Il est difficile d'appliquer aux Verts les catégories utilisées traditionnellement par le marxisme afin de définir la nature de classe d'un parti politique ou d'un mouvement social. Trotsky lui-même avait mis en garde contre la tendance à se servir de concepts familiers pour analyser des phénomènes qui ne sont pas familiers. Ceux qui se débarrassent des Verts en les caractérisant comme petits-bourgeois se heurtent à des difficultés multiples. Selon la conception courante, la petite bourgeoisie est déchirée entre les deux classes fondamentales, ne peut développer une position indépendante et, au mieux, est poussée d'un camp à l'autre. Aucun de ces cas de figure ne s'applique aux Verts. Ceux-ci non seulemement ont une position indépendante, mais ils se placent nettement à la gauche du mouvement ouvrier traditionnel. Qui plus est, ils déterminent la dynamique politique dans le mouvement ouvrier lui-même.
Il ne faut pas s'étonner des difficultés à appliquer les catégories traditionnelles. Ces catégories furent développées lorsque la societe était polarisée par la conscience de classe croissante des ouvriers et lorsque le conflit entre la bourgeoisie et la partie révolutionnaire de la classe ouvrière déterminait la dynamique du développement social aussi bien nationalement qu'internationalement. En d'autres termes, ces catégories furent développées lorsque les forces révolutionnaires étaient encore à leur stade embryonnaire. Nous ne sommes plus à ce stade, ni en Allemagne ni à l'échelle mondiale. Le processus de reconstruction du mouvement politique de tous les travailleurs salariés ne peut pas être jugé sur la base de ce simple schéma. L'intégration profonde de la social-démocratie dans le système capitaliste et l'absence d'un mouvement ouvrier indépendant en Allemagne occidentale ont créé un cadre complètement différent du processus de politisation. Les nouveaux phénomènes qui ont émergé ne peuvent pas être expliqués à l'aide de catégories qui se sont développées dans des conditions historiques différentes. Hegel disait que « la vérité est le tout ». Le tout doit être saisi comme une unité contradictoire de l'abstrait et du concret. Les Verts doivent être étudiés du point de vue de leur rôle dans le développement de la conscience de classe et de la radicalisation politique dans la société allemande occidentale des années quatre-vingt.
Une analyse même sommaire de la composition sociale du parti, le caractère de sa direction et le contenu politique de son programme suffisent à démontrer que Joschka Fischer a raison de dire que les Verts sont un parti à la gauche du SPD. Alors que le SPD s'appuie sur les ouvriers manuels traditionnels et les couches inférieures des employés, la base des Verts est constituée des « ouvriers de l'an 2000 ». Ceux-ci sont plus instruits et mieux qualifiés, et ils appartiennent surtout au secteur tertiaire, mais sont quand même obligés de vendre leur force de travail. Les dirigeants des Verts proviennent des mouvements de masse des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. La direction des Verts rejette le système actuel alors que la direction du SPD s'appuie sur un fort appareil, profondément ancré dans le système et, dans la meilleure des hypothèses, revendique une certaine modernisation. Pour reprendre les mots de Johannes Rau, le programme du SPD avance comme but une « réconciliation » avec le système actuel alors que le programme des Verts, qu'il soit exprimé dans des termes utopiques ou des termes réformistes, vise clairement à quelque chose qui est au-delà du système actuel.
