Le document présent est rédigé d'après la résolation politique essentielle votée par le ème Congrès du Socialist Workers Party
(SWP) (1), tenu & Cleveland (Ohio) du 8 au
12 août 1971. 1100 militants, délégués et
BILAN ET invités, assistèrent à ce congrès, le plus important dans l'histoire du mouvement trotskyste nord-américain.
Outre cette résolution, trois textes furent
PERSPECTIVES proposés au congrès qui, majoritairement, les adopta : une résolution sur le mouvement de libération des femmes, un texte
DE LA NOUVELLE sur la lutte des Chicanos (2), et un document sur Israel et la révolution arabe.
Il est impossible de publier ici le texte intégral de l'ensemble de ces document pro-
RADICALISATION grammatiques qui servent de références politiques au SWP jusqu'a son congrès de
1973, mais il nous a paru fort intéressant de donner aux militants français les élé-
AUX U.S.A.
ments principaux du texte central du dernier congrès. On y trouvera une analyse nordde la radicalisation de la jeunesse
FRE FREE
ANCELA
ANCEL américaine dans le contexte des contradictions croissantes de l'impérialisme mondial et du capital américain. Ecrite au printemps 71, la résolution devait préparer les révolutionnaires des Etats-Unis à l'ag gravation de la politique de l'administration Nison par rapport aux travailleurs américains : moins d'une semaine après la fin du congrès du SWP, Nison inaugurait sa politique de gel des salaires, d'agression envers le niveau de vie des travailleurs. Après les Noirs, les étudiants, les opposants à la guerre d'Indochine et les femmes, les ouvriers américains ont (re)commencé à bouger. Chacun comprend l'importance de ce réveil du prolétariat des Etats-Unis : encore faut-il savoir dans quelles conditions les marxistes révolutionnaires peuvent intervenir dans ce processus décisif, en dernière analyse, pour l'humanité toute entière. Voilà ce que ce document, légérement abrégé, devrait nous permettre de faire…..
J.F.D.
première partie A)Les contradictions fondamentales de l'impérialisme américain : l'évolution de la guerre et de l'économie. L'incasion du Laos en février 71 a confirmé que. fondamentalement, la stratégie de l'administration Nixon en Indochine reste identique à celle de Johnson: tenter de remporter une victoire militaire d'une ampleur telle que les forces révolutionnaires vietnamienne soient décisivement écrasées. Nixon doit prendre la même voie que son prédécesseur car sur le terrain, en Indochine, les rapports de forces n'ont pas changé. Le soulèvement massif au Vietnam a été tel que nul n'a pu le troquer contre un marchandage diplomatique du type de celui de 1954. Aucun régime de Saigon — de coalition ou pas — n'est susceptible de faire aux masses vietnamiennes les concessions importantes sur les plans économique, social et politique, pourtant indispensables pour qu'il puisse se maintenir au pouvoir. Seule la présence de la puissance militaire américaine empéche le triomphe de la lutte de libération nationale des Vietnamiens. Le développement massif des réactions anti-guerre aux Etats-Unis a force Johnson à cesser les bombardements du Vietnam du Nord et à commencer les négociations de Paris. Pour trouver des appuis et gagner du temps, Nixon a dû promettre au peuple américain qu'il avait un plan pour finir la guerre. Son plan se révéla être la « vietnamisation », c'est-á-dire la stabilisation du régime Thieu-Ky et le remplacement des troupes US par l'armée sud-vietnamienne. La « vietnamisation » n'a pas marché. Le temps gagné par les mancuures démagogiques de Nixon n'a pas permis à la machine militaire US et à ses fantoches de briser la résistance des masses vietnamiennes. C'est bien cet échec qui amena Nixon à décider l'intervention au Cambodge en mai 1970. L'explosion sans précédent du sentiment antiguerre aux Etats-Unis força Washington d retirer ses troupes du Cambodge ; malgré cela les raids continus des avions US et les invasions périodiques de l'armée sud-vietnamienne y ont étendu la guerre. L'élargissement du front d'intervention US en Indochine ne réussit en rien à obliger les Vietnamiens d plier. Nixon, pressé par son calendrier de retrait des troupes, décida une nouvelle intervention en féurier 1971, cette fois au Laos. Le fiasco militaire des unités « d'élite » de l'armée sud vietnamienne fit comprendre à des millions d'Américains quelle illusion, quelle tromperie la « vietnamisation » représentait : plus clairement que jamais, il apparaissait concrétement que la guerre n'en finissait pas. L'impérialisme américain est confronté à un dilemne cruel : aujourd'hui il n'est pos susceptible d'obliger les combattants indochinois à la capitulation, de laisser seule l'armée sud-vietnamienne pour parvenir à cette fin, qu'il ne l'était avant le début de la « vietnamisation » ; cependant, Washington a promis au peuple américain le retrait définitif des forces ÜS. Or un retrait, effectivement réalisé à une échelle de masse alors que les révolutionnaires indochinois restent insoumis, aboutit d la plus grande défaite de l'histoire de l'impérialisme américain et à une impulsion supplémentaire de forces à la révolution mondiale. Ainsi la névolution vietnamienne, l'effort de l'impérialisme américain pour l'écraser. deviennent la clé de la politique américaine et mondiale. Faire payer les travailleurs L'impérialisme n'a pas les moyens de s'offrir une guerre prolongée, il doit la faire payer par la classe ouvrière. Pour lui la solution la plus favorable serait celle où le mouvement ouurier, favorable à la guerre, tolérerait des mesures urgentes d'austérité qu'elle justifierait, Mais justement, l'attitude des travailleurs envers la guerre exclut toute attaque directe contre le niveau de vie des masses sans danger d'approfondir la radicalisation de larges couches de trabailleurs. L'arme privilégiée par l'impérialisme pour entamer le niveau de vie des masses a été l'infation. Mais ce phénomène a posé deux Pretièmes graves à la classe dominante aux m. le premier: l'élévation du niveau de conscience des travailleurs engendrée par l'atteinte à leurs conditions de vie el de travail (cf. La vague de gréves de 1970, l'une des revendications fondamentales était l'augmentation des salaires pour rattraper la hausse des prix). - Le second, à plus long terme: la détérioration du rapport de forces jusque là favorable à l'impérialisme US par rapport aux capitalismes concurrents et l'instabilité croissante du système monétaire international. La bourgeoisie et ses porte-paroles dans les mass-media et les universités ont lancé une vaste campagne de propagande destinée d convaincre les Américains que l'inflation trouve son origine dans leur tentative de défendre leurs conditions de vie. En réalité la cause réelle se trouve étre les dépenses de guerre massives et la gigantesque dette publique ainsi que les structures monopolistiques engendrées par la continuelle concentration économique due à la concurrence internationale. Pour que l'inflation opère selon ses vœux, la bourgeoisie américaine n'a que le choix Sant : - se diriger vers une politique nationale des revenus ; - décider une recession assez importante pour constituer une armée de réserve de main d'œuure suffisante pour faire disporaitre les demandes de hausse de salaires. Ces deux possibilités présentent le danger d'une réaction éventuellement massive de la part des travailleurs, outre le fait que la seconde pourrait provoquer des récessions dans les autres pays capitalistes et faire boule de neige. La politique suivie par l'odministration Nixon jusqu'ici relève du second cas : le plus fort taux de chômage de la décennie (6 %) a été atteint, occompogrié d'une inflation continue. Mais la combativité de la classe ouvrière ne s'est pas fait attendre, en dépit du chómage, si l'on en croit les luttes à la General Electric et dans l'industrie automobile, les négociations des camionneurs et les grèves
ятиродек, les combats des employés des chemins de fer comme des postiers ou encore des ouvriers de la Sidérurgie Certaines tendances existent au sein de la bourgeoisie à attaquer sur le plan législatif et administratif le poutoir des syndicats eux-mémes. Mais on comprend leurs hésitations devant le danger de voir se déclencher une riposte pourant échapper ou contrôle de la bureaucratie syndicale. B.