Des centaines de prisonniers politiques sont enfermés dans les geôles du Mexique, surtout depuis que commença en juillet 1968 le mouvement des étudiants qui - on s'en souvient - fut réprimé de la manière la plus sauvage le 2 octobre de la même année par le massacre froidement décidé et perpétré sur la place Tlatelolco. Et deux ans plus tard, le 12 novembre 1970, la justice mexicaine s'est montrée légale de la police et de. l'armée qui avaient procédé au massacre : de lourdes sentences, de 17 à 8 années de prison ont été prononcées contre des écrivains, des universitaires, des étudiants, etc.. sans parler de lourdes amendes.
Nous publions la déclaration faite devant le tribunal par le leader étudiant Raul Alvarez, qui reçut la sentence la plus lourde, 17 années de prison. Dans cette remarquable et heroique déclaration, Raul Alvarez démonte de façon irréfutable la machination qui a abouti au massacre de Tlalelo/co.
La sauvagerie de la répression des autorités mexicaines n'a pas encore reçu la publicité qui fut faite sur celle de bien d'autres pays latino-américains. Elle doit être dénoncée avec vigueur et persévérance pour soutenir la campagne pour l'amnistie qui est menée au Mexique à l'occasion de l'avènement du nouveau président Luis Echeverria, l'appui le plus large doit contribuer à rendre à la liberté tous les militants mexicains de la cause du socialisme.
La provocation gouvernementale se comporta comme un apprenti sorcier. Elle déchaîna un mouvement qui plaça tout le système en situation de crise. L'auteur fut membre du CNH (Comité National de Grève) dépendant de l'Ecole Supérieure de Mathématiques et physique de /'IPN. Il fut arrêté le 2 octobre à la tribune du CNH et soumis au traitement vexatoire qu'il décrit lui-même.
Raoul Alvarez Garin inculpé devant ce tribunal selon le dossier indiqué ci-dessus, je comparais de mon propre droit et je dis :
Que je suis d'accord et que je soutiens intégralement les conclusions présentées le 27 Août 1970 par mon avocat défenseur, Carlos Fernandez del Real. En outre, je désire ajouter quelques considérations nécessaires pour éclairer quelques aspects de ce procès.
Ce procès prétend étre la justification juridique de la répression illégale dont souffrit le mouvement étudiant de 1968. Ce procès représente des conséquences. de grande importance pour la vie politique et sociale sociale du pays, car on y juge le du pays, car on y juge le mouvement étudiant et avec lui, les droits constitutionnels dont on fit usage.
A ce procès on sépare deux principes, celui du gouvernement qui consiste à imposer le « principe d'autorité » même par-dessus la loi, et le principe selon lequel le peuple doit attaquer les actes arbitraires des fonctionnaires, quelle que soit l'importance de. leur investiture.
Le procés du 27.2.68 commença par les arrestations du 26 juillet 1968. De nouveaux groupes vinrent s'ajouter chaque fois que l'armée et la police s'efforçaient de réprimer des actes étudiants: le 18 septembre à la Cité Universitaire, le 2 octobre à Tlatelolco ; en décembre s'intégra un groupe de dirigeants étudiants accusés de « refus de reprendre les cours » ; en mai 1969, s'ajouta un nouveau groupe accuse de réaliser des « actes terroristes ». Le procès est massif et de caractère politique. Parmi des milliers de citoyens arrétés, on a sélectionné ceux-là mêmes qui avaient pris part à des organisations telles que le Comité National de Grève, la coalition des maitres, les Comités de Lutte, ou à des organisations politiques de gauche. Au bout de deux ans, c'est toujours un procès ouvert, et à n'importe quel moment, d'autres personnes peuvent étre arrêtées et accusées de la même manière. Cette menace est dirigée principalement contre les dirigeants étudiants et les organisations politiques et a pour fonction d'intimider le peuple et d'empêcher le libre exercice de ses droits.
