En mai 1970, le « Front uni de gauche » composé du SLFP parti bourgeois de Mme Bandaranaïke et de deux partis ouvriers réformistes le LSSP( exclu de la IVème Internationale en 1964) et le PC, arrive au pouvoir. Son programme « socialiste » lui a valu le soutien de la jeunesse et une victoire aisée. En mars 1971 les illusions des masses à l'égard de ce gouvernement qui n'a mis en application aucune de ses promesses sont largement dissipées. Un front de lutte commence à se constituer en dehors du cadre parlementaire. L'unité d'action entre le LSSP (R) section ceylanaise de la |Vème Internationale, le Young Socialist Front et le JVP préfigure l'alliance entre les trois forces decisives de la révolution ceylanaise : le prolétariat urbain, le prolétariat des plantations et la paysannerie pauvre. Pour prévenir la fusion de ces forces, pour les faire se battre en ordre dispersé, Mme Bandaranaike et ses alliés montent une provocation contre le JVP (Front de Libération du Peuple) et entament une politique de répression systématique contre lui. Au début d'avril, ces jeunes révolutionnaires improvisent une riposte armée. Elle est noyee dans un bain de sang par la police et l'armée. Ces dernières bénéficient de l'aide d'une alliance contre-révolutionnaire sans précédent dont les USA, la Grande-Bretagne, l'URSS et la Chine sont les principaux éléments. La répression est féroce ; elle fait près de 10.000 victimes. Ces événements (1) marquent un tournant décisif dans l'histoire de Ceylan : l'époque de la démocratie bourgeoise, celle où les journalistes bourgeois pouvaient traiter l'ile de « Suisse de l'Asie » est bien finie. Un an et demi plus tard, il importe de revenir sur les raisons profondes de ce tournant, c'est-à-dire sur la crise profonde de l'économie néo-coloniale ceylanaise ; de saisir comment la bourgeoisie a adapté les formes de sa domination politique à la nouvelle situation, comment elle a légalisé l'arbitraire et renforcé son appareil répressif : et d'envisager après cette défaite provisoire comment reprend forme à travers les luttes actuelles le front unique révoluparticulier la baisse du cours du thé, liée a l'exacerbation de la concurrence entre les pays producteurs d'Asie et d'Afrique Orientale et à la stagnation relative de la demande dans les métropoles impérialistes, a été constante ces dernières années.De plus l'augmentation de la production n'a pu compenser les pertes de devises occasionnées par cette baisse. Aujourd'hui les ressources en devises du pays viennent encore pour 90 % des exportations de thé, de caoutchouc (gråce aux achats massifs de la Chine) et de noix de coco Briser cette dépendance et enrayer le processus de détérioration des termes de l'échange, impliquerait une réorientation radicale de la production agricole vers les denrées alimentaires de base nécessaires à la consommation intérieure et la mise en place d'une infrastructure industrielle minimale. Or cette orientation de l'agriculture signifierait le sabordage économique de la classe au pouvoir à Colombo, liée directement ou indirectement au secteur des plantations La seule solution qui s'offrirait alors à elle pour réduire le déficit de la balance commerciale serait la limitation des importations. Mais cette limitation est hautement problématique alors que la moitié d'entre elles représentent des biens de consommation (15 % pour le riz) et que les importations sont quasi incompressibles. Quant au développement industriel il est entravé non seulement par l'absence des devises nécessaires pour le promouvoir mais aussi par l'étroitesse du marché ceylanais aux canaux duquel echappe une grande partie de la paysannerie. Dans ce cadre le déficit de la balance des paiements est devenu chronique et l'accroissement de la dette extérieure du pays inévitable : la dépendance économique et politique de Ceylan vis-à-vis de ses créanciers impérialistes du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale (BIRD) n'a fait qu'augmenter. Inévitable également le développement massif du chômage : 410.000 sans emploi en 1970 selon le gouvernement qui ne tient compte ni de ceux qui sont sous-employés ni de ceux qui ont un travail sans rapport avec leur qualification. En effet alors que la population a doublé depuis l'indépendance, alors que la paysannerie sans terre croule sous le poids de la pression démographique et de l'endettement et que 100.000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, l'emploi augmente au rythme de
10.000 unités par an.
