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Problèmes de l'Etat ouvrier cubain : de l'autocritique de 70 à la nouvelle constitution

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 22 · automne 1975 · p. 21-33 · 13 873 mots

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DE L'AUTOCRIQUE DE 70 à la nouvelle constitution

L'évolution de la situation interne à Cuba et celle de la politique extérieure de la direction cubaine rendent nécessaire de préciser l'analyse des marxistes révolutionnaires sur l'étape actuelle de la révolution cubaine.

Le X° Congrès Mondial de la IV* Internationale avait décidé d'ouvrir une discussion à ce propos. L'article publié ci-dessous doit être considéré comme une première contribution.

Des développements récents -aussi bien de politique intérieure que de politique internationale - ont posé de nouveau le problème d'une ananlyse d'ensemble de la situation à Cuba. Les militants s'interrogent sur la nature de l'Etat cubain à l'étape actuelle : est-ce que la caractérisation donnée par les marxistes révolutionnaires depuis 1960 est toujours valable ou est-il nécessaire de la rectifier ? Avant de donner une réponse, retournons rapidement en arrière. La formation de l'Etat ouvrier

« La révolution cubaine - disait le texte du VIº Congrès Mondial de la IV* Internationale (janvier 1961) -a grosso modo connu jusqu'ici trois phases : la première dans laquelle après avoir limité ses buts et ses méthodes à un programme de « moralisation du régime » et d'action armée par un groupe restreint qui tâchait de gagner un secteur de l'armée, le mouvement fidéliste sous la pression des couches de plus en plus amples de paysans pauvres, a développé un programme de lutte contre le régime, axé surtout sur des revendications démocratiques bourgeoises et des ne, caractrevendications paysannes de plus en plus avancées; la deuxième, caractérisée par les premières conquêtes révolutionnaires et surtout par la réforme agraire ; la troisième, qui a eu comme points cluminants les coups mortels contre la propriété impérialiste dans l'été 1960 et la vague décisive de nationalisations, y compris des propriétés capitalistes indigènes, au mòis d'octobre de la même année.

Sur le plan proprement politique, dans une première phase les forces révolutionnaires populaires avaient signé un pacte avec les représentants de la démocratie bourgeoise et petite bourgeoisie (juillet 1958). Une deuxièmorphon tait caractérisent la me phase était caractérisée par la avec participation d'éléments libérauxconservateurs et par la présidence d'Urrutia (janvier 1959). Finalement se produisit la rupture inévitable avec ces derniers, qui fut provoquée surtout par la promulgation de la réforme agraire.

Dans ces premières phases la révolution cubaine s'est donc développée en tant que révolution démocratique anti-impérialiste radicale, tandis que dans la troisième elle a réalisé sa transcroissance en une révolution socialiste qui a éliminé non seulement les bases économiques impérialistes mais aussi les propriétés capitalistes indigènes. Sur le plan de la direction politique, l'évolution a 22 22été beaucoup plus de forme que de fond, le pouvoir réel ayant été dans les mains de l'Ejercito rebelde et l'équipe fidéliste même dans la période de dualité de pouvoir sui generis allant de la prise du pouvoir à la chute d'Urrutia. » Les formes spécifiques de la lutte armée pour le pouvoir et les traits propres de la direction fidéliste -tels qu'ils sont analysés dans la résolution ci-dessus - ont contribué à déterminer une différence fondamentale entre la révolution cubaine et la révolution russe de 1917. Malgré la participation active de larges couches paysannes et, dans les dernières phases, des masses prolétariennes urbaines, la destruction de l'appareil d'Etat bourgeois n'est pas allé de pair avec l'émergence de structures de démocratie révolutionnaire de type soviétique. C'est pourquoi, dans le contexte du retard économique et culturel du pays et de l'impossibilité de son intégration dans un système économique supranational homogène, des tendances à la dégénérescence bureaucratique ont existé dès le début. Toutefois, à la différence de la Yougoslavie et de la Chine (et à plus forte raison es pays d'Europe orientale, occupés par l'Armée rouge et assez vite impliqués dans un processus d'assimilation structurelle à I'U.R.S.S.), à Cuba la révolution ne s'est pas développée sous une direction liée historiquement au stalinisme, éduquée à son école et marquée profondément par de bureaucratisme avant même la conquête du pouvoir. A l'époque de la guerre révolutionnaire et immédiatement après le renversement de la dictature de Batista, la direction castriste souffrait des limites et des contradictions découlant de son origine petite bourgeoise et de son idéologie jacobine. Mais elle était inspirée par la volonté de rester liée aux forces motrices de la révolution, par la conscience de la nécessité de ce lien pour contrecarrer toute tendance restaurationniste démocratique bourgeoise et pour riposter aux attaques de l'impérialisme américain (1). La méfiance face aux staliniens du P.S.P., qui, après avoir collaboré à plusieurs reprises avec

Batista, s'étaient opposées pendant toute une période à la lute de guérilla, et les réflexions que certains des dirigeants du mouvement du 26 juillet avaient pu faire sur l'évolution négative de l'U.R.S.S. et des partis communistes bureaucratisés, étaient par ailleurs, un obstacle à l'adoption de modèles staliniens et favorisaient une sensibilisation aux problèmes de la dégénérescence d'une révolution.

Ainsi l'Etat ouvrier cubain est né sans les déformations qui ont marqué dès le début, des pays comme la Yougoslavie et la Chine, ou pourtant la prise du pouvoir avait été l'aboutissement de mobilisations révolutionnaires prolongées, et, à la suite des choix faits par son groupe dirigeant, il n'a pas subi pendant une période désormais assez longue aucun processus substantiel de dégénérescence bureaucratique. C'est pourquoi la IV° Internationale a adopte face à la direction cubaine une attitude qualitativement différente que celle adoptée face aux directions d'autres Etats ouvriers, en n'inscrivant pas dans son programme la lutte pour une révolution politique antibureaucratique ni la construction d'une direction alternative. Trois moments cruciaux

Tout cela n'a pas empêché à la IV° Internationale de souligner les facteurs objectifs susceptibles de stimuler des phénomènes de bureaucratisation ni de saisir, au long d'une période de quinze années, des tendances contradictoires et des moments cruciaux, dans la lutte contre ces phénomènes.

En gros, entre 1960 et 1970, on peut fixer trois moments importants.

Le premier remonte à 1962, où est battue la fraction pro-stalinienne organisée autour d'Annibal Escalante. A l'époque, des tendances assez nettes s'étaient appliquées à introduire des méthodes administratives et à imposer des formes de bureaucratisation par un accroissement du poids des appareils, l'émergence de conditions relativement privilégiées, l'imposition d'une pratique culturelle de style stalinien ; ce qui avait abouti à la création d'un hiatus dangereux entre dirigeants et masses. Un discours de Guevara en avril 1961, et les discours de Castro contre les falsifications historiques et surtout contre Escalante furent les témoignages les plus éloquents du fait que du moins le groupe dirigeant le plus restreint avait parfaitement conscience des dangers et était décidé à les contrecarrer résolument. En fait, les éléments les plus représentatifs du courant bureaucratique furent mis dans l'impossibilité de nuire el une phase difficile fut surmontée.

Le deuxième moment remonte à 1967. 1967 est l'année où se développe le plus la polémique cubaine contre les orientations internationales de la bureaucratie des P.C. et de la bureaucratie soviétique elle-même. L'un des points culminants de cette polémique fut le discours de Fidel Castro du 13 mars, où entre autres, il critiqua explicitement la visite d'un délégation commerciale soviétique au gouvernement colombien engagé à l'époque dans la répression contre la guérilla, et où il attaqua avec une clarté et une véhémence extrêmes les orientations opportunistes du P.C. vénézuelien. Le message de Guevara, provenant d'un champ de bataille alors inconnu et publié en avril, allait dans une direction analogue. La conférence de l'O.L.A.S. en juillet donna une sanction supplémentaire, à une ligne qui s'opposait aux conceptions réformistes des P.C. et refusait toute surbodination aux besoins politico-diplomatiques des bureaucraties des Etats ouvriers dégénérés.

Mais 1967 ce fut aussi l'année d'une nouvelle attaque du groupe dirigeant castriste contre les positons bureaucratiques et contre des tendances et des hommes provenant de l'ancien P.S.P. qui ne cessaient de représenter un frein et un danger pour le processus révolutionnaire. Déjà l'année précédente une attaque avait été déclenchée contre un rempart des bureaucraties de la vieille école, à savoir la centrale syndicale. L'appareil central, dirigé par Lazaro Peña dont les responsabilités ne peuvent pas être annulées par les commémorations apologétiques post motem, avait été très langement renouvelé. Dans la même période une campagne était lancé sur la nécessité d'une mobilisation active des masses comme condition pour réaliser les objectifs économiques, de même qu'une autre campagne contre les appareils administratifs hypertrophiques et contre les méthodes de gestion et direction bureaucratiques. Ces campagnes eurent une implication dans un débat théorique important, où purent s'exprimer librement même des économistes d'autres pays, y compris des marxistes révolutionnaires. Les critères en vigueur dans d'autres Etats ouvriers furent explicitement critiqués et une conception générale fut esquissée qui se différenciait aussi bien des théorisations soviétiques basés sur la primauté absolue des stimulants matériels que de certaines formulations chinoises marquées par le simplisme et un idéalisme abstrait (dans une large mesure en contradiction avec la pratique réelle).

En été 1970 l'échec de la « zafra» des 10 millions de tonnes - objectif prioritaire à la réalisation duquel tout le reste avait été subordonné en imposant au pays une tension exceptionnelle - provoqua une réflexion critique déchirante qui encore une fois s'exprima le plus explicitement dans des discours de Fidel Castro. Ces discours dressèrent sans pitié un bilan autocritique des échos et des contradictions dont souffrait l'économie cubaine et dénoncèrent la prépondérance des méthodes administratives sur les méthodes politiques de directions et l'insuffisance extrême de la participation des masses à la gestion économique.

En principe, deux solutions alternatives aux problèmes posés par l'échec de la grande zafra s'opposaient au sein de la direction cubaine elle-même : une solution de type technocratique et autoritaire, basée sur une hégémonie des techniciens et des spécialistes et sur une discipline beaucoup plus stricte, accompagnée éventuellement par des mesures de répression, et une solution misant prioritairement sur la mobilisation et la participation active des masses à la gestion économique et politique.

