J'un secteur nationalisé au Chili Une des caractéristiques de la « voie chilienne au socialisme » serait la realisation d'un processus conduisant graduellement le prolétariat à processus l'hégémonie dans la société par une transition sans ruptures. Ce transfert graduel de l'hégémonie politique découlerait de la réalisation des réformes économiques du système capitaliste. Ces réformes seraient le moyen d'un changement quantitatif du rapport de force entre les classes, au niveau objectif, préparant ainsi le renforcement de la position du prolétariat au niveau de la superstructure de la société. Ce renforcement donnerait lieu ai transfert du pouvoir de l'ancienne classe dominante à la nouvelle.
dérés comme fondamentaux. La question du pouvoir elle-méme, trouverait sa solution dans la résolution des problèmes économiques, « la politique suivant docilement l'économie » (5). Le transfert de l'hégémonie économique, sur le plan des rapports de production, conduirait à imposer l'hégémonie du prolétariat à l'ensemble de la société chilienne et ceci avec seulement quelques modifications signalées par Luis Corvalan (6). Cette façon - très particulière du point de vue historique - de traiter le problème du pouvoir, suppose une dynamique de la lutte des classes qui s'adapte aux nécessités - fixées géométriquement dans les sommets - de l'équilibre indispensable à la réalisation d'étapes distinctes dans le déroulement des transformations révolutionnaires. Ce n'est pas un schéma résultant d'une analyse de la dynamique des contradictions objectives du système et de ses conséquences au niveau de la lutte des classes, mais au contraire un modéle qu'il faut réaliser à partir du sommet et ceci au moment où se produisent les chocs inévitables entre les classes. Celles-ci, dans la réalisation de leurs intérêts historiques, pour résoudre la crise d'hégémonie politique dans la société chilienne, ne semblent pas respecter beaucoup les schémas. Ce qui apparait donc aux yeux perplexes de quelques bureaucrates comme une lutte entre l'anarchisme et les tenants d'un plan économique salvateur, entre le spontanéisme et la logique historique qui franchit les différentes étapes du long parcours de la révolution, entre les esprits fiévreux (qui veulent tout réaliser à la fois et immédiatement) et ceux qui savent que seule la planification rigoureuse peut amener la révolution, tout cela n'est que le reflet de la lutte des classes non contrôlée, qui sort des limites prévues par la « science » des bureaucrates Ainsi, le gouvernement de l'Unité Popu-
C'est la dynamique des rapports entre les transformations économiques et politiques qui est inversée de sorte que, et bien qu'il s'agisse « d'un appareil d'Etat de type bureaucratique bourgeois » (1), le gouvernement de l'Unité Populaire serait en mesure de changer le caractère des rapports de production dans la société en commençant par la construction de l'économie socialiste. L'élément clef de ce projet est la création et le développement d'un secteur de la propriété sociale (APS) dont la croissance dépendrait de deux facteurs : 1) Ce domaine du capitalisme d'Etat englobe les secteurs essentiels du point de vue du procès de l'accumulation. 2) La dynamique de reproduction des entreprises de ce secteur consoliderait l'hégémonie du domaine étatique sur l'ensemble de l'économie, subordonnant et limitant les conditions de l'existence du secteur privé. Luis Corvalan, secrétaire général du PC chilien, l'entend bien ainsi lorsqu'au Comité Central de son parti (28 mars 1973), il affirme : « le secteur étatique joue un rôle décisif dans la bataille pour la production et la distribution, dans l'arrêt de l'inflation, dans le changement des rapports de production, et dans le développement ultérieur de l'économie. La lutte entre l'ancien et le nouveau système se joue sur le terrain économique pour le renforcement du secteur étatique et sa prédominance croissante. Ceci ne suppose pas la 16 disparition du secteur privé, mais au contraire son maintien dans une dépendance harmonieuse et non contradictoire avec le systeme social » (2). L'APS joue le rôle central dans le passage d'un mode de production à un autre et son rôle actuel est remarquable car « ce qui est fondamental aujourd'hui et cette année, c'est d'obtenir la cohésion politique et la direction politique unique qui nous permettent de résoudre avec succès les difficultés et amener notre révolution » (3). La résolution des questions économiques urgentes et la nécessité d'une direction politique unifiée dépendent de l'élaboration d'un plan économique mis en application par une direction économique centralisée. Que ce soit du point de vue de l'utilisation totale des ressources et moyens disponibles ou de celui de « l'élimination de l'indiscipline sociale » (4), la réalisation de l'APS est un but essentiel car elle entrainera un « assainissement de l'économie » et par conséquent des comportements des agents sociaux qui la soutiennent, les travailleurs. Dans le même document, il est proposé -de façon apparemment matérialiste - la réalisation prioritaire des tâches de la « bataille de la production », résolvant sur le plan matériel les problèmes qui accablaient la société chilienne dans son ensemble. De même, la nécessité d'une direction politique unifiée dépend de la résolution des problèmes économiques, consi- laire, à partir du 4 novembre 70, commença à affronter