L'augmentation à long terme de l'emploi était déjà terminée au début des années soixante-dix. En moyenne, le nombre des emplois a stagné entre 1973 et 1980 : 22,8 millions de salariés en 1973, 22,9 millions en 1980. La perte d'un million d'emplois environ au cours de la crise de 1974-1975 fut compensée par la relance qui suivit la crise et qui durera jusqu'à 1980. La nouvelle crise - en 1981-1982 - ouvre une période de déclin prolongé du nombre des emplois, qui n'est plus compensé par la relance actuelle (21,9 millions de salariés en 1984).
Les chiffres de l'emploi par secteur sont plus éloquents. Le nombre des ouvriers industriels « productifs » est en baisse constante à partir de 1970.
STRUCTURE DE
LA CLASSE OUVRIERE
ET EVOLUTION DE L'EMPLOI
La contribution du secteur industriel au produit national brut (PNB) a diminué, passant de 48,3% en 1970 à 42,7% en 1984. Durant la même pé- riode, le pourcentage du secteur industriel par rapport à la force de travail globale a chute encore plus nettement, passant de 55,2 % à 44,9 %. Il faut préciser que d'après le marxisme, la catégorie « industrie » ne doit pas être identifiée avec celle de « travail productif » et que la catégorie « produit national brut » n'a rien à voir avec le concept « production de valeur ».
La perte de 2,4 millions d'emplois industriels à partir de 1979 (salariés industriels en 1970 = 12,2 millions, en 1984 = 9,8 millions) a été partiellement compensée par une augmentation constante du nombre de salariés dans le secteur public (de 3,6 millions en 1970 à 4,9 millions en 1984) et dans le secteur des services (de 2,2 millions en 1970 à 2,9 millions en 1984). La tendance à l'augmentation à long terme des emplois dans le commerce et les transports s'était déjà interrompue en 1980.
L'effet combiné de la diminution des emplois dans l'industrie et de l'augmentation des emplois dans les services publics et privés a été un changement accentué dans la composition de la classe ouvrière par secteur. En 1970, 1,3 % de la population active était employée dans l'agriculture, 55,2 % dans l'industrie, 17,3 % dans le commerce et les transports, 9,7 % dans les services privés et 16,4 % dans le secteur public. En 1984, alors que le pourcentage de l'agriculture et celui du commerce et des transports sont restés, en gros, les mêmes (respectivement 1,1 % et 18,2 %), les pourcentages des services privés et du secteur public ont considérablement augmenté (respectivement de 13,4 % et 22,4 %) et le pourcentage de l'industrie est tombé à 44,9 %.
Si l'on considère les statistiques de l'emploi par branche, il est encore plus clair que l'Allemagne occidentale est entrée dans une période de chômage croissant à long terme. Prenons, par exemple, les tendances au cours des deux derniers cycles économiques. Il en découle que les périodes conjoncturelles de croissance ne permettent pas d'offrir de nouveaux emplois à ceux qui avaient perdu leur travail pendant la crise. En 1976, première année de relance après la crise de 1974-1975, il y avait 1,3 millions d'emplois industriels de moins qu'en 1973, bien que la production ait dépassé celle de 1973 de 1,1 %, l'emploi est tombé de 10,5 %. En 1984, deuxième année de « montée » après la crise de 1981-1982, on enregistrait une perte permanente de 1,2 million d'emplois industriels (- 10,5 %), alors que la production n'était inférieure que de 1,1 % à celle de 1980. En 1976, le PNB global était supérieur à celui de 1973 de 4,7 %, alors que l'emploi avait diminué de 4,7 %. En 1984, la production a dépassé de 3,3 % la production de 1980, dernière année de prospérité, mais l'emploi avait diminué de 4,6 %. L'expansion économique ne comporte pas non plus d'augmentation du nombre d'emplois dans les branches et les secteurs prospères. En fait, l'augmentation du nombre des travailleurs du secteur public et des services privés ne compense que partiellement la perte d'emplois industriels qui s'est produite au cours des deux derniers cycles économiques. En ce qui concerne la prochaine crise, on peut exclure, semblet-il, une compensation, même partielle : les mesures d'austérité ont bloqué l'expansion du secteur public alors que la micro-électronique introduit la révolution technologique dans les bureaux. Le
LA CRISE ECONOMIQUE EN RFA pourcentage du secteur des services a augmenté de 45,9% par rapport à 1973, alors que l'emploi n' a augmenté que de 24,9 %. La prochaine crise combinera une perte supplémentaire massive d'emplois et un renversement de tendance dans l'emploi du secteur des services à la suite de l'introduction de technologies nouvelles. Aujourd'hui, il y a environ 2,3 millions de chômeurs, tandis que pour les deux ou trois prochaines années, l'estimation s'élève entre 3 et 4 millions.