Les choix esquissés par la direction cubaine n'impliquaient pas une solution globale de problèmes qui subsistaient depuis le lendemain de la victoire de la révolution. Par exemple, la conception d'après laquelle la participation active des masses aurait dû être assurée essentiellement par le truchement des organisations de masse existantes, ne résolvait pas le problème de la construction et de l'articulation de structures de démocratie prolétarienne réelles ni ne résolvait par elle-même le problème du fonctionnement effectivement démocratique de ces organisations de masse. Quant au Parti, aucune mesure concrète n'était prise dans le but de surmonter à courte échéance les limites décisives de sa démocratie interne (impossibilité d'une libre expression de positions différentes ou opposées, non convocation du congrès, etc.).

Mais, malgré tout cela, l'autocritique de Fidel Castro et certaines décisions esquissées par le groupe dirigeant étaient caractérisées par un potentiel antibureaucratique incontestable et démontrait, en tout cas, que le groupe autour de Fidel était conscient de l'enjeu et voulait éviter à tout prix de devenir l'instrument de forces et d'intérêts différents de ceux qu'il avait représentés dès la période de la lutte armée contre la dictature.

Cinq ans après il n'est pas prématuré de s'interroger: est-ce que la bataille annoncée en 1970 eut effectivement lieu ? Sous quelles formes fut-elle menée et avec quels résultats ? Quelles tendances opèrent maintenant et dans quelles perspectives ?

Au moment où nous écrivons cet article, nous ne disposons pas de tous les éléments analytiques qui seraient nécessaires pour donner une réponse exhaustive (par exemple, du moins dans les publications officielles que nous avons pu consulter, nous n'avons pas trouvé des statistiques économiques globales telles qui permettent une appréciation rigoureuse de la situation économique). Toutefois, il est possible de fixer des lignes d'analyses suffisamment fondées d'ou tirer légitimement quelques conclusions.

Si notre interprétation de 1970 avait saisi correctement les lignes de tendance générales, dans la pratique la situation a évolué d'une façon beaucoup moins nette. Les résultats acquis jusqu'à maintenant indiquent qu'aucune de deux solutions alternatives mentionnées n'a eu le dessus. Il faut enregistrer plutôt une concrétisation partielle de certains éléments de la deuxième alternative en combinaison avc des éléments de la première. Voyons plus en détail. Tendances et problèmes économiques

La première décennie d'existence de l'Etat ouvrier cubain avait permis de vérifier périodiquement dans des termes plus ou moins dramatiques, à quel point un petit pays, dominé par la monoculture, subit dans son développement économique le conditionnement du marché mondial. Cela d'autant plus que le blocus et le sabotage rendirent encore plus négatifs les effets économiques du mécanisme en tant que tel.

Après les illusions de la première période sur la possibilité d'une diversification assez rapide, le groupe dirigeant fut amené à constater que la culture du sucre ne pouvait ne pas rester pendant une période indéterminée la colonne vertébrale de l'économie du pays, la source primordiale de l'accumulation et le moyen principal pour obtenir les devises nécessaires au commerce extérieur (comme Castro l'a rappelé dans un discours de janvier 1973, les produits qui assurent des devises etrangères sont : le nickel, le tabac, le poisson . et le sucre; mais le sucre a la place prépondérante). Dans un contexte où Cuba restait isolé en Amérique latine et ne pouvait pas compter sur l'intégration dans un système économique d'Etats ouvriers mal unifié (même en faisant abstraction des difficultés spécifiques d'intégration pour Cuba, le COMECON ne représente pas un système d'intégration achevé), le maintien de la culture du sucre comme levier économique principal était un choix qui s'imposait, que seulement des utopistes ou des irresponsables pourraient contester. En dernière analyse, c'est cette réa- lité qui est à l'origine de la campagne pour les dix millions, qui, indépendamment des distorsions propagandistes et de la réthorique conjoncturelle, ne fut pas considérée comme un but en soi, mais comme un moyen pour s'assurer les ressources nécessaires au développement d'autres secteurs et pour atténuer une série de tensions dangereuses. Nous ne reviendrons pas ici sur les causes de• l'échec. Rétrospectivement, il faut répéter que Castro, dans son autocritique a, peut-être, mis trop l'accent sur les causes socio-politiques -absolument incontestables - par rapport aux causes plus proprement économiques, notamment la nature largement volontariste du choix opere (impossibilité de faire un effort si grand et si concentré dans les conditions données de disponibilité de main-d'œuvre, d'outillage technique et d'organisation en général, sans provoquer des goulots d'étranglement très négatifs dans toute une série d'autres secteurs). La faillite apparissait en tout cas, dramatique dans la mesure où elle semblait compromettre les possibilités d'un développement rapide ou relativement rapide et augmenter la dépendance de l'étranger.

Toutefois, les résultats atteints dans les années qui suivirent 1970 furent meilleurs que ce qu'on ne pouvait escompter. Déjà en 1972 il y eut une croissance, réelle, bien que modeste, (et les accords avec I'U.R.S.S., impliquant, entre autres, des remboursements à longue échéance et pour une partie des crédits, l'absence d'intérêts, garantissaient la marge de manceuvre indispensable l)

Il faut souligner, d'ailleurs, que ce qui représenta historiquement le drame économique de Cuba, à savoir la dépendance des prix du sucre sur le marché mondial, est devenu dans une période récente, une chance inespérée, à la suite de la hausse, particulièrement sensible dans certaines phases de la conjoncture, des prix des matières premières. Certes, l'inflation mondiale pèse aussi sur Cuba et, ce qui est encore plus important, le cours des prix du sucre pourra connaître des soubresauts et des chutes brusques, susceptibles de réduire sérieusement, sinon d'annuler, les avantages acquis. Cela n'empêche pas que la montée du sucre jusqu'à 40 et même 50 cents pour une livre (fin 1974, début 1975) a représenté un avantage considérable pour Cuba (les augmentations des prix des produits industriels ont été largement compensées). Pour avoir une idée un peu plus concrète, il suffit de rappeler qu'encore à la moitié de 1973 Cuba avait proposé à la conférence inter24 nationale du sucre 6 cents comme prix minimum, 9 cents comme prix maximum et 11 cents comme prix dit administré (4). Comme Castro l'a souligné en décembre de l'année passée, une zaffra de 6 millions de tonnes pour 1975 au prix de fin 1974 correspondrait, aux prix de 1970, à une zafra non pas de 10, mais de 20 millions de tonnes !

Cela, signifie que Cuba a déjà disposé et disposera probablement à l'étape prochaine de marge sensiblement plus grandes de ce qu'il était légitime de supposer après l'échec de 1970 : ce qui lui permettra d'affronter un certain nombre de problèmes avec des tensions moins graves.

« L'article était sous presse au moment où Fidel Castro déclarait que " peut-être nous ne pourrons pas avancer au même rythme des cinq années précédentes " à la suite de la nouvelle chute du prix du sucre sur le marché mondial, qui en juillet 1975 était le 25 % de ce qu'il était quelques mois auparavant ».

Dans le discours traditionnel de bilan lors du dernier anniversaire du 26 juillet, en communiquant des données indicatives, Castro a signalé qu'entre 1970 et 1973 la croissance économique globale avait été de l'ordre de 26 %; que l'agriculture avait enregistré des améliorations considérables (5); que l'industrie avait connu des rythmes particulièrement vigoureux (en particulier l'industrie de la construction avait eu une impulsion « extraordinaire »). D'après certaines estimations, vraisemblablement de source officielle, parues dans la presse internationale, le taux de croissance après 1973 aurait atteint 10 % avec une augmentation des exportations de 768 millions à 2 milliards 193 millions de pesos (Le Monde, 14-1-1975). Dans un discours de février de cette année, Castro a calculé que la production dans le secteur de la construction a triplée par rapport à 1970 (6). En ce qui concerne les perspectives, 1976 marquera le commencement du premier plan quinquennal, dont les lignes seront définitivement fixées après une discussion au niveau des masses, mais qui, en principe, devrait impliquer un taux de croissance annuel de 6 % (ce chiffre fut avancé déjà par Castro comme réalisable dans la décennie suivante en 1973 et il a été confirmé dans le bilan de l'année passé. Dans le cas d'un maintien des cours favorables du sucre le pourcentage de croissance pourrait être augmenté. Les prévisions en ce qui concerne les investissements du plan sont de l'ordre de 12-15 milliards de dollars à savoir de 2,5-3 milliards par an (cf. déclaration de Carlos Raphaal Rodriguez, le 15 janviers 1975 à Paris).

Les éléments du bilan et les indications de prévision sommaires ne sauraient faire oublier, en premier lieu, qu'un taux de croissance moyen

% est un taux relativement limité pour un pays encore largement sous-développé (d'autant plus si l'on considère le taux de croissance démographique (7), en deuxième lieu que les résultats du plan seront euxmêmes largement conditionnés par l'évolution du marché mondial (évolution des prix des matières premières, des terms of trade des produits industriels et des produits agricoles, conséquences des processus inflationnistes à l'échelle internationale etc. (8). Il faut, en troisième lieu, tenir compte des goulots d'étranglements qui subsistent et des contradictions graves qu'on peut synthetiser comme suit:

a) problèmes créés par des phénomènes de pénurie de main-d'œuvre liés avant tout au caractère saisonnier de la zafra et des limites persistantes de la mécanisation de la culture principale (l'expérience particulière des microbrigades, employées pour stimuler la construction de logements implique l'inconvénient de soustraire, du moins partiellement, de la maind'œuvre au secteur de provenance avec la conséquence que d'autres travailleurs sont obligés de faire des heures supplémentaires non rétribuées (9) ; b) l'éducation au travail avec la conséquence d'une productivité relativement limitée surtout dans certains secteurs et la persistance de phénomènes d'absentéisme (même si, d'après les déclarations officielles, il y aurait une nette tendance à la diminution) (10); c) pénurie de certains matériaux indispensables (par ex., ciment pour les constructions), qui se répercute sur la production globale [les goulots d'étranglements dans la construction, malgré les augmentations signalées, frappent aussi les constructions industrielles]) ; pénurie de biens de consommation (les restrictions concernent le sucre aussi, étant donne la nécessité d'économiser au maximum pour favoriser les exportations) (10).

Finalement, le tournant radical en ce qui concerne les critères d'organisation du travail et de stimulation de la productivité n'a pas, pour autant, permis de surmonter les inconvénients, les tensions et les contradictions qui avaient poussé les dirigeants à opérer ce tournant. Cela est apparu assez clairement, par exemple, dans les débats pour le congrès national des syndicats.

Comme nous l'avons déjà mentionné, ces problèmes ont été discutés à plusieurs reprises après la révolution : des conceptions différentes se sont opposées et des pratiques différentes se sont succédées.

