ouvrier international. Nous étions donc complètement désemparés quand on nous demanda de prendre parti dans les controverses de cette période. Nous les suivions cependant avec grand intérêt, notamment celle sur la révolution chinoise. Bien que manquant de l'assise théorique nécessaire, nous en savions assez par notre amère expérience pour arriver à nos propres conclusions. Avant même d'arriver à Moscou, beaucoup d'entre nous avaient de sérieux doutes au sujet du cours des événements en Chine. Maintenant que nous commencions à étudier et à penser, nous nous concentrions honnêtement sur les questions soulevées dans la discussion, lisions les documents et participions aux réunions. Au Xe anniversaire de la Révolution d'Octobre nous étions devenus plus ou moins familiers avec la substance de la controverse... Au début nous avions des préventions contre la gauche. Le parti nous avait inculqué avec succès l'habitude de soutenir inconditionnellement la majorité et d'obéir sans esprit critique au Comité central. Bien que n'ayant pas lu un seul document et ignorant les principales questions en débat, nous estimions que c'était Staline qui avait raison. C'est à une assemblée plénière des membres du parti étudiant à l'UCTO, tenue peu après que nous y ayons été inscrits, que mes soupçons furent éveillés pour la première fois. E. Yaroslavsky, président de la CCC du PCUS, faisait un rapport à cette réunion. Les étudiants des différentes nationalités siégeaient en groupes pour faciliter la traduction simultanée dans leurs propres langues. Le fond du discours était que Trotsky était un menchevik et qu'il s'était opposé de manière conséquente et délibérée à Lénine. Les mobiles de sa participation à la Révolution d'Octobre étaient mauvais pour ne pas dire perfides, et l'histoire avait montré que sa participation avait produit plus de mal que de bien. Nous, étudiants chinois, acceptions tout cela comme parole d'Evangile, car nous ne connaissions rien de l'histoire des fractions de la social-démocratie russe. Il n'en était pas de même d'autres étudiants qui, pour la plupart, étaient caucasiens et arméniens. Les remarques de Yaroslavsky déchaînèrent un torrent de protestation parmi eux. Ils huaient et interrompaient son discours. Nous ne comprenions pas un mot de leurs interruptions, mais quand nous demandâmes à notre interprète de les traduire pour nous, il refusa, disant : « C'est absurde, ce sont simplement des trotskystes qui jetent le trouble ! ». Quelques étudiants chinois qui étaient déjà là depuis un an et qui comprenaient un peu le russe nous murmurèrent qu'ils criaient «Honte ! » et « Mensonge ! ». Nous étions sidérés et passablement troublés. Lorsque Yaroslavsky eut terminé son discours, un étudiant russe monta à la tribune accompagné par un choeur de sifflets. Il criait avec colère, de toute la force de sa voix. Une partie de l'auditoire assaillit alors la tribune dans le but évident de l'en arracher. D'autres se portèrent à sa défense et la réunion dégénéra en tumulte. Finalement, le président intervint pour lui donner l'ordre d'arrêter de parler et il fut arraché de la tribune tout en continuant à crier et à lutter. Les choses en vinrent au point où chaque camp s'apprêtait à la lutte. Aussi nous sommes-nous retirés de la réunion. Nous ne pouvions pas comprendre ce qu'ils criaient les uns aux autres, mais il était clair qu'une minorité appréciable de l'auditoire soutenait Trotsky. Il était également clair que la lutte entre les deux fractions avait atteint un paroxysme.

