La création d'un parti socialiste unifié révolutionnaire en RFA et à BerlinOuest s'impose comme une tâche de toute urgence. Ce parti doit tendre à constituer l'aile la plus déterminée et la plus intransigeante du mouvement ouvrier contre le capital.
1. Nous partons de la nécessité de renverser le capitalisme et de construire une société socialiste. C'est la seule voie pour résoudre les problèmes auxquels la classe ouvrière est confrontée. Il sera impossible, en dernière instance, de defendre efficacement les intérêts les plus élémentaires concernant l'existence et la survie si cette perspective ne se concrétise pas. La classe ouvrière ne se convainc pas automatiquement de cette nécessité à partir de ce qu'elle sait du caractère pourri de la société capitaliste, de la crise et du manque de perspective, ni même par l'expérience de la lutte de classes.
Le simple fait de vivre dans la société capitaliste engendre des idées et des conceptions bourgeoises quant aux solutions à apporter à la crise.
L'atomisation de la classe ouvrière découlant du processus de production capitaliste que la politique de la bourgeosie fait tout par exacerber fait obstacle à une compréhension spontanée des intérêts d'ensemble de la classe ouvrière - tout particulièrement en période « normale », non révolutionnaire. 2. Seule la théorie marxiste permet en dernière analyse d'accéder à une compréhension des rapports sociaux essentiels et des intérêts globaux de la classe ouvrière Vu l'oppression dont les salariés sont victimes sous le système capitaliste, il est inconcevable que l'ensemble de la classe ouvrière s'approprie le socialisme scientifique par la voie de la théorie. Elle a besoin pour ce faire d'assimiler les expériences les plus avancées de la lutte de classes ainsi que de la médiation d'une politique socialiste révolutionnaire consciente. Il ne suffit pas de militer dans les syndicats pour y parvenir. Toutefois, une petite organisation socialiste ne saurait prétendre embrasser toute la complexité de la réalité sociale et doit au contraire se concevoir comme partie prenante du mouvement de classe réel. Mais à chaque pas, il faut savoir mettre en lumière l'intérêt de la classe ouvrière tout entière. 3. Nous sommes donc convaincus de la nécessité que l'aile la plus consciente des intérêts de classe au sein du mouvement ouvrier s'organise en un parti : - qui deploie son activité sur la base du socialisme scientifique : - qui fonde sa stratégie et sa tactique politique sur la base des expériences du mouvement ouvrier international : - qui parte du caractère irréconciliable de l'antagonisme de classe entre les travailleurs salariés et le capital et qui se batte pour le pouvoir politique de la classe ouvrière ; - qui développe à partir de là des réponses politiques aux questions brûlantes que se pose le mouvement ouvrier et qui lutte pour les faire triompher au sein de la classe ouvrière en usant du moyen de la persuasion : - qui s'inspire des revendications progressistes des mouvements de masse pour inscrire ces réponses dans une perspective anticapitaliste. 4. Le parti révolutionnaire aspire à ce que le mouvement ouvrier soit capable de mener une lutte victorieuse permettant à la classe ouvrière d'imposer ses propres intérêts contre ceux du capital et de l'Etat bourgeois, et après la révolution d'exercer le pouvoir politique elle-même pour construire une société socialiste.
Pour en arriver là, il faut encourager la confiance en soi-même et en ses propres forces, la conscience politique, l'aptitude à critiquer l'idéologie bourgeoise et la capacité d'action organisationnelle de la classe ouvrière. Dans la lutte contre tous les symptômes de la crise sociale du capitalisme, le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux ont besoin de s'allier mutuellement. En dernière instance, les objectifs fondamentaux de ces mouvements (paix à l'échelle mondiale, lutte contre la destruction de l'environnement, contre l'oppression des temmes, contre toute discrimination à l'egard des minorités et contre la xénophobie) ne pourront être atteints qu'au travers d'une telle alliance.
Quand le mouvement ouvrier s'engage dans ces mouvements sociaux, il doit tenir compte de ce que ces derniers disposent de leurs propres formes d'organisation, de leurs propres directions et de ce qu'ils contribuent de manière originale à la lutter contre la crise capitaliste et ses consequences.
La fin et les moyens sont étroitement lies.
