Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 22

Sur le centrisme : le programme communiste et le KBW

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 22 · automne 1975 · p. 14-20 · 6 872 mots

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Nous continuons dans ce numéro l'analyse critique d'une série d'organisations centristes en Europe. Un premier article avait été publié dans le numéro précédant, consacré au groupe italien « Lotta Continua ».

En Allemagne occidentale, les deux principaux groupes centristes issus de l'éclatement du S.D.S. après 1969 sont le KPD et le KPW (Kommunistische Partei

Deutschland et Kommunistische Bund West-deutschland). Le KPD, maoiste « orthodoxe », a connu une évolution de plus en plus droitière ; appliquant de manière rigide et mécanique les implications de la politique extérieure de la R.P. de Chine dans le contexte de la société impérialiste ouest-allemande. Considérant le « social-impérialisme soviétique » comme « l'ennemi principal », le KPD appuie la défense nationale et le renforcement de la Bundeswehr en RFA !

Le KBW a connu une évolution plus nuancée. L'article ci-dessous analyse quelques-uns des aspects de sa base programmatique.

(Kommunistischer Bund Westdeuschlands)

RFA

« Le programme communiste et le programme du K.B.W. »

Le K.B.W. a été fondé par différents cercles communistes rassemblés autour de la Kommunistische Grouppe/ Neue Rote Fahne le 12-6-73. Le texte le plus important adopté par son congrès de fondation en est • le programme ». Nous n'examinerons pas ici la politique pratique du K.B.W., mais surtout son programme qui se prétend dans la tradition du mouvement communiste. Nous mettrons tout d'abord l'accent sur la méthode du programme communiste du K.B.W., tout en soulignant ses contradictions internes et de contenu. Mais nous ne voulons pas nous limiter à une critique académique du K.B.W., et cet article devrait, en outre, servir à la discussion générale du programme communiste dans la gauche révolutionnaire ouest-allemande. Le programme et le caractère de la révolution

Le problème de la liaison entre le but ultime du mouvement communiste (le socialisme, le communisme) et les conditions sociales données dans lesquelles les communistes mènent leur combat est un des problèmes principaux dans toute discussion sur le programme communiste. Le but final, la société sans classe, y a toujours eu sa place, de même que la caractérisation générale de la société bourgeoise. La question-clé est en revanche la suivante: comment faire le lien entre la critique de la société bourgeoise et la nouvelle société? Quelle voie les communistes proposent-ils pour dépasser la société bourgeoise ? Comment cela se reflète-t-il programmatiquement ? Cette question de méthode ne peut être discutée abstraitement et en dehors de l'histoire. l| serait faux de l'approcher d'un point de vue trotskyste-sectaire et de considérer les «-revendications de transition » comme le nec plus ultra de ce que cherchaient les communistes depuis 1848. Le problème doit être analysé dans son contexte historique et c'est sur cette base que notre critique de l'approche historique du K.B.W. tout comme la méthode des revendications transitoires prennent toute leur signification.

La question des étapes de la révolution est étroitement liée à celle de la méthode. L'estimation de beaucoup de marxistes selon laquelle le processus révolutionnaire correspond à un schéma par étapes, généralement valable et atemporel, a entrainé la séparation programmatique des soi-disants buts et revendications « démocratiques » du prolétariat des buts socialistes, et a trouvé une expression classique dans le programme minimum et maximum de la social-démocratie (1). Cette théorie étapiste et son pendant programmatique ont été réfutés par la réalité de la lutte de classe lors de la révolution échouée de 1848 en Allemagne et - dans les pays capitalistes sous-développés - dans la révolution russe de 1905. Le développement classique (il ne s'est toutefois réalisé dans sa forme « pure » qu'en France) était le suivant: le poids économique croissant de la bourgeoisie parce que ses intérêts étaient liés à la grande propriété foncière. Parallèlement, l'ordre des corps de métier, des corporations dans les villes et la rente foncière à la campagne limitaient économiquement le développement du mode de production bourgeois. Bien avant la révolution politique bourgeoise, les bouleversements économiques dans les villes et à la campagne annonçaient la lutte de la bourgeoisie contre la classe féodale. Au niveau politique, les revendications de « liberté » (du commerce, de la force de travail, liberté de presse et d'opinion face au régime absolutiste, etc.) et d'« égalité » exprimaient le programme la classe bourgeoise ascendante. La révolution française de 1789 ne fut que l'aboutissement d'un développement qui avait déjà eu lieu au niveau économique. La classe bourgeoise française était alors révolutionnaire pour deux raisons partiellement complémentaires : 1. La bourgeoisie nationale était assez forte pour réaliser un tel bouleversement révolutionnaire, 2. les alliés de la bourgeoisie, la petite bourgeoisie et le jeune prolétariat, étaient encore trop faibles pour mettre en danger l'hégémonie de celle-ci.

