L'affrontement au Bengla Desh entre les forces de libération bengalies et la puissance militaire du Pakistan Occidental est à la fois la suite des mouvements de 1968-1969 et une rupture qualitative. On peut dire que le cours présent des des évènements au Bengale Oriental n'était pas imprévisible.
La guerre au Bengla Desh est un évènement d'une considérable portée internationale. Ses effets immédiats dépassent de loin les frontières actuelles du conflit qui pourrait bien se révéler à long terme une phase décisive de la révolution indienne. Cette guerre avec le soulèvement à Ceylan annonce la mort de la politique bourgeoise traditionnelle dans la région et met la lutte armée à l'ordre du jour d'un avenir proche. Les implications de ces facteurs sur la stratégie politico-militaire de l'impérialisme en Asie sont évidemment très sérieuses.
Il est vital pour les marxistes d'étudier dans le détail la phase actuelle de la lutte et la voie de la libération finale du continent indien. deux facteurs spécifiques ont marqué la vie politique au Bengale Oriental depuis le début de 71. D'une part la participation enthousiaste des masses à tous les niveaux de la montée des luttes nationales et sociales ; d'autre part, la banqueroute politique des personnalités petites-bourgeoises de la Ligue Awami, incapables de jouer un rôle de direction dans un véritable mouvement
La Ligue Awami est depuis sa naissance un parti réactionnaire. Les mat dominé les mentaires et les intrigues manœuvres parlementaires et les intrigues les années de sa formation. Ses principales racines sociales restent les fonctionnaires, 'les enseignants, les petits-commerçants, les boutiquiers qui pour l'indépendance à cause de leur tradition de compromis et de manœuvre.
Avant même que se produise le 25 mars une véritable invasion, cette tradition avait déjà causé la mort de centaines de Bengalis assassinés par l'armée du général Yahia Khan. La manifestation de cette force brutale aurait dû convaincre les politiciens de la Ligue Awami de ce qui allait venir s'ils ne lançaient pas le peuple bengali dans une lutte de longue haleine. Malgré la volonté clairement exprimée des masses, ils refusèrent les mots d'ordre de rupture totale avec le Pakistan scandés dans les meetings de la Ligue Awami. La montée de la conscience politique populaire apparaissait déjà dans les énormes rassemblements qui eurent lieu dans toute la province avant et après les élections générales de 1970. A chaque étape, les masses assimilèrent les leçons du passé beaucoup plus rapidement que les dirigeants parlementaristes et firent la preuve de leur volonté de combattre l'état colonial au Bengale Oriental. A chaque étape, elles furent arrêtées par l'électoralisme viscéral de la Ligue Awami. Ce conflit entre le mouvement des masses et la vision petite-bourgeoise de ses chefs officiels était d'autant plus tragique que les organisations de la gauche révolutionnaire étaient très faibles et incapables de peser de façon décisive sur le cours de la lutte. Cependant, comme nous le verrons, cette situation se transforme aujourd'hui au profit du mouvement révolutionnaire. prolifèrent dans la société du Bengale Oriental. Son fondateur, H.S.Suhrawardy, qui réussit à être brièvement premier ministre du Pakistan, se distingua en 1956 en soutenan t l'invasion franco-anglo-israëlienne de l'Egypte. Il devint l'un des meilleurs défenseurs des
La Ligue Awami
La Ligue Awami
QUATR intérêts impérialistes au Pakistan et de la politique américaine en Asie. Les partis de gauche du Pakistan Oriental opposés à sa politique étaient physiquement attaques par « volontaires » de la Ligue Awami et leurs meetings étaient cassés avec une monotone régularité. nous faut noter que Suhrawardy réalisa la fusion des provinces du Baluchistan, du Sind et de la frontière du nord-ouest en seule unité territoriale dominée entièrement par le Punjab. Il montra ainsi respect pour l'autonomie provinces du Pakistan Oriental. Pendant les premières années de la dictature d'Ayub, après 58, Suhrawardy fit partie de l'opposition et fut temporairement emprisonné ; mais son opposition est toujours restée dans le cadre de la constitution bourgeoise. Les talents de Suhrawardy -. c'était un avocat compétent, habile à la manipulation politique, beau parleur, le distinguaient nettement du reste de la direction de la Ligue. Il n'avait pas pour ambition de libérer le Bengale, son but était transformer la Ligue en une machine électorale dans tout le Pakistan, capable de prendre le pouvoir en tant que parti « national » et de le catapulter au poste suprême. Sa mort en 1963 mit fin à ce rêve. Son successeur, Sheik Mujibur Rehman, avait acquis de l'importance en tant qu'organisateur et homme du parti plutôt qu'habile politicien. L'idée même de renier l'héritage du dirigeant disparu était jugée la pire des hérésies par la nouvelle direction. Il faut rappeler ce passé pour comprendre l'attitude récente de la Ligue. Elle perpétua son rôle d'opposition sous la dictature d'Ayub. Celui-ci songea souvent à un accord avec la direction de la Ligue et son intégration dans le gouvernement central, mais les gangsters politiciens des bas-fonds du Pakistan Occidental qu'il avait utilisés si souvent pour imposer « la loi et l'ordre » au Bengale sabotèrent avec succès ce plan qui aurait signifie leur mort politique. La Ligue Awami fut donc forcée de se cantonner dans son rôle d'opposition.
participa à une alliance (partis combinés de l'opposition) en 1964, qui présenta un candidat contre Ayub, mais les élections furent truquées par l'armée et l'Etat si bien que le maréchal fut réélu avec porte-parole de la Ligue, fit éclater une bombe, le fameux plan en six points pour l'autonomie régionale. Les dirigeants pakistanais occidentaux furent stupéfaits au point d'accuser Altaf Gauhar, - le Machiavel du gouvernement Ayub, de l'avoir recruté afin de briser l'opposition. Cet épisode creusa un gouffre entre le nationalisme bengali et les partis pakistanais d'opposition. Ce gouffre allait s'approfondir au cours des années à venir. La rupture fut momentanément oubliée pendant le soulèvement de masse contre Ayub en 1968-69, mais l'absence d'un puissant parti révolutionnaire guidé par le
IEMEINTERNATIONALE marxisme-léninisme impliqua sa réapparition à l'avant-scène dès le début du reflux.