Examinons les tendances dans le secteur industriel. En 1984, six branches ont connu une expansion considérable par rapport à 1980 (voir tableau I). Cinq d'entre elles ont connu une croissance constante au cours de la deuxième année de « montée». La seule exception est constituée par l'industrie de l'automobile, où des signes de la crise à venir ont été perceptibles tout au long de l'année 1984 (la grève des métallurgistes aux mois de mai et juin n'explique pas à elle seule le déclin de la production). Les quatre branches au-dessous du niveau de 1980 sont celles qui traversent une crise structurelle, à savoir les chantiers navals, le bâtiment, la sidérurgie et l'industrie mécanique. Dans la seule sidérurgie, les emplois ont diminué d'un tiers par rapport à 1973. Quant aux secteurs qui montent, l'industrie des ordinateurs a augmenté sa production de 72,2 % depuis 1980, mais le niveau de l'emploi y est resté le même. Tous les autres secteurs en croissance ont perdu des emplois depuis 1980 : - 15,7 % dans l'industrie automobile et - 20,7 % dans l'industrie électrique. En 1980, les dix branches considérées dans le tableau I représentaient 5,6 millions d'emplois, tandis qu'elles n'en représentent que
61 4,7 millions en 1984.
Aucun des secteurs en croissance n'a créé d'emplois additionnels qui compensent les licenciements dans les secteurs en crise. En 1984, deuxième année de forte croissance économique, quatre des dix branches considérées ont augmenté leur force de travail. Mais l'ensemble de 20 633 nouveaux emplois doit être opposé aux 67 799 emplois perdus dans les autres six branches au cours de la même année.
La coalition gouvernementale de droite prétend que le nombre des emplois a augmenté, pour la première fois depuis les années soixante-dix, au cours de la première moitié de 1985. Mais, même si on accepte l'hypothèse d'une augmentation moyenne de 100 000 emplois pour l'année 1985, il ne s'agit que d'une augmentation marginale qui ne renverse pas la tendance.
La baisse à long terme des emplois est due en même temps aux effets de la troisième révolution technologique et à la crise prolongée de la rentabilité du capital. Selon des estimations citées par l'IG-Metall (syndicat de la métallurgie), l'introduction de la micro-électronique dans le cadre de la situation économique actuelle pourrait entraîner une perte de 3 à 3,5 millions d'emplois jusqu'à 1990 (à partir de 1983). Entre autres, les procédés de traitement de texte automatique « remplaceraient » entre 2,4 et 2,7 millions de travailleurs « improductifs » de bureau. Une version plus récente des mêmes estimations prévoit pour la décennie 1980-1990 une croissance annuelle moyenne du PNB de 2,5 % et un chômage technologique supplémentaire de 1,25 million dans le secteur de la production et de l'entretien et de 0,5 million pour les employés sans qualification.
Cette révolution technologique a lieu dans une période de déclin à long terme des investissements de capital. Le déclin continue malgré l'augmentation spectaculaire des profits pendant les dernières années. Le pourcentage moyen des investissements nets par rapport aux profits nets privés est passé de 60 % en 1966-1973 à 43 % en 1974-1980 et à 33 % en 1981-1983. Dans la période 1974-1980, à peu près la moitie des investissements nets (49 %) ont visé à remplacer la force de travail par des technologies nouvelles. Dans la periode 1974-1980, la moyenne avait été de 42 %.
LA MONTEE
DU CHOMAGE ET
SES CONSEQUENCES
Entre 1980 et 1983, le chômage enregistré a à peu près triplé. Le chômage global - si on inclut les estimations officielles du nombre des chômeurs qui ne se font pas enregistrer, parce qu'ils n'ont pas droit à des allocations et qu'ils ont perdu tout espoir de trouver du travail auprès des agences de l'emploi - a augmenté de 239% à partir de 1980, passant de 1,5 million de personnes en 1980 à 3. ,6 millions en 1984. Le pourcentage des chômeurs par rapport au total des salariés - employés et chômeurs - a plus que doublé, passant de 6,2 % en 1980 à 14,2 % en 1984.
Par ailleurs, le nombre des chômeurs qui n'ont pas droit à des allocations augmente. En 1984, ce n'est que 40 % de l'ensemble des chômeurs, enregistrés ou non enregistres, qui a reçu des aliocations contre 44 % en 1982. Le pourcentage des chômeurs qui ont reçu une prestation équivalent à leur salaire grâce à l'assurance-chômage, est passé de 34,6% en 1981 à 23,8 % en 1984. Le pourcentage des chômeurs qui ont droit à une allocation chômage plus modeste a augmenté en même temps de 8,4 % à 16,5 %.
Des chiffres dignes de fois sur la composition du chômage n'existent que pour les chômeurs enregistrés. La durée moyenne du chômage est passée de 7,4 mois en 1981 à 11,6 mois en 1984 ; en moyenne, les chômeurs restent sans travail pendant une année. En septembre 1984, 642 000 chômeurs, à savoir 30 % des chômeurs enregistrés, étaient sans travail depuis plus d'un an. Alors que depuis 1986 le pourcentage des femmes au chômage a toujours été supérieur de 1 % au pourcentage moyen d'ensemble, les pourcentages des chômeurs immigrés (jeunes en dessous de vingt ans, 3,2% en 1980, 8,4% en 1984 ; jeunes entre vingt et vingt-quatre ans, 5,1% en en 12,9 % en 1984) ont considérablement augmenté. Par ailleurs, les ouvriers qualifiés sont, eux aussi, de plus en plus touchés: leur pourcentage est passé de 37% en 1981, à 43,9 % en 1984.