Ce que nous avions vu à ce meeting attisa notre soif d'étudier. Nous dévorions tous les documents sur lesquels nous pouvions mettre la main. Mais, plus notre intérêt grandissait et plus le matériel disponible ne nous donnait pas satisfaction. Les documents que nous recevions étaient seulement des citations ou des résumés des arguments de la majorité stalinienne du Comité central. Comme nous n'avions jamais vu un seul document exposant les arguments de l'Opposition, nous avons demandé au Comité de parti de l'UCTO d'en mettre quelquesuns à notre disposition de façon que nous puissions connaître de première main les positions des « ennemis » du parti. On nous répondit que les positions de l'Opposition étaient expliquées dans les documents publiés par le Comité central et que ceux-ci contenaient de nombreuses citations des documents oppositionnels. Nous n'étions pas satisfaits de cette réponse : les arguments attribués à l'Opposition dans ce matériel étaient si manifestement erronés que nous ne pouvions croire que d'éminents dirigeants de la révolution aient pu les avancer. Un doute en engendra un autre, et nous commençâmes à douter des documents que nous avions jusqu'alors acceptés inconditionnellement. Les membres dirigeants du Comité de parti notèrent évidemment notre changement d'attitude et y virent un signe de mauvais augure. Ils nous montrèrent la traduction chinoise d'un discours prononcé par Trotsky à une session du Comité central où de nombreux passages avaient été abrégés ou supprimés. Il avait été taillé si fâcheusement qu'il le rendait pratiquement inintelligible. Les interjections et les sarcasmes de Staline, de Boukharine et de leurs amis étaient cependant rapportés en détails ainsi que les applaudissements enthousiastes pour les remarques de Staline et les interruptions grossières auxquelles Trotsky était soumis. Mais, en lisant entre les lignes, il était possible de reconstruire le fond de la discussion. Les trois principales questions discutées étaient le comité syndical anglo-russe, la construction du socialisme en Union soviétique et la stratégie et la tactique suivies pendant la révolution chinoise. Parce que je manquais de clarté sur le raisonnement conduisant aux deux premières, je ne m'étais pas fait une opinion sur la dernière. Comme beaucoup d'autres de mes camarades, je n'étais pas prêt à formuler un jugement, encore moins à prendre parti, avant d'avoir convenablement étudié des sujets comme l'histoire du mouvement ouvrier international, l'économie politique, l'histoire de la révolution russe et les problèmes de la construction économique de l'Union soviétique. Le Comité de parti désapprouva évidemment notre neutralité sceptique. Selon lui, notre devoir de communistes était de soutenir la majorité du Comité central inconditionnellement et sans réserves. Pour ses membres, lire les documents était simplement un processus grâce auquel un tel soutien pouvait être accordé avec plus de promptitude et par conséquent plus de force. Dans une telle vue des choses, il n'y avait pas de place pour le doute ou le soupçon. Il en résultat que nous ne pouvions exprimer publiquement nos doutes et que nous ne voulions pas le faire. Formellement, nous soutenions sans réserves les résolutions mais notre raison nous forçait à faire des réserves mentales sur un certain nombre de questions. Ayant levé la main pour soutenir les décisions du Comité central, nous nous plongions d'autant plus avidement dans l'étude la théorie révolutionnaire, en particulier dans les théories de l'Opposition.

On pourrait presque dire que mon accord avec l'Opposition de gauche sur les questions débattues concernant la révolution chinoise était instinctif : aurions-nous dû entrer dans le Kuomintang ? Aurions-nous dû construire et renforcer l'organisation du Kuomintang ? Chiang Kai-shek avait-il été un allié du prolétariat digne de confiance dans la révolution chinoise ? Les comités de grève de Canton-Hong-Kong avaient-ils été des sortes de soviets ? Avions-nous eu raison de ne pas mobiliser et de ne pas organiser les paysans pendant l'expédition du Nord ? Avions-nous eu raison de soutenir un autre dirigeant du Kuomintang, Wan Tin-wei, afin de créer un « nouveau centre révolutionnaire » après la trahison de Chiang Kai-shek ? La tactique du « Bloc des quatre classes » avait-elle résisté à l'épreuve des événements en Chine ? A la suite de deux années d'expérience de première main, j'avais mes propres réponses à toutes ces questions. Il est inutile de dire que mon analyse était insuffisamment mûrie et incomplète. Je ne savais presque rien des classiques du marxisme, je n'avais jamais lu la théorie de Lénine sur le rôle du parti prolétarien ni sur la tactique qu'il devait suivre au cours de la révolution démocratique bourgeoise. Mais, même au cours de mon séjour dans le Nord de la Chine, avec beaucoup d'autres camarades, j'avais trouvé ridicule que l'on nous donne l'ordre de construire et de faire du travail de masse non pour notre propre organisation mais pour le Kuomintang, un parti qui n'existait au niveau de la base que par nos propres activités. Il m'était aussi impossible de comprendre pourquoi nous favorisions une confiance déplacée dans les généraux et les politiciens du Kuomintang, et pourqui, après avoir été trahis par un escroc, nous faisions allégeance à un autre escroc. Enfin, je trouvais difficile d'expliquer pourquoi nous avions décidé de remettre les armes des ouvriers de Wuhan au général Li Pin-hsien et pourquoi nous avions dénoncé les luttes des paysans du

Hunan comme des « excès » et aidé à les réprimer.