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Nous rejetons toute conception d'un rapport manipulatoire entre le parti et la classe ouvrière. La libération des travailleuses et des travailleurs ne peut être que l'œuvre de la classe ouvrière elle-même. Toute politique de substitution impliquant qu'un parti « d'avant-garde » (SED. DKP, sectes de «gauche ») ou un parti parlementaire (SPD) s'autoproclame l'unique porte-parole de la volonté politique pour imposer ses propres fins, alors que la base — la classe ouvrière - sert uniquement de moyen de pression ou de bétail électoral n'a rien à voir avec notre conception de la politique. La développement culturel de la société que préconise le parti doit deja etre perceptible en son sein. Sans quoi il sera incapable de convaincre de la validité des buts qu'il affiche ou de susciter l'enthousiasme nécessaire pour que la grande majorité de la classe ouvrière admette la nécessité de combattre pour imposer un bouleversement social radical.
La nécessité du parti révolutionnaire aujourd'hui 1. L'organisation unifiée du GIM et du KPD ne représente pas encore un tel parti. Elle n'est qu'un petit parti socialiste-révolutionnaire qui entend contribuer à la création d'un parti socialiste révolutionnaire de masse. Pour l'instant, elle ne constitue qu'une petite partie des forces progressistes du mouvement ouvier et des courants d'orientation socialiste au sein de mouvements sociaux.
Dans une situation comme celle de la RFA et de Berlin-Ouest, ou n'existent que les prémisses d'un mouvement anticapitaliste. avec un nombre très réduit de socialistes-révolutionnaires, une partie des forces politiques de gauche considèrent le seul fait de défendre l'idée d'un parti du socialisme scientifique comme une approche sectaire. Mais nous pensons que le rassemblement conscient et organisé des forces est une précondition vitale pour la naissance d'un parti révolutionnaire de masse. La montée des conflits de classe et des conflits politiques et le processus de différenciation au sein du mouvement ouvrier ne conduisent pas à eux seuls à la formation d'un tel parti. Il faut au contraire intervenir dans ce processus de manière consciente. C'est dans ce sens que les socialistes-révolutionnaires doivent orienter leur activité. afin d'influencer les différenciations à venir au sein du mouvement ouvrier et d'encourager les processus de fusion et de regroupement dont pourra naitre un parti révolutionnaire de masse. 2. L'organisation unifiée du GIM et du KPD estime que la crise économique en RFA et à Berlin-Ouest s'accentuera et s'approfondira dans les années à venir. Les phases de relance économique passagère ne changeront rien à la croissance du chômage à court et à moyen terme, pas plus qu'à l'offensive redoublée du capita! visant à abaisser le niveau de vie des masses et à saper leurs acquis sociaux el démocratiques. Avec les conséquences de la crise. le problème de la capacité du mouvement ouvrier a apporter une reponse a cette situation est apparu ces dernières années comme une question de plus en plus centrale. C'est dans ce cadre qu'une politique socialiste doit être développée parce que : - l'influence politique de la réaction ne disparait pas d'elle-même avec l'approfon- dissement de la crise ; elle se renforce au contraire partiellement, dressant divers secteurs de la classe ouvrière internationale les uns contre les autres (« il faut renforcer le caractère compétitif de "notre" économie » - autrement dit : « les "étrangers sont responsables du chômage et de la crise ») ; - les conceptions de collaboration de classes ne disparaissent pas non plus automatiquement sous prétexte que la situation de la classe ouvrière empire. Ses protagonistes essaient plutôt de les adapter à l'évolution des fonctions en temps de crise (« il faut soutenir "notre" industrie »; « nous avons besoin d'un nouveau pacte de solidarité avec les patrons »).
