Le deuxième congrès de l'Autogestion yougoslave a eu lieu dernièrement. Il s'agit d'un événement politique important. Notre revue a examiné à plusieurs reprises la situation en Yougoslavie (1). Elle le fait à nouveau à l'occasion de ce gongrès.
Il ne s'agit d'aucune façon d'un exercice littéraire : la situation en Yougoslavie offre, aux marxistes révolutionnaires la possibilité d'intervenir sur une série de thèmes qui demain, deviendront inévitablement actuels dans les autres pays qui se réclament du socialisme. LE CONGRES DE L'AUTOGESTION
Après deux événements politiques importants — le 2ème congrès de l'autogestion en mai dernier et l'adoption de la réforme constitutionnelle en juin — il est nécessaire de faire le point de la situation en République Socialiste Fédérative de Yougoslavie.
Le deuxième congrès de l'autogestion s'est réuni des 5 au 8 mai à Sarajevo, capitale de la république de Bosnie-Herzégov. Il rassemblait 2300 délégués, représentant quelque 3,7 millions de travailleurs (ouvriers et employés) de l'industrie, du commerce, de l'agriculture (il s'agit bien sûr des salariés des entreprises agricoles du secteur public) et des « activités non (1) Nos 34, 38, 41, 47
IEME INTERNATIONALE xyz ogestion économiques » (services sociaux et d'Etat, etc), ce qui fait plus ou moins un délégué pour 1000 a 2000 travailleurs, selon les entreprises et les secteurs d'activité. Les quelque 500 interventions qui ont été faites dans le cadre de quatre groupes de travail ont été l'occasion d'un déferlement de critiques qui a stupéfié les observateurs étrangers présents au congrès.
« Nous corrom pus s'est écrié exigeons que les dirigeants et incapables soient écartés », un délégué, et les dirigeants politiques se sont trouvés plus d'une fois sur le banc des accusés avec les « technocrates » et les « managers », tandis que de nombreux délégués ont dénoncé ceux qui s'enrichissent par des procédés « malhonnêtes et illégaux ». DES ACQUIS INDENIABLES
Avant d'en arriver à décrire d'une manière plus détaillée les critiques qui ont été faites et les affrontements qui ont lieu, nous tenons cependant à faire une remarque préalable d'ordre général : au cours de la période 1950-1970, soit exactement pendant la période de développement de l'autogestion (qui a été instaurée expérimentalement à la fin de 1949 et introduite légalement en juin 1950), le produit social du pays, d'après les prix de 1960, a augmenté de plus de 3,5 fois, soit de plus de 7% par an. Au cours de la même période, la production industrielle yougoslave a augmenté de plus de 6 fois, à raison d'un taux annuel ingrès moyen d'environ 10 %. Résultat de cette industrialisation rapide, la structure socio-économique de la population non-agricole au chiffre total de la population passant de 35 % au début des années 50 à environ 55 % en 1970.
Il ne faut pas perdre de vue qu'au départ de cette période de 20 ans, la Yougoslavie était en butte à une situation économique difficile à l'intérieur et à des menaces extérieures. Le pays pansait encore ses plaies lorsque le développement des premières années d'après-guerre fut frappé par le blocus économique des autres pays de l'Europe de l'Est.
Partant de cette base en 1950, la Yougoslavie a progressé à un taux qui s'est situé au rang des plus rapides du monde dans le développement d'après-guerre. UN JUGEMENT HISTORIQUE
Un tel développment représente une confirmation importante de l'efficacité du système d'autogestion et il est nécessaire de le dire au moment où une série de détracteurs gauchistes critiques le système yougoslave d'autogestion. Notre critique, la critique marxiste-révolutionnaire, ne se laisse assimiler d'aucune manière à la critique bourgeoise ou à la critique stalinienne.