la bourgeoisie qui n'attendit pas pour réagir violemment qu'on lui coupe une à une ses sources de richesse. Il dut affronter également la petite-bourgeoisie qui, malgré tous les cadeaux que lui fit gouvernement, appuya les réactions putschistes de l'opposition. Le gouvernement dut affronter avec surprise la classe ouvrière : le programme de l'Unité Populaire de constituer un secteur de la propriété sociale, très bien défini dans son élaboration initiale, fut remis en cause lorsqu'il fallut redonner une grande partie des entreprises contrôlées ou réquisitionnées - conformément au projet Millas - à ses propriétaires. I- LES PROJETS Dans cette étude, nous aborderons quelques problèmes concernant les rapports entre la classe ouvrière et l'APS, à partir des plans élaborés pour sa constitution, en examinant le processus réel de sa formation et en traitant quelques aspects de son fonctionnement ainsi que sa signification par rapport à une stratégie prolétarienne de prise du pouvoir. Etant donné que le programme de l'Unité Populaire ramène le problème de la conquête de l'hégémonie politique du prolétariat à celui de l'hégémonie d'un secteur économique étatique sur le secteur privé, ceci implique une série de postulats. On affirme que l'APS a des caractéristiques particulières: les rapports de production dans ce secteur seraient qualitativement différents de ceux qui régissent le reste de la vie économique. Ceci impliquerait alors que les problèmes centraux de l'époque soient amenés sur le plan politique et au niveau du pouvoir, d'autant que l'APS est considéré comme un secteur du capitalisme d'Etat. Soutenir que l'APS est un secteur dans lequel les rapports de production se distinguent fondamentalement de ceux du secteur privé - c'est à dire les faire passer pour des rapports socialistes de production - est spécifique au projet de l'Unité Populaire, puisque c'est sur ce terrain qu'est envisagé le transfert du pouvoir. La lutte entre l'ancienne et la nouvelle société se ramène à la concurrence APS-APP (secteur étatique-secteur privé). Les autres éléments de l'opposition de classe sont absolument laissés de côté, comme l'opposition entre l'appareil d'Etat bourgeois et les organes de pouvoir prolétarien, comme la lutte contre l'idéologie bourgeoise, la destruction du système d'éducation bourgeois, etc... Toutes ces questions sont sous-estimées comme des détails relevant des super-structures, lesquelles se transformeront mécaniquement une fois réalisées la consolidation et l'hégémonie de l'APS. Cette conception, en plus des déformations qu'elle introduit dans la compréhension de la dynamique de la lutte des classes et des affrontements politiques pour le pouvoir, a des effets dans le domaine de la pratique politique qui tendent : s'opposer au.: notions d'organisation des masses et classes révolutionnaires. Comme toute politique qui privilégie les questions économiques, en oubliant que la politique, c'est à dire la question du pouvoir dans la société, doit avoir le poste de commande, le programme de l'Unité Populaire ne tient aucun compte des problèmes cités plus haut. Sa problématique de la période de transition est fondamentalement économiste. Ainsi, l'appareil d'Etat, dans la mesure, où il n'est ni un obstacle ni ne aide, sert de moyen des transformations économiques du programme de l'Unité Populaire. Mais il n'est jamais le moyen d'expression de la force du prolétariat dans sa lutte pour l'hégémonie politique. La principale préoccupation dans une stratégie prolétarienne est celle des organes de pouvoir et non la constitution des bases économiques de la nouvelle société, fonction assignée à l'APS. La constitution et le rôle de l'APS impliquent le concept de secteur stratégique dans l'économie. A l'origine, se fondant sur l'étude Oscar Garreton sur les groupes monopolistes au Chili (7), le gouvernement avait élaboré une liste d'entreprises ; celles-ci, en passant au secteur étatique, rendaient possible (c'était la thèse officielle) le contrôle de l'économie dans son ensemble, subordonnant le secteur privé aux lois du secteur. étatique. La modification du nombre des entreprises concernées amène à quelques réflexions. En effet, des 253 entreprises considérées comme « stratégiques », on est passé à 155, puis à 91, maintenant à 90. Il faut en déduire que le choix qui y a présidé n'est pas déterminé par la volonté seule de contrôler l'économie dans ses mécanismes fondamentaux, mais aussi par le rapport des forces qui fixe en dernier ressort quelles entreprises passent ou ne passent pas au secteur étatique. Ainsi, la notion d'un ensemble d'entreprises contrôlant l'économie et jouant un rôle stratégique est battue en brèche. Cependant, il est intéressant d'éxaminer ce que signifie l'APS pour la classe ouvrière, du point de vue de sa lutte pour le pouvoir. L'APS étant un secteur du capitalisme d'Etat, il n'est pas sérieux d'en déduire que sa constitution va dans le sens des intérêts du prolétariat. Le capitalisme d'Etat n'est pas, à lui seul, « l'antichambre du socialisme » comme une lecture superficielle de Lénine peut le faire croire. Dans « La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer », Lénine écrit : " ..Le capitalisme monopoliste d'Etat est la préparation matérielle la plus complète au socialisme, l'antichambre du socialisme, l'étape de l'histoire qu'aucune autre étape intermédiaire ne sépare du socialisme » (9).
