Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 11-12 (n° 62-63)

Libérez Krivine et ses camarades

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 11-12 (n° 62-63) · novembre-décembre 1973 · p. 12-13 · 1 195 mots

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ABOLITION DU DECRET DE DISSOLUTION DE LA LIGUE COMMUNISTE

- En préambule, je rappelerai que nous ne sommes par pour la « guerilla urbaine », ni rurale, ni quoi que ce soit. Nous ne pensons pas qu'on prend le pouvoir en frappant les policiers avec des cocktails molotov, un a un. ce cocktails molotov, un à un. Ce ne sont pas 3000, 5000, ou 10 000 ou 100 000 manifestants qui feront la révolution. Nous utilisons la violence de façon minoritaire, lorsque nous y sommes contraints et lorsque cela peutétre compris par les masses. Nous ne sommes pas putschistes. L'action des masses seule pourra venir à bout des bandes fascistes. De méme que seule la mobilisation de masse des travailleurs pourra s'opposer victorieusement aux attaques des CRS, des SAC, CDR ou CFT contre les piquets de grève. « Il faut écraser la vermine fasciste dans /'œuf » Mais il faut prendre ses responsabilités : le fascisme, cela s'écrase dans l'œuf avant qu'il ne soit trop tard. Nous sommes jeunes, mais nous avons plus de mémoire que les vieux. Nous ne voulons pas que ce qui s'est produit il y a quelques décennies se reproduise. Avec le fascisme, il y a eu toujours les mêmes réactions : « Ils ne sont pas dangereux, il sera toujours temps d'agir »... et puis un beau jour il est trop tard. Pas de liberté d'expression pour les racistes et les anti-sémites ! Et comme toutes les organisations ouvrières et démocratiques traditionnelles ne prennent pas leurs responsabilités, les révolutionnaires ont du le faire. Nous avons fait un test, un avertissement national ce 21 juin. Nous avons montré la voie. 12

Conférence Ce qui s'est passé est la faute du pouvoir. C'est lui qui a autorisé et protégé le meeting nazi. Il a placé sciemment ses policiers pour faire servir ceux-ci de cible et de protecteurs d'Ordre Nouveau. Les déclarations de Marcellin à Vannes avant le meeting témoignent du piège que celui-ci entendait tendre avec l'aide des policiers pour cobayes. Toute la presse a relevé la complicité de la police et du service d'ordre d'Ordre Nouveau avant comme aprés le meeting. Ordre Nouveau est un petit groupuscule nazi mais qui se nourrit du développement de tendances fascisantes y compris au sein de l'appareil d'Etat et de la police. Les bandes armées du capital sont, soit légales (la police, l'armée), soit illégales (des que les premières ne suffisent plus). Les SAC, CDR, la CFT, Ordre Nouveau ont pour mission d'attaquer, d'affaiblir les organisations de presse du 25 Juin 1973 ouvrières et révolutionnaires. Il n'y a pas de riposte « démocratique » suffisante face à des attaques armées et il faut organiser l'autodéfense. Meme si celle-ci ne peut être victorieuse sans la participation des masses mobilisées. Or les campagnes racistes et antisémites se développent à grande allure de façon hystérique: l'exemple de Grasse où un véritable pogrom a eu lieu contre les travailleurs immigrés, l'exemple de Nice où Ordre Nouveau veut empêcher toute expression des révolutionnaires, l'exemple des cafés arabes attaqués ces jours derniers dans la banlieue parisienne, l'exemple des permanences du PC attaquées, et puis les articles anti-sémites de « Minute » et d'autres journaux d'extréme droite, tels « Ordre Nouveau », tout cela exige aujourd'hui une riposte résolue. Qui sont les « casseurs » ? Nous nous adressons enfin à Gérard

Monatte, responsable du syndicat des policiers : il faut distinguer clairement dans les événements du 21 juin la responsabilité du pouvoir. En ce qui concerne les policiers blessés dans les cars de Police-secours (Bastille et Bld de l'Hopital) la photo de « Libération » montrant nos camarades portant aide au policier et au malade, dément celle de France Soir qui prétendait que l'on s'acharnait. En ce qui concerne le local mis à sac, 4 questions : - Qui a décidé cette opération : pourquoi entre deux éditions du Monde y a-t-il eu une phrase en moins : celle qui déclarait que la PJ n'était pas au courant de la perquisition. Qui, quels responsables, quelle fraction de la police a occupé le local de la Ligue ? - Y avait-il un mandat ? Non. Est-ce au nom du « Flagrant délit » ? Oui. Mais alors pourquoi 6 H 30 après la fin de toute manifestation ? Ce n'est plus un flagrant délit. -La perquisition a eu lieu en l'absence de toute personne. Pierre Rousset exigeait d'assister à la fouille. On l'a enfermé dans la salle de garde en otant son pantalon en guise de réponse. - La prise d'ôtages est-elle inscrite dans les tables de loi? 25 camarades ont étéarrêtés, 14 inculpés pour le seul fait qu'ils étaient au local. Alors que le responsable du local et de la Société Internationale d'Editions qui le loue (P.Franck) était seul à pouvoir être joint pour cette perquisition : les flics n'ont pas un seul moment fait une démarche légale. Mais ils ont tout brisé. Y compris piétiné les livres : « Farenheit 451 »... Les armes ? Ce n'est pas notre ligne politique d'en stocker : nous ne préparons pas la guerilla, aujourd'hui c'est absurde. Donc il y a une raison : elle est simple. Ces armes nous ont été apportées il y a 10 jours par un inconnu. Provocation ou irresponsabilité ? Ceux qui ont reçu ces armes ont eu peur de tomber dans la provocation en les renvoyant immédiatement : les armes pourraient étre immédiatement saisies à la sortie du local. Ils ont décidé d'attendre et de les évacuer : il est irresponsable que cela n'ait pas été fait. Mais ces deux fusils (dont l'un date de la guerre de 14 !) n'étaient pas cachés, loin de là, ils étaient dans un placard accessible. Nous avons pris cette question comme une question mineure. Il arrive à toutes les organisations d'étre confrontées à de telles situations (au PS, au PC ou à nous). La quasi totalité des membres du BP n'était pas au courant. Le premier surpris a dû être Pierre Rousset. Nous demandons une expertise des armes car les 2 fusils ne fonctionnent peut-étre même pas, ni la grenade (apportée avec), nous n'en savons rien. Nous les avons vus pour la plupart pour la première fois en photo dans France-Soir. Pour les cocktails molotov, nous en avons un peu, pour défendre le local - qui a d'ailleurs été attaqué il y a un mois au cocktails molotov par Ordre Nouveau. Le reste du matériel de défense, c'est des bouteilles d'eau et des barres de fer, c'est tout. Là aussi toutes les organisations ont un même matériel dans leur local. Pierre Rousset ne participait plus à aucune manifestation (ni méme à une vente de « Rouge » ou l'on peut aussi se faire arréter) depuis qu'il avait 8 mois avec sursis. C'est pourquoi il était demeuré au local ce soir-là. Son arrestation relève de la « prise d'otage ». Nous exigeons sa libération immédiate. Nous ferons une grande campagne pour l'obtenir. Les 25 camarades arrêtés par les policiers et les 14 placés en garde à vue ont été l'objet de trés nombreuses insultes racistes, antisémites et fascistes de la part des policiers. »

Paris, le 25 juin 1973.

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