Mais 1970 a marqué un clivage même sur ce terrain. Le groupe dirigeant a commencé à adopter une conception plus réaliste des problèmes de l'étape de transition et de leurs solutions (introduisant, en premier lieu beaucoup plus clairement la distinction nécessaire entre phase socialiste et phase communiste et en affirmant même l'impossibilité pour une révolution socialiste de « sauter les étapes » (Gramma, 16-2-1975). Tout en ne renonçant pas complètement aux stimulants politico-idéologiques et tout en attribuant une importance très grande au niveau de conscience atteint par la classe ouvrière et les travailleurs en général, ii a misé de plus en plus - dans la pratique encore plus que dans les théorisations explicites - sur les stimulants matériels. Le système des normes est devenue la règle (12). Sa généralisation est allée de pair avec une réorganisation du système des rétributions et des prestations de travail, ce qui a impliqué : une attaque des positions de privilège relatif (la suppression, en premier lieu, des salaires dits historiques, l'annulation de la résolution 270, qui comportait des primes à des travailleurs qui accomplissaient individuellement ou collectivement des tâches exceptionnelles et démontraient une attitude révolutionnaire; la réorganisation de la sécurite sociale, par exemple avec la retraite à 100 % du salaire, admise seulement dans des cas exceptionnels; la réduction du travail volontaire (étant donné sa rentabilité économique insuffisante dans beaucoup de cas); une réorganisation des heures supplémentaires (dans ce cas aussi à cause de la rentabilité économique discutable des heures supplémentaires non payées ou exigées sans une nécessité précise ; la réorganisation des « escalafones » ; la conclusion de « compromisos collectivos de trabajo » entre administration et travailleurs dans chaque unité de production comme base des rapports réciproques.

La généralisation des normes et la priorité aux stimulants matériels, conjointement aux autres mesures mentionnées, ont sans aucun doute contribué à augmenter la productivité (Castro l'a souligné aussi dans la dernière session du Conseil national de la C.T.C., Gramma, 16-2-1975) •et à introduire des éléments indispensables de rationalisation productive.

Mais cela n'est pas allé sans des difficultés et des tendances dangereuses, susceptibles de créer des tensions.

La réalisation pratique du système des normes elle-même a provoqué des inconvénients sérieux, puisque, pour reprendre des formules utilisees par Castro, certaines normes étaient « élémentaires », d'autres « plus adéquates » (mas ajustadas), d'autres encore « peu adéquates » (mal ajustadas). Les travailleurs pour qui on avait fixé des normes plus élevées, en l'occurrence sur la base de critères plus rigoureux, étaient défavorisés dans la mesure où ils devaient fournir un effort plus grand et ils pouvaient recevoir plus difficilement l'avantage découlant du dépassement de la norme. Là où, par contre, les normes avaient été fixées à des paliers trop bas, il pouvait y avoir des conséquences d'une nature double : soit on obtenait des rétributions plus élevées, étant donné la plus grande facilité de dépasser la norme, soit la productivité restrait très réduite, si les travailleurs, de peur qu'on constate les limites de la norme et qu'on procède à une révision, ne dépassaient pas les pâliers établis. En outre, le

Men gêneral des système des stimulants matériels et des normes implique en général des tendances accentuées à des différenciations de salaires au sein de la classe ouvrière elle-même, entre un secteur et un autre et, à la limite, même entre des différents secteurs de la même entreprise (13). Quant au système de primes ou de promotions, sur ce terrain le danger d'arbitraire d'inégalités et d'injustices est encore plus grand et en effet il y a eu des dénonciations à ce sujet. A un moment donné on a envisagé l'exemption du paiement du quota prévu par la loi urbaine sur les loyers en faveur des travailleurs les plus actifs et les plus disciplinés, dont la famille ne dépassait pas un certain plafond de revenu et la priorité dans la distribution d'appareils électro-ménagers fut également réservée aux travailleurs qui avaient plus de mérite (14). L'émulation socialiste elle-même -sur laquelle les thèses du dernier congrès syndical avaient particulièrement insisté — risque d'être compromise par des carences organisationnelles telles à rendre dificiles les vérifications nécessaires. Des inconvénients de cette nature ont été dénoncé il y a quelques mois par le secrétaire général de la centrale syndicale. I ne faut pas oublier non plus que les horaires de travail sont encore assez lourds : au congrès syndical on a confirmé la moyenne hebdomadaire de 44 heures avec un maximum de 55 et de 10 heures par jour (des exceptions étant admises pour des secteurs très particuliers). Dans le projet de constitution, on prévoit la journée de travail de 8 heures (article 45).

D'après les sources officielles, Cuba a enregistré aussi bien une augmentation de la masse globale de salaires, que des augmentations de salaires. Dans le bilan de son dernier discours, au congrès syndical, Castro a cité les données suivantes sur la masse des salaires: 1967 = 2773 millions de pesos : 1970 = 3111 millions ; 1971 = 3187 millions ; 1972 = 3 367 millions : 1973 = 3690 millions. En même temps les dépenses faites par la population seraient augmentées à la suite aussi bien de l'augmention des biens mis en distribution que de l'augmentation des prix de certains produits non essentiels. Toujours dans le même discours, Castro attirait, toutefois l'attention sur un danger fondamental pour l'économie cubaine à cette étape aussi, à savoir le danger que la quantité des biens disponibles ne corresponde pas à la masse monétaire en circulation et que des tendances inflationnistes soient ainsi stimulés. Voilà un problème que dans les conditions de pénurie qui subsistent, malgré les progrès réalisés et la perspective d'un allègement du blocus, Cuba devra affronter encore pendant une période assez longue (16). Le contexte social

Le caractère radical d'une série de mesures révolutionnaires et certaines décisions tactiquement avisées du groupe dirigeant ont eu comme conséquence que depuis les premières années le problème des conflits avec des couches des anciennes classes dominantes et des tendances restauratrices s'est posé à Cuba sous une forme sensiblement moins aigue que dans d'autres Etats ouvriers.

En effet, les représentants des classes exploiteuses et leurs partisans ont, la plupart, quitté le pays en s'exilant aux Etats-Unis : le groupe dirigeant de la révolution n'a pas entravé cette émigration massive. Le résultat fut que, si les manœuvres réactionnaires ont eu une base importante à l'extérieur, à l'intérieur les hommes et les couches survivants de l'ancien régime se sont trouvés complètement marginalisés.

En deuxième lieu, comme à la suite des deux vagues de la réforme agraire de 1959 et 1963, la campagne cubaine a connu des changements structureis qui ont limité sérieusement les possibilités d'une accumulation capitaliste tendancielle et de contre-attaques po- litiques dangereuses de la part de paysans aisés, koulaks et autres. Déjà quatre ans et demi après la chute de Batista et trois ans après la naissance de l'Etat ouvrier à la suite de l'expropriation des capitalistes indigènes, le secteur de l'Etat - sous forme des fermes d'Etat, granjas estatales - couvrait plus que les 60 % de la superficie agraire, moins de 40 % restant au secteur privé (la réforme de 1963 avait réduit le plafond de la terre que le paysan pouvait garder de 30 à 5 caballerias, à savoir à 67 ha environ -rappelons que une cabelleria équivaut à 13,4 ha). Avant la deuxième vague de réforme - selon les calculs officiels du 30 juin 1962 — il y avaient 915 000 personnes employées dans la production agricole. Les petits paysans, bénéficiaires de la réforme, et organisés dans l'A.N.A.P. (Association Nacional Agricultores Pequeños) représentaient 200 000 familles environ (aujourd'hui ils seraient 180 000, d'après les informations reçues par un correspondant du Monde en janvier 1975). En janvier 1967 le gouvernement décida l'intégration dans les fermes d'Etat des lopins individuels, puisque, d'après les déclarations officielles, les travailleurs leur consacraient trop d'attention au détriment du travail collectif. A la fin de la même année l'A.N.A.P. décida de réserver à l'Etat la vente des produits des terres de ses adhérents.

Il est évident qu'une telle couche sociale ne peut représenter ni par sa composition ni par sa dynamique une force hostile au régime. D'un côté, elle est très fortement conditionnée par le rôle hégémonique de l'Etat dans le secteur agricole ; de l'autre le groupe dirigeant, après la secousse de 1963, a adopté une attitude prudente, en se donnant la perspective d'une résorption graduelle et à long terme de la propriété paysanne existante et en soulignant avec force le principe du choix volontaire des paysans, principe qui, dans la mesure où il est possible de juger, a été respecté dans la production (17). Les problèmes qui surgissent et qut sont susceptibles de créer des tensions, sont, somme toute, assez typiques d'une phase de transition, mais, répétons-le, ils se présentent sous une forme beaucoup moins grave que dans d'autres sociétés de transition. Il s'agit, en premier lieu, de tendances à des différenciations qui se cristallisent ou même s'amplifient à cause soit d'une productivité différente des terres soit de leurs différentes dimensions. Il y a en outre des phénomènes d'exode des zones de montagne ou des zones les plus éloignées, liés, par ailleurs - de même que dans 26 d'autres Etats ouvriers - à la scolarisation généralisée et à l'augmentation du niveau culturel. Dans certains cas des terres sont restrées sans la main-d'œuvre nécessaire et des tendances à l'unification de fermes auparavant séparées se sont développées (18). Des secteurs de cette couche sociale peuvent s'assurer des conditions relativement aisées et même utiliser des travailleurs salariés. Finalement, la fragmeniation des petites fermes pose les problèmes classiques de l'utilisation des machines agricoles.

Quant aux couches de petite bourgeoisie urbaine - liéęs à des secteurs commerciaux - elles furent durement frappées par les mesures d'exproriation de mars 1968. Ces mesures - qui ont eu des effets incontestablement négatifs sur la distribution de certains produits, ont provoqué un certain mécontentement et qui ont été critiqués à l'époque comme « ultra-gauches » ont, toutefois, empêché un renforcement et une consolidation de couches affairistes, susceptibles de deveni un danger politique.

Lorsque nous avons parlé de l'organisation du travail, des stimulants, des salaires, etc., nous avons déjà mentionné les problèmes qui concernent plus directement la classe ouvrière. Il suffit d'ajouter ici que la classe ouvrière augmente constamment aussi bien dans l'industrie proprement dite que dans la construction et qu'il y a une tendance à la diminution de la main-d'œuvre engagée dans la zafra (grâce à une mécanisation plus poussée). Nous avons déjà signalé l'expansion considérable dans secteurs de l'enseignement et de 'a santé publique. Quant aux différenciations internes, que nous avons aussi mentionnées, elles ont, en simplifiant au maximum, une double origine : soit elles découlent de conditions préexistantes (rappelons les polémiques sur les salaires « historiques ») soit elles dépendent de l'intégration dans des secteurs différents et de différents niveaux de productivité. Surtout après les décisions du congrès syndical de 1973, ce sont les différenciations du deuxième type qui pèsent davantage. Le choix prioritaire du système des normes et l'accentuation des stimulants matériels ne pourront ne pas œuvrer dans la même direction.