Historiquement parlant, la Yougoslavie s'est transformée en un temps relativement court de pays agricole et arriéré qu'elle était, en un pays industriel moyennement développé. Elle est le seul des pays insuffisamment développés à avoir réussi à réduire la différence de son degré de développement économique d'une manière aussi spectaculaire par rapport au monde industrialisé. La Yougoslavie a également réussi, à un rythme presque deux fois plus rapide que les Etats ouvriers de l'Europe de l'Est, à réduire la différence entre son niveau de développement économique et celui des pays d'Europe Occidentale. LES RAISONS DE LA REMISE DU CONGRES
Où doivent alors être cherchées les raisons de la remise du congrès de l'autogestion de ce deuxième congrès, le premier ayant eu lieu en 1957? A l'origine, le congrès, qui a eu lieu à la demande du congrès syndical de 1968 (congrès « contestataire » réuni après l'occupation des universités) devait avoir
ALE 31 lieu en juin 1970, pour coincider avec la célébration du 20ème anniversaire de la loi sur l'autogestion. Remis à novembre il le fut ensuite à mai 1971.
Le congrès a été remis à plusieurs remprises, suite aux désaccords qui se sont manifestés durant sa préparation.
On a beaucoup parlé des grèves des travailleurs yougoslaves - souvent le chiffre (aujourd'hui dépassé) de plus de 2000 grèves depuis 1958 a été cité -motivées par les craintes de licenciement en masse entraînées par la réforme économique de 1965, ainsi que par les em piètements de la bureaucratie sur l'autogestion.
Les conflits ont toutefois dépassé les limites des entreprises et, ces dernières années, les syndicats yougoslaves se sont également parfois violemment heurtés au gouvernement. Il faut noter en particulier la lutte ouverte qui a opposé les syndicats au gouvernement fédéral il y a six mois à propos du blocage des revenus personnels, considérés une cause également à décembre prévoyait entreprises organes de par le gouvernement comme de l'inflation. Il faut noter le conflit qui a opposé les la bureaucratie des entreprises
1968, amendement qui en quelque sorte que les pouvaient se donner des gestion « à la carte » (2) :
partant de cette possibilité, on avait vu se créer dans diverses entreprises, des organes exécutifs aux appellations diverses - comités d'affaires, comité exécutif, comité d'experts, etc. dont la formation avait eu lieu à l'initiative des directeurs dans la plupart des cas, ces derniers exigeant du conseil ouvrier l'octroi à ces équipes de certains droits de décision, sous prétexte d'une plus grande efficacité dans la prise de décision. A la suite de cette opposition syndicale l'Assemblée fédérale avait dû adopter une résolution qualifiant d'inacceptables les décisions qui restreignaient les droits d'autogestion des travailleurs. PEU DE JEUNES ET DE FEMMES
Ces tendances à la restriction des droits d'autogestion de même que la « dépolitisation » de l'autogestion ont cependant eu des conséquences qui se sont fait ressentir dans la composition du
(2) Pour plus de détails, voir Quatrième Internationale, No 41 (janvier 1970)
syndicats à propos de la mise en œuvre du XVème amendement de la Constitution voté en à propos de la mise en œuvre du XVème amendement de la Constitution voté en
QUATR congrès de Sarajevo : ainsi, les observateurs notaient-ils que le nombre des jeunes et des femmes y était dérisoire.
Le congrès, qui avait été préparé par l'élaboration de 118 communications de conseils ouvriers d'entreprises, analysant les divers aspects de l'autogestion, a répondu aux problèmes actuels de la société yougoslave en affirmant que cette dernière n'est pas encore suffisamment réalisée en profondeur.
Les 118 communications préparatoires reflétaient les conflits qui se développent en Yougoslavie. Alors qu'à l'époque de la réforme de 1965 c'était surtout
I'« étatisme » qui était dénoncé, au profit de la décentralisation, les rapports au congrès mettaient en cause tant les
« compétences dépassées de l'Etat sur le plan de la réglementation des relations matérielles et sociales » que les
« tendances technocratiques »,
Men admettant même que l'administration avait agi au profit du renforcement de centres autonomes et bureaucratisés de décision dans les entreprises : « en réalité, on voyait se former ainsi un attelage spécial entre la bureaucratie de l'Etat et la technocratie au sein des organisations de travail, les deux tendances s'appuyant l'une sur l'autre ».
