Les années 1970 et 1971, plus que toutes autres, auront prouvé avec éclat aux militants révolutionnaires de l'Orient arabe que, dans une région vitale pour son économie, l'impérialisme mondial ne peut à aucun prix tolérer la montée de mouvements d'opposition, aussi confus, aussi limités, aussi peu « socialistes » soient-ils au départ. Les attaques répétées contre l'avant-poste de la révolution arabe, qui, de septembre 1970 aux derniers combats de juin 1971 en Jordanie, aboutirent à la défaite de la Résistance Palestinienne ; le cours de plus en plus droitier du régime egyptien ; la dictature militaire instaurée en Turquie; la tuerie anti-communiste au Soudan : autant de fois où l'impérialisme, par la violence de ses attaques, a fait lui-même la preuve de la validité de la théorie de la révolution permanente élaborée par Léon Trotsky. Dans une région où sont enfouis les deux tiers des réserves mondiales connues de pétrole, où sont puisés 30% de la production pétrolière mondiale, il est totalement utopique sinon suicidaire de penser pouvoir se libérer de l'emprise impérialiste sans en même temps mettre en avant les tâches de la révolution socialiste. L'impérialisme n'est pas un ennemi extérieur, une puissance démoniaque s'attaquant à une société arabe saine, juste et égalitaire, son incarnation n'est pas la seule tête de pont israëlienne ; les régimes en place sont les relais et les pilliers de sa domination. Les tâches de la révolution bourgeoise, principalement l'indépendance nationale politique et économique ainsi 6 que la révolution agraire, passent par la destruction des Etats arabes existants, par un bouleversement complet des structures sociales actuelles; elles doivent être pensées concurremment aux tâches socialistes. Pour ne pas l'avoir compris, pour avoir cru au mythe de la fraternité de « tous les arabes » contre « un seul ennemi, l'impérialisme », pour avoir refusé la dynamique immédiatement régionale de la lutte du peuple palestinien, les directions majoritaires de la Résistance ont mené l'avantgarde palestinienne à une défaite. PENINSULE ARABIQUE : UNE BATAILLE DECISIVE Contrairement à l'Egypte, où les premières failles viennent d'apparaître, la lutte qui embrase la Péninsule Arabique n'est pas récente. Ce front était déjà ouvert quand la Résistance Palestinienne affrontait la contre-révolution au Liban et en Jordanie. Dans la période actuelle il acquiert un rôle clé. La question palestinienne reste l'épicentre historique de la révolution arabe et le combat du prolétariat et des paysans de la Péninsule ne pourra l'y remplacer ou l'en déloger. Mais, dans la mesure où le peuple palestinien vient de perdre une bataille, de l'avenir de la révolution en Péninsule Arabique dépendent en partie la profondeur et la durée du reflux actuel de la révolution arabe. Pour l'impérialisme, dans sa chasse aux sorcières, la Péninsule est actuellement l'os qu'il ne peut avaler. Le jeu en vaut la chandelle : les pays riverains du Golfe Persique sont les principaux pays producteurs de pétrole du monde arabe ; 47 % de la consommation pétrolière européenne, plus de 90 % de la consommation japonaise en proviennent. La dynamique objective de la Résistance brisait le carcan du nationalisme petit-bourgeois, mais ses directions majoritaires en restaient prisonnières. Rien de tel dans la Péninsule Arabique : c'est sur la base d'une critique du courant petit-bourgeois et d'une compréhension du caractère régional de la lutte menée d'abord au Yémen puis au Dhofar (voir carte), que s'est constitué le Front Populaire de Libération du Golfe Arabique Occupé - aujourd'hui « Front Populaire pour la Libération de l'Oman et du Golfe Arabique (F.L.O.G.A.), après sa fusion avec le Front National Démocratique pour la Libération d'Oman et du Golfe Arabique (F.N.D.L.O.G.A.). Aussi n'est-il pas surprenant que la direction d'El Fath se soit toujours refusée à populariser la lutte armée dans la Péninsule, et que seules les publications de la gauche (Front Démocratique et Front Populaire) l'aient fait. Parce qu'il frappe au cœur d'un des principaux centres d'approvisionnement de l'impérialisme, parce qu'il a atteint une maturité politique inégalée pour l'Orient Arabe, il importe de faire connaître et de soutenir le combat du F.P.L.G.A.O. Le but de cet article est d'armer les militants à cette fin.
- LA STABILITE DE LA PENINSULE ARABIQUE EST VITALE POUR L'IMPERIALISME A la source de l'Or noir La majorité des ressources connues de pétrole au Moyen-Orient est enfouie sous les territoires des Etats riverains du Golfe Persique, soit 62 % des ressources mondiales. Le Koweit, l'Arabie Séoudite, l'Irak, l'Iran, le Qatar, Bahrein produisaient en près de 30% de la production mondiale Pour l'instant, les Etats-Unis n'importent de cette région pas plus de 12,5 % de leurs besoins internes en pétrole, mais, alors que les réserves connues aux U.S.A. ainsi qu'en Amérique Latine ont une limite évaluée à 10 ans, celles de la Péninsule Arabique peuvent parfois dépasser 75 ans d'exploitation. Enfin le taux de rentabilité y dépasse de loin ceux des puits venezueliens ou indonésiens : au Koweit le coût de production ne dépasse pas 6,2 cents, en Arabie Séoudite 8 à 9 cents, dans les autres pays du Moyen-Orient la moyenne est de 15 cents; à l'opposé au Vénézuela le coût s'élève à 62 cents, en Indonésie à 90 cents, aux Etats-Unis à 161 cents ! Le profit des monopoles par rapport au coût de production est de 790 % en Iran, de 664 % en Arabie Séoudite, de
-7-
IRAN d'Hormuz.
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LOMAN
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I5 Kouria Mouria.
Salal du SUD-YEMEN' PAKIYO
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- (Sud-Yemen)
Rakhyout-
-Ghayda.