L'affirmation de Lénine se rapporte au stade de développement maximal du capitalisme qui, malgré ses propres limites, constitue historiquement une progression vers le socialisme. Cependant, l'existence d'un secteur étatique ne permet pas à lui seul de caractériser une période politique, d'autant qu'il s'agit d'un mode d'organisation introduit et développé par le capitalisme lui-même, en particulier pendant la première guerre mondiale et consacré pendant les années suivantes. La discussion sur le rôle d'un secteur étatique de l'économie dans le passage au socialisme nous ramène à la solution du problème de la lutte politique pour le pouvoir prolétarien. Il faut analyser la constitution d'un secteur étatique non en lui-même, mais par rapport à la solution de la question du pouvoir dans la société. Ainsi, l'APS doit être considérée de plusieurs points de vue : - du point de vue de la dynamique anticapitaliste de la lutte des travailleurs - du point de vue de l'unité du prolétariat dans sa lutte pour le pouvoir - du point de vue de son rôle antagoniste par rapport au vieil appareil d'Etat bourgeois et au processus d'accumulation privée du capital. Le premier aspect correspond au contenu de la lutte des travailleurs, à son programme Le second se rapporte à la lutte contre les divisions au sein de la classe ouvrière, provoquées par les rapports de production capitalistes et renforcées par l'idéologie bourgeoise sous différentes formes, y compris le réformisme. Le troisième aspect a trait à la question du pouvoir, aux tâches de destruction de l'appareil de domination bourgeois et à la mise en marche des organes de pouvoir qui le remplaceront. A QUEL SECTEUR OUVRIER PROFITE L'APS? Dans sa version la plus récente, le projet gouvernemental comprenait 90 entreprises intégrées à l'APS dont 74 étaient des entreprises industrielles. Pour donner une idée de l'importance du secteur intégrable à l'APS, nous reproduisons ci-dessous le tableau des 74 entreprises par branche et les pourcentages des emplois par rapport au nombre total des emplois en 1970 (10). Le tableau montre que seulement 10 % de la classe ouvrière industrielle est comprise dans l'APS, conformément aux plans de l'Unité Populaire. Ces 55 000 travailleurs du secteur étatique ne seront plus sous la tutelle du patronat privé et entreront dans un système de participation à la direction des entreprises, conformément à l'accord entre la CUT (Centrale Unique des Travailleurs) et le gouvernement. Quant aux 507 000 autres travailleurs, ils resteront dans le secteur privé ou dans les
BRANCHE
Alimentation
Boissons
Tabacs
Textiles
Chaussures-Vêtements
Bois
Meubles
Papier-Cellulose
Imprimeries-Journaux
Cuir
Caoutchouc
Chimie
Dérivés du pétrole
Minerais non métalliques
Métaux de base
Produits sidérurgiques
Appareillage non électrique
Appareillage et accessoires électriques
Matériel de transport
Divers
Totaux
ENTREPRISES
DANS LES 74
EMPLOIS
6443
3844
1296
15128
4045
....
4420
1322
...•
2555
3771
1962
5465
1783
3360
•••
55.884
TOTAL DES
EMPLOIS EN 1970 70.000 17.000
1,600 53.000 111.400 32,600 34.000
7000 14,600
7700
5600 5600 22,500
4400 18.500 18.300 41,400 18.000 19.800 48.100 17,400 562.900
DES ENTREPRISES
HORS APS
98,5
1,5
***
La composition de l'APS ne représente donc qu'une fraction très faible de l'ensemble de la classe ouvrière. Le secteur des petites et moyennes entreprises en est exclu. Le nombre moyen de travailleurs par entreprise de l'APS est de 755, chiffre nettement supérieur à la moyenne du pays. De plus, la majorité des ouvriers des grosses entreprises est en dehors de l'APS. Donc, si l'Unité Populaire parvenait à constituer l'APS comme prévu dans son programme et la plate-forme de gouvernement, elle ne réaliserait aue le noint de départ pour la réaliserait que le point de départ pour la solution des problèmes d'une minorité de la classe ouvrière chilienne. LA REALITE LA CLASSE OUVRIERE ET L'APS Cependant, les difficultés commencent quand la dynamique de la lutte des classes s'interpose entre les projets concernant l'APS et la réalité. D'une part, l'action des classes dominantes - par des pressions directes ou indirectes sur le gouvernement, ou par l'action d'une fraction de l'appareil d'Etat - empêche le contrôle ou la réquisition de 25 des 74 entreprises industrielles après avoir contraint l'Unité Populaire à restreindre le nombre des entreprises intégrables à l'APS de 253 à 90. Les 25 entreprises en question totalisent, d'après les chiffres de l'emploi de 1971, 25 596 personnes, c'est à dire une moyenne de 863 travailleurs par entreprise. Il s'agit d'entreprises de plus grande taille que les 49 autres déjà intégrées pour lesquelles la moyenne est de 699 emplois par entreprise (moyenne générale 755). Les obstacles à la réalisation de l'APS, conformément au projet, viennent aussi de la classe ouvrière qui, dans le cours de ses luttes, demande l'intégration des entreprises à l'APS comme solution des conflits avec les patrons. En effet, contraints de se défendre contre la surexploitation patronale, les travailleurs améliorent leur capacité de lutte, leur degré d'organisation et leur niveau de conscience politique. Toutes les questions concrètes se rapportant à la lutte contre l'exploitation capitaliste - augmentation des salaires, conditions de travail, garantie de l'emploi, décisions sur la production, les prix, les bénéfices, la commercialisation -, toutes ces questions constituent des éléments de la maturation politique de la classe ouvrière, de son unification, de son organisation et de sa capacité de lutte. Tous ces facteurs prennent rapidement de l'ampleur en période de crise politique. La crise qui a secoué le processus d'accumulation capitaliste chilien dans les dix dernières années, jointe au caractère de la politique de relance économique du gouvernement de l'Unité Populaire, le caractère social et l'orientation politique de ce gouvernement, cet ensemble de facteurs a aiguisé les contradictions de classes, aboude l'APS se trouve dans trois secteurs : l'al.