Nous pouvons mieux clarifier notre évaluation en expliquant ce que les Verts ne sont pas : ils ne sont pas un parti soutenu économiquement par la petite bourgeoisie ; ils ne sont pas un parti dont le but est la défense de l'ordre existant. Au contraire, aucun parti ne s'oppose plus que les Verts aux piliers fondamentaux du système, même s'ils préfèrent le mot « peuple » à l'expression « classe ouvrière » et s'ils s'adressent à leur partisan en les appelant « cher peuple » au lieu de « camarades ». A la différence du SPD, les Verts ne sont pas un parti dont la direction défendrait des intérêts distincts de ceux de leur base ; leur appareil n'est pas l'instrument d'une bureaucratie privilégiée qui défendrait l'ordre existant et agirait comme un frein. Les bureaux régionaux du parti n'ont que très peu de permanents (deux seulement dans le Hesse) et ils s'appuient sur le travail bénévole des membres. Des objections ne pourraient être soulevées que par rapport au programme (« il est petit-bourgeois, utopique et non scientifiquement révolutionnaire »), mais de telles objections ne sont pas pertinentes car les Verts n'ont aucune théorie scientifique du changement social, du moins aucune théorie qui dispose d'une majorité dans le parti. Le marxiste
Wolfgang Abendroth a raison de dire que le développement idéologique dans le camp vert-alternatif « n'est pas leur faute ni un hasard. Il était sans doute historiquement inévitable, et ceux parmi nous qui proviennent de la tradition de la gauche du mouvement ouvrier ne devraient être ni étonnés ni impatients ».
Pour definir socialement les Verts, nous devons nous demander ce qu'ils représentent pour le développement de la conscience de classe politique. mouvements de masse des années soixante-dix et quatre-vingt ont remis en question les fondements et le consensus essentiel de la société allemande occidentale de l'après-guerre. Ces mouvements, orientés à gauche, ont miné la stabilité de la République fédérale et ont représenté un développement progressiste important dans la conscience de classe politique générale. Les Verts sont l'expression de cette rupture. Ils ne sont pas que le produit d'un développement constant de mouvements de protestation dans la période d'après-guerre ; ils ne sont pas non plus une simple négation de ce développement. Ils représentent plutôt la convergence de différents éléments de résistance sociale. Pour citer Joscha Schmierer, « des thèmes nouveaux, des gens nouveaux et une unité de la gauche : voilà les trois éléments qui expliquent le succès électoral des Verts ».
Les Verts sont donc le produit d'une différenciation et d'une radicalisation dans le cadre du développement de la lutte de classe. Ils sont aussi, pour cette raison, l'expression d'une différenciation dans le camp social-démocrate. Cette différenciation n'a pas affecté le SPD en tant que parti, même si de nombreux membres des Verts assez connus, comme par exemple Petra Kelly, viennent du SPD. Mais elle a affecté la base électorale social-démocrate. Au moins 80% des électeurs des Verts votaient auparavant pour le SPD. Une défection si massive du SPD vers la gauche et un déplacement du rapport de forces en faveur de la gauche, qui a posé de sérieux problèmes de concurrence au SPD, ne s'étaient pas produits en Allemagne depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Le fait que les Verts exercent une influence sur le débat au sein du SPD et que de nombreux membres du SPD défendent des positions propres aux Verts est dû au fait qu'il n'y a aucun courant de gauche dans le SPD et qu'il n'y a plus d'espace pour un tel courant puisque cet espace est occupé maintenant par les Verts. Les Verts jouent ici un double rôle: en tant que force indépendante, ils exercent une influence sur leurs propres partisans et aussi une influence sur les électeurs du SPD grâce à leur impact au sein du SPD et des syndicats.
Pour déterminer si les Verts représentent ou non une avant-garde sociale, la question décisive qui se pose n'est pas de savoir si les Verts ont un programme qui indique scientifiquement la voie vers le dépassement de la société capitaliste, mais plutôt de savoir si les carences de leur programme sont susceptibles d'être surmontées par des développements ultérieurs ou, au contraire, d'amener à une réintégration dans le système. Si nous enlevons nos œillères idéologiques, nous pouvons saisir dans le programme des Verts toute une série d'éléments socialistes. Le secrétaire général de la CDU, Heiner Geissler, n'est pas loin de la vérité lorsqu'il dit que les Verts sont un « parti pastèque », vert dehors, rouge dedans.