km
580 % au Koweit (1). 60 % de la valeur totale de la production industrielle des Etats-Unis dépend du pétrole. On comprend alors que pour Nixon il faille au plus tot désamorcer la poudrière du MoyenOrient. Pour toutes les économies occidentales le pétrole restera encore longtemps la principale source d'énergie. L'impérialisme doit donc à tout prix maintenir le statuquo dans la Péninsule Arabique. L'histoire de la domination impérialiste dans la région est celle du passage au second plan des impérialismes britannique et français au profit de l'impérialisme nord. américain. Avant 1948 les Etats-Unis ne contrôlaient que 10% des réserves de pétrole et la Grande-Bretagne 72 %, aujourd'hui ils en contrôlent 59 % contre 29 % pour la Grande-Bretagne. Cette évolution est identique à celle de la pénétration impérialiste à l'échelle de l'ensemble de l'Orient Arabe, qui vit la Grande Bretagne supplanter la France dans le partage des miettes de l'empire ottoman déchu, puis les Etats-Unis gagner de vitesse les impérialistes britanniques sur leur propre terrain, tant au sein de l'organisme de coordination du développement économique du Moyen-Orient mis sur pied par la GrandeBretagne qu'auprès du mouvement sioniste. L'importance de l'enjeu justifie le rôle dominant du gendarme mondial en chef, de l'ennemi principal du genre humain, l'impérialisme US. L'impérialisme britannique et ses intermédiaires, la British Petroleum et la Shell, s'alignent dans la Péninsule globalement sur la politique américaine. Il en est de même de la France, dont 90% de la consommation pétrolière est originaire des pays arabes. Quels que soient leurs intérêts de boutique parfois divergents, les différentes bourgeoisies impérialistes se rangent derrière la puissance de l'impérialisme US plus sür garant de leurs intérêts dans la région. Les formes politiques de la domination de l'impérialisme britannique Deux étapes peuvent étre distinguées dans l'évolution des formes politiques de domination de l'impérialisme dans la région : celles qui furent imposées par l'impérialisme britannique depuis son arrivée en 1799, celles qui aujourd'hui tentent de les remplacer, reflétant la chute de la prééminence britannique. Leur constante est la place déterminante des régimes en place comme alliés de l'impérialisme et garants du maintien de sa présence, qu'il s'agisse des émirats morcellés donnant directement sur le golfe ou de l'étau Arabie Séoudite-Iran qui entoure la péninsule. Pour l'impérialisme britannique il s'agissait de protéger d'abord la route des Indes sur laquelle Aden était un comptoir important, puis les intérêts des sociétés pétrolières. Divisant pour mieux régner, il appliqua une politique systématique de balkanisation de 8 la région. Ainsi furent séparés Bahrein, Qatar et Koweit, puis l'Oman fut divisé en Dhofar, Mascate et Oman ; enfin 7 émirats furent artificiellement créés dont le nombre d'habitants varie de 3000 à 50 000. Les « Trucial Oman Scouts » (T.O.S.), force armée encadrée par des britanniques, des Hindous et des Pakistanais, est chargée de faire régner le calme. Ce vestige de l'armée des Indes de la Belle Epoque est encore actif, particulièrement à Oman et Mascate dans la lutte contre la guerilla du Dhofar. Enfin, introduisant le sous-développement, l'impérialisme musèle tout développement économique, crée des castes autour d'émirs fantoches qui répartissent souvent dans leur famille les royalties qu'ils prélèvent sur la production pétrolière. Les émirats de la Côte des Pirates, pourtant très proches les uns des autres, ont chacun un imposant aérodrome, tandis que les compagnies pétrolières, Etat dans l'Etat, ont leur propre police, leurs services de renseignement. 95 % du revenu national koweitien provenait en 66-67 du secteur pétrolier. Le Koweit est encore le seul Etat où la Grande-Bretagne ait jeté les bases d'une infrastructure étatique moderne. Quant aux sept émirats de la côte des pirates (côte de la trêve pour les Anglais), il n'en est qu'un auquel ses ressources pétrolières, sa population, son étendue, confèrent une certaine puissance, celui d'Abou-Dhabi : ce sheikhat est d'ailleurs le plus riche Etat du monde par tête d'habitant. A l'opposé, à part deux émirats, les deux émirats de Charjah (grâce aux redevances de la Royal Air Force établie sur son territoire) et de Doubai (grâce à son port), les quatre restants ne sont que des territoires artificiels, verrous de sûreté politique, mais sans ressources, sans pétrole et très peu peuplés : seules quelques barques de pêche ou l'émission de timbres à l'héliogravure très soignée, généreusement rehaussée d'or, font montre de leur activité. Tous ces émirats jusqu'au « départ » de la GrandeBretagne prévu pour 1971 étaient considérés comme des protectorats « Etats souverains en relations conventionnelles avec le gouvernement de sa Majesté ». Enfin le sultanat de Mascate et Oman ou fait rage la guerilla partie du Dhofar est un Etat si « indépendant et souverain » de longue date qu'en 1965 l'honorable Assemblée Générale de l'O.N.U. le rangea parmi les territoires non autonomes. En fait, ce territoire est un des plus étroitement controlé, militairement et politiquement, par la Grande Bretagne, seule avec l'Inde à reconnaître son « indépendance » : le ministre des affaires étrangères est un fonctionnaire du Colonial Office, l'armée est exclusivement composée d'officiers britanniques et de soldats originaires du Belouchistan iranien. Les justes proportions du « départ » britannique Prévu depuis 1968, le retrait des forces britanniques de la Péninsule, qui devait avoir lieu en 1971, accompagné de la constitution d'une Fédération des différents émirats du golfe, capable de maintenir la stabilité et la paix impérialiste sur la région, ne signifie aucunement que l'impérialisme britannique plierait tout d'un coup bagage sans demander son reste. Il s'agit d'un remodelage plus que d'un départ qui a trois caractéristiques : 1 - La remontée des luttes révolutionnaires dans la région pousse la GrandeBretagne à donner le change et adopter des formes de domination néo-colonialistes, proches de celles pratiquées par l'impérialisme US. Il s'agit de tenter d'insuffler un semblant de vie aux pouvoirs fantoches locaux. La nouvelle Fédération du Golfe Persique qui regroupe six émirats pour l'instant est l'illustration de cette nouvelle politique. 