Les actes arbitraires et les violences contre les droits consacrés dans les lois sont innombrables et on ne peut dire que ce sont des jugements viciés dès leur origine. Des arrestations massives sans mandat judiciaire ; pratiquement séquestres pendant des des semaines militaires; tortu aveux préfabri an détenus sar accusations et action judiciaire
Sans aucun la fantaisie po autres choses, vont du vol, même, associati la rébellion, étonnant chez justice.
Dans la pha théoriquement deux parties expertises, confrontations contradictions peine si on a bureaucratiques des prisons trés pour leur arracher des qués ; et pendant plus d'un is connaître concrètement les sans qu'on effectue une ondement, et sur un abus de icière, on nous accuse, entre de dix délits fédéraux qui homicide, prejudice, sédition on délinquante a incitation a vec un manque de sérieux des fonctionnaires de la se d'instruction du procès, où on présente les preuves des dverses, les témoignages, les et où s'effectuent les nécessaires à éclaircir les qui se présentent, c'est à effectué quelques démarches où rien ne fut éclairci au sujet des accusations précises qui nous étaient imputées. Pis encore, de nombreux compagnons arrêtés n'ont pas d'accusations précises et n'ont jamais été appelés auprès du tribunal pour une demande quelconque.
Au début de décembre 1969, le juge semaines entières dans
Edouard Ferrer Mac Gregor déclara close la phase d'instruction, et le Ministère Public présenta intempestivement ses premières senclusions quinze jours plus tard. Dans ce document on formule les accusations contre 52 personnes inculpées et détenues jusqu'au 2 octobre inclus. A cette date, le Ministère Public a présenté deux autres documents aux conclusions accusatrices contre le reste des détenus. Essentiellement ces trois parties de l'accusation sont identiques.
Par ce document, enfin nous prenons connaissance du point de vue du gouvernement fédéral a propos des événements de 1968 et des charges qu'il nous impute. En bref, le Ministère public maintient la thèse suivante: il existe un plan projeté internationalement de subversion des institutions mexicaines. Ce plan fut conçu a la Havane et a Prague, et quelques Mexicains représentants d'organisations politiques de gauche comme le Mouvement de Libération Nationale, le Parti Communiste, des groupes trotskystes, spartakistes et d'autres groupes politiques de moindre importance, ont participé à son élaboration et à son exécution
Ensuite tout ce qui s'est passé de juillet a octobre 1968, manifestations, meetings, assemblees, brigades qui agissaient dans les rues, chocs avec la police (lisez répression
IONALE 29 29 gouvernementale s'accrut en une violence répressive pour atteindre son point culminant lors du massacre du 2 octobre. Ce jour mourut le mythe de la « Révolution faite Gouvernement » et les étudiants, par le sacrifice de leurs • vies entrèrent dans l'histoire comme mouvement d'une génération qui aura à transformer ce pays.
En juillet 1968 débutèrent les évènements qui furent à. l'origine du conflit. Il convient de les rappeler, parce qu'on y retrouve . les clefs d'une vieille tactique de manipulation des masses. Les gouvernants provoquent habituellement des conflits pour fortifier leur pouvoir et se placer dans des situations avantageuses. Les évènements du 26 juillet rappellent clairement les représentants d'organisations politiques de gauche comme le Mouvement de Libération Nationale, le Parti Communiste, des groupes publique vers des problèmes moins essentiels. Ce fut une provocation semblable à l'incendie et à la mise à . sac de « El Parian » en 1829 qui servit les créoles réactionnaires à calomnier les forces qui s'insurgeaient et que commandait D. Vicente Guerrero; cela ressemble également a la provocation du sbire Heriberto Barron qui en 1902 attaqua, avec l'aide de policiers, les libéraux réunis dans un théâtre pour les accuser de sédition et les emprisonner pour huit mois au pénitencier. Il y a de nombreux autres exemples à Mexico et dans le monde entier de l'emploi de cette méthode de provocation. Dans le cas qui nous intéresse de nombreux éléments font penser que les évènements du 26 juillet répondirent à une provocation préméditée par le gouvernement lui-même. Analysons brièvement ce qui s'est passé :
A la • citadelle se produisirent les premiers incidents quand un match de football se termina en bagarre collective, entre des élèves de l'école préparatoire Isaak Ochoterena et ceux des écoles techniques 2 et 5 de l'I.P.N. Ceci se passa le 22 juillet. Le lendemain, plusieurs camions d'étudiants menés par des « matraqueurs » attaquèrent à coups de pierres et de matraques les étudiants polytechniciens, causant des dégâts dans les édifices scolaires. Ceci se passa en présence de « grenadiers » qui n'intervinrent pas pendant que les « préparatoires » attaquaient les « polytechniques ». Quelques heures plus tard ces derniers se réorganisèrent pour répondre à l'agression et attaquèrent les élèves de la préparatoire Isaac Ochoterena sur leur propre terrain. Au retour, alors qu'on considérait le conflit comme terminé, les polytechniques » furent attaqués par deux bataillons du corps de « lance-grenades » dans le parc de la Citadelle et furent refoulés jusqu'a l'intérieur de leurs écoles, où on frappa sans discrimination étudiants, maîtres et autorités brutalité de rapport des maitresse et souffraient d
Une preuve de la
'agression fut apportée par le maîtres qui précisait qu'une
•plusieurs maitres autres blessures graves.