Deux raisons importantes expliquent la capacité de la Ligue Awami à gagner un soutien de masse et l'hégémonie qu'elle exerça sur la vie politique au Bengale. La première est qu'elle saisit l'importance de la question nationale. La seconde est la taillite des groupes d'extrême gauche, opportunistes par rapport a Ayub à cause de ses « amitiés » pour la Chine. Ainsi la Ligue pouvait se prétendre la seule force d'opposition réelle dans la province. Elle fit toujours de la propagande pour ses six points; elle revendiqua des élections libres et organisa des manifestations contre la dictature d'Ayub. Certains de ses dirigeants, geshman, furent arrétés. Pendant temps compris Mujibur l'aile maoiste du Parti National Awami (PNA) avait fait preuve d'un silence complet sur la question nationale. Bien loin de se joindre à l'agitation populaire pour la politiser en expliquant aux masses que les tâches nationales démocratiques ne peuvent se résoudre que dans un cadre socialiste et de les préparer pour une longue lutte, s'enferma dans un isolement sectaire. En d'autres termes, elle fut incapable de voir que le developpement inegal imposait une stratégie d'indépendance par rapport au Pakistan Occidental. De plus, elle voyait dans le régime Ayub certains traits « anti-impérialistes » qui le rendaient d'une certaine façon préférable à à une démocratie bourgeoise. Dans ces conditions, la Ligue n'eut aucun mal à gagner une base de masse. La stupidité du régime Ayub qui persécutait ses dirigeants, créant de toute pièces des accusations de conspiration contre eux, les jetant en prison, ne pouvait qu'aider ce processus. Ainsi, après le soulèvement contre Ayub et son remplacement par la junte Yahia au début de 1969, il ne fut pas surprenant que la Ligue en tirât les bénéfices. Elle ne pouvait cependant renier son héritage. Pendant les semaines où l'armée persuadait Ayub de se retirer, la Ligue participa aux négociations « constitutionnelles » de la Table Ronde convoquée par Ayub pour arriver à un compromis. Elle avait nourri le mouvement des masses et vu la colère des paysans et des ouvriers ben galis, neanmoins, elle resta attachée à son passé parlementariste. Le régime militaire Yahia, incapable de réduire le soulèvement des masses dans les deux parties du pays, fut contraint d'accepter des élections générales au suffrage universel. Ses conseilllers croyaient de toute évidence que ces concessions créeraient une diversion. Ils faisaient confiance à la bureaucratie très expérimentée en la matière pour manipuler les résultats de façon satisfaisante. Afin que celle-ci ait le temps de se préparer, les élections furent reportées - le cyclone qui tua un million
Quand les différentes tendances maoistes prirent la décision de boycotter les elections, la Ligue Awami eut les mains libres. Les résultats des élections générales de novembre lui accordèrent une victoire écrasante. Sur les 169 sièges du Bengale Oriental à l'Assemblée Nationale, la Ligue de bengalis fin, 70 servit de pretexte. Mais l'incapacité de l'armée a fournir un secours efficace après l'innondation ne fit qu'accentuer la colère profonde des masses bengalies. Que représentaient les six points? étaient simplement la tentative de renverser la situation établie par la division du sous-continent indien. La classe des commerçants et d es propriétaires fonciers du Bengale Oriental à dominante hindoue émigra au Bengale Occidental (Inde) en 1947, abandonnant ses terres et ses commerces. Dès le début, le vide fut rempli par les Biharis et par les hommes d'affaire non bengalis de l'Ouest du pays. L'exploitation économique du Bengale qui démarra dès la partition conduisit à l'extraction annuelle par le
ALE 31 Awami en possédait 167, et elle conquis 291 des 343 sièges* de l'Assemblée Provinciale. Son bloc à l'Assemblée Nationale lui donnait une majorité absolue dans le pays et la désignait pour former le gouvernement central. Une telle perspective traumatisa l'oligarchie au pouvoir au Pakistan Occidental. La Ligue s'étant battue aux élections pour les six points et les ayant même dépassés verbalement, il était clair que l'armée serait tentée d'empêcher la réunion de l'Assemblée Constituante.
4) le pouvoir de fixer les impôts et de les percevoir doit se trouver dans les unités fédérées et non pas au centre.
5) des comptes séparés des entrées du commerce extérieur des deux parties du Pays, sous le contrôle de leurs gouvernements respectifs.
6) la mise en place d'une milice ou d'une force para-militaire pour le Pakistan Oriental.
Immédiatement après les élections, nous écrivions : « L'armée pakistanaise et les barons capitalistes du Pakistan Occidental vont-ils accepter ces revendications? La réponse est claire : NON. Il est probable qu'à court terme on permetra à Mujibur Rehman d'augmenter le pourcentage de permis d'importations et d'exportations du Pakistan Oriental, et d'avoir une part un peu plus importante des investissements étrangers. Voilà les « concessions » que l'armée est prête à faire dans les mois à venir. Si Rehman les accepte, il pourra rester au pouvoir. Sinon, il y aura retour à la normale, c'est à dire à l'armée. Bien entendu il ne fait aucun doute que dans le cas d'un nouveau coup d'état militaire, il sera impossible de retenir l'immense colère du Bengale et sa volonté d'indépendance sera centuplée. Ce qui suivra dépend de la capacité des révolutionnaires bengalis à construire une La anisation révolutionnaire attade pola organisation révolutionnaire afin de poser direction politique reste entre les mains de la Ligue Awami, le résultat sera une nouvelle trahison.
Les six points représentent la charte de l'ambitieuse bourgeoisie bengalie. Ils expriment son désir de créer son propre appareil régional d'Etat afin d'avoir une part égale dans le gâteau capitaliste. Mais c'est précisément la raison pour laquelle le bloc dominant au Pakistan Occidental refusait de faire ces deux concessions fondamentales. L'armée pakistanaise était résolument hostile à l'idée d'un gouvernement civil bengali parcequ'il serait tenté de réduire le somptueux appareil militaire qui est une caractéristique permanente du régime d'Islamabad depuis qu'Ayub a pris le pouvoir en octobre 1958. Pour avoir une idée de l'intérêt énorme que le corps des capital pakistanais millions de roupies.
produit exporté était
Oriental
Pakistan de quelques trois
Le plus important le jute, produit au et qui fournissait cinquante pour cent des exportations. Cet argent était investi en capital au Pakistan Occidental. Les sommes accordées par le plan de développement du gouvernement central offrent un exemple intéressant de discrimination. Entre 1948 et 1941, 1130 millions de roupies furent consacrées au développement. Seuls 22,1% allèrent au Pakistan Oriental. Pour la période 1948-1969, le montant des ressources transférées s'élève à 2,6 milliards de dollars. Il en résulte que l'économie du Pakistan Occidental se trouve dépendante du Pakistan Oriental, partiellement comme domaine d'investissement, mais suustout en tanche. Cest armsi que de surtout tant que fournisseur de six points qui impliquaient une autonomie politique et économique manaçaient les intérêts immédiats du capitalisme pakistanais. Les six points demandaient :
1) un système fédéral de 511 n gouvernement, de nature parlementaire, basé sur le suffrage universel,
2) le gouvernement fédéral ne dirige que la Défense et les Affaires Etrangères. Tous les autres domaines sont gérés par les états fédérés.
3) (a) deux monnaies séparées pour les de u x parties du pays librement conve reblembe du pane ale montaie convertibles, ou (b) une seule monnaie faudrait prendre d'effectives mesures constitutionnelles afin de prévenir la fuite des capitaux de l'est à l'ouest du Pakistan.