mentation, le textile et les métaux. Mais cette composition ne correspond pas à la répartition globale de la classe ouvrière.
L'élaboration technocratique des plans gouvernementaux conduit à privilégier les secteurs considérés comme les plus monopolisés des industries manufacturières (12), ce qui précisément laisse la plus grande partie des travailleurs, qui sont dans les petites et moyennes entreprises, dans le cadre de l'exploitation patronale.
Voici un tableau qui résume la composition de l'APS quant à la répartition de la force de travail.
% du
BRANCHE total des emplois
11,1
11,1
Aimentation
Boissons
Tabacs
2,4
Textiles
Chaussures-Vêtements
0,9
Bois
Papier et Cellulose
Cuir
2,4
Chimie
4,6
Minerais non métalliques
6,9
Métaux de base
3,5
Machines non électriques
3,2
Produits métalliques
9,9
Machines et accessoires
6,1 électriques
Total l'instauration du contrôle ouvrier. Sans discuter davantage de l'idée contenue dans le programme de l'Unité Populaire d'une séparation entre l'APS et le secteur privé, on comprend bien qu'une majorité écrasante de la classe ouvrière chilienne restera sans perspectives politiques pour aller au-delà des luttes revendicatives. Or, laisser 90 % de la classe ouvrière sans perspectives politiques, revient à démobiliser les secteurs essentiels de cette classe. Ainsi, 96 % des travailleurs du textile, c'est à dire 107 000. travailleurs sont en dehors de la lutte contre la propriété privée des entreprises. Il est en de même pour 91 % des travailleurs des industries alimentaires, 63 000 ouvriers au total ; 98 % des ouvriers du bois, 82 000 travailleurs ; la totalité des travailleurs du mobilier, de l'imprimerie, des journaux, du caoutchouc, des dérivés du pétrole et du matériel de transport. Le seul secteur qui comprend plus de 50% des travailleurs dans l'APS est celui du papier et de la cellulose, si toutefois le gouvernement parvient à résoudre le problème de la Compagnie Manufacturière des Papiers et Cartons: cette entreprise occupait en 1971 4147 travailleurs, c'est à dire 60 % des effectifs du secteur ! A peu près la moitié (48 %) des travailleurs 18 entreprises mixtes, leurs luttes limitées par le maintien des rapports de propriété. La tâche de « vigilance » que leur assigne l'accord CUT-gouvernement n'est pas une contestation des droits patronaux essentiels comme pourrait l'être par exemple tissant à des affrontements de plus en plus violents entre patrons et travailleurs. Ainsi, un conflit salarial, dont la solution est reportée par un patron, peut se terminer sur la revendication d'une intervention de l'Etat dans l'entreprise ou du transfert de cette entreprise à l'APS. La dynamique des conflits actuels trouve son terme naturel dans la revendication d'expropriation de l'entreprise. Il faut toutefois tenir compte des caractéristiques de la lutte du prolétariat pour le pouvoir, dans les conditions de la victoire électorale d'un gouvernement auquel la classe ouvrière s'identifie. Or, ce gouvernement a un programme qui envisage la possibilité d'un passage à un nouvel Etat sans affrontement avec le vieil appareil d'Etat bourgeois dans son ensemble. Le fait que les directions traditionnelles du mouvement ouvrier ne démontrent pas que l'appareil d'Etat chilien est un des ressorts de la domination bourgeoise, mais affirment au contraire « qu'il faut gagner tout le pouvoir », suggérant que l'on possède déjà l'essentiel de celui-ci, augmente les difficultés de clarification des buts de la lutte. Ce type de raisonnement ne parvient pas cependant à atténuer les conflits sociaux (13). Leurs solutions sont sim. sociaux (-5). Leurs solutions sont simplement dirigées vers d'autres buts que l'appareil d'Etat. Les objectifs des luttes se ramènent à l'intégration des entreprises dans l'APS. Les travailleurs ne voient pas pourquoi fixer des limites à ce processus si l'on considère comme juste