Quels sont les éléments « rouges » dans ce programme ? Son orientation est contre les piliers de la société d'Allemagne occidentale, c'est-à-dire son orientation pro-occidentale et de participation à l'OTAN. Elle remet en question la croissance basée sur le profit et la foi dans l'économie capitaliste de marché. Elle exprime un mécontentement assez répandu parmi les travailleurs du fait que le processus de travail provoque une déshumanisation du travail et la réduction des salariés à des appendices des machines. Le programme va dans le sens d'une alternative sociale globale dans la mesure où il s'oppose à la rationalité capitaliste, au gaspillage de ressources et à la destruction de l'environnement qui en découlent. Il s'oppose à toutes les normes et règles de la société capitaliste qui sont cause d'aliénation : la compétition au lieu de la solidarité, la subordination hiérarchique au lieu de la coopération, l'avoir au lieu de l'être comme but de la vie. La base du programme est le principe de l'auto-organisation, du mouvement de masse et d'une démocratie plus grande.
Résumons : les Verts sont une expression du développement de la lutte de classe en Allemagne occidentale, une lutte de classe qui est dominée principalement par des mouvements de masse et des objectifs directement politiques plutôt que par des conflits directs entre capital et travail. C'est cela qui a déterminé la forme et la structure du parti des Verts, c'est-à-dire d'un parti qui se situe à la gauche du SPD tout en n'ayant aucun rapport direct avec le mouvement ouvrier ou le socialisme scientifique. Dans ces conditions, les Verts organisent l'opposition non seulement à la société bourgeoise, mais aussi à la social-démocratie. Ils représentent les secteurs politiquement dynamiques de la société, y compris les travailleurs salariés. Ils sont le produit d'une série de mobilisations provoquées par les conditions spécifiques de l'après-guerre en Allemagne. Au niveau de masse, ils sont l'expression la plus importante d'une politisation et d'une recomposition de l'électorat politique de gauche. Par conséquent, ils représentent aussi un début de construction d'une alternative socialiste.
Le modèle socialiste exige d'être défini sous une forme profondément renouvelée pour être en condition de surmonter, au seuil du XXr siècle, ce que Frieder P. Wolf appelle la « sous-détermination du socialisme ». Selon Wolf, l'«avènement des nouveaux mouvements sociaux autonomes dans les démocraties occidentales a clarifié qu'un socialisme sans spécification ne sera jamais en condition de devenir une force hegémonique dans le cadre des mouvements de masse. Un effort théorique considérable est nécessaire si on veut opérer des tournants irréversibles ». Wolf a aussi raison de souligner que cela signifie rejeter tout ordre hiérarchique des priorités politiques. Cela malgré le fait que c'est le mouvement écologiste lui-même qui a fixé la priorité de la reproduction de la vie sociale elle-même, et que la participation du mouvement ouvrier traditionnel est essentielle pour cette transformation sociale, de même que l'émancipation des femmes est la condition pour réaliser toutes les autres formes d'émancipation. Tous ces mouvements pour l'indépendance socio-culturelle et l'autodétermination sont aujourd'hui des ponts vers un futur différent. Toutefois, la tâche de donner une nouvelle définition du socialisme sans tomber dans le vieux schema des contradictions « principales » et des contradictions « secondaires », l'élaboration d'une perspective réaliste d'unité entre les nouveaux et les vieux mouvements sociaux et la formulation d'une méthode qui, pour citer encore une fois
Frieder P. Wolf, « articule stratégiquement les problèmes et les luttes de manière qu'on prenne en considération les forces politiques et les articulations qui existent effectivement dans des situations données », sont toutes insuffisament développées, justement parmi les forces qui s'identifient toujours avec le but socialiste.