L'augmentation du nombre des chômeurs à long terme et des chômeurs n'ayant pas droit à des allocations est en train de devenir de plus en plus la cause principale de la brusque augmentation de ceux qui reçoivent une assistance sociale. Leur nombre est passé de 2,1 millions de personnes en 1980 à 2,4 millions en 1984. En 1980, 9,8 % des familles qui recevaient cette assistance declaraient qu'elle avaient recours à celle-ci à cause du chômage ; en 1984, le pourcentage est passé à 19,3 %. Dans les villes où le chômage est le plus élevé, ce pourcentage est considérable-
LA CRISE ECONOMIQUE EN REA ment plus fort (par exemple de 39 % à Dortmund).
Le chômage et la perte d'emplois varient sensiblement d'une région à l'autre. La tendance générale est à une inégalité croissante entre le nord (chômage élevé) et le sud (chômage plus limité) ; la crise régionale de la Sarre constituerait une exception. En 1984, c'est la région de Brême qui a eu le taux le plus élevé (13,7 %), suivie par la Sarre (12,8 %), la Basse-Saxe (11,5 %) et Hambourg (11,2 %), alors qu'au Baden-Würtemberg (5,6 %) et en Bavière du sud (6,9 %), le chômage est considérablement au-dessous de la moyenne nationale (9,1 %). Une tendance analogue se constate dans la distribution régionale des pertes d'emplois dans la métallurgie entre 1970 et 1983. Alors qu'à Berlin, la métallurgie a perdu 43% des emplois (23% à Hambourg et 19,5 % dans la Sarre), la chute n'a été que de 3% en Bavière et au Baden-Würtemberg.
Cette inégalité régionale a de plus en plus des répercussions politiques au sein des syndicats. Par exemple, la commission de l'IG-Metall pour les conventions collectives de la région de Stuttgart, la région la plus combative du point de vue syndical, a récemment voté de revendiquer des augmentations de salaire en 1986 et de remettre à 1987 une nouvelle lutte pour les trente-cinq heures.
DISCRIMINATION
DES FEMMES SUR LE MARCHE DU TRAVAIL
En 1982, 74,2 % des femmes audessus de quinze ans et 54,5 % de tou- tes les femmes actives avaient reçu un revenu net mensuel de moins de 1 200 marks (1 mark = 3 francs environ), à savoir un revenu au-dessous du minimum qui leur permettrait d'être indépendantes. En plus de l'oppression patriarcale, c'est le marché du travail qui condamne les femmes à être dépendantes de l'homme. Cela a été accentué dans la crise actuelle.
Si l'on considère la période qui suit l'année 1976, on constate que, bien que les femmes n'occupent que moins de 2/5 des emplois, le taux de chômage féminin (enregistré) est supérieur de 2% au taux de chômage masculin. L'écart entre chômage masculin et chômage féminin s'amplifie en période de relance et se réduit, en termes relatifs, en période de crise lorsque des contingents massifs de travailleurs masculins sont licenciés. Mais la tendance à long terme indique un écart croissant entre les taux respectifs du chômage masculin et du chômage féminin. En 1980, 2,6 % des hommes salariés et 5,1 % des femmes salariées étaient au chômage; en 1983, les pourcentages étaient respectivement de 7,6 % pour les hommes et de 10,2 % pour les femmes.
Malgré cela, la tendance à long terme à une activité économique croissante des femmes n'a pas été stoppée jusqu'à 1983. Dans la période allant de 1973 à 1983, le pourcentage des femmes actives (travailleuses indépendantes, salariées, chômeuses enregistrées) est passé de 48,2% à 50,7 % (51 % en 1982) alors que le pourcentage des hommes actifs diminuait de 87,7 % à 82 %. Le pourcentage des femmes par rapport au total des salariés est passé de 36,3 % en 1973 à 38,9 % en 1983. Tandis que les femmes ont une place croissante parmi les employés (52,9% en 1982 contre 50,6 % en 1973) et dans la fonction publique (18,4% en 1973 contre 24,6 % en 1982), leur pourcentage par rapport au total d'emplois ouvriers productifs a baissé, passant de 28,4 % en 1973 à 27,7 % en 1981. L'accroissement de l'activité économique des femmes se limite presqu'entièrement au secteur des services. Cette augmentation, de 37,2% en 1972 à 39% en 1983, est le résultat de deux tendances contradictoires. Au cours de cette periode, le nombre des femmes économiquement actives a augmenté de 803 000 personnes (36,1 %) dans la catégorie « autres services », de 292 000 (47 %) dans le secteur de l'Etat et de 73 000 (20,6 %) dans les banques et les assurances. Par contre, dans l'industrie, le nombre a diminué de 724 000 personnes (23,5 %). Bien qu'en 1973, seulement 29,9 % des personnes actives dans l'industrie fussent des femmes, 44,2 % des personnes qui ont perdu leur travail dans ce secteur ont été des femmes. Le pourcentage dans ce secteur a baissé en 1983 jusqu'à 27,1 % du total. Par ailleurs, à la suite du chômage permanent de masse, la concurrence croissante entre hommes et femmes est en train d'aggraver la situation des femmes aussi dans les services. Dans les banques et les assurances, les hommes ont bénéficié plus que les femmes de l'expansion globale des emplois. Les femmes ont des postes moins qualifiés et elles reçoivent un salaire plus réduit pour le même travail. En 1984, le revenu brut moyen des salaries était de 2 902 marks. Le revenu brut moyen des ouvrières était de 2 073 marks et le revenu des employées de 2544 marks. En 1982, dans le secteur ouvrier, 55,1 % des femmes, mais seulement 11,7 % des hommes avaient un salaire mensuel net inférieur à 1 000 marks. Dans le secteur des employés, 36,3% des femmes, mais seulement 6,3 % des hommes, touchaient moins de 1 000 marks.