2 - Il n'y a donc en fait aucun départ massif des troupes britanniques. Le spectre de la révolution avait déjà poussé, en 1968, les souverains des émirats à proposer de prendre en charge les frais de stationnement des troupes britanniques. Si, à l'époque, le ministre britannique de la défense avait ouvertement répondu que la Grande Bretagne n'avait pas l'intention « de jouer les marchands d'esclaves blancs pour les cheikhs », Londres est devenu depuis plus accommodant : la future armée fédérale regroupera un noyau de 2000 hommes des T.O.S. encadré par une trentaine d'officiers britanniques. L'armée du principal émirat de la nouvelle fédération, celui d'Abou Dhabi, regroupant 8000 hommes, reste encadrée par 400 britanniques « sous contrat », et possède une force aérienne de 50 appareils pilotés pour moitié par des officiers britanniques, également « sous contrat ». « La présence militaire britannique est donc appelée à se maintenir fût-ce sous une forme plus discrète, afin de ne pas heurter de front les sentiments nationalistes, (...). Cette présence ne peut, en tout cas, que limiter la souveraineté de l'Etat fédéral, qui est contraint de tenir compte des considérations stratégiques de Londres dans cette région ». (2) 3 - Néanmoins, s'il faut limiter son importance, le remodelage actuel est significatif du déclin de l'impérialisme britannique dans la région au profit de l'impérialisme nord-américain. En ce sens la Fédération est une tentative de réponse à l'influence grandissante des Etats-Unis. Aussi pourraiton parler d'une certaine rivalité entre les USA et la Grande-Bretagne. En fait, face au danger révolutionnaire, l'impérialisme britannique, de même que les autres puissances impérialistes toutes présentes dans la péninsule qu'elles soient en déclin ou non, s'aligne derrière la politique américaine. Ne se sentant pas à la hauteur de la tâche, les britanniques confient à l'impérialisme nord-américain la défense de leurs intérêts. Ils n'ont pas bronché lors de l'occupation des ilots du détroit d'Hormuz
(Petite et Grande Tumb, Abou Moussa) par PIran, principal allié de l'impérialisme US. Les Cheikhs malgré quelques protestations verbales acceptent aussi le rôle de gendarme assumé par l'Iran dans le Golfe. Cette docilité, liée à la prédominance mondiale de l'économie américaine sur les autres économies capitalistes, s'explique localement par le fait que tout enrayement de la production pétrolière au ProcheOrient toucherait à court terme avant tout l'Europe, qui actuellement dépend de cette région à une toute autre échelle que les U.S.A. D'autre part, plus de 50% du raffinage et de la distribution des produits pétroliers en Europe appartiennent à des compagnies américaines. Les déboires de la Fédération des Emirats Arabes En février 1968, à la première rencontre organisée par les britanniques pour fixer les termes du projet de fédération, étaient représentés les sept émirats au complet ainsi que Bahrein et Qatar. Deux ans et demi de tractations et marchandages divers se sont écoulés et le résultat est peu brillant : l'actuelle fédération des Emirats Arabes du Golfe Persique ne comporte que six émirats, Bahrein, Qatar et Ras El Kheyma ayant refusé de s'y joindre. La politique de morcellement de l'impérialisme britannique se retourne contre lui. Ce découpage politique incohérent, ces structures étatiques anachroniques, empêchent aujourd'hui la mise en place d'un pouvoir local stable et solide. Les ennuis déferlent. Les émirs défendant dans un premier temps leurs intérêts de boutiquiers, ne parvinrent pas à s'accorder sur une capitale fédérale, chacun proposant la sienne, ni sur le nombre de représentants de chaque émirat au Conseil Consultatif de la Fédération. Les différents pouvoirs fantoches sont en effet inégaux : Bahrein, dont la population représente à elle seule plus de la moitié de celle de la Fédération projetée, et Qatar, dont la puissance pétrolière est acquise, ne sont aucunement prêts à réduire leur liberté d'action en coopérant avec d'autres émirats, plus faibles, dont certains ne recelent aucune richesse pétrolière. La Fédération de six émirats mise sur pied est déséquilibrée par le poids écrasant d'Abou Dhabi, et ensuite de Doubai. Le premier est obligé, pour consolider l'équilibre branlant de la Fédération, d'aider ses voisins : en 1971 il a versé à la a caisse de développement des emirats » six fois plus que la Grande-Bretagne. Malgré cette aide, les parents pauvres, les émirats défavorisés, craignent les ambitions et arriére-pensées expansionnistes de l'émir d'Abou Dhabi. La position des Britanniques est donc délicate : pour maintenir la stabilité tout en réduisant une présence militaire trop voyante, susceptible d'alimenter le développement du mouvement révolutionnaire, la seule voie est celle de la Fédération, d'un début de centralisation des pouvoirs locaux. Tant que cette dernière n'aura pas été réalisée, l'impérialisme britannique doit maintenir coûte que coûte inchangée sa présence militaire. Mais, parallèlement, les cheikhs, tant qu'ils savent pouvoir compter sur le maintien total de la présence britannique n'ont aucune raison impérieuse de se joindre à une Fédération qui limiterait leur influence. Ainsi s'explique le refus de trois émirats, dont certains parmi les plus importants, de se joindre à la fédération. Les atouts américains De son côté l'impérialisme américain compte avant tout sur l'Iran et l'Arabie Séoudite pour contenir tout ébranlement révolutionnaire dans la région. L'armée iranienne a été réorganisée: forte de 160.000 hommes et de 3000 gendarmes, près de la moitié du budget national lui est consacrée ; les troupes iraniennes, dont l'aviation et la marine sont très modernes, se sont concentrées autour du golfe. L'occupation des flots d'Abou Moussa et de Tumb, placés à l'entrée du golfe, est une nouvelle garantie pour le maintien de la stabilité dans la région. Nous avons vu que ni les cheikhs, ni la Grande-Bretagne, ni même les différents gouvernements arabes (à l'exception de l'Irak et de la Lybie) n'ont réellement protesté contre le débarquement des troupes iraniennes. La consolidation de l'économie iranienne, tout autant que l'aide militaire, est pour l'impérialisme un garant sur l'avenir : de 1964 à 1969 l'augmentation du montant des emprunts reçus par l'Iran fut de 63,5 %. Les U.S.A. exportent vers l'Iran dix fois plus de marchandises qu'ils n'en importent. La même proportion exportation/importation est pour la Grande-Bretagne de 14 et pour le Japon de 30. La dictature du Shah est donc l'atout maître de l'impérialisme, la puissance la plus considérable de la région. Aussi n'est-ce pas par hasard que toute la lie terrestre, les exploiteurs de tous les pays et les chiens de garde de la bureaucratie, chinoise comme soviétique, aient fêté ignoblement à Persépolis les 2500 ans de l'empire iranien, ripaillant sur les cadavres des militants torturés et assassinés par la police politique du Shah, la Savak. L'émigration iranienne vers les pays riverains du golfe, concentrée dans les Etats et Emirats producteurs de pétrole, est très importante. Elle absorbe une part considérable de l'emploi et forme même des partis politiques non négligeables. Ainsi l'Iran tente de diviser la population du golfe en montant les travailleurs d'origine iranienne, donc non-arabe, contre les travailleurs arabes, et inversement. Cette tentative de création de conflits raciaux à des fins impérialistes se fonde sur l'hétérogénéité de la population du Golfe: dans certains émirats la population immigrée (Iran, Irak, Pakistan, Inde, Palestine, Yemen...) est de loin supérieure à la population locale, au Koweit, les koweitiens représentent aujourd'hui 45 % seulement de la population totale de l'émirat. A une moindre échelle, l'Arabie Séoudite a aussi pour tâche de freiner le développement des luttes de classes dans la Péninsule : I'U.S. Air Force y possède une importante base. L'omniprésence des EtatsUnis, à travers la toute puissante Arabian American Oil Company (AR.AM.CO.), s'étend à l'éducation, où l'on voit cette société pétrolière augmenter sans cesse son aide à l'e Université Populaire » séoudienne. Ce