La situation en Allemagne en 1848 était tout à fait différente. Les luttes sur les barricades allemandes ont simultanément montré la force de la nouvelle classe ouvrière jusqu'alors restee dans le sillon de la bourgeoisie, et la faiblesse de cette dernière, la liberté de la presse et d'association sont dès lors apparues à la bourgeoisie comme une menace de son hégémonie dans le processus révolutionnaire et dans le futur Etat bourgeois. * Devant ce danger, tous les anciens différends disparurent. Contre l'ouvrier victorieux, quoiqu'il n'eût encore formulé aucune revendication pour son propre compte, les amis et les ennemis de vieille date s'unirent; et l'alliance entre la bourgeoisie et les partisans du système renversé fut conclue sur les barricades mêmes de Berlin » (2). Avec la révolution allemande de 1848, il s'avéra que la classe bourgeoise n'était plus prête, plus à même de jouer le rôle historique révolutionnaire qu'elle avait joué en France. La « lutte démocratique » du prolétariat, qui impliquait une alliance ponctuelle avec la bourgeoisie pour conquérir la démocratie bourgeoisie, devenait de plus en plus incertaine, notamment dans les pays économiquement développés comme l'Allemagne. Quant aux pays capitalistes sous-développés, comme la Russie, ils posaient un problème particulier pour le déroulement du processus révolutionnaire. La nécessité d'une première étape bourgeoise de la révolution et le développement des forces productives dans le cadre d'une société bourgeoise paraissaient incontestables. Cependant, Lénine a démontré l'existence d'un capitalisme en développement rapide ; son analyse du nouveau stade impérialiste du capitalisme a pour conséquence que tous les Etats capitalistes sous-développés doivent être considérés comme partie intégrante du marché mondial dont le développement est déterminé par les Etats hautement développés. Trotsky avait exprimé ceci en juin 1905 déjà. Dès lors, le caractère de la révolution s'est révélé différent de ce qu'on avait pensé : - La révolution démocratique transcroit immédiatement en révolution socialiste et devient ainsi révolution permanente » (3). Après son retour en Russie en 1917, Lénine développa la même analyse. Il est vrai que dans les • thèses d'avril », il utilise encore l'expression d'une première et d'une deuxième étape de la révolution, mais le caractère ininterrompu, permanent de celle-ci apparait déjà clairement: * La spécificité de la situation actuelle en Russie est la transition de la première étape de la révolution — qui a porté la bourgeoisie au pouvoir à cause de la maturation insuffisante de la conscience de classe et du faible degré d'organisation du prolétariat — en la deuxième qui devra mettre le pouvoir entre les mains du prolétariat et des couches pauvres de la paysannerie • (4). Affirmer que la révolution de février a porté la bourgeoisie au pouvoir, c'est précisément critiquer les théories étapistes - défendues par le K.B.W. - qui ne reconnaissent pas la spécificité de la situation après février 17, où il s'instaure un système instable de double pouvoir qui n'a que deux issues possibles : le retour à la réaction ou la victoire de la révolution prolétarienne. Le programme du K.B.W.

Le programme communiste n'est rien d'autre que l'abstraction la plus grande d'une réalité concrète. Sa méthode doit donc être l'analyse de la société existante dans son évoiution cons- tante. Outre les conceptions programmatiques, le programme doit définir les tâches particulières qui s'imposent les taches particuleres qui s imposen aux militants communistes ouest-allemands. Ces tâches sont déduites de la réalité particulière du capitalisme ouest-allemand, ce avec quoi tous les camarades du K.B.W seraient d'accord. Elles doivent simultanément montrer la voie qui part de la réalité allemande pour déboucher sur la révolution socialiste, c'est-à-dire à la « destruction de l'appareil d'Etat bourgeois et la construction de la dicdature du prolé-

Cette définition est évidemment toute nouvelle : le programme minimum = la conquête du pouvoir politique, la révolution prolétarienne et le programme maximum = le communisme, la société sans classes. Cette définition pêche cependant sur deux points : le premier, le moins grave, c'est qu'elle contredit toute l'interprétation du partage méthodologique du programme telle qu'elle avait été faite jusqu'ici, et le second, plus sérieux, c'est que ce programme s'identifie parfaitement à la conception « classique » du programme conception « classique » du programme minimum et maximum en ignorant totalement le nouvelle définition de Maier.

Le programme du K.B.W est séparé en une partie (très) générale, le programme maximum, dans laquelle les classes et les contradictions de la société bourgeoise sont décrites, ainsi que le but des communistes et du prolétariat et une partie « pratique », le programme minimum ; cette dernière partie comprend une trentaine de revendications « démocratiques » et • économiques ». (8).