Edouard Kardelj, en présentant le rapport de base au congrès, fut même obligé d'admettre : « dans des conditions où la position sociale du travailleur autogestionnaire n'est pas encore affermie et où les mécanismes de la reproduction sociale globale ne fonctionnent pas encore de manière satisfaisante, où il n'y a pas de rapports économiques susceptibles d'assurer la pleine responsabilité économique des centres de décision des travailleurs, pas plus que l'intéressement des travailleurs dans toutes les formules de ladite reproduction, il arrive assez souvent que les centres de direction commencent inconsciemment à interprêter les « intérêts communs » à partir des positions de la concentration d'une force politique et économique qui s'est aliénée du producteur direct, autrement dit de l'homme à son poste de travail, et non pas des positions opposées, concrètement des positions visant maitriser « inconsciemment » - est assez juste.
Les rapports au congrès ont tous condamné les statuts des entreprises (qui avaient d'ailleurs été invalidés) réduisant les droits autogestionnaires des travailleurs au profit de diverses formes de « management ».
IEME INTERNATIONALE PRESSION DE LA CLASSE
Le congrès a ainsi consacré le coup d'arrêt mis par la classe ouvrière yougoslave elle-même aux tendances dissolvantes les plus graves qui étaient apparues dans l'autogestion.
Kardelj, dans son rapport déjà cité, a affirmé avec force le « caractère de classe » de l'autogestion. Il ne l'a pas fait seulement dans le but de nier l'existence d'un conflit de classe entre les travailleurs et les dirigeants des entreprises - mais également dans un but différent : celui du groupe dirigeant yougoslave qui, après avoir jugé alarmantes les tendances à l'œuvre en Yougoslavie, tente de s'appuyer sur la classe ouvrière pour les maitriser au moins en partie. La signification de ces propos ne peut échapper à personne: « La lutte des classes ne se poursuit plus chez nous sous la forme de lutte pour l'anéantissement socio-historique de la classe des propriétaires du capital, antagoniste de la classe ouvrière, car cette classe-là n'existe plus chez nous qu'à l'état de résidu insignifiant. Mais il subsiste des formes d'aliénation du produit du surtravail, il subsiste des formes de monopole direction bureaucratico-technocratique, il subsiste des inégalités de revenu entre travailleurs, il subsiste des disparités de différenciations économiques et sociales, fondées non pas sur la répartition selon le travail fourni mais bien sur les privilèges économiques ou sociaux, acquis - d'une manière ou d'une autre - par voie spontanée. J'estime, pour ma part, que la lutte à mener contre ces tendances et manifestations, ainsi que contre d'autres tendances similaires, c'est la lutte effective pour les intérêts de classe des travailleurs » (rapport Kardelj). Les appels de Tito à la classe ouvrière au moment du congrès sont également assez significatifs.
La pression de la classe s'est manifestée par la volonté d'une reconnaissance officielle du droit de grève et du principe selon lequel les entreprises ne peuvent plus procéder à des licenciements sous prétexte de rationalisation.
Cette revendication avait d'abord été adoptée dans une entreprise de Voivodinie, puis dans le Combinat minier de Zenica et dans le bassin minier et métallurgique de Bor.
PLAN ET MARCHE
On sait (3) que les théoriciens yougoslaves avaient pendant les années 60 fait de la loi de la valeur et de la production marchande un fétiche. A ce . ce sujet également, le rapport de Kardelj apporte d'importantes rectifications en qualificant la production marchande de « résistance à l'autogestion » : « Il est indispensable que, dans ces processus, dans ces résistances à l'autogestion, dans ces hésitations, l'on voit se manifester aussi certaines lois objectives développement des forces productives. En effet, la société socialiste est contrainte, afin de pouvoir assurer les conditions optimales au développement de la production, de vivre à bien des égards selon le « droit bourgeois », ainsi que l'affirmait Karl Marx. Cela est vrai, en particulier, des secteurs couverts par des formes de propriété d'Etat, par des formes de contrainte d'Etat dans la vie économique, par la production marchande et le marché, par le mécanisme de répartition selon le travail fourni, etc (souligné par nous). Kardelj signification des textes de Marx sur est ici beaucoup plus près de la l'obligation « bourgeoise » de répartir selon le travail que les « théoriciens » staliniens (ou yougoslaves !) qui font de cette règle le nec plus ultra de la rémunération « socialiste ».