J'avais tout d'abord été désorienté par ces apparentes contradictions. Plus tard, on m'avait dit que c'était des erreurs commises par Chen Du-hsiu en dépit des instructions de l'Internationale communiste. La vérité ne m'apparut qu'après mon arrivée à Moscou. Bien que les documents à ma disposition fussent sévèrement censurés, il en ressortait d'une lecture soigneuse que la responsabilité de cette politique ne retombait ni sur le conseiller soviétique Borodine, ni sur Chen Du-hsiu, ni sur l'envoyé de l'I.C., Roy. Ceux-ci n'avaient été que les exécutants d'une politique formulee, adoptée et imposée par le Comité central du PCUS, c'est-à-dire par Staline en dernière analyse. Je ne pouvais voir aucune différence de principe entre sa politique courante et celle dont il prétendait maintenant qu'elle avait été « réalisée de façon erronée » en Chine.

Il n'en était pas ainsi des positions de l'Opposition qui se basaient clairement sur une stratégie fondamentalement différente de celle que nous avions mise en pratique en Chine. Cependant, aucun de nous n'osa ou ne voulut exprimer un soutien à l'Opposition qui, après tout, était dénoncée comme contrerévolutionnaire... Est-il besoin de dire que nous, révolutionnaires chinois, n'étions que des poltrons par nature. Au contraire, beaucoup d'entre nous avaient de considérables réserves de courage moral. Mais nous agissions ainsi seulement parce que des mots comme « parti », « Comité central », « majorité », étaient entourés d'une telle résonance sacrée, d'une telle autorité péremptoire, qu'aucun de nous n'osait le défier ou n'était armé pour le faire (p. 47-52).

... Après les fêtes (du X* anniversaire), la lutte fractionnelle à l'Université devint plus ardente. Les cellules du parti continuaient à se réunir plusieurs fois par semaine, mais elles étaient devenues très différentes. Avant l'anniversaire, les réunions étaient invariablement axées sur les documents que nous avions reçus et visaient à nous montrer combien l'Opposition se trompait d'un point de vue théorique et politique. Maintenant, nous étions simplement informés des « crimes » que l'Opposition avait commis. Le plus grave de ces crimes était l'organisation d'une « contremanifestation ». Parmi d'autres accusations, les plus graves étaient le fonctionnement d'une imprimerie secrète et de prétendus liens de l'Opposition avec un « Russe blanc »...

Ce qui me tourmentait le plus était l'accusation qu'elle « disposait d'une imprimerie clandestine ». Comment pouvait-ce être un crime de la part de fonctionnaires éminents dont certains étaient encore en poste, d'avoir une ronéo ou même une presse maniable afin de publier leurs positions et celles de personnes qui pensaient comme eux ?

Cela me tourmentait tellement que, lorsque la question du « complot de l'imprimerie » fut soulevée dans une réunion, je demandais comment la loi réglait l'utilisation et l'établissement des imprimeries en Union soviétique. L'interprète fut plutôt stupéfié par ma question mais il la traduisit. M'ayant écouté, le Russe qui s'adressait à la réunion sourit mystérieusement et me lança un regard significatif. Puis il me fit dire par l'interprète : « En principe, la question est très simple. Dans no- tre pays, les moyens d'expression sont le monopole de l'Etat prolétarien. Ils ne peuvent être gardés et utilisés que par l'Etat. Les contre-révolutionnaires n'ont pas, absolument pas, droit d'accès à eux ». J'ouvris la bouche pour poser une autre question, mais je fus réduit au silence par l'interprète, un communiste chinois qui était venu à Moscou via l'Allemagne. « Mais quoi, dit-il avec un sourire triomphant, tu ne vas certainement pas nier que les oppositionnels sont des contre-révolutionnaires ? ». Dans la salle, tous les yeux étaient tournés vers moi. J'étais très embarrassé et lâchais « Non... ». Je sentis que quelqu'un tirait ma veste dans l'intention évidente de me faire asseoir. « Non, bien sûr que non », dis-je m'efforçant de paraître convaincu et je m'assis. Je me tournais tranquillement vers l'homme qui avait tiré ma veste et murmurais « De quoi s'agit-il ? ». Il ne répondit pas mais écrivit sur un bout de papier quelque chose comme « Fais attention à ce que tu dis, sois patient », et le raya aussitôt...

