Documents de la IVe Internationale

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La revue › hors-série n° 31 (Spécial Europe)

Les luttes des travailleurs dans les années 80 : un bilan synthétique

Livio Maitan · Quatrième Internationale, hors-série n° 31 (Spécial Europe) · décembre 1988 · p. 53-56 · 3 166 mots

In English: Workers' Struggles in the 1980s: A Balance Sheet (International Marxist Review Vol. 4, No. 1, Spring 1989).

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P OUR répondre à la question de savoir quel est le potentiel combatif des travailleurs européens, il est utile de rappeler le bilan de la dernière décennie qui, dans les interprétations sommaires et intéressées qui circulent dans les médias bourgeois et chez les bureaucrates du mouvement ouvrier, est présentée comme une période de stagnation sinon de recul historique.

Il ne s'agit pas de nier que le mouvement ouvrier a subi des échecs — nous y reviendrons —, ni d'ignorer la signification d'indices comme la diminution considérable, pendant des années, des heures de grèves dans des pays comme la France et l'Italie ou comme la chute du nombre des syndiqués (dans l'Etat espagnol et en Grande-Bretagne, par exemple), ni de sous-estimer la portée de périodes de recul (par exemple dans l'Etat espagnol de 1978 à 1983).

Dans un autre article de cette revue, nous soulignons à quel point le mouvement a été désarmé politiquement et idéologiquement par les orientations et l'action quotidienne de ses directions. Mais une constatation s'impose : les travailleurs dans leur grande masse ne sont pas tombés dans la passivité et ne se sont pas démobilisés face aux offensives du patronat et des gouvernements. Ils ont riposté souvent avec force dans la plupart des pays et, notamment, certains secteurs du prolétariat ont mené des batailles d'envergure qui ont pesé sur la situation d'ensemble. Grèves, grèves générales et manifestations

Déjà, l'année 1979, point culminant d'une conjoncture économique favorable, avait été marquée par des luttes importantes dans plusieurs pays, dont de grandes manifestations de travailleurs en Italie et la grève de la sidérurgie en Grande-Bretagne. La nouvelle décennie s'ouvre presque symboliquement avec la grève de dix-neuf millions de travailleurs italiens contre l'attaque gouvernementale et patronale, une grève qui anticipe les axes principaux, les problèmes et les contradictions des luttes ouvrières des années suivantes aussi bien en Italie qu'ailleurs. La même année, au mois de novembre, a lieu l'une des plus grandes manifestations contre le chômage de

T X- PERGURON

: UN BILAN SYNTHETIQUE toute l'histoire de la Grande-Bretagne : cent cinquante mille personnes descendent dans les rues. Un mois auparavant, un affrontement capital s'était produit encore une fois en Italie : la lutte de trente-cinq jours des ouvriers de Fiat qui, malgré une mobilisation extrêmement combative, s'achevait par une dure défaite: plus de vingt mille ouvriers étaient expulsés de l'usine, relégués au chômage technique pendant de longues années. Parmi eux, il y avait un pourcentage très élevé de cadres syndicaux et de membres des conseils de délégués.

Les années qui ont immédiatement suivi enregistraient effectivement des ralentissements dans les luttes, voire de véritables reculs : nous l'avons déjà mentionné. Mais il ne s'agissait pas d'une tendance généralisée et durable. Il suffit de rappeler, par exemple, les événements de Belgique : en janvier 1981, cent mille personnes manifestent à Bruxelles à l'appel de la FGTB et l'année 1982 est marquée par une vague de grèves, qui est la plus importante depuis las grève l generale 1960-1961. Quarante mille jeunes manifestent contre le chômage. En 1983 se produit une grande grève dans les services publics. Le Portugal est un autre pays où les luttes sont relancées: deux grèves générales en 1982. La même année, il y a une grève générale en Grande-Bretagne également (auparavant, une lutte importante avait éclaté chez British Leyland). En 1983, il y a les grèves du secteur public en Hollande et celles des travailleurs de la sidérurgie au Luxembourg.

