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La revue › 3e série n° 15

Un programme révolutionnaire pour la République dominicaine : extraits du 1er Congrès du Bloque Socialista

Quatrième Internationale, 3e série n° 15 · novembre 1984 · p. 27-40 · 6 035 mots

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Le Bloque socialista de la République dominicaine, une organisation révolutionnaire avec laquelle la IVe Internationale entretient des rapports fraternels, a réalisé son premier congrès en juin dernier. Nous publions ici des larges extraits du programme que le congrès a adopté.

CARACTERISATION GENERALE

La société dominicaine actuelle est le résultat d'un processus historique de développement et de consolidation des rapports de production capitalistes devenus prédominants dans le cadre d'une combinaison contradictoire et inégale avec des rapports plus arriérés. Il en est découlé une réalité sociale où le capitalisme a assimilé - tout en les maintenant dans quelques secteurs - des structures précapitalistes qui, dans d'autres secteurs, sont en train de disparaître. Un tel processus inégal et combiné implique donc une coexistence de formes de production très avancées et très arriérées.

Cela s'explique par un ensemble de mécanismes qui le lient au système capitaliste mondial comme la forme et le moment de son intégration dans celui-ci, les lois et les processus qui le caractérisent à l'heure actuelle et les conditionnements historiques, géographiques, ethnologiques et culturels propres à notre société.

La bourgeoisie dominicaine, qui se forme vers la fin du siècle dernier, se développe et accroît son pouvoir économique par l'intégration de capitalistes étrangers. C'est cette intégration qui engendre le développement de l'industrie sucrière ; elle est le lien, par ce biais, avec le marché capitaliste mondial. En même temps, elle accélère le processus de disparition des formes non capitalistes de propriété et d'exploitation de la terre (les « terrenos comuneros ») : les producteurs agricoles, expropriés de leurs terres, deviennent des salariés, donc, des ouvriers.

Parallèlement, de par les lois qui régissent la concurrence capitaliste, les nations les plus avancées atteignent le stade du développement monopolistique (concentration et centralisation des grandes entreprises dans les mains d'une poignée de capitalistes) et, en fonction de tels intérêts, ces nations adoptent une politique impérialiste de contrôle de régions du monde dans le but d'élargir leurs marchés de biens industriels et de matières premières et pour disposer de nouveaux terrains d'investissement rentables.

L'OCCUPATION NORDAMERICAINE DE 1916

Les Etats-Unis, pays qui a atteint le stade du capitalisme monopolistique, occupent militairement notre pays de 1916 à 1924. C'est une opération entreprise dans le cadre d'une stratégie impérialiste en Amérique centrale et dans la Caraïbe, dont les forces armées sont le principal instrument (interventions au Nicaragua, à Haiti et au Guatemala et antérieurement à Cuba et à Porto-Rico). Le gouvernement militaire d'occupation, qui représente les intérêts impérialistes, impose toute une série de mesures politiques et économiques qui introduisent définitivement et d'une façon prépondérante les rapports de production capitalistes. Il construit un appareil d'état efficace, une armée unifiée qui garantit la domination impérialiste, une infrastructure de base (routes, communications télégraphiques etc...). Il crée des « tribunaux pour la terre » pour stimuler le marché des terres et, par voie de conséquence, la transformation de la rente foncière précapitaliste en rente capitaliste et la disparition progressive des formes d'exploitation précapitalistes. Ainsi, dans le cadre du stade impérialiste du capitalisme, se précise le développement capitaliste dépendant de notre pays, qui se caractérise par une soumission aux intérêts spécifiques des Etats-Unis. La bourgeoisie créole est, elle-même, soumise à la domination impérialiste, mais en même temps, grâce à cette subordination, elle peut s'imposer aux propriétaires fonciers, et mener à bien, par là-même, son projet de gestion d'un état-nation bourgeois. Elle peut ainsi créer un cadre adéquat d'accumulation capitaliste. Dans ce contexte il lui faut respecter les intérêts de la bourgeoisie impérialiste nord-américaine qui stimulent sa propre expansion.