EMPLOI MARGINAL
ET SITUATION DES IMMIGRES
L'emploi marginal est un exemple classique de la tendance à la généralisation de formes de surexploitation qui, dans la période de boom économique, étaient le plus souvent limitées aux couches les plus faibles de la classe ouvrière, notamment aux temmes.
Le travail à temps partiel est encore presqu'exclusivement féminin. En fait, au cours des dernières années, l'extension du travail à temps partiel s'est avérée être le mécanisme principal de la discrimination subie par les femmes sur le marché du travail. En 1983, 93 % du travail a temps partiel pour lequel on payait les contributions à la Sécurité sociale a été fait par des femmes. Dans la même année, 1,6 million (18,7 %) des 8,8 millions des femmes salariées travaillaient à temps partiel jusqu'à vingt heures par semaine et 1,3 million (14,7 %) travaillaient à temps partiel entre vingt et une et trente-neuf heures par semaine. 67,3 % de tous les emplois additionnels que les femmes ont obtenu entre 1977 et 1983 sont des emplois à temps partiel d'une durée allant jusqu'à vingt heures par semaine. De 1982 à 1983, le nombre des emplois féminins à diminué de 164 000 unités alors que durant la même période le nombre d'emplois à temps partiel des femmes a
LA CRISE ECONOMIQUE EN RFA augmenté de 191 000 unités.
Le tableau est différent en ce qui concerne les emplois temporaires. Le pourcentage des emplois temporaires par rapport à l'ensemble des emplois est en augmentation rapide aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Au mois de mai 1984, 38,9 % de tous les contrats de travail assurés par des agences pour l'emploi publiques étaient des emplois temporaires. 42,2 % des femmes et 37,2 % des hommes embauchés par le truchement des agences pour l'emploi n'étaient employés que temporairement. Représentant 18,8 % de ceux qui avaient cherché un travail avec succès (femmes = 22,5 %; hommes = 16,9 %), les emplois temporaires pour trois mois étaient la forme la plus fréquente d'emploi temporaire. Après le vote récent de la loi sur la promotion de l'emploi, les contrats temporaires jusqu'à dix-huit mois sont devenus légaux et seront de plus en pius proposés. Une étude réalisée à Cologne indique que la tendance ascendante des offres de travail temporaire est plus forte en ce qui concerne les hommes qu'en ce qui concerne les femmes.
Une autre forme d'emploi marginal qui tend à se développer est celle de la location de personnel (personnel leasing). En 1984, 1 502 agences de location de personnel, régulièrement enregistrées, employaient 32 976 travailleurs ; 75,7 % de tous les contrats de travail de ces agences de location de personnel avaient une durée de moins de trois mois. Après l'adoption de la loi sur la promotion de l'emploi, la location de personnel jusqu'à six mois est devenue légale. Une estimation de l'agence pour l'emploi de Brème indique que les chiffres réels de personnes victimes de ce « commerce d'esclaves »
sont entre six et dix fois supérieurs à ceux des contrats officiellement enregistrés.
Il faut souligner que seule une partie de la vérité sur l'emploi marginal peut être exprimée statistiquement, car une grande partie se réalise sur le marché du travail echappant au contrôle public. L'importance de l'emploi marginal (par exemple, les travaux salariés domestiques) doit être beaucoup plus considerable que ce qu'en disent les chiffres officiels.
Le racisme n'est qu'une réaction idéologique à la crise. Le chômage serait aujourd'hui encore plus élevé sans le renvoi massif de travailleurs immigrés. La population immigrée régulièrement enregistrée a atteint son plafond en 1981 avec 4,7 millions de personnes. En 1984, elle avait diminué de 7 % (4,4 millions de personnes). Mais tandis que le nombre des emplois des immigrés a baissé durant la période 1980-1984 de 19,2% (1980 = 2 millions: 1984 = 1,6 million), dans la même période, le nombre d'immigrés enregistrés comme chômeurs n'a augmenté que de 163 000 personnes, passant de 107 000 en 1980 à 270 000 en 1984. Les statistiques du chômage ont été « améliorées » grâce à l'expulsion d'une partie de la population immigrée. Cette expulsion a traduit la transformation d'une campagne idéologique en politique officielle du gouvernement. On a « offert » aux immigrés disposés à rentrer chez eux une somme d'argent au comptant représentant une partie des allocations de la Sécurité sociale auxquelles ils avaient droit s'ils restaient en Allemagne. Le résultat fut qu'à partir de 1982 l'émigration a été supérieure à l'immigration. En 1984, l'émigration a été de 557 000 personnes alors que l'immigration est tombee à 327 000. En 1980, l'émigration avait été de 380 000 per renoi des mination de 63 te le personnes et l'immigration de 631 000. pourcentage de cette partie de la population par rapport à l'ensemble de la force de travail et par rapport à l'ensemble de la force de travail par secteur. Entre juin 1979 et juin 1984, le nombre des immigrés employés a diminué de 17,6 %. Leur pourcentage par rapport a la force de travail industrielle est passé de 13 % à 10,8 %. L'expulsion la plus spectaculaire d'immigrés est en train de se produire actuellement dans l'industrie automobile; depuis l'année dernière, seuls les Allemands ont des chances d'être embauchés. Entre juin 1983 et juin 1984, le nombre total des emplois a diminué de 0,5 %. Durant la même période, les emplois des Allemands ont stagne (+ 0,1 %) alors que 7,1 % d'immigrés ont été licenciés; Dans l'industrie automobile, le nombre total des emplois a baissé de 9,8 %; pourtant, 25,4 % des travailleurs immigrés ont été licenciés. Le bilan global des emplois des immigrés a été négatif dans tous les secteurs, y compris ceux qui ont augmenté leur force de travail globale, les seules exceptions sont des organismes sans but lucratif et le secteur des travaux domestiques.