rôle de gendarme en second, l'Arabie Séoudite l'exerce principalement par ses attaques contre la République Populaire du Sud-Yemen, base arrière des combattants du Dhoffar. D'autre part, l'Arabie Séoudite fait prévaloir ses droits sur l'émirat de Bahrein, regroupant un archipel qui domine toute la région de Mascate à Koweit, et considéré comme le centre stratégique le plus important de tout le golfe. Il - DE LA LUTTE DE LIBERATION NATIONALE A LA REVOLUTION SOCIALISTE Du Yemen au Dhofar La lutte armée déclenchée depuis 1965 au Dhofar, à l'extrémité-sud de Mascate et Oman, se nourrit, tout en l'avivant, de la crise traversée par les relais de la domination britannique dans la péninsule. Cette lutte menace d'emblée l'ensemble du statu-quo dans la région : par son caractère radical, rompant avec la démagogie du nationalisme petit-bourgeois, par son extension à l'ensemble de la péninsule. L'impérialisme le sait qui, bon an mal an, essaie d'y parer. En septembre 1968, le Front de Libération du Dhofar décida de se constituer en Front de Libération du Golfe Arabique Occupé, s'affirmant comme l'avant-garde du prolétariat et des masses paysannes de la péninsule. Proclamant leur intention d'étendre la guerilla à tout le golfe, les partisans dhofaris affirment leur compréhension du développement immédiatement régional de leur lutte. Au même congrès, l'adoption de l'« idéologie marxiste-léniniste » et le rejet de toute forme de nationalisme bourgeois furent également proclamés; ainsi le deuxième congrès du F.L.D., premier congrès du F.P.L.G.A.O., liait indissociablement la lutte de libération nationale à l'édification d'un Etat socialiste, d'une république arabe populaire du golfe. Comment est-on arrivé à une telle maturité dans la compréhension du processus révolutionnaire, alors que la direction de la Résistance Palestinienne, pourtant placée au centre des luttes de classe au MoyenOrient, fut d'un aveuglement et d'une cécité remarquables ? Pour le comprendre perspectives révolutionnaires dans le golfe arabique il faut étudier les différentes étapes de la croissance et de la radicalisation du mouvement anti-impérialiste dans la péninsule. Ce cheminement va de la révolution antiroyaliste au Nord-Yémen à la constitution du maquis rouge du Dhofar. Cette continuité, du Yemen au Dhofar puis dans tout le golfe, de la montée des luttes révolutionnaires, est sous-tendue par la continuité d'origine organisationnelle de l'aile gauche du Front National de Libération du SudYemen aujourd'hui au pouvoir à Aden et du Front de Libération du Dhofar. Ils sont issus du même moule, des sections locales du Mouvement des Nationalistes Arabes (3), les premières à rompre avec le réformisme et le nationalisme petit-bourgeois de l'ensemble du M.N.A. Ainsi c'est au Dhofar et au Yemen qu'apparurent les premiers signes de la crise qui mina le M.N.A. et fut sanctionnée par son congrès de 1964-1965. De cette crise se dégagèrent l'aile gauche de la Résistance, le F.P.L.P. puis le F.P.D.L.P., et l'organisation des Socialistes Libanais (journal Al Hurryah). Cette souche commune des différents militants d'avant-garde apparus sous l'effet du nouveau flux de la révolution mondiale et de l'éclatement de la crise palestinienne, prouve l'unité des rythmes de progression de la révolution dans l'ensemble de la nation arabe. Au Nord-Yemen, la première étincelle L'impérialisme britannique arracha par la 10
Des combattants à l'instruction dans une région désertique du Dhofar. Mise en batterie d'une pièce de mortier.
(Ph. D.R.)
force et la ruse le Yemen du Sud au royaume du Yemen. L'importance stratégique d'Aden et son arrière-pays, port relais entre le canal de Suez, l'Inde et les richesses pétrolières de la péninsule, était évidente. Une grande raffinerie ainsi qu'une base de la Royal Air Force y furent installées. Les Britanniques distinguèrent Aden et la poussière d'Etat qui l'entourait : en donnant vie et réalité aux émirats locaux, la Grande-Bretagne espérait ne pas être touchée par la vague de décolonisation, et conserver ainsi son emprise. Une fédération vit le jour en 1959, dont la constitution était simultanément accompagnée d'un traité d'Alliance avec la GrandeBretagne. Ensuite Aden, troublé par de multiples grèves et attentats auxquels l'arrivée du pouvoir républicain au Nord en septembre 1962 donna un regain de vitalité, fut intégré à la nouvelle « Fédération de l'Arabie du Sud » au début de l'année 1963. Le royaume du Nord-Yemen était soumis aux caprices d'un Imam, persuadé d'étre le prince des croyants et le descendant direct du prophète, possédant droit de vie et de mort sur ses sujets. Son « gouvernement » était entièrement constitué de membres de sa famille. Il refusait systématiquement toute autorisation d'investissement aux capitalistes tant yémenites qu'étrangers. Ce régime archaïque, entravant même le développement de l'impérialisme, fut renversé le 26 septembre 1962, par un coup d'Etat militaire. La République Arabe Yemenite voyait le jour. C'était la première étincelle annonciatrice du mouvement révolutionnaire qui se développa et s'étendit en provoquant des réactions en chaîne et en atteignant une radicalisation croissante. Le soutien des masses urbaines à la nouvelle république fut massif. (4) Mais le maréchal Sallal et la direction des « officiers libres » de Sannaa, capitale du NordYemen, acceptaient les structures tribales existantes, se plaçant ainsi sur le même terrain que les troupes de l'Imam, formées de tribus proches des frontières de l'Arabie Séoudite. A tenter d'obtenir le ralliement à la République de tribus à force d'or et d'armes, le jeu était perdu d'avance : sur ce plan l'Arabie Séoudite, appui logistique et financier des troupes royalistes, avait l'avantage. Aussi vit-on maintes tribus « républicaines » passer du jour au lendemain dans l'autre camp, au seul son des pièces trébuchantes. La direction républicaine refusant de pousser jusqu'au bout la dynamique sociale de la lutte, en ne détruisant pas les structures tribales, il n'était pas dangereux pour l'Egypte nassérienne de lui apporter son aide. Débutant en 1963, le soutien de Nasser avait pour but de consolider son régime, après l'échec de la grande République Arabe Unie egypto-syrienne, et de s'affirmer à nouveau comme leader du panarabisme face à l'Arabie Séoudite, bastion de l'impérialisme U.S. et alors ennemi déclaré du nasserisme. Les troupes egyptiennes se comportèrent comme une armée d'occupation, méprisante et hautaine. Elles s'acquirent ainsi la haine de la population, républicaine ou non. Les limites du progressisme nasserien et de son aide à la révolution arabe étaient claires : dès 1965 Nasser et Feyçal se rencontrèrent à Djeddah et signèrent un accord prévoyant le retrait graduel des troupes egyptiennes. Celui-ci s'acheva en 1967 ; entre temps un nouvel accord avait été signé à Khartoum : l'Arabie Séoudite offrait en échange son aide à l'économie égyptienne à peine sortie de la débâcle du Sinaï. L'épisode yéménite fut donc le premier constat de faillite du nasserisme, complété par le verdict sans appel de la guerre des six jours : l'Egypte laissait le Yemen isolé face à l'Arabie Séoudite et à l'impérialisme. Au Sud-Yémen, radicalisation et victoire de la guérilla Les événements