- Le développement continu de la radicalisation Depuis le 23é Congrès du SWP (New-York, coût 1969) le moucement antiguerre a considérablement progressé comme on a pu le voir lors de la mobilisation géante de Mai 70. A la même époque deux aufres secteurs entraient massivement en lice : le moucement pour l'autodétermination des Chicanos et le Mouvement de Libération des Femmes La méme période vit également l'émergence du Mouvement de Libération des Homosexuels: de révoltes organisées dans les prisons, de New-York à la Californie. exigeant la réforme de la justice et du régime pénitentiaire: une redicalisation accrue au sein de l'Eglise Catholique; un refus sans cesse plus catégorique de la destruction, par le capitalisme, de notre cadre naturel et du système écologique; la formation continue de groupements radicalisés dans toutes sortes d'organisations professionnelles; et l'intensification du sentiment nationaliste noir ainsi qu'un degré supérieur d'organisation et de radicalisation anti-guerre au sein de l'armée... La mobilisation anti guerre de Mai 1970 Réponse à l'incasion du Cambodge et au meurtre des étudiants de Kent State et Jackson State, ce fut la plus grande mobilisation nationale étudiante de l'histoire. Elle confirma la capacité du mouvement étudiant, testée ailleurs, d'agir comme détonateur de forces sociales plus larges, provoquant la mobilisation de centaines de milliers de personnes à travers le pays pour des manifestations anti-guerre. Les événements de Mai nous fournissent une confirmation frappante de notre stratégie de l'e Université rouge = — sous la forme, dans ce cas de l'université antiguerre. La stratégie de l'université rouge comprend l'occupation et l'utilisation de ressources de l'université autour d'un programme transitoire destiné à la fois à lier les luttes étudiantes à des luftes plus larges et à attirer des forces considérables à des actions de masse autour d'objectifs politiques. Grâce à la politisation dúe aux éuénements de Mai, la grève étudiante permit sur des milliers de campus l'usage des ressources unicersifaires... Un autre acquis de Mai 70 fut l'organisation de comités de grève largea et démocratiques capables de diriger effectivement la mobilisation des masses. Les écénements de Mai confirmèrent encore le rôle central que joue la guerre au 14
Vietnam dans la politique américaine. Sous l'impoct de la grève et de l'occupation etudiantes, la première grande manifestation contre la guerre appelée et organisée par un secteur du mouvement overier eut lieu d New-York. Les doénements de Mai 70, au-delà du niveau international, ont fortement remis en question la crédibilité et l'autorité de la classe dominante. Des millions d'Amé ricains mettent désormais en doute sa capa cité de résoudre quelque probleme social intéressant les Américains eux-mémes que ce soit et méme d'en faire état honne tement devant l'opinion, Mai 70 a confirmé notre ligne de cons truction d'un mouvement anti guerre sur un seul objectif et sans exclusives, de type front unique et destiné à organiser des manifestations de rue massives sur le mot d'ordre central: retrait immédiat des troupes US d'Indochine. Cette réussite porta un coup aussi bien aux ultra gauches qui prétendent se substituer aux masses qu'aux sectaires qui contemplent le mouvement de masse depuis les bas-côtés, qu'aux réformistes qui tentent de le subor donner à leur pratique de collaboration de classe... Le développement du mouvement des femmes C'est en 1970 que le nouseen mouvement féministe se transforma en mouvement de masse plongeant ses racines dans les cercles les plus larges de la population féminine américaine. Il a déjà eu un impact consi dérable sur le niveau de conscience du paya et à tous les niveaux de la te quotidienne de la population. Des femmes de toute situation (dans les organisations noires et chicanos, dans les syndicats, les institutions scolaires, les églises, les organisations pro fessionnelles, sur leur lieu de travail) se sont leudes et se sont mises d combattre pour des revendications féministes... Les trois revendications fondamentales du mouvement de libération des femmes constituent un point de départ pour un programme transitoire pour la libération des femmes. La première, avortement libre sur demande, associée au refus de la stérilisation forcée, se fonde sur le droit des femmes, démocretique et élémentaire, de contrôler leur propre corps. Ce droit concerne direc tement les femmes et est choque année une question de vie ou de mort pour des centaines de milliers d'entre elles. Cette revendication a à l'encontre de nombreux préjuges culturels, sociaux, religieux contre les femmes et qui sont destinés à justifier leur statut dépendant. La revendication, qui précise que l'avortement doit étre gratuit, va au-delà des revendications démocratiques, pos le problème de la socialisation de la médecine et répond aux besoins des plus exploitées... La seconde revendication du mouvement : des crèches gratuites fonctionnant 24 heures sur 24 prises en charge par la société el accessibles à chacun(e), répond aux demandes urgentes de millions de femmes, en particulier de celles qui trougillent. En même temps, elle met en lumière la responsabilité de la société pour ce qui concerne l'éducation des jeunes. La troisième revendication concerne le problème de l'égalité femmes hommes en matière de salaires, d'études et d'emplois