AUGMENTATION
DU POURCENTAGE DES EMPLOYES
Une partie croissante des travailleurs a un statut d'employé. Dans le secteur des services (tertiaire), sur un total de 1,9 million de nouveaux emplois créés entre 1970 et 1980, 1,5 million sont occupés par des employés. Le pourcen- tage des employes de ce secteur est passé de 42,1% en 1970 à 48 % en 1983. Mais cette tendance ne se limite absolument pas au tertiaire. Dans le secteur industriel, alors que 1,4 million d'emplois ont été perdus entre 1970 et 1980, le nombre des employes a augmenté de 300 000 unités. Le pourcentage des employés de l'industrie est passé de 22,9 % à 29,7 % en 1983.
En juin 1979, les employés représentaient 43,9 % de tous les emplois pour lesquels on payait des contributions à la Sécurité sociale (les fonctionnaires exclus). En juin 1984, le pourcentage était de 47,5 %. Dans l'industrie, le pourcentage des employés est passé de 28,8 % en 1979 à 31,7 % en 1984. Le pourcentage des femmes ayant un statut d'employées est considérablement plus élevé que celui des femmes ayant un statut d'ouvrières. En juin 1979, les femmes représentaient 39 % des ouvriers, dont 25,6 % dans l'industrie au sens strict, et 61% d'employés dans l'industrie. En juin 1984, leur pourcentage est tombé à 34,5 % chez les ouvriers et dans l'industrie à 23,8 %, alors que chez les employés, il a atteint 65,6 % et dans l'industrie 31,7 %.
Cette tendance à long terme à l'augmentation des employés a des effets contradictoires. Objectivement, il existe de moins en moins la base matérielle pour la mentalité d'«employé » sur laquelle on misait pour diviser le mouvement ouvrier au moment où le statut d'employé a été introduit. Les gros bataillons des employés partagent de plus en plus avec l'ensemble de la classe ouvrière le fardeau économique de la crise capitaliste. Tout en étant encore inférieur à la moyenne et nettement plus bas que celui des ouvriers, le taux de chômage des employés est en train
LA CRISE ECONOMIQUE EN REA d'augmenter. En septembre 1982, la moyenne nationale globale était de 7,2 %, tandis que le taux pour les ouvriers était de 10% et celui des employés de 4,9 %.
Le chômage des employés augmentera très sensiblement dans les prochaines années à la suite de l'introduction massive dans les bureaux et dans l'administration de nouvelles technologies pour l'elaboration des données et pour les télécommunications.
Le salaire moyen des employés est encore considérablement plus élevé que celui des ouvriers. En 1984, le salaire mensuel net était, en moyenne, de 1971 marks. Pour les ouvriers industriels de sexe masculin, il était de 2 018 marks et de 1 408 marks pour les femmes, alors que pour les employés industriels de sexe masculin, il était de 2 713 marks (1 727 pour les femmes). Toutefois, les employés ont subi une diminution de leur revenu réel dans la même mesure que les ouvriers. Cela se reflète dans l'évolution des indices salariaux. En 1984, l'indice des salaires des ouvriers a atteint 149,2 (1976 = 100) et celui des employes 14/,1. Qui plus est, le statut d'employé ne comporte plus automatiquement un revenu élevé. Au moins un tiers des femmes employées travaillent à temps partiel. L'écart des salaires (inégalité de revenus) est beaucoup plus grand chez les employés que chez les ouvriers. Alors que les salaires ouvriers les plus élevés dépassent les salaires les plus bas de 55 %, les salaires les plus élevés des employés dépassent les salaires les plus bas de 166 %. Ces données ne concernent que les hommes. Entre 1974 et 1984, l'inégalité de salaire a augmenté beaucoup plus vite chez lez employés que chez les ouvriers. Le coefficient de variation chez les ouvriers est passé de 8,93 à 10,8, de 8,38 à 9,39 chez les femmes, alors que chez les employés du commerce, il est passé de 8,02 à 12,01 (de 8,89 à 12,13 chez les femmes).
Bien qu'un nombre croissant d'employés soient mal payés et menacés par les licenciements, leur degré de syndicalisation reste fixe. Cela n'est que partiellement dû à un « retard dans la prise de conscience » de la part des employés ; la responsabilité en incombe en partie à la bureaucratie syndicale, qui s'efforce de défendre prioritairement sa base traditionnelle, c'est-à-dire la force de travail masculine des grandes entreprises industrielles. En 1982, 52,2 % de la force de travail dans la métallurgie était syndiquée, alors que ce pourcentage était de 25,5 % chez les employés. Par ailleurs, le secteur public a été utilisé avec succès au cours des dix dernières années comme force motrice pour imposer des salaires plus bas. Depuis 1976, l'indice des salaires du secteur public est demeuré inférieur de 10 % environ par rapport au secteur privé.
