Nous reproduisons de larges extraits du compte rendu sur la conférence internationale du mouvement de jeunesse pour la VI° Internationale paru dans le numéro d'octobre 1938 de l'organe des Jeunesses socialistes révolutionnaires, Révolution.
«Le 11 septembre dernier s'est tenue à Lausanne la première conférence internationale du Mouvement jeunes pour la IV° Internationale. Des circonstances matérielles indépendantes de notre volonté avaient empêché plusieurs sections et en particulier nos camarades hollandais, espagnols, canadiens et tchèques d'assister à la conférence. Cependant, elle a incontestablement marqué un pas en avant de notre mouvement international des jeunesses. Elle a surtout exprimé clairement et fermement la volonté de notre mouvement de jeunesse d'effectuer un tournant énergique pour gagner à la IV° Internationale de larges couches de jeunes exploités.
« Etaient représentés nos camarades d'Allemagne, de Pologne, de Belgique, d'Autriche, des Etats-Unis, d'Angleterre. Trois délégués du sectérariat international de la IV° Internationale assistaient à la conférence. (...)
« La tâche de la conférence des jeunesses était donc avant tout de se pencher sur la situation de la jeunesse exploitée dans le monde entier, d'étudier attentivement le problème du chômage des jeunes, de leur éviction de la production, de la démagogie fasciste envers la jeunesse, le problème des camps de travail. Sur la base d'un rapport d'ensemble sur ces problèmes et des interventions des délégués, la conférence a adopté finalement la résolution qui sera publiée dans la brochure, en preparation, qui contiendra l'ensemble des documents de la conférence de la IV° Internationale et de la conférence des jeunes.
« Dans le même sens, la conférence a estimé qu'il convenait que nos organisations de jeunesse ne se contentent pas de faire de phrases sur les revendications et les aspirations de jeunes, mais se placent résolument dans cette masse de jeunes qui vont chercher en dehors de la politique la satisfaction à leurs aspirations que les organisations traditionnelles de la jeunesse ouvrière foulent delibérement aux pieds.
« Le recul de la jeunesse à des activités purement de loisirs et culturelles peut devenir le point de départ d'un nouveau rassemblement de la jeunesse exploitée sous le drapeau de la révolution, si les jeunes se rendent compte que leur dégoût de la politique en général n'est que le début de la politique de collaboration de classes des soi-disant socialistes et communistes, si nos organisations savent être présentes parmi eux et donner un contenu révolutionnaire à l'activité de cette jeunesse en imprégnant des actes, même les plus « étrangers à la politique », d'un esprit de classe prolétarien.
« Dans ce sens, la conférence a approuvé le rapport du secrétariat international qui soulignait la nécessité de rompre avec la tradition "parti politique de jeunes" pour forger des organisations où chaque jeune ouvrier, chaque jeune paysan, chaque jeune étudiant puissent satisfaire ses aspirations. "Si le tournant décidé par l'Internationale communiste des jeunes a si bien réussi, c'est parce qu'il correspondait à quelque chose de profond; ce qui était criminel dans cette nouvelle orientation, ce n'est pas que l'IC ait voulu s'occuper des loisirs et des sports, c'est qu'elle en ait fait une activité exclusive destinée à masquer une politique de trahison. Nous devons, nous, leur opposer l'utilisation des loisirs et du sport au service d'une politique de classe, menée au grand jour devant la jeunesse laborieuse avec elle, pour elle et par elle." (Rapport de Merris)
« "Nos jeunes doivent discuter politique : ils doivent dire leur opinion sur tous les problèmes, se prononcer sur la politique du parti ; nos organisations sont des organisations politiques. Mais nos jeunes doivent aussi camper, faire du sport, chanter, monter des chœurs parlés, danser ; ils ne doivent pas être des vieux, mais des vrais jeunes, Vivants, combattits, ardents; lls doivent porter unitorme, Ils doivent faire du sport pour mieux se battre." (Rapport de Nat Gould)
« Adapter la forme de notre propagande à la situation et aux préoccupations des larges couches de la jeunesse exploitée, tel a été également la préoccupation de la conférence dans sa discussion sur la guerre impérialiste et la lutte, légale et illegale, contre la nouvelle boucherie impérialiste. Tout en reaffirmant son complet accord avec les thèses formulées dès 1934 par les bolcheviks-léninistes et en particulier avec le mot d'ordre du défaitisme révolutionnaire, elle a tenu à en
1938 45 préciser la signification théorique et pratique.