de récupérer les usines pour tout le peuple chilien. Ceci ajouté au manque de perspectives politiques dans les secteurs non concernés par l'intégration à l'APS, conduit au fait que la construction du secteur étatique de l'économie se fait dans un sens et à des rythmes sensiblement différents du projet établi par l'Unité Populaire.. La dynamique des conflits de classes ne rendit pas possible l'intégration des 74 entreprises prévues par l'Unité Populaire ; en revanche, elle conduisit décembre 1972, à l'intégration de 202 enen treprises industrielles totalisant 117 471 travailleurs. Même si ce chiffre ne représente que 19,6 % du total des emplois dans les manufactures, il n'en est pas moins le double du nombre prévu (55 884) par le projet gouvernemental. Il reste toutefois 80,4 % (482 929) des travailleurs en dehors du secteur étatique. Voici le tableau de ces 202 entreprises intégrées dans l'APS (propriété sociale) et l'APM (propriété mixte), réquisitionnées ou contrôlées en décembre 1972. Cette situation, très différente du projet initial, reflète plus directement la réalité de la mobilisation de la classe ouvrière dans chacun de ses secteurs. Des branches qui ne guraient pas wans. le projet figuraient pas dans le projet des 74 entreprises sont maintenant dans l'APS :
BRANCHE
Alimentation
Boissons
Textiles
Chaussures et Vétements
Bois
Meubles
Papier et Cellulose
Caoutchouc
Chimie
Dérivés du pétrole
Minerais non métalliques
Métaux de base
Produits sidérurgiques
Matériel non électrique
Matériel et Accessoires électriques
Matériel de Transport
TOTAL
ENTREPRISES
L'APS OU L'APM
DANS
CO CO CO
TRAVAILLEURS DANS
CES ENTREPRISES
NOMBRE DES
TOTALITE DES
EMPLOIS PAR
BRANCHE
% SUR LA
43,2
0,4
8603
24,7
1055
2,9
9,6
1696
28,3
14 364
59,8
4940
7466
35,9
13 703
70,3
8152
18,5
1084
5,7
9055
42,9
2056
117 741
19,6
A ce tableau « non conforme » aux plans initiaux du gouvernement, il faut ajouter entreprises faisant l'objet de négociations entre le gouvernement et leurs propriétaires ; ceci conduirait alors
23 885 travailleurs de plus dans le secteur étatique soit au total 141 356 travailleurs représentant 23,6 % de la main d'œuvre de l'industrie manufacturière. Ces 235 entreprises représentent plus du triple du projet gouvernemental !
Ces chiffres ne reflètent pas complètement l'ampleur de l'intervention non programmée à laquelle dut consentir le gouvernement de l'Unité Ponulaire incanton nement de l'Unité Populaire jusqu'en décembre 1972. En fait, il y eut au moins interventions et réquisitions. C'est en
PROJET
APS
6443
3844
15 128
4045
4420
2555
4400
3771
1962
1783
3360
...
55 884
DIFFERENCE
9034
9275
- 3499
8113
1055
6698 —
1696
11 809
3695
11 741
2687
- 699
5695
2056
61 587 il s'agit des secte mo Il s'agit des secteurs du meuble, du caoutchouc et du matériel de transport avec respectivement 1055, 1696 et 2056 travailleurs. Trois secteurs comprennent moins de travailleurs que prévu : les vêtements et chaussures, les machines non électriques et le papier cellulose. Dans les deux premiers cas, il s'agit d'entreprises faisant l'objet de négociations, dans le dernier cas c'est le probléme de la Compagnie Manufacturière des Papiers et Cartons sans solution à ce jour. Dans les autres secteurs, il y a un « excédent » de travailleurs, obtenu à la suite des mobilisations concrètes de ceuxci. C'est ce que résume le comparant les tableaux I et III.
BRANCHE
Alimentation
Boissons
Textiles
Chaussures et Vêtements
Bois
Meubles
Papier et Cellulose
Caoutchouc
Chimie
Dérivés du pétrole
Minerais non métalliques
Métaux de base
Produits sidérurgiques
Matériel non électrique
Matériel et Accessoires électriques
Matériel de transport
TOTAL tableau IV,
ACTUELLE
15 477
4550
24 403
8603
1055
1696
14 364
4940
7466
13 703
8152
1084
9055
2056
117 471
COMPOSITION
UCR
ENESTE
FUNDO DIMOS
NO A LAY
EXPLOTARIA e
TALENZUELA
EXPLOTA
FRABAJADUR
ASU ANTOJO.
