Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 50

Nouvelles luttes, nouveaux développements politiques en France

Pierre Frank · Quatrième Internationale, n° 50 · juillet 1971 · p. 38-41 · 3 273 mots

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Le capitalisme français a eu quelque peu chaud au cours du mois de mai par suite d'une série de mouvements revendicatifs, le plus important ayant été celui des usines Renault. Le mouvement avait commencé dans l'usine du Mans sous l'impulsion d'un certain nombre d'OS (ouvriers spécialisés pour lesquels les mutations de poste dans l'entreprise même entraînaient des variations de salaires, ceux-ci étant fixés selon les machines auxquelles étaient affectés les O.S. et non en fonction du travail ou de la qualification. Le mouvement dépassait donc le cadre d'une revendication de salaire, il mettait en cause une prérogative de la direction. L'usine Renault du Mans fabriquant des boites de vitesse pour toutes les autres usines de la même firme de France (et aussi pour l'usine de montage Renault de Belgique), en quelques jours les stocks de boites de vitesse furent épuisés. La direction de chez Renault décida en conséquence de mettre en « chômage technique » un grand nombre d'ateliers à Billancourt, à Cleon, à Flins, à Sandouville. Les travailleurs, n'acceptèrent pas cette mesure, qu'ils identifiaient à un lock-out destiné à diviser les travailleurs et à les opposer aux O.S. du Mans, ils décidèrent donc la grève avec occupation des usines. Ce qui se produisit très largement.

Renault en grève, allait-on assister à une généralisation du mouvement à toute la métallurgie et même à toute l'économie ? Allait-on une grève générale comme en Mai 68 ?

La direction Renault ne semblait pas inquiète sur ce point, elle se montra très intransigeante, envoyant à plusieurs reprises les délégations syndicales en leur disant que les propositions qu'elles faisaient n'étaient pas sérieuses.

Ces délégations firent donc des propositions de plus en plus modestes, de telle sorte que lorsque la direction Renault les accepta, les ouvriers du Mans qui étaient en grève depuis de nombreuses semaines les jugèrent si médiocres qu'ils les repoussèrent et votèrent la poursuite de la grève. Finalement c'est par manque de perspectives que les ouvriers du Mans acceptèrent de terminer la grève.

Pendant tout ce temps, il ne fut jamais question de la part des syndicats d'un elargissement de la grève, meme pour un jour, par solidarité, encore moins d'une nouvelle grève générale. Quand les O.S. du Mans entrèrent en grève, le syndicat CGT était réticent à passer à l'action ; c'est une minorité de travailleurs, des jeunes en général, en partie organisés à la CFDT, qui furent les initiateurs de la grève.

Les directions syndicales, à commencer par celle de la CGT, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour canaliser et limiter la grève.

Mais le passage à la grève générale, à un mouvement comme en Mai 68 n'était pas à l'ordre du jour pour une autre raison, à savoir la conséquence de la politique des directions traditionnelles en Mai 68. Celles-ci n'avaient alors, on le sait, jamais appelé à la grève generale ; mais les ouvriers s'étaient lancés dans celle-ci non seulement parce qu'ils avaient à rattraper un grand retard du niveau de vie, mais aussi parce qu'ils avaient à cette époque la perspective, que la « gauche » unie (PC, FGDS, syndicats) était capable de renverser le pouvoir gaulliste dans les années précédant 1968, de Gaulle avait été mis en ballotage et la majorité gaulliste au Parlement était réduite à quelques voix. Mai 68 a montré que c'était là une illusion des masses. La « gauche » unie ou non -radicaux, socialistes, communistes - n'avait aucune envie d'accéder au pouvoir sous la pression d'un tel mouvement ; elle voulait le faire sans danger sur une victoire électorale. En Juin 68, ce fut la débâcle électorale.

