Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 6

Allemagne : congrès de fusion de la R.J.K. et du G.I.M.

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 6 · mars-avril 1973 · p. 16-16 · 1 344 mots

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Du 30 décembre au 1er janvier 1973 a eu lieu à Kassel le congrès de fusion de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire (RKJ) avec le groupe des Marxistes Internationaux (GIM), section allemande de la IVe Internationale. 240 camarades représentaient des groupes et des points d'appui de plus de 30 villes de la République fédérale et de Berlin-Ouest. Avec cette conférence s'est achevée la période d'une année de préparation de cette unification, qui avait été ouverte par la 2ème conférence nationale de la RKJ du 30.10. au 1.11.1971 à Cologne. Pendant cette période avait déjà été formée une direction nationale commune, les séances des deux comités centraux avaient été tenues en commun et les groupes avaient fusionné à la base dans la pratique. A partir de maintenant « Was tun » parait comme organe du GIM, qui est la nouvelle section unifiée. Deux représentants du Secrétariat Unifiée de la IVème Internationale ainsi que des invités de nombreuses sections et organisations sympathisantes européennes ont sympathisantes européennes ont participé au congrès.

Le Document Européen. Le congrès a discuté le projet de thèses pour le 10ème congrès mondial adopté par le ComitéExécutif International de la IVème Internationale : « La construction des partis révolutionnaires dans l'Europe capitaliste ». Ce texte, partant des enseignements et des expériences depuis le tournant stratégique de 1968 et l'abandon de l'entrisme en Europe, orientera le travail des sections européennes pour la période actuelle. En liaison avec la proposition adressée aux instances internationales de la IVème Internationale, qui demande de préciser quelques points du document, la ligne générale du projet fut approuvée par le congrès presque à l'unanimité et est considérée par le GIM comme la base de son orientation stratégique. Dès que les instances internationales auront décidé la publication de ce document, le GIM en donnera connaissance au mouvement d'extrême-gauche d'Allemagne de l'Ouest. Le programme d'action. La discussion du programme d'action de la nouvelle section allemande, pour laquelle trois projets différents et de nombreux textes complémentaires en forme de thèses étaient présentés à l'examen du congrès, occupa de loin le plus de place. Même si un accord général régna sur l'orientation fondamentale par rapport à l'avant-garde ouvrière en train de se former, à l'intérieur de certaines barrières politiques, dans les entreprises et les structures syndicales et sur l'élaboration d'une conception actuelle des revendications qualitatives et transitoires pour les luttes de cette avant-garde et sa liaison politique avec 16