Cette revendication démocratique remet en cause l'organisation de l'économie capi taliste et l'institutionalisation politique du statut dépendant et subordonné des femmes dont le système familial patriarcal constitue la rocine historique... La montée des nationalismes Elle se fait sentir non seulement parmi les Noirs mais aussi parmi les Chicanos, les Porto-Ricains, les Indiens et les Asiatiques d'origine. Elle s'est exprimée lors de l'op position croissante à la guerre de ces minorités opprimées, dans le caractère des ré voltes dans les prisons, et dans le développement de leur niveau de conscience et de leur degré d'organisation dans l'armée et les établissements scolaires. La récession, qui a frappé très durement les minorités opprimées, est à l'origine de ce processus, ainsi que l'échec manifeste de l'a intégration = et de la = lutte contre la ségrégation », en particulier dans le Sud, à l'égard des Noirs... Mais en dépit de l'active solidarité envers les militants des Blacks Panthers ou Angela Davis, la crise de direction au sein du mouvement noir continue: Le Black Panther Party accablé par la répression en gendrée par sa ligne politique fausse ne cesse de décliner ; aucune tentative sérieuse de construction d'un parti noir indépendant n'a vu le jour non plus que quelque groupe politique important d l'échelle nationale. On a pourtant uu des luttes, notamment dans l'Illinois à Cairo, qui sont fort proches de nos conceptions programmatiques et or ganisationnelles, exposées dans le document du SWP • Un programme transitoire pour la libération des Noirs • (3). Depuis le Congrès du SWP de 1969 un élément tout à fait considérable a été le développement des luttes du mouvement des Chicanos centrées sur l'opposition à la guerre et aux sacrifices qu'elle leur impose Un point culminant fut atteint en aout 1970 avec une manifestation de 30.000 Chicanos à Los Angeles - quí fut meurtriérement attaquée par la police. L'expérience la plus avancée du moucement chicano a été l'organisation des partis • La Raza Unida » dans le Texas, le Colorado et la Californie. Les premier partis « La Raza Unida» se sont développés au Texas à partir de combats menés sur le thème central du contrôle par les Chicanos des écoles qui leur sont destinées. Plusieurs leaders qui furent à l'origine du mouvement firent leurs armes dans le moupement étudiant, en particulier au sein du MAYO (Mexican American Youth Organisation - L Organisattion des Jeunes Amé ricains Mexicains). Les partis = Raza Unida » sont encore petits et sont confrontés aux mémes problèmes que rencontre tout parti politique essayant de construire une organisation de masse indé. pendante des partis capitalistes... Les effets de la radicalisation sur la classe ouvrière Les principaux secteurs de lutte qui ont jusqu'ici caractérisé la radicalisation croissante sont 1) le mouvement de libération des Noirs; 2) la radicalisation des jeunes; 3) le mouvementántiguerre: 4) le mouvement de libération des Chicanos et 5) le mouvement de liberation des femmes. Il est clair que ces mouvements se sont développés en dehors du cadre du mouvement syndical et en aucun cas n'ont été impulsés par une partie du mouvement overier organisé. Néanmoins, ces mouvements ont d'ores et déjà eu des répercussions profondes au sein de la classe ouurière... Ceci est évident lorsqu'on considère la pénétration en profondeur de la prise de conscience nationaliste parmi les nationalités opprimées et ses diverses expressions lors des luttes combatives des postiers en 1970 ou la grève chez Ford à Mahan dans le New Jersey ; la formation du • mouvement ouerier révolutionnaire du polaroid » et ses campagnes contre les investissements de polaroid en Afrique du Sud ; les manifestations de nationalisme de nombreux jeunes Noirs, pour la plupart d'origine ouevière, dans l'armée et les lycées; la menace publique lancée par le Party « La Paza Unida » de mettre sur pied