L'« ERE » DE TRUJILLO

C'est sur cette base que surgit le régime de Trujillo qui règnera pendant 31 ans. Pendant trois décennies et notamment dans la deuxième moitié de cette période, la dictature de Trujillo est responsable d'un processus d'accumulation capitaliste dans l'industrie, le commerce, les finances, l'agriculture et élevage, dont le rythme d'expansion n'a jamais été égalé depuis. Les préconditions d'un tel processus d'accumulation avaient été créées justement par l'occupation militaire impérialiste. Grâce à des conditions favorables sur le marché mondial du sucre et à l'affaiblissement des contrôles impérialistes pendant la deuxième guerre mondiale, les rapports entre l'impérialisme et la bourgeoisie créole évoluent en faveur de cette dernière sans qu'elle ne cesse pour autant d'être subordonnée à la bourgeoisie nord-américaine. La dictature établit la propriété nationale sur la quasi-totalité de l'industrie sucrière, ce qui lui assure un contrôle plus grand sur les devises et sur les mécanismes monétaires. Mais en même temps elle accepte les diktats politiques et militaires de l'impérialisme, dont elle respecte les intérêts dans nombre de domaines stratégiques (mines, télécommunications, transports maritimes). LA DEUXIEME OCCUPATION MILITAIRE NORD-AMERICAINE La chute du régime de Trujillo, qui avait impliqué un maximum de centralisation despotique, crée un vide de pouvoir qui provoque des affrontements sociaux et politiques aigus. La classe ouvrière - engendrée et structurée par le processus de développement capitaliste - prend une part active dans un mouvement de masse explosif qui reste sous la direction de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie. Entre 1961 et 1965 la domination bourgeoise - impérialiste s'affaiblit : le point le plus bas est atteint lors de l'insurrection d'avril 1965. Cette insurrection est écrasée par la force militaire de l'impérialisme nord-américain. C'est la présence directe de ce dernier dans le pays qui permet de restructurer les intérêts des classes exploiteuses et de leurs différents secteurs - ainsi que les intérêts de l'impérialisme lui-même - et qui permet également de renforcer l'hégémonie impérialiste et celle des classes exploiteuses sur l'ensemble de la société. C'est le rôle qui est dévolu au régime terroriste contre-révolutionnaire de Balaguer.

LE REGIME DE BALAGUER

Pendant 12 ans le développement capitaliste du pays s'affirme avec force. Dans le cadre de l'alliance des classes dominantes autochtones et de l'impérialisme le processus d'industrialisation est stimulé de même que s'accélère la transformation capitaliste de l'agriculture.

Ce développement capitaliste à l'époque impérialiste est marqué par une industrialisation que l'on peut caractériser par : a) le contrôle absolu sur l'exploitation des ressources minières par le capital impérialiste (à l'exception de l'or) ; b) l'association du capital impérialiste avec des fractions de la bourgeoisie créole qui contrôlent, sous forme de monopoles, d'importants secteurs économiques ; c) la dépendance en équipements, en technologie, en matières premières, en brevets et l'existence de zones franches industrielles travaillant pour l'exportation.

L'agriculture, elle, subit une transformation lente, mais inexorable, des rapports de productions précapitalistes en rapports-de production capitalistes sur la base d'une conversion des grandes propriétés en exploitations capitalistes. Ce processus avait été stimulé d'abord par le développement des plantations de la canne à sucre. Il s'est accéléré au cours des quinze dernières années grâce à des travaux d'irrigation et à l'amélioration des

LES CLASSES DOMINANTES

Le processus historique que nous avons décrit, a débouché sur l'intégra- communications terrestres, ce qui s'est accompagné d'une augmentation de la rente foncière. Par là-même on assiste à une concentration des terres les plus productives et leur exploitation sous forme de travail salarié. Cela a été obtenu aussi bien par des moyens économiques (stimulation des marchés de la terre) que par des moyens extraéconomiques (falsification de titres de propriété ou usage de la force tout court, expulsion des propriétaires, particulièrement les petits et les moyens). Cette transformation capitaliste de l'agriculture a été favorisée aussi par des mesures fiscales et de crédit adoptées par l'état bourgeois-impérialiste. En même temps on a subordonné les intérêts des propriétaires petits et moyens aux exigences de l'industrie de transformation de produits alimentaires. Finalement - et c'est l'aspect le plus dynamique - des investissements sont réalisés par des représentants de la bourgeoisie autochtone et des étrangers dans l'agriculture (Gulf and Western, United Fruit, production du tabac blond, des tomates, de fruits etc...).

Tout cela s'accompagne d'un élargissement du marché des produits industriels des finances et de tous les autres secteurs (télecommunications, tourisme, bâtiment, transport terrestre etc...) renforcé par une expansion progressive des rapports capitalistes, du travail salarié et de la commercialisation de la société dominicaine dans tous ses aspects. tion des intérêts de classe de la bourgeoisie impérialiste nord-américaine, de la bourgeoisie autochtone (notamment celle qui opère en association avec la

Structure et contradictions de classes

Structure et contradictions de classes première dans des formes monopolistiques) et des propriétaires fonciers. Ainsi s'est constitué un bloc dominant qui s'appuie sur l'exploitation économique et l'oppression politique des travailleurs prolétariens et non prolétariens.