Le programme en six points
Le programme en six points
QUATR officiers trouve dans la structure actuelle d'un état unique, il suffit de voir que depuis une décennie les dépenses militaires n'ont pas absorbé moins de 60% de tout le budget de l'Etat. Dans la seule année fiscale 1970, quelque 625 millions de dollars furent alloués aux forces armées. Les politiciens de la Ligue Awami n'ont cessé de dénoncer ces dépenses colossales accordées à une machine militaire qui était presqu'exclusivement non bengalie. Les six points impliquent la suppression des impôts bengalis destinés à soutenir. De plus l'armée était idéologiquement saturée de racisme et de chauvinisme religieux contre les Bengalis, traditionnellement considérés comme
3hutto et le Le résultat des élections au Pakistan Occidental avait fait apparaitre le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Bhutto comme le plus gros parti de l'ouest dans la nouvelle Assemblée Constituante. Mais d'autres partis plus petits étaient aussi apparus avec de réelles bases régionales dans le Baluchistan et dans la frontière nord-ouest et il était clair pour Bhutto qu'au mieux il ne serait qu'un partenaire secondaire dans un gouvernement central de coalition. Si la Ligue Awami décidait au gouverner seule, il ne serait reconnu de gouverner seule, il ne serait reconnu que dirigeant du Pakistan Occidental. Bhutto avait gagné les élections dans le Punjab et le Sind après que son parti ait fait campagne sur une plate-forme démagogiquement radicale : réforme agraire, nombreuses nationalisations, fin du pouvoir économique des 22 familles et d'autres promesses aussi peu vraisemblables. A cause de la quasi disparition de l'axtrême-gauche il put se faire passer pour « socialiste ». Cependant son parti était un ramassis improvisé de féodaux, de gangsters, d'avocats et de petits-bourgeois ambitieux. Son succès électoral devait beaucoup aux marchés que Bhutto passait avec des cliques de grands propriétaires a la campagne (son pacte avec des chefs féodaux du Sind est particulièrement notoire). Cependant le PPP capta aussi les réelles aspirations populaires à un changement social dans les villes et les campagnes. Les tensions de classe exacerbées qui existaient au sein de son bloc électoral et la faiblesse organisationnelle de son parti réduisaient le ciment idéologique nécessaire son existence au chauvinisme religieux (d'où le mot d'ordre analphabète du PPP :« le socialisme est notre économie, la démocratie notre politique et l'Islam notre religion ». Le succès électoral écrasant de la Ligue Awami stupéfia Bhutto. Il détruisait entièrement son plan d'accession au pouvoir. Il apparut alors comme le plus tonitruant défenseur de l'hégémonie traditionnelle du Pakistan
IEME INTERNATIONALE noirs, faibles et infestés d'hindouisme. De son côté la classe commerçante pakistanaise avait des raisons matérielles propres très fortes de résister aux six points. Il suffit de souligner que si les milieux financiers de l'ouest ne considèrent plus l'est comme le meilleur domaine d'investissements, le Bengale n'en reste pas moins vital pour eux comme marché et comme source de devises extérieures. A la fin des années 60, entre 40 et 50% des exportations du Pakistan Occidental étaient achetées par l'est à des prix de monopoles. le capitalisme du Pakistan Occidental pouvait-il écouler ailleurs ses coûteux produits ? Parti du Peuple Occidental, dénonçant hystériquement les six points et, apres les entretiens avec. la direction de l'armée, il stimula une atmosphère extrêmement chauvine au Punjab. Il était prévu que l'Assemblée se réunirait trois mois après les elections, le 3 mars 1971. En collusion avec l'armée Bhutto menaça de ne pas se présenter à l'Assemblée, sauf si Mujibur Rehman était orêt a negocier sur les six points. Si "Assemblée se réunissait sans lui, il lancerait alors un mouvement désobéissance civile au Pakistan
Immédiatement après cette Occidental. déclaration, Yahia décid a unilatéralement, le der mars 1971, de reculer sine die la réunion de l'Assemblée. Le résultat était prévisible, il y eut une spectaculaire explosion de colère au Pakistan Oriental et, dans les troubles qui suibirent, l'armée abattit des centaines de manifestants dans les grandes villes. Les dirigeants de la Ligue Awami appelèrent les masses désarmées à descendre dans la rue. Ils voyaient les soldats tirer sur elles et étaient incapables d'offrir la moindre initiative efficace. Une grève générale permanente paralysa la province. La Ligue Awami se trouvait alors forcée de reconnaitre la situation et le résultat curieux peut être comparé à une sorte de caricature bourgeoise de la dualité de pouvoir.
La Ligue fut capable de mettre en place des comités pour prendre en charge l'administration des parties clefs dans les villes et à la campagne. Seules les casernes de l'armée se trouvaient hors de son contrôle. Les parties bengalies de l'administration locale se rangèrent du côté de la Ligue Awami et le général Tikka Khan, proconsul militaire récemment arrivé, ne put être assermenté comme gouverneur parceque le président bengali de la Cour Suprême refusa d'assurer la cérémonie. Mais les comités étaient clairement des comités Ligue Awami et ne possédaient aucun caractère de masse autonome. Ils substituaient une nouvelle autorité à celle de l'état capitaliste contrôlé par les Pakistanais au Bengale, mais ils ne modifiaient pas réellement ses fonctions normales. « La loi et l'ordre » furent préservés et aucun effort ne fut fait pour mobiliser et armer les masses ou pour les préparer à l'affrontement qui était clairement imminent Les dirigeants refusèrent fermement de proclamer l'indépendance au moment où le rapport des forces était plus favorable qu'il n'allait être plus tard. Ils voulaient
Mais, à Ismalabad la décision avait été prise, sans doute après consultation avec Bhutto. Les plans de l'Etat-Major prévoyaient d'écraser le mouvement national bengali par une série d'offensives militaires brusques et bien dirigees. Pour assurer a l'opération un succés total et rapide, l'armée avait besoin de temps, pour déplacer les renforts de troupes. La direction de la Ligue Awami, contante dans une solution de compromis, n'était que trop heureuse de reprendre les négociations. Yahya prit donc l'avion pour Dacca, où les discussions reprirent le 15 mars. On appela alors Butto, et les politiciens de la Ligue Awami, apaisés, croyaient qu'un accoer les négociations pendant dix jours, tandis que les troupes nécessaires arrivaient par avion, via Ceylan. Le 25 mars, les dirigeants de la Ligue Awami attendaient l'annonce de compromis. Ce fut une longue attente. Yahyia partit pour Rawalpindi avec les autres politiciens du Pakistan occidental le matin. Cette nuit-là, l'armée frappa. Mujibur Rehman resta chez lui • en attendant - d'être arrêté. D'autres ne L'objectif premier de Tikka Khan était de pouvaient pas se permettre ce luxe. s'efforcer de détruire systématiquement les éléments avancés de la classe ouvrière et de l'intelligentsia. L'armée bombarda l'université de Dacca et tua tous les l'université de Dacca et tua tous les étudiants et enseignants qu'elle trouva ; des soldats envahirent la Maison des femmes, violant et assassinant les
Les réactions L'incapacité totale de la Ligue Awami L'incapacite totale de la ligue awam à saisir le tour dénamique des événements, ne doit pas être considéré comme des faiblesses individuelles des dirigeants. Elle était le produit de l'attachement inhérant du parti au légalisme bourgeois.
Il est clair que, mêmeaujourd'hui, les leçons de mars n'ont pas été tirées. La plupart des survivants de la Ligue Awami, dirigés par Tujuddin Ahmed (lieutenant de Mujibur) attend platoniquement
Calcutta l'aide de la bourgeoisie internationale. Le « gouvernement provisoire » du Bengla Desh existe par l'autonomie et se préparaient ardemment à négocier avec le régime de Yahia. En faisant ce choix, ils voulaient se montrer un parti responsable, cherchant à maintenir l'ordre social existant. Parlant devant un meeting de masse à Dacca, le 7 mars, Mujibur Rehman dénonçait intrigues, mais il repoussait l'indépendance contre la volonté évidente des masses. Ayant obtenu une si grande majorité, il ne pouvait pas croire que l'armée l'écraserait par la force. pensionnaires ; l'artillerie rasa les districts ouvriers, pendant que les journaux et les locaux des syndicats étaient incendiés. Des milliers de personnes furent tuées dans la capitale même. Les masses, sans armes et abandonnées, tentèrent de riposter, sans grand succès.
Des masses fuyèrent vers la campagne.
Pendant deux ou trois semaines, apres l'attaque du 16 mars, des unités éparpillees, appartenant aux fusilliers et à la police du Pakistan oriental, se battaient encore sous la direction. de la Ligue Awami. Leur politique désespérement fausse, qui consistait à s'enfermer dans des villes de province, où ils devenaient des cibles faciles pour les expéditions motorisées de l'armée, les condamna a une défaite rapide et à la dispersion. Dès la mi-avril, Tikka Khan avait entre les mains toutes les principales villes, et seuls les combattants de l'Armée de Libération (Mukti Fouj), organisé e dans la précipitation, qui s'étaient enfuis, survécurent. L'armée de Yahya avait tous les succès à son actif: néanmoins, elle avait aussi fixé l'arrêt de mort du Pakistan en tant qu'Etat. Car elle avait détruit la seule force qui aurait pu temporairement contenir la montée du mouvement des masses, la Ligue Awami.
bases futures pour longue haleine au impérialistes l'autorisation de
Elle jeta ainsi les une lutte armée de
Bengale.
la classe dominante indienne. Ces ministres, tous des parlementaire verbeux, continuent à se continuent à se conduire comme avant. Ils prêchent toujours la politique de pression: les délégués de la Ligue Awami parcourent le monde, en disant à leurs auditeurs, que persuader leur gouvernement de cesser toute aide au régime Yahyia, devrait être considéré comme important, dans l'ouverture d'un « deuxième front ». Il est clair que ce type d'activité constitue en fait le premier front pour la Ligue Awami. Il va sans dire que gaspiller du temps, de l'énergie et des moyens dans
Le coup d'Etat militaire de mars.