Sans aucun doute possible, le programme minimum est un programme minimum « clasisque » (9). Il s'agit simplement pour le prolétariat de lutter pour l'élargissement de quelques droits qui lui donnent une plus grande marge de manœuvre. Cette conquête des droits démocratiques est conçue comme point de départ de la lutte de classe : • Dans la lutte démocratique contre l'appareil d'Etat impérialiste, la classe ouvrière et de larges couches populaires vont acquérir les capacités nécessaires pour conquérir le pouvoir politique » (10). Le K.B.W n'identifie pas cette étape de la lutte démocratique avec la lutte pour la démocratie bourgeoise, mais cette lutte est à ses yeux un moyen adéquat pour préparer le prolétariat ouest-allemand à la réalisation de la révolution prolétarienne (11). Nous nous trouvons donc dans la situation grotesque suivante : bien que la base matérielle pour une théorie étapiste (et donc pour le partage entre le programme minimum et le programme maximum) ait disparue - et le K.B.W. le reconnait - il part dans son programme d'une idée étapiste. Les revendications du K.B.W.

Selon Maier, l'ensemble des revendications démocratiques est en contradiction avec la domination politique de la bourgeoisie. Quelles sont ces revendications ?

• Responsabilité et révocabilité à tout instant des représentants du peuple ».

• Election par le peuple des juges et de tous les magistrats supérieurs aui cont révocables à tout moment par qui sont révocables à tout moment par la majorité des électeurs ».

« L'instruction publique doit être mise entre les mains d'organes démocratiques d'auto-administration régionale. »

* Refus de toutes les interventions du pouvoir central en ce qui concerne les plans d'étude. »

• Election des instituteurs par la population ».

Ces revendications :

a) ne combattent pas les illusions parlementaires, m renforcent. Le K même pas la ques qui, pour quelle démocratie » ? P « conséquente », * démocrate, mais t Les camarades d que la Suisse ou revendications es pays plus progres que la R.F.A.?

b) se trouvent scien des J.U.S.O formulées en part c) sont en soi ( absurdes ; qui est et révoque les jug supérieurs ? Pour les interventions d doivent être inter

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• Abolition de tous les articles constitutionnels et légaux qui limitent ou suppriment l'inviolabilite de la personne et de domicile, la liberté d'opinion et de parole, la liberté de la presse, d'association, de grève, d'organisation, de manifestation. Abolition de tous les articles légaux qui limitent l'égalité de la femme ».

Ces revendications, également transposées du programme d'Erfut de 1891, révèlent :

1. que le K.B.W. a foi en ce qui est fixe sur le papier. Aujourd hui, presque tous ces droits sont reconnus du point de vue légal et constitutionnel, ce qui ne signifie pas qu'ils le soient dans la réalité,

2. que le K.B.W. a une croyance fétichiste en l'égalité. Lorsqu'il d'égalite, il devrait garder à l'esprit cette phrase de Marx où il explique que si un même droit est appliqué dans des circonstances sociales inégales, différentes, alors ce droit est inégal (15). Comme si les discriminations sociales de la femme ou des immigrés pouvaient être dépassées par le droit bourgeois formel.

3. que le K.B.W. a une compréhension de la démocratie au-dessus des classes. Liberté, égalité pour qui ? La démocratie existe, mais pour la classe dominante.

Et lorsque, pour une fois, le K.B.W. ne copie pas ses revendications dans le programme d'Erfut, cela devient particulièrement grotesque :

* Abolition des restes du statut d'occupation. Reconnaissance entière de la R.D.A. Accord de paix avec les puissances victorieuses de la Deuxième Guerre mondiale reconnaissant les frontières actuelles, réglant la question de Berlin-Ouest et garantissant les droits de souveraineté des deux Etats allemands ». Comme si c'était une tâche des communistes de s'occuper de la souveraineté d'un Etat bourgeois... Les revendications économiques du K.B.W.

Elles brillent par leur modestie et par un radicalisme très particulier. Elles vont un peu plus loin que celles du Deutsche Gewerkschaftsbund (centrale syndicale en R.F.A.) : trente-cinq heures de travail par semaine, retraite avancée de cinq ans, etc. Les problèmes qualitatifs ne sont pas résolus. Le K.B.W. ne précise pas par exemple : réduction du temps de travail à 35, au même salaire. Pas un mot sur la diminution du pouvoir d'achat, sur la question des licenciements, etc.

Une conclusion s'impose : une lutte démocratique et économique aussi conséquente qu'elle se prétende, ne change rien à la nature du programme du K.B.W.: celui-ci reste intégrable dans la société bourgeoise et renforce les illusions distillées par les réformistes et les bourgeois. Il n'est pas opératoire pour la lutte des classes.

L'élaboration « scientifique • du programme par le K.B.W. se résume au vulgaire plagiat d'un document historique qu'on tente de faire coller à la situation actuelle. A la recherche de l'orthodoxie

On peut se demander pour quelle raison le K.B.W. transpose ainsi le programme d'Erfut. Il se recherche une identité dans la tradition du mouvement ouvrier espérant ainsi contrecarrer l'influence qu'il a subie d'un mouvement étudiant dont il ne voudrait plus être le produit.