était naturel que cette in tervention absurde et provoque une riposte tous les précédents écoles s'étaient réglés amicaux, comme cela indignée alors que conflits entre diverses par des arrangements sous forme d'actions jusqu'au massacre du partie de ce « plan ». on nous accuse sont thèse du « plan démontrerons que ce publiques légales) et octobre, tout fait Tous les délits dont
« adaptés » a cette subversif ». Nous plan n'a pas existé, que les délits que l'on nous attribue n'ont pas été commis, et qu'au contraire, c'est du côté des autorités gouvernementales qu'on peut vérifier une conduite délinquante, conduite qui atteint les extrêmes d'un piétinement violent de l'ordre légal établi.
Il est nécessaire de situer brièvement les évènements de 1968 dans leur contexte social et politique pour comprendre avec justesse toute leur signification profonde. En 1968 la ville de Mexico et dans une large mesure tout le pays, vécut une période de grandes convulsions sociales. De l'ambiance joyeuse de l'Olympiade Culturelle, on est passé en cinq jours seulement à un état de siège virtuel.
Au cours des mois d'août et de septembre, une avalanche d'assemblées d'étudiants, de grèves, de meetings et de manifestations gigantesques émurent l'opinion publique nationale. Aujourd'hui encore, deux ans plus tard, les répercussions politiques du Mouvement étudiant se font sentir en d'innombrables occasions, et on peut dire sans aucun doute que l'évènement politique le plus important de ces six dernières années fut l'éveil impétueux de la jeunesse. Les deux dernières années se caractérisent par l'impulsion vigoureuse de la jeunesse studieuse qui soumet le pays à une critique implacable que « la Famille Révolutionnaire » a construit en un peu plus de cinquante ans . En quelques mois, a peine en quelques jours, la vie politique nationale changea brusquement : l'ensemble des étudiants se convertit en un nouveau personnage de la scène ' politique, armé seulement d'idées, d'honnêteté, de pureté et de courage; en purete et de courage; en juillet 1968 juillet 1968 " se lança dans les rues pour il se lança dans les rues pour réclamer simplement la réparation d'une injustice : mais comme a Mexico, demander que l'on s'acquitte envers les lois est un délit impardonnable, la réaction scolaires.
sauvage de la police,
QUATRI 30 s'était passé un an auparavant au cours d'un conflit entre les étudiants de la Préparatoire 4 de l'UNAM et des élèves techniciens 4 de l'IPN, conflit qui fut réglé par des conversations et se termina par un festival commun
Les étudiants des écoles techniques attaquées organisèrent sérieusement la riposte : ils exigérent la destitution des chefs policiers responsables de l'agression et des garanties sans équivoques assurant que les enceintes scolaires seraient respectées par la police.