ses propres syndicats si l'AFL-CIO ne jouait pas son róle.. ete... Tout démontre la profonde hostilité de la classe ouvrière américaine à la guerre d'Indochine : les référendums or. ganisés en novembre 1970 contre la guerre dans les centres industriels de Dearborn et Détroit dans le Michigan: la mobilisation de 25.000 syndiques à New-York pendant les événements de mai 70, l'accueil extrémement favorable fait par la communauté chicana aux manifestations de Los Angeles, les pressions grandissantes qui se font sur les responsables syndicaux pour qu'ils prennent en charge des prises de position et des actions contre la guerre. De méme la montée du nouveau féminisme trouve un écho dans la classe ouvrière. Des comités et des commissions de femmes se sont formés dans plusieurs syndicats : fravailleuses de l'Imprimerie, enseignantes combattent contre la discrimination au niveau de l'emploi, pour des congés de moternité payés, pour la diffusion de l'information sur la contraception et l'avortement dans les lycées et pour un système de garderie d'enfants... Conclusion : l'offensive gouvernementale contre les syndicats. Le caractère des grèves de 1970 montre bien que la classe ouurière n'entend pos voir sacrifier son niveau de vie à la guerre de la Maison Blanche, en dépit des appels directs ou indirects de la Maison Blanche au patriotisme, à l'anti-communisme et au racisme contre les peuples coloniaux. Les grèves de 1970 n'ont pos seulement élé les plus importantes en nombre depuis 1952 mais elles ont bien montré la durabilité de la tendance des travailleurs à rejeter les négociations bidons menées par les bureaucrates en matière de hausses de salaires et à entreprendre des actions liégales contre eux. L'un des espoirs essentiels de Nixon, d savoir que la récession affaiblisse la combativité ouurière, grice au chômage, a été déçu, car le chômage n'a pas pas été seul d augmenter. Les prix ont fait de méme et les travailleurs se sont mobilisés pour défendre leur niveau et leurs condi fions de vie. Une partie sans cesse croissante de la classe ouurière pense que la prochaine étape deura étre un programme de contrôle des salaires sous le masque d'une large • politique des revenus • el de la = lutte contre l'infla tion ». La réponse la plus spectaculaire jusqu'a maintenant a été la grève des postiers de 1970 qui constituait ouvertement un défi au gouvernement fédéral et d ses lois antigrèves anti-constitutionnelles.. L'offensive de la classe dominante contre les syndicats ne dépend pos seulement de l'estimation qu'elle fait du rapport de forces à l'inté rieur des Etats-Unis mais également de l'écolation économique internationale Dans ce contexte plusieurs secteurs du mouvement syndical ont mis au centre de leurs revendications une clause de hausses de salaires pour déjouer l'inflation. Les diri geants de la Sidérurgie ont élaboré des re vendications de hausse de salaires mais aussi de durée moindre de tracail hebdo madaire pour 1971. Le combat pour une échelle mobile des salaires doit étre oppose à toute tentative bourgeoise • résoudre » les problèmes de chomage et d'inflation par le contrôle des salaires : l'in tervention active du gouvernement au côté des employeurs renforce l'idée selon laquelle les principaux problèmes économiques aujourd'hui doivent se poser au niveau politique. La bureaucratie syndicale est constituée par une couche sociale conservatrice et petite-bourgeoise incrustée dans les syndi cats. Elle agit comme la courroie de trans mission centrale de la bourgeoisie dans la classe ouurière et demeure l'obstacle fondamental empéchant la transformation des syndicats en instruments révolutionnaires de combat pour la classe ouurière et ses alliés. Loin de mobiliser la force syndicale sur la lancée de la radicalisation, ces bureaverates font tout ce qui est en leur pouvoir pour enfermer les travailleurs dans le cadre d'un programme social aussi étroit et réformiste que possible. L'impact de la radicalisation est encore un processus moléculaire. Il n'y a pas encore d'alternative à la bureaucratie prise comme un tout à cette étape. Il n'y a pas aujourd hui de tendance organisée s'apprétant à former une aile gauche dans le mouvement syndical afin de jeter por-dessus bord cette bureaucratie conservatrice et son remplacement par une direction qui fonde son action sur un programme lutte de classes dirigé contre la classe dominante...