se déroulant au Nord influèrent sur ceux du Sud : la chute de la royauté insuffla un souffle nouveau au mouvement de libération du Sud-Yemen. Dans ce dernier, la lutte de libération nationale, les clivages au sein des différentes tendances du mouvement antiimpérialiste eurent dés le départ pour enjeu le contenu social de l'indépendance. Le 14 octobre 1963 éclate dans les monts de Radfan (voisinages du Nord Yemen) une insurrection armée qui s'étend rapidement. La direction en est assurée par le Front National de Libération du Sud-Yemen Occupé (F.N.L.S.Y.O.). En son sein était prépondérante la section Sud-Yemenite du M.N.A. Lors de son premier congrès en juin 1965, le F.N.L. définit ainsi ses objectifs : l' « insurrection armée qui a balayé le Sud (...) ne vise pas seulement à expulser les colonialistes de la région. Ce mouvement révolutionnaire est l'expression d'une conception globale de la vie qui vise fondamentalement à transformer radicalement la réalité sociale engendrée par le colonialisme, à déterminer le genre de vie auquel aspire notre peuple et qu'il veut voir s'instaurer sur les plans local, régional, national et international » (nous soulignons). Le F.N.L. dénie tout rôle à la bourgeoisie nationale dans la direction du mouvement de libération et pose clairement la nécessité de la mutation de la révolution démocratique nationale en révolution socialiste. Ainsi dès son premier congrès il s'oppose aux directions traditionnelles du monde arabe. Cette position sans ambiguité provoqua la création, soutenue par l'Egypte, du F.L.O.S.Y. Si la R.A.U. soutint à ses débuts le F.N.L., son orientation radicale, ses succès, alors que se déroulaient les négociations de Djeddah avec l'Arabie Séoudite contre la révolution au Nord-Yemen, l'inquiétaient avant tout. Tous les pays arabes, sans exception, reconnurent le F.L.O.S.Y. et dénoncèrent le F.N.L. comme agent diviseur à la solde de l'impérialisme. La création du F.L.O.S.Y. fut à l'origine de la crise qui éclata alors au sein du F.N.L. entre la direction de l'extérieur et les combattants de l'intérieur qui tinrent un congrès séparé, démirent certains membres du Conseil Exécutif du F.N.L. (notamment Quahtan A'Chaabi et Abdellatif-Feiçal A'Chaabi) et décidèrent de les remplacer par des cadres de l'intérieur. De 1965 à 1967, l'aile gauche du F.N.L. s'opposa à l'aile conciliatrice représentée par la direction extérieure. Le débat portait sur l'attitude à adopter vis-à-vis du F.L.O.S.Y. Pour les combattants de l'intérieur la lutte de classes passait par la lutte armée contre le F.L.O.S.Y., qui comprenait des représentants de la bourgeoisie affairiste d'Aden et certains propriétaires terriens, prêts à s'incliner devant tout projet néo-colonialiste tenant compte de leurs intérêts. A l'opposé, l'aile gauche du F.N.L. s'attacha à la destruction des structures féodales et tribales et à la mise sur pied d'organes populaires de pouvoir dans les zones libérées. Elle s'opposa à toute Union Nationale avec le F.L.O.S.Y., faisant échec aux accords d'Alexandrie (fin 1966) et de Genève (octobre 1967) passés en ce sens par l'aile chaabiste, la direction extérieure. Si cette dernière réussit néanmoins à se maintenir en tant que direction formelle du F.N.L., c'est qu'elle eut l'occasion de jouer un rôle centriste entre la direction révolutionnaire de l'intérieur et de nouveaux venus, officiers supérieurs de l'armée et soldats passés au Front sans qu'un travail révolutionnaire préalable ait été fait parmi eux. En 1967, le F.N.L. contrôlait 14 des 17 Etats de la Fédération bâtie par l'impérialisme britannique; en novembre de la même année ce dernier dut capituler : le pouvoir fut remis à l'autorité de fait, au F.N.L. Recul de la révolution au Nord, Victoire de la gauche révolutionnaire au Sud La création de la République Populaire du Sud-Yémen aura un écho colossal au Nord, où le F.N.L. est présent. A Sannaa, la capitale du Nord, il contrôlait les centrales syndicales, de même que la milice populaire urbaine créée en hâte pour faire face aux forces royalistes après le départ des troupes égyptiennes, Les 23-24 août 1968, s'appuyant sur d'anciennes tribus royalistes, le gouvernement du NordYémen affronta les milices populaires dans une bataille qui fit 2000 morts. Par cet acte sanglant, la main-mise de l'Arabie Séoudite, et par là-même de l'impérialisme américain, sur le gouvernement du Nord-Yémen devint effective. Au Nord, le développement révolutionnaire se trouva donc arrêté, entraînant l'isolement du Sud face à l'Arabie Séoudite, qui soutenait les activités contrerévolutionnaires du F.L.O.S.Y. Parallèlement les difficultés du nouvel Etat indépendant sont accentuées par la fermeture du canal de Suez, coup dur pour Aden dont la vie économique était avant tout alimentée par ses activités portuaires. La crise économique posait avec acuité le problème de la nature de la reconversion d'une économie entièrement soumise à l'impérialisme. Elle débouchait immédiatement sur le contenu des choix politiques et économiques du nouveau pouvoir. L'opposition entre l'aile gauche du F.N.L. et l'aile droite, l'aile chaabiste, fut ainsi avivée. Dans le cinquième gouvernorat (territoires d'Hadramäout et de Mahra, contigus au Dhofar, et regroupant un tiers de la population du Sud-Yémen sur deux tiers de l'ensemble du territoire), l'aile révolutionnaire s'attacha à la destruction de l'ancien appareil d'Etat : des milices populaires, des conseils d'ouvriers et paysans sont créés, l'épuration de l'armée va bon train. A l'opposé, l'aile droite dénonce vivement « les communistes et les sécessionistes d'Hadramaout ». Le quatrième congrès du F.N.L. se déroula dans ce climat éminement explosif, au cours de mars 1968. Malgré une représentation minoritaire (13 délégués pour l'Hadramaout contre 160 au total), la tendance révolutionnaire réussit à faire adopter ses positions. Les résolutions votées lors de ce Congrès méritent d'être abondamment citées: « Notre révolution ne pourra triompher qu'en s'engageant clairement dans la voie du socialisme progressiste et en s'appuyant sur les larges masses laborieuses, en les organisant et en les éduquant, pour les préparer à assumer leurs responsabilités historiques, afin que la révolution se développe, progresse et se transforme en Révolution permanente » (5) . 12