Lors des polémiques sur la faillite de la zafra des 10 millions nous avions expliqué encore une fois notre position fondamentale par rapport au problème des tendances bureaucratiques. Ces tendances et ces cristallisations avaient été énormément favorisées par l'absence de structures politiques permettant a la classe ouvrière de jouer effectivement son rôle de direction et aux couches alliées de la classe ouvrière de participer effectivement à la gestion de l'économie et de l'Etat. Le vide avait été comblé par un apareil de cadres moyens et supérieurs, fournis, à certaines étapes notamment, par l'armée ou appartenant à l'administration de l'Etat et du parti. Ce sont justement ces cadres qui ont eu des fonctions de direction de plus en plus considérables et ont adopté largement des méthodes paternalistes et autoritaires ; qui ont eu tendance à consolider leur position de pouvoir et à s'assurer des conditions de privilèges du point de vue social. Il s'agissait - faut-il le rappeler - de privilèges limités, par rapport aux privilèges existant dans les autres Etats ouvriers (19). Toutefois, les membres de cette couche jouissaient de conditions sensiblement différentes de celles des masses. C'est pourquoi les privilèges au niveau de la consommation, des logements, des moyens de transport (outre aux avantages liés au rôle de dirigeants, comme voyages à l'étranger, etc.) avaient une signification dépassant leur portée intrinsèque.

Par rapport à il y a tableau ne semble pas avoir changé substantiellement. La couche représentée par les cadres des différents appareils - de l'Etat, de l'administration, de l'économie, des syndicats, du parti, de l'armée — a maintenu sa position politique hégémonique avec tous les privilèges qui en suivent, bien qu'encore relativement limités. Le groupe restreint autour de Castro ne cesse de jouer un rôle absolument prépondérant. Ce groupe reste lié aux masses beaucoup plus que l'appareil en général et il s'efforce subjectivement de défendre les intérêts immédiats des masses sans perdre de vue les perspectives à plus long terme de la révolution. Toutefois, la couche dirigeante plus large - qui est l'expression des appareils aux différents niveaux - est décisive pour l'application des orientations du groupe castriste et elle peut, donc, conditionner sérieusement le choix même de ces orientations (qui, par ailleurs, nous allons le voir), subissent également des conditionnements internationaux. Il ne faut pas oublier qu'en U.R.S.S., dans les années 20, ce furent des couches analogues qui jouèrent un rôle déterminant dans le processus de dégénérescence bureaucratique. Les structures politiques

Etant donné la nature et les limites des cristallisations bureaucratiques existantes à la fin des années 60, la

De toute façon le tableau actuel dres et des dirigeants, dans leur bataille contre les tendances à la dépeut être synthé générescence bureaucratique s'iden-

La première tisé comme suit :

expérience d'organes fonctionnement, des carences et des distorsions qui marquent la société cubaine à cette étape et des conceptions générales de sa gestion. Ainsi, l'interdiction des tendances et des regroupements, m Implique une mutil la démocratie inter expérimentée avec gatifs par le mouve différentes étapes selon laquelle, si le indépendant de l' contre, être stricte au parti en accepta et sa discipline. es et sa discipline, e diciable (v. Thès 9. 1.b).

Le parti n'a cess et de s'organiser tères d'adhésions originaux par raj normalement appli communistes et su ner des garanties d'éléments opporti tes et de faciliter vriers et paysans confiance de leurs fois, la constructi faite fondamentale et l'appareil y a jo dérant. Il est sign mier congrès n'a pour cette année e les convocations lais de cinq ans. C que les pouvoirs seront très relatifs tion, en dernière que et l'interdiction des regroupemen pour les militants mation adéquate s et les divergence sommet, représent obstacles décisifs, tion du centralis léniniste. Quant à jeunesses, elle a t le deuxième dix ans en tout cas elle n'e de propagande e inspiré par une i trice et didactique.

Le mode de C fonctionnement du d'autant plus imp implications d'auta - que la direction conception de la pi parti dans la soc Nous l'avons déjà n des syndicats. Le ême temporaires, ation inévitable de ne. La conception des résultats nément ouvrier à des de son histoire, syndicat doit être Etat, il doit, par ment surbordonné nt ses orientations st egalement preju- t également préiué de se développer sur la base de criet de sélections ›port aux critères quées par les partis isceptibles de doncontre l'infiltration unistes et carriérisl'intégration d'ouqui jouissent de la camarades. Touteon du parti s'est ment par en-haut ué un rôle préponificatif que le preété convoqué que : qu'on prévoit pour iltérieures des dé› fait même indique de ces assises • Mais la concepinalyse, monolythi1 des tendances et its, l'impossibilité d'avoir une inforur les discussions is éventuelles au ent au départ des pour une applicame démocratique l'organisation des enu deux congrès, s après le premier : st qu'un instrument t de mobilisation léologie moralisaonstruction et de parti est un facteur ortant - et aux int plus négatives castriste adopte la rimauté absolue du lété de transition. mentionné à propos paragraphe des thèses que nous avons rappelé est sans ambiguité : « El partido orienta y dirige polticamente a los sindicatos, como orienta y dirige a todas les organizaciones e instituciones ».

On pourra remarquer, par rapport tifiait presque co bataille pour la cr politiques en con masses l'exercic veraineté. Comm lors de l'autocriti avait montré e conscient et d'êtr cer, bien qu'emp terrain. Quel b maintenant ?

Sur le plan tr incontestablemen dirigeant est all ments dans le ments dans le s nécessité de con de « pouvoir pop comprendre la d rents organismes société de transit

On lit dans un particulièrement i

« Le peuple trai classe ouvrière, une révolution souveraineté, ce dirigeante, le peu défendre de faç l'exprimer et il ne se soumettre, le possibilité de dé et, de plus, on d à travers lesquel directement, dan: sure possible, c/ de la société a mplètement avec la de pouvoir popu éation de structures ment représenté dition d'assurer aux cipation des ma = réel de leur soupouvoir à l'échel e nous l'avons vu, des de préparat que de 1970, Castro ont différencié ne n être largement dans la provinc e disposé à se plaopérations puren siriquement, sur ce lieu périodiquem ilan peut-on faire stéréotypé en U.

Stres Etats ouvr léorique, il y a eu toutefois, d'une t des développequi ne pouvait p ens que le groupe ens que le aroupe tion la gestion d tion la gestion d é jusqu'à saisir la ni des choix pol struire des organes ne représentent alaire » et à mieux ment qualitatif p ialectique des diffétion antécédente. et instruments d'une organisations de ion. faisant abstracti article de Gramma fonctionnement, mportant (20-10-74) : - faut-il le souli vailleur, dirigé par la - le vide déte est souverain dans des « institutions socialiste. Et cette droit, cette fonction ple travailleur doit la on explicite, il doit doit pas simplement peuple doit avoir la cider qui il délègue oit créer les canaux s peuvent participer s la plus grande mehacun des membres u gouvernement de laire a incontestableune forme de partisses à la gestion du le locale. Les méthoion et de réalisation ettement les élections e de Matanzas des lent formelles qui ont ent comme un rituel R.S.S. ou dans d'auiers (20). Il s'agit, expérience limitée as remettre en quesu pouvoir en général u pouvoir en general tiques décisifs. Elles donc pas un changear rapport à la situaL'existence d'autres , masse, même en on de leur mode de ne peut compenser gner encore une fois miné par l'absence • primaires » de décette société, à l'armée, à l'administration, de cette société... Dans notre pays manquent les institutions linéaires à travers lesquelles le peuple lement, ne dépa gouverne directement, les institutions tions essentielle qui émanent directement du peuple, c'est le cas des qui sont élues par le peuple. A partir duction, sanctior de ces institutions primaires devront du dernier congi découler, ensuite, toutes les autres des consultation institutions secondaires ». veaux, les décisi

Sur le plan pratique, le groupe dirinomique pour c geant a fixé et développé le plan tiennent à un c suivant: réorganisation du gouverneposé par les diri ment et de ses articulations en 1972, reau politique, S restructuration de l'appareil du parti, exécutif) et du g du comité central aux comités munima, 7-7-1974). cipaux, réorganisation du système Les syndicats judiciaire et réalisation du congrès talisation et un syndical en 1973, création d'organes base, bien qu'un de pouvoir local à l'échelle provinait été joué de cial dans la province de Matanzas en mort par l'ancie 1974, convocation du congrès du nien Lazaro Peñ parti en 1975. Jusqu'ici le calendrier les thèses et le a été respecté. La conséquence a été, congrès ont int toutefois, qu'un ordre de priorités définitions théor pour le moins discutable et l'adoption juste direction d'un gradualisme prudent ont remis des syndicats encore la solution du problème nunécessité qu'il méro 1, d'après les projets officiels, contre-partie de la généralisation à l'échelle nationale, Toutefois, les sy après l'adoption de la nouvelle Consvaient ne pas ssent pas les foncment consultatives : assemblées de proinées par les thèses ès syndical. Au-delà s aux différents nions sur le plan écohaque année apparercle restreint comigeants du parti (Bulecrétariat et Comité jouvernemen. (Gramont connu une revirenouvellement à la rôle de premier plan nouveau jusqu'à sa en bureaucrate stalia. Il faut ajouter que is débats du dernier roduit une série de iques allant dans une (différenciation nette par rapport à l'Etat. S représentent la l'administration, etc.). ndicats aussi ne pouressentir dans leurs structures, dans la formation des catitution.

mocratie prolétarienne, d'organismes élus et révocables, qui détiennent effectivement le pouvoir politique à tous les niveaux. Les tâches des organismes de démocratie prolétarienne ne pouvaient, d'autre part, être accomplies - comme certains l'ont prétendu - par des organismes tels que les C.D.R., dont les fonctions apparaissent nettement limitées à en juger par les textes officiels euxmêmes (v. par exemple, un texte de la Direction nationale des C.D.R. et un discours de Castro, Granma, 8-10-1972). D'autres organismes fina-

Is syndicales, par. mocratie prolétarienne, d'organismes élus et révocables, qui détiennent effectivement le pouvoir politique à les niveaux. Les tâches des organismes de démocratie prolétarienne ne pouvaient, d'autre part, être accomplies - comme certains l'ont prétendu - par des organismes tels que les C.D.R., dont les fonctions apparaissent nettement limitées à en juger par les textes officiels euxmêmes (v. par exemple, un texte de la Direction nationale des C.D.R. et un discours de Castro, Granma, 8-10-1972). D'autres organismes fina- aux textes soviétiques el même chinois, un plus grand doigté, de la dialectique d'ensemble de la société nouvelel. L'article significatif, déjà cité, explique en effet que le parti ne doit pas exercer son rôle de direction par des méthodes administratives ou coécitives, mais par son autorite politique, qu'il « n'y a pas de délégation exprimée pour exercer le gouvernement de toute la société, ni meme de la classe ouvrière », qu'il doit donc y avoir « des institutions à travers lesquelles se manifeste la délégation que le peuple fait de son droit de gouverner. » (Gramma, 20-10- 1974). Castro, pour sa part, a utilisé la formule : « Le rôle du parti, en accord avec les principes du marxisme-léninisme régit, dirige la société et l'Etat. Le Parti n'administre pas l'Etat. L'Etat ce sont les masses qui doivent l'administrer à travers leurs organes de pouvoir populaire » (Gramma, 4-8-1974).

