Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 6

Congrès de l'E.T.A. : vers la construction du parti révolutionnaire

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 6 · mars-avril 1973 · p. 50-51 · 1 622 mots

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La scission qui s'est produite au cours de la première partie de la Vle Assemblée d'E.T.A. en Août 69 marquait une étape particulièrement importante dans l'évolution de cette organisation. Marquée depuis sa naissance par un nationalisme radical qui combinait une idéologie nationaliste petite bourgeoise et le recours aux actions armées dans la lutte contre l'oppression nationale du Pays Basque, I'E.T.A. voyait se dessiner dans ses rangs une tendance révolutionnaire, attachée à dépasser le cadre nationaliste étroit de son activité pour libération nationale du peuple basque dans le cadre de la lutte de l'ensemble des travailleurs de l'Etat espagnol pour le renversementde la dictature franquiste et l'instauration du socialisme. La minorité nationaliste qui rompait avec l'organisation à ce Congrès se réclame de la Ve Assemblée de l'organisation. C'est elle qui a organisé l'enlèvement de l'industriel Huarte récemment en faisant céder • provisoirement sans doute - la direction de l'entreprise qui venait de licencier les ouvriers en grève. Au lendemain de la Vle Assemblée, la majorité de l'organisation (E.T.A.-VI) s'est engagée dans un processus de clarification politique et de restructuration organisationnelle. C'est dans le débat autour de la construction du Parti Révolutionnaire que s'est produite une nouvelle différenciation politique ; une minorité décidait de rompre à la veille du congrès qui s'est tenu-en décembre dernier (la deuxième partie de la Vle Assemblée) en refusant de poser en termes concrets, en termes de fusion avec d'autres organisations, d'autres courants politiques, problème urgent construction d'une organisation révolutionnajre dans l'ensemble de l'Etat espagnol. Le texte qui suit est extrait des résolutions adoptées à : ce congrès. Il est à peine nécessaire de souligner son importance: que se soit structurée dans ETA (VI) une tendance trotskyste qui défend la nécessité d'une fusion avec la L.C.R. dans le cadre de. la construction de la section de la Quatrième Internationale dans l'Etat espagnol, que l'ensemble de l'organisation se range aujourd'hui sur des positions marxistes-révolutionnaires et se rapproche de la Quatrième Internationale, cela démontre qu'est révolue l'époque de la lente accumulation de cadres, d'auto-développement de noyaux trotskystes restreints, et que s'ouvre une nouvelle période ou la construction de la Quatrième Internationale peut franchir une étape décisive.

PACO ROBS. 50 congrès de L'ETA

NOS TACHES a) Pour déterminer l'activité de l'organisation dans la période qui s'ouvre, nous partons de deux données centrales : d'une part l'ensemble des tâches que nous imposent les exigences actuelles de la lutte de classes ; d'autre part, le caractère transitoire que nous attribuons à notre organisation, c'est-à-dire sa disparition comme formation organisationnelle propre dans des délais relativement courts. Tels sont les deux

-teurs qui déterminent les axes de notre activité olitique. b) Les conditions concrètes dans lesquelles s'est déroulé notre dernier congrès, obligé de répondre d'urgence à la scission provoquée par les minoritaires, nous ont interdit d'approfondir suffisamment le débat en cours sur les tâches actuelles des révolutionnaires et la meilleure facon de les aborder. Mais ce débat nous a servi, parallèlement, à homogénéiser notre organisation sur une série de problèmes fondamentaux de la révolution dans l'Etat espagnol. Une preuve en est la première partie de cette résolution qui, à la différence des minoritaires, nous permet de nous armer politiquement et d'orienter les luttes de la période en dépassant notre « tacticisme » antérieur ; d'autres exemples en sont la résolution sur le Front Unique Prolétarien et les tâches qui incombent aux révolutionnaires, l'approbation unanime de la résolution qui définit une interprétation théorique déterminée de la construction du parti léniniste, la résolution sur le problème national etc...

Quoique le débat autour des axes concrets de la construction du parti se poursuive dans l'organisation, un pas important dans la clarification politique a été franchi. c) Mais parallèlement, les rythmes que nous imposent les conditions actuelles de la lutte des classes interdisent tout retard dans notre choix définitif sur cette question. Ceci nous oblige à une véritable bataille sur le front interne (par le débat et la formation essentiellement) qui nous permette de définir dans les délais les plus brefs et en toute clarté les liens organisationnels que nous voulons établir pour avancer dans la construction du parti révolutionnaire.

C est dans ce sens, par exemple, que la résolution sur le « débat interne » adoptée au congrès déclare : « il s'agit de définir en toute clarté la place qui nous revient dans la construction du parti léniniste, les rapports que nous voulons établir avec les différentes forces de l'extrême-gauche et les axes concrets sur lesquels repose cette politique », vu que la prochain congrès « devra se fixer la délimitation claire et définitive de ces axes concrets, ainsi que les médiations et les rythmes qui déterminent nos rapports avec l'extrême-gauche ».