GIVISITTHE
ULRA
BRING MONEY deuxième partie A.- Caractéristiques générales de la radicalisation 1) Chacun des mouvements, des secteurs de la radicalisation dont nous venons de parler, est indépendant par sa nature et par le cours qu'il suit ; aucun ne constitue une aile des partis républicain ou démocrate. Ils échappent tous au contrôle de la bureaucratie syndicale. Ils ne sont nullement sous la direction du parti communiste... 2) Tous ces mouvements ont démontré leur capacité à s'engager dans l'action directe dans la rue et dans les établissements scolaires, à organiser des manifestations de masse contre les cutorités et l'administrafion... 3) De méme que dans les années 30, le processus de radicalisation a commencé dans les secteurs précédant la politisation et la mobilisation de la classe ouvrière. Mais les luttes sociales des années 60 ont eu un écho dans l'ensemble du pays... La radicalisation d'aujourd'hui est plus grande, plus profonde qu'elle ne le fut jamais dans le passé. L'existence et le développement de cette radicalisation antérieure à celle des bastions décisifs de la classe ouurière sont d'une importance vitale pour la tendance marxiste que nous sommes. Notre capacité à recruter et éduquer une avant-garde marxiste octive et influente dans ces mounements, luttant pour en devenir la direction reconnue contre fous nos odversaires, est décisive pour la construction d'un parti ouerier léniniste de masse capable de mener à la victoire les luttes à venir. 4) Il faut distinguer radicalisation et situation révolutionnaire. La radicalisation actuelle, produit du changement de la situation nationale et internationale n'est pas sur le point de se transformer en situation pré-révolutionnaire. Elle n'en est que la condition préalable et la préparation. On ne pourra parler de situation révolutionnaire que lorsque la politisation et la radicalisation se seront étendues aux bastions décisifs des masses ouvrières et lorsque la fermentation et la mobilisation révolutionnaires poseront objectivement la question du pouvoir. La radicalisation peul se développer des années durant, voire des décennies, les situations pré-révolutionnaires ou révolutionnaires où les classes sont confrontées l'une à l'autre, ne peuvent être que de brève durée. Nous ne pouvons prédire ni le rythme de la radicalisation de la classe ouurière ni la manière dont une situation prérévolutionnaire se présentera. Mais il est clair que plus la radicalisation aura été large et profonde, plus nombreux auront été les militants politisés et éduqués par l'avant-garde, plus les masses auront été accoutumées aux solutions rodicales et plus les atouts sont réunis pour qu'une telle solution puisse éelore... La question-elé reste celle de la création d'un parti de combat marxiste révolutionnaire capable de prendre la direc- tion des mobilisations ouurières contre les réformistes et les centristes pour les mener à la conquéte victorieuse du pouvoir d'Etat. 5) Les caractéristiques actuelles de la radicalisation montrent bien que la révolution américaine aura un caractere combine : elle sera le fait des nationalités opprimées en lutte pour l'autodétermination et de la classe ouurière pour la prise du pouvoir, la destruction de l'exploitation capitaliste, l'aliénation, l'oppression, le recisme et le sexisme et la construction du socialisme, le premier ordre social réellement humain. La révolution américaine qui vient intégrera les revendications démocratiques et transitoires issues de ces divers mouvements dans le codre des luttes sociales en cours aussi bien que celles quí seront engendrées par la rodicalisation au fur et d mesure qu'elle s'approfondira... Les principales contradictions économiques el politiques auxquelles le capitalisme US doit faire face ont une base internationale... La radicalisation présente se fait dans une période de montée de la révolution mondiale... Le monolithisme stalinien s'effrite. La révolution politique a non seulement fait du chemin dans l'Europe de l'Est mais elle se profile déjà en URSS. Les leçons des luttes menées dans un pays sont assimilées dans d'autres comme on a pu le voir à propos des luttes étudiantes, du mouvement anti-guerre, de la question nationale et méme de la radicalisation des femmes. L'anti-communisme, des diversions guerrières cherchant à rallumer la famme du patriotimse, le racisme et le sexisme ne sont plus à méme de mettre fin à la radica lisation tandis que les contradictions profondes qui nourrissent cette dernière ne cessent de s'exacerber. 