La contradiction entre le niveau de conscience de classe extrêmement bas dans les secteurs essentiels de la classe ouvrière traditionnelle et l'existence d'un parti indépendant alternatif au SPD a pour résultat que le parti des Verts subit des impulsions contradictoires; les unes le poussent vers un reformisme de gauche, les autres vers des idées révolutionnaires utopistes. L'aboutissement du conflit social dans son ensemble et des conflits au sein des partis politiques décidera dans quelle direction les Verts iront. A court terme, il n'y a aucune réponse envisageable. Le plus probable, c'est que les deux tendances continueront d'exister dans une situation conflictuelle. S'ils veulent exercer une influence sur l'aboutissement de cette lutte, les socialistes doivent être au sein du parti des Verts. L'alternative est ce sectarisme dont les partisans pensent, pour paraphraser Marx: laissez tomber les luttes, elles n'ont pas beaucoup d'importance ; c'est de mots d'ordre corrects que nous avons besoin.
Des modèles qui ont fait faillite
Le parti des Verts n'a pas d'équilibre interne. L'exaltation d'un succès électoral inattendu est suivi par des tensions au sein du parti et d'âpres luttes fractionnelles. Mais ces luttes menées avec dureté n'ont pas de conséquences parce que tout le monde est conscient que l'unité est nécessaire. En même temps, un appareil du parti assez faible est incapable d'organiser quelque répression interne que ce soit. Dans ce sens, le parti est une espèce de pacte électoral.
Cette situation ne changera pas du jour au lendemain. Les majorités au congrès du parti ne sont guère l'expression de développements à long terme, mais plutôt l'expression d'états d'âme momentanés. L'élection, par exemple, d'un porte-parole radical à la conférence de Duisburg en mai 1987 fut une victoire à la Phyrrus. L'état d'âme du parti changea brusquement après l'échec électoral à Hambourg dans la même période.
La stratégie politique des Verts se développe d'une façon empirique sous l'épée de Damoclès de la barre des 5% au-dessous de laquelle ils n'auraient pas d'élus (Joschka Fischer appelle cela « la pression des conditions réelles »). La première stratégie à faire long feu a été celle des « fondamentalistes », c'est-à-dire la perspective de non-participation proposée par Rudolf Bahro. Selon Bahro et les « fondamentalistes », L'approche essentielle ne doit pas être de miser sur l'explosion des contraditions du systeme, mais de proposer une utopie en dehors du sistème. Or une telle utopie ne peut pas constituer un stimulant ou une base solide pour une activité de masse. La démission de Bahro du parti a une signification plus que symbolique. Dans les dernières années en effet, le « fondamentalisme » avait été une sorte de consolation de l'esprit, et les partisans du modèle de tolérance de Hambourg avaient exerce une très nette hegémonie.
Le vrai débat interne s'est donc développé entre les « réalistes » du Hesse, partisans d'une perspective rouge-verte, et les partisans de la tolérance de Hambourg Les événements dans le Hesse et à Hambourg ont sonné le glas des deux modèles.
Peu après les élections fédérales, la coalition entre les Verts et le SPD dans le Hesse a été rompue sur le problème du soutien du SPD au nucléaire civil. Joschka Fischer s'est opposé aux capitulards qui existaient dans le parti régional et a fait sauter la coalition avec le SPD parce qu'il ne voulait pas payer le prix d'une perte d'identité des Verts dans cette question. Les Verts du Hesse ont décidé de renouveler la coalition avec le SPD contre les conservateurs dans l'espoir qu'avec une force parlementaire accrue ils auraient pu obliger le SPD à mener une politique antinucléaire. Après quelques hésitations, le SPD s'est déclaré favorable à une telle perspective, mais il n'a pu réaliser aucune mobilisation dans ce sens. Les Verts, grâce à une campagne vigoureuse, ont augmenté leurs voix de 10%, en atteignant 15 % dans la ville de Francfort où Joschka Fischer a eu, lui, 23 % du total. Le SPD a perdu des voix aussi bien à sa gauche qu'à sa droite, en tombant au-dessous de 40%. Les conservateurs ont constitué le gouvernement régional. Le modèle de la coalition avait fait faillite.