Depuis lors, les travailleurs de France n'ont plus eu de perspective concrète plausible : sur le plan parlementaire, l'effondrement du Parti socialiste rend vain l'espoir d'approcher d'une majorité. La « démocratie avancée » mise en avant par la direction du PCF a pour celle-ci toutes les vertus, mais ce n'est que sur le papier ; si elle est restée fantomatique quand il y avait dix millions de grévistes, comment pourrait-elle un jour prendre forme? C'est avant tout l'absence de perspective plausible de pouvoir qui a constitué le plus grand obstacle à un nouveau mouvement généralisé de la classe ouvrière française ; car les ouvriers, comprennent instinctivement qu'une grève générale est une lutte politique qui doit avoir un grand objectif politique, en fait un objectif de pouvoir, et pas seulement de simples augmentations de salaires rapidement mangées par la montée des prix. Cette absence perspective pour un mouvement général explique pourquoi, les travailleurs, dont la combativité est grande, ont mené surtout des meme dans le ca resteries petes ad sectorielles, avec énormément d'énergie, n'hesitant séquestrer patrons et maitrise.

En Juin, il y eut une grève des cheminots qui donna elle aussi une preuve de la grande combativité des travailleurs, mais aussi de l'incapacité pour ne pas employer un autre terme des directions syndicales a diriger une grève tant soit peu massive. Si les cheminots mécontents entrérent en grève sans ordre ouvert des directions syndicales, il ne s'agissait nullement d'une grève sauvage. Les syndicats CGT et CFDT se déclarèrent aussitôt solidaires des grévistes et entrèrent en pourparlers avec la direction de la SNCF. Les autres syndicats (FO, Autonomes, etc..) condamnèrent la grève et firent œuvre de jaunes. Mais la CGT et la CFDT s'enlisèrent dans des négociations que la direction de la SNCF prolongeait à plaisir, jusqu'au moment où ils arrêtèrent la grève sans résultats tangibles. Ainsi on a assisté dans une certaine mesure à une sorte de répétition des années qui précédèrent Mai 68: le mécontentement des travailleurs grandit, il se traduit dans des mouvements sectoriels, mais les directions traditionnelles n'offrent perspective politique à ces luttes. La seule perspective qui est offerte est celle d'une victoire électorale d'une gauche (socialistes, communistes et radicaux) qui chercherait à « s'unir », est totalement détachée des combats quotidiens dans la mesure où les dirigeants à la Séguy évoquent la perspective d'un nouveau Mai 68, c'est pour dire aux patrons et gouvernement : attention à ce qui s'est passé à l'époque, ne poussez pas à nouveau les ouvriers.

UN PARTI SOCIALISTE

«NOUVEAU»

Une des sources de faiblesse de la bourgeoisie française et de la direction du PCF réside, on le sait, dans l'effondrement de la social-démocratie. La bourgeoisie a affaire à une classe ouvrière polarisée sur le PCF qui, bien qu'il pratique une politique réformiste, n'est cependant pas attaché à ses intérêts ; le

PCF a plus de difficultés que par le passé à excuser sa politique opportuniste et les conséquences désastreuses de celle-ci par les

« exigences » de l'allié socialiste. Pour des raisons beaucoup plus terre à terre, les politiciens socialistes ou socialisants se sont efforcés dans les dernières années de reconstruire un parti socialiste qui ait tant soit peu de crédibilité sur la scène politique. Cela avait très mal commencé au moment même où de Gaulle démissionait et le score de Deferre à l'élection présidentielle de 1969 s'en était ressenti. Sous la direction de Savary, le nouveau parti socialiste trainait la jambe. Les élections législatives de 1973 pointant à l'horizon, les marieurs se multiplierent, obtenant enfin

ALE 39 tenue d'un nouveau congrès d'unification dans le mois de juin 1971, ou participèrent le Parti Socialiste, la Convention des Institutions Républicaines (de Mitterrand) à l'exception d'une petite fraction de gauche, des groupes d'origine catholique, des « isolés » dont quelques uns avaient jadis appartenu au PSU. Malgré les appels de tous ordres, le PSU n'avait pas donné son adhésion à ce congrès.