Mis à part les réformistes, personne n'a jusqu'à présent eu l'idée de s'appuyer sur le Manifeste Communiste pour justifier méthodologiquement la division entre programme minimum et maximum. Maier, du K.B.W. l'a fait (15) bien que le Manifeste Communiste soit clair à ce propos : • Les communistes renoncent à cacher leurs opinions et leurs intentions. Ils expliquent ouvertement que leurs buts ne peuvent être réalisés que par le renversement violent de l'ordre social établi ». Dans sa préface de 1872, Marx et Engels écrivent - sur la base des dernières expériences - que le programme est en partie dépassé; un élément n'y est pas assez élaboré : « la Commune de Paris a fourni la preuve que la classe ouvrière ne peut pas simplement prendre possession de l'appareil d'Etat tel quel et le remettre en marche pour réaliser ses propres buts › (16). Cette correctión est dirigée contre tout fétichisme de la démocratie bourgeoise, comme l'écrivait Trotsky dans son introduction à l'édition sud-africaine du Manifeste.

Le K.B.W. fétichise lui le • Manifeste Communiste > lorsqu'il se réfère aux * dix mesures › qu'il préconise pour définir sa propre méthode programmatique. Pourtant Marx avait bien précisé dans la préface de 1872 qu'il ne fallait pas • attribuer trop d'importance à ces mesures révolutionnaires » et on ne peut pas les interpréter comme une partie méthodologiquement achevée, comparable à un programme minimum. Deuxièmement, il ne s'agit pas de revendications que le prolétariat adresse à l'Etat bourgeois, mais de • mesures révolutionnaires › qui ne peuvent être appliquées qu'après la prise du pouvoir par le prolétariat. Troisièmement, ces revendications sont loin de n'être que démocratiques comme celles du K.B.W. :

* Expropriation du sol.. Centralisation du crédit dans les mains de l'Etat et d'une banque nationale.. Augmentation des usines nationalisées d'après un plan commun... Même obligation de travail pour tous (17).

Quant au rôle des revendications démocratiques, Marx et Engels se sont clairement expliqués dans leur critique des programmes de Gotha et d'Erfut. Sans laisser place à aucune fausse interprétation, Marx place la « lutte démocratique » dans son contexte, celui de revendications dans la République démocratique. | critique les revendications démocratiques d'une part parce qu'elles ne sont pas des revendications propres du prolétariat, et de plus parce qu'elles laissent la porte ouverte à toutes les ambiguités quand elles ne sont pas placées dans le cadre de la revendication d'une République démocratique. « On a oublié une chose. Puisque le Parti ouvrier allemand déclare expressément se mouvoir au sein de • l'Etat allemand actuel -, donc de son propre Etat, l'Empire prusso-allemand, eh bien, le Parti n'aurait pas dû oublier le point capital: c'est que toutes ces belles choses reposent sur la reconnaissance de la « souveraineté du peuple » et qu'elles ne sont à leur place que dans une République démocratique. Puisqu'on ne peut pas - et on fait bien de s'abstenir, car la situation commande la prudence - réclamer la République démocratique, alors il ne fallait pas non plus recourir à cette supercherie qui consiste à réclamer des choses qui n'ont de sens que dans une République démocratique à un Etat qui n'est qu'un despotisme militaire... serti dans une bordure de formes parlementaires. » (17 bis).

Passons maintenant au • modèle = du programme du K.B.W.: Lénine et les Bolchéviks. Il est facile de citer Lénine qui a beaucoup insisté sur la signification de la lutte démocratique pour le développement de la lutte des classes en Russie. Cependant, la situation dans la Russie tzariste n'était pas tout à fait identique à celle de la R.F.A. du capitalisme en déclin | La Russie tzariste était caractérisée par un capitalisme en plein épanouissement, un prolétariat faible et une bourgeoisie encore plus faible, incapable de renverser le tzarisme par ses propres forces. Dans ce contexte, les droits démocratiques ne devaient pas être défendus, mais d'abord être conquis. Pour cette simple raison, toute tentative de transposer l'argumentation de Lénine d'avant 1917 dans la réalité de la R.F.A. de 1974 est ridicule, d'autant plus que le K.B.W. lui-même reconnait que le prolétariat ouest-allemand est placé devant les tâches immédiates d'une révolution socialiste. Les positions de Lénine après avril 17 sont le plus clairement exposées dans les - Thèses d'avril * Les revendications qu'il y développe quelques semaines après la chute du tzar ont un caractère transitoire qui déborde clairement le cadre de la démocratie bourgeoise : • Abolition de la police, de l'armée, de l'administration ; expropriation toutes les terres de la noblesse, nationalisation du sol, réunification de toutes les banques en une banque nationale contrôlée par les conseils ouvriers, contrôle de la production sociale et de la distribution des produits par ceux-ci •. (18) Et Lénine ajoute pourquoi de telles revendications sont nécessaires après la conquête de la République : * Avancer dans la Russie du XX* siècle qui a conquis la République et la démocratie par la voie révolutionnaire, est impossible sans marcher vers le socialisme ». (19)