CR raison de la contre-offensive ouvrière au lock-out patronal d'octobre 1972 que le gouvernement dut intervenir et réquisitionner 65 entreprises dont 9 seulement figuraient dans le plan d'intégration à l'APS ou à l'APM. Le fait que 20 % du total des entreprises contrôlées ou réquisitionnées le furent en octobre 1972 montre la puissance de la pression des masses en faveur de l'expropriation des entreprises. LE POURQUOI DU CONTROLE OUVRIER Face à ce « monstre » que constitue actuellement le secteur étatique, compte tenu de toutes les entreprises qui d'une manière ou d'une autre, de façon définitive ou temporaire, se trouvent sous le contrôle gouvernemental, quelle est l'attitude de l'Unité Populaire ? Le gouvernement s'est trouvé partagé entre l'alternative suivante : ou bien suivre ses projets initiaux, mais cela impliquait de se heurter aux masses mobilisées et, par suite, s'aliéner la puissance du mouvement des masses pour la réalisation des projets initiaux ou bien accepter ces mobilisations et leurs conséquences en expropriant les entreprises dans lesquelles les conflits préparaient ce type d'intervention, mais ceci impliquait alors la rupture avec la légalité en vigueur d'une part, avec les alliés politiques des classes dominantes, d'autre part. En d'autres termes, le gouvernement doit choisir entre s'affaiblir vis à vis des classes dominantes en réprimant le mouvement des masses, ou tomber sous les coups d'une large coalition de ces classes dominantes élargie aux couches intermédiaires restées neutres jusqu'ici. Cet équilibre précaire par lequel le gouvernement essaie de se maintenir montre que certains problèmes n'ont pas été correctement posés. Au prix de la restitution de 200 entreprises (comme le propose le projet Millas), le gouvernement tente d'obtenir la « légalisation » de l'APS. Cette tentative s'intégrerait à un plan bien défini pour « encercler la bourgeoisie » et détruire les bases du capitalisme. La stratégie de l'Unité Populaire suppose : 1) qu'à partir de l'APS il est possible de diriger l'ensemble de l'économie et de changer les rapports de production dans ce secteur ; 2) qu'il est possible et nécessaire de maintenir une différence nette entre l'APS et le secteur privé de l'économie ; 3) qu'il faut maintenir et renforcer la centralisation des tâches économiques dans l'appareil d'Etat existant. Ces trois points, s'ils ne constituent pas la totalité de la stratégie économique de l'Unité Populaire, en résument les aspects essentiels. Dans « La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer », Lénine formule un programme de combat contre le sabotage de la bourgeoisie, fondé sur le renforcement du capitalisme d'Etat comme forme historiquement supérieure au capitalisme privé. Ce programme consiste : - en la fusion de toutes les banques en une seule, c'est à dire à les nationaliser, l'Etat étant chargé de contrôler les opérations bancaires, - en la nationalisation des monopoles capitalistes les plus importants, - en la suppression du secret commercial, — en l'obligation pour les industriels, commerçants et patrons en général, à se grouper en cartels ou syndicats. - en un groupement obligatoire ou l'encouragement au groupement de la population en sociétés de consommation et un contrôle exercé sur ce groupement. (voir Lenine, œuvres completes Tome 25, pages 557-358). Ce sont les mesures propres au capitalisme d'Etat dont l'objectif n'est pas essentiellement l'expropriation mais le contrôle de l'économie. Pour empécher le sabotage par la bourgeoisie, le contrôle de l'ensemble de l'économie est indispensable. L'ensemble des mesures envisagées rend possible un contrôle centralisé par l'Etat de tous les mécanismes de base de l'économie avec pour effet d'interdire que la vie économique ne dépende de décisions privées. Le problème pour Lénine n'est donc ni d'imposer l'hégémonie d'un secteur étatique de l'économie sur le capitalisme privé ni de créer de faux espoirs de nouveaux rapports de production différents, dans ce secteur, des anciens rapports. La nationalisation des banques, par exemple, ne touche pas à la propriété des actions mais permet le contrôle par l'Etat des opérations bancaires. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si Lénine place cette mesure en première place dans le programme de transition. « Contrôler et règlementer les livraisons de blé ou, en général, la production et la répartition des produits sans contrôler, sans réglementer les opérations de banque est un non-sens. C'est faire la chasse à des kopecks problématiques et fermer les yeux sur des millions de roubles. Les banques modernes ont si intimement, si indissolublement fusionné avec le commerce (du blé comme de tout autre produit) et l'industrie que sans « mettre la main » sur les banques, il est absolument impossible de rien faire de sérieux qui soit vraiment démocratique, révolutionnaire » (14). Et comme Lénine envisage d'utiliser la catastrophe économique comme levier pour l'organisation et la mobilisation du peuple dans sa lutte pour le pouvoir, et non comme moyen de ressouder le vieux système, il ajoute : « Ce n'est pas dans la confiscation des biens des capitalistes que sera en effet le nœud de l'affaire, mais ce sera précisément dans le contrôle national, universel exercé par les ouvriers sur les capitalistes et sur leurs partisans éventuels. La seule confiscation ne servira à rien, car elle ne comporte aucun élément d'organisation, rien qui contrôle la justesse de la répartition » (15). repartition » (5)-