C'est donc pour trouver des caisses vides et des bureaux de chômage plein que le Front
Uni de Gauche arriva au pouvoir en
Mai 1970. Au cours de sa campagne électorale « socialiste » contre les valets de l'impérialisme de l'UNP il avait promis entre autres choses la nationalisation des plantations de thé et de caoutchouc ainsi que des banques, l'instauration du contrôle de l'Etat sur les entreprises d'impor-export et l'octroi de 2 mesures de riz gratuites. Mais rapidement la démagogie électorale fit place au « réalisme ». N.M. Pereira ministre ment reprend Torme d travers es tionnaire qui enverra les Bandaranai dans les poubelles de l'histoire. CEYI LES RACINES DE LA CRISE La pénétration au XIXème siècle de l'impérialisme anglais à Ceylan a provoqué l'apparition de distorsions fondamentales dans l'écos. nie du pays. Elle signifiait sa participation à la division internationale du travail et donc son orientation vers la production de matières premières destinées au marché mondial La culture du thé ainsi que de l'hévéa et de la noix de coco assurait à la bourgeoisie anglaise des surprofits coloniaux considérables. En méme temps cette dernière bloquait toute possibilité d'émergence d'une industrie locale qui aurait fait concurrence à la production anglaise sur les marchés de l'Asie du Sud. Cette dépendance complète par rapport à l'impérialisme ne fut pas le moins du monde remise en cause lors de l'accession de l'ile à l'indépendance. Les Anglais installèrent au pouvoir les représentants politiques de la bourgeoisie compradore et de l'oligarchie foncière qu'ils avaient associés au pillage des richesses du pays et formés dans leurs universités. Si cette classe dominante put développer le mythe de l'« EtatProvidence » et si le niveau de vie des masses connut alors une élévation certaine, masses connut alors une élévation certaine, cela était dû essentiellement à la hausse provisoire du cours. des matières premières 46 ke, N.M. Pereira et autres Keunemann AMrise démocratie bourgeoise agricoles sur le marché mondial du 2ème conflit mondial à la guerre de Corée. Cela tenait aussi a la surexploitation des travailleurs tamils des plantations de thé importés massivement d'Inde du Sud par les Anglais au XIXeme siècle et qui forment encore aujourd'hui une minorité de parias au sein de la nation ceylanaise. Ainsi l'octroi par L'Etat de riz gratuit à la population, le développement des services de santé gratuits et la scolarisation massive des jeunes, firent de Ceylan un pays où le niveau de vie sans être élevé contrastait avec celui de ses voisins du sous-continent et où le degré d'alphabétisation (85 %) est le plus élevé d'Asie après celui du Japon. Mais depuis lors la situation des masses n'a cessé de se détériorer. C'est que l'économie ceylanaise subit le phénomène général régissant les rapports commerciaux entre pays capitalistes avancés et pays sous-développés: la détérioration des termes de l'échange, c'est-à-dire la baisse du cours des matières premières et la hausse des produits manufacturés sur le marché mondial. En des Finances et renégat du trotskysme se transforma bien vite lui aussi en mendiant et ses maîtres du FMI lui imposèrent des conditions sévères. ils étaient prêts à accorder un nouveau prêt si tout projet de nationalisation était abandonné et si des mesures d'austérité étaient prises pour assainir une situation économique qui continuait à se détériorer. Une nouvelle fois les masses ouvrières et paysannes, dont les illusions sur ce gouvernement de gauche commençaient à s'évanouir (et dont les organisations d'avant-garde devenaient un danger réel pour le pouvoir) devaient payer la note et voir leur niveau de vie baisser. Cette politique ne pouvait être menée qu'en écrasant les éléments révolutionnaires de la jeunesse rurale et en s'assurant par l'intimidation de la passivité de la classe ouvrière, ses directions traditionnelles (LSSP, PC) s'étant révélées peu capables d'endiguer ses luttes. Il ne faut donc pas s'étonner du fait que le FMI ait accordé son prêt de 24,6 M de dollars trois jours après l'instauration de l'état d urgence et la suppression du droit de greve. Ces mesures devaient