NOUVELLES
TECHNOLOGIES ET QUALIFICATIONS
L'accentuation de la rationalisation de la part des capitalistes de la RFA accentue les lignes de division entre les différents secteurs de la classe ouvrière dans la mesure où elle engendre des «gagnants » et des « perdants » par rapport aux changements technologiques.
Les principaux « perdants » sont évidemment les chômeurs et les ouvriers des « vieilles » branches industrielles, frappées par une crise structurelle (sidé- rurgie, chantiers navals, etc.). Mais la force de travail des branches qui se modernisent et développent leur production est divisée elle aussi en « gagnants » et « perdants ». Les « perdants », ce sont les ouvriers les plus âgés, les OS, les immigrés et les femmes qui subissent passivement l'introduction des technologies nouvelles sans avoir la moindre chance d'être choisis pour des stages de requalification. En dernière analyse, ils sont elimines de la force du travail au cours du processus de modernisation. Les «gagnants » éventuels sont les ouvriers qualifiés ou semi-qualifiés qui jouent encore un rôle essentiel dans le processus de production et peuvent acquérir une qualification nouvelle dans le maniement des nouvelles machines. Les changements structurels dans la composition de la classe ouvrière (expansion du secteur des services, nombre croissant d'employés, pourcentage plus surtout le résultat d'une période d'ex élevé de femmes actives, etc.) pansion capitaliste. L'existence de « nouvelles » couches prolétariennes représente la base matérielle qui a permis que la conscience écologiste et féministe ainsi que la conscience de la nécessité de solutions technologiques alternatives deviennent des composantes de plus en plus évidentes de la conscience de classe. Leur apparition suscite également l'émergence de nouveaux mouvements et de nouveaux partis en tant qu'expression politique d'une radicalisation de masse (voir, par exemple, les Verts).
D'autre part, ces « nouvelles » couches constituent le terrain principal sur lequel se développent des formes de surexploitation et de travail marginal avec tres peu de protection syndicale sinon sans protection du tout. L'expérience que les marxistes révolutionnaires ont pu faire eux-mêmes a partir de la lutte pour les trente-cinq heures indique clairement que l'actuel processus de différenciation au sein de l'appareil syndical et parmi les cadres n'est pas dû uniquement à l'existence de différents types d'égoïsme syndical, mais aussi à une inégalité croissante dans la condition matérielle des ouvriers eux-mêmes. Même une direction qui voudrait stimuler la lutte de classes aurait des difficultés croissantes à unifier les forces et à forger la solidarité dans une stratégie de riposte commune à la crise.
DECLIN DU
REVENU REEL DE LA CLASSE OUVRIERE
Pendant les deux dernières années, on a publié en Allemagne occidentale une quantité d'informations fragmentaires sur la « nouvelle pauvreté ». L'augmentation du nombre des chômeurs qui n'ont pas droit aux allocations (voir les chiffres déjà cités) et l'augmentation du nombre de ceux qui vivent grâce aux subventions sociales (1,4 million de personnes en 1970, 2,4 millions en 1985, mais si l'on considère tous ceux qui ne les obtiennent pas, tout en étant dans les même conditions que ceux qui les reçoivent, on atteint les 5 millions environ) sont les indices les plus frappants de cette « nouvelle pauvreté ». Mais puisqu'il n'existe pas une définition « objective » de pauvreté et qu'il n'existe pas de critères objectifs pour calculer le chifire de la population pauvre, on ne peut se baser que sur des
LA CRISE ECONOMIQUE EN RFA estimations du déclin du revenu global de la classe ouvrière.
Un calcul des salaires nets moyens des ouvriers par secteur (après déduction des impots et des contributions a la Sécurité sociale), en tenant compte de l'évolution des prix, révèle une baisse de 5 % entre 1980 et 1984.
Le Bureau federal des statistiques calcule, pour sa part, le revenu familial selon les catégories sociales. Si on tient compte de l'évolution des prix à la consommation, on constate une diminution du revenu familial chez les ouvriers de 6,5% (6,6 % chez les employés). Depuis 1975, alors que la baisse du revenu familial des retraités a suivi celui de la classe ouvrière active (- 5,7 %), le revenu réel des familles qui vivent essentiellement grâce aux allocations de chômage a subi une chute de 16,2 %. Par contre, le revenu familial des travailleurs indépendants (sauf les paysans) a enregistré en termes réels une augmentation de 17,1 % (depuis 1975).
