Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 9-10

Les révolutionnaires chiliens et le putsch

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 9-10 · septembre-octobre 1973 · p. 15-15 · 839 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Nous publions Ci-dessous Meditorial de « Réu-lution Permanente », jourral du Parti Socialiste E blutionnaire de la IVemu ternationale, écrit quelquet jours avar le coup d'Etat. Cet arricle montre que l'avant-jarde révolutionnaire chilienre était consciente de la dynarique melnccable de la situation et de la nécessité de se préparer rapidement à l'affrontement arme. Cependant, l'inflance encore majoritaire des reformistes a empêché que cette nécessité soit comprise per la grande majorité des masses et surtout que toutes les nesures nécessaires soient brises à temps. C'est ce qui a facilité la tâche des putschistes et cui a rendu beaucoup plus ardue la tâche des héroiques militants qui luttent lement contre les millies fascistes.

La conscience politique de classe du mouvement ouvrier révolutionnaire a fait des progrés considérables après le succes remporté contre la tentative de coup d'Etat du 29 juin dernier. Ces progrès s'expriment non seulement dans l'occupation de plus de 500 usines dans la zone de Santiago et autant dans le reste du pays, mais également, fondamentalement, dans l'armement du prolétariat qui a commencé à se réaliser dans des secteurs d'avant-garde de la classe ouvrière. Les embryons de pouvoir ouvrier et populaire, surgis essentiellement dans les cordons industriels, se sont renforcés et dans de nombreuses usines existe une dualité de pouvoir de classe entre la bourgeoisie et la classe ouvrière. Plus encore, est apparue une sorte de dualité de pouvoir dans les industries nationalisées entre la classe ouvrière et l'appareil d'Etat (représenté par les gérants nommés par l'Etat). Les ouvriers qui ont occupé les usines en juillet et août ont non seulement arraché le pouvoir réel aux patrons des usines privées, mais, dans les différentes industries, ils ont réduit de moitié les gérants bureaucratiques du secteur public. Il faut lutter pour que cette dualité de pouvoir s'exprime au niveau politique afin de commencer la lutte pour la conquête définitive du pouvoir. Actuellement, le pouvoir ouvrier passe par les cordons industriels. Pour reprendre les mots de la déclaration du cordon Vicuna Mackenna du 9 août : « le cordon est le pouvoir populaire ». La manière la plus efficace d'étrangler la bourgeoisie est de dépasser le réformisme, est que les ouvriers et les paysans passent ouvertement à l'offensive en renforcant le pouvoir ouvrier et populaire. Nous appelons à lutter pour que tout le pouvoir local revienne aux cordons industriels et aux commandos communaux, qui doivent confisquer les camions, réprimer les fascistes par le biais des tribunaux populaires, organiser l'approvisionnement à travers le JAP (Junte pour l'Approvisionnement Populaire) et résoudre les problèmes sanitaires en liaison avec les travailleurs de la FENATS et les médecins de gauche. Il est urgent de coordonner les embryons de dualité de pouvoir à l'échelle locale en appelant à la constitution ă brève échéance de l'assemblée du peuple qui non seulement discute mais se prépare surtout à s'attaquer au pouvoir politique. En dernière analyse, il s'agit d'établir sans la moindre équivoque que la lutte ne doit pas se limiter à étouffer les fascistes mais aussi et fondamentalement imposer une alternative de pouvoir au gouvernement qui est en train de capituler. Il est nécessaire de déterminer une stratégie claire, de prise du pouvoir en évitant de se disperser dans des questions conjoncturelles secondaires, ce qui a, en général, transformé certaines organisations révolutionnaires en simples groupes de pression sur la gauche traditionnelle. Les travailleurs ne peuvent pas continuer à avancer par des voies de traverse, sans moyens : cette situation est le fruit des capitulations des réformistes. On ne peut pas demeurer sur la défensive, en attendant que la bourgeoisie contraigne Allende à se démettre ou en subordonnant tout au fait que les militaires feront ou ne feront pas leur coup d'Etat. Il s'agit non seulement de se préparer à affronter le coup d'Etat mais également de s'organiser pour commencer la lutte pour la conquête du pouvoir. Le prolétariat et les organisations de la gauche révolutionnaire du MAPU (tendance Garreton) et du Partif Socialiste doivent prendre l'initiative politique en dépassant, à travers l'unité révolutionnaire, l'absence de direction révolutionnaire, afin d'établir une stratégie de prise du pouvoir, afin de se préparer sérieusement à commencer la lutte armée pour la conquête du pouvoir politique par les travailleurs. Il ne faut pas commencer la lutte armée quand le prolétariat entre dans une phase de repli qui pourrait succéder à des répressions massives de la part des forces armées, mais en pleine période de montée révolutionnaire des masses, comme la période actuelle. Les risques de déviation foquiste ou militaire seront surmontés non seulement par la compréhension, de la part des organisations révolutionnaires, des erreurs commises par les groupes guerilleristes d'Amérique Latine, mais également grâce au caractère de masse que prendra la lutte armée au Chili, avec l'intégration de milliers d'hommes et de femmes travailleurs dans l'Armée Révolutionnaire du Peuple. L'attitude décidée de la classe ouvrière sera un élément catalyseur qui permettra d'accélérer la crise actuelle au sein des forces armées et d'inciter les soldats et les marins à passer à la cause du socialisme. EN AVANT, PROLETAIRES, A L'ATTAQUE!

Une erreur sur cette page ?