permettre au gouvernement d'appliquer dans le calme sa politique d'austérité et d'assainir la situation. Mais la contre-offensive du JVP et sa brutale ré*pression désorganisèrent pour un temps toute l'économie et eurent de graves conséquences La première d'entre elles est la baisse de la production par tête de 1,1 %. Malgré les appels désespérés du premier ministre aux investissements privés, les propriétaires de capitaux qu'ils soient ceylanais ou étrangers vont les faire fructifier ailleurs, échaudés qu'ils sont par la baisse des profits et l'instabilité politique. Ainsi la formation brute du capital fixe a baissé de 15 % l'année dernière. Et les objectifs du plan quinquennal 1972-1976 doivent déjà être révisés en baisse. Les chômeurs qui sont déjà plus de 700.000 verront donc leur nombre continuer à augmenter rapidement dans les années à venir. Quant à la dette extérieure elle approche de 200 M. de dollars et les intérêts à payer sur cette dette représentent 40% des revenus tirés des exportations. Le docteur Pereira, qui semble juger déjà insuffisant le prêt sans intérêt de 33 M. de dollars accordé par la Chine au début de l'été, va donc frapper une nouvelle fois à la porte de ses bailleurs de fonds du FMI. Gageons qu'il se fera tirer l'oreille pour avoir au cours de la présentation du dernier budget (novembre 1971) avancé beaucoup de propositions et n'en avoir appliqué que peu depuis lors. Mais est-ce sa faute si les membres de la coalition au pouvoir, effrayés par la perspective d'occupations spontanées de terres par les paysans ont refusé la proposition de réforme agraire du gouvernement ? Elle aurait pourtant pu rendre à court terme la situation moins explosive dans les campagnes et aurait permis un élargissement du marché intérieur. Est-ce sa faute s'il n'a pu imposer ses projets d'augmentation du prix de denrées alimentaires de base comme le riz, la farine et le sucre, face à la pression des travailleurs ? Aujourd'hui c'est sur la scène politique que la partie se joue. Et seule une défaite décisive des masses pourrait permettre à la bourgeoisie d'appliquer pleinement ses mesures d'austérité (suppression du riz gratuit, des services sociaux gratuits : santé et éducation) et ainsi de sortir provisoirement de ses contradictions.
RELEASE ALL
POLITICAL PRISONERS
CEYLON ISLAND BEHIND BARS
CEYLON SOLIDARITY CAMPAIGN Dans l'Asie néo-coloníale en proie aux révolutions, Ceylan est restée jusqu'au prin• temps 1971 la seule démocratie bourgeoise et parlementaire fonctionnant sans trop de heurts suivant le schéma instauré par l'imperialisme britannique. La vie politique passait alors quasi exclusivement par les canaux électoraux vers lesquels les organisations réformistes du mouvement ouvrier avaient dévié la combativité des masses. Les forces de répression et l'arsenal juridique de la bourgeoisie étaient adaptés a ce cadre mais se révèlèrent peu efficaces dans la nouvelle situation créée par l'approfondissement de la crise économique et l'émergence de nouvelles forces politiques extraparlementaires. Alors même que le gouvernement avait pris l'initiative de l'affrontement avec le JVP en lançant une offensive répressive de grande ampleur contre ses militants, il fut un moment pris de panique lors de la contreattaque lancée par cette organisation au début d'avril. Les insurgés disposaient d'un équipement dérisoire et manquaient de préparation lorsqu'ils attaquèrent les commissariats de police de l'ile. Les forces répressives, prévenues plusieurs heures à l'avance de l'imminence de l'assaut battirent pourtant en retraite en maintes occasions après avoir repoussé les premières vagues d'assaillants. L'armée et la police après s'être regroupées sur des positions de repli parvinrent à reprendre le contrôle du pays assez rapidement. Cela tenait tout autant à l'aide militaire massive qu'ils reçurent alors de l'étranger qu'aux faiblesses du JVP qui, déjà en partie désorganisé par l'arrestation de certains de ses leaders et handicapé par de graves dissenssions internes n'avait pas encore, malgré l'héroïsme de ses militants, les forces nécessaires pour & jeter bas le vieux monde ». La répression fut