Et quand le même rapporteur déclare l'existence de la que « bien que production de marché soit nécessaire au niveau actuellement atteint dans le développement des forces productives, cela ne signifie pas qu'elle doive être absolutisée, fétichisée, perpétuée, en lui attribuant le rôle de pouvoir réformer d'elle-même les rapports sociaux », il s'agit en réalité d'une autocritique de la part de la direction yougoslave.
LES INEGALITES SOCIALES
On a abondamment mis en lumière les différences sociales croissantes que les processus dissolvants à l'œuvre dans le système d'autogestion ont engendrés en
Yougoslavie (cf Quatrième Internationale,
No 41, janvier 1971). On a toutefois souvent parlé des différences de moins rémunération au sein des entreprises, qui
(3) Voir E.Germain « La loi de la valeur, -l'autogestion et les investissements dans l'économie des Etats ouvriers », Quatrième
Internationale No 21 (février-mars 1964)
ont eu tendance à diminuer: dans les trois quarts des entreprises l'écart des revenus personnels est de 1 à 3, 4 et dans 85% des organisations économiques il ne dépasse pas la proportion de 1 à 4. De plus, la part des entreprises où les différences sont inférieures s'accroît : de 1964 à 1969, le pourcentage des entreprises où l'écart entre les rémunérations était de l à 1,9 s'est accru de trois fois (un quart de la totalité des entreprises), et la proportion de celles où l'écart était de 1 à 2,9 d'environ 50 %. En revanche et pour la même période, le nombre des entreprises où l'écart des revenus était de l à 4,9 a diminué de la moitié.
C'est que l'autogestion permet un contrôle social sur les revenus individuels. Dans la mesure où elle est limitée aux entreprises, c'est dès lors dès lors entre les entreprises, entre les branches et entre les régions que les écarts les plus criants se manifestent.
Les inégalités ne se manifestent pas seulement au niveau du revenu. La conséquence de la décentralisation de la collecte de l'impôt pour la construction de logements au profit des entreprises a eu par exemple pour conséquence que la construction de nouveaux logements a diminué de 6,4 pour 1000 habitants en 1967 à 5,9 pour mille en 1969. LES REGIONS
Mais c'est plus spécialement entre les régions développées (Croatie, Slovénie) et les autres régions que les différences sociales les plus criantes existent.
Les très grandes différences de développement entre les diverses régions du pays se sont accrues au cours des lernières annees. Ces differences accrue. sont le résultat du fait que les régions développées ont eu un taux plus élevé d'accroissement que les autres régions. Le tableau suivant fait valoir de quelle manière la position relative des régions a varié dans le produit social du pays. Il faut position relative car toutes les régions ont remarquer qu'il s'agit de leur connu un développement économique qui a pour résultat que les différences se situent à un niveau général de développement plus élevé, ce qui n'apparait pas dans notre tableau où le produit social national est réduit chaque fois à 100.
Le développement de ces tendances qui nourrissent elles-mêmes les oppositions entre les républiques (les dirigeants croates Mika Tripalo Savka
Indices du produit social par habitant
RSFY
Bosnie-Herzégovine
Monténégro
Croatie
Macédonie
Slovénie
Serbie
Territoire restreint
Voivodinie
Kossovo
1952 1953 100 100 86,7 83,5 70,3 67,5 114,7 114,5 65,5 68,0 168,4 151,1 90,4 97,2 93,9 95,6 101,8 125,2 46,5 45,5
1960
73,0
57,6
117,8
64,1
172,1
96,0
95,2
128,5
36,6
1968
63,60
67,9
125,8
69,3
182,6
94,1
98,7
119,0
33,8
Changement de position relative en ce qui concerne le développement des diverses républiques et provinces
Dabcevic-Kucar apparaissent ici nettement comme une opposition de droite), résulte de l'autonomisation des entreprises économiques. Dans son rapport, Edouard Kardelj rappelle fort justement (et implicitement à l'encontre de la théorie qui affirme que l'autogestion signifie déjà la transformation de la propriété d'Etat en propriété sociale) qu'« une socialisation intégrale n'est concevable que dans les conditions où tous les moyens de production appartiendraient à tous les membres de la société comme l'a dit Marx ». Mais il justifie par ailleurs, comme l'ensemble de l'équipe dirigeante, la réforme constitutionnelle en cours qui prévoit que la Fédération transferera aux républiques la majeure partie des fonctions régulatrices de l'Etat, à l'exception de la défense, des affaires étrangères, du commerce extérieur, des fonctions devant assurer l'unité du marché et des fonds d'aide aux républiques et aux régimes sous-développés.