Mais ces précisions et d'autres de la même teneur sont contrebalancées par les affirmations réitérées sur le Parti « organe dirigeant suprême de notre société et qui dirige non seulement les organisations partidaires et ses militants, mais également qui dirige les organes de l'Etat et les organisations de masse ei, également, doit diriger les organes du pouvoir populaire » (Raul Castro, Gramma 8-9-74) et qui a des fonctions comparables à celles du cœur et du cerveau dans l'organisme humain (Hart, Gramma, 22-12-1974) (22). Dans la pratique, l'hégémonie et la direction effectives ont appartenu d'abord, à l'organisation politico-militaire qui fut l'Ejercito Rebelde, ensuite au parti. Rien n'autorise, pour l'instant, à supposer que dans l'avenir la pratique tranchera dans un sens différent les ambiguités de certaines formules polyvalentes. Si l'on doit juger de l'affirmation de Castro ci-dessus la création des oraanis. tro ci-dessus, la création des organismes de pouvoir populaire ne devrait non plus comporter un changement radical.

Le texte de l'anteproyecto de constitution, publié récemment pour la discussion dans le parti et en dehors du parti, ne contient pas les éclaircissements ou les précisions nécessaires.

L'article 4 déclare que «tout le pouvoir appartient au peuple travailleur qui l'exerce par l'intermédiaire des Assemblées du Pouvoir Populaire et des autres organes del 'Etat qui en découlent, ou bien directement ». L'article suivant dit que « le P.C.C., avant-garde organisée marxiste-léniniste de la classe ouvrière est la principale force dirigeante de la société et de l'Etat, qui organise et oriente les efforts communs vers le 28 but élevé de la construction du socialisme et l'avance vers le futur communiste ».

Ainsi, on donn constitutionnelle no primauté du parti, conception du mo un choix gros de on ne saurait exclu dans une société classe ouvrière p dans un seul parti conditions, les ma naires pourraient solution. Mais, en f une pluralité de ter nisations issues de et respectant stric révolutionnaire, rep tie primordiale de tarienne, d'une dia sein de la société

En ce qui concer du pouvoir popul tences des assemt l'échelle locale so dans les termes de te de la province mandat doit durer demie.) On prévo suprême l'Assemb Pouvoir Populaire, peuvent aussi êtr dont la durée sera formes d'élection une loi ordinaire : tionnel on doit cor élue directement circonscriptions -de, nous l'avons vi à savoir elle ne comme le couronn ture de démocra désignation par les à des assemblées par contre, prévue art. 106). Si notre exacte, il y a eu à gement, puisque il Castro avait asquis e une sanction in seulement à la mais aussi à la nopartisme. C'est dangers. En effet, ire en absolu que de transition uisse s'organiser et, dans certaines rxistes révolutionprôner une telle rincipe, le droit à dances et d'orgala classe ouvrière tement la légalité résente une garandémocratie prolélectique réelle au de transition. ne les organismes aire, les compé›lées populaires à nt fixées, en gros, • l'expérience-pilode Matanzas (leur • deux années et it comme organe lée Nationale du dont les membres e révoqués, mais de cinq ans. Les seront fixées par Du texte constituIclure qu'elle sera sur la base des et pour une pério1, assez longue -sera pas conçue ement d'une structie soviétique (la assemblées élues • supérieures est, à l'échelle locale, interprétation est ce sujet un chany a un an et demi sé un svstème plus

Castro avait asquissé un systeme plus proche de celui en vigueur en U.R.S.S. à l'époque de la révolution.

Il faut souligner, pour compléter le tableau, que depuis un ceruain moment s'est accentuée une tendance très nette à imposer une conception monolythique sur le plan idéologiqueculturel. Dans ce sens le repli par rapport à toute une période de la révolution est incontestable. La formation idéologique se fait aujourd'hui surtout sur des textes calqués sur les formules et les interprétations de l'histoire utilisées par la bureaucratie de l'U.R.S.S. Cela a amené aussi bien à accepter une série de mystifications idéologiques tradiitonnels qu'à adopter des méthodes de polémique analoques à celles qui ont assuré une renommé douteuse à feu André Edaniv. Des tendances culturelles contemporaines et des tendances politiques d'extrême-gauche sont la cible de choix de telles polémiques (24). Le code de la famille adopté il y a quelques mois, est aussi un symptôme: s'il balaie une série de normes juridiques réactionnaires, il accepte, toutefois, d'une façon absolument statique la thèse de la famille « cellule essentielle de la société », en oubliant qu'une société nouvelle doit innover radicalement aussi en matière de rapports entre les sexes, de procréation d'éducation des enfants par la destruction finale de la « cellule familiale » traditionnelle (23). Des attitudes adoptées à plusieurs reprises sur le problème des homosexuels ou sur les mœurs de couches des générations nouvelles, apparaissent inspirées de la volonté d'exploiter des préjugés conservateurs, même si elles sont présentées comme une preuve de rigueur révolutionnaire. La politique internationale

Les orientations idéologiques-culturels, comme nous l'avons mentionné, sont dans une large mesure le reflet d'un conditionnement international. Les conséquences de ce conditionnement sont beaucoup plus lourdes sur le plan de la politique internationale à la suite des rapports plus étroits établis avec la bureaucratie de I'U.R.S.S., à partir de 1969-1970.

Dès que l'impérialisme américain déclencha ses attaques en 1959-1960, Castro comprit rapidement la nécessité d'une collaboration économique et militaire avec l'Union soviétique. Toutefois jusqu'à 1968, abstraction faite de quelques osciilations temporaires, cette exigence et la conclusion d'une série d'accords importants n'avaient pas empêché les dirigeants cubains de prendre des attitudes tout à fait indépendantes, de dénoncer la politique de Moscou en Amérique polique de Moscou en Amerique latine, de polémiquer ouvertement contre les partis communistes prosoviétiques les plus orthodoxes et de critiquer certaines conceptions et certains modes de contradictions de la société de transition appliquées dans I'U.R.S.S. stalinienne et post-stalinienne. Même l'attitude envers l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie en août 1968 n'avait pas marqué, en soi, un changement total. Si Castro acceptait la justification mystifiée de Moscou sur la nécessité de bloquer une opération de restauration du capitalisme, en même temps il n'hésitait pas à souligner les responsabilités de la bureaucratie.

Dans la période qui suivit, toutefois, à la suite d'une série de développements en Amérique latine (défaites de mouvements de guérilla, émergence de gouvernements milile Paraguay, etc.), mais elle renonça, taires réformistes Bolivie), victoire d' Chili, orientations politique étrangère tino-américains), la rectifia assez prof tique internationale tification était synt Castro en juillet 19

« Nous devons / travailleurs, aux paysans, aux révol l'heure inexorable arrivera en Amériq est tard. Nous ne de plans en vue d'i peut attendre 10, 1 Ceci pour les plu attendant que faire ré de capitalistes impérialistes yanke grons économiquer cialistes. »

1) Elle s'efforça boration la plus étr et les autres Etats mesure beaucoup Chine). Cuba entr CON. Il reconnut la de l'Union soviétiqu socialiste » non sei çant à toute critiqu en adoptant mên d'exaltation incon souvent à l'encon d'autres partis comr juillet 1975 Cuba vingt-quatre pays (dont le Chili et réunion qui a dé S.E.L.A. (Système E Américain) »,

2) Elle rechercha et des alliances no le régime d'Unitad mais aussi avec le au Pérou, de Torri Péron en Argentine vernements d'Ecau zuela (27). Plus, en quissa une politique caux avec les pays à l'occasion on u «tiers monde », à auparavant). D'aprè de Carlos Rafael Ro maintenant une int que latino-américa au Pérou et en en ligne générale, à faire des analyses Unitad Popular au politiques ponctuelles et, à plus forte nouvelles dans la raison, à donner des indications de d'autres pays lanature tactique et stratégique. Dans la direction castriste mesure où elle esquisse des orientaondément sa politions, celles-ci ne se distinguent pas La première recbeaucoup de celles des partis comhétisée par Fidel munistes d'Amérique latine, avec qui 172 : les rapports ont été normalisés. Toute lous intégrer aux trace de polémiques style 1965-67 a ouvriers et aux disparu. utionnaires quand Dans les derniers mois, finalement, de la révolution Cuba a fait des efforts considérables ue latine ! Mais il pour rétablir des rapports avec les pouvons pas faire Etats-Unis. La crise de l'O.E.A., où la ine intégration qui ligne de Washington se heurte à une 5, 20, 25, 30 ans... hostilité de plus en plus grande, et les s pessimistes. En difficultés que l'impérialisme rencon? Petit pays entoutre à l'échelle mondiale, offrent des , bloqué par les marges de manœuvre que le gouveres, nous nous inténement cubain exploite à juste titre. nent au camp so- Une normalisation éventuelle des rap-