En Italie, malgré la défaite des ouvriers de Fiat, on ne peut pas parler non plus d'un véritable reflux des luttes et des mobilisations : rappelons la manifestation de plusieurs centaines de milliers de métallos en 1982, les grèves, les manifestations, les actions de rue même très dures qu'entreprennent différentes catégories de travailleurs au début de 1983 et les six millions de grévistes du 18 janvier de la même année. En France également, malgré les difficultés créées, contrairement aux attentes, par l'arrivée de la gauche au gouvernement, des luttes sectorielles éclataient dans l'industrie automobile (Renault en 1981, Renault Flins et Citroën en 1982, Talbot en 1983).

Des luttes très significatives se déroulent également en 1984-1985. Tout le monde se souvient de la grève des mineurs britanniques, une véritable épopée de ce secteur traditionnel du prolétariat (de mars 1984 à mars 1985). En Allemagne, en 1984, la lutte pour les trente-cinq heures est déclenchée, alors que dans l'Etat espagnol la reprise est symbolisée par la lutte et la mobilisation exemplaires de Sagunto. En Italie, ce sont plus d'un million de travailleurs qui manifestent le 24 mars 1984 contre la politique d'austérité et en défense de l'échelle mobile des salaires : il s'agit d'une des plus grandes manifestations de toute l'histoire du pays. Au mois de mars 1985, c'est le tour du Danemark : une vague de grèves secoue le pays pendant quinze jours et se transforme, au sommet de la mobilisation, en une grève presque générale.

Des grèves multiples ont lieu dans différents pays en 1986 et 1987: de la grève contre la réforme des retraites et en défense de la Sécurité sociale, précédée par de grandes manifestations 54 de rue, dans l'Etat espagnol, aux nouvelles vagues de lutte en Belgique (grève de la chimie, grèves dans les Flandres, etc.), aux grèves de cheminots français et à la lutte des travailleurs de la sidérurgie dans la Ruhr. Finalement, l'année 1988 a déjà enregistré, entre autres, les luttes des enseignants et des cheminots en Italie, la lutte chez Ford, la grève des infirmières et les grèves des travailleurs des transports maritimes en Grande-Bretagne, les grèves des médias et des infirmières et les autres luttes qui se déroulent alors que nous écrivons (fonction publique, postiers, enseignants, Renault, etc.) en France, et une grève générale au Portugal, la mobilisation ouvrière et populaire la plus significative depuis 1975. Les raisons des échecs

La plupart des luttes et surtout des luttes importantes que nous avons rappelées a débouché sur des impasses, des résultats très précaires, des défaites incontestables. Le potentiel combatif de la masse des travailleurs n'a pas été valorisé comme il aurait pu l'être. Les directions bureaucratiques du mouvement ouvrier, et des syndicats en premier lieu, en portent toute la responsabilité. Quelques exemples le prouvent de la façon la plus claire. Procédons par ordre chronologique.

Le premier exemple est celui de la lutte des ouvriers de Fiat à Turin à l'automne 1980. A la rentrée, la direction de l'entreprise fait savoir qu'elle veut licencier quinze mille travailleurs. A la suite d'une crise gouvernementale, elle décide de remettre cette mesure à la fin de l'année. En même temps, les confédérations syndicales annulent la grève générale de quatre heures qu'elles avaient prévue pour le 2 octobre, entre autres à la suite d'une demande des syndicats des métallos. Ceux-ci avaient organisé une grève nationale catégorielle très réussie le 24 septembre : quatre-vingt mille ouvriers avaient manifesté à Turin. Le 29 septembre, la direction de la FIAT annonce la mise au chômage technique de vingt-quatre mille travailleurs. Les travailleurs ripostent par une lutte qui dure trente-cinq jours et bloque complètement l'entreprise. Les étudiants expriment leur solidarité : vingt mille d'entre eux défilent devant les portes des ateliers, le 11 octobre.