Une troisième approche du problème est celle avancée par un institut de Hambourg pour la recherche sociale. Un y esquisse un calcul de la part des salaires dans le revenu national sur la base des données de la comptabilité nationale. Le montant global des salaires de la société est fixé en calculant le total des impôts et des contributions des travailleurs (employés, chômeurs, retraités, dépendants det personnes qui vivent des allocations de l'aide sociale) d'un côté, et de l'autre, le salaire social global (transferts monétaires, services en nature et infrastructure) transmis aux travailleurs par l'Etat. Le rapport des deux chiffres représente le taux net qui est utilisé comme indice principal du Welfare State. Dans des pays comme les Etats-Unis, pour lesquels le taux net est presque toujours positif, les travailleurs paient à l'Etat plus que ce qu'ils reçoivent sous forme d'argent et de prestations en nature. Un premier calcul basé sur les estimations les plus prudentes indique que depuis 1970, la redistribution en faveur de la classe ouvrière n'a jamais dépassé 5% de la masse salariale totale des travailleurs non chômeurs. En 1982 (dernière année pour laquelle le calcul était possible) le rapport entre les prestations monétaires et non monétaires que la classe ouvrière a reçues de l'Etat par rapport au fardeau fiscal qui pèse sur celle-ci est descendu au-dessous du niveau de 1978, mettant ainsi en lumière l'adaptation du Welfare State aux conditions de la crise de rentabilité du capital. Selon l'analyse susmentionnée, le revenu global (monétaire et non monétaire, direct et indirect) de la classe ouvrière a diminué de 7,1 % au cours de deux années (1981 et 1982). Cela indique clairement que le déclin réel du niveau de vie est sous-estimé si l'on ne considère que le montant salarial net. Ce déclin est beaucoup plus considérable si on considère la consommation sociale globale de la classe ouvrière, sa partie inactive comprise.
Des résultats beaucoup plus graves peuvent être escomptés pour les années 1983 et 1984, pendant lesquelles la plupart des mesures d'austérité décidées par la coalition socialistes-libéraux jusqu'à la fin de 1982 et par la coalition de droite par la suite, ont commencé à être appliquées.
Les effets des mesures d'austérité sur le budget de l'Etat en 1982, 1983, 1984 sont évalués à une perte de 210 milliards de marks pour les revenus des masses. La perte en termes de revenu mensuel réel provoquée par la politique d'austérité à tous les niveaux gouvernementaux est évaluée pour une famille de quatre personnes avec un seul salaire (année 1984) à 341,65 marks, soit 12 % du salaire brut mensuel.
QUELQUES
INDICATIONS SUR LA FLEXIBILITE
A la suite des grèves de 1984 pour la semaine de trente-cinq heures, la semaine de travail a été, à partir de la deuxième moitié de 1985, de 38,5 heures ou moins pour un quart des 17,5 millions d'ouvriers concernés par les conventions collectives signées par la centrale syndicale DGB. Pour la majorité de ces ouvriers, cela implique des jours feries supplémentaires. La semaine de quarante heures reste predominante en tant qu'horaire normal. Comme sous-produit de la lutte pour les trente-cinq heures, des patrons ont introduit des plans de retraite anticipée pour des ouvriers au-dessus de cinquante-huit ans. Ces plans concernent 5,8 millions de travailleurs, dont, selon les estimations, 240 000 travailleurs âgés de cinquante-huit ans et plus. La retraite est volontaire et, contrairement à la semaine de 38,5 heures, comporte une perte de salaire et une perte supplémentaire des droits de retraite. Dans la métallurgie, en « échange » des 38,5 heures, on a introduit des plans de flexibilité du travail dont la portée est encore limitee mais qui, en principe, impliquent un abandon de la journée de travail régulière pourtant prévue par les conventions collectives. Ces plans varient d'une entreprise à l'autre. Le syndicat des métallurgistes, l'IG-Metall, affirme que les deux tiers des accords d'entreprise concernant la semaine de 38,5 heures comportent une réduction hebdomadaire du temps de travail, mais dans presque toutes les grandes entreprises - à savoir celles où travaille la majorité des ouvriers - la semaine de quarante heures est maintenue et la moyenne de 38,5 heures est réalisée par l'octroi de jours fériés supplémentaires. Deux autres plans de flexibilité ont été introduits dans presque toutes les grandes entreprises. Environ 10 % des salariés travaillent en moyenne entre trente-sept et quarante heures par semaine. La semaine de travail est calculée sur une période moyenne de deux mois. Dans la pratique, cette période est souvent allongée par differents moyens.
Les heures supplémentaires n'ont pas été limitées par les nouvelles conventions sur le temps de travail et elles deviennent de plus en plus dans les entreprises une question politique. Le total des heures supplémentaires pour l'ensemble de l'économie allemande se monte à 1,9 milliards d'unités, ce qui correspond à plus d'un million d'emplois. Les campagnes des syndicats pour réduire les heures supplémentaires se heurtent à la résistance passive des conseils d'entreprise dans les grandes entreprises et sont entravées par les intérêts divergents des ouvriers qui comptent sur ces heures supplémentaires.
LA SITUATION
DES SYNDICATS
Des projets de loi sur la réduction des heures supplémentaires sont en train d'être discutés aussi bien chez les
LA CRISE ECONOMIQUE EN RFA Verts que dans le Parti social-démocrate (SPD).
Jusqu'à maintenant, le chômage massif et la perte d'emplois, tout en affaiblissant et désorientant politiquement les syndicats, n'ont pas érodé leur base. Dans les années 1982 et 1983, le nombre des syndiqués a baissé, dans l'ensemble, de 2,7% alors que, dans la même période, les emplois ont diminué de 3,7 % (voir tableau II). La baisse a été plus importante dans la métallurgie (- 4,7 % en 1982, 1983 et 1984), mais ce secteur a connu un déclin économique beaucoup plus grave que la moyenne. Le syndicat principal du secteur des services, le HBV, a enregistré la croissance la plus importante compensant ainsi partiellement la perte d'adhérents d'autres secteurs.