Le coup d'Etat militaire de mars.
l'espoir que l'impérialisme américain désarmera l'armée pakistanaise - partie vitale du système de blocage de la révolution sociale dans le Sud-Est asiatique - c'est nourrir les illusions les plus vides. L'appareil d'Etat du Pakistan est une entité tangible et sûre, capable de garantir les intérêts impérialistes et de les monnayer avec les classes des propriétaires et des capitalistes locaux. La Ligue Awami, quels que soient les sentiments pro-américains de ses dirigeants, a toujours été un substitut, absolument inadéquat en tant que véhicule objectif de la . domination impérialiste. L'absence de tout appareil d'Etat solide, pré-existant Bengale, avec une police et une armée véritables, a été un argument décisif contre le soutien américain à la secession. Mais en outre la Ligue Awami, même en tant que parti, a toujours été en deça des qualités indispensables pour gagner la confiance de l'impérialisme. Elle n'est pas une organisation de masse structurée, avec un réel système de cadre et une discipline de parti. C'est un ramassis informe de personnalités politiques et de leurs clients, qui n'a jamais prouvé de capacité à contenir réellement les forces sur sa gauche. Forcées de choisir entre Mujib et Yahya, les principales puissances impérialistes refusèrent de miser sur le premier, et conclurent qu'il fallait soutenir le régime d'Islamabad.
Une invasion indienne du Bengale oriental reste bien sûr une possibilité, bien qu'il ne soit pas nécessaire de souligner les conséquences sur l'indépendance réelle du Bengla Desh.
Une telle perspective est sans doute plus plaisante aux yeux des dirigeants de la Ligue Awami que celle d'organiser eux-mêmes la lutte armée pour la libération nationale. Quoiqu'il arrive, il est probable qu'une scission se produira a u sein de la Ligué Awami prochainement, le nombre de ses jeunes militants décident de suivre leur propre voie. Aujourd'hui cette voie ne mène qu'à la gauche révolutionnaire. La Ligue Awami est déjà fortement diminuée à cause d'erreurs désastreuses. Son sort est un acte d'accusation terrible de l'idéologie qu'elle épousa. Une fois de plus, cela confirme le fait qu'à une époque la petite-bourgeoisie est incapable
Pm ener a son terme la lutte de libération nationale. De plus les limitations de classe de la Ligue étaient accentuées par le défaut congénital de toutes les organisations politiques identiques dans le continent indien, le
La Ligue Awami est très discréditée et affaiblie par la guerre du Bengla Desh. Sa faillite catastrophique permet à la gauche révolutionnaire d'assumer la direction politique de la lutte clandestine contre l'occupation militaire. Quelle est la légalisme. Cet héritage lamentable reflète à son tour le bas niveau historique de la lutte contre les Britanniques. Un commentaire récent de la presse indienne notait naivement ce élément commun de la politique bourgeoise en Inde et au
Pakistan, en exprimant sa sympathie pour le cheik Nujib : « La direction de la Ligue
Awami ressemble beaucoup à celle de notre propre Congrès - direction qui, avec l'appui d'une agitation pacifique, tenta de trouver et trouva facilement des compromis avec nos maîtres colonialistes.
Notre indépendance fut le résultat d'un accord avec nos maîtres britanniques.
Sheikh Mujibur Rehman espérait conclure un accord de même ordre avec Islamabad.
Comme le Congrès en Inde, la Ligue
Awami n'a pas les tripes nécessaires pour mener la guerre que les circonstances ont imposée au Bengla Desh » ( Hindestan Standard, 20 Mai 1971).
Ces écrits montrent bien sûr une très importante différence entre le colonialisme britannique et pakistanais dans le continent indien. L'impérialisme britannique put accorder une decolonisation politique, parceque cela n'impliquait nullement l'abandon de son empire économique réel composé essentiellement du caoutchouc et du fer de Malaisie, du pétrole du Moyen-Orient et de l'or sud-africain ou des plantations indiennes. Mais la perte du contrôle politique du Bengale occidental affecterait les intérêts vitaux du sous-colonialisme appauvri et misérable d'Islamabad. Car plus une. puissance coloniale est faible, plus elle dépend de la possession formelle de ses territoires soumis. L'histoire contemporaine est une leçon frappante cet égard. L'impérialisme européen qui a mené la guerre la plus longue et la plus ardue pour maintenir ses possessions outre-mer n'est ni l'Angleterre industrialisée, ni la France, ni même la Belgique. C'est la société arriérée à dominante agricole du Portugal. C'est depuis onze ans maintenant que Lisbonne se bat férocement et sans répit en Afrique Mozambique et la Guinée, à causé de pour l'Angola, l'énorme importance économique et idéologique de ces colonies. La sous-colonisation du Portugal, dont l'économie est fortement pénétrée par le capital des puissances impérialistes avancées, peut fournir une comparaison instructive avec le Pakistan. Ni l'un ni l'autre n'ont de marge de manœuvre donc amenés, chacun à sa façon, à une politico-économique ; tous deux donc amenés, répression directe extrême. situation et quelles sont les perspectives de la gauche? Nous avons vu que tout son développement avant la grande révolte de 1968-69 de ses secteurs numériquement les plus importants - sous influence maoïste - fut faussé par
La gauche révolutionnaire
La gauche révolutionnaire l'amitié du gouvernement chinois pour la dictature militaire d'Ayub au Pakistan. Les relations empressées des deux gouvernements eurent un effet désastreux sur le développement de la gauche au Pakistan ; elles facilitèrent grandement la montée de la Ligue Awami et du Parti du Peuple pakistanais.
Cependant, la masse de la gauche révolutionnaire au Bengale Oriental comprit la leçon du grand soulèvement de 1968-69. Le Parti National Awami fonctionnait traditionnellement comme une organisation recouvrant toute la gauche du Bengale Oriental, dominee par une majorite pro-chinoise hétéroclite. Dès 1969-70, le plus important groupe de cette majorité était le Parti Communiste du Bengale Oriental dirigé par Allaudin, Matin, Basar et Biswas. Il regroupait environ 2000 militants. Ses bastions régionaux étaient le Rajshahi, Chittagong et les districts de. Pabna. Bien qu'il soit déjà trop tard pour renverser a court terme les effets sur les masses de l'opportunisme (l'influence de la Ligue était alors à son zénith), cette tendance opéra un tournant décisif de deux manières :
1) elle saisit l'importance décisive de la question nationale et fit de l'agitation pour une solution socialiste :
2) elle commença à former ses propres cadres pour une lutte armee de longue haleine. En d'autres termes, le PCBE saisit la spécificité essentielle de la lutte de classe au Bengale Oriental et rejeta dès le départ toute illusion électoraliste.
