Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 11-12 (n° 62-63)

Appel

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 11-12 (n° 62-63) · novembre-décembre 1973 · p. 42-42 · 357 mots

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Cet appel a été signé par plus de 2 000 personnes, militants, personnalités politiques, artistes, enseignants, etc... De très nombreuses sections syndicales CGT, CFDT, FEN ont également joint leur signature. Le défaut de place nous empêche de reproduire la liste de ces signatures.

En dissolvant conjointement Ordre Nouveau et la Ligue Communiste, en les mettant ainsi sur le même plan, le gouvernement veut faire croire qu'il répond aux aspirations d'une grande partie de l'opinion publique.

Il entend traduire des militants politiques, dirigeants de la Ligue Communiste devant la Cour de Sûreté de l'Etat ou les poursuivre selon la loi « anti-casseurs » et pour « tentative de meurtre ».

Nous considérons qu'il est de notre devoir de dénoncer cette opération. Si le gouvernement avait voulu réellement atteindre Ordre Nouveau, organisation raciste et néo-nazie, il lui suffisait d'appliquer la loi de juillet 1972 qui réprime les activités racistes et l'incitation à la haine raciale. Loin de le faire, il n'invoque et n'utilise la loi de 1936 que pour procéder à un amalgame scandaleux destiné à mettre hors-la-loi une organisation d'opposition à cause de ses dernières campagnes politiques.

Comble d'hypocrisie, le décret dissolvant la Ligue Communiste se garde bien et pour cause, de mentionner l'objet de la contre-manifestation du 21 juin : empêcher Ordre Nouveau de tenir en plein Paris une manifestation visant à susciter la haine et le mépris à l'égard des travailleurs étrangers et à développer une campagne raciste dont les événements de Grasse sont un exemple.

Nous ne sommes pas dupes : la dissolution de la Ligue Communiste témoigne un tournant redoutable qui signifie une provocation vis-à-vis de l'opinion publique et une menace pour l'ensemble des libertés.

Nous exigeons :

1. L'abrogation du décret de dissolution de la Ligue Communiste.

2. La levée de toutes inculpations des dirigeants ou militants de la Ligue Communiste et de ceux qui seraient poursuivis à la suite du 21 juin.

3. La libération immédiate de tous les emprisonnés politiques et notamment Pierre Rousset et Alain Krivine.

NOUS APPELONS A LA CONSTITUTION D'UN COMITE NATIONAL SUR LA BASE DE CET APPEL POUR ENGAGER LA LUTTE ET FAIRE ECHEC A LA REPRESSION.

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