Pour le 26 juillet, ils annoncèrent une manifestation de protestation et d'appui à leurs revendications, manifestation dirigée Rạr •le Comité Exécutif de la Fédération Nationale des Etudiants Techniques (FNET). Pour ce même jour, la Centrale Nationale des Etudiants Démocratiques, appela a une manifestation pour commémorer le début de la révolution cubaine. Les deux démonstrations étaient autorisées par les autorités et avaient fixé deux parcours différents. Cependant, dans l'après-midi du 26 juillet, les deux groupes se réunirent dans l'Hémicycle avec Juarez et d'un commun accord décidérent de se diriger
EME INTERNATIONALE Jeux Olympiques. Ils dirent que la démonstration excessive de force avait été • nécessaire pour déraciner l'agitation. Ce fut la première d'une longue série d'affirmations sans fondements et de calomnies contre les étudiants, qui furent lancées sous la protection de l'investiture officielle et avec l'impunité que cela suppose à Mexico.
Il est nécessaire de détacher divers éléments essentiels qui illustrent le caractère de provocation délibérée de ces événements que nous avons relatés.
1) Au cours des actions du 23 juillet, soit au cours du premier conflit entre les écoles, quelques « matraqueurs » eurent un role principal, spécialement de la Préparatoire 2, et qui font partie du groupe connu sous le nom de « La Flota », manoeuvrés directement par « Lara », « Los Corona », « El Gato », " El Loco » et d'autres qui sont contrôlés politiquement par « El semilla » agent secret de la police du District Fédéral (D.F.) ainsi que Sergio Romero « El Fish », tous parraines par le groupe politique de Corona del Rosal.
2) Les dirigeants de la FNET, disparue également, manoeuvrés par Corona del
Rosal, avec a leur
Rosalio tête
José
Cebreros, manifestation dirigeants du changer la polytechnique même heure.
le 26
CEND date au fit en nt faire la juillet, bien que les leur demandèrent de de la manifestation 5 ou au 27. Cette présence de Guillermo présence de Guillermo argé du bureau • du irtement du D.F. nent suspect que les ui accordent rarement ur des manifestations fois permis qu'il s'en jour et presque a la
4) En réprimant fusionnée des deux manifestation la groupes, on nota trois faits suspects de plus :
La) Le siège policier dans le Zocalo hors de la route des deux manifestations - b) l'étendue sans discrimination de la répression englobant des étudiants de préparatoires que se trouvaient en dehors des faits et c) le fait plus grave et plus significatif et que l'on a prétendu dissimuler au cours du procès, c'est-à-dire que les poubelles de la Alameda et du « Primer Cuadro », étaient pleines de pierres (curieusement ce furent les balayeurs qui dépendent du département du D.F. que choisit le général Corona del Rosal pour émettre leurs opinions calomnieuses autour du conflit, et ensuite ils furent utilises comme force de choc, armés de batons pour pourchasser les brigades étudiantes de propagande).
5) Une commission d'élèves de l'école technique 5 (Genaro Lopez Alanés, Gasparri del Valle et Alonso N. entre autres) qui, le 27 juillet se présenta au bureau du substitut Corona del Rosal pour discuter des solutions a apporter au conflit, fut arrêtée dans l'antichambre même du fonctionnaire.
