On n'avait pas l'habitude de considérer que le système capitaliste pouvait être sérieusement remis en question dans ce havre de paix, dans ce paradis de la démocratie parlementaire libérale que constitue le « royaume uni » (sic) depuis plus d'un siècle. Deux séries de faits viennent modifier rudement ces idées reçues : - la question irlandaise, cauchemar permanent de la classe dominante britannique, est revenue depuis 1968 au premier plan de la scène politique et ne semble pas en passe de l'abandonner ; - au cœur même du terroir anglais, les luttes de classe prennent une dimension qui projette sur les bâtiments de la city, l'ombre inquiétante de la grève générale de 1926. En 1972 l'Angleterre bat le record européen du nombre de jours de grèves. Le Ter mai 1973 la combativité ouvrière force la bureaucratie du T.U.C. à organiser pour la première fois depuis des années une journée de grève. Cette rentrée sur l'arène du combat prolétarien de l'une des classes ouvrières les plus fortement organisées du monde intéresse au plus haut point les marxistes-révolutionnaires. Si l'impérialisme britannique déclinant est assailli non seulement par le peuple irlandais en lutte pour son émancipation, mais aussi par « son » propre prolétariat, alors les échéances d'une victoire de la révolution socialiste européenne se rapprochent ! Encore faut-il évaluer le chemin à parcourir et les voies qu'il convient d'emprunter pour s'approcher du but. C'est-ce que les articles qui suivent tentent de faire. Le premier vise à donner une estimation de la situation politique et sociale, des rapports de force entre les classes, des perspectives des marxistes révolu-
Men Angleterre même. Nous expliquons ensuite les données essentielles du problème irlandais : le contexte historico-politique du combat et les éléments actuels de la situation.