alors sanglante. Il y avait eu très peu de morts du côté des forces de répression au cours des combats alors que les insurgés mal armés avaient déjà subi de lourdes pertes. Mais la bourgeoisie leur fit payer le prix de sa grand'peur. Le premier ministre Sirinavo Bandaranaike avait bien lancé à la radio des appels promettant une amnistie pour ceux qui se rendraient, mais les massacres continuèrent après que les insurgés aient été arrêtés ou se soient rendus. De nombreuses jeunes filles furent violées souvent avant d'être abattues par une police depuis longtemps haïe par toute la population. Bien que l'armée ait fait disparaitre le corps de nombre des victimes en les enterrant, les brülant ou les jetant dans les rivières, il est possible aujourd'hui d'évaluer à 10.000 le nombre de jeunes qui firent les frais de ces exécutions sommaires. Ce furent non seulement les 8000 membres du JVP qui subirent les coups de cette furie répressive mais aussi tout jeune suspect de sympathies pour les insurgés. C'est ainsi que 16.000 d'entre eux se retrouvèrent enfermés dans de véritables camps de concentration: baptisés pudiquement « camps de réhabilitation » et installés à la hâte sur les campus universitaires et parfois même dans des asiles de vieillards. Là encore à la moindre protestation contre le surpeuplement de ces prisons de fortune, contre leurs conditions d'hygiéne lamentables et contre le manque de nourriture, l'armée répondit par l'emploi des mitraillettes. Et la torture devint pratique courante pour arracher des aveux aux détenus de ces camps où même les membres du Parlement n'ont pas le droit d'aller : ainsi Rohana Wijeeweera fut torturé pendant une semaine en août 1971, menacé de mort et contraint à rédiger une déclaration. Toutes ces mesures répressives sortent-elles du cadre de la légalité ? Avec un peu de retard le gouvernement peut aujourd'hui ,épondre hypocritement par la négative. Il y a bien eu quelques « bavures » commises par des officiers de l'armée mais elles valent des procès à leurs auteurs; et puis comment en savoir plus alors qu'une loi de septembre 1971 interdit à la presse et à la radio de mentionner tout témoignage porté contre des policiers ou des militaires ? Pour le reste la légalité a été respectée. L'état d'urgence en vigueur depuis plus d'un an et demi prévoit notamment que : la police et l'armée sont autorisées à brûler ou à enterrer tout cadavre sans témoins ; toute personné soupçonnée par la police de tomber sous le coup de la législation d'exception peut être incarcérée sans que sa famille soit informée et maintenue en détention automatiquement si elle a été présentée à un magistrat après 15 jours de garde à vue. Un an après ces arrestations massives 14.000 personnes restaient encore emprisonnées sur la base de simples présomp- tions ou dénonciations sans avoir jamais été inculpées. Un plan de libération de 4.000 à 5.000 suspects prévoyant leur maintien sous une surveillance stricte avait bien commencé à entrer en application Mais que faire des autres ? Comment les juger ? Pour le gouvernement il était impossible de libérer ces jeunes animés d'une haine farouche à son égard sans courir de grands dangers : il semblait délicat de les maintenir dans ces camps qui sont devenus de gigantesques écoles de formation politique sans ternir un peu plus son image démocratique, en particulier à l'étranger. A ce dilemme une solution radicale fut apportée au printemps dernier par le vote favorable du Parlement sur 2 nouvelles lois : le « Criminal Justice Commission Bill » -t l'a Interprétation (Amendement) Ordinance ». Aux termes de la première les procédures des tribunaux ordinaires sont inapplicables aux cas d'« offenses » liées à une rébellion, insurrection ou « atteinte généralisée contre la loi etl'ordre » de même qu'à « la destruction totale ou partielle d'usines ou d'autres installations publiques ou privées »: Tous ces cas relèvent des commissions de justice criminelle qui cumulent les pouvoirs d'instruction et de jugement. Celles-ci peuvent adopter la procédure qu'elles jugent « être la mieux adaptée à la recherche de la vérité ». Elles admettent la validité de témoignages