di vers le « Zocalo » pour rendre plus effi la protestation étudiante contre la viok policière. Quand la colonne qui s'adjoig approcha du. Zocala, elle fut interceptée la police. Pendant plusieurs heures grenadiers frapperent sauvagement tous jeunes qu'ils trouvaient dans les avoisinantes, attaquèrent des étudiants d Préparatoire 3 qui sortaient de classe n'avaient rien à voir avec cette histoire de nouveau, ils envahirent leslo riger cace ence nait, par les les rues e la : et • et :aux scolaires causant d'inno partir de cette nuit-la et les étudiants résistèrent a ecoles, a la poursuite matin du 30, des appuyées par des tanks, mbrables dégâts jusqu'au 30 ju • l'intérieur de 1 policière. Au forces de l'ar prirent d'assaut
A let, eurs petit mée • de nombreuses écoles détruite par un etudiants furent tues préparatoires des centaines aient offert au‹ lus encore, la p San lldefonso Duka et plusi et de
:une orte fut eurs
A partir du 26 commencérent les art du Parti Communist furent occupes par acte avait l'intentior artificiellement un n'avaient pas aux act des le matin du 30, que l'armée fut sortie dans la rue, Luis Ech gouvernement, le gér Tle del Rosal régent de les deux procureurs conférence de presse la version officielle d on attribuait la événements à des la police. Ce dernier i évidente d'attribuer caractère qu'elles ions étudiantes. Ainsi, quelques heures après pour la première fois iverréa le secrétaire du léral Alfonso Coronal la ville de Mexico et de justice, dans une improvisée, donnèrent es faits, selon laquelle responsabilité des agitateurs d'idéologie communiste, « étrangers aux étudiants », qui se proposaient de détruire le prestige de
Mexico en profitant de la proximité des s'entêtère discussion se fit en Lopez Ostoloza, ch gouvernement du dépa 3) Il est extrémer autorités du D.F. a leur autorisation po publiques, aient cette fit deux le méme techniques et arrétèrent jeunes désarmés qui n'av résistance à la troupe. P de la Préparatoire de baz iur place. juillet dans la nuit, estations de militants e dont les bureaux
6) Les evenements qui se déroulèrent du 26 juillet au 30 du même mois, furent consécutifs à l'encerclement par la police de quelques écoles, qui y maintenait enfermés des centaines de jeunes qui ne pouvaient en sortir sans courir le risque d'étre arrétés. Le siège de la Préparatoire de San Ildefonso fut maintenu de la nuit du 26 juillet, jusqu'au petit matin du 30, moment ou intervint la troupe qui enfonça la porte avec un bazouka.
7) Le 28 juillet, grâce à la médiation du docteur Julio Gonzalez Tejada chargé du département des Services Sociaux de l'UNAM, les étudiants des Préparatoires 1, 2 et 3 arrivèrent à un accord avec les autorités policières pour mettre fin au conflit. Les étudiants exigeaient la libération de tous les détenus depuis le 26 juillet, la fin des provocations et du siège de la police autour des écoles. En échange, ils offrirent d'abandonner leur attitude de résistance. Il est utile de dire que les étudiants qui négocièrent cet accord étaient des dirigeants « matraqueurs » qui agissaient sous la pression de la base étudiante. Comme il s'agit d'éléments semi-contrôlés qui est dans le Tome. I, feuille 337 du rapport, et dans lequel il signale une réunion du PC ce que la pour
4) Si vérité, il juge, la au pour tr début, corromp
Rosalio sent objective a tenir c du généi bien cont renforce a besoin dans la comprend de. 1968, policière délinqual des - pla maintena « matraq étudiants leurs écc
Les a vues ju manifesta manquaie coordina réponses gouverne empêchai cette gouverne suivante développ septembr l'action période, l'indépen qui ne institutio d'étudian d'honnête représent démocrat qu'affirm Public, 1 n'était tenue le 25 juillet dans les bureaux: pour " organiser » les désordres. Si ce monsieur affirme était certain et police était informée un jour que se produisent les
» pour les culpabiliser.
on veut pleinement éclairer là faut chercher et. analyser en détail, vous devez . le faire, Monsieur le part qu'eurent les « matraqueurs » it du conflit, la mystérieuse des pierres dans les poubelles de' ouver une solution au conflit au et la participation des dirigeants us de la FNET dirigés par José Cebreros. Dans tous ces faits, on mains de Rodolfo Gonzalez de ces faits pousse obligatoirement ompte des aspirations présidentielles al Corona del Rosal, aspirations lues à cette époque. Maintenant il encore les provocations, parce qu'il de montrer sa présence et sa force politique nationale. Si non• on ne pas le pourquoi des provocations ni le pourquoi de la protection en faveur de ces bandes ites ; ni le pourquoi des armes et ques de police avec . lesquelles nt, ces derniers jours, les ueurs » assassinent avec impunité les à l'intérieur et à l'extérieur de des. ctions étudiantes que nous avons squ'ici, à l'exception des deux Itions du 26, étaient spontanées et int d'organisation et de
C'étaient simplement des des étudiants aux agressions du attitude de superbe l'étape plus caractéristique de fut précisément l'autonomie et pouvait reubir de si diverses
Get un nombre si grand que grâce a garantie que signifia sa forme de authentiquement Contrairement à ce d'une quelconque l'influence politique quelconque officiellement, ce fai était essentiellement supposer que les remplirent pas les te avaient accepté, et le
8) Du côte du nécessaire de signal écoles, les grèves fu éléments de la FNE Luis Alcaraz Ugalde du gouvernement polytechniques. Un significatif : après publiquement que Ce l'intervention de la p propres compagnons lui-même de la police Ramirez, se donna li lettre adressée au d G.Massieu, en essayan de sa trahison. Le r cet individu jouait ét longtemps les aut reconnurent comme étudiant.
