Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 49

Le 24e congrès du P.C.U.S.

Quatrième Internationale, n° 49 · mai 1971 · p. 10-10 · 817 mots

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Un congrès sans histoire, à moins - ce qui est très peu probable - qu'il se soit passe quelque chose a huis clos que l'on n'apprendra que quelques mois plus tard.

Le 24éme congrès fut une opération bien préparée, bien exécutée, qui s'est déroulée comme un rite. Commetout « congrès » stalinien, la « discussi on » du long rapport de Brejnev ne fut qu'une addition de monologues, da ns lesquels on peut parfois quelques informations d'ordre statistique, mais certainement pas une appréciation tant soit peu sérieuse de l'état de la société soviétique ou des problèmes qui se posent à elle. On peut y apprendre que certaines mesures organisationnelles sont prises sans qu'aucune explication pour les justifier ne soit donnée. Il n'a pas été question du passé, comme si Staline n'avait jamais existé et n'avait jamais laissé un lourd héritage à l'Union soviétique. Nous ne nous lancerons pas dans la « kremlinologie » relativement à l'ordre de préséance des membres du Bureau Politique. La même direction subsiste au plus haut sommet, ce qui signifie comparativement au précédent congrès une direction plus vieille de cinq ans face à une population où, comme ailleurs, la jeunesse constitue un pourcentage élevé de celle-ci, et même si elle a plus de difficulté à se mouvoir qu'ailleurs, n'en est pas moins traversée d'aspirations non-conformistes.

Dans cette grisaille, une innovation cependant : pour la première fois, les biens de consommation ont pris le pas sur les biens de production. De peu, il est vrai, mais il faut se souvenir combien était fort le « dogme » stalinien en la matière. C'est là un signe qui ne trompe pas d'une crainte de la bureaucratie quant à l'état d'esprit des masses. On peut le dire avec certitude : le récent mouvement des ouvriers polonais a été le commencement de la sagesse pour les bureaucrates soviétiques.

Un autre élément qui résulte également de la crainte inspirée par ce mouvement ouvrier : les bureaucrates battent en partie en retraite dans le domaine des « réformes » économiques, la rentabilité ne devant pas provoquer de licenciements d'ouvriers sans que de nouveaux emplois aient été assurés.

Avant le congrès il avait été question de droits plus grands accordés aux autorités municipales, d'initiatives plus grandes possibles de la part de bureaucrates moyens inférieurs, du renforcement de leurs liens avec les masses. Cela ne parait pas avoir trouvé une expression au congrès même. De toute façon comment peut-on imaginer de sérieux changements dans ce sens de la part d'un appareil dont le sommet est le plus inerte, le plus routinier, le moins doué d'initiative, que l'URSS ait jamais eu.

• Le congrès n'a pas manqué d'entendre le numéro traditionnel sur le manque d'œuvres littéraires et artistiques exprimant les progrès du socialisme. La tribune comme de bien entendu n'était ouverte qu'à quelques bureaucrates des lettres, pendant que quelques propos fielleux denonçaient sans les désigner nommément ceux qui à présent redonnent dans la souffrance et les répressions une renommée à la littérature russe.

La grisaille dans laquelle baignait le congrès en matière de problèmes nationaux s'étendait également sur les problèmes des rapports des partis communistes. On pouvait cependant noter quelques points mieux qu'il n'était possible de le faire un ou deux ans auparavant. La presse bourgeoise a crû devoir mettre en lumière des interventions comme celle du délégué italien et du délégué roumain, sans parler de celle du PCF (1), pour prétendre que ces partis et leurs dirigeants faisaient preuve d'indépendance par rapport au PCUS, C'est assez mal comprendre ce qui se passe effectivement. A vrai dire la présence à ce congrès de délégations comme celle du PC japonais constitue un certain succès pour la direction soviétique. Mais elle n'obtient un tel « succès » qu'en acceptant l'expression de quelques observations émises à la cantonade (pas sous la forme de critique directe et ouverte), qui servent à certaines directions de partis communistes à usage intérieur.

Même en ce qui concerne la Chine, si quelques interventions se maintenaient dans le ton ancien, le rapport de Brejnev faisait appel à l'apaisement, en oubliant bien entendu. que la détérioration des rapports avait été provoquée à plusieurs reprises par la direction soviétique

Foires saut come en races de directes capitalistes evite les En un mot, la « ligne générale » de la direction Brejnev, c'est : évitons les histoires (sauf comme en Tchécoslovaquie), avec les bureaucrates de tous les pays. Mais c'est une « ligne générale » que l'Histoire, la vraie, n'a jamais vérifiée. (1) Pour ceux qui ne l'ont pas remarqué, disons que Marchais n'a rien dit au Congrès qui puisse ennuyer l'oreille d'un Brejnev. Il a, à titre d'alibi, donné à Moscou une interview au rédacteur de l'Humanité, c'est à dire pour être publiée en France seulement, et encore n'a-t-il mis en cause que des propos de Husak et pas l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Marchais est un homme courageux ...

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