A Hambourg, le test pour le modele de tolérance a eu lieu en mai 1987. Après les élections de novembre 1986, des sociaux-démocrates droitiers de Hambourg ont voulu constituer une grande coalition avec la CDU. Mais ils ont été battus par la gauche et les syndicats. En même temps, la ligne dure adoptée par les Verts a permi à Kalus Dohnanyi, dirigeant du SPD, de maintenir son orientation hostile au moindre accord avec les Verts. Aux élections de mai 1987, la direction du SPD a imposé une ligne de coalition avec le Parti libéral (FDP) que la plupart des membres ne voulait pas suivre, alors que les Verts s'en tenaient à leur ligne dure. Les Verts ont finalement perdu 3% des voix à l'avantage du SPD, se trouvant ainsi marginalisés.
La majorité des membres des Verts a maintenant compris que les deux modèles ont fait faillite, mais il n'y a pas de clarté sur les raisons de cette faillite.
Quelles sont les raisons avancées pour expliquer la défaite de la perspective de coalition ? Selon Joschka Fischer, il n'y avait pas de majorité sociale. Pourquoi ? Parce que le SPD, à la différence des Verts, avait été incapable de mobiliser les gens dans la campagne electorale. Mais le problème réside dans le fait que la base sociale des deux partis était, dans son ensemble, restée statique. Le SPD lui-même est un reflet de cette réalité sociale, de ce bas niveau moyen de compréhension politique. Le conflit entre l'idéal politique et la réalité politique est résolu par le SPD à l'aide de la formule : « au pouvoir à tout prix », même si cela signifie réaliser une coalition avec les Verts en l'absence d'un partenaire plus acceptable. Toutefois, tout en prenant en considération une coalition avec les Verts, le SPD est incapable de mobiliser les gens pour un programme de reformes radicales parce que cela le diviserait. En effet, il a peur de perdre sur sa droite sans être en condition de gagner sur sa gauche à cause de l'existence des Verts. Puisque le SPD, partenaire principal d'une coalition rouge-verte, ne peut pas lancer une offensive pour obtenir un soutien a une politique rouge-verte, le profil politique de la coalition est compromis à cause de l'impasse tactique et des manœuvres de blocage des droitiers. Aux yeux de l'électeur moyen, ce n'est qu'un avant-goût de la menace du « chaos rouge-vert ». Dans la situation actuelle, la participation au gouvernement n'est pas la meilleure méthode pour développer la conscience socio-politique. Au contraire, une coalition gouvernementale ne serait qu'un prélude au renforcement de l'hégémonie conservatrice, comme Joschka Fischer l'admettait déjà en 1984
Le modèle de tolérance qui a fait faillite à Hambourg est un exemple d'une « pureté principielle » de gauche radicale, c'est-à-dire de cette approche politique qui est incapable de toute flexibilité tactique ou d'adaptation au rapport de forces politique. Les élections à Hambourg ont démontré que les intentions politiques les plus pures peuvent donner des résultats opposés à ceux qu'on escomptait. Une attaque frontale contre le SPD a en effet contribué à stabiliser ce parti, ce que le SPD n'aurait jamais pu obtenir avec ses propres forces. Présenter le SPD comme le «moindre mal » n'a contribué, en l'occurrence, qu'à accroitre les illusions dans ce « moindre mal ». Les petites différences entre le SPD et la CDU sont apparues beaucoup plus importantes, surtout du fait que les Verts eux-mêmes ne se sont pas occupés de la question du gouvernement.
Après ce double désastre, le parti des Verts s'est rendu compte que les deux modèles n'avaient pas résisté au test pratique. Maintenant, il y a une compréhension assez généralisée que toute la question de la stratégie et de la tactique du parti doit être réexaminée.