L'affaiblissement des syndicats ne se reflète pas dans les chiffres globaux des adhérents. Les carences les plus graves concernent les rapports avec les jeunes, les femmes et les travailleurs immigrés.
Le taux de syndicalisation des jeunes ouvriers a toujours été inférieur à la moyenne, mais il a connu une chute catastrophique depuis 1978. En 1978, ce taux (en ce qui concerne les jeunes jusqu'à vingt-cinq ans) avait atteint le record absolu de 26,7 %. En 1983, il n'était que de 22,5 % ; la moyenne pour l'ensemble des ouvriers était de 35 % environ. Quant aux jeunes femmes, leur syndicalisation est très limitée (14,8 % en 1983), mais elle augmente lentement, ce qui reflète l'augmentation du pourcentage des femmes actives. L'activité parmi les jeunes est très negligée et les structures syndicales pour les jeunes sont complètement bureaucratisées et politiquement mortes. Le vieillissement croissant du mouvement syndical est considéré de plus en plus comme dan- gereux par la bureaucratie elle-même qui, pourtant, est incapable d'introduire les changements de structure nécessaires.
La syndicalisation des immigrés se situe au-dessus de la moyenne (54,1 % en 1982 chez les metallurgistes) et elle augmente encore, malgré la politique des syndicats qui laissent les immigrés à leur destin.
Depuis le début des années 1980, des comités de chômeurs ont été créés en dehors des syndicats, le plus souvent avec une hostilité compréhensible à l'encontre du mouvement syndical officiel qui n'a pas essayé d'organiser et de présenter les chômeurs. Dans le seul Etat de Nord-Rhénanie-Wesphalie, on est passé de 14 initiatives en 1982 à 163 initiatives en 1984. Depuis 1983, la politique officielle de la centrale syndicale DGB consiste à aider la formation de comités de chômeurs, mais son application est très inégale et le plus souvent complètement bureaucratique. En décembre 1984, après la faillite des tentatives de coordination des comités de chômeurs en dehors des structures syndicales, la DGB a convoqué une première rencontre à l'échelle fédérale de comités syndicaux de chômeurs. A cette occasion, on a enregistré 64 comités organisés par la DGB. Dans de nombreux syndicats appartenant à la DGB, le droit d'être membre du syndicat sans avoir auparavant travaillé dans le secteur est devenu une question politique. L'IG-Metall et d'autres syndicats ont ouvert leurs portes avec des restrictions rigides aux chômeurs qui cherchent un emploi dans leur secteur ; d'autres, par exemple, le syndicat de la construction, ont carrément refusé d'organiser les chômeurs.
Octobre 1985
Tableau I.
Evolution de la production dans certaines branches d'industrie
Indice de la production *
Branche d'industrie
1983 Matériel de bureau 133,9 installateurs Industrie du bois 108,9 et du papier Industrie chimique 103,4 Ind. métallurgique 105,1 Ind. automobile 107,8 et réparations Electronique 98,2 Machines-outils 92,6 Sidérurgie 82,0 Construction 88,8 Chantiers navals 95,0
172,2 119,2 108,8 108,7 107,1 105,7 92,9 89,7 89,2 83,0
+ 28,6
+ 10,0
+ 5,2
+ 3,4
- 0,6
+ 7,2
+ 0,3
+ 0,5
+ 0,5
- 12,6
* Base 100 = 1980.
Source : Statistisches Bundesamt (Institut fédéral de statistiques).
1984
Tableau I.
Branche d'industrie
Matériel de bureau installateurs
Industrie du bois et du papier
Industrie chimique
Ind. métallurgique
Ind. automobile et réparations
Electronique
Machines-outils
Sidérurgie
Construction
Chantiers naval
* Base 100 = 1980.
Evolution de l'emploi lans certaines branches d'industrie
Nombre d'employés
1980 1983 1984
76 000 70 564 76 5316
55 000 48 992 47 895
616 000 548 834 550 321
77 000 74 209 73 441
931 000 776 675 785 399 1 107 000 873 715 878 170 1 094 000 873 715 930 274
309 000 238 253 221 994 1 250 000 1 121 600 1 105 700
58 000 52 855 45 156
Modification en %
+ 0,7 - 12,9 - 10,7 - 4,6 - 15,6 - 20,7 - 15,0 - 28,2 - 11,5 -22,1
983-1984
+ 8,5
- 2,2
+ 0,3
- 0,1
+ 1,1
+ 0,5
- 2,7
- 6,8
- 1,4
- 14,6
Source : Statistisches Bundesamt (Institut fédéral de statistiques).
1980-1984
Tableau II
Membres des syndicats
Membres du DBG
Année en milliers % 1963 6431 0 1971 6 869 + 2,3 1974 7 406 + 3,3 1975 7365 - 0,6 1976 7 400 + 0,5 1977 7 471 + 1,0 1978 7752 + 3,8 1979 7 844 + 1,2 1980 7 883 + 0,5 1981 7958 + 1,0 1982 7849 - 1,4 1983 7 746 7746 - 1,3 1984 -Source : Löhrlein 1985.