Non content de faire donner ses flics, le gouvernement Pompidou a décidé d'ouvrir ses prisons.
Mal élu en mars, inquiet face à la montée des luttes, discrédité par de multiples scandales, il ne sait plus répondre aux revendications ouvrières et aux aspirations de la jeunesse que par un seul. langage : celui de la matraque.
Aujourd'hui, ce ministère de mouchards et de policiers interdit la Ligue Communiste. Derrière le prétexte exploité des manifestations antifascistes du 21 juin, le but est clair: faire payer à la Ligue Communiste son rôle grandissant dans les luttes des travailleurs, dans les mobilisations des jeunes, dans l'action antimilitariste. Pour des révolutionnaires, cette brutalité du pouvoir est une forme d'hommage.
Mais ce n'est pas seulement la Ligue qui est visée, même si c'est elle que le pouvoir frappe aujourd'hui.
Cette répression concerne tous les travailleurs :
Après la tentative d'appliquer 14 la loi anti-casseurs, loi scélérate, contre des militants syndicaux À Berliet.
Après l'envoi des flies contre les grévistes de Fos et de Besançon,
Après l'intervention d'un commando de nervis fascistes, totalement impunis contre le piquet de grève de Peugeot Saint Etienne,
Après la nomination de Bigeard, spécialiste de la torture en Algérie, à un commandement militaire dans la région parisienne,
Après les téléphones écoutés, les théâtres baillonnés,
La dissolution de la Ligue Communiste apparait clairement comme un pas de plus dans l'escalade de la répression, beaucoup plus vaste.
C'est pourquoi est lancé un appel solennel à toutes les organisations du mouvement ouvrier, à tous les démocrates. A tous ceux qui s'indignent de voir le pouvoir tenir une fausse balance entre les apprentis nazis et ceux qui les combattent, en faisant semblant de punir les uns, pour mieux réprimer les autres.
UNE RIPOSTE IMMEDIATE S'IMPOSE.
UNE CAMPAGNE DE MASSE DOIT ETRE ENGAGER DANS L'UNITE LA PLUS LARGE POUR LA LEVEE DE CETTE MESURE.
Que la bourgeoisie le sache :
Ce décret scélérat remplira peut-être quelque cellules de prison, il n'empêchera pas des milliers de militants de continuer à penser et à agir. Depuis plus d'un demi-siècle, la répression bourgeoise et la terreur stalinienne n'ont pu venir à bout du mouvement trotskyste. Ce n'est pas un Marcellin qui y parviendra aujourd'hui. Le vent de mai 68 souffle trop fort dans la classe ouvrière et dans la jeunesse.
Contre ce régime d'exploitation et d'oppression,
Pour la révolution socialiste mondiale.
Ce n'est qu'un début, le combat continue !