Congrès de fusion de la

TIk et du gim le potentiel révolutionnaire à relatif caractère de masse issu de la radicalisation de la jeunesse, et ainsi les projets étaient dans la ligne générale du document européen, on se décida néanmoins à n'adopter aucun des textes présentés et à ne pas publier les projets parce que ni les thèses présen• tées ni l'état de la discussion dans l'organisation ne correspondent aux nécessités objectives du combat en Allemagne de l'Ouest ; cet état de choses est dû en premier lieu au manque de centralisation politique dans les deux anciennes organisations. Cela contribua à ce que le développement stratégique reste en arrière par rapport à la politique de renforcement quantitatif et d'extension géographique de l'organisation. C'est pourquoi le GIM tiendra dans le courant des six prochains mois une conférence spéciale à ce sujet et en publiera les résultats. L'Indochine A côté des interventions dans les mouvements issus des conventions tarifaires et dans les autres luttes économiques, et du combat contre la répression politique, c'est avant tout le travail de solidarité avec la révolution indochinoise qui a été au centre de nos activités de l'an dernier (ce travail a conduit entre autre au lancement des « Comités de Solidarité Indochine » et à la publication du bulletin hebdomadaire " VietnamInfo »). Il y a dans l'organisation certaines divergences quant à l'analyse du rapport de forces actuel au Vietnam, du caractère de la direction nord-vietnamienne et des conséquences de l'accord en 9 points ; la majorité de la conférence a soutenu l'ancienne ligne générale du GIM et de la RKJ, comme elle était exprimée entre autres dans la résolution du Bureau Central de la RKJ et du BP du GIM du 30.10.72 et dans différents articles de « Was tun ». Le congrès adopta à l'unanimité une résolution, par laquelle fut décidé de faire du mois de janvier le sommet de la mobilisation contre l'agression US, partant de notre analyse politique de la situation actuelle et de la signification objective du mouvement de solidarité dans les pays impérialistes, d'exercer une pression sur les autres organisations de gauche en exigeant l'unité d'action, en faisant des propositions d'activités communes et en développant notre propre travail, et d'activer et de centraliser nationalement le travail des « Comités de Solidarité Indochine »La centralisation Pour surmonter la plus grande faiblesse des anciennes organisations et activer la centralisation politique et organisationnelle de la nouvelle section il a été décidé d'établir une direction centralisée permanente à Francfort et d'améliorer qualitativement les structures de communication et de travail dans l'organisation ; il a aussi été décidé de faire fusionner l'organe théorique « Die Internationale », qui paraissait ces derniers temps de manière très irrégulière, avec « Permanente Revolution », édité par le groupe de Berlin, et de travailler à améliorer le contenu et la forme du journal « Was tun », de le structurer par rapport aux priorités fixées par le Document Européen et la discussion par rapport aux priorités

ALLEMAGNE fixées par le Document Européen et la discussion sur le programme d'action et de le faire paraître tous les quinze jours. En outre un nouveau Comité Central a été élu, qui représente mieux les forces effectives de l'organisation que les directions précédentes. La nécessité de la fusion du GIM et de la RKJ. Le congrès a adopté une résolution qui résume encore une fois les principales raisons de la fusion des deux organisations; ces raisons se sont plus que confirmées dans le courant de l'année dernière. La RKJ n'a jamais eu de divergences politiques avec le GIM, de sorte qu'il ne s'agit pas d'une fusion au sens habituel du terme, dans laquelle deux tendances s'unifient sur une base commune ; bien au contraire la RKJ avait été fondée et au début aussi construite par le GIM pendant l'hiver 69-70.

D'autre part la RKJ n'a jamais été une organisation de jeunesse au sens classique, qui est guidée par une « organisation-mère » et assume des tâches spécifiques dans la jeunesse. La mission stratégique de la RKJ était plutôt de jouer le rôle d'un levier dans la construction d'une organisation active dans la lutte de classes, dans les conditions particulières de la radicalisation de la jeunesse ; la fondation de la RKJ a en fait été déterminée par l'extrême faiblesse du GIM après l'abandon de l'entrisme et de la scission du printemps 1969, qui a conduit à la fondation de « Spartacus ». La fusion de la RKJ et du GIM était dès le départ la conclusion logique de cette conception. Nous pensons pourtant qu'une séries d'erreurs était à la base de cette conception, malgré la valeur pratique considérable qu'elle a eu pour la construction de la section. Ces erreurs sont décrites dans la résolution : ainsi une sousestimation du développement de la nouvelle gauche révolutionnaire, qui essayait généralement de surmonter son étroitesse sectorielle et d'élaborer des perspectives globales ; une sousestimation des conséquences pratiques de la montée des luttes de la classe ouvrière ouest-allemande, qui permettaient de plus en plus de surmonter dans l'intervention pratique la distortion entre le mouvement de la classe ouvrière et le mouvement de la jeunesse radicalisée: une sous-estimation de la signification concrète du poids politique de la / Vème Internationale pour l'Allemagne de l'Ouest, ce qui aurait transformé à moyen terme la continuation d'une « stratégie propre à l'Allemagne de l'Ouest de construction de l'organisation » en une rechute politique. De tout cela résultait une identité croissante des tâches de la RKJ et du GIM, ce qui aurait fini par rendre anachronique le maintien de deux organisations parallèles avec des directions et des structures parallèles.

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