Après tout ce qu
: prouve que le conflit étudiant. Il est à autorités policières ne irmes de l'accord qu'ils conflit continua. polytechnique, il est er que dans diverses rent promues par des .T comme Cebreros et qui étaient les agents parmi les étudiants autre fait fut très lue l'on eut dit breros avait « sollicité » olice pour réprimer ses polytechniques, le chef , le général Luis Areto 1 peine de rédiger une irecteur de PIPN, Dr t de disculper Cebreros ôle de marionette que ait si clair, que durant orites du DF le unique représentant li vient d'étre relaté, certains points apparaissent clairement.
1) C'est la police qui provoqua le conflit avec ses mesures violentes, arbitraires et injustifiées.
2) La police, dirigée par Cueto y Mendiolea commit d'innombrables abus, détruisit des membles et des biens de l'UNAM et de l'IPN et ensuite, pour justifier ses excès et ses crimes, mit sur le compte des membres du PC, de la JC et du CNED ce que les policiers eux-mémes avaient fait.
3) Les preuves du'avance le Ministère Public pour accuser lés membres du Parti Communiste d'avoir provoqué les évènements du 26 juillet sont préfabriquées et ridicules. Cinq jours après les événements, le 31 juillet, le directeur de la Police Fédérale de Sécurité, signa l'article c'est qu'ils arrêtèrent / d'abord les militants de ce parti, et fabriquèrent ensuite les qui furent dénoncés de nombreuses fois comme patrons et protecteurs des activités auparavant de ce qui pouvait arriver, pourquoi n'a-t-elle pas pris des mesures empêcher désordres « organisés » ? Ce qui est certain c'est qu'ils arrêtèrent / d'abord les militants de ce parti, et fabriquèrent ensuite
« preuves ainsi que débi apparition la Alameda, l'intransigeance de la police les
•Guevara et du général Corona del Rosal, qui furent dénoncés de nombreuses fois comme patrons et protecteurs des activités délinquantes de ces individus. Une analyse ion.
ment et à l'intransigeance qui ment et a l'intransigeance qui t une solution raisonnable. C'est même nentale qui provoqua du mouvement étudiant qui se a au cours des mois d'août et de e. Le étudiante pendant cette nouvelle dance de l'omanisation étudiante, ns ts eté ation ique.
ent le gouvernement et le Ministère
Organisation de la masse étudiante possible qu'en laissant de côté tendance produisit dura ce caractère étudiant gouvernen
QUATRI exclusiviste, comme cela se au début et tout le temps que nouvement. Ce fut précisément ce indépendant du mouvement qui alarma le plus le lent, et auquel il essaya surtout ent, et auquel
EME INTERNATIONALE des méthodes et tactiques des gouvernants, confirment que le « succès » s'obtient confirment que seulement en se soumettant aux puissants.
Le cynisme se naturalise : « vivre hors du budget, c'est vivre dans l'erreur ». La sagesse des démagogues nombreuses autres expressions cyniques et c'est le pain idéol l'on donne aux masses. Le résul étre que l'apolitisme, l'apathie cette apparente indiffére mécontentement qui se manifes dérision des gouvernants.