Le congrès du Parti Socialiste devait faire un parti « neuf ». Mais ce « neuf » donna en premier lieu le jour à des manœuvres de congrès dans la plus belle tradition aussi bien du parti radical que du « vieux » parti socialiste. La division en tendances n'avait rien de surprenant. On pourrait grosso modo définir ces tendances comme suit : - une tendance droitière dirigée par Deferre et Mauroy, les leaders des deux plus importantes fédérations (Bouches du Rhône et Nord) désirant avant tout une alliance politique sur la droite avec les formations centristes bourgeoises et n'acceptant dans le meilleur des cas que le désistement des voix communistes au second tour. - deux tendances qui se situent au centre du PS, l'une, forte, conduite par Mollet et Savary, l'autre, numériquement très petite, conduite par Mitterrand; toutes deux donnent une importance primordiale à la recherche d'une entente avec le PCF, mais ave des ditterences entre elles dans les modalites de cette recherche. - enfin deux petites tendances de gauche, fune soutenue par la federation de la Seine, l'autre dirigée par un ancien membre du PCF, Poperen.

Il est vain de raconter le détail des opérations. Finalement le vote principal opposa une résolution soutenue par Savary résolution soutenue par Mitterrand, sans qu'il y ait de sérieuses différences entre elles. Sur le texte Miterrand se rassemblèrent la tendance Deferre-Mauroy la tendance gauche de la Seine. Ce qui permit à Mitterrand de l'emporter d'une courte tête sur le texte de Savary. Ainsi, tout en ayant rejoint le nouveau parti quelques jours seulement avant le congrès et en ne disposant que d'une base propre minuscule, Mitterrand est parvenu a la direction du nouveau parti socialiste. Ses amis de Ses amis de tendance (ceux de l'ancienne CIR) ont au secrétariat du parti une place disproportionnée par rapport à celle qu'ils ont à la base.

La manœuvre qui a porté Mitterrand à la direction du parti socialiste s'explique aisement.

La tendance Mollet-Savary était aux yeux de tous la continuation de l'ancien appareil avec lequel Mollet a dirigé le parti socialiste pendant plus de vingt ans. La destruction de cet appareil-non par hostilite a tout appareil et à toute bureaucratie - a constitué l'élément qui a soudé au Congrès toutes les autres tendances sauf celle de Poperen, chacun espérant probablement qu'une fois cet appareil détruit, il pourrait mieux courir sa chance à l'avenir dans le parti. Pour Mitterrand, il s'agissait en premier lieu de pouvoir mieux jouer un rôle personnel sur la scène politique française. Il sait qu'il lui faut trouver un terrain d'entente avec le PCF, mais il sait aussi qu'il ne peut répeter l'opération qu'il a faite en 1965, lors de

QUATR l'élection présidentielle contre de Gaulle, en manœuvrant entre le PCF et un parti socialiste encore assez fort dans lequel Mollet venait de torpiller la candidature Deferre. Mitterrand n'a cure des promesses que peut lui faire la direction du PCF. Il sait que pour procéder à une alliance avec ce parti, d'une manière à la rigueur acceptable pour une fraction de la bourgeoisie, il ne faut pas que le PCF soit majoritaire dans la coalition. Nous revenons là pour Mitterrand comme pour ses prédecesseurs depuis des années, à un problème aussi peu soluble que la quadrature du cercle : comment faire revivre un parti socialiste qui pourrait l'emporter électoralement sur le PCF ? Mollet a dirigé le Parti socialiste sur une pente constamment déclinante depuis la fin de la guerre. Les autres : Deferre, Savary, etc., ne font pas le poids. Mitterrand prétend l'homme qui pourra accomplir le miracle.

La direction du PCF qui avait soutenu la candidature Mitterand en 1965 a fait grise mine à son succès dans le nouveau parti socialiste. La raison principale en est à trouver d'abord dans la position que prit Mitterrand vers la fin du mois de mai 1968, quand avec tant d'autres, il crut que la succession de de Gaulle se posait : sans demander l'avis du PCF, il prit sur lui de proposer chef du gouvernement Mendès-France, qui aurait créé son ministère sans tenir compte des partis et de leur force parlementaire. Autrement dit, la direction du PCF soutenait Mitterrand à un moment où il paraissait ne constituer aucun danger, et où elle pensait pouvoir le tenir dans ses mains ; elle n'entend pas aider un personnage qui veut bien recevoir les voix communistes sans qu'il en résulte d'engagement pour lui. La direction du PCF montre combien, en dépit de toutes ses roueries, elle de crétinisme parlementaire, combien elle pense et agit dans ce cadre parlementaire, et combien elle est loin de saisir les traits fondamentaux de la Vème République.

