Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 5 (n° 55)

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Quatrième Internationale, nouvelle série n° 5 (n° 55) · 24 décembre 1972 · p. 45-45 · 880 mots

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les habits neufs du Président Mao

Les livres sur la Chine se sont multipliés pendant la période de la « Révolution Culturelle », mais rares furent ceux qui ont vraiment apporté quelque chose. Pour le faire, il fallait savoir digérer une masse d'informations, donc disposer de critères solides pour faire un tri parmi cellesci et les interpréter correctement. Le livre qui a paru récemment, Les Habits neufs du Président Mao est écrit par quelqu'un qui disposait au départ d'avantages considé rables sur bien d'autres : l'auteur connait la langue chinoise, l'histoire et il suivait la situation en Chine à partir de Hong-Kong où on obtenait des informations plus précises que ce que laissait passer la propagande officielle. Placé aux premières loges, Simon Leys commence par replacer la « Révolution Culturelle » dans le contexte de l'histoire de la Chine depuis le « grand bond en avant ». Il met en lumière les luttes qui, depuis cette époque ont déchiré la direction chinoise qui avait pris le pouvoir. Il montre comment Mao, mis en minorité après le « grand bond en avant » a préparé et engagé la lutte qui, qualifiée de « Révolution Culturelle », l'a remis effectivement au centre du pouvoir. D'une façon qui dégage bien les éléments principaux, il souligne les principales péripéties de la lutte. Il montre également fort bien comment Mao, utilisant Lin-Piao, s'est servi de l'armée (du moins d'une partie de celle-ci) contre l'appareil du parti, les difficultés qu'il a rencontrées, les « illégalités » qu'il a du commettre (comme si dans une formation extrêmement bureaucratisée il existait vraiment une « légalité » pour parvenir à ses fins.Enfin l'auteur qui avait terminé son les habits neufs du Président Mao livre en octobre 1969 laisse prévoir un conflit entre Mao et Lin-Piao, plus exactement, un réinvestissement du vieil appareil dans le parti et un renvoi à des positions de deuxième ou de troisième ordre de la « gauche » qui avait été utilisée pendant la première période de la « Révolution Culturelle ». Ceci dit, ce livre péche par absence de véritable explication politique. Au fond, il présente Mao comme une sorte de grand brouillon, peu disposé à étudier la réalité pose a etudier la réalité, ayant des lubies personnelles et avide de conserver le pouvoir ou de s'en emparer pour tenter de réaliser ses lubies. Nous sommes prêts à admettre qu'il existe chez Mao certains des traits soulignés dans le livre. Mais sa personnalité ne peut se réduire à cela et les luttes au sein de la direction chinoise depuis 1958 - et même avant - à une lutte de Mao pour le pouvoir en soi. Il faut toutefois reconnaitre que l'auteur, dans son. avantp opos témoigne qu'il a conscience de ses faiblesses dans ce domaine. Il déclare qu'il avait eu pendant longtemps le vague préjugé favorable de beaucoup envers le maoisme, qu'il est revenu sur ce point en suivant la « Révolution Culturelle » et en l'étudiant comme il le fait dans son livre. Mais, ce faisant, il passe de l'autre côté du cheval : il voit le véritable révolutionnaire chinois dans Sun-Yat-Sen, tandis que Mao serait une sorte d'héritier de la vieille impératrice douairière réactionnaire du début du siècle. Visiblement, l'auteur n'a aucune notion du développement combiné qui se produit au sein de la révolution permanente telle qu'elle s'est déroulée en Chine. Comme le préfacier "Tiennet, il prévoit urie future emner, a prevon une suture révolution chinoise mais il ne saisit pas la nature de celle qui s'est produite. nous renvoyons nos lecteurs à ce sujet au livre de notre camarade Livio Maitan Le parti, l'armée et les masses dans la Révolution Culturelle chinoise (2) avec lequel le livre de Simon Leys concorde trés largement en matière d'exposition des événements, de leur déroulement, des luttes au sein de la direction chinoise, mais qui donne à ces événements où sont impliqués des dizaines et des centaines de millions d'hommes, l'explication marxiste sans laquelle ils resteraient incompréhensibles.

P.F. (1) Editions Champ Libre, Paris (2) Editions Maspéro

« les grandes affaires du PCF » de louis couturier Le PCF a-t-il profondément changé depuis la mort de Staline ? Une façon d'aborder ce problème essentiel est d'étudier la façon dont ses cadres politiques sont sélectionnés ou éliminés. Pénétrer dans «les grandes affaires du PCF» permet de comprendre comment ce parti conçoit la construction de son appareil. L'auteur a choisi les Affaires qui, avec la coloration propre qu'imposent les circonstances, montrent la permanence de leur fonction : assurer le renouvellement de l'appareil, prévenir toute éventuelle opposition ‚éduquer l'ensemble du Parti. Sont ainsi remises au jour l'Affaire Barbé-Celor (1931), l'Affaire Marty-Tillon (1952), l'Affaire Lecoeur (1954),l'Affaire Servin-Casanova (1961), l'Affaire Garaudy (1970) et la deuxième Affaire Tillon (1970). Quelle que soit la triste trajectoire d'un Garaudy dont la mort politique coincide avec la parution de «L'Alternative» on ne peut comprendre la signification de son «Affaire» sans connaître l'histoire de celles qui l'ont précédée. Les militants doivent diffuser ce livre, en particulier auprès des militants critiques du PCF et de la CGT et auprès de ceux qui ont quitté ces organisations, écoeurés par les méthodes qu'ils virent utilisées au cours «d'Affaires» semblables à celles relatées par notre camarade Couturier. (commandes à la SIE, librairie -nuge,12 F. plus 10% pour frais d'envoi.)

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