Les trois autres groupes pro-chinois à l'intérieur du PNA évoluèrent grogne ton de communes progressivement le même Révolutionnaires, dont les dirigeants étaient Rachid Khan Zafar, était un plus petit centré à Dacca même. noyau Le vieux dirigeant paysan Maulana Bhashani, nullement un théoricien, était entouré d'un groupe de sympathisants qui formaient une autre tendance. Enfin Mohammed Toha et Abdul Hug - le premier un militant syndical expérimenté qui a été à une époque le secrétaire de Bhashani - formèrent le PC du Pakistan oriental (marxiste léniniste). Comme son l'indique, celui-ci était le plus rigidement « orthodoxe », en ce sens qu'il était le seul à rejeter l'autodétermination des Bengalis et à insister sur la nécessité de préserver l'unité de l'Etat pakistanais (thème auquel la Chine était pour d'autres raisons particulièrement attachée). C'était aussi le seul groupe à rejeter l'unité d'action dans le développement de la crise à partir de 1948. Les autres tendances coopèrent dans l'application de la stratégie boycott du PNA dans les élections de mars, et dans la politisation des revendications de la base de la Ligue Awami. Cependant il faut noter que les quatre groupes adoptèrent une position identique sur une position fondamentale. Aucun d'entre eux n'eut la moindre illusion sur les capacités de la Ligue Awami ni sur les intentions de Yahyia Khan. Dès le début de mars, leurs cadres furent mobilisés et envoyés dans la clandestinité, nombre d'entre eux quittant Dacca pour rejoindre leur base à la campagne. C'est ainsi que peu de cadres d'extrême-gauche furent éliminés par le blitz militaire du 25 mars. seul dirigeant important capturé fut le porte-parole des étudiants de Dacca, Mahbubullah, militant du PCBE, l'un des meilleurs marxistes du Bengale Oriental.
Il était déjà en prison à avant l'offensive camarades craignent qu'il ait été tué.
Les enquêtes au Bengale suggèrent qu'après l'agression de l'armée, la tactique militaire adoptée par les unités de guerilla des groupes revolutionnaires différait sensiblement de celle des soldats et des officiers engagés sous le drapeau de la Ligue Awami. Ainsi un groupe du PCB de la région de Pabna, dirigé par Tipu Biswas, harcela en permanence la garnison militaire de Pabna, l'attira hors de casernes et la liquida après une semaine de combats. Les guerilleros occupèrent alors la ville et ignorant l'opposition de la Ligue Awami, saisirent l'arsenal et distribuèrent les armes à la population locale. Ils ne tentèrent pas de s'installer dans la ville, mais la quittèrent. Une telle expérience contraste clairement avec la querre de position, employée par le Mukti Fuj, dirigé par la Ligue, au début d'avril et qui mena à sa liquidation totale dans les villes.
Il serait erroné de surestimer la taille des petits détachements de la gauche révolutionnaire, qui luttent aujourd'hui pour s'incruster dans les vallées et les collines du Bengale Oriental. Aucune organisation de masse de la gauche n'existait avant mars 71, et l'on n'en créera pas une en un jour. Aujourd'hui, des noyaux éparpillés de révolutionnaires attaquent et désorganisent les installations et les liaisons de l'armée, dans leurs propres régions - le PCB au nord-est de la province dans la zone
Rajshahi-Pabna, le PCPE(ml), d'après certains rapports dans le district de Noakhali du delta du Gange (le pays natal de Toha). Ils sont sous-équipés et sous-entrainés.
Le terrain n'est pas du tout favorable à la guerre de guerilla, les plaines de l'est n'offrent aucune couverture et les cours d'eau accroissent la mobilité de l'armée.
Les régions. montagneuses de l'ouest, derrire Chittagong, Comilla et Sylhet sont plus difficiles à atteindre. Cependant il est parfaitement clair que les troupes d'occupation de Tikka Khan n'ont pas réussi à rétablir les liaisons normales entre les provinces. Les ponts entre Chittagong, le seul port profond du pays, et Dacca furent détruits en avril, stoppant toute
QUATR communication ferroviaire entre les deux villes. La vie économique est quasiment paralysée. Nombre de villes sont devenues des villes fantômes avec des casernes isolées en leur sein. La scène est donc prête pour une guerre populaire, même si l'ensemble de l'action n'a pas encore commencé. Les tâches des révolutionnaires bengalis sont de deux ordres : d'une part, coordonner et unifier les luttes sur le plan national, et d'autre part gagner le prolétariat et les masses paysannes à la révolution socialiste. Seules une pratique politique et une direction correctes peuvent assurer la victoire finale. Cependant, si les tendances pro-chinoises Cependant, si les tendances pro-chinoises sont aujourd'hui activement investies dans la lutte armée, elles le font malgré les positions adoptées par le gouvernement chinois et sans son aide morale ou matérielle. Les dirigeants chinois soutiennent totalement et inconditionnellement la tentative du régime Yahia d'écraser la résistance bengalie. Ce soutien ne se réduit pas à une diplomatie d'Etat. Il s'est fait l'écho fidèle des justifications idéologiques sur le génocide au Bengale par la clique militaire d'Islamabad. Yahia a prétendu que le soulèvement avait été fait par une poignée de dirigeants de la Ligue Awami séparatistes, conspirant de concert avec le gouvernement indien. La propagande officielle du Pakistan Occidental a présenté la révolte de tout un peuple comme « une intervention indienne ». Le gouvernement chinois s'est ouvertement associé à ce mythe. Dans une lettre entièrement personnelle à Yahia Khan, le premier ministre Chou En Lai a accepté entièrement et défendu le droit de l'armée pakistanaise à écraser les aspirations d'un peuple opprimé. Le gouvernement chinois s'est ainsi délibérément allié à un état capitaliste
Les groupes révolutionnaires engagés dans la lutte le comprennent, à l'inverse de la Ligue Awami, c'est pourquoi l'avenir devrait leur appartenir. Nos dernières informations nous indiquent que ces groupes, à l'exception du PCPE (mi), se sont reunis dans un Front de Libération Nationale, dont l'objectif est de présenter une alternative révolutionnaire face au gouvernement provisoire à Calcutta. Le PCPE (ml), traditionnellement le plus othodoxe des groupes maoistes, quoique séparé organisationnellement, n'en est pas moins engagé dans une lutte identique. communauté ethnique. historique. communauté ethnique, historique, linguistique et culturelle distincte, mais qui encore constituent la majorité du Pakistan. La nature de classe de l'appareil d'Etat qui garantit l'unité du Pakistan n'est pas moins claire : c'est l'arme de répression de la classe des propriétaires et des capitalistes au pouvoir contre des millions de paysans pauvres et de travailleurs. L'armée pakistanaise est une troupe de choc entrainée par les impérialistes et soutenue par le Pentagone qui n'a pas seulement tyranisé son profest une partie intégrante du CENTO et du SEATO, elle a fourni des officiers et des troupes aux despotes d'Oman contre la révolte populaire au Dhoffar ; elle a aidé et conseillé le roi Hussein pour qu'il maintienne sa monarchie en Jordanie. Qui plus est, la Chine ne s'est nullement limitée à soutenir verbalement l'armée et la dictature au Pakistan. Son aide militaire et économique a été vitale pour le régime Yahia. Les tanks qui ont servi à raser les quartiers ouvriers de Dacca étaient fabriqués en Chine. Quand une grave crise économique apparut à Islamabad, à cause de la guerre, Pékin combla la brèche par un prêt de 100 millions de dollars accordés sans intérêts. Pendant ce temps l'autoroute à quatre voies récemment construite qui relie Sinkiang au nord ouest du Pakistan par dessus le Karakorum de Sufri à Gilgit servait de voie de passage permanent pour les approvisionnements tant militaires que civils du régime pakistanais pendant la crise. Déjà, au début de mars, quand la grève générale au Bengale Occidental avait paralysé les envois de papier à l'ouest, les camions chinois avaient transporté le papier journal vers le sud pour que la presse officielle puisse paraitre au Pakistan. Plus tard, quand la guerre elle-même avait commencé, une centaine de camions par jour avaient fait le transport d'approvisionnement militaire pour les dépôts de Peshawar et de Rawalpindi. Il est indubitable que cette aide a bénéficié à la cause contre-révolutionnaire au Pakistan.
réactionnaire, assassinant populaire de masse dans trouvaient de nombreux révolution chinoise.