Au sein de ce bloc la bourgeoisie impérialiste joue un rôle prépondérant grâce au poids important de ses investissements déployés dans les divers secteurs de l'économie du pays, au contrôle qu'elle exerce sur le commerce extérieur, les prêts et les transports maritimes et aussi grâce à un réseau qui assure sa domination politique, idéologique et militaire et lui permet de décider de l'orientation politique intérieure et extérieure de l'Etat dominicain. • Associée au capital impérialiste, la bourgeoisie dominicaine, notamment la grande bourgeoisie a pu et peut réaliser des opérations de nature monopolistique dans certains secteurs de l'industrie, du commerce, de l'agriculture et des finances. En outre, les groupes qui constituent la grande bourgeoisie ont pu faire des investissements rentables dans des entreprises établies dans des pays impérialistes. Ils ont pu également bénéficier de ressources financières impérialistes ce qui leur a permis élargir la base de leurs entreprises, de disposer de fonds, y compris dans les moments de plus grande pénurie de devises, et importer les équipements et les matières premières nécessaires. L'impérialisme constitue en même temps une réserve politique et militaire qui permet de faire face à la lutte révolutionnaire des masses, comme ce fut le cas en 1965.

La petite et la moyenne bourgeoisie bénéficient elles aussi de cette association avec l'impérialisme. Le contrôle croissant de la grande bourgeoisie et de l'impérialisme sur la production et les marchés porte des coups à une partie de ce secteur bourgeois. Néanmoins, le processus d'accumulation capitaliste recrée constamment des possibilités de développement pour lui. A cause de cette tendance contradictoire de l'expansion du capitalisme, la bourgeoisie moyenne subordonne ses contradictions vis-à-vis des secteurs monopolistiques à la nécessité de la survivance du régime d'exploitation capitaliste dont elle profite elle-même.

Pour leur part, les propriétaires fonciers font partie du bloc dominant. En effet, les investissements infrastructurels réalisés par l'Etat capitaliste ont augmenté la rente foncière et les classes bourgeoises, loin de vouloir la disparition violente des propriétaires par l'étatisation du sol, ont favorisé leur transformation en capitalistes agraires par des stimulants fiscaux et financiers. Qui plus est, les intérêts des bourgeois et des propriétaires fonciers se recoupent quand il est question de défendre la propriété des moyens de production face aux demandes des paysans et des ouvriers. Les couches civiles et militaires les plus élevées de la bureaucratie d'Etat font elles aussi partie du bloc dominant. Leur fonction est de gérer l'Etat bourgeois sur le terrain idéologicopolitique et d'exercer la répression au service des intérêts des classes exploiteuses. Finalement, le bloc compte en son sein la hiérarchie éclésiastique dont la tâche fondamentale est de contrôler idéologiquement les exploités en leur inspirant des attitudes de conformisme et d'acceptation du régime actuel d'exploitation comme quelque chose d'immuable et impérissable.

LES CLASSES DOMINEES

Les classes dominées sont composées des différents secteurs de travailleurs urbains et ruraux dont le travail productif est le fondement de la société. Le produit de ce travail - dans le cadre du régime capitaliste existant - est confisqué dans sa plus grande partie par les classes exploiteuses.

La classe ouvrière est constituée par ceux qui ne disposent que de leur force de travail qu'ils vendent en échange d'un salaire. Des générations successives de salariés ont constitué un groupe socialement différencié. Dans la mesure où le capitalisme se développe, le prolétariat augmente du point de vue numérique (par exemple, entre 1970 et 1977), si on considère les mines, l'industrie manifacturière, l'industrie électrique et le bâtiment, il passe de 115.000 à 152.000), tout en restant minoritaire au sein de la population active, dont il représente 20% environ. La production minière, la production industrielle et la bâtiment correspondaient à 29,4% du produit intérieur brut en 1980, contre 19,2% en 1961 et 24,8% en 1970. En conséquence les luttes sociales et politiques ont joué un rôle de plus en plus important avec la classe ouvrière placée à la tête des mobilisations populaires contre l'exploitation et l'oppression capitalistes.

Les bas salaires condamnent la classe ouvrière à des conditions misérables. Ils sont l'expression de cette surexploitation des ouvriers qui dans un régime de capitalisme dépendant assure à la bourgeoisie autochtone et étrangère des profits substantiels. Le cas le plus spectaculaire est celui de l'industrie du sucre qui utilise une main d'œuvre composée d'immigrés haïtiens (une partie de ces immigrés constitue, au sein de la classe ouvrière dominicaine, une minorité nationale qui réside dans le pays depuis plus d'une génération) à qui elle impose des salaires misérables au travers de mécanismes extra-économi- ques. Puisque ces travailleurs constituent à peu près le tiers de la force de travail industrielle, leur existence-même est un facteur de maintien des bas salaires. Cette politique salariale est favorisée, d'ailleurs, par le fait que le rythme de spoliation des masses paysannes et des artisans est beaucoup plus rapide que celui de la croissance capitaliste. La présence d'une masse de chômeurs aggrave la concurrence entre ceux qui cherchent du travail et fait tomber les salaires. D'autre part, la répression et le contrôle politique de la bourgeoisie et de l'impérialisme sur les organisations syndicales entravent et freinent les luttes des travailleurs pour des augmentations de salaires.