Comme dans tous ses projets, le léninisme ne sépare jamais les questions politiques des questions d'organisation. La force du contrôle ouvrier vient de ce qu'il traduit en termes d'organisation les nécessités de la lutte du prolétariat. Cette fusion des données programmatiques et organisationnelles différencie le contrôle ouvrier des mesures bureaucratiques au service du capitalisme, car de cette façon le pouvoir réel de décision revient aux masses qui l'exercent directement. Ainsi, le contrôle ouvrier s'exerce sur l'ad. ministration sans s'y substituer. C'est aussi par cette voie que peut être envisagée l'auto-discipline ouvrière et la productivité du travail qui ne peuvent être réalisées que par décision propre des travailleurs, en rapport étroit avec les besoins eux-mêmes déterminés par les travailleurs (cf. déclaration Luis Corvalan citée plus haut). Le contrôle ouvrier doit être le moyen essentiel pour que le capitalisme d'Etat soit un instrument dont le prolétariat se sert contre le système de domination et d'exploitation de la bourgeoisie. La centralisation de toutes les mesures d'ordre économique sur l'appareil d'Etat ne peut, en aucun cas, se traduire par un nouveau renforcement du vieil appareil de domination de classe. A aucun moment d'ailleurs Lénine ne sépare les mesures efficaces sur le plan économique de la constitution d'organes politiques de contrôle ouvrier qui retireront à l'appareil répressif et bureaucratique de l'Etat bourgeois son pouvoir de décision. En effet, renforcer l'appareil d'Etat en lui confiant davantage de tâches, sans envisager de contre-partie, c'est lui supposer une neutralité de classe, un caractère d'instrument technique essentiellement ; or, ceci n'a rien à voie avec le marxisme. Pour Lénine, les mesures de contrôle ouvrier sont un élément ambigu du programme de transition, puisqu'elles concernent l'intérét de la majorité de la société d'une part, en utilisant un instrument conçu historiquement pour la domination d'une minorité d'autre part. De ce fait, Lénine ne considère pas le contrôle ouvrier sous l'angle unique des problémes économiques, en excluant la question du pouvoir. La conception léniniste de la transition est liée au contrôle ouvrier en ce sens qu'il s'agit d'une dynamique anti-capitaliste, chaque mesure prise étant inintégrable par le système de la classe dominante. Il est donc hors de question de consolider une situation intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme. Le contrôle ouvrier sur l'ensemble de l'économie constitue comme une muraille de Chine entre les diverses phases de la révolution comme entre les divers secteurs de l'économie. Il résulte de cela que ne sauraient coexister pacifiquement un secteur étatique et un secteur privé. La dynamique anti-capitaliste de la révolution a besoin du contrôle ouvrier comme moyen de contestation de la propriété privée, y compris dans les secteurs où elle continue d'exister pendant un certain temps. De là vient sa dépendance d'un secteur étatique et non du simple jeu du marché, des lois aveugles de l'économie capitaliste. Dans les faits, la mobilisation des masses, jouant le rôle qu'avait eu le décret des bolchéviques sur le contrôle ouvrier en octobre 1917, débordait les limites fixées par les directions politiques à la lutte contre les patrons et la bourgeoisie chiliens. Il faut alors rappeler qu'il se passa quelque chose de comparable en Russie lorsque fut promulgué le décret sur le contrôle ouvrier : sa mise en pratique provoqua la réaction patronale qui procéda à des lock-out, conduisant les travailleurs à revendiquer l'étatisation des entreprises concernées, indépendamment de leurs caractéristiques et de leurs dimensions. Le contrôle ouvrier, comme mot d'ordre préparant la prise du pouvoir par le prolétariat, répond tout à fait aux problèmes actuels du Chili. Il met en bonne place la tâche de contrôle de l'économie, l'étatisation n'étant que l'un des moyens de ce contrôle. Mais il ne s'agit pas stabiliser une étape intermédiaire entre le capitalisme privé et le socialisme ou entre le pouvoir de la bourgeoisie et celui du prolétariat. Le contrôle ouvrier de la production, la direction ouvrière de l'APS (16) et le contrôle populaire de la distribution sont les meilleurs instruments que possédent les travailleurs aussi bien du point de vue de l'efficacité dans le domaine économique que de celui de la création d'organes de pouvoir. En ce qui concerne le plan économique, il ne saurait ni étre déterminé sans la connaissance des besoins réels des travailleurs, ni être réalisé sans fixer les tâches des entreprises encore entre les mains des patrons. Le contrôle ouvrier est le moyen de l'exécution du plan, dont la légitimité vient de ce qu'il est le produit des décisions démocratiques et étendues prises par l'ensemble des travailleurs. Il ne s'agit pas stabiliser une étape intermédiaire (définie par le PC chilien comme « anti-impérialiste, anti-monopoliste et agraire ») (17). Ceci signifie entre autres choses qu'il n'y a pas lieu d'accepter de la bourgeoisie les limites qu'elle voudrait fixer entre l'APS et le secteur privé, et surtout, qu'il n'y a pas lieu de se compromettre en contribuant à les définir. Ce serait laisser à la bourgeoisie le soin de régler un problème très important pour les travailleurs, et préférer un rapport de forces établi au niveau des institutions bourgeoises à celui établi par la mobilisation de masse. Ceci revient à dire que la réalisation du contrôle ouvrier ne saurait faire l'objet de limites préalables même lorsqu'elle nécessite l'expropriation d'entreprises, d'autant que ce n'est pas tant le titre de propriété qui est important que les buts de la production (comme l'affirme d'ailleurs Lénine). (comme l'affirme d'ailleurs Lénine).