Les camarades du K.B.W. qui citent longuement Lénine contre Boukharine sur la question du programme ont naturellement oublié les documents décisifs des quatre premiers congrès de l'Internationale Communiste. En réalité Lénine polémiquait, comme Trotsky d'ailleurs, contre la position ultragauche de Boukharine qui soutenait que le capitalisme international était en banqueroute, que le prolétariat était mûr et prêt pour des bouleversements révolutionnaires, et qui en déduisait qu'un programme minimum tout comme un programme transitoire étaient superflus. Aux troisième et quatrième congrès de l'I.C., la discussion programmatique souligne au contraire:

• Les centristes reviennent au programme minimum de la social-démocratie, c'est-à-dire à la réforme du capitalisme, qui est aujourd'hui une véritable duperie contre-révolutionnaire. (...) La classe ouvrière souffre aujourd'hui dans tous les Etats capitalistes de fléaux si nombreux et si effroyables qu'il est impossible de combattre toutes ces charges écrasantes et ses coups en poursuivant un objet trop subtil, tout à fait imaginaire. Il faut au contraire prendre chaque besoin des masses comme point de départ de luttes révolutionnaire qui dans leur ensemble pourront constituer le courant puissant de la révolution sociale. Les Partis Communistes ne mettent en avant pour ce combat aucun programme minimum tendant à fortifier l'édifice vacillant du capitalisme. La ruine de cet édifice reste leur but directeur, leur tâche actuelle.

Mais pour remplir cette tâche, les Partis Communistes doivent établir des revendications dont la réalisation constitue une nécessité immédiate et urgente pour la classe ouvrière et ils 18 doivent défendre ces revendications dans la lutte des masses, sans s'inquiéter de savoir si elles sont compatibles ou non avec l'exploitation usuraire de la classe capitaliste. (...)

A la place du programme minimum des réformistes et des centristes, l'I.C. met la lutte pour les besoins concrets du prolétariat, pour un système de revendications qui dans leur ensemble démolissent la puissance de la bourgeoisie, organisent le prolétariat, et constituent les étapes de la lutte pour la dictature prolétarienne. (...) Tous les mots d'ordre concrets ayant leur source dans les besoins économiques des masses ouvrières doivent être introduits dans le plan de la lutte pour le contrôle ouvrier, qui ne sera pas un système d'organisation bureaucratique de l'économie nationale sous le régime du capitalisme, mais la lutte contre le capitalisme menée par les soviets industriels et les syndicats révolutionnaires (20) =. Faisons le point

1. Dans l'histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire, le • combat démocratique » et les « revendications démocratiques - ont toujours été liés à l'idée qu'on se faisait que la précondition d'une révolution prolétarienne consistait à conquérir d'abord la révolution bourgeoise pour laisser mûrir à l'intérieur de celle-ci les conditions pour la deuxième étape, la révolution socialiste.

2. C'est le programme de Gotha et d'Erfut qui a institué pour la première fois la division en programme maximum et programme minimum (ceci à cause de la forte répression de l'Etat prussien). Cette séparation ne correspond pas du tout à la position • classique » de Marx et d'Engels ; elle ne peut pas être déduite du Manifeste Communiste.

3. La position de Lénine et des bolchéviks après 1917 et celle de l'Internationale Communiste dans sa période révolutionnaire a été déifnie à partir de trois critères :

Premièrement, elle était dirigée contre toutes les tendances ultragauches qui refusaient toute revendication partant des besoins directs des travailleurs.

Deuxièmement, la conception du programme « minimum classique » (d'Erfurt) était rejetée.

Troisièmement, la conception adoptée était celle d'un système de revendications transitoires qui partaient des besoins des masses et qui, dans l'ensemble, étaient incompatibles avec le système capitaliste. Au centre de ces revendications se situe le contrôle ouvrier sur la production.

A la lumière de ce bilan, les positions du K.B.W sortent laminées. Aucune conception révolutionnaire ne justifie le démocratisme crasse de cette organisation conçu pour une des sociétés capitalistes les plus développées | Une autre orthodoxie pourrait parrainer le programme du K.B.W.: l'école de Kautsky, de Bernstein et d'Hilferding qui justement réduisent la politique concrète à des luttes démocratiques par la séparation stricte entre programe minimum et maximum; elle garde le programme maximum pour les discours du dimanche et la fête du 1*r Mai. Comme nous considérons le K.B.W comme une organisation de l'extrême-gauche ouest-allemande, contrairement aux positions réformistes dont nous venons de parler, une telle polémique n'a pas sa place ici. Cependant, les camarades du K.B.W. devraient se mettre à l'étude des positions révolutionnaires, même si leur programme leur parait tout ce qu'il y a de plus « orthodoxe ». Le programme du K.B.W., un programme pour les révolutionnaires de R.F.A. ?