Par le développement de la grande industrie le capitalisme provoque la concentration des ouvriers. C'est pourquoi cette classe - plus que tout autre -prend conscience de la nature du système capitaliste de même que de sa propre force et de ses propres potentialités. C'est pourquoi elle est destinée historiquement en tant que classe à diriger les transformations sociales susceptibles de faire progresser l'humanité. Le rôle dirigeant de la classe ouvrière découle de sa condition de classe dépossédée de tout moyen de production et de subsistance. Elle seule est historiquement capable de remettre en question les bases du système capitaliste et de toute autre forme d'exploitation basée sur la division en classes, la propriété privée des moyens de production et l'appropriation du produit du travail de la majorité par une minorité. Elle seule peut présenter comme alternative historique opposée au capitalisme l'exploitation de la richesse socialement produite pour le bénéfice de tous les membres de la société.

Le rythme inégal de prolétarisation et de création d'emplois - trait général du processus de dissolution des rapports précapitalistes - a créé une couche travailleuse dépourvue de moyens de production et de subsistance qui ne peut pas assurer sa propre reproduction matérielle dans le cadre des rapports capitalistes par la vente de sa force de travail en échange d'un salaire. Cette couche constitue ce qu'on appelle les « marginaux ». Ce sont les habitants des quartiers périphériques des villes les plus importantes du pays. Leur reproduction matérielle se réalise par les activités les plus disparates (services domestiques, petit commerce ambulant) qui, en tout cas, n'assurent qu'une existence misérable et précaire. Objectiment les secturs « marginaux » sont en contradiction avec le système social dans son ensemble. Ces contradictions se manifestent sous des formes explosives, notamment autour de demandes d'emploi et de services publics. La paysannerie est constituée de plusieurs couches, qui, dans leur majorité, sont soumises à l'exploitation capitaliste :

a) le semi-prolétariat, à savoir ceux qui vivent en partie de leur travail salarié dans des entreprises industrielles ou agricoles capitalistes, en partie en travaillant sur leur propre parcelle ou sur une parcelle louée, d'où ils tirent une partie des produits nécessaires pour la subsistance de leurs familles. Ce groupe de la population est très nombreux. En 1970 les semi-prolétaires étaient 363.000 environ. Il faudrait y ajouter 50.000 petits producteurs qui disposent de moins de 8 tareas. (environ 1/2 ha).

b) les petits producteurs, à savoir ceux qui disposent - soit comme propriétaires soit comme locataires -d'une parcelle insuffisante pour faire face aux besoins de leur famille, et de leur ferme, et qui n'ont pas recours à des salariés agricoles. Il est probable que cette couches est constituée par les 182:000 producteurs qui, d'après les recensements de 1970, disposent de parcelles entre 8 et 79 tareas (de 1/2 ha à 5 ha). c) les paysans moyens, à savoir ceux qui disposent - comme propriétaires ou locataires - de parcelles leur permettant non seulement de faire vivre leur famille et leur ferme, mais aussi d'obtenir un surplus (qui, du moins dans les années les plus favorables, peut se transformer en capital), et, dans de nombreux cas, d'avoir recours à des salariés. Ces gens possèdent, en général, entre 80 et 160 tareas (de 5 ha à 10 ha). Ce chiffre peut varier en fonction de la qualité du sol.

La bourg oisie obtient de ces diverses couches des profits importants par le paiement de bas salaires (dans le cas des semi-prolétaires), la commercialisation, le crédit et l'échange inégal entre les producteurs agricoles et les produits industriels. Les propriétaires fonciers aussi y gagnent (la rente monétaire est la forme la plus répandue). L'endettement progressif est un indice de la paupérisation qui amène une partie des paysans à vendre leurs parcelles pour des prix dérisoires en se transformant en prolétaires agricoles tout court, en « marginaux » dans les grandes villes ou en travailleurs émigrés dans d'autres pays.

En règle générale, les paysans disposent des terres les plus mauvaises dans la mesure où les terres les plus productives sont l'apanage des capitalistes agraires créoles ou étrangers et des propriétaires fonciers. Dans leurs couches différentes, ils s'opposent, objectivement, au bloc des classes dominantes puisque leur paupérisation progressive et leur exploitation servent directement les intérêts des classes de ce bloc. Les petits bourgeois des villes gagnent leur vie par des activités modestes dans le commerce, l'artisanat, les services. Leurs revenus sont à peine supérieurs à ceux des salariés. Dans la mesure où l'industrie se développe et où le grand commerce se renforce, ils se retrouvent ruinés et viennent grossir les rangs des prolétaires.