Quelques jours plus tard, je me promenais le soir avec cet homme sur le boulevard Tverskaya. Nous eúmes une longue conversation et il me raconta quelque chose a ce sujet. Son nom chinois était Lo Han... Il avait étudié en France plusieurs années auparavant avec Chen Yen-nien, Chou En-lai et Li Li-san (2). Il avait abandonné son métier de potier pour devenir un révolutionnaire professionnel et avait rejoint le parti en France. Après avoir travaillé pour le parti à Canton, il avait été nommé commissaire politique dans une unité de l'armée du Kuomintang. Après l'incident de la cannonière Chingsan du 20 mars 1926, Chiang Kai-shek commença à intervenir contre le PC chinois et expulsa de l'armée tous les communistes, y compris Lo. Le Comité central du parti les envoya à Moscou pour étudier le marxisme. Par son ancienneté et ses qualifications, Lo Han appartenait à la première génération du parti. A ses yeux, j'étais un plus jeune frère. Bien que réservé par nature, Lo Han était toujours très aimable dans ses relations avec d'autres camarades. Il me dit beaucoup de choses sur l'Union Soviétique et la lutte intérièure dans le PCUS. Il dit que les positions de l'Opposition n'étaient pas aussi ridicules qu'elles apparaissaient dans les documents officiels et qu'il serait erroné de prendre parti avant que d'autres informations soient disponibles. Finalement, il me dit que tous les membres du Comité de parti dans l'Université, qu'ils soient russes ou chinois, étaient des bureaucrates opportunistes pour qui la vérité n'avait pas le moindre intérêt, de sorte qu'il était vain d'ouvrir la bouche dans les réunions du parti. Je lui demandais s'il avait vu des documents de l'Opposition. « Un ou deux », me répondit-il. Il nia avoir quelque lien organisationnel avec l'Opposition. C'était vrai, comme je pus le constater plus tard, car, à ce moment-là, il n'y avait pas d'organisation oppositionnelle parmi les étudiants chinois de l'UCTO. C'est seulement parce que, dans le contingent chinois de cette université, Lo Han et un autre étudiant appelé Tuan avaient des amis à l'Université Sun Yat-sen qui appartenaient à l'Opposition russe qu'il avait eu l'occasion de voir des documents de l'Opposition.

Lo Han ne me convertit pas à l'Opposition, mais il me rendit de plus en plus sympathisant avec ses objectifs. A partir de ce moment, je n'étais plus un participant naif confus dans la lutte. J'avais des opinions propres et je commençais à agir avec plus de prudence qu'auparavant. Je n'exprimais plus mes doutes ou objections aux réunions du parti, quel que fut le sujet de la discussion.

Les persécutions dirigées contre l'Opposition étaient maintenant plus fortes. Elles ne restèrent plus au plan purement « théorique ». Les oppositionnels étaient maintenant traités par des moyens administratifs, harcelés par la police et le guépéou, chassés en masse du parti, mis à la porte de leurs emplois et tout droit civique leur était dénié. Nous entendions souvent dire que des oppositionnels avaient été agressés physiquement. A l'Université Sun Yat-sen, un groupe d'étudiants oppositionnels fut exclu du parti et certains enseignants chassés. Bien que rien de cela ne se produisit parmi les étudiants chinois de PUCTO, une atmosphère d'anxiété et de malaise grandit. Les rapports entre étudiants devinrent de plus en plus tendus... (p. 55-58).

FORMATION DU GROUPE

TROTSKYSTE CHINOIS Dans l'hiver de 1927, plus de dix oppositionnels connus, parmi lesquels Ou Fang (3), avaient été exclus du parti et renvoyés en Chine. Cependant, deux des exclus, Chen Chi et Wen Yueh, ne furent pas autorisés à quitter l'Union soviétique. Isolés du reste des étudiants, ils étaient gardés dans le campus, en attendant d'autres sanctions. Personne n'osait les approcher et ils ne tentèrent rien pour parler à leurs collègues étudiants. Ils restaient, lisant pendant toute la journée, dans la bibliothèque, ignorés avec mépris