Sports entre La Havane et Washington d'établir la collaaurait, toutefois, assez probablement site avec l'U.R.S.S. la conséquence d'accentuer ultérieuouvriers (dans une rement certaines des tendances qui moindre avec la se sont développées à partir de 1 dans le COME- 1968-69. primauté absolue le dans le « camp Quelques conclusions alement en renone ou réserve, mais La conclusion générale à tirer de ne une pratique l'analyse que nous avons esquissée ditionnelle allant (malheureusement, répétons-le, sur la tre de l'évolution bases des données incomplètes), est nunistes (26). « Fin que dans les structures de l'Etat cua participé avec bain aucun changement qualitatif ne latino-américains s'est produit par rapport à 1970. C'est le Brésil !) à une la résultante non pas d'une cristallicidé de créer le sation de la situation, mais de l'action conomique Latinode tendances différentes et en partie contradictoires. Plus concrètement : des convergences des initiatives politiques et des mesuin seulement avec res ont été prises qui ont empêché un Popular au Chili, renforcement ultérieur des appareils régime de Velasco et un élargissement des privilèges los à Panama, de des bureaucrates et qui ont favorisé I et avec les goudes mobilisations des masses, en stidor et du Venemulant, dans certaines limites, leur général, elle esesprit critique. Mais en même temps des rapports ami- l'absence prolongée d'organes de déi dits non alignés mocratie prolétarienne à l'échelle tilisa l'expression nationale, l'adoption de certaines forjuste titre critiqué mes d'organisation du travail, l'ins des déclarations fluence croissante de I'U.R.S.S. (qui, ›driguez, on prône entre autres, éduque un nombre conégration économisidérable de techniciens et de cadres ine ne présuppomilitaires) ont joué en faveur de forsant pas une « similitude de régime ces et tendances qui peuvent véhisocial et économique » et dont la colculer une dégénérescence bureaucralaboration entre des entreprises d'Etat tique. mexicaines et des entreprises cubai- Plus généralement, l'expérience nes sur le plan de l'industrie mécanicubaine de ces années amène à que serait un premier exemple (Le constater, encore une fois, qu'au-delà Monde, 16-1-1975). des différenciations découlant de fac-

3) Elle ne cessa d'exprimer sa soliteurs spécifiques (contexte sociodarité aux mouvements qui luttent économique d'avant la révolution, for-

Get évolution des groupes dans des pays latino-américains opmation primés par des dictatures (à part le dirigeants) des conceptions et des Chili, notamment le Brésil, l'Uruguay, méthodes dans une large mesure analogues ont tendance à prévaloir dans les sociétés de transition surgies jusqu'ici. Nous ne nous référons pas seulement aux similitudes structurel*les (étatisation de l'industrie, survivance d'un secteur non collectiviste à la campagne, etc), mais aussi à des traits plus précis. L'élaboration des plans économiques se realise essentiellement au sommet, dans des cercles restreints ; les normes, les stimulants matériels et l'« émulation socialiste » sont à la base de l'organisation du travail ; le parti exerce son hégémonie et son contrôle sur toutes les institutions et les organisations, des organes de « pouvoir populaires » aux syndicats, avec interdiction non seulement d'autres organisations politiques de la classe ouvrière respectant la légalité révolutionnaire, mais aussi de tendances ou regroupements au sein du parti-guide ; la généralisation de rapports proprement collectivistes à la camagne est remise à des échéances indéfinies ; l'édification d'une économie collectiviste est conçue dans un cadre de rapports privilégiés avec d'autres Etats ouvriers (cela est moins vrai, à l'étape actuelle, pour la Chine), mais non sur la base d'une véritable intégration économique supranationale. Finalement, la politique internationale subordonne les intérêts du mouvement ouvrier mondial et des masses des autres pays aux intérêts propres d'un Etat et de sa couche dirigeante.

Si tous ces éléments, qui existent dans les Etats ouvriers degénérés, se cristallisaient définitivement à Cuba aussi, si Cuba restait encore pour une longue période isolé dans le continent américain en subissant, en même temps, des conditionnements lourds par l'U.R.S.S. bureaucratisée, l'Etat ouvrier cubain connaîtrait inévitablement à son tour un processus de dégénérescence analogue à celui d'autres pays où le capitalisme a été renversé.

D'après les analyses que nous avons esquissées dans le passé et notre analyse actuelle, cette dégénérescence ne s'est pas produite avant 1970 ni ne se produit maintenant. Nous nous sommes efforcés d'indiquer dans quel sens Cuba se distingue des autres Etats ouvriers. RappeIons ici, d'une façon sommaire, que dans aucun autre pays le rôle nécessaire des organes de « pouvoir populaire » a été réaffirmé si nettement, aussi bien sur le plan théorique que par l'agitation politique et aucun autre pays n'a vécu une expérience si significative, même si limitée, que celle de la province de Matanzas (évidemment, exception faite pour I'U.R.S.S. à l'époque de la révolution d'octobre et dans les années immédiatement suivantes). Même la conception de la primauté du parti est exprimée dans des termes plus nuancés et avec une compréhension qu'on chercherait en vain dans les textes soviétiques ou chinois, de la dialectique globale d'une société de transition. Des considérations analogues s'imposent en ce qui concerne les syndicats, sous l'angle aussi bien de la définition théorique que de la participation active des masses. Plus en général, malgré le paternalisme et les tendances bureaucratico-autoritaires, le groupe dirigeant a réussi à maintenir avec les masses des rapports assez étroits, Il n'a cessé d'avoir leur confiance et il a pu compter aux échéances importantes sur leur mobilisation active et consciente. Les privilèges dont jouissent les dirigeants et les cadres des appareils restent, beaucoup plus limités que ceux des bureaucrates des autres Etats ouvriers.

Même les orientations de politique internationale, qui pourtant représentent l'élément le plus négatif du bilan du point de vue des intérêts de la révolution latino-américaine et mondiale, ne s'identifient pas complètement avec celles de l'U.R.S.S. et des autres Etatsouvriers. Rappelons, par exemple, la façon — critique - où les Cubains ont présenté la visite de Nixon à Pékin ; leur interprétation des accords entre I'U.R.S.S. et les EtatsUnis en été 1973 ; leur définition correcte des accords de Paris sur le Viêtnam comme étant « une victoire initiale » ; leurs réflexions sur la défaite chilienne qui impliquèrent une réaffirmation explicite de la nécessité de la rupture révolutionnaire, de la lutte armée et de la « dictature populaire » ; leur prise de position sans ambiguité sur la question du pétrole face aux autres pays « non alignés » et en défense des pays sousdéveloppés les plus frappés par les décisions des pays producteurs et des trusts internationaux ; la solidarité de Castro avec le mouvement de libération d'Erythrée ; leur refus de toute tendance au « messianisme national » (28).

Tout cela prouve qu'une différence subsiste entre Cuba et les autres Etats ouvriers. Et tout le tableau que nous avons esquissé nous autorise à repousser l'idée que la dégénérescence bureaucratique est un fait accompli à Cuba aussi et qu'il serait donc nécescore do luttar nour le renversement saire de lutter pour le renversement d'une direction exprimant les intérêts d'une caste privilégiée, pour une révolution politique antibureaucratique.

H est nécessaire de rappeler Ici est nécessaire de rappeler ici rapidement quelques critères d'ordre général. Le saut qualitatif dans un enceanold processus de dégénérescence bu30 reaucratique ne pe avec la même préc qualitatif d'un Etat Etat ouvrier. La rai est que, d'après la kyste, la dégénéres ut pas être saisi les masses n'est pas encore si nette, ision que le saut les structures politiques ne sont pas bourgeois à un si sclérosées, les privilèges si larges son fondamentale et consolidés qu'on doive exclure conception trotstoute possibilité de renouvellement cence bureaucarpar des corrections et des réformes, d'une lutte de l'intérieur pour rétablir tique se produit da société de transitio rapports de produc que la bureaucratis en question (qu'une bureaucratique pui conditions, implique de restauration cap demment un autre F

L'expérience de mutandis, des autre sition pendant un permet de définir trois types de bure a, en premier lieu, bureaucratiques dans la période qu ment du capitalisn tions découlent, en de l'impossibilité c diatement après la voir une participa généralisée des ma de l'économie et de sibilité d'éviter que des positions dirig appareils detienner ne peut être contr ment, de l'impos rapidement des con égalitaires en supp de nouveaux privilè que cela vaut d'aut pays économiquem ment arriérés et o pouvoir se réalise tions particulièreme re civile prolongé crise économique, que cette notion d déformations burea utilisés par Lénir IU.R.S.S. au con années 20.

Il y a, ensuite, un bureaucratisation a un phénomène, po tologique. Les ouvrier, le parti, syndicales, etc., moins en moins dé l'appareil et les g aux différents niv plus en plus leur po ou supprimant la masses. Une couch cant de privilèges ns le cadre d'une d'une lutte de 1, où existent des la démocratie ¡ tion collectivistes monie réelle ition ne remet pas phase de bure • dégénérescence que I'U.R.S.S. sse, à certaines depuis la mort er une dynamique fin des années italiste, c'est évi- Il y a, finaler iroblème). bureaucratie, d IU.R.S.S., mutatis véritable caste s sociétés de tranpolitiquement l demi-siècle nous masses laborie trois phases ou parti et les or aucratisation. Il y ments de sa d des déformations truction de tou presqu'inévitables a acquis d'un suit le renversestable des co le. Ces déformament et soc dernière analyse, Dans de telles le réaliser immépondantes à ce conquête du poutir des année tion effective et Trotsky dans L sses à la gestion la classe ouvri l'Etat, de l'impos- n'ont d'autre is ceux qui occupent une révolution leantes dans les cratique, qui re it un pouvoir qui nante en recon: ôlé que partielleprolétarienne, 6 sibilité d'assurer trument politiq litions d'existence nécessaire pou imant les germes lutte. Du point ges. Il est évident des révolution ant plus pour des justement de ent et culturelleciété de transit i la conquête du stade de burea dans des condique un change nt difficiles (guertifs et de méth e, guerre, grave C'est un ci etc.). Rappelons élémentaire qu 'Etat ouvrier avec la nature soc ucratiques fut déjà possible que s ie à l'égard de mènes dans leu nmencement des dynamisme. En facteur, on risq type ou phase de extrapolations ui représente déja des conclusion ur ainsi dire, paturées. C'est rganes de l'Etat Trotsky s'est les organisations sens de l'évo fonctionnent de l'Etat ouvrier mocratiquement et d'Octobre, en roupes dirigeants ces opposition baux exercent de de politique de suvoir en réduisant tifier la caract participation des fait, le process e dirigeante jouisde la moitié de • matériels comrectiligne, engl l'intérieur pour retablir prolétarienne et l'hégédu prolétariat. Cette aucratisation fut celle a traversé, en gros, de Lénine jusqu'à la 20. nent, une phase où la evenue désormais une dominante, a exproprié a classe ouvrière et les uses, a transformé le ganisations en instruomination par la deste démocratie interne, e façon relativement inditions économiqueialement privilégiées. conditions - corresIles de I'U.R.S.S. à pars 30, analysées par .a révolution trahie — ère et la paysannerie sue que de lutter pour politique antibureauinverse la caste domistruisant la démocratie et de se donner l'insue et organisationnel ir mener à bien cette de vue de la stratégie naires il est décisif déterminer si une soion a atteint ou non ce lucratisation qui impliement radical d'objecodes. itère méthodologique 'une caractérisation de iale d'un pays n'est i l'on saisit les phénoir globalité et dans leur isolant tel ou tel outre ue de tomber dans des arbitraires ou de tirer s pour le moins prémapourquoi l'analyse de efforcée d'indiquer le lution d'ensemble de issu de la Révolution polémimiquant contre s qu'à chaque tournant : Staline voulaient recérisation de base. En us en U.R.S.S., à partir is années 20, fut assez obant tous les terrains.

sant de privileges materiels, comreculigne, eng mence à se former et à se cristalliser. Les bureaucra En même temps, la défense des posividant progres tions acquises devient le ressort de la tenu le cent politique internationale au détriment dans le parti des nécessités de l'expansion des les soviets.

tes commencèrent en sivement de leur conralisme démocratique et la démocratie dans insuite, ils écrasèrent toutes les oppositions, en excluant luttes révolutionnaires à l'échelle du parti et en frappant par des memondiale. Toutefois, la séparation entre la bureaucratie en formation et sures de répression de plus en plus dures tous ceux qui résistaient à leur cratique cristallisée a imposée sa domination aux masses par des usurpation. Ils arrachèrent des priviméthodes autoritaires et répressives lèges de plus en plus considérables portant sans lesquels la guérilla aurait pu rester isolée. » (Granma, 3-11-74).

