Crise sociale dans les pays capitalistes avancés, montée en force de la révolution, convulsions du système monétaire international : autant de phénomènes qu'on a coutume d'analyser à l'intérieur du bloc géopolitique constitué par l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord.
Le mai rampant italien, l'occupation britannique en Irlande ou la radicalisation de la jeunesse américaine sont des choses plus ou moins familières aux militants révolutionnaires.
On oublie le Japon. Géographiquement et culturellement décentré, politiquement sous la coupe de Washington depuis vingt sept ans, il semble, de plus, laissé sur le bord du chemin par la révolution asiatique qui se bat en Indochine, jette ses premières flammes sur le continent indien et agite la Chine et ses contradictions internes.
Deuxième puissance capitaliste du monde, le Japon risque d'être, demain, le fer de lance de la contre-révolution en Extrême-Orient, le revolver chargé de balles atomiques pointé sur l'Etat ouvrier chinois. Déjà, il participe à l'effort de guerre américain au Vietnam, l'île d'Okinawa servant de base arrière, de porte-avions insubmersible de la VIIe flotte.
Le dossier que nous présentons a pour fonction de régler son compte à la double imagerie du « miracle » économique et d'une extrême-gauche sanguinaire passée des invincibles manifestations de 1967-70 aux mitraillettes du terrorisme.