La justification chinoise l'unité et à la souveraineté une révolte laquelle se amis de la du soutien à pakistanaises est grotesque. L'Etat pakistpeat le voir, comme tout militant socialiste peut est un édifice absolument réactionnaire et anti-national.
C'est en fait l'un des deux Etats religieux a u monde, l'autre est Israël. La République Populaire de Chine soutient apparemment aujourd'hui que les liens de la religion sont indissolubles. En fait, le droit fondamental à l'auto-détermination nationale, principe de base du marxisme et du léninisme, n'a jamais été aussi nettement dû à un peuple qu'aux masses opprimées du Bengale Oriental, qui sont non seulement une
Le rôle de la Chine
Le rôle de la Chine
Cependant l'armée pakistanaise se trouve extrêmement dispersée au Bengale Oriental. Les six mois qui viennent seront décisifs pour déterminer le cours des luttes à venir et la tactique suivie par le
Les conséquences La crise révolutionnaire au Bengale commence déjà à se répercuter ailleurs. Ses conséquences apparaissent déjà tant au Pakistan qu'au Bengale Occidental. La victoire rapide et nette recherchée par les généraux pakistanais leur a été refusée. Ceci a sérieusement affecté les classes dominantes indienne et pakistanaise qui cherchent toutes deux la fin rapide de la lutte.
1) Le Pakistan Occidental La prétendue indépendance par rapport aux « intérêts existants » souvent affirmée par l'armée, a enfin été dénoncée historique de l'appareil militaire et de la c'est le rôle historique de l'appareil militaire et de la bureaucratie Etat hérités de la domination britannique sur l'Inde qui s'éclaire pour de nombreux jeunes Pakistanais. Sous nombreux aspects ce rôle Pakistan que dans d'autres pays d'Asie était nettement accentué ou d'Afrique pourtant superficiellement semblables. Dans le sud-est asiatique, l'invasion et l'occupation japonaises pendant la deuxième guerre mondiale démolirent temporairement les vieux • appareils coloniaux gouvernement qui n'avaient qu'une -très faible extraction indigène, en Birmanie, Indonésie et ailleurs. Après la guerre, les chances des puissances impérialistes de les reconstituer étaient minimes et une grande partie des forces armées et de s fonctionnaires d'Etat qui émergèrent après l'indépendance avait souvent pris part à une guerre de libération nationale contre les exploiteurs japonais ou européens.
Afrique par contre, les administrations étaient à tel point composées par les puissances coloniales que la mise en place d'une bureaucratie civile et surtout d'une armée se faisait à partir de zéro. Le sous-continent indien ne correspondait pourtant à aucun de ces schémas. Un appareil d'Etat important et recruté sur place avait été nécessaire car les Britanniques ne bouvaient esperer remplir eux-mêmes e système administratif destiné à contrôler une population aussi immense. Cette même situation les contraignit à créer une armée indienne extrêmement nombreuse dont les officiers subalternes et même quelques officiers supérieurs provenaient l'aristocratie feodale du continent. Ces troupes rendirent de valeureux services à leurs maitres impérialistes tant pendant les première et deuxième guerres mondiales que dans la répression constante du pays.
FNL est donc très importante. Quelle que soit la supériorité de l'armée pakistanaise, il est clair durée et qu'elle s'étendra bientôt au delà que la lutte sera de longue des frontières du Bengla-Desh. du Bengla Desh
Une condition indispensable de tout ceci était bien sûr l'hétérogénéité de l'Inde qui permit aux Britanniques de recruter leur armée mercenaire parmi les «races martiales » sélectionnées -essentiellement Punjabis, Sikhs, Pathans, Rajputs, Dogras et Jats - sur lesquelles on pouvait compter pour soumettre les autres peuples de l'empire. Cependant, le parti du Congrès indien dirigea à partir des années 20 un mouvement bourgeois pour l'indépendance pout independe adans les très fort campagnes et réussit à éliminer souveraineté britannique quand •la Grande-Bretagne fut fatalement affaiblie par la deuxieme guerre nondiale. Le parti du Congrès fut alors capable de regrouper un état et dominer le système parlementaire qui dure encore. Par contre, la Ligue Musulmane fut toujours une organisation bien plus faible. Créée à Torigine, en 1906, par les princes islamiques. et les nobles pour « renforcer la loyauté des musulmans indiens à l'égard du gouvernement britannique » (pour citer ses statuts), elle fut capturée par la classe moyenne musulmane éduquée, dirigée par Jinnah pendant les années trente et elle fut alliée temporairement au parti du Congrès. Cependant son ennemi principal fut toujours l'Hindou plutôt que le Britannique, elle collabora avec l'impérialisme pendant la deuxième guerre mondiale et en reçut un Etat séparé en 1947, sans pour autant avoir lutté sérieusement pour l'indépendance. Jinnah devint le gouverneur général du Pakistan sans même avoir construit le parti et encore moins sa base de masse. Les Uniteds Provinces, une des principales régions de la bourgeoisie musulmane qu'il représentait, n'étaient pas comprises dans le nouvel Etat. Etranger dans les provinces actuelles du Pakistan Occidental, il ne fit que confirmer au pouvoir les propriétaires fonciers et les féodaux de province en tant que représentants de son parti. Le résultat fut qu'il n'y eut jamais de parti politique crédible de la classe dominante pakistanaise capable de mystifier et de contrôler les masses. La Ligue Musulmane ne fut jamais qu'un appareil de caciques, corrompus et querelleurs qui eurent tôt fait de la discréditer à jamais. Le Pakistan fut donc dès le départ fermement dominé par une bureaucratie et une armée qui, toutes deux, avaient fidèlement servi les Britanniques. Les échelons
QUATR supérieurs étaient composés d'une élite triée sur le volet et formée par l'impérialisme britannique. Dans les premières décennies après la partition, la bureaucratie civile exerça
June primauté politique au Pakistan. L'Etat pakistanais comprenait une oligarchie formée de 500 fonctionnaires. En fait, les deux chefs d'Etat réels dans cette İskander Mirza, furent pris directement période Ghoulam Mohamed et
Une décennie plus tard, le régime Ayoub était devenu à son tour si impopulaire qu'il provoqua le plus important soulèvement social dans l'histoire du pays. Il était désormais inutile à la classe dominante. Ainsi, endant la crise du début 1969, quand les masses occupaient la rue a Rawalpindi, Lahore, Karachi, Dacca et Chittagong,, que les grèves et les émeutes étaient permanentes tant à l'est qu'à l'ouest, l'armée délogea Ayoub et prit finalement le pouvoir politique directement. Le régime Yahia represente la fin d'un lent déplacement du centre de gravité à l'intérieur du complexe étatique de l'appareil civil à l'appareil militaire. Bien sûr, les fonctionnaires demeurent très influents à l'heure actuelle au sein du gouvernement. Les bureaucrates civils clefs s'occupent encore de nombreux problèmes concernant la gestion de l'économie et de l'Etat qui dépassent la compétence des officiers de l'armée. Mais ce sont les militaires qui ont aujourd'hui le rôle important. son régime conseillers civils. Yahia Khan lui-même n'est qu'un personnage falot et paresseux.. La clique qui gouverne derrière lui comprend cinq généraux: Hamid, commandant en chef de l'armée, Umar Khan, secrétaire du Conseil National de Sécurité, Akbar Khan, chef des Services de Renseignements, Pirzada, Chef-adjoint de l'Administration de la loi martiale et Tikka Khan, aujourd'hui gouverneur du Bengale plus élevé des Muzaffar Mohamed de la Commssion de la tradition de et Iskander Mirza. La force de ce l'intensité des déchainés depuis toutes les forr pouvoir de cla: bureaucratie civile bureaucrates civils, . Ahmed, secrétaire du Plan et héritier