• La révolution sociale n'aurait jamais pu se réaliser avec la révolution actuelle ment impossible sans Si dans les régions oi pour des raisons top avait pas d'usines, i avait paysanne dispersée, dans ces conditions le rôle fondamental.

Mais bien vite, les des plantations de ca grandes latifundias d Sierra Maestra comm dre aux forces rebel de canne, les rama d'autres ouvriers ag Mais Cuba ne se co ment de montagnes e les seuls paysans :

aurait été absolula classe ouvrière ! i la lutte commença sographiques, Il n'y nais une population 1 était logique que les paysans jouent ouvriers agricoles nne à sucre et des e la région de la encèrent à se joinles : les coupeurs isseurs de riz et ricoles apparurent. mposait pas seuleit de champs; il y avait la capitale, Il y villes. Dans la capital des villes il n'y avait n'y avait que la cla tard la révolution au ses ennemis de l'extér lutte décisive, à la v laquelle la nation dut ennemis extérieurs, dut jouer un rôle dé commune, dans l'allia sans la classe ouvrie idéologie, l'idéologie vrière : le marxismepour le socialisme, communisme. • (Gran

• et dans 1 pas de pa sse ouvriè ra à s'affi ieur ; et da àla mo : s'affronte la classe sisif. Dans nce avec ire a appo de la cla léninisme, la lutte na. 26-5-74 es granysans, il re. Plus ronter à ns cette rt, dans r à ses ouvrière la lutte les payirté son sse oula lutte pour le ).

(2) * D'un contrepartie autre

: un am il i, un vérita eu la ble ami

Monde, 14-1-1975).

(5) Cela malgré deux années et 1974 — de sécheresse.

(6) L'industrie des matériaux construction a enregistré en 1974 d'augmentation de 11% par ra

- 1973 pour la un taux ipport à

1973.

(7) L'augmentation de la population serait de 200 000 unités par an Granma, 26-5-74). En 1975 la population totale a atteint les 9 millions : elle était de 7256 287 en 1964 (un million et demi de plus qu'en 1953).

(8) Au XII° congrès syndical Castro a cité des données significatives en matière de produits importés par Cuba.

(9) Quelques données pour indiquer la portée des problèmes. En 1974 les travailleurs des constructions étaient 280 000. Pour 1980 on prévoit une pro-

June 31 en se détachant économiquement et en jouissant d socialement de la classe ouvrière et tiels ; et que de la paysannerie. Non seulement ils l'échelle intern abandonnèrent la stratégie révolutiondes défaites ma naire de l'internationale Communiste ouvrier ou va, et du Parti bolchévique de l'époque contre de ses de Lénine, mais ils provoquèrent, di- C'est pourqu rectement, par leur politique soit lutionnaires ne néo-menchévique soit aventuriste, des leur attitude. défaites terribles du mouvement oupas d'envisager vrier et communiste mondial, comme le renversemen en Chine et en Allemagne. Trotsky et pour la for arriva à ses conclusions sur la crisparti, mais de c tallisation d'une caste dominante butendances et al reaucratique et sur la nécessité de bles d'impulser lutter pour la construction d'un noutionnaire, de co veau paru et a une nouvene imerna veau parti et d'une nouvelle Internaconceptions bu conceptions Du tionale et pour une révolution politinoncer toute at que après avoir analysé ce procesles nécessités sus d'ensemble. Il est significatif que naire des masse le stimulant le plus immédiat dans ce nécessités diplo sens fut la défaite du prolétariat allede l'Etat cubain mand face au national-socialisme dont développer une le P.C. allemand et l'Internationale tions non-lénin stalinisée, eurent une très lourde au monolythism responsabilité (23). rel, à l'adaptatic ll n'est pas possible de rappeler ici miste des partis les processus qui se déroulèrent dans cratisés. les Etats ouvriers d'Europe orientale Mais à cette et d'Asie. En Europe orientale et d'Asie. En Europe orientale ont lutionnaires con lutionnaires con joué un rôle décisif le contrôle polition socialiste à tico-militaire et les tendances à l'astant contre l'im similation structurelle de la part de renversement de I'U.R.S.S. bureaucratisée. En Chine, bourgeoisie dar ont pesé lourdement le caractère monde et notai partiel de la destruction de l'ancien pays d'Amérique appareil d'Etat, les méthodes et les conceptions bureaucratiques imposées déjà dans les zones libérées du e privilèges substanson intervention à ationale a provoqué jeures du mouvement globalement, à l'enintérêts. si les marxistes révodoivent pas rectifier .eur orientation n'est à Cuba une lutte pour t du groupe dirigeant nation d'un nouveau lonner un soutien aux ix initiatives susceptila démocratie révolu›mbattre méthodes et reaucratiques, de déreaucratiques, de detitude qui subordonne de la lutte révolutions des autres pays aux matiques et politiques et de sa direction, de critique des concepstes, des tendances 3 idéologique et cultuin à la stratégie réforcommunistes bureauétape aussi les révotribueront à l'édificatribueront à l'édificaCuba surtout en lutpérialisme et pour le = la domination de la 1s d'autres pays du nment dans d'autres : latine.

Livio MAITAN pays, la formation bureaucratique stalinienne du groupe dirigeant et des

(1) Les problèmes de la nature de la l'évolution fut donc différente, qu'en cadres décisifs. Dans les deux cas, révolution cubaine dès la période de la lutte contre Batista, du rôle des difféUnion soviétique, avec un décalage rentes classes sociales, de l'idéologie de beaucoup moins grand entre le la révolution et du contexte international point de départ et le stade de crisont été posées à plusieurs reprises par tallisation de la bureaucratie en tant des dirigeants cubains. Pour nous limiter que caste dominante (puisque une à une période récente, voilà ce qu'a dit

Armando Hart en octobre 1974 : période de démocratie prolétarienne

• La large base d'appui sociale que comparable à celle de la période récomparable a celle de la periode relui apportent (à la guérilla) et apportèrent volutionnaire en U.R.S.S. n'a jamais divers secteurs de la population urbaine existé). Dans un certain sens les difla lutte de résistance, les sabotages et férents stades ou types de bureaules grèves qui se déclenchèrent dans cratisation se sont entrelacés sans toute la nation, le fait que la guérilla des distinctions nettes. cubaine interprétait une grande exigence

Sur la base de l'analyse esquissée, de caractère national et de type démonous estimons quel 'Etat ouvrier cucratique et les méthodes politiques unitaibain n'a absolument pas parcouru les res de Fidel sont des aspects de l'histoire de notre révolution que l'on doit étapes qu'a parcourues l'Union soviéanalyser avec beaucoup d'attention pour tique et il n'a pas connu des procescomprendre les raisons du triomphe révosus analogues à ceux des pays de lutionnaire du 1°r janvier 1959. Car si la l'Europe orientale ou de la Chine. On guérilla et l'armée rebelle jouèrent un pourrait discuter si la situation exisrôle décisif dans la victoire, l'appul de divers secteurs sociaux et, en particulier tante actuellement peut correspondre au premier stade ou au deuxième. urbaines et des paysans des zones rudes ouvriers et des étudiants des zones Mais, en tout cas, elle ne correspond rales, combiné à des facteurs politiques pas au troisième. On ne saurait affirutilisés de façon magistrale par Fidel, mer, en effet, qu'une caste bureaumer. en effet. au'une caste bureau. constituèrent également des facteurs imqui a agi envers n ous avec un haut niveau de générosité , de désintérêt et defraternité. Vraimer it, c'est pourquoi nous avons dit que la L révolution cubaine a surgi à u in moment , au moment exact. - pas un e minute avant ! - où les rapports de forces, les grands changements qui étaient en ours dans le monde rendirent possible no rendirent possible no tre réalité d'auiour. tre réalité d'aujourd'hui. • (Granma, 14-1 -73).

(3) Au commencem ent de 1974 la dette cubaine envers I'U.R .S.S. était calculée d'après la Docum entation française (п. 231-32, 1974), à 4 -5 milliards de dollars. Le remboursem ent devra se faire dans le délai de vi ngt-cinq années, à partir de 1986 (v. les i accords, Granma, 14-1-73). (4) 11 cents est aus si le nouveau prix accepté par I'U.R.S.S , bien qu'avec une réduction du volume en même temps (Le Monde, 14-1-1975).

avait les grandes communisme. • (Granma, 26-5-74 côté ous avec un haut

, de désintérêt et it, c'est pourquoi

L révolution cubaine

, au moment exact.

avant ! - où les les grands changeours dans le monde tre réalité d'auiour. tre réalité d'aujourent de 1974 la dette

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-5 milliards de dolent devra se faire ngt-cinq années, à i accords, Granma, si le nouveau prix

, bien qu'avec une réduction du volume en même temps (Le duction plus que doublée avec une augmentation de 140 000 travailleurs. Dans la même année les travailleurs engagés dans la zafra devraient être moins nombreux que les travailleurs des constructions (Granma, 5-12-74). Les tensions découlent, par ailleurs, du développement de secteurs, dont l'extension représente Incontestablement une conquête de la révolution : fin 1975 les travailleurs de l'enseignement seront 250 000 et ceux de la santé publique semble 400 000, à savoir un travailleur sur six Granma, 16-12-75). Dans d'autres cas des tensions sont le produit d'une abondance relative d'argent - déterminée par des augmentations de salaires dans une situation de pénurie relative de biens de consommation - qui amène des femmes à quitter leur travail. Castro a condamné cette tendance au congrès syndical de novembre 1973 en l'attribuant aussi au « machismo » et « superhomd'électroménageurs en 1974 (Bohemia, n. 7, 1975, page 55). (15) V. Bohemia ibidem. D'après Velga en 1974 1 511 185 travailleurs ont souscrit l'engagement individuel pour l'émulation.