Le conflit principal au sein du mouvement ouvrier peut être caractérisé schématiquement comme l'opposition entre collaboration de classes et lutte de classes. Le développement d'alternatives politiques crédibles par rapport aux conceptions qui continuent à prévaloir à l'heure actuelle sera décisif pour qu'un courant socialiste large puisse émerger de conflit. Les socialistes révolutionnaires doivent apparaître comme une force utile dans le cadre du combat contre le capital. Leurs réponses politiques doivent contribuer au renforcement des secteurs combatifs du mouvement ouvrier. C'est dès aujourd'hui que ce dernier se prépare à répondre aux développements de la crise avec un courant anticapitaliste large ou au contraire à subir une dure défaite dans le cadre des affrontements à venir. 3. La nécessité de construire un parti socialiste-révolutionnaire, aspirant à une réelle capacité d'action politique, se fonde aussi sur d'autres raisons. Le profond enracinement des conceptions bourgeoises et le renforcement de l'anticommudos, min au ai que iranie un contie teme de rie nisme toujours en vigueur ne tiennent pas seulement aux effets de la longue période de croissance économique de l'après Seconde Guerre mondiale sur les consciences, mais au fait que l'hypothèse d'un capitalisme dénué de crises, socialement amorti et porteur d'une amélioration permanente des conditions de vie apparaissait à beaucoup comme une perspective crédible. Mais la possibilité que la classe ouvrière apte ou non pour une politique combative de classe dépend aussi de la crédibilité des orientations politiques alternatives au système capitaliste, telles qu'elles apparaissent aujourd'hui. L'expérience de la réalité dans les pays dits du « socialisme reel » engendrent des doutes quant à l'idée qu'un bouleversement révolutionnaire de la société impliquerait réellement la prise du pouvoir par la classe ouvrière ainsi qu'une amélioration substantielle de la situation de cette dernière. La propagande et les manipulations de la bourgeoisie ne font que renforcer ces doutes. Mais elles font écho à la réalité qui prévaut en RDA, en URSS et dans les autres pays du même type, à savoir que la classe ouvrière n'exerce pas le pouvoir politique, qu'elle est privée des droits démocratiques élémentaires, qu'il n'existe pas d'économie planifiée capable de développer la production de manière harmonieuse en fonction des besoins sociaux.
Ce n'est pas parce que les critiques face à ce qui se passe dans notre pays se renforcent que ces réserves disparaîtront pour autant. Il faut pour ce faire que les socialistes-révolutionnaires adoptent une position claire et sans ambiguïté de rejet face aux rapports qui prévalent dans les « pays du socialisme réel » où la classe ouvriere ne dirige pas mais est bel et bien dominée. Il importe aussi de démontrer avec force que l'alternative au capitalisme ou dictature bureaucratique est une fausse
UNIFICATION DES REVOLUTIONNAIRES ALLEMANDS 137 alternative, que la seule perspective socialiste véritable impliquent une réelle démocratie dans les faits, la libération et le pouvoir politique de la majorité des travailleurs.
Ce qui ne signifie pas que nous donnions dans la démagogie de la classe dominante de ce pays, laquelle s'appuie sur l'état de choses dans les pays du Pacte de Varsovie pour mieux justifier l'apologie de l'ordre (ou plutôt du désordre) capitaliste et la politique des fauteurs de guerre. Nous sommes opposés à la politique d'intimidation et au revanchisme militaire à l'égard du bloc soviétique ; nous sommes contre la restauration d'une économie de marché et contre la reprivatisation de l'industrie nationalisée. Nous nous prononçons pour les pleins droits de la classe ouvrière de ces pays, pour l'instauration d'une économie socialiste planifiée démocratiquement et pour le pouvoir des travailleurs en lieu et place des rapports actuels. Cela exige le renversement de ceux qui continuent à détenir le pouvoir et qui s'opposent à cette perspective pour des raisons d'intérêts personnels. 4. La société sans classe n'est réalisable qu'à l'échelle mondiale. Elle se définira non seulement par l'élimination définitive de la production marchande et par le dépérissement de l'Etat. Elle mettra aussi fondamentalement en cause l'existence des Etats nationaux. Le fait que la société sans classe ne soit réalisable qu'à l'échelle mondiale ne doit pas - comme c'est le cas dans les pays du Pacte de Varsovie - servir de prétexte pour ériger des limites arbitraires au développement du socialisme dans un pays donné. La lutte de classes est internationale de par son contenu et nationale de par sa forme.
