Le 19 mars, les militants accusés d'avoir été membres du Parti Socialiste Révolutionnaire ont finalement été condamnes au bout d'un procès mouvementé, au cours duquel à plusieurs reprises des manifestations se sont produites à la porte du tribunal. Le juge s'est même vu amené une fois à déclarer le huis clos, pour empêcher que la session ne se transforme en « une réunion du mouvement trotskyste international » (sic). Le camarade Petr Uhl a été condamné à quatre ans de prison. Quinze autres accusés ont été condamnés à des peines allant de une à deux années et demi de prison. Le verdict, fort dur vu que l'accusation a été obligée d'abandonner tous les points concernant des actions criminelles, marque cependant un nouveau succès politique pour les inculpés, dans la mesure où même le délit de conspirer contre l'ordre socialiste a dû être abandonné. Le seul délit pour lequel les camarades du PSR sont finalement condamnés est celui d'avoir conspiré contre l'ordre politique d'Etat et l'appareil d'Etat.
Les actions internationales de protestation contre le procès de Prague se poursuivent. A celles énumérées dans le numéro précédent de Quatrième Internationale (page 9), il faut ajouter : une manifestation devant l'ambassade tchécoslovaque à Ottawa (canada) et devant le consulat tchécoslovaque à New York; un meeting de protestation à Amsterdam; un raid sur l'ambassade tchécoslovaque à Stockholm (Suède) où le manifeste du PSR a été cloué sur l'ambassade ; des protestations de la Ligue Belge des Droits de l'Homme, du député et dirigeant syndicaliste ouest-allemand Heinz Matthöfer ; de cinq députés travaillistes britanniques, des députés LSSP de Ceylan, etc.