L'expansion capitaliste stimule le développement de secteurs sociaux intermédiaires entre le bloc des classes dominantes et les classes exploitées. La division croissante entre travail manuel

Nécessité et possib LE MONDE A PRIS LE CHEMIN

DE LA REVOLUTION

L'interrelation entre, d'un côté, l'incapacité du capitalisme de débloquer le développement des forces productives, d'assurer les conditions nécessaires pour le perfectionnement spirituel de l'être humain, et son essence belliciste, et d'un autre côté, le renforcement des forces sociales qui représentent un mode de production et une forme de vie plus avancés, font que le monde est entré dans la période historique de la révolution socialiste.

Le capitalisme, comme tout système social, n'est pas éternel. Il a connu son étape d'essor, où il était progressiste et stable. Il est maintenant dans sa phase d'épuisement, il est devenu réactionnaire, et il est profondément ébranlé. Il doit être remplacé par un système social plus avancé.

Le capitalisme de la République dominicaine s'est avéré incapable de développer la société matériellement et spirituellement, tout en favorisant le et travail intellectuel qui en découle et le renforcement de l'appareil d'Etat, ont accru l'ampleur de ces secteurs. Ceuxci sont composés fondamentalement des fonctionnaires des entreprises capitalistes et de l'Etat, des intellectuels, des étudiants et des techniciens. Leur position intermédiaire les rend politiquement instables et les pousse à se ranger du côté des forces qui sont les mieux à même de leur assurer une stabilité économique. ilité de la révolution développement des forces sociales de la transformation. Il ne peut pas, fondamentalement, acquérir une dynamique différente de celle du capitalisme mondial, ni échapper au destin de celui-ci.

LA FORCE SOCIALE

REVOLUTIONNAIRE SE RENFORCE Le prolétariat dominicain, la classe la plus révolutionnaire, croît aussi bien d'un point de vue numérique que d'un point de vue de la prise de conscience et de l'organisation ; il tend à agglutiner autour de lui toutes les couches exploitées et opprimées de notre peuple. La classe ouvrière et les autres couches exploitées profitent de l'expérience des peuples frères qui se retrouvent dans des conditions analogues et qui ont réalisé, ou sont en train de réaliser, des révolutions. Le peuple dominicain a besoin de la révolution et veut la faire. Par un processus ascendant de luttes économi- ques et politiques - y compris une tentative révolutionnaire récente (1965) qui a marqué d'une façon indélébile toute une génération -, il a démontré qu'il est en train d'accumuler les conditions objectives et subjectives nécessaires à la victoire.

On peut donc affirmer que la révolution est une nécessité et une possibilité historique réelle pour le développement de la société dominicaine et, en particulier, pour satisfaire les aspirations de la grande majorité de sa population : les facteurs déterminants mondiaux aussi bien que les facteurs révolutionnaires intérieurs sont en train de se préciser. ORIENTATIONS GENERALES DE

LA REVOLUTION

Si elle veut être une véritable révolution, la révolution dominicaine doit prendre des mesures radicales visant à éliminer les maux fondamentaux de la société actuelle. Elle doit garantir à la grande majorité de la population le pouvoir politique, les libertés, le travail, la nourriture, l'éducation et la santé et créer les conditions permettant la transition à une société qui constitue un stade supérieur du développement historique. Dans la phase initiale après la prise du pouvoir les forces révolutionnaires vont procéder à des socialisations selon les possibilités découlant du niveau de développement socio-économique et en fonction du rapport de forces existant à un moment donné. La révolution dans notre pays sera donc conditionnée par le fait qu'elle aura lieu dans une société capitaliste dépendante de l'impérialisme, qui a connu un développement inégal et combiné.

LA PRISE DU POUVOIR ET LA

DESTRUCTION DE L'ETAT

OPPRESSEUR

Les minorités exploiteuses ont présenté toujours l'Etat comme un mécanisme neutre, au dessus de la lutte de classes, dont la fonction serait de concilier les intérêts de tous les membres de la société. Les oppresseurs cachent la véritable essence de l'Etat parce que celui-ci est en réalité un appareil au service de leur domination sur la grande majorité de la population.

Les forces armées, la police, les tribunaux, le pouvoir économique et les appareils idéologiques de l'Etat ont été utilisés par les minorités dominantes parasitaires pour empêcher les travailleurs et les autres couches sociales subalternes de se libérer de l'exploitation et de l'oppression dont ils sont les victimes.

Dans sa lutte pour la direction de la société et le progrès historique, la classe ouvrière dominicaine doit briser la résistance violente des classes oppresseuses, organisées en Etat. Par la destruction de l'appareil étatique d'oppression la majorité travailleuse se constitue en force politiquement dominante. Mais le pouvoir conquis ne pourra assurer sa continuité qu'à condition que les masses construisent immédiatement un Etat nouveau, sous l'hégémonie de la classe ouvrière et des forces révolutionnaires.