Cela fait longtemps que la classe ouvrière a compris la nécessité de recourir à la coopération et à la solidarité internationale contre les multinationales, contre la collaboration des capitalistes et des Etats bourgeois des divers pays, contre la politique de ces derniers visant à dresser les travailleuses et les travailleurs d'un pays contre ceux et celles d'autres pays. Nous aspirons à renforcer la coopération syndicale par-delà les frontières. Nous considérons la solidarité internationale comme une tâche permanente de l'ensemble du mouvement ouvrier. Nous aspirons à construire un parti socialiste-révolutionnaire ancré dans la réalité de son propre pays et qui, parallèlement, recherche la collaboration des socialistes-révolutionnaires de tous les pays pour s'approprier les expériences de lutte de classes existant de par le monde, pour mener la lutte en commun peut pour favoriser la fusion des partis ouvriers révolutionnaires à l'échelle internationale. Pour y parvenir, il faudra non seulement progresser dans la construction de partis socialistes-révolutionnaires dans chaque pays, mais aussi dans le processus d'unification des socialistesrévolutionnaires au niveau international.
La lutte de libération des femmes
L'organisation unifiée du GIM et du KPD part du fait que les femmes sont opprimées en tant que sexe. Cette oppression est intrinsequement liee a la societe de classe et aux rapports patriarcaux existants. Cette oppression se traduit par un affaiblissement considérable de la classe ouvrière dans son ensemble. Si on ne lutte pas pour la libération des femmes, il est impossible de garantir que la révolution socialiste remplira son objectif, ni qu'elle sera vraiment le point de départ pour l'abolition de toute oppression et de toute exploitation.
Les femmes sont aussi opprimées au sein du mouvement ouvrier, y compris dans les rangs des révolutionnaires. Nous soutenons la construction d'un mouvement autonome des femmes car c'est la seule voie pour que la lutte de libération des femmes puisse porter ses fruits. Pour nous, les divers aspects de l'oppression des femmes ne sont que l'expression la plus aiguë des rapports sociaux actuels que nous combattons et que nous aspirons à dépasser. C'est pourquoi il est du devoir des révolutionnaires de faire de la lutte contre l'oppression des femmes sous tous ses aspects un élément essentiel de leur politique quotidienne. Pour développer ce travail sur le plan théorique comme dans la pratique, il faut comprendre et assimiler les acquis des théories féministes. Nous estimons que, même dans notre organisation, le comportement des hommes fait obstacle au developpement d'une politique offensive pour la libération des femmes et d'une activité politique plus intense de leur part. C'est pourquoi il faut s'efforcer de manière permanente et consciente de combattre et dépasser cette situation, aussi bien au travers de l'éducation politique que de mesures organisationnelles spécifiques, tel le droit des femmes de se réunir entre elles à tout moment et à tous les niveaux de l'organisation, ou la composition paritaire des organes de directions centraux.
L'attitude de l'organisation unifiée vis-à-vis des autres forces politiques du mouvement ouvrier 1. L'organisation unifiée du GIM et du KPD considère qu'elle n'est pas seule à défendre des positions socialistes-révolutionnaires à l'heure actuelle en RFA. Il existe d'autres organisations en dehors d'elle dont la politique vise à faire de la classe ouvrière la force sociale essentielle. qui aspirent à un bouleversement révolutionnaire de cette société et à la prise du pouvoir par la classe ouvrière et qui estiment qu'un tel processus est incompatible avec le type rapports prévalant dans les pays du « socialisme réel ». Nous estimons que l'atomisation actuelle des forces en diverses organisations est le produit regrettable du sectarisme de la gauche révolutionnaire et nous sommes pour leur unification sur la base de perspectives programmatiques claires et d'une pratique commune dans la lutte des classes.
Mais l'unification des socialistes-révolutionnaires ne permet d'organiser qu'une petite frange des forces combatives de la classe ouvrière. La tâche principale est de gagner l'avant-garde ouvrière pour la révolution socialiste. 2. Selon nous, le debat principal qui décidera du developpement d'un courant socialiste au sein du mouvement ouvrier dans les années à venir concerne la question : collaboration de classes ou lutte de classes. Cette question se pose deja à propos du moindre conflit touchant aux intérêts immédiats des ouvrier(e)s et de
UNIFICATION DES REVOLUTIONNAIRES ALLEMANDS 139 employé(e)s au niveau syndical comme de l'entreprise et, à plus forte raison, dans les luttes contre les pertes de salaire et d'emploi, contre la destruction de l'environnement et contre le danger de guerre. Il s'agit d'une question de survie pour le mouvement ouvrier.
