La Ligue Communiste élève une vigoureuse protestation contre l'interdiction du meeting qu'elle avait convoqué jeudi 28 au soir à la Cartoucherie de Vincennes. Le pouvoir a eu une attitude inadmissible en mettant sur le même plan les racistes et les anti-racistes, les fascistes et les anti-fascistes. Il n'y a pas de neutralité lorsque les libertés élémentaires sont en jeu : la lutte contre le racisme, l'anti-sémitisme et le fascisme doit rassembler toutes les forces vives du mouvement ouvrier démocratique et révolutionnaire pour triompher. Des déclarations de membres du gouvernement ou de milieux proches semblent laisser planer le projet de dissolution de la Ligue Communiste (l'éventuelle dissolution d'Ordre Nouveau servirait d'apparent contrepoids). Ce faisant, fondamentalement, le pouvoir répondrait aux injonctions des dirigeants d'Ordre Nouveau ou aux appels au meurtre de « Minute ». Ce faisant, le pouvoir franchirait un pas nouveau, engageant une politique de répression qualitativement différente, menaçant le mouvement ouvrier dans son ensemblé. Une attaque contre la Ligue, après de multiples attaques contre les travailleurs à Fos, à Besançon ou à Peugeot, ne serait qu'une nouvelle étape. Le Bureau Politique de la Ligue Communiste a déjà lancé un appel solennel à toutes les organisations ouvrières et démocratiques pour faire échec à l'escalade répressive du pouvoir en organisant une riposte de masse. Il faut que l'on sache qu'en tout état de cause, rien ne pourra empêcher l'activité de milliers et de milliers de militants trotskystes œuvrant à la victoire de la révolution socialiste.
le 27.6.1973