Ghoulam Mohamed groupe réside dans conflits sociaux 1968-1969. Comme n es politiques du sse, l'armée et la pakistanaises, ont toujours joui d'une relative autonomie par rapport aux propriétaires et aux hommes d'affaire du Pakistan Occidental Maic malhanrancamant nour Occidental. Mais malheureusement pour classe dominante pakistanaise, la réciproque n'est pas vraie. Depuis le soulèvement de masse de 1968-69, l'oligarchie de l'ouest devient de plus en plus consciente de sa dépendance par rapport à la force de l'appareil d'Etat militaire et civil. EN PLUS DE SA FONCTION PUREMENT REPRESSIVE, L'ARMÉE JOUE UN ROLE DE POINT DE RALLIEMENT POLITIQUE. Les six points de mars 71 frappaient donc le cœur du pouvoir oligarchique de l'ouest. C'est ce qui explique le refus de tout dans ses rangs. Il parlementarisme l'époque jusqu'à ce total entrainât s manipulaient le symbolique de que son discrédit coup d'Etat un
L'armée et féodale du Punjab nord-ouest, avec immigrants rich
Provinces, Gujerat références sociales d et e en es et la frontière quelques us
United britannique Gracey, dont division indienne avait pr ainsi commencé la guerre en 1945. Les régiments aujourd'hui engagés dans au Bengale comprennent qui pratiquèrent leur Viet-Nam. Tikka Khan, le la vingtième is Saigon et d'Indochine du Punjab la répression deux unités métier au boucher de
Dacca, est un vétéran de l'armée de Montgomery dans la campagne d'Afrique du Nord. assume ouvoir suprême est aujourd'hui suprême est aujourd'hui à Islamabad par un petit cercle d'officiers aidés de quelques militaire en 1958 qui porta Ayoub Khan à la présidence. Ce changement fut lui-même préparé par la bureaucratie qui exerçait le véritable pouvoir. Cependant une fois en selle, Ayoub Khan s'entoura d'une equipe de gangsters et transforma son regime en dictature personnelle, mais pas encore en dictature collégiale de larmée (il n'y avait pas de ministres militaires dans le gouvernement).
L'armée pakistanaise est forte de 300.000 hommes, recrutés pour la plupart dans ces de la paysannerie qui fournissaient l'infanterie britannique. 70.000 d'entre eux sont aujourd'hui déployés au Bengale. Le corps des officiers à partir du grade de lieutenant-colonel est sélectionné avec le plus grand soin quant à son origine sociale et ses opinions politiques. Les généraux les colonels de l'armée pakistanaise sont les rejetons de l'aristocratie impeccable de ce groupe qui ravit les journalistes anglais révèlent son passé. Ils furent formés comme bandits mercenaires de l'impérialisme à Sandhurst (le Saint-Cyr britannique) ou Dehra Dun. Tant et si bien que le premier commandant en chef de
'armée pakistanaise après l'indépendance. fut le général l'indépendance, fut le général
Khan à la présidence. Ce changement fut lui-même préparé par la bureaucratie qui exerçait le véritable pouvoir. Cependant une fois en selle, Ayoub Khan s'entoura d'une equipe de gangsters et transforma son regime en dictature personnelle, mais pas encore en dictature collégiale de larmée (il n'y avait pas de ministres militaires dans le gouvernement).
L'armée pakistanaise est forte hommes, recrutés plupart dans ces de la paysannerie qui fournissaient l'infanterie britannique. 70.000 d'entre eux sont aujourd'hui déployés au Bengale. Le corps des officiers à partir du grade de lieutenant-colonel est sélectionné avec le plus grand soin quant à son origine sociale et ses opinions politiques.
colonels de l'armée Oriental. Il faut ajouter le rejetons d es Hyderabad. Les et l'accent anglais impeccable de ce groupe qui ravit les journalistes anglais révèlent son passé.
comme mercenaires de l'impérialisme ou Dehra Dun. Tant et si bien que le commandant en
'armée pakistanaise l'indépendance. fut le général compromis avec la Ligue Awami, la férocité de l'action contre l'est et l'unanimité extraordinaire des cercles dirigeants pakistanais à soutenir coup d'Etat du 25 mars. Cela explique aussi la fidélité des impérialismes américain et britannique au régime militaire, malgré le fait qu'il détruisait la « stabilité » au Bengale. En ce moment, les USA essayent de modérer la dictature pakistanaise, tout en la soutenant par ailleurs. Les pressions économiques seront sans doute utilisées pour l'intéresser aux problèmes du capitalisme internationnal qui ont été quelque peu sacrifiés à son égoïsme national. Il serait logique de laisser tomber Yahia lui-même dont la faible intelligence et la paresse sont gênantes et qui, en disparaissant, donnerait une nouvelle image de
Pour le moment, la guerre au Bengla-Desh a secoué gravement l'économie pakistanaise qui connait une récession depuis 1968. Le commerce extérieur connait une baisse dramatique alors que les prix et le chômage s'élèvent. L'exportation du jute s'est arrêtée, provoquant des chutes terribles de la bourse de Karachi. Une dévaluation est probablement imminente. La raison de cette grave crise économique est évidemment le coût de l'armée expéditionnaire au Bengale. Les estimations de la presse le chiffrent à deux millions de dollars par jour, tardeau très lourd quand il se greffe sur le déficit chronique de 140 millions de dollars par mois des importations au Pakistan. Le régime d'Islamabad se trouve confronté à une crise intérieure imprévue lors du déclenchement des opérations de génocide en mars. Il a déjà suspendu unilatéralement le remboursement de ses dettes à l'étranger, et aura besoin d'une mande aide de limnérialisme grande aide de l'impérialisme pour éviter la banqueroute.
La situation politique à l'ouest est aussi en train de se détériorer. La vague initiale de chauvinisme qui balaya la population a reflué et la propagande gouvernementale selon laquelle « seuls des traitres hindous au Bengale » ont été tués a perdu beaucoup de son effet. La victime principale de la désillusion grandissante des masses est Bhutto. sa collaboration ouverte avec l'armée et se s efforts pour agir comme porte-parole de la dictature ont heureusement détruit une grande partie de sa crédibilité. Le Parti du Peuple est déchiré par des luttes de fractions et un groupe a déjà scissionné au Punjab en dénonçant le « fasciste » Bhutto. Nombre de ses cadres, militants sincères, ont été emprisonnés marque au gouvernement. Mais, à moins qu'il ne puisse être persuadé de partir de son plein gré, son expulsion représenterait quelques problèmes. Les militaires pakistanais, éduqués par les Britanniques, ont toujours respecté scrupuleusement la hiérarchie du grade. Tant Ayoub que Yahia étaient commandants en chef de l'armée quand ils prirent le pouvoir en 1958 et en 1969, agissant dans une capacité ex-officio. Un putsch de style proche-oriental par des colonels et des généraux plus jeunes représenterait une rupture brutale avec cette. tradition. Une telle possibilité ne peut être exclue, mais elle ne se produira que si la situation sociale s'est considérablement détériorée à l'intérieur. soit pour avoir proteste contre la soit pour avoir protesté contre la détérioration de la situation économique, soit pour avoir dirigé des luttes des travailleurs. Il faut rappeler que, quelques jours avant l'invasion de l'est, les travailleurs de Lyallpur, un bastion industriel du Punjab, occupèrent leurs usines et hissèrent le drapeau rouge. Ils furent brutalement éjectés et leur leader, un dirigeant local du PPP, fut emprisonné. Il fut relâché sous caution à la mi-juin. D'autre part, quelques uns des financiers et féodaux amis de Bhutto qui attendaient bénéficier de pos se sont trouvés qu'il joue pour les militaires. En a commencé dictature de lui l'ouest tout compromis avec la Ligue Awami l'industrie tourne ses capacités dépression aér avec impatience de ites gouvernem ep taux, frustrés par le rôle maintenir au pouvoir conséquence, Bhutto à demander à la remettre le pouvoir à en concluant • un des collaborateurs de à l'est. Le fait que bien au dessous. de it qu'il y ait une lérale au Pakistan au Pakistan
Occidental pourrait bien pousser la dictature à chercher une solution de pseudo-compromis avec la protection des USA et de l'URSS. Il pourrait se produire un nouveau Tachkent.