Les socialistes-révolutionnaires ne sont pas seuls critiquer les formes actuelles de collaboration de classes. Divers courants du mouvement ouvrier font de même et expriment leur détermination à riposter à l'offensive du capital. Ces courants sont composés de syndicalistes et d'activistes des mouvements sociaux de masse qui s'identifient - qu'ils soient organisés ou non - à l'une ou l'autre des ailes gauche du mouvement ouvrier, y compris les sociaux-démocrates de gauche, le DKP et certains secteurs des Verts. Leur évolution est de la plus haute importance pour une politique prolétarienne révolutionnaire. Face à eux, nous défendons la nécessité d'une rupture totale avec le réformisme. Mais en même temps, nous considérons que le refus de la collaboration de classe, la recherche d'une orientation conséquente dans ta défense des intérets des salariés et les efforts pour donner plus d'échos aux positions « lutte de classes » constituent une basé importante pour une politique commune au sein du mouvement ouvrier. La voie décisive pour une politique de classe combative passe par la mobilisation de ceux et celles qui vivent de manière douloureuse l'incompatibilité de la défense de leurs intérêts avec le système actuel. C'est sur cette base qu'il sera possible de faire de nouvelles expériences et d'en tirer des conclusions politiques. C'est le seul moyen pour progresser dans la construction d'un parti socialiste révolutionnaire. 3. Les attaques des capitalistes et de la réaction visent de plus en plus les directions syndicales pratiquant la collaboration de classes. Elles ont pour objectif d'en finir avec le mouvement ouvrier organisé. Aussi l'organisation unifiée du GIM et du KPD défendra-t-elle les syndicats dans leur ensemble, y compris aux côtés de ceux qui défendent une politique de collaboration de classes en leur sein, contre toute tentative de la bourgeoisie de nuire au mouvement ouvrier. Mais elle expliquera parallélement que seule une orientation lutte de classes est à même de défendre efficacement les syndicats en tant qu'instruments de combat ainsi que les acquis de la classe ouvrière. Elle se battra aussi pour la démocratisation des syndicats du DGB, en particulier pour le droit inaliénable des militants combatifs et des socialistes-révolutionnaire à défendre un point de vue différent de celui de l'orientation dominante de collaboration de classes. Elle s'oppose également à toute tentative de limiter la volonté de riposte aux attaques de la droite sous prétexte d'instaurer ou de rétablir la « paix sociale ». Toute limitation de ce type est nuisible et repose sur des illusions. Alors que ceux d'en haut sabotent toute perspective de collaboration sociale, seul l'élargissement de la lutte de classes par ceux d'en bas constituera une riposte efficace. 4. Le socialisme-révolutionnaire ne pourra pas gagner un impact de masse sans que de larges pans de la classe ouvrière ne se détachent de l'influence du parti social-démocrate. Le processus de différenciation qui s'opère par la biais de la critique à l'égard de l'orientation de collaboration de classes est décisif pour le développement d'un courant anticapitaliste large au sein de la classe ouvrière. La social-démocratie s'est liée les mains de manière irrémédiable en acceptant les rapports sociaux bourgeois. La majorité de la classe ouvrière continue pourtant à la défendre comme son propre parti contre les partis du capital. Ce n'est qu'à partir d'efforts, partout où l'occasion s'en présente, de mener une action commune contre le capital, son Etat et ses partis qu'il sera possible de gagner ceux et celles qui soutiennent le SPD à des positions socialistes-révolutionnaires. 5. Les Verts émettent une certaine critique du capitalisme. Ils ont su canaliser jusqu'ici une part importante des sentiments anticapitalistes et des critiques s'exprimant face aux résultats concrets du mode de production capitaliste. Cela leur a permis d'accumuler des succès électoraux. Les revendications qu'ils mettent en avant sur une série de questions particulières sont correctes. Une partie des Verts aspire à un bouleversement radical des rapports sociaux actuels pour leur substituer une production écologique responsable et autogérée, et une démocratie directe de masse.
En conséquence, l'opinion selon laquelle l'existence des Verts rendrait caducs les efforts pour construire un parti socialiste-révolutionnaire de masse est assez. largement répandue.