Sur la nature de l'Etat: * La question centrale de la révolution socialiste, c'est le pouvoir des ouvriers, paysans pauvres, et soldats au sein de l'Etat démocratique copulaire et ceci parce que l'Etat est un instrument de répression aux mains d'une ou plusieurs classes pour en opprimer d'autres. L'Etat capable d'appliquer le programme de la révolution socialiste est un Etat nouveau qui s'édifie sur les ruines de l'ancien appareil d'Etat : c'est l'Etat des ouvriers, paysans pauvres et soldats qui exerce sa dictature sur la féodalité, les paysans riches, les capitalistes locaux et étrangers » (6). Enfin sur le parti : « Le Congrès estime que l'édification d'une organisation révolutionnaire d'avant-garde implique l'éducation de ses membres dans la ligne du socialisme scientifique, afin d'élever leur niveau intellectuel, d'assurer la cohésion de l'organisation et préparer sa transformation en un parti socialiste d'avant-garde » (7). En juin 1969, un an après la victoire remportée lors du quatrième Congrès, Qahtan Al Chaabi, président du SudYémen et dirigeant de l'aile droitière, démissionne, ainsi que son gouvernement. L'aile révolutionnaire est majoritaire au sein du nouveau gouvernement. Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, la politique du Sud-Yémen fait un spectaculaire bond en avant. 60 % des sociétés étrangères sont nationalisées, les éléments strictement nationalistes de la petite-bourgeoisie sont écartés, l'appareil d'Etat, l'armée sont épurés. A elle seule, l'arrivée de la République au Sud-Yémen avait renforcé la guerilla du Dhofar : l'Hadramaout et le Mahra, où l'aile gauche du F.L.N. était majoritaire, étaient d'ores et déjà une base arrière des partisans dhofaris. Mais à partir de juin 1969, c'est le Sud-Yémen entier qui devient un territoire allié, au même titre que le Nord-Vietnam l'est pour le Sud. Le cancer du Dhofar ronge Mascate et Oman Un peuple qui ne connait du monde industriel que le fusil et la lampe à pétrole combat journellement l'impérialisme, sa barbarie « moderne et civilisée », ses armées équipées au dernier cri de la technique militaire. Avec la guerilla du Dhofar, la lutte de classe fait irruption dans une société toujours tenue à l'écart ; la révolution des « damnés de la terre» de la péninsule fait éclater les structures tribales d'un pays qui, bien qu'asservi par l'impérialisme, fut maintenu dans l'arriération la plus profonde, auquel tout accès aux progrès techniques et industriels fut interdit. La réalité mondiale du capitalisme s'est très tôt imposée aux militants du Front de Libération du Dhofar. C'est dans une région qui, selon certains n'est pas encore sortie de la préhistoire (8), que naît le mouvement le plus radical de tout le monde arabe, qui sait que seule la révolution socialiste lui apportera l'indépendance et le progrès économique. Les chantres de la révolution par étapes peuvent en avaler leur langue : n'est-ce-pas là la preuve éclatante de la réalité de la révolution permanente, n'est-ce pas là la démonstration que les traits spécifiques de l'économie nationale « constituent, à un degré croissant, les éléments d'une plus haute unité qui s'appelle l'économie mondiale », qu'à l'ère de l'impérialisme ils ne sont que a le produit final et le plus général de l'inégalité du développement historique (9), et qu'enfin « forcé de se mettre à la remorque des pays avancés, un pays arriéré ne se conforme pas à l'ordre de succession » (10). Dans cette province occidentale du sultanat de Mascate et Oman, la direction de la lutte à mort engagée contre l'impérialisme affirme que seule la dictature du prolétariat, prenantla tête de la nation opprimée et des masses paysannes pourra résoudre les tâches démocratiques et de libération nationale. L'indépendance théorique du sultanat de Masvate et Oman cache une présence militaire britannique sans pareil et la débilité, si ce n'est l'absence, de toute administration locale. « Dans tout le sultanat il n'existe qu'une seule école, à Mascate, la capitale, réservée à la famille du sultan ; au Dhofar, il n'existe aucune route, si ce n'est la route stratégique aboutissant à la base de Salalah, aucune école, aucun dispensaire, aucun service social ou communal (eau, électricité etc.) (...) Le régime du sultanat s'est ingénie à priver, par tous les moyens possibles, la population du Dhoffar de tout accès aux progrès techniques ou à la civilisation industrielle : les impôts écrasants et taxes diverses ont pratiquement ruiné le commerce au Dhofar, l'une des régions agricoles les plus riches de la péninsule, qui exportait auparavant ses produits agricoles..., tandis que les réglements en vigueur interdisent pratiquement toute activité humaine normale, depuis l'écoute de la radio ou l'achat d'un transistor jusqu'a la sortie du pays même pour raisons sanitaires, ce qui n'empêche pas une intense émigration à destination des émirats du golfe. Le sultan possède lui-même au Dhofar, où il a établi sa résidence d'été, de riches plantations agricoles et des jardins irrigués (...), où travaillent pour son compte une armée d'esclaves... » (11) Tel est le régime mis en place, replâtré sans cesse par l'impérialisme, et contre lequel se créa à la fin de l'année 1964, le Front de Libération du Dhofar, qui effectua sa première opération militaire le 9 juin 1965. Il regroupait les militants de trois organisations: l'Association de bienfaisance du Dhofar, les Soldats libres du Dhofar, et surtout la section locale du M.N.A. Il suivit l'évolution de l'ensemble du Mouvement des Nationalistes Arabes. Son aile gauche mena bataille pour l'adoption du « marxisme-léninisme » et de la lutte armée. Le deuxième Congrès du Front de Libération du Dhofar, en septembre 1968, fut un tournant historique: l'ancienne direction fut éliminée, certains de ses éléments caressant l'idée d'un Dhofar indépendant en occultant l'extension de la lutte à l'ensemble de la péninsule ; l'appellation du Front fut désormais « Front Populaire de Libération du Golfe Arabique Occupé », des représentants des diverses organisations révolutionnaires des émirats du golfe participant au Congrès. L'« Adoption explicite du marxisme-léninisme et le refus de toute forme de nationalisme bourgeois », « le principe de la guerre populaire prolongée comme méthode fondamentale de lutte » y furent décidés. Ses conséquences furent l'extension de la lutte armée à tous les émirats du golfe, la création de nouveaux foyers de guerilla, en particulier en Oman intérieur. Le but final du Front n'est pas l'indépendance du Dhofar, ni même de Mascate et Oman, mais l'édification d'un Etat arabe unique, la République populaire du Golfe englobant le Dhofar, l'Oman, les émirats de la côte des Pirates, Qatar, Bahrein, et le Koweit. Aujourd'hui, le Dhofar est pratiquement libéré : les forces impérialistes sont massées sur la côte et à l'intérieur de Salalah, capitale du Dhofar et l'une des principales bases britanniques de la région. A l'intérieur des zones libérées, sont organisées, à côté de l'« armée populaire de libération », des « milices populaires », chargées de l'administration, de la protection des villages, de la collecte des renseignements et du transport des blessés. Les femmes en sont membres ; au Dhofar, le droit de divorce est reconnu pour les femmes, exemple unique dans le monde arabe ; l'épouse peut même rompre pour a incompatibilité idéologique ». L'éducation dans les camps d'entrainement du Front, dont l'internationalisme et la lutte de classe sont les thèmes principaux, est dénuée de toute empreinte religieuse; des guerilleros se proclament ouvertement athés. L'internationalisme du Front se manifeste sans ambiguïté dans sa position vis-à-vis de l'émigration iranienne dans les émirats, que la dictature du shah essaie d'utiliser à des fins impérialistes en attisant en son sein une flamme chauvine: « Nous n'envisageons pas la question de l'émigration iranienne dans les émirats du golfe dans une optique nationale chauvine. Beaucoup d'émigrants iraniens sont des prolétaires ou d'origine sociale trés modeste mais influencés par l'idéologie des classes dominantes iraniennes qui réclament l'annexion de l'archipel de Bahrein à l'Iran. Nous nous efforçons de développer une lutte internationaliste commune entre prolétaires arabes et iraniens dans les émirats contre l'impérialisme, la réaction arabe, l'autocratie iranienne et le capitalisme pétrolier » (12). L'extension de la lutte à la péninsule vient d'être concrétisée par la fusion, en janvier 1972, du F.P.L.G.A.O. et du Front National Démocratique pour la Libération d'Oman et du Golfe Arabique