7) A toutes les étapes de la construction du parti marxiste révolutionnaire de masses, ses codres doivent étre capables de discerner les nouvelles formes de lutte et 16 les revendications des couches opprimées et de les intégrer. Le parti léniniste met en avant les revendications démocratiques et transitoires de ces couches comme partie prenante de son propre programme. Etant donné le caractère décisif de la construction du parti révolutionnaire, notre objectif le plus important en nous investissant profondément dans ces mouvements de masse et en tirant des leçons, est de recruter leurs meilleurs militants, de leur faire assimiler le programme et les traditions du trotskyame et leur faire acquérir l'expérience politique nécessaire pour s'intégrer à l'avant-garde trotskyste qui transcroit. 8) Le repport de forces au sein de la gauche américaine ne cesse de changer en notre faveur. La meilleure preuve en est fournie par l'incapocité du parti communiste à prendre la direction des mouvements de masse et à les mettre sur la voie de la collaboration de classes. B.- Nos adversaires au sein de la gauche Ce sont les partis communiste et socialiste avec leur organisation de jeunesse respective : Progressive Labour (maoïste) avec le résidu du SDS étudiant ; International Socialism (capitaliste d'Etat), et d'autres groupes moins importants tels que la Worker's League (liée à la SLL de Grande Bretagne — voir Q.I. No 2, l'article de P. Frank). Un élément frappant est que chacune de ces tendances développe le point de vue, à sa manière, suivant lequel la politique du SWP et de la YSA relève de la petite bourgeoisie et non pas de la classe ouurière. Chacune met en avant ses critiques du comportement du SWP à l'égard de la radicalisation. Le parti socialiste par exemple a critiqué notre soutien au nationalisme moir, au mouvement de libération des homosexuels, ou mouvement anti-guerre, au mouvement de libération des femmes de même que notre opposition à Isroll - qui est dirigé par un parti ouurier » comme étant « anti-classe ouurière ». Le parti communiste prétend que notre soutien au nationalisme noir relève du racisme, qu'en construisant un mouvement anti-guerre indépendant nous sommes des diviseurs non intéressés par « les problèmes ouvriers »... Tous nos autres adversaires, groupusculaires, voient la preuve de notre caractère petit-bourgeois, dans notre soufien au nationalisme noir, au féminisme et aux autres mouvements de masse. Tous nous opposent leur organisation réellement outrière et leur orientation comme seule susceptible d'atteindre la masse des travailleurs. Leur erreur consiste à ne pas voir les luttes de classes là où elles sont, à ne pas comprendre la nature et les caractéristiques de la radicalisation : à penser le problème de la construction du parti révolutionnaire comme si déjà ils constituaient eux-mémes ce parti dont le problème central serait de savoir comment disposer de ses forces massives. Ce qui nous sépare d'eux : 1) Ils rejettent les revendications des mouvements de masse. Réformistes et ultra-gauches tombent dans l'économisme en isolant les luttes pour l'emploi et les salaires des objectifs politiques et des forces vives de la radicalisation et en estimant que ces revendications sont les seules susceptibles d'amener les ouvriers au combat. Face à la radicalisation ils sont done éminemment conservateurs, craignant les luttes des plus exploités tout comme ils craignent la révolution elle-même. Cela se voit dans leur absence sectaire des mousements de masse ou dans leur présence à seule fin de tenter de les dévoyer et de s'opposer à eux En dernière analyse leur attitude trahit un profond manque de confiance dors le potientiel révolutionnaire de la classe ouvrière et une ignorance totale de la nature de la révolution sociale... 