Pour commencer, Mitterrand devra consolider son assise dans le Parti socialiste. Si l'on se réfère aux déclarations de Savary après le congrès et à l'orientation de Deferre et Mauroy qui sont prêts à toutes sortes d'alliances avec les partis du centre bourgeois mais pas à passer d'accords avec le PCF, on pourrait penser qu'il commencera par connaitre quelques difficultés non négligeables et même le risque de se trouver mis en minorité à un prochain congrès. Mais, c'est un aventurier maître en matière de combinaisons et le nouveau Parti socialiste ne brille pas plus que l'ancien par les principes idéologiques. En tout cas, il a devant lui et pour lui environ deux ans, les deux années de préparation des prochaines élections législatives de 1973. Aussi est-il partaitement possible qu'il parvienne à élargir sa base dans le parti. Quant à parvenir jamais à prendre le dessus sur le PCF dans les termes qu'il vise, c'est une toute autre histoire.

L'arrivée de Mitterrand à la direction du Parti socialiste se place au moment où commence en fait la campagne pour les élections législatives de 1973. De multiples combinaisons sont envisagées mais l'idée d'un accord entre le PS et le PCF est utilisée par

Pompidou et l'UDR pour tenter de faire peur aux petits bourgeois avec le loup communiste que Mitterrand pourrait faire entrer dans la bergerie. Nous aurons à l'avenir l'occasion d'examiner la nouvelle situation et de traiter des conséquences qu'un accord PS-PCF pourrait avoir sur les développements politiques en

France.

LE PCF ET L'EXTREME-

GAUCHE

A propos des grèves et autres luttes dans les entreprises, un phénomène inquiète les capitalistes... et aussi les bureaucraties ouvrières, notamment la bureaucratie stalinienne du PCF et de la CGT. Dans tous les mouvements sont apparus des groupes. de travailleurs, surtout des travailleurs jeunes, que les bureaucrates ne contrôlent pas, qui soulèvent des revendications relatives à leurs conditions d'existence qui les font s'orienter vers les « gauchistes ». Aux grèves sont venues s'ajouter des i manifestations de l'extrème-gauche le matin du Premier Mai et la manifestation pour le centenaire de la Commune de Paris de la Ligue Communiste et de Lutte Ouvrière comme témoignages de l'apparition de forces politiques nouvelles à l'extrème-gauche. Le Figaro consacra deux articles importants à ce sujet pour dire aux dirigeants du PCF : vous dites que vous êtes des hommes d'ordre et de gouvernement et vous l'avez montré en Mai 1968 ; mais attention, lorsque vous avez peur d'être débordés sur votre gauche, vous n'hésitez pas pour éviter le danger a employer un vocabulaire qui peut mener plus loins que vous ne le désirez.

La bourgeoisie française pour l'instant ne peut pas faire grand chose d'autre que d'enregister ce phénomène de l'existence désormais acquise de courants d'extrême-gauche disposant d'une force politique, exprimant des dizaines de milliers de jeunes à la gauche du PCF qui appartient désormais à la gauche non à l'extrême-gauche. Beuacoup de bourgeois ont des doutes sur l'efficacité de la répression du ministre de l'Intérieur Marcellin ; certains craignent même qu'il pousse les choses trop loin. Si la presse bourgeoise a consacré une place importante au congrès de la Ligue Communiste entre autres, c'est qu'elle a perçu d'abord que l'existence de l'extrème-gauche n'était pas un phénomène épisodique, ensuite que la Ligue Communiste était autre chose que le magma maoïste ou spontanéiste. C'est aussi en forçant la note pour faire pression sur le PCF pour qu'il soit ferme envers les « gauchistes ».