Y0 96 par les « éléments loyaux » (c'est-àdire les staliniens du groupe Wang Minh) (4). Ils étaient regardés avec curiosité par la majorité non engagée comme des spécimens de musée du type « trotskyste ». Pendant que j'étais à l'UCTO et avant d'avoir des rapports avec l'organisation trotskyste clandestine, c'est ainsi que ces deux hommes m'étaient apparus lors de mes visites occasionnelles à l'Université Sun Yat-sen. Ils semblaient être différents des autres, de sorte que j'acquis l'impression qu'en dehors d'eux il n'y avait pas d'autres trotskystes parmi les étudiants chinois ou que, s'il y en avait eu, ils avaient été éliminés. En fait, il y avait encore à l'époque pas mal d'oppositionnels cachés parmi les enseignants et les étudiants, et ce sont ces oppositionnels cachés qui gagnèrent au trotskysme An Fu et d'autres pendant la période qui précéda les vacances de l'été 1928. Mon vieil ami Fan Chin-piao (5) fut ainsi influencé par ce groupe.

Pendant la dernière moitié de notre séjour à la maison de repos, nous passâmes par une période de réflexion et d'activité politiques extrêmement intenses. Après y avoir été pendant plus d'un mois, nous fûmes rejoints par An Fu (6) et ses amis... Ils apportèrent avec eux de petits carnets de notes dans lesquels ils avaient copié les principaux documents de l'Opposition, couvrant page après page des milliers de petits caractères chinois. Ces carnets passaient furtivement de main en main et influencèrent très vite un nombre considérable d'étudiants chinois...(p.75).

La raison principale pour laquelle la plupart des étudiants chinois à Moscou passèrent à l'Opposition après le printemps de 1928 était, comme je m'en aperçus rapidement, que les événements survenus pendant les derniers six mois en Chine et en Union soviétique avaient confirmé les analyses de l'Opposition à une vitesse surprenante... (p.77).

En automne, lorsque commença le nouveau trimestre... on pouvait dire sans exagérer que les neuf dixièmes des anciens étudiants de l'UCTO avaient été gagnés au trotskysme. Il devenait urgent de créer une organisation pour les unir. Un dimanche, fin septembre ou début d'octobre, une douzaine de nous environ partirent en tramway de Moscou par groupes de deux ou trois pour un pique-nique. Nous trouvâmes un coin tranquille où nous avons mangé, plaisanté et chanté. Dès qu'il n'y eut plus de promeneurs russes à portée de nos oreilles, nous passâmes aux affaires sérieuses. Nous avons discuté puis nous nous sommes mis d'accord sur la façon d'organiser tant de trotskystes. Trois d'entre nous, Fan Chin-piao, An Fu et moi, furent choisis par cette conférence de militants pour former un comité de direction.

...Après la formation de notre comité de trois membres, l'influence de l'Opposition grandit parmi les étudiants chinois de Moscou. L'existence de notre organisation était presque un secret de Polichinelle pour les étudiants de l'ex-UCTO. Les documents de l'Opposition étaient ouvertement discutés, même en présence d'étudiants qui n'étaient pas encore devenus membres de l'organisation. C'est à cette époque que nous obtinmes une copie ronéotée de la Critique du programme de l'I.C., écrite par Trotsky, qui circulait largement mais secrètement parmi les communistes russes. La plupart des étudiants chinois étant incapables de lire le russe, je fus chargé de traduire ce document en chinois ... (p. 78).