Dans notre pays, il n'y a pre nuances politiques, il y a seule personnages sur la scène: le p gouvernement. L'opposition est a conséquence fictive ou rachitique La politique est synonyme de banditisme et de corruption. Les t la politique mexicaine sont une ci « famille révolutionnaire » qui les pratique pour se développer et se pouvoir. Le « présidentiali
« compèrisme », l'« influent
«morsures », les « coups de
« dissimulation », ainsi que beauc pratiques semblables sont éviden gouvernement des groupes qui se re de tout aussi ogique que tat ne peut et derrière nce, le te dans la sque pas de ement deux euple et le hetée et en à l'extrème:
saleté, de néthodes de réation de la a mises en maintenir au sme », le isme », les pouce », la sup d'autres tes dans le :partissent le pays tous les six ans. Les lois, en fait, on ne les respecte pas; elles servent d'instruments pour soumettre le peuple, les « politiques » ne se considèrent pas obligés de les respecter. Le pouvoir législatif est un simple appendice de l'exécutif et la corruption du pouvoir judiciaire suscite notre indignation. Les classes dirigeantes, sans avoir d'opposition, ont organisé le pays comme il leur semblait bon, sans tenir compte, si ce n'est fortuitement, des sans te intéré éconon jour p stratégi contrôl agraire et les situatic accordi
C'es inciden transfo propor la rép respec l'auto massive réussit quand gouver conscie droits, démoc lorsqu' naturel publiq
Le grâce nir compte, si ce n'est fortuitement, des ts nationaux. Notre dépendance rique envers l'impérialisme est chaque lus grande ; les branches et secteurs ques de l'économie se trouvent sous son e absolu. Il y a longtemps que la réforme est pratiquement suspendue, les ouvriers employés améliorent seulement leur in quand le président juge bon de leur er quelques grâces. t ainsi qu'on explique comment un t apparemment sans importance, se rma en un conflit politique aux tions impressionnantes. L'irrationalité de ression, sa violence et le manque de ression, sa violence et le manque de t aux principes essentiels, comme nomie universitaire, firent réagir ment le monde étudiant. Quand on à dominer les difficultés internes et les étudiants se présentèrent devant le nement, en tant que secteur organisé, int, bien décidés à lutter pour leurs réclamant essentiellement les libertés ratiques dont tout le peuple a été privé, ils se présentèrent donc, sous une forme le, spontanée et massive, l'opinion de les soutint sans réserve. mouvement des étudiants se structura à une somme de revendications et d'événements d'un haut contenu politique qui en même temps qu'ils renforçaient la lutte, la dotait de perspectives. La protestation massive des universitaires, menés par l'ingénieur Barros
Sierra, contre la violation de l'autonomie, d'enlever parrainage d'organisa de cette schéma lesquelles récente.
tions. PoL inquiétude sommaire notre pa
• en lui attribuant le sortes de gens et r comprendre la raison • nous devons tracer un des conditions dans ys a vécu son histoire nières années de vie se distinguèrent par une té qui contrastait avec ées post-révolutionnaires. e pacifique, l'industrie se développa de faç s'agrandirent et les de façon Si parallélement à ce surgirent des phéno démocratie et mail de mécontentemer disparurent tou indépendance et s de servilité, si honnétes furent sys Quelque chose de on notable, les Villes écoles se multipliérent gnificative. Cependant développement positif, mènes qui invalidaient la tenaient un état latent t. Chez les syndicats te autonomie et 'introduisit une pratique lien que les dirigeants tématiquement poursuivis. imilaire se produisit dans les organisations pa monopole politiq s'institutionnalisa transformèrent e soummission presqu populaires de renforcement de en envestissant presque absolus. d'expression se jusqu'à être prati niveau inoffensif.