DEMOCRATIE REVOLUTIONNAIRE ET POUVOIR POPULAIRE

Actuellement, les masses dominicaines ne jouissent pas des bienfaits de la démocratie. Sous la domination des classes exploiteuses la démocratie est le privilège d'une petite minorité : les bourgeois, les propriétaires fonciers et leurs associés. Même dans les régimes bourgeois qui adoptent les formes de domination les plus libérales, les masses populaires sont privées de l'exercice effectif de la démocratie, du pouvoir publique et social. En effet, l'inégalité économique qui découle de l'exploitation est le principal obstacle à la jouissance de la liberté et à la pleine réalisation de l'être humain.

L'Etat révolutionnaire assurera la démocratie la plus large, telle que notre pays ne l'a jamais connue et dont va bénéficier l'immense majorité de la population, à savoir toutes les couches qui jusqu'ici en ont été privées. En mettant la développement économique au service des travailleurs, la révolution créera la base matérielle et le cadre institutionnel qui permettra aux masses de jouir effectivement d'une démocratie réelle et authentiquement populaire. Même les bourgeois et les propriétaires fonciers - qu'ils soient expropriés ou non - auront droit de participer à la vie politique et à d'autres activités de la nouvelle société, dans le cadre de la nouvelle légalité révolutionnaire.

L'Etat révolutionnaire utilisera les moyens coercitifs prévus par la loi pour défendre les conquêtes économiques, sociales, politiques et spirituelles réalisées par la grande majorité, représentée par les travailleurs, contre toute tentative régressive de minorités parasitaires qui en violant les lois révolutionnaires, prétendraient reconquérir le pouvoir politique pour revenir à l'ancien régime d'exploitation et d'oppression.

Dans un régime révolutionnaire les fonctionnaires de l'Etat défendront les intérêts du peuple travailleur et ne constitueront sous aucune forme une camarilla bureaucratique, placée audessus du peuple et séparée de lui. Par conséquent, tous les principaux fonctionnaires de l'Etat seront élus et ils pourront être éloignés à tout moment par les institutions du pouvoir populaire.

Actuellement les chambres législatives composées de représentants élus, bien qu'en dehors de tout contrôle des électeurs, servent les intérêts des classes exploiteuses qui détiennent le pouvoir. En outre, la séparation proclamée entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif permet que les décisions-clé soient prises dans les coulisses par l'exécutif, dans le dos du peuple et contre ses intérêts. Dans l'Etat révolutionnaire les fonctions exécutive et législative seront fusionnées dans les organes de pouvoir élus. De cette façon les décisions fondamentales seront prises effectivement par des fonctionnaires sous la vigilance et le contrôle permanents du peuple.

Les lois bourgeoises de notre pays ont été fixées par la classe exploiteuse dans le but de garantir la reproduction de la société d'exploitation et obliger ainsi les travailleurs à se soumettre à un ordre oppressif. Elles sont rédigées de façon à favoriser quelques minorités privilégiées par des fonctionnaires de la justice préalablement modelés pour défendre les classes exploiteuses. C'est pourquoi le système pénitencier actuel, qui ne frappe jamais des membres des classes dominantes, stimule la dégradation et la dégénérescence physique et morale de l'être humain.

Lorsqu'ils auront le pouvoir, les travailleurs créeront une structure légale basée non sur des principe généraux « a-classistes », mais sur leurs intérêts de classe. Les lois de l'Etat révolutionnaire, du fait qu'elles exprimeront les intérêts de la majorité, n'auront pas à cacher leur nature de classe. Elles pourront être connues facilement et seront appliquées par des personnes non spécialisées, dans un cadre de justice véritable. Les fonctionnaires de la justice seront élus et révoqués par le peuple et défendront les intérêts de classe de celui-ci. Le système pénitencier de la nouvelle société sera un moyen de régénération et de réintégration pour ceux qui auront porté atteinte aux intérêts sociaux. Dans l'Etat révolutionnaire, le peuple aura accès aux armes et à leur maniement dans le but d'éviter qu'un détachement armé spécial ne se place au-dessus de la volonté populaire. Par conséquent, le gros des forces armées sera constitué du peuple armé. Le rôle fondamental des forces armées sera la défense des conquêtes populaires face aux ennemis extérieurs et intérieurs. Par ailleurs, les forces armées seront intégrées activement au travail de production économique et à d'autres activités sociales et politiques.