Il est évident pour tout le monde qu'Agnelli s'est lancé dans une épreuve de force dont l'enjeu va bien au-delà de son entreprise. Une mobilisation générale des travailleurs était nécessaire et possible, et elle aurait pu compter sur une solidarité très large. Les directions syndicales se limitent à proclamer une grève purement symbolique de quatre heures. Ensuite, elles signent un accord allant à l'encontre des besoins et des revendications des travailleurs, en acceptant la mise au chômage technique, en pratique de durée indéterminée, de vingt-trois mille ouvriers. Elles ont recours à toute sorte de manœuvres pour empêcher les ouvriers d'exprimer leur avis sur le contrat qu'elles ont signé, et ne tiennent aucun compte du fait que de nombreux conseils d'usine, le conseil général de l'entreprise (le Consiglione) et des assemblées ont rejeté ce contrat. Elles n'hésitent pas à parler de succès et ce n'est que quelques années plus tard qu'elles commenceront à admettre qu'elles avaient essuyé un échec majeur'

Pour rester en Italie, comme nous l'avons mentionné, une vague de grèves et de manifestations déferle début 1983. Ce sont des luttes aussi bien pour la défense de l'échelle mobile que pour le renouvellement des conventions collectives de différentes catégories. Entre autres, des grèves spontanées éclatent à Gênes les 4 et 5 janvier et des manifestations de rue suivent : l'aéroport de la ville est occupé. Des grèves ont lieu également, parfois avec des barrages de routes, en Toscane, à Bari, à Pozzuoli (près de Naples), en Sicile (Gela et Palerme) et à Terni. A Venise, mille travailleurs du port occupent le pont qui relie la ville à la terre ferme, de même que l'aéroport. Le 7, une assemblée de quatre cents délégués ouvriers se tient à Gênes. Cinquante mille personnes défilent dans les rues de Milan alors que cinq cents délégués d'entreprises manifestent devant le palais du gouvernement, à Rome. Le 15 janvier, encore à Gênes, c'est une grève presque générale : quatre-vingt mille personnes dans les rues. Des manifestations se déroulent également à Bologne (vingt mille personnes) et à Florence (quinze mille). Une grève générale de l'industrie est proclamée pour le 18 janvier. Les directions syndicales veulent limiter la mobilisation : malgré cela, cent mille personnes manifestent à Rome, cent mille à Florence, dix mille à Bari, trente mille à Palerme et deux cent mille à Milan (manifestation régionale). Même chez Fiat, où la défaite de 1980 continue à peser, 80 % des ouvriers font la grève et des cortèges parcourent le plus grand atelier, Mirafiori. C'est dans un tel contexte que, quelques jours après, les directions syndicales signent un accord qui réduit la portée de l'échelle mobile et limite les augmentations salariales qui pourront être envisagées dans le cadre des conventions collectives, dont la durée sera prolongée. Les réductions de la semaine de travail sont dérisoires. En même temps, les patrons pourront dorénavant embaucher la moitié de la main-d'œuvre sans passer par les bureaux d'embauche (où les syndicats avaient leur mot à dire), le chômage technique sera limité dans le temps et les embauches à durée déterminée seront admises sur une plus large échelle. C'est donc juste après toutes les explosions et les mobilisations que nous avons mentionnées qu'un véritable « contrat social » est imposé aux travailleurs ?

Dans l'Etat espagnol, le gouvernement ordonne, en février 1983, la fermeture d'une partie des installations des hauts fourneaux de la Méditerranée, à Sagunto, près de Valence. La décision ne sera appliquée qu'en mars 1984, après quatorze mois de lutte opiniâtre des quatre mille ouvriers, soutenus par une mobilisation exemplaire (plus de vingt grèves générales dans la région, plusieurs marches sur Madrid, de très nombreuses manifestations, des affrontements multiples avec la police, etc.). Le comité d'entreprise jouit d'une véritable autorité. Un plan alternatif bien conçu est présenté. Malgré tout cela, et bien que début février 1984 se produise la plus grande mobilisation ouvrière depuis des années (un demi-million de travailleurs sont en lutte contre le plan de reconversion industrielle du gouvernement), les syndicats signent un accord impliquant l'application des mesures envisagées par le gouvernement: deux mille deux cents emplois sont supprimés. En compensation, le gouvernement s'engage à créer cinq cents emplois nouveaux qui ne seront que précaires 3