« Le défaitisme révolutionnaire, c'est avant tout la continuation de la lutte de classes contre notre propre bourgeoisie sans égard à la défaite possible de notre impérialisme. Ce n'est pas la répétition abstraite de la formule défaitiste qui permettra de mobiliser les masses, dans la guerre comme dans la paix, contre l'impérialisme. Ceux qui prétendent que la guerre est déjà là et que par conséquent les révolutionnaires ne doivent avoir d'autres mots d'ordre que celui de "défaitisme révolutionnaire" ceux-là posent le problème en académiciens ; car les revolutionnaires doivent travailler et non bavarder sur le défaitisme mais mobiliser les masses en partant du moindre mouvement de mécontentement contre les dirigeants et les profiteurs, si confus soit-il, si imprégné de patriotisme même pour le dresser contre la bourgeoisie et la balayer dans la guerre.
«C'est pourquoi le programme de revendications transitoires est pleinement valable même dans la perspective d'une guerre imminente ; il est le seul moyen de mobiliser les masses contre la bourgeoisie et contre la guerre. Dans la guerre elle-même, il marque, sur la base de revendications démocratiques et économiques élémentaires des ouvriers et des pays, les objectifs de la lutte pour le renversement de la bourgeoisie pour la fin du massacre impérialiste. Cette position a été adoptée à l'unanimité moins une voix.
« La conférence a encore discuté sur les rapports entre l'organisation de jeunesse et l'organisation adulte et confirmé sur ce point à l'unanimité attachement aux principes léninistes. Elle a, en conséquence, adopte les statuts internationaux du Mouvement international des jeunes de la IV° Internationale.
« La section des jeunes de la IV° Internationale n'entend acunement se présenter comme l'organisation parfaite et définitive de la jeunesse laborieuse dans la lutte contre le capitalisme. Elle sait au contraire que des couches importantes de la jeunesse révolutionnaire se trouvent en dehors d'elle. Aux jeunes qui adhèrent à des organisations révolutionnaires hésitantes à des organisations qui ne réussissent pas à définir un progamme clair de lutte contre le capitalisme et contre la guerre, notre internationale s'adresse en toute fraternité, elle leur dit : "Pour lutter contre la bourgeoisie et la boucherie impérialiste, il faut à travers le monde un programme et une organisation. Ce programme et cette organisation ne peuvent être que la IV° Internationale et sa section de jeunesse. Avec vous, camarades, nous en ferons une organisation puissante qui mobilisera de larges couches de la jeunesse laborieuse sur son programme. De ce progamme, nous sommes prêts à discuter avec vous ; nous sommes prêts à examiner la vote et à l'adopter si vous nous démontrez par la théorie et par la pratique qu'il est le meilleur. Nous sommes prêts à vous donner une large place à la direction de notre mouvement national et international. Nous ne mettons aucun orgueil à être les dirigeants de la nouvelle internationale de jeunesse, nos souhaitons seulement qu'elle ait les meilleurs à sa tête et dans ses rangs. Nous voulons faire de notre mouvement le point de cristallisation autour duquel se rassemblera la jeunesse inquiète et angoissée. En êtes-vous ? "Cette politique d'unité et de rassemblement révolutionnaire est le complément nécessaire de la transformation du "mouvement pour la IV° Internationale" en "IV* Internationale" (parti mondial de la révolution socialiste) ».