2) Ils ont une conception dogmatique de la radicalisation ouvrière Ils pensent que tant que les travailleurs ne se radicalisent pas au sein du cadre syndical, il n'y a pas radicalisation. Dans les années 30, les premiers à bouger furent les intellectuels, les étudiants, les chómeurs et les fermiers. Quand les ouuriers rejoignirent la lutte, la radicalisation prit de l'ampleur et se concrétisa par une scission au sein de l'AFL (American Federation of Labour) et la création d'un nouveau syndicat masse: la CIO (Congress for Industrial Or ganisation)... Notre programme pour le mouvement ouwier comprend nofamment: a) Contre le chómage, l'inflation et la politique du gouvernement: l'échelle mobile des salaires. b) La démocratie ouvrière au sein des syndicats qui ta de pair avec la lutte contre l'intégration du mouvement ouurier d l'Etat et au système capitaliste : c) Face au bi-partisme bourgeois nous expliquons la nécessité d'un parti ouurier indépendant fondé sur les syndicats : d) Pour faire des syndicats des instruments de lutte au sequice des travailleurs nous appelons à soutenir les luttes des minorités, le combat des femmes pour leur émancipation et le retrait immédiat des troupes US du Vietnam.
3) La construction décisive d'un parti révolutionnaire de masse : Nous partons du fait que le SWP n'est pas encore ce parti de masse. Nous sommes un noyau de cadres, petit mais en expansion, formé autour du programme marxiste révolutionnaire indispensable pour la COns truction d'un tel parti. Nos adversaires qui en restent le plus souvent au niveau propagandiste ne comprennent pas que des regroupements de type frontiste sont nécessaires pour mobiliser les masses: ils ne construisent pas le mouvement antiguerre mais ils appellent par exemple à une grève générale de masse pour mettre fin à la guerre (la Workers's League) ou bien à une migration massive pers Detroit pour soutenir les grévistes de la General Motor (les mao istes)... Tous nos adversaires font fausse route : les ouuriers se politisent par et dans les luttes dans lesquelles ils sont engagés et c'est au cours de ce processus qu'ils en arrivent d rechercher un pôle politique alternatif qu'ils peuvent adopter. Combien de travailleurs radicalisés et polifisés seront-ils recrutés dans le futur au programme et à l'organisation révolutionnaires — combien par les réformistes et les centristes? Cela dépend d'un facteur clé: l'accumulation primitive de cadres partie prenante, en tant que marxistesrévolutionnaires, des luttes montantes.
James P.Cannon, qui est aujourd hui encore prési dent du SWP avait de, avant de fonder le PC américain, l'un des leaders de l'organisation syndicale IWW Industrial Workers of the World) et du Parti socialiste. Délégué du PCA au VIE Congrès de RIC, & Moscou en juillet 1928, il avait pris connaissance, par hasard (!l de la lettre voyée par Trotsky depuis Alma Ata, qu'il put rapporter aux Etats-Unis et sauver des oublis volontaires des bureaucrates. Cette lettre commence le recueil publié sous le titre • L'Internationale Communiste après Lénine » (2) Citoyens américains d'origine mexicaine. (3) Publié dans = Quatriême Internationale No 40 (novembre 1969), trotskysme américain a toujours ét bastions du mouvement trotskyste me fondément ancré dans la tradition s révolutionnaire du continent américa est aujourd'hui l'organisation marxist la plus dynamique, en face d'un PC flanc-garde du parti bourgeois démo d'un mouvement maoiste débile.
l'un des ndial. Prosialiste et in, le SWP / militante : honteux, cratique et agonisant depuis l'annonce du voyage de Nixon & Pékin.
(1) Depuis la seconde moitié des années 20 le