Comme presque tous les autres groupes révolutionnaires en R.F.A., le K.B.W. est issu du mouvement étudiant dont il reste marqué par les expériences des annres 65-69. Comment le K.B.W. interprète-t-il son histoire ? • Dans les dernières luttes de la classe ouvrière et du peuple (1) en R.F.A., de nouvelles forces sont apparues qui se réclament du communisme et se battent pour sa réalisation >. Dans la résolution * Le développement de la lutte de classe et les tâches des communistes en R.F.A. », il est écrit : • La révolution culturelle chinoise et la construction du socialisme en Chine et en Albanie ont une influence décisive sur le jeune courant révolutionnaire ouest-allemand et contribuent au maintien d'un image pure du socialisme dans la classe ouvrière ».

Opposons à cela la réalité : la radicalisation générale et mondiale de la jeunesse depuis le milieu des années soixante, le mouvement étudiant ouestallemand ont déclenché en 68 une première crise politique de l'Etat bourgeois : l'absence de mobilisation de la classe ouvrière dans ce cadre a engendré des problèmes pour le mouvement socialiste en 68-70, comme par exemple ceux qui résultent de la compostion essentiellement non prolétaire de la gauche ouest-allemande. Nous ne prétendons pas que l'ensemble de ces thèmes doit être traité en détail dans le programme. Le fait de les énumérer et d'en tenir compte est pourtant urgent dans la situation particulière en R.F.A. aujourd'hui. Une position comme celle du K.B.W. « les dernières luttes de la classe ouvrière et du peuple » tronque la réalité. La politique de l'autruche permet peut-être de fermer les yeux devant la réalité, mais ne change en rien cette réalité. La question allemande ou la difficulté des camarades du K.B.W. de rester fidèle au schématisme

Le programme parle de la • division du mouvement communiste » et de la • transformation du premier Etat prolétarien en Etat social-impéiraliste», mais la portée de ces événements survenus d'un coup après la mort de Staline n'est jamais expliquée; il s'agit pourtant de la « restauration du capitalisme » dans une partie importante du monde ! concerne la situation allemande n'est La position du K.B.W. en ce pas claire et pourtant elle devrait l'être : d'un côté il s'agit d'un Etat impérialiste, la R.F.A., dans lequel • toute trace de rapports de productions précapitalistes a disparu» (21) et de l'autre d'un Etat bourgeois, la R.D.A., dans lequel • les détenteurs du pouvoir bourgeois dans l'Etat et le Parti prétendent être communistes = (22). Or, la logique des contradictions principales et secondaires nous apprend qu'il faut mettre qualitativement au même niveau • la contradiction entre les Etats impérialistes et l'Etat social-impérialiste » et les contradictions « entre les Etats impérialistes eux-mêmes ». Pour le K.B.W., la relation entre la R.F.A. et la R.D.A. devrait donc se situer au même niveau que la relation entre la R.F.A et la France.

Son programme est pourtant tout différent: « La nation allemande est divisée. La R.F.A. et Berlin-Ouest se trouvent dans le camp de l'Ouest. La R.D.A. est dans la zone d'influence directe du social-impérialisme russe. Le prolétariat ouest-allemand doit d'abord vaincre la bourgeoisie ouestallemande pour détacher l'Allemagne du système impérialiste avant de pouvoir mettre à l'ordre du jour la question de la réunification. Les communistes doivent lutter contre toute tentative de la bourgeoisie de gagner le prolétariat à un projet de réunification de la nation pour mener une politique impérialiste vis-à-vis de la R.D.A. En particulier, ils doivent lutter contre les tentatives de la bourgeoisie ouestallemande de faire de Berlin-Ouest le fer de lance de leur volonté d'agression = (23).

Cette position du K.B.W. semble être raisonnable du moins dans ses conclusions : Défense de la R.D.A. contre la politique impérialiste ; mise à l'ordre du jour de la revolution socialiste en R.F.A. même (et j'ajouterais dans toute l'Europe capitaliste, l'un ne va pas sans l'autre).

Mais elle est une épine dans le pied de tout maoiste orthodoxe, car elle ne met plus au même niveau la R.F.A. impérialiste et la R.D.A. - bourgeoise ». La position maoïste orthodoxe devrait être celle-ci : puisque la R.F.A. et la R.D.A. représentent deux systèmes sociaux « égaux », la position des révolutionnaires en cas de conflit ou de guerre devrait être celle du défaitisme révolutionnaire. || serait exclu de prendre position pour l'un des camps: les conflits entre Etats impérialistes n'intéressent en principe pas les révolutionnaires ; ils sont seulement intéressants d'un point de vue tactique, pour exploiter les contradictions engendrées dans le camp bourgeois.