POLITIQUE ANTI-

CAPITALISTE, ANTI-

IMPERIALISTE ET

INTERNATIONALISTE

Dans une première période, l'Etat révolutionnaire étatisera les propriétés de la bourgeoisie dominicaine et étrangère dans le domaine des finances, des services et du commerce extérieur de même que les secteurs-clé de l'industrie et du commerce intérieur, dans le but de créer les conditions qui permettront la mise en place d'une économie planifiée pour assurer le bien-être croissant du peuple et enlever à la bourgeoisie toute possibilité d'utiliser le pouvoir économique qui lui permettrait de récupérer le pouvoir politique.

l'Etat révolutionnaire stimulera la transformation des campagnes par un programme d'expropriation des grands domaines des propriétaires fonciers et des bourgeois agraires. Leurs terres seront distribuées aux ouvriers agricoles, au semi-prolétariat rural et aux paysans pauvres de façon à ce que ceux-ci les exploitent, de préférence sous des formes collectives. De plus, il devra prendre des mesures révolutionnaires pour faire disparaître les diffe. rences entre ville et campagne.

La révolution assurera l'amélioration progressive des conditions de travail et de vie du peuple travailleur. Celui-ci aura un rôle fondamental dans l'organisation et le contrôle de la production, dans la prise de décisions liées à la distribution des produits du travail et dans la jouissance du développement de l'éducation, des sciences et d'autres expressions culturelles.

La nouvelle société stimulera la création de rapports humains libres et égalitaires mettant fin aux différents formes d'oppression et de marginalisation dont souffrent maintenant les jeunes, les femmes, les gens du troisième âge, les Haïtiens et d'autres groupes minoritaires. Le pouvoir économique et politique de l'impérialisme, du capitalisme monopolistique mondial, fait partie de la structure de domination hourgeoise. Par conséquent la révolution a l'objectif d'éliminer toutes les formes de contrôle économique, politique, culturel et militaire de l'impérialisme dans notre pays.

La révolution avance des revendications de type national sans que ces mesures soient pour autant un but en soi. Elles doivent être conçues comme faisant partie d'un processus général qui affaiblit le pouvoir de la bourgeoisie monopolistique autochtone et impérialiste, améliore les conditions de vie des masses et élargit les libertés démocratiques.

L'internationalisation du capital et du travail, dont l'impérialisme est l'une des expressions, détermine cette interdépendance économique et politique qui est un trait général du monde d'aujourd'hui. Les bourgeois des différentes régions du monde s'unissent pour étouffer la lutte révolutionnaire dans n'importe quel pays. Dans ce cadre les luttes des forces de la révolution dans tous les pays, s'opposant à un ennemi commun ; elles tendent à s'internationaliser par une solidarité révolutionnaire et de classe. La révolution dominicaine, qui aura lieu dans un pays économiquement dépendant, dominé politiquement et militairement par l'impérialisme, dans un pays qui a subi des interventions militaires impérialistes au cours de ce siècle, aura besoin d'une grande solidarité internationale. Elle fera de la République Dominicaine une nation libre des entraves de la dépendance économique, souveraine sur le terrain politique et internationaliste parce qu'elle appuiera les luttes des autres peuples.

Rôle des masses,

NATURE DE LA REVOLUTION

Par la nature des mesures qu'elle prendra, la révolution dominicaine sera démocratique, anti-capitaliste, antiimpérialiste et internationaliste: - elle sera démocratique parce qu'elle défendra les intérêts et sera sous le contrôle de la grande majorité de la population constituée par les travailleurs et parce que, par la révolution, cette majorité stimulera le processus économique à son propre avantage et construira la démocratie ; - elle sera anticapitaliste parce qu'elle tendra à éliminer la grande propriété capitaliste et à supprimer l'exploitation salariale, l'oppression et la domination politique et idéologique qu'exercent encore aujourd'hui les classes dominantes sur les classes populaires ; - elle sera anti-impérialiste parce qu'elle prendra des mesures politiques et économiques visant à récupérer la souveraineté nationale et à ronger les liens qui, dans le cadre du capitalisme mondial, maintiennent actuellement la République dominicaine dans une condition de dépendance face aux puissances impérialistes ; - elle sera internationaliste parce qu'elle s'unira aux forces du monde entier qui luttent contre le capitalisme et l'impérialisme et parce que sa politique internationale sera basée sur la solidarité révolutionnaire. du prolétariat et de la bourgeoisie autochtone

LES MASSES ET LE PROLETARIAT qui souffrent le plus à cause de l'exploitation et de l'oppression capita-

Ce sont les grandes masses populaires liste, qui subissent les conséquences les plus néfastes de la dépendance et de la subordination à l'impérialisme et sont ainsi le moins en condition de jouir de la démocratie politique et économique ; ce sont aussi les masses qui peuvent se solidariser avec le plus d'enthousiasme avec les luttes des autres peuples. Ce sont les masses populaires qui, en représentant la grande majorité de la population et en ayant le plus besoin de la révolution, sont la seule force sociale capable de stimuler et de réiliser une révolution anti-impérialiste, anticapitaliste, démocratique et internationaliste.