L'homme de liaison entre nous et les trotskystes russes était un homme jeune du nom de Poliakov qui avait donné des cours à l'Université Sun Yat-sen lorsque Radek en était le directeur. Au cours de la lutte contre l'opposition, il avait été exclu du parti et chassé de son emploi. Il travaillait maintenant comme ouvrier dans un atelier d'une usine de Moscou. Quand il sut que je ne trouvais pas un lieu sûr travailler a la traduction, ilm invita pour à utiliser son logement, une petite pièce dans un immeuble ancien situé non loin de la bibliothèque de l'UCTO. Il était marié depuis environ un an, à une jeune femme qui était encore étudiante à l'Université de Moscou. Le premier jour où j'arrivais chez eux, elle préparait un biberon pour son bébé, une petite fille âgée de quelques mois. Elle m'accueillit chaleureusement, me disant que ma visite était très opportune car elle avait besoin, ce jour-là, d'une garde pour l'enfant. C'était un magnifique bébé dormant dans sa couchette. « Si elle crie en se réveillant, me dit-elle, donnez-lui son biberon. C'est une très bonne fille et je ne pense pas qu'elle vous causera des ennuis ». Elle me donna une tasse de thé et un sandwich... Cette routine se prolongea pendant environ une quizaine jusqu'à ce qu'un matin, comme je quittais mon collège pour me rendre au logement de Poliakov, j'entendis une voix m'appelant par mon nom. Je me retournais et vis une femme dont la tête et les épaules étaient enveloppées dans un châle de sorte que je ne la reconnus pas tout d'abord. C'est seulement en me dirigeant vers elle que je vis que c'était Mme Poliakov. Elle ne réagit pas quand je lui tendis Quatrième Internationale N° 5 / 4 la main mais me fit signe de la suivre le long de la rue. Elle n'était pas elle-même : pas de sourire joyeux, pas d'expression malicieuse. Ses yeux montraient qu'elle avait pleuré amèrement, son visage était pâle de douleur. Nous stoppâmes à un coin de rue où elle me dit que Poliakov avait été arrêté après avoir dirigé une grève dans son usine et qu'elle ne pouvait plus fréquenter l'Université. Elle ne savait plus que faire. Son seul plan immédiat était de retourner avec son bébé et sa mère dans sa ville natale sur la Volga. Nous étions tous deux silencieux, je ne savais que dire pour la réconforter. Elle me tendit enfin un livre que j'avais laissé chez eux, un volume des Oeuvres complètes de Lénine où se trouvait inscrit mon nom en chinois. « Vous avez de la chance, me dit-elle, les hommes du Guépéou ne l'ont pas vu, sinon vous auriez pu être impliqué ». Je lui étais reconnaissant au-delà de toute expression pour son attention. Elle n'osa pas rester plus longtemps, me serra la main, ramena son châle sur la tête, et s'en alla après que nous nous soyons souhaité bonne chance réciproquement. C'était la première fois que j'étais témoin de la persécution d'une famille de révolutionnaires par la police secrète stalinienne ; à ce jour, je peux me souvenir clairement de tous les détails de cette scène. Depuis je n'ai plus entendu parler de ces êtres appartenant à trois générations...

Poliakov ne fut pas le seul à être arrêté. Tout le comité clandestin de l'Opposition de Moscou dont il était membre fut ramassé en même temps que lui par le Guépéou. D'autres personnes furent impliquées et emprisonnées. Le fait que rien ne nous survint, à nous trotskystes chinois, montre que pas un seul de ceux qui furent arrêtés ne trahit nos activités au Guépéou...(p. 78-80).

Pendant l'hiver de 1928, l'Opposition développa rapidement son organisation parmi les étudiants chinois à Moscou. Nous avions des camarades partout : à l'Institut Lénine, dans les diverses académies militaires et, en particulier, à l'Université Sun Yat-sen où, sur un total de 400 étudiants, il y avait environ 150 trotskystes, membres ou sympathisants proches de l'organisation... (p. 86).

Un certain nombre d'étudiants devait retourner en Chine en mai ou juin de cette année (1929). Quelquesuns avaient été choisis par le Comité de parti, d'autres le faisaient de leur propre gré. La majorité était soit des membres soit des sympathisants de l'Opposition. Nous nous trouvions en face de deux questions : quelle activité devions-nous avoir une fois de retour en Chine, et comment établir une organisation trotskyste en Chine ? Ces questions furent à l'ordre du jour d'une Conférence que nous réunîmes au campus de l'Ecole d'artillerie de Moscou... (p.95). LA REPRESSION STALINIENNE DE L'OPPOSITION CHINOISE

A MOSCOU Avant que commencent les vacances, nous avions procédé à une réorganisation de l'Opposition chinoise à Moscou. En raison de ma décision de quitter la Russie, une autre Conférence fut réunie où un nouveau membre, Chao Yen-ching, fut choisi pour me remplacer au Comité directeur de l'organisation. Chao, ancien directeur de l'Ecole normale supérieure de la province de Hupeh, était plus âgé que la plupart d'entre nous, c'était un homme bon et populaire. Ceux de nous qui le connaissaient furent par conséquent consternés et surpris d'apprendre, quelque six mois plus tard, qu'il était responsable de la destruction de toute l'organisation de Moscou qui comptait deux à trois cents trotskystes chinois... (p. 104).