L'organisation unifiée du GIM et du KPD ne partage pas cet avis. Certes, il faut se saisir de la critique correcte que font les Verts par rapport à la situation actuelle ; et la discussion avec les tendances parmi ceux qui nous sont les plus proches est particulièrement importante. Mais les Verts ne sont pas un parti qui défend les intérêts de la classe ouvrière et qui reprend à son compte le combat pour l'émancipation du prolétariat. Il n'y prétend même pas. Quiconque apsire à construire un parti socialiste-révolutionnaire doit partir de la contradiction fondamentale entre travail salarié et capital qui caractérise cette société.
Les socialistes-révolutionnaires ne peuvent construire leur organisation que comme une aile du mouvement ouvrier, et la construire au premier chef au sein de la classe ouvriere, la seule classe capable de poser sérieusement la question du pouvoir. Ils et elles savent également, contrairement aux Verts, qu'aucun problème ne pourra être vraiment résolu à long terme sans une remise en cause radicale de la propriété privée des moyens de production, du système capitaliste et de son Etat.
Les rapports avec la IVe Internationale 1. Avec l'unification du GIM et du KPD. le GIM se dissout en tant que section de la IV° Internationale. 2. Les ex-membres du GIM sont dès lors membres individuels de la IV® Internationale. Ils ne seront pas soumis à la discipline de cette dernière, mais à la discipline de l'organisation unifiée. 3. Le statut des membres individuels de la IV° Internationale se traduit par leur soutien à la revue Inprekorr, organe de la IV° Internationale en RFA. Tout membre
UNIFICATION DES REVOLUTIONNAIRES ALLEMANDS 141 de l'organisation unifiée qui souscrit parallèlement un abonnement de membre à Inprekorr (dont le prix est plus élevé que celui d'un abonnement normal ou d'un abonnement de soutien) est membre de la IV° Internationale. Inprekorr parait en tant que publication indépendante et séparée de l'organisation unifiée, tant sur le plan juridique que materiel. 4. Les membres individuels de la IV° Internationale au sein de l'organisation unifiée jouiront du droit de se rencontrer à l'appel d'Inprekorr pour discuter et trancher de problèmes relatifs à la IV° Internationale - en fonction des accords présents et dans le cadre de la discipline de l'organisation unifiée. 5. Aucun membre de l'organisation unifiée ne pourra être en même temps membre d'organes dirigeants de la IV° Internationale (CEI, SU). Les membres de la IVe Internationale au sein de l'organisation unifiée renoncent à revendiquer ce droit et ne présenteront pas de candidature à l'élection desdits organes de direction lors de la prochaine session du CEI (ou en retireront leurs membres élus). 6. Les organes de direction de la IV° Internationale peuvent s'adresser à l'organisation unifiée pour l'inviter à envoyer une délégation d'observateurs/trices à leurs réunions. Une telle invitation s'adressera à l'organisation unifiée et à ses organes directeurs, et non aux membres de la IV° Internationale en tant que tels, ou à un courant particulier au sein de l'organisation unifiée. 7. Les membres de la IV° Internationale déclarent qu'ils ont l'intention d'envoyer des observateurs/trices à ces réunions. Ils déclarent également que, pour eux, la meilleure solution serait que des représentants(e)s des deux courants existant au sein de l'organisation et de sa direction (membres et non-membres de la IVe Internationale) participent à ces réunions en tant qu'observateurs/trices sur un pied d'égalité absolue. 8. L'organisation unifiée impulsera un débat ouvert et démocratique sur la concretisation de son orientation internationaliste et de son rapport à la construction d'une organisation socialiste-révolutionnaire internationale. Après un certain temps de pratique commune et de consolidation de l'organisation unifiée, celle-ci organisera une conférence - en d'autres termes, un congrès extraordinaire - qui décidera de son affiliation ou non à la IV° Internationale et de l'attitude concrète qu'elle entend adopter en matière de construction d'une organisation socialiste-révolutionnaire internationale. 9. En outre, l'organisation unifiée crée les conditions pour qu'un débat fraternel et ouvert ait lieu sur les questions théoriques et programmatiques qui n'ont pas été résolues lors de l'unification - surtout l'analyse de l'Union soviétique et des autres pays comparables.