La classe ouvrière, qui fait partie des masses populaires, joue le rôle dirigeant puisqu'elle est la seule classe sociale dépourvue de tout moyen de production et en même temps la seule qui avance une alternative de société cohérente et historiquement viable, où la richesse produite socialement est utilisée pour le bénéfice de tous les membres de la société. Seule la classe ouvrière est à même de remettre en question d'une façon conséquente les bases du système capitaliste et de toute autre forme d'exploitation, basée sur la division en classes, la propriété privée des moyens de production et l'appropiation privée du produit du travail de la majorité par une petite minorité.

Dans sa qualité de porteuse d'une nouvel ordre économique et social, la classe ouvrière fait sienne la lutte de toutes les autres couches qu'exploite et opprime le régime actuel. Par conséquent l'alliance la plus étroite de la classe ouvrière et de toutes les couches exploitées, notamment la paysannerie, représente un intérêt stratégique pour la victoire de la révolution.

Dans le processus de lutte pour la conquête du pouvoir, le prolétariat luttera ensemble avec les autres couches exploitées pour des revendications de réformes et pour des revendications socialistes. C'est ainsi que se réalisera l'hégémonie du prolétariat au sein du bloc dominé et que seront intégrées dans la lutte du prolétariat les revendications et les luttes d'autres couches. Ainsi surgira la force sociale révolutionnaire qui doit accomplir la grande tâche de la conquête du pouvoir politique et, par la suite, celle de la transformation de la société. La formation de cette force sociale révolutionnaire s'opposant à l'impérialisme et au capitalisme est l'objectif fondamental actuel de notre action politique ; la prise du pouvoir et la construction du socialisme est notre but historique. LA BOURGEOISIE AUTOCHTONE

A cause des mesures anti-capitalistes, anti-impérialistes, démocratiques et internationalistes qui caractériseront ' révolution dominicaine, de par la nature de ses forces motrices fondamentales, et du fait qu'elle se produit dans la période historique de la révolution socialiste mondiale, ni la bourgeoisie autochtone ni aucun de ses secteurs n'appuieront la révolution.

Dans le cadre actuel d'internationalisation de l'économie capitaliste mondiale sous l'hégémonie impérialiste, la bourgeoisie autochtone a connu une expansion, surtout dans les dernières décennies, en association étroite et de dépendance avec le capital impérialisme. Ce rapport ne se traduit pas seulement par des aspects économiques impliquant un processus croissant de dépendance et de pénétration du capital monopolistique international (dette extérieure, investissements directs, technologie, contrôle de marchés etc...), elle se traduit aussi sur le terrain politique où la bourgeoisie impérialiste occupe une place décisive. La bourgeoisie dominicaine dépend toujours davantage - comme on a pu le voir clairement en 1965 - de la force politique et militaire de l'impérialisme qui seule lui permet d'exercer sa domination de classe sur les travailleurs et les autres couches exploitées et opprimées. Un tel lien structurel de la bourgeoisie dominicaine avec l'impérialisme la disqualifie en tant que force capable de mener une lutte antiimpérialiste conséquente et encore plus une lutte pour des changements structurels en faveur du peuple.

METHODES DE LUTTE

Pour vaincre la résistance de l'Etat bourgeois, les masses useront de tous les moyens de lutte. Ce processus culminera dans l'insurrection populaire généralisée. Par conséquent, le choix d'une forme de lutte doit être que celle-ci contribue à intégrer les masses dans la lutte et non à les démobiliser ou à les éloigner. Selon les indications qui découlent des expériences nationales et internationales, la guerre révolutionnaire par le peuple - avant ou après l'insurrection - sera la réaction juste et nécessaire face à la violence des classes opprimantes.

L'organisation révolutionnaire, expression la plus avancée des masses populaires, sera la cible principale de l'action répressive du bloc dominant. Elle aura la responsabilité d'être à la tête des masses dans tous les combats. Sa défense et sa préparation à la participation à de tels combats est une tâche permanente, même dans les phases où son activité principale est de se placer sur le terrain des formes de lutte légales et civiles. Le spectre de la contrerévolution et du recul des forces révolutionnaires sera présent tout au long du processus révolutionnaire. La seule riposte est le maintien d'une ligne révolutionnaire conséquente et juste qui évite les deux ecueils du conciliationnisme et de l'aventurisme.

Les masses, leurs organisations et leurs activités subissent constamment l'agression des défenseurs de l'exploitation et de l'oppression : l'autodéfense est donc juste et nécessaire. L'autodéfense doit partir de mesures de protection simples et s'élever progressivement jusqu'à ce que les masses comprennent la nature et les moyens de la violence réactionnaire et la nécessité de leur opposer des formes supérieures de contre-violence révolutionnaire organisée.

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