(F.N.D.L.G.O.A.), qui avait ouvert le 12 juin 1970 un deuxième foyer de guerilla en Oman intérieure (djebel Akhbar) : la nouvelle organisation, avant-garde de la lutte des prolétaires et paysans de la péninsule, a prit le nom de Front Populaire pour la Libération de l'Oman et du Golfe Arabique (F.P.L.O.G.A.). Le troisième Congrès du F.P.L.G.A.O., en juin 1971, avait d'ailleurs : insisté sur l'urgence de l'a élargissement du champ de bataille de la lutte populaire et la multiplication des fusils orientés contre l'ennemi » et par conséquent d'« un travail sérieux... afin d'unifier les organisations patriotiques et révolutionnaires de la région » (13) Ce congrès avait également décidé de « transformer toutes les terres des régions rurales libérées en propriété collective de l'ensemble du peuple » ainsi que l'e abolition des vestiges de relations esclavagistes et l'interdiction formelle de l'appropriation d'êtres humains dans toutes les régions libérées ». Sur le plan arabe, ce Congrès réitéra son soutien à la République Démocratique et Populaire du Yémen, « arrière solide de la révolution libératrice et montante dans le golfe et la presqu'ile arabe », et insista « sur la nécessité et l'importance du développement des relations entre le Front et les larges masses populaires dans tous les districts de la République Populaire du Yémen ». III - ET MAINTENANT? Le F.P.L.G.A.O., aujourd'hui F.P.L.O.G.A., s'oppose à une des plus importantes coalitions impérialistes qui soit ; étendant la lutte à la péninsule toute entière, il menace le statu quo d'une région vitale pour l'impérialisme mondial; par son caractère radical, son absence totale d'illusions sur les régimes arabes en place, qu'ils soient ouvertement réactionnaires ou masqués par un timide voile progressiste, il doit combattre seul, en ne comptant que sur ses forces et l'appui des masses populaires ; son appui logistique et politique, sa base arrière, le Sud-Yémen, est en but aux attaques de la contre-révolution : ouvertes, comme le tenta l'Arabie Séoudite, en encourageant en septembre et octobre 1970 une sécession des cinquième et sixième gouvernorats (Hadramaout), ou masquées, comme les pressions de I'U.R.S.S. ou des tenants locaux du nasserisme, jouant sur les difficultés économiques du nouvel Etat. Dans ces conditions, la victoire est-elle possible ? En soi cette question n'a aucune signification pour les militants révolutionnaires, elle est la rengaine habituelle des réformistes et capitulards de tous poils, car « il serait évidemment fort commode de faire l'histoire du monde si la lutte n'était engagée qu'avec des chances infailliblement favorables » (14). Ce qui importe c'est de saisir l'ampleur de l'enjeu de la bataille qui ravage-la Péninsule, opposant un des mouvements révolutionnaires les plus radicaux du monde arabe à la barbarie et à la férocité destructive de l'impérialisme. Ce qui importe c'est de comprendre ce qui a fait jusqu'à ce jour la force de la gauche du F.N.L. sud-yéménite, puis du F.P.L.G.A.O. Ce qui importe c'est d'insister sur les axes stratégiques qu'il faut conserver, approfondir et mettre en avant pour que les chances de victoire des pauvres de la péninsule contre tous les riches, émirs, sultans, cheikhs ou rois, nourris aux subsides des compagnies pétrolières et de l'impérialisme, soient éminemment moins défavorables. A - Approfondir l'alliance des ouvriers et des paysans sous la dírection du prolétariat Le rôle tout puissant de l'or noir dans l'économie de la péninsule a accéléré la constitution d'un prolétariat véritable et relativement puissant. Le secteur industriel représente au Koweit 32,9 % de la population active, à Bahrein 36,3 % et au Sud-Yémen 43,1 % (15). Au sein de ce prolétariat arabe moderne et organisé la présence d'une importante communauté palestinienne renforce la sensibilisation autour de la question palestinienne, pôle de la conscience nationale arabe. L'émigration ouvrière yéménite dans les Etats de la région (20.000 au Koweit, 300.000 en Arabie Séoudite...) a également un effet accélérateur dans la mesure où le premier affrontement décisif entre l'avant-garde et l'impérialisme se joua au Yémen. Ce prolétariat possède une conscience de classe élevée, comme l'ont montré à maintes reprises les grèves des raffineries. Ainsi en 1968 les deux principaux syndicats du Koweit ont fusionné et regroupaient en 1969 4000 adhérents; en janvier 1969 une grève générale éclata. A Bahrein, la première grève générale eut lieu en 1938 ; au printemps 1965, la Bahrein Petroleum Cy licenciant 1500 ouvriers étrangers, une grève générale est déclenchée et regroupe 13.000 travailleurs. A Qatar, la grève de 5000 ouvriers koweitiens en avril 1963 s'étendit en manifestation, puis même insurrection. Ce sont les maillons faibles de la domination impérialiste qui les premiers volèrent en éclats: ni le Yémen, ni le Dhofar n'étaient des mines d'or noir indispensables; au Dhofar les prospections entamées depuis 1953 par une compagnie américaine se sont arrêtées depuis le déclenchement de l'insurrection. Mais en même temps l'extension de la lutte de classes, l'essor prodigieux du Front, sont le produit de l'essor de l'industrie pétrolière. Du yémen-Dhofar au Golfe tout entier, de la campagne vers les villes, c'est la liaison entre les masses paysannes et le prolétariat de la péninsule qui s'établit. C'est ce processus qui fut la condition des victoires antérieures ; c'est sa consolidation aujourd'hui qui est la condition de nouvelles victoires. « Sans une alliance entre le prolétariat et la paysannerie, les tâches de la révolution démocratique ne peuvent pas être résolues :
elles ne peuvent même pas être sérieusement posées » (16). La consolidation de cette alliance, sous la direction du prolétariat, signifie d'une part le renforcement de la lutte contre le nationalisme petit-bourgeois, son opportunisme et ses capitulations, et d'autre part la construction du parti révolutionnaire, car si « la question agraire mais aussi la question nationale assignent à la paysannerie, qui constitue l'énorme majorité de la population des pays arriérés un rôle primordial dans la révolution démocratique », l'« alliance révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie n'est concevable que sous la direction politique de l'avant-garde prolétarienne organisée en parti communiste(17) B - l'interaction permanente des différents fronts de lutte C'est l'interaction permanente des trois composantes du mouvement révolutionnaire du sud de la péninsule arabique qui fut la rampe de lancement pour l'extension de la lutte à tout le golfe. Ces trois composantes sont : la révolution anti-monarchique du 26 septembre 1962 au Nod-Yémen, la révolution anti-colonialiste et anti féodale du 14 octobre 1963 au Sud-Yémen puis, depuis l'indépendance, la lutte pour la réalisation des tâches de la révolution