Ajoutons à cela que s'il n'est pas question de stabiliser une étape de capitalisme d'Etat, alors il n'y a pas de raison de confier la centralisation absolue des tâches économiques à l'appareil d'Etat en place. Si l'efficacité sur le plan économique peut être le résultat de la centralisation, il n'en demeure pas moins qu'elle ne peut avoir un sens et un contenu que dans la mesure où existent des organes de pouvoir populaire. L'appareil étatique chilien était un obstacle à la réalisation des tâches prévues par l'Unité Populaire ou imposées par le mouvement de masse. La dynamique des transformations ou des réformes anti-capitalistes conduit à ce qui est l'aspect important de la révolution prolétarienne : une révolution qui établit sa propre légalité, ses organes démocratiques de pouvoir ouvrier. « Quand l'Etat sera prolétarien, nous serons complètement et inconditionnellement partisans d'un pouvoir fort et centralisé » (18). En s'identifiant avec l'appareil d'Etat en place, le gouvernement d'Unité Populaire n'a laissé que le choix entre le renforcement de l'un et l'autre ou la lutte contre les deux. Le passage des tâches démocratiques à celles de la lutte pour le socialisme, la transition de l'économie capitaliste et capitalisme d'Etat au contrôle ouvrier, le le transfert du pouvoir des mains de la bourgeoisie à celles du prolétariat, tout cela se joue de façon décisive dans la destruction de l'appareil d'Etat actuel et la construction du nouvel Ftat. La révolution cubaine fit ainsi. La révolution chilienne le fera.
Santiago avril 1973 1 - Luis Corvalan : déclaration au CC du Parti communiste chilien, parue dans « El Siglo » du 29 mars 1973 2 - Ibidem
3 - Ibidem 4 - Ibidem
5 - Lénine : « Que faire ? » Lénine dans son texte citait la « Rabotchaïa Mysl » qui affirmait que la « politique suit toujours docilement l'économie » donnant ainsi un exemple achevé de réformisme et d'économisme.
6 - Luis Corvalan : opus cité
7 - Oscar G.Garreton, «Concentracion monopolica en Chile : participacion del Estado y de los trabajadores en la gestion economica » Cuadernos de la realidad nacional,
CEREN No 7
8 - Sous la pression des mobilisations de masses, le gouvernement dut modifier le
« projet Millas ». Le total des entreprises à incorporer dans l'APS dépassait le nombre de 100. Mais ceci ne modifie pas cet article qui traite avant tout des critères gouvernementaux d'une telle opération. 9 - Lénine. Oeuvres complètes, tome 25 (P 390 version française)
10 - Lénine in « La révolution et la Sulation guerre » 11 - « Algunos antecedentes sobre las 91 empresas que seran incorporadas al APS » Revista nueva economica, ODEPLAN, No 2 janvier-avril 1972, P 134 12 - Voir l'article de Oscar Garreton déjà cité 13 — Voir, de Emir Sader « Mobilizacion y sindicalisacion en el gobierno UP » CESO 1973 14 - Lénine, Oeuvres complètes tome 25 (P 358 version française) 15 — Lénine « Les bolchéviques garderontils le pouvoir? » Oeuvres complètes, tome 26 16 — Dans le secteur étatique de l'économie, durant la période de transition, il peut exister une direction ouvrière de ce secteur à condition que les travailleurs soient majoritaires dans les organismes de direction et qu'ils puissent décider dans les questions essentielles liées à la production, aux conditions de travail, de salaire, d'emploi, etc. Le fait qu'une telle direction ne puisse pas encore être imposée à toute l'économie, ne crée pas une incompatibilité. De toute façon, il n'y a pas de confusion possible entre direction d'une entreprise d'Etat et les décisions gouvernementales. La participation à un ministère implique, elle, une responsabilité dans l'action globale du gouvernement. La direction ouvrière dans l'APS est ainsi une consigne de lutte qui permet de décider, dans les limites possibles tout en montrant en même temps le but à atteindre : la direction effective de l'ensemble de l'économie. 17 — Programme du parti communiste du Chili 18 - Lénine : « Les bolchéviques garderont-ils le pouvoir ? » Tome 26 (page 112 version française)