Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 26-27

Œuvres, vol. 24, de Léon Trotsky (note de lecture)

Livio Maïtan · Quatrième Internationale, n° 26-27 · décembre 1987 · p. 157-158 · 635 mots

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Léon Trotsky Œuvres, vol. 24 (Publications de l'Institut Léon Trotsky, 1987)

Avec la publication récente du vingt-quatrième volume s'achève la série des Œuvres de Léon Trotsky, dont le premier volume avait été publié en 1978. Rappelons que les Euvres incluent des écrits et des textes divers allant de mars 1933 jusqu'à la mort de l'auteur en août 1940. Depuis le volume 8, on a pu se baser sur la documentation de la Houghton Library de l'université de Harvard, les papiers d'exil de Trotsky, accessibles depuis le 2 janvier 1980. Les vingt-quatre volumes publiés représentent un effort exceptionnel d'édition : ils sont le résultat d'un travail extrêmement scrupuleux et lucide. Nous estimons que les militants et les chercheurs doivent être reconnaissants à Pierre Broué et à ses collaborateurs, qui ont mis à leur dispostion un instrument d'une telle valeur historique, théorique et politique.

Ce dernier volume comprend la période entre fin mai et août 1940 ; il contient donc les derniers écrits, lettres et notes de Trotsky avant son assassinat par un émissaire de Staline. Une bonne partie de ces textes se réfèrent à l'attentat organisé contre Trotsky et sa famille le 24 mai 1940. Le but de l'auteur est de dénoncer l'opération menée par Staline dans toute son ampleur et de se défendre contre une campagne de falsifications mise sur pied par les responsables du crime et visant à faire apparaître la victime comme l'organisateur de l'assaut contre sa propre maison ! Nous pouvons regretter que Trotsky ait dû consacrer plus de deux mois, justement à la veille de sa mort, à rédiger ces textes en renonçant à en écrire ou achever d'autres. Mais surtout les militants qui n'ont pas vécu cette période, et plus généralement la période du stalinisme triomphant, pourront, en les lisant, mesurer à quel point les méthodes staliniennes avaient infecté le mouvement ouvrier et des couches d'intellectuels en se répercutant aussi dans des milieux prétendument progressistes.

Parmi les autres écrits, signalons d'abord un texte de base de la Quatrième Internationale à l'époque, c'est-à-dire le « Manifeste de la Quatrième Internationale sur la guerre impérialiste et la révolution prolétarienne mondiale ». Signalons aussi les articles ou les notes qui contiennent des analyses sur la situation pendant la première phase de la Deuxième Guerre mondiale et sur les perspectives du mouvement ouvrier et des révolutionnaires dans ce contexte. Mentionnons finalement les textes (discussions, lettres, notes, etc.) qui sont consacrés en particulier à la situation aux Etats-Unis et, en premier lieu, ceux qui précisent les positions de Trotsky sur le problème du service militaire, les tâches des révolutionnaires à l'armée et, plus généralement, la politique militaire du prolétariat.

Il faut s'attendre que des critiques de Trotsky et du trotskysme saisissent l'occasion pour « démontrer » à quel point les analyses de Trotsky à l'époque étaient fausses et ses perspectives dépourvues de fondement. Nous n'allons pas reprendre ici ce que notre mouvement a déjà dit à ce sujet à plusieurs reprises. Il suffit de rappeler que : 1. les pronostics de nature politique ne sont pas comparables aux prévisions météorologiques. Ils sont liés aux perspectives d'action que l'on veut fixer, et la véritable question est de savoir s'ils se fondent sur des potentialités réelles ou s'ils ne sont que des vœux pieux ; 2. si les rythmes de maturation de crises révolutionnaires, les formes spécifiques de ces crises et leur aboutissement se sont avérés différents de ce que Trotsky avait escompté en 1940, toujours est-il que son analyse des forces sociales et politiques en présence, de leurs contradictions et de leur dynamique, est sans comparaison supérieure à celle qu'avançaient à l'époque tous les autres dirigeants et théoriciens du mouvement ouvrier international.

Nous conseillons donc aussi bien aux militants qu'aux chercheurs d'étudier ces dernierse pages d'un grand révolutionnaire dont les leçons fondamentales gardent toute leur valeur.

Livio Maïtan

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