Après mon retour en Chine, l'organisation de l'Opposition chinoise à Moscou avait encore grandi. Etant donné que nous étions plus de deux cents en 1929, elle devait compter plus de cinq cents étudiants chinois. J'ai déjà raconté comment la direction du parti contrôlée par Wang Minh à l'Université Sun Yat-sen en était venue à soupçonner l'existence d'une cellule trotskyste clandestine parmi les étudiants et avait pris des précautions contre elle. Mais elle n'avait jamais réalisé la force que nous avions et pensait qu'après la campagne de la fin de 1927, il n'y avait plus de trotskystes dans le parti... Au pire, pensaient-ils, il pouvait y avoir quelques infiltrations trotskystes parmi les étudiants transférés de l'UCTO à l'Université Sun Yat-sen, mais ils estimaient que la grande majorité d'entre eux resteraient passifs et préféreraient rester tranquilles en tant qu'anciens membres du parti... A mon avis, la raison pour laquelle cela changea très brusquement est l'activité des trotskystes de Shanghaï et, en particulier, le passage de Chen Du-hsiu à l'Opposition... J'appris ce qui se passa à l'Université Sun Yat-sen par deux trotskystes chinois qui s'enfuirent de Sibérie et revinrent en Chine.

A la fin de 1929, les autorités de l'Université Sun Yat-sen lancèrent une nouvelle campagne contre les trotskystes. Sur les journaux muraux et dans toutes les cellules du parti, les vieilles questions furent ranimées et la politique « novice » de Trotsky pour la révolution chinoise férocement dénoncée. Jusqu'à ce moment-là, les quelques nonoppositionnels avaient à peine entendu parler des positions de Trotsky et c'est alors seulement qu'ils les connurent, bien que sous une forme caricaturale. Les propositions de Trotsky étaient dénoncées comme « liquidatrices » et ses partisans en Chine comme travaillant la main dans la main avec « les opportunistes congénitaux » de Chen Duhsiu. Les étudiants trotskystes de Moscou avaient conscience que cette campagne était une réaction à nos activités en Chine et s'attendaient à une vague de répression, leur joie était mélangée d'appréhension. Chen Chi et Wen Yuch qui avaient été gardés à Moscou en tant que « specimens » du trotskysme furent, dit-on, envoyés en exil près de la frontière de l'Iran ; l'un d'eux fut tué par une patrouille, l'autre capturé et renvoyé dans une prison de Moscou alors qu'ils cherchaient à s'enfuir en traversant la frontière. Tous les anciens de l'UCTO devinrent automatiquement suspects et des agents soigneusement sélectionnés reçurent l'ordre de les fréquenter et d'infiltrer l'Opposition. Parmi eux se trouvait un ancien étudiant qui portait le nom russe de Logov et qu'on surnommait « vieille veuve ». Il était en très bons termes avec « Mamashkin » (Chao Yen-ching) qui m'avait remplacé à la direction de l'organisation trotskyste de Moscou. Bien que ne partageant pas les mêmes opinions politiques, ils étaient d'excellents amis et conversaient très librement entre eux. La « vieille veuve » savait que Mama était trotskyste et s'acharna, en exerçant toutes sortes de pressions, à le faire avouer. Mama était un homme candide et manquant d'une forte volonté. Après une période d'hésitation douloureuse, il finit par donner une liste de trotskystes avec lesquels il avait été en contact. L'appareil du parti passa aussitôt à l'action : la même nuit, un détachement d'hommes du Guépéou vint au dortoir des étudiants chinois, sortit quelque deux cents hommes et femmes de leurs lits et les emmena dans les fourgons cellulaires. Mama fut le seul à ne pas être arrêté. La « vieille veuve » et ses amis tentèrent de le consoler en lui disant que le parti le récompenserait richement pour cette « action glorieuse ». Avant que le jour se lève, Mama s'était pendu au-dessus des lits vides de ses camarades.