soit écrits, soit oraux recueillis par « n'importe qui dans n'importe quelle circonstance » En particulier les aveux obtenus « sous la pression » peuvent être utilisés comme preuve contre l'inculpé mais aussi contre toute personne désignée par lui, même s'il se rétracte par la suite. La torture est ainsi encouragée à mots couverts. De plus ces commissions prononcent des jugements définitifs et sans appel, à l'exception de la peine de mort ; mais les suspects acquittés ou les condamnés ayant purgé leur peine ne sont élargis que si le ministère de la justice en décide ainsi. Enfin elles peuvent limiter la présence de la presse ou du public dans la salle et même siéger à huis clos. Cette loi, faut-il le préciser, est rétroactive. Quant à la seconde loi elle supprime le recours à l'habeas corpus et aux autres textes qui protégaient les accusés contre un acte illégal du gouvernement. Une fois l'arbitraire le plus total légalisé le pouvoir pouvait sans difficultés transmettre les dossiers de 8000 détenus à la justice. Celle-ci a lancé maintenant ses 3 premières « enquêtes » contre des militants ou sympathisants du JVP. II est du devoir de tout révolutionnaire de dénoncer ces simulacres de procès, véritables inquisitions qui ont pour fonction de faire oublier le sort des autres détenus (ils devront attendre plusieurs années avant d'être jugés, s'ils le sont un jour) : de briser le mur du silence alors que le gouvernement ceylanais tente de présenter ces procès à l'opinion publique internationale sous le jour de la légalité ; de battre en brèche la propagande officielle qui cherche à accréditer la thèse selon laquelle le JVP est unique responsable des événements du 48
Madam ….et la j qui app de « rél printemps 1971 pour avoir à lépoque lancé une organisation de terroristes préparée de longue date ; enfin d'exiger la libération de tous les prisonniers politiques. Ce serait pourtant une grave erreur que de croire le déploiement de ce gigantesque arsenal répressif de la bourgeoisie ceylanaise uniquement dirigé contre le VP. Fondamentalement il vise toute la classe ouvrière. Depuis l'instauration de l'état d'urgence le droit de grève est supprimé pour les fonctionnaires, les salariés du secteur public et des entreprises « essentielles » du secteur privé. Cette notion ayant été étendue jusqu'aux fabriques de stylos à billes toute grève est devenue illégale. Jusqu'en juin dernier ces mesures d'exception soumettaient la presse et tout document public (donc les tracts et les affiches) a la censure. Le nouveau projet du gouvernement ne vaut guère mieux il prévoit la création d'un conseil de la presse chargé entre autres choses de veiller à ce que ne puissent être publiés ni les documents envoyés ou reçus par des ministres ni les propositions du conseil des ministres. Toutes les mesures anti-sociales du gouvernement pourraient ainsi être appliquées sans que les travailleurs en soient informés et qu'ils puissent agir à temps pour s'y opposer.
e Bandaranaike... police ceylanaise lique sa politique habilitation »
Pour pouvoir appliquer sa politique réactionnaire le Front uni de la gauche, qui voit sa base sociale se réduire comme une peau de chagrin et qui peut maintenir à tout prix la fiction d'une démocratie parlementaire effective a opéré un autre tour de passe-passe :
Ses représentants majoritaires au Parlement ont transformé ce dernier en Assemblée
Constituante. A l'issue de ses travaux
Ceylan rompt bien ses liens institutionnels avec la Couronne pour se transformer en république de Sri-Lanka mais il ne s'agit là de rien d'autre que de la légalisation d'une situation de fait : le relâchement des rapports de l'ile avec l'impérialisme britannique. La fonction principale de cette nouvelle constitution est ailleurs : en prorogeant le mandat des députés pour 5 ans
(jusqu'en 1979) et en ôtant la possibilité à la Cour Suprême de juger la validité devant la loi des décisions de l'exécutif, elle ne fait que renforcer le caractère distatoriak du régime. Le rapporteur du projet Colvin R de Silva autre renégat du trotskysme et ministre des plantations y voit, lui, l'instauration d'une « démocratie socialiste » à