Dans la première ébauche du programme, les camarades du K.B.W. se sont en partie tenus à une position orthodoxe : - Dans les deux parties de l'Allemagne, la réalisation du droit à l'autodétermination de la nation doit être subordonnée à la lutte pour le renversement de chaque bourgeoisie dominante ». Mais ils n'ont pu la maintenir : il est toujours difficile de défendre des positions schématiques qui ne correspondent pas à la réalité, surtout si ces positions peuvent être mises à l'épreuve d'expériences propres. D'autre part, une majorité des camarades du K.B.W. préfèrent certainement faire confiance à ses propres expériences plutôt qu'aux schémas chinois. Quelle est la nature de la période actuelle ?

Le programme du K.B.W. reprend tant bien que mal la théorie de l'impérialisme de Lénine : « Processus de concentration et de centralisation (...) capital bancaire et industriel se fondent dans le capital financier, etc. Le capitalisme dans son stade impérialiste est un capitalisme mourant, en décomposition - (24). Le lecteur a l'impression de se trouver au temps de la grande crise économique mondiale. Pour le K.B.W., il s'agit là de la description de la situation actuelle. Après la description de l' « accroissement de l'appareil d'Etat » et de « l'exacerbation de l'exploitation =, le programme passe subitement à la question de la lutte de classe qui est = encore peu apparente dans les centres impérialistes, mais très nette dans les pays coloniaux et semi-coloniaux !!! »

« Les pays impérialistes dans leur pillage généralisé du monde se heurtent à la résistance des peuples exploités et opprimés. Ces peuples se révoltent contre le joug colonial et le rompent. Ils continuent leur lutte de libération contre l'exploitation néocoloniale qui se fait plus pressante. Les mouvements de libération antiimpérialistes se lient de plus en plus étroitement au mouvement ouvrier international. Le prolétariat prend de plus en plus clairement la direction de ces luttes. C'est ce qui fait de l'époque impérialiste, l'ère de la révolution sociale du prolétariat». Le K.B.W. en arrive à rédiger un programme communiste dans lequel ne sont mentionnés ni les efforts révolutionnaires de la classe ouvrière européenne après la Première Guerre mondiale, ni la défaite subie et la capitulation devant le fascisme, ni la période d'après-guerre (quand les ministres du P.C. siégeaient dans les gouvernements bourgeois pour aider la reconstruction du • capitalisme en train de pourrir»), ni la longue période d'expansion de 1948 à 1965 et ses conséquences sur la consicence de la classe ouvrière dans tous les pays capitalistes avancés . Notre critique

1. Le programme du K.B.W. dans son analyse de l'impérialisme en reste donc au niveau des acquis théoriques des années 20. Il n'est pas en mesure de comprendre les nouvelles formes du Spätkapitalismus, à savoir la diminution du temps de reproduction du capital fixe et par conséquent le raccourcissement des cycles industriels, la troisième révolution technologique après la Deuxième Guerre mondiale, l'inflation du crédit et l'inflation permanente, le système monétaire mondial et sa crise, la formation de grands trusts supranationaux et la concurrence entre les Etats-Unis, Japon et la C.E.E., la relative diminution de l'exportation de capitaux vers les pays sous-développés, etc.

Cette question est très importante, car c'est à partir d'une analyse précise du spätkapitalismus qu'une politique révolutionnaire correcte peut être dégagée. Nous l'avons déjà montré à l'exemple des revendications économiques du K.B.W qui, parce qu'elles s'appuient sur un catalogue revendications du siècle dernier, ne peuvent en aucune mesure répondre aux problèmes actuels, que le Spätkapitalisms pose aux travailleurs (inflation, par ex.)

2. L'histoire du capitalisme et du mouvement ouvrier, décisive pour les expériences de la classe ouvrière internationale est niée .Les camarades tronquent la réalité lorsqu'ils parlent de « l'impossibilité d'un nouveau développement des forces productives ». Où est la stagnation des forces productives, lorsqu'entre 1937 et 67 le volume du commerce mondial a augmenté de 150%? Où sont « l'exacerbation et l'exploitation » et le « pourrissement du capitalisme » lorsque le salaire réel des travailleurs en R.F.A. indexé à 100 en 1950 est passé à 450 en 1972 et que dans la même période le temps de travail moyen de l'ouvrier industriel a diminué d'environ 20 points, que la productivité par heure de travail entre 1950 et 64 est montée de 100 à 241 ? 3. Le programme du K.B.W. qui n'a pas donné une analyse sérieuse du Spätkapitalismus n'est pas non plus à même de constater le tournant économique qui est intervenu au milieu des années soixante et d'analyser la profondeur de la crise générale du système capitalisme mondial qui se dessine.