La découverte que la moitié des étudiants chinois à Moscou étaient des trotskystes a dû choquer Staline plus encore que la défection de Chen Du-hsiu. Il vit que l'Université Sun Yat-sen avait failli à son objectif et décida en conséquence de la fermer. La plupart des étudiants non-trotskystes furent renvoyés en Chine, quelques-uns furent transférés dans d'autres centres d'enseignement ou assignés à des postes au service du gouvernement soviétique ou du parti. Parmi ceux qui furent arrêtés, quelques-uns capitulèrent au cours des interrogatoires. Après avoir fait des aveux complets, ils furent emprisonnés pendant un certain temps, exclus du parti et plus tard renvoyés en Chine. D'autres aussi renièrent leurs convictions, mais, comme le parti craignait qu'ils puissent encore jouer un rôle dans l'Opposition et la rejoindre s'ils revenaient en Chine, ils ne furent pas autorisés à retourner chez eux, par contre, ils furent envoyés dans des camps de travail près du cercle polaire. Toutefois, de nombreux camarades se maintinrent fermes sur leurs positions, parmi lesquels mon vieil ami Fan Chinpaio qui, m'a-t-on dit, perdit complètement la vue après avoir été envoyé en prison. Comme ils avaient refusé de reconnaître qu'ils s'étaient fourvoyés, ils souffrirent un traitement insupportable de la part de leurs geôliers et furent envoyés pour de longues peines dans des camps de travail et des prisons en Sibérie. Les seules nouvelles que nous ayons jamais entendues de ces camarades vinrent d'un communiste yougoslave, Anton Ciliga, qui avait été emprisonné pendant plusieurs années pour avoir offensé Staline. Selon les articles de Ciliga sur ses expériences en prison, les communistes à peau jaune reçurent un traitement beaucoup plus mauvais que leurs collègues de prison à peau blanche. Sur plus de deux cents trotskystes arrêtés, moins de dix se rétractèrent et furent plus tard renvoyés en Chine. Deux camarades parvinrent à s'enfuir de Sibérie et à retourner en Chine. Aucune mention n'existe sur ce qui arriva aux autres, mais il n'y a pas de doute que beaucoup moururent dans les prisons de Staline ou exécutés par le Guépéou.

Des confessions de ceux qui avaient été arrêtés, le parti put établir un dossier complet sur nous, révélant que plus de trente trotskystes étaient déjà revenus en Chine. Moscou transmit immédiatement un message codé à Shanghai pour en informer le Comité central...

Quelques jours plus tard, l'annonce de mon exclusion parut dans Le Drapeau rouge avec celle de WU Chi-hsien (7), directeur de l'organe théorique du parti, Bolchevik, jusqu'au moment de son exclusion. Wu Chi-hsien était alors un colla- borateur de Li Li-san, responsable de la Commission de propagande, tout comme j'étais un collaborateur de Chou En-lai. Ainsi s'achevèrent près de cinq années de mon activité au sein du Parti communiste chinois... (p. 127-130).

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(1927-1929) 101 Notes. (1) Chu Chiu-paï (1899-1935), vétéran du mouvement communiste, secrétaire général du PC chinois d'août 1927 à juillet 1928, exécuté par Chiang Kai-shek. (2) Chen Yen-nien (1900-1927), fils aîné de Chen Du-hsiu, un des fondateurs de la branche européenne du PC chinois, exécuté par Chiang Kai-shek à Shanghai en mai 1927.

Li Li-san (1899-1967), vétéran du mouvement communiste, élu membre du Bureau politique en 1927, principal exécutant de la ligne ultra-gauche dans les années

1929-1930, éliminé de la direction en 1931 comme bouc émissaire, détenu en

Union soviétique jusqu'en 1945. Attaqué pendant la « Révolution culturelle » au cours de laquelle, il se serait suicidé. (3) Ou Fang, un des principaux fondateurs du premier groupe trotskyste en Chine.

Emprisonné par le Kumomintang à son retour de Moscou, il mourut en prison. (4) Wang Minh (1906-1974), le principal dirigeant stalinien dans le PC chinois à partir de 1935, battu par Mao au cours de la Longue Marche, éliminé du

PC chinois au VII* Congrès de ce parti en 1945. (5) Fae Chi. participa a lexpedion d Nord co du mouvemente langue puie (5) Fan Chin-piao, né en 1904, un des dirigeants du mouvement étudiant dans le dirigeant du mouvement paysan dans le Chekiang. Devint un des dirigeants des trotskystes chinois à Moscou, arrêté et envoyé en Sibérie où il mourut. (6) An Fu, un des dirigeants des trotsksytes chinois à Moscou, arrêté et exilé en Sibérie en 1930. (7) Wu Chi-hsien (1898-1940), neveu de Chen Du-hsiu, rejoignit l'organisation trotskyste.

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