Quoiqu'il arrive, . la classe ouvrière du Pakistan Occidental jouera un rôle central dans la conclusion politique finale. Elle a mûri très rapidement en 1968-69 et s'est montrée capable d'une combativité remarquable. La période à venir pourrait bien être le témoin du début de nouvelles luttes de masse des ouvriers contre la dictature, ce qui affecterait naturellement les voies de communication avec l'est. Bien que l'intelligentsia du Pakistan Occidental se soit trouvée désorientée par l'attitude de la Chine, de nombreux militants étudiants ont néanmoins été
La situation politique et économique.
La situation politique et économique.
dépression générale
Q UATR emprisonnés depuis mars par précaution. La direction du petit mais actif Parti Kissen Mazdoor (ouvrier-paysan) a ete arrêtée pour avoir. défié l'armée. Un vieux vice-président du syndicat des journalistes, Abdullah Malik, fut promptement emprisonne pour avoir déclaré sa solidarité avec le Bengla-Desh opprimé. Son journal, Azad, a été interdit. Il est clair que le brouillard du chauvinisme qui s'est abattu sur le pays après l'invasion de mars se lève aujourd'hui ici et là.
Le sort de de la la classe dirigeante de l'ouest est visiblement lié à celui de l'appareil militaire qu'elle a déchainé à l'est. Chaque coup que les forces de libération du Bengla-Desh lui porteront viendra en aide aux masses opprimées de l'ouest. Une débâcle militaire dans les campagnes bengalies ouvrirait des horizons nouveaux au mouvement révolutionnaire de l'ouest. Le Pakistan Occidental devient un maillon faible de la chaine impérialiste dans le sud-est asiatique. 2) Le Bengale Occidental
Une lutte de longue haleine aura des répercussions politiques au Bengale Occidental. Cette province se trouve dans les affres d'une profonde crise sociale depuis un an et seule l'incapacité de 1a gauche retarde l'explosion révolutionnaire. Le Bengale Occidental est une poudrière et la bourgeoisie indienne, quoique plus puissante que son homologue pakistanaise, en est son nomologue pakistanaise, en consciente. C'est pour cela qu'Indira Gandhi a si rapidement répondu démagogiquement aux événements du Bengale Oriental.Tous les partis d'op position réclament une intervention plus puissante de
IEME INTERNATIONALE Bengale Oriental, la faiblesse de la bourgeoisie indigène et l'absence virtuelle d'un appareil d'Etat structuré poserait très rapidement la question de la révolution permanente. Quelque cours qu'adopte la classe dominante indienne, elle sera confrontée à de sérieux périls pour son propre avenir.
A présent, la force la plus efficace du Bengale Occidental est sans aucun doute le PCI(M) avec ses dizaines de milliers de militants et ses millions de sympathisants. Les limites centristes de ce parti se révélèrent clairement quand il forma un gouvernement de coalition dans l'état de la province, bien qu'il se permette maintenant une rhétorique plus révolutionnaire du fait qu'il est dans l'opposition. Il juge qu'Indira Gandhi et Yahia Khan représentent des forces sociales et politiques également réactionnaires. Il ne cherche cependant pas l'épreuve de force avec le gouvernement indien et de même que le PC indonésien il semble imaginer que sa grande taille le garantit contre toute perte d'influence. Il explique que, de même que le Pakistan Occidental exploite le Bengale Oriental, de même, le Bengale Occidental est exploité par le pouvoir central indien. La disparition, le 26 juin, du gouvernement du Bengale Occidental et son remplacement une fois de plus par un gouverneur ne font que
Cependant, apparait
CO à savoir la confirmer ce jugement.
ce parti refuse ce conclusion logique mme la stratégie pour un Bengale socialiste termes unifié.
serait
Raisonner en ces rompre avec l'électoralisme et qu'il ne pourra le son passé indique faire. Mais il faut ajouter que se trouvent dans les rangs de ce parti des révolutionnaires dévoués et sincères qui ne voient pas de meilleure alternative.
Les groupes naxalites au Bengale Occidental sont divisés en plusieurs fractions et il y une certaine démoralisation parmi eux, à cause de l'efficacité mortelle de la répression dont ils ont été l'objet. La police a consciemment cherché à tuer autant de naxalites que possible et le PCI(M) n'a rien fait pour les protéger. Les Naxalites sont gênés sur le Bengla-Desh à cause des déclarations chinoises, quoiqu'il ne fasse aucun doute que la majorité d'entre eux soutient la lutte armée contre Yahia Khan. Un meeting de masse à Shantipur, près de la frontière en avril 1971, vit les Naxalites s'associer à un dirigeant trotskyste qui déclarait que « le meilleur moyen d'aider le Bengla-Desh était d'étendre la lutte pour la mener contre la bourgeoisie indienne ». Il est raisonnable de penser que • l'idée d'un Bengale socialiste unifié sera de plus en plus discutée au sein de l'avant-garde révolutionnaire,
New-Delhi. Cependant 1 d'Indira Gandhi a été de
Ligue Awami tout en systématiquement tous les politique a gonfler la désarmant guerilleros passant la frontière et en instituant un contrôle politique strict sur les soi-disant camps d'entrainement
Men territoire indien. Bien qu'elle jouisse d'une supériorité militaire certaine, la bourgeoisie indienne a de toute évidence été effrayée par la perspective d'envahir le Bengale, ce qui déplairait à ses patrons impérialistes et plongerait l'ensemble de la région dans un désordre que New-Delhi craint de ne pouvoir contrôler. Mais quoiqu'elle fasse, les forces de gauche devraient progresser sur le champ de la lutte au Bengla-Desh et ceci ne peut qu'aider développement révolutionnaire de au l'autre moitié du Bengale. Car, même si la Ligue Awami réussissait à établir un Etat qu'Indira Gandhi appelle « séculaire et démocratique » au tandis que les gouvernements d'Indira Gandhi et de Yahia Khan cherchent à réprimer la gauche révolutionnaire des deux côtés de la frontière et qu'ils se sont joints avec une harmonie touchante pour aider la répression du mouvement révolutionnaire ceylanais.
Quelque forme qu'il prenne, un Bengale rouge signifierait leur arrêt de mort dans le sous-continent indien et c'est pourquoi les classes dominantes indienne et pakistanaise mèneront une lutte sanglante pour l'empêcher. Le Bengale, historiquement à l'avant-garde de la lutte contre l'impérialisme britannique, berceau du mouvement révolutionnaire indien, pourrait bien jouer une fois de plus un rôle de phare. Les premiers coups de feu pour la lutte de libération d'une petite partie de la péninsule ont déjà été tirés. Que ceux qui les ont tirés le comprennent ou non, ces coups de feu pourraient bien annoncer le début d'un long processus qui transformera de façon décisive le quart du monde, la RÉVOLUTION DU SOUS-CONTINENT INDIEN.