4. Le programme du K.B.W. n'est pas à même de saisir la nouvelle montée de la révolution mondiale depuis 1968 qui résulte d'une combinaison des luttes dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, des luttes ouvrières en Europe occidentale depuis mai 68 et des luttes antibureaucratiques dans les Etats ouvriers.

Cette montée n'est même pas mentionnée dans leur programme. Il est tout de même question de « grèves de masses - et de « luttes des peuples opprimés - apparemment hors de l'histoire. Dire à ce propos que • tout ceci fait de l'époque de l'impérialisme celle de la révolution sociale • revient à ne rien dire. Car il y a tout de même une période où les mouvements révolutionnaires du « tiers monde = restaient limités, isolés (de la période de la Guerre de Corée à 68). Depuis 1968 en France et la montée des luttes ouvrières en Europe, cette situation s'est profondément modifiée. 20

5. Le programme du K.B.W. se voit incapable de déterminer les tâches des communistes •ouest-allemandes aujourd'hui. C'est ici qu'on en revient à notre critique centrale de la méthode du K.B.W. La reprise du mot d'ordre réformiste de la lutte démocratique comme axe central d'intervention . dans la lutte de classe trouve son pendant dans l'analyse historique de l'impérialisme. Les tâches réelles ne surgissent ni de l'un ni de l'autre et ne le peuvent pas : car cela ne permet pas de saisir la réalité et d'établir une méthode programmatique correcte.

Une question subsiste : pourquoi les camarades du K.B.W. déforment-ils ainsi la réalité ? La réponse est simple : parce qu'ils ont peur d'avoir à se poser quelques questions < gênantes » et pourtant décisives: comment se fait-il que l'analyse de l'impérialisme de Lénine ne semble plus correspondre à la réalité? Comment la crise profonde de l'impérialisme a-telle pu être surmontée et comment le système mondial a-t-il pu entrer dans une phase d'expansion avec des taux de croissance incroyables ?

Le K.B.W. en arriverait à devoir expliquer la carence du facteur subjectif, la dégénérescence de l'Internationale Communiste, le processus de bureaucratisation de l'U.R.S.S. sous Staline, etc. Beaucoup de choses * gênantes › qui viendraient troubler l'image qu'il a forgée de sa propre identité. NOTES

(1) Nous ne pouvons pas traiter ici un problème particulier qui est l'affirmation de la théorie de la révolution par étape malgré une pratique simultanée correspondant à la * Révolution en permanence = (Marx) ce qui a été le cas de la Révolution chinoise de 1949 : cette révolution caractérisée comme étape démocratique correspondait historiquement a la prise du pouvoir politique du prolecariat par le biais d'un parti agissant empiriquement dans le sens d'une transformation socialiste.

(2) * Révolution et contre-révolution en Allemagne », F. Engels, page 236, éd. Sociales.

(3) Trotsky, Thèses sur la révolution permanente.

(4) Lénine, Les thèses d'avril. (5) K.B.W. : Bilan du congrès de fondation du K.B.W., 1973, page 9 en allemand.

(6) N° 1 de Kommunismus und Klassenkampf, W. Maier.

(7) W. Maier, Politisches Minimalprogramm oder imperialistischer Okonomismus, Kommunismus und Klassenkampf, deuxième année, n° 1, page 10.

(8) A vrai dire, il comporte trois parties : le programme maximum, une deuxième partie intégrée dans la première, trait de l'Allemagne de l'Ouest et de la R.D.A. (page 21, Bilan du congrès de Fondation du K.B.W) et la troisième partie comprenant la • lutte démocratique et les revendications concrètes ».

(9) Numéro spécial Neue Rote Fahne, nov. 72, page 31.

(10) Bilan du congrès de fondation du B.K.W., page 22.

(11) Idem, page 21.

(12) La jeunesse socialiste.

(13) Pour preuve, le mouvement déclenché par l'Appel des Cent en France.

(14) Marx, Critique du programme de Gotha.

(15) Kommunismus und Klassenkampf, deuxième année, n° 1, page 9.

(16) Le manifeste communiste, éd. all., page 10.

(17) Idem, page 67 : Si l'on considère ces mesures dans le contexte socio-économique de 1848, leur caractère révolutionnaire est encore plus évident contrairement aux revendications vulgaires du K.B.W.).

(17 bis) Critique des Programmes de Gotha et d'Erfurt, éd. Spartacus, page 35.

(18) Les thèses d'avril, en allemand.

(19) La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer, éd. all. page 362, Lenein-Werke.

4ª congrès de l'I.C. Thèses et Résolutions Thèses 5 p.

(21) Bilan du congrès de fondation du K.B.W. page 21.

(22) Idem, page 12.

(23) Idem, page 22.

(24) Lénine, Impérialisme, stade suprême du capitalisme.

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