nationale démocratique et la transformation socialiste du pays, enfin la guérilla marxiste-léniniste du Dhofar (18): Ainsi le triomphe de l'aile gauche du F.N.L. au Sud-Yémen lors du quatrième Congrès de mars 1968 a encouragé le courant révolutionnaire du F.L.D. qui s'imposa lors du deuxième congrès en septembre 1968 ; de même, la transformation du F.L.D. en F.P.L.G.A.O. à ce congrès fut un appui pour l'aile gauche du F.N.L. qui se trouvait alors dans l'opposition armée au gouvernement droitier de Qahtan al-Chaabi. Aujourd'hui, depuis la défaite des forces révolutionnaires au Nord-Yémen, les différents fronts dont les progrès et les reculs interfèrent sont : la République Démocratique Populaire du Yémen (Sud-Yémen), et sa capacité à progresser, malgré la corde au cou que représentent ses difficultés écono miques, vers les tâches socialistes; le bastion rouge du Dhofar ; et enfin la lutte dans les différents émirats. La compréhension de ce processus de révolution permanente, qui nécessite la liaison organisationnelle de ces différents fronts, concrétisée pour l'instant par les relations fraternelles du F.N.L. et du F.P.L.G.A.O., et par les tentatives d'unification des multiples groupes révolutionnaires des émirats, est en même temps la négation des utopies sur les « étapes nécessaires » de la lutte. « La présence de forces contre-révolutionnaires entourant notre pays, jointe à la férocité de la contre-révolution dans la péninsule arabique où se trouvent les puits de pétrole, interdit à celui-ci de constituer 14 un ilot démocratique révolutionnaire au sein d'une mer impérialiste réactionnaire. L'armement des ouvriers et paysans pauvres constitue la seule façon d'assurer la sécurité de la révolution et de vaincre la contre-révolution à l'intérieur et aux frontières. Ainsi notre pays pourra jouer un rôle efficace dans la propagation de l'incendie révolutionnaire dans toute la péninsule arabique, sans craindre les réactions hostiles de la coalition impérialo-réactionnaire, qui trouvera en face d'elle un peuple armé, combattant en actes et non en paroles pour défendre sa terre, ses usines et sa démocratie révolutionnaire ». Ces lignes extaites d'une des résolutions du quatrième congrès du F.N.L. sud-yémenite (septembre 1968), insistant sur le rôle clé de la consolidation des victoires acquises dans ce pays sont, aujourd'hui plus que jamais, vraies. De l'avenir de la R.D.P.Y. dépend pour une bonne part celui de la révolution dans la péninsule. Or les difficultés économiques du Sud-Yémen, en raison de son isolement politique dû à ses positions radicales, sont un terrain favorable pour d'anciens éléments du F.L.O.S.Y., infiltrés dans le F.N.L. et prônant l'a ouverture » et l'exclusion des « gauchistes ». Cette offensive est soutenue par l'Union Soviétique et par l'ex-PC du Sud-Yémen, qui avait accepté de se dissoudre au sein du F.N.L. caractère criminel de la coexistence pacifique est clair : l'aide des pays dits socialister ne va pas sans contre-partie politique. Quant à la Chine, son aide au Sud-Yémen et à la guerilla du Dhofar est dangereusement contrebalancée par son amitié déclarée pour le Shah d'Iran, principal ennemi des peuples de la péninsule (19) et les relations économiques qu'elle développe avec certains Etats contre-révolutionnaires du Golfe : ainsi le Koweit a échangé des ambassadeurs avec la Chine après l'avoir reconnue le 29 mars 1971 et lui vend prés de la moitié de sa production azotée. Les militants révolutionnaires yémenites et dhofaris n'ont guère dû apprécier le discours du vice-président soudanais à Pékin en décembre 1971, où, stigmatisant le « complot gauchiste » de juillet 1971, il déclarait : « Au moment où ceux qui prétendaient étre nos amis refusaient de nous appuyer, votre soutien a exercé une influence positive et efficace sur l'anéantissement, par notre révolution des rebelles... » (20). C - non seulement la péninsule, mais l'ensemble de l'Orient Arabe Si l'avenir de la R.D.P.Y., l'extension de l'incendie révolutionnaire sont déterminants, il est également clair que dans une région enserrée par l'étau impérialiste, la dimension de la lutte n'est pas seulement régionale. Les combattants du Golfe doivent aussi contribuer à la construction de directions d'avant-garde à l'échelle de l'ensemble de la nation arabe. Les liaisons qui existaient entre le Front Démocratique palestinien, le F.P.L.G.A.O. et le F.N.L. yéménite étaient déjà un premier pas vers l'élaboration d'une stratégie révolutionnaire. commune aux différentes avant-garde de l'Orient Arabe. Il faut poursuivre dans cette voie : si la construction d'une direction unique pour la péninsule se justifie, ce projet est également justifié à l'échelle de la nation arabe. Tous ces points furent, à des titres divers abordés par le troisième Congrès du F.P.L.G.A.O., aujourd'hui nommé F.P.L.O.G.A. La conscience qu'en ont les militants d'avant-garde de la péninsule est une garantie sur l'avenir. Ces révolutionnaires qui développent la lutte la plus radicale de tout l'Orient Arabe ne doivent pas rester isolés; il faut sans cesse et sans relâche soutenir leur combat. NOTES (1) Source : doc Union des Etudiants Iraniens en France (2) Le Monde - 15 janvier 1972 (3) Le M.N.A., organisé en sections locales dans la plupart des pays de l'Orient Arabe, apparut dans les années 1950, après la déroute de la féodalité et de la bourgeoisie arabe lors de la création d'Israël. Au début essentiellement petit-bourgeois et farouchement opposé au socialisme, il évolua sous la pression des transformations sociales au Moyen-Orient. (4) Nous reprenons ici et dans les lignes qui suivent, parfois même intégralement, un article paru dans « Rouge : No 64 - 18 mai 1970 : A. Yoldachs, B. Maillot - Echec de la contre-révolution au Sud-Yémen. (5) Cité par Nayef Hawatmey dans « La crise de la révolution au Sud-Yémen », p. 54 (6) Idem p.250 (7) Idem p.253 (8) J.P. Viennot dans « Le Monde diplomatique » - Janvier 1970 (9) L. Trotsky - La Révolution Permanente -Coll. Idées p.13-14 (10) L. Trotsky - Histoire de la Révolution Russe - Le Seuil p.41 (11) J.P. Viennot - Idem (12) Cité par J.P. Viennot - Idem (13) Cf le bulletin d'information des Comités Palestine - Golfe Arabique No Nov 71 (14) Marx - Lettre à Kugelmann - 17 avril 1871, où il critique ceux qui, au nom du réalisme opposé au romantisme coupable, affirmaient désespérée dés le départ la cause de la Commune de Paris. (15) Source : Nathan Weinstock ; Le Mouvement Révolutionnaire Arabe - Petite Collection Maspéro No 60 (16) L. Trotsky - Qu'est-ce -que la révolution permanente - Thèses in La révolution permanente - Coll. Idées p.229 (17) Idem (18) Cf J.P. Viennot - Révolution dans la Péninsule Arabique dans « La Gauche » No 19 14 mai 1971 (19) Voici ce que déclare le communiqué commun publié après la visite de la sœur du Shah à Pékin : « Le gouvernement de la République Populaire de Chine soutient fermement le gouvernement impérial d'Iran dans sa juste lutte pour sauvegarder l'indépendance nationale et la souveraineté du pays et protéger ses ressources natio nales » (Pékin Information, 23 Aoüt 1971). En bref la Chine appuie l'occupation des ilots du Détroit d'Hermuz ! (20) Cf Pékin Information No 32 : en clair cela signifie merci pour vos armes !