(16) L'un des moyens adoptés pour obtenir le déséquilibre a été une augmentation de certains biens, par exemple, les cigares et les boissons. D'autres augmentations, par exemple, de l'énergie électrique et de l'eau, visaient surtout, d'après les déclarations officielles, à ornanisation de leunesse. Dans la moitié organisation de jeunesse. Dans la moitié des circonscriptions environ un ballotage a été nécessaire.

• L'organisation syndicale ne fait pas partie de l'appareil d'Etat, ce n'est pas une organisation étatique. Elle ne dépend d'aucun ministère.. ou aucun autre organe de l'appareil d'Etat... Le syndicat doit servir de contre-partie à l'administration. • (Granma, 2-9-73).

(22) Hart souligne en même temps que ceux qui ne sont pas du parti jouissent de tous les droits assurés aux travailleurs, mais ils n'ont pas • l'honneur et le prestige social que le peuple octroie aux militants du parti ».

(02) lae dálénués sont élue par les (23) • Les délégués sont élus par les circonscriptions. Et il élisent les délégués des régions; ils élèvent les délégués au pouvoir populaire national. » (Granma, 4-8-74).

(24) Pour donner un exemple, aussi bien les thèses syndicales que le projet de constitution défendent • le principe socialiste : chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail », attribué par Castro à La critique du programme de Gotha. En réalité, Marx n'a pas utilisé une telle formule qui fut, par contre, Inscrite dans la constitution stalinienne de 1936 par une mystification dénoncée à l'époque dice à La polémiques times sont, comme Ma 85, par par Trotsky (dans une appenrévolution trahie). Quant aux de style jdanovien, leurs vicpar exemple, des intellectuels rcuse, Dumont ou Karol, dont onnels la puissance. paternelle et il les enfants sonnes ».

(26) Dans autres pays nier voyage des discou: Jusqu'à affi

Indique 1 dans le s maîtres le proj primauté a formule socialiste , Castro is dytiran rmer que e devoir d'éduquer respect pour les et les autres peret de constitution de l'U.R.S.S. s'ex: = l'U.R.S.S. et les s ». Après son der• fait sur I'U.R.S.S. biques, en allant le marxisme-lénil'oenrit de la Révo. l'esprit de la Révolution d'Octobre. Ur inconditionnel a été reprises au régime de Husak. Fidel Castr • Quand ( les process s'institutionnalisent e travers des institutio quates, — comme ce la révolution bolché plus de cinquante ans, interruption et dont r continuera à progress quelle grande stabilit peuples, de quelle gr sent ces nations appul également assuré à plusieurs superbureaucratique › a dit récemment : us révolutionnaires t se consolident à ns réellement adéla s'est passé pour vique, qui a déjà qui progresse sans Ious savons qu'elle er -— nous voyons i cela donne à ces ande stabilité jouisces collectivitéssœurs quand elles s'organisent bien, s'institutionnalisent quand elles bien, de lutter contre

(Granma, 25-11-73).

(17) V. par ex., principe du choix véritables gaspillages

Granma, 26-5-74. Le volontaire est inscrit aussi dans le projet de constitution (art. 20) qui en outre donne une légitimisation constitutionnelle à la prohibition de louer les terres, d'introduire des formes de métayages, etc. et de faire des crédits hypotécaires.

(18) A propos de l'exode qui concerne notamment les jeunes, le discours de Castro au congrès de l'A.N.A.P. fin 1971. Dans ce discours Castro dénonce aussi les entreprises des spéculateurs du marché noir, qui lèsent les Intérêts des paysans. En ce qui concerne les différenciations parmi les paysans, une analyse du Monde, déjà citée, fait référence un propriétaire de la zone entre La Havane et Pinar del Rio, qui produit des agrumes et du tabac et qui embauche pour son administration et gestion un mavordomo et six emplovés. La producmayordomo et six employes. La proauction par les paysans de viande, fruits, légumes, lait augmente; le tabac est l'un des produits principaux du secteur (Granma, 10-5-(4)- (Granma, 10-3-74).

(19) II est possible que les privilèges soient également limités au Vietnam du Nord, mais nous ne disposons pas d'éléments suffisants pour l'affirmer avec cerments suffisants pour l'affirmer avec certitude.

(20) V. aussi le discours de Castro du 26 juillet de 1974 et un discours de Raoul Castro (Granma, 8-9-74). Aussi bien dans la diecoure de Raoul que dans l'article le discours de Raoul que dans l'article cité il y a une justification concernant le passé : dans les premières années de la révolution les conditions nécessaires pour la création des organes du • pouvoir populaire », n'existaient pas et il y avait d'autres tâches économiques. de défense militaire plus urgentes. L'ar gumentation n'est évidemment pas convaincante. Il suffit de rappeler que. d'après les dirigeants cubains eux-mêmes, l'échec économique de 1970 fut déterminé dans une très large mesure par les connorte défaillants avec les masses. La rapports défaillants avec les masses. La situation aurait été bien différente si des organes de type soviétique avaient existé.

(21) Chaque circonscription - d'environ 1000 électeurs dans les zones urbaines, un peu moins dans les zones rurales - a élu un représentant. Les organismes élus, dont les membres sont révocables, ont une vingtaine de membres environ. Les candidats ont été choisis — par des votations différenciées — dans des assemblées publiques des instances Intéressées (auxquelles ont participé, au total, plus que les 70% des électeurs). Les candidats ont été 4712, les élus 1014, dont plus que les 41% n'appartenaient pas ni au parti ni à son brismo ». par elle-même a eu le résultat voquer rapidement l'intégration production de 100 000 personnes

(11) Le congrès des femmes d'après l'appréciation de Castro trait, par exemple, l'achat d'une textile (Granma, 8-12-75).

(12) • La liaison des hommes salaire et l'adoption de prime salaire et ladoption de prime national syndical : = Chacun rétribué d'après la quantité et de son travail. Qui travaille mieux doit recevoir davantage. par son travail régulier donne à la société, doit recevoir d'elle, en juste proportion avec bution.» bution. payé (Le Monde, 14-1-75). 32 de prodans la cubaines permetfabrique avec le de rétridoit être la qualité plus et Celui qui davantage davantage sa contriest la tâche décisive pour notre économie », a déclaré le f°r mai de l'année passée Roberto Veiga, secrétaire général de la C.T.C. qui a ajouté ensuite : - Le stimulant matériel représenté par le lien des normes avec le salaire ne nie pas, mais au contraire réaffirme la nécessité d'exalter avec force les hautes valeurs morales qui existent dans notre peuple travailleur. » Ces mêmes idées étaient exprimées dans les primées dans les thèses du XIII° congrès thèses du Xill congres les analyses sont grossièrement falsifiées et qui sont souvent caractérisés comme agents de la C.I.A. (sans aucun effort de le démontrer...). Les « gauchistes », vers qui les Cubains eurent dans le passé une attitude différente de celle des bureaucrates staliniens, sont également l'objet de condamnations sommaires. Trotsky subit le même sort (v. dans Granma, 16-6-74), une distorsion ridicule de théorie de la révolution permanente).

(25) Certains articles du code ont un caractère parternaliste marqué. L'article réaffirme dans des termes

(10) Des cas de baisse de la productivité du travail par rapport à l'époque du capitalisme ont été dénoncés, par exemple, dans des usines de réparation du secteur sucrier (Granma, 25-11-73).

Une forme d'absentéisme, pour ainsi dire, radicale était la tendance, relativement fréquente, à ne pas chercher ou accepter du travail. C'est pour lutter contre cette tendance qu'on a adopté en 1971 la « ley contra la vagancia », dont l'introduction les analyses sont grossièrement falsifiées et qui sont souvent caractérisés comme agents de la C.I.A. (sans aucun effort de le démontrer...). Les « gauchistes », vers a approuvé la proposition de réduire la qui les Cubains eurent dans le passé une attitude différente de celle des bureauration de sucre (d'une livre par mois sur sept) dans le but d'obtenir un surplus crates staliniens, sont également l'objet supplémentaire de 50000 tonnes qui, de condamnations sommaires. Trotsky subit le même sort (v. dans Granma,

16-6-74), une distorsion ridicule de théorie de la révolution permanente).

(25) Certains articles du code ont un caractère parternaliste marqué. L'article bution qui rend possible l'augmentation ex., assez traditi de la production et de la productivité de la production et de la productivite est la tâche décisive pour notre économie », a déclaré le f°r mai de l'année autorités, le passée Roberto Veiga, secrétaire général de la C.T.C. qui a ajouté ensuite : - Le stimulant matériel représenté par le lien l'idée de la des normes avec le salaire ne nie pas, prime par l mais au contraire réaffirme la nécessité d'exalter avec force les hautes valeurs morales qui existent dans notre peuple travailleur. » Ces mêmes idées étaient exprimées dans les thèses du XIII° congrès thèses du Xill congres nisme y règne, dans

(13) D'après des renseignements donnés par le dirigeant de l'usine d'Alquitex, près de La Havane, les salaires vont de à 250 pesos par mois avec un maximum de 350 pour le technicien le mieux

(14) Dans son rapport au Plénum de février du Conseil national de la C.T.C.

Roberto Veiga a donné des chiffres sur la réalisation du plan de distribution quand elles disposent des organismes adéquats pour marcher de l'avant. • (Granma, 8-6-75).

(27) I est inutile de répéter que des accords diplomatiques avec des pays comme le Pérou ne sont pas criticables en principe. Ce qui est inadmissible, du point de vue des Intérêts du mouvement ouvrier c'est de présenter comme • révolutionnaire » une direction bourgeoise - fut-elle réformiste.

(28) Dans un discours de septembre 1973 Castro a conclu un appel à la solidarité avec le Venezula en disant : • Peutêtre le destin réserve-t-il de nouveau au peuple de l'illustre libérateur un rôle significatif et décisif dans l'indépendance définitive des nations d'Amérique latine » (Granma, 6-10-74).

(29) Dans Etat ouvrier, Thermidor, bonapartisme, Trotsky a écrit : • Le régime de commandement actuel de Staline ne rappelle en rien le pouvoir des Soviets des premières années de la Révolution. La substitution d'un régime à l'autre s'est plusieurs degrés, au moyen d'une série produite non d'un seul coup, mais par de petites guerres civiles de la bureaucratle contre l'avant-garde prolétarienne. En fin de compte, la démocratie prolé tarienne a explosé sous la pression des contradictions sociales. Les exploitants, la bureaucratie a arraché le pouvoir des mains des organisations de masse.»

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