Un autre exemple significatif est celui des grèves du secteur public, en automne 1983, en Belgique. Huit cent mille travailleurs paralysent pratiquement tout le secteur (chemins de fer, postes, radio, télévision, etc.) pendant une dizaine de jours. Des instruments d'auto-organisation surgissent dans le cadre de structures syndicales et intersyndicales. Les conditions sont en réalité réunies pour envisager une grève générale avec la participation du secteur privé. Aucune direction syndicale ne prend d'initiative en ce sens, parce que les bureaucrates savent que cela mènerait avec le gouvernement Martens à un affrontement qu'ils veulent absolument éviter. Des directions confédérales signent, l'une après l'autre, des accords. Le gouvernement recule partiellement, mais sans changer son orientation anti-ouvrière. Des potentialités énormes ont été encore une fois gaspillées 4.

Mais l'exemple de loin le plus significatif d'une épreuve de force majeure est incontestablement celui de la longue grève des mineurs britanniques. Le gouvernement Thatcher s'y était préparé depuis longtemps en tirant la leçon de la grève des mineurs de 1974, qui avait provoqué la chute du gouvernement conservateur d'Edward Heath ; le syndicat des mineurs s'y était préparé aussi. Mais les mineurs ne pouvaient à eux seuls remporter la victoire. Une condition essentielle de l'efficacité décisive de la grève résidait dans le blocage du transport de charbon. La mobilisation de l'ensemble du mouvement ouvrier était absolument nécessaire. Or, le congrès national des Trade Unions votait en septembre 1984 une motion de solidarité 55 avec les mineurs, mais cette motion n'avait pas

: UN BILAN SYNTHETIQUE d'effets pratiques. Notamment, c'est la solidarité essentielle des travailleurs des centrales électriques qui a fait défaut. Finalement, en février 1985, Norman Willis, secrétaire général des Trade Unions, signe derrière le dos des mineurs un accord avec Thatcher et la direction des charbonnages qui admet la fermeture des puits pour des raisons économiques. Pour sa part, le principal dirigeant du Parti travailliste, Kinnock, niait le caractère démocratique de la proclamation de la grève et dénonçait les prétendus actes de violence des mineurs qu'il mettait sur le même plan que ceux de la police. En l'occurrence, on peut dire sans exagération que les bureaucrates non seulement n'ont pas fait ce qui était nécessaire et possible pour que les mineurs remportent une bataille, mais qu'ils ont voulu provoquer délibérément leur défaite 5.

La lutte pour la semaine de trente-cinq heures en Allemagne est un autre chapitre important des luttes ouvrières en Europe. Des consultations à la base commencent en mai 1984 à l'initiative de deux syndicats, l'IG-Metall (métallurgie) et l'IGDruck und Papier (imprimerie). Des grèves commencent dans la métallurgie (d'abord dans le Bade-Wurtemberg, ensuite dans le Hesse) le même mois. Le 28 mai, une manifestation nationale de deux cent mille personnes a lieu à Bonn. Les actions de lutte se multiplient à la base : par exemple, chez Filter-Knecht (Bade-Wurtemberg), les ouvriers occupent l'entreprise pour riposter à un lock-out. Dans l'ensemble, les grèves de l'IG-Metall et de l'IG-Druck und Papier représentent l'action gréviste la plus importante depuis les années cinquante. A un moment donné, même le président de la centrale syndicale DGB envisage la possibilité d'appeler à la grève générale.

L'accord est réalisé, comme on le sait, sur la base d'une semaine de trente-huit heures et demie, voire trente-huit heures pour la sidérurgie. Donc, un compromis sur lequel des appréciations différentes ont été exprimées.

Mais la question se pose de savoir ce qui aurait pu être réalisé si toutes les forces disponibles avaient été mobilisées dans une bataille commune, qui était objectivement possible. C'est précisément cette bataille commune qui a été évitée par les directions syndicales : un choix politique inspiré non par un rapport de forces défavorable, mais en fonction de la volonté de ne pas risquer un affrontement avec le gouvernement conservateur.