Seules de nouvelles contradictions et de nouvelles difficultés pourront en résulter. ROLE DES BANQUES
La réforme économique de 1965 avait pour objectif d'accroftre la part du produit social dont les entreprises pouvaient disposer: la part des organisations de travail est de 61 % et celle des communautés socio-politiques (communes, républiques, fédérations) de 39 %.
Il devait en résulter une augmentation de la part des entreprises dans l'accumulation (autofinancement). Mais en réalité, alors que la part de l'Etat et de ses démembrements (communautés socio-économiques) a diminué (16 % des investissements), la part des entreprises a également diminué (28 %), le tout au profit des banques qui se sont transformées en facteur le plus important du système de financement des investissements.
Les dirigeants yougoslaves veulent dès lors réformer le système bancaire en trouvant des formes nouvelles de financement des investissements. Mais, se refusant par principe au financement budgétaire ou au financement centralisé (on vient de partager l'important fonds extrabudgétaire qui assurait une grande partie des dépenses d'investissement dans les activités productrices), ils s'orientent vers un financement au moyen de crédits résultant de l'association des entreprises, renforçant ainsi le danger d'exploitation mutuelle.
Dans l'attente de l'adoption du Plan vans attente de ladoption du flan
1971-1975, bloqué par l'opposition des républiques (et qui prévoyait un taux d'expansion de 9 à 10 % l'an pour les secteurs de l'industrie et le commerce), on s'oriente vers l'« intégration » (la coopération) des entreprises, ce qui s'est traduit par des accords entre les principales entreprises de la métallurgie, de l'électricité, dans les chantiers navals et les combinats agro-industriels, et vers des « ententes autogestionnaires » qui se substituent à la planification. LA CONTRADICTION
Le bilan dressé à l'occasion du congrès dénote donc un antagonisme entre une lucidité dans l'analyse des contradictions du développement de la Yougoslavie et la définition des solutions à y apporter. Cet antagonisme particulièrement aigu résulte du renforcement de l'activité de la classe
Pour plus de détails sur le Ilème Congrès de l'autogestion voir :
- communication de l'Aciérie de Sisak,
Questions Actuelles du Socialisme, No 100, octobre - décembre 1970
- communication de l'Aciérie de Jesenice,
Questions Actuelles du Socialisme, No 101, janvier-mars 1971 ouvrière et de l'affaiblissement de l'Etat par rapport aux féodalités régionales et locales. Le conflit entre les dirigeants croates et ceux des républiques sous-développées dans lequel le gouvernement fédéral tente constamment de jouer un rôle médiateur en témoigne.
Pour l'instant , la direction de la L.C.Y. (sa présidence de 52 membres) tentera de dominer les antagonismes en faisant appel à la. « vigilance » de la classe ouvrière contre l'« autarcie » des républiques, en instaurant une présidence collégiale qui a pour but de jouer un rôle bonapartiste « multinational » de conciliation, et en menaçant ceux qui, à droite comme à comme à gauche, veulent modifier la situation.
De multiples signes indiquent toutefois que la Yougoslavie approche du point critique où les tendances franchement contre-révolutionnaires et capitalistes et les tendances véritablement ouvrières et autogestionnaires vont s'affronter.
- Comité pour la convocation et l'organisation du Ilème congrès des autogestionnaires de Yougoslavie : « Résumés des textes analytiques préparés pour le
Congrès » Sarajevo, 1971
- E.Kardelj : « Les rapports économiques et politiques dans la société autogestionnaire yougoslave », Sarajevo, 1971.