La direction du PCF, plus particulièrement son chef actuel Marchais, a eu une premiere réaction de rage et de violence. Prenant prétexte d'inscriptions faites par on ne sait qui sur les tombes de Thorez et de Cachin le jour de Premier Mai, elle a dénoncé avec une virulence qui n'avait plus été connue depuis des années les « gauchistes », et plus personnellement Rocard et Krivine : elle a appelé à une manifestation expiatoire où elle a rassemblé surtout les permanents, et s'est livrée à des brutalités contre les opposants pendant quelques jours. Sa rage s'est à nouveau exprimée a la suite de la manitestation du centenaire de la Commune. « Tout juste 6 ou 7000 manifestants », déclara Marchais, dont chacun se, rappelle l'article du 3 Mai 1968 sur les « groupuscules », et « l'anarchiste allemand Cohn-Bendit ». Un rédacteur de l'Humanité, Salini , fit des efforts prodigieux pour dénoncer un front unique allant de Thiers à la Ligue Communiste en passant par le Monde, article que ce journal reproduisit en disant qu'il défiait tout commentaire. Ajoutons que dans le PCF cette campagne, ces articles furent loin de faire l'unanimité : il est difficile aujourd'hui de vendre un journal contenant des articles datés du temps de Staline ...

Depuis lors, le PCF continue sa lutte contre le « gauchisme » d'une façon boiteuse. Il monte en épingle toutes les extravagances et loufoqueries ultra-gauchistes et parle de la main de la police. Il s'efforce d'amalgamer tous les courants et groupements de l'extrême-gauche, attribuant à tous les mêmes positions anarchisantes ou maoïstes. Tout de même, comme il n'est pas possible d'ignorer les differences que font les journalistes bourgeois avertis, il faut enfin une fois s'acharner à démontrer que le trotskysme ... n'est pas un courant du mouvement ouvrier. Le tout se termine par l'affirmation que tout sera fait par le PCF pour regagner non plus quelques jeunes mais une masse de jeunes. La direction du PCF prétend d'autant plus que les trotskystes ne font pas partie du mouvement ouvrier qu'elle se heurte sur ce point aussi avec une partie de ceux avec lesquels elle voudrait s'entendre pour sa politique d'« unité » et de « démocratie avancée ». Ceux qui ne partagent pas le point de vue de la direction du PCF le font pour des raisons diverses, certains parcequ'ils comprennent que la poussée des jeunes vers l'extrême-gauche n'est pas un accident et a des racines profondes.

La direction staliniennne s'efforce à tout prix de maintenir une coupure entre les jeunes étudiants et lycéens d'une part et la classe ouvrière d'autre part. Mais précisément dans les entreprises le nombre croit de jeunes ouvriers qui n'acceptent pas l'autorité des directions traditionnelles et dont les aspirations et revendications vont dans le sens de nombreux mots d'ordre des formations d'extrême-gauche. C'est un phénomène qui pèsera de plus en plus sur le noyau le plus important de militants communistes pour la direction du PCF, à savoir ses militants syndicaux qui, depuis la fin de la guerre sont restés fidèles au cours de toutes les crises. Ces militants sont extrèment sensibles à ce qui se produit dans la classe, ils commencent depuis quelques temps à percevoir, fut-ce renfermait des possibilités d'un tout autre ordre encore très confusément, que Mai 68 que les misérables résultats des « accords de approuvés, comme on parait l'oublier a pas, Grenelle » ( que les ouvriers n'ont direction de la CGT).

Ainsi, tandis que d'une part la direction du PCF (et de la CGT) va mettre le paquet sur une préparation très électoraliste les élections de 1973, ses militants les plus ancrés dans la classe ouvrière ne manqueront pas d'autre part de sentir une pression accentuée en provenance des couches les plus jeunes de celle-ci, de couches très combatives et moins aptes que les plus âgés à avoir des illusions parlementaires. C'est une condition à laquelle les trotskystes ne manqueront pas d'accorder toute l'importance qu'elle mérite pour renforcer la base ouvrière de l'avant-garde marxiste révolutionnaire.

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