Rappelons que le débat sur les trente-cinq heures avait déjà provoqué, avant la lutte, un clivage dans les syndicats allemands : une série de fédérations (banques, commerce, enseignement, services publics et transports, etc.) y était favorable, alors que d'autres (bâtiment, chimie, textile et confection, etc.) voulaient en rester aux quarante heures, au moins jusqu'en 1987. L'IG Metall et l'IG Druck und Papier n'étaient pas non plus sur la même longueur d'onde en ce qui concerne les formes de lutte: le premier lance assez vite des grèves au niveau régional alors que le deuxième préfère une tactique de harcèlement. Qui plus est, l'IG Metall lui-même ne favorise pas la mobilisation de la base et surtout pas des actions plus radicales comme l'occupation d'entreprises. Il n'envisage 56 jamais une grève générale catégorielle. Ajoutons que des bureaucrates intermédiaires des conseils d'entreprises — membres ou non de l'IG Metall -ne soutiennent pas la campagne. Certains conseils la sabotent carrément et parfois signent des accords visant à réduire les congés payés d'une durée équivalente au temps d'arrêt de la production pendant la grève. Après la grève, ils acceptent le recours massif aux heures supplémentaires. Finalement, ni le SPD ni les Verts ne font rien, eux non plus, pour donner au conflit sa véritable dimension politique.

Quelques mots, pour finir, sur la grève des cheminots, en France, à la fin de 1986 et au début de 1987. Ce mouvement, dont nous n'avons pas besoin de souligner l'importance, n'a pas été lancé par les directions syndicales, même si des cadres et des militants syndicaux y ont joué incontestablement un rôle. Il a constitué un exemple de lutte audacieuse et déterminée et a été possible grâce à des organes d'auto-organisation des travailleurs impliqués. Il n'a pas gagné sur l'essentiel des revendications qui avaient provoqué le conflit, mais il a porté un coup d'arrêt à la politique salariale du gouvernement et de la SNCF. Les résultats auraient pu être, encore une fois, beaucoup plus substantiels si une dynamique unitaire d'élargissement de la lutte s'était concrétisée. Il n'était pas du tout utopique de l'envisager. Malheureusement, la grève n'a pas été totale dans les chemins de fer non plus et l'unité n'a pas été effectivement réalisée entre les deux secteurs mobilisés (agents de conduite et sédentaires). Aucune fédération n'a lancé un mot d'ordre de grève pour l'ensemble de la SNCF et aucune réunion intersyndicale n'a eu lieu pendant la grève (des manifestations ont été organisées séparément). Aucune tentative n'a été esquissée pour élargir le mouvement à d'autres catégories de la fonction publique et du secteur nationalisé. Dans ces conditions, une reprise sans victoire était inévitable

En guise de conclusion, nous réitérons notre appréciation : il n'y a pas eu stagnation généralisée des luttes ouvrières et encore moins un recul historique. Les travailleurs se sont mobilisés à maintes reprises dans la plupart des pays dans des luttes importantes. Si les résultats ont été, au mieux, modestes, si les luttes ont abouti souvent à des impasses, si des défaites sérieuses ont été essuyées par le mouvement ouvrier, la responsabilité en incombe aux directions bureaucratiques.

Nous n'avons aucune raison de penser que le potentiel combatif des travailleurs de l'Europe capitaliste s'est épuisé. Au contraire, tout indique que des conflits et des mobilisations restent à l'ordre du jour.

4 novembre 1988 Livio Maitan 1. Sur la lutte de chez Fiat et ses conclusions, voir notamment Inprecor n° 86, 87 et 90, 1980.

2. Voir sur ces événemements Inprecor N° 142 et 143, 1983.

3. Pour plus d'information sur cette lutte exemplaire, voir Inprecor n° 174, 1984.

4. Voir une analyse détaillée à ce sujet dans Inprecor n° 160, 1983.

5. Sur la grève des mineurs britanniques, voir, entre autres, Inprecor n° 179, 181, 183, 188, 193 et 208, 1984 et 1985.

6. Pour un bilan de la lutte des cheminots, voir Critique communiste n° 60, février 1987.

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