FE d) Si nous qualifions notre organisation de transitoire ce n'est pas pour lui donner un épithète plaisant ; cela signifie concretement que nous rejetons le projet utopique d'assumer le programme et les tâches de construction du parti à partir de la structure locale d'ETA. Cela nous oblige, en conséquence, à nous attacher tout particulièrement à la caractérisation de l'extrême-gauche et à la définition de nos rapports avec ses diverses composantes, du point de vue de cet objectif central, son développement le plus logique et le plus viable doit passer par un processus de fusion avec d'autres organisations. e) Et dans ce processus nous ne partons pas de zéro. II ne s'agit pas que nous entreprenions aujourd'hui d'« étudier » une à une et en accordant à chacune la même importance, les diverses organisations ouvrières qui se situent à gauche du PC pour « décider » ensuite avec laquelle nous fusionnerons.

Nous avons affirmé et nous le répétons, l'unité indissoluble qui existe entre notre caractérisation de la tactique de construction du parti, l'intervention qui en résulte pour la période actuelle et notre caractérisation de l'extrême-gauche. Notre débat n'a donc rien à voir avec une analyse en chambre des vices et des vertus de chaque organisation de l'extrême-gauche : il s'agit au contraire d'une définition militante des voies et des rythmes de construction de l'organisation léniniste.

Par ailleurs, la présence au sein de notre organisation d'un groupe important de camarades trotskystes, qui défendent déjà des axes concrets pour réaliser cette tâche : « vers la création de la section de la IVème Internationale dans l'Etat espagnol, construisons le parti avec la LCR » la convergence, y compris, avec cette organisation d'une grande partie de nos mots d'ordre, axes d'intervention etc, contribue à polariser le débat sur la tactique et les rythmes de construction de l'organisation révolutionnaire autour du projet que défendent les camarades. Cette donnée objective déterminera sans doute en grande partie la dynamique de la phase qui s'ouvre aujourd'hui et qui doit culminer dans la clarification et la délimitation politiques de l'organisation.

Le fait que nous ne soyons pas une organisation trotskyste et encore moins une organisation dont le projet serait défini autour de la construction de la section de la lVème Internationale, définit les limites du cadre de ce débat ; mais la convergence fréquente de la LCR et de l'ETA sur le terrain des luttes actuelles et la présence des camarades « pro-quatre » qui représentent la seule position définie globalement sur les thèmes centraux de nos tâches actuelles, polarisent nécessairement autour de cette perspective, le débat sur la constructión de l'organisation léniniste. f) Mais la clarification politique qui doit forcément servir de base aux options organisationnelles que nous mettons en pratique, ne peut pas provenir exclusivement d'un débat théorique dans nos propres rangs. Aucune clarification programmatique ne peut s'opérer dans ETA si elle n'est pas confrontée simultanément à un processus pratique de construction de l'organisation qui passe par l'intervention dans les usines, à l'université, dans la lutte contre l'oppression rationale, etc. Par ailleurs, nous pourrions difficilement définir les rapports entre l'avant-garde et le mouvement ouvrier organisé sans assumer parallèlement dés à présent l'intervention dans les organismes unitaires à partir de la perspective de front unique qui a marqué ce congrès. Il en va de même de l'analyse organisationnelle de l'extrême-gauche, du mouvement étudiant, du problème national, etc. g) De plus, les objectifs que nous nous sommes fixés en conservant ETA comme plate-forme organisationnelle ne peuvent être réalisés qu'à travers une intervention centralisée. Personne ne conquiert le droit d'être écouté et suivi par les masses autrement que par une pratique révolutionnaire qui lui permette de briguer un tel poste de direction. C'est d'autant plus vrai que deux autres organisations, à nos côtés, revendiquent le nom d'ETA et s'efforcent de s'approprier son prestige et son importance historique. h) Nous avons proclamé clairement notre intention de prendre en main la bannière de ETA pour atteindre les objectifs que nous nous fixons dans la construction du parti révolutionnaire. De ce point de vue notre attitude est pleinement responsable. Mais nous avons également affirmé la nécessité impérieuse de nous démarquer de ces fractions de l'ETA qui, sous ce sigle commun, se maintiennent dans le cadre du nationalisme radical (ETA V) ou du spontanéisme éclectique (minoritaires). En définitive cette dénonciation ne sera parfaitement claire que dans la mesure où notre pratique nous permettra de nous différencier sans ambiguïté. Dans la période actuelle la propagande, les actions, les campagnes réalisées vont recouvrir de fait trois pratiques et trois organisations différentes: la confusion que cela créerait n'aiderait en aucune façon les travailleurs et le peuple à nous juger, ni de ce fait, à nous démarquer clairement des pratiques anti-léninistes de ces deux organisations.

Il s'agit d'une question tactique, mais qui n'en est pas moins importante pour cela ! C est pour cette raison que nous décidons de faire suivre du chiffre « VI » le sigle ETA sous lequel nous sommes apparus jusqu'à présent.

C'est donc comme ETA (VI) que nous signerons dorénavant notre propagande, nos cam pagnes et nos actions.

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