Après avoir réd les masses popu ysannes et le du et les n une e totale d lasse fut autoritaris l'exécutif Parallèleme limita quement lit au sil aires, le populaires. Le parti officiel élections se farce. La es organisations propice au me présidentiel de pouvoirs int, la liberté progressivement réduite à un ence et soumis gouvernement sivité qu i en résultait comme un appu gouvernantes sou condition du s'interprète com et d'opposition. être d'accord e oser lutter pour action que l'on i à sa politi itiennent que progrès et me une abse Critiquer est st pratiquem ses propres que. Les classes : l'ordre est la que celui-ci nce de critique risqué, ne pas ent interdit et i idées est une vre. Le système répressif est S secteurs de l'autocensure co milieu pour surv
Cependant, le au nom du pro ans après la inégalités subsis l'exploitation recrudescence sa
La dépolitisa secteurs popula des luttes S gouvernants, jus et corrompt p ceux qui se c conçue seuleme masses, comme i efficace que de vastes la population pratiquent imme étant appropriée au ivre. sacrifice des libertés imposé grès a été stérile. Cinquante révolution mexicaine, les tent de façon criante et des travailleurs est en ns que rien ne s'y oppose. Ition embrasse de vastes res. Un sentiment fataliste ociales, inspiré par les tifie l'apolitisme des citoyens ar avance la mentalité de ensacrent à la « politique » nt comme manipulation des tremplin pour obtenir des privilèges et des canonicats. Cinquante ans privilèges et des canonicats Cinquante an possède son prestige de toutes
Les trente der politique et sociale apparente tranquill l'agitation des ann
Durant cette époqu interpréta la pas doit poursuivre. Le système ouvrit le chemin de la rue. L'unité des polytechniciens et des universitaires sur un seul objectif, détruisit pour toujours les rivalités, fit confiance à la maturité des étudiants et constitua la base massive et nationale du mouvement. L'unité des étudiants et des professeurs matérialisée dans les actions de la Coalition des professeurs en faveur des libertés démocratiques ouvrit le chemin de l'appui populaire en adjoignant l'autorité et le prestige des maitres au mouvement. Rapidement tout le peuple s'unit, et son appui se matérialisa par les Unions des Pères de famille, par l'enthousiasme avec lequel ils recevaient dans les usines et sur les marchés, les brigades étudiantes de propagande et par la présence massive de nombreux secteurs populaires qui participèrent aux meetings et aux manifestations pour les rendre imposants.
Les positions sans équivoque et claires du Conseil National de la Grève décidé à se maintenir sur le pied de guerre jusqu'à la solution définitive des six points de la Pétition, le contenu démocratique de celle-ci, simple dans ses termes, mais transcendante dans ses implications, la demande de dialogue public; qui montrait non seulement l'attitude pondérée des étudiants, mais une occasion d'établir un nouveau style dans les méthodes de gouvernement, et les impressionnants déploiements d'organisation, de décision ou de discipline dont firent preuve les étudiants dans leurs actions et particulièrement lors de la manifestation silencieuse, tout cela prouvait à des milliers de citoyens que l'action politique indépendante non seulement était possible, mais qu'en outre, c'était un chemin riche en possibilités.
Le meilleur exemple de capacité d'ordre et en même temps de combativité des étudiants, fut cette même manifestation silencieuse du 13 septembre qui par un seul acte massif d'une amplitude considérable, réfuta d'un seul coup, toutes les imputations calomnieuses du rapport du 10 septembre où l'on prétendait présenter le mouvement étudiant comme le fruit de l'anarchie, et comme incapable d'une conduite rationnelle, et en même temps cette action montrait le manque de sérieux de l'Exécutif ; cet acte silencieux, montra la force du mouvement étudiant et inspira la terreur qui déchaîna les répressions gouvernementales qui en découlèrent.
Ces jours-là, on vivait dans un climat différent dans la ville de Mexico. Bien que depuis le 26 juillet la répression ne cessât pas un seul instant, on respirait une ambiance de liberté. Le mécontentement et les iniquités réprimés depuis si longtemps affleurèrent de toutes parts et se manifestèrent publiquement. Les gens discutaient librement, participaient et voyaient dans le futur des possibilités de changement. Les brigades parcouraient inlassablement les usines, les marchés, et tous les lieux publics en expliquant la situation et en appelant le peuple à participer directement à la lutte. Dans de nombreux syndicats et centres de travail, s'organisèrent des groupes d'opposition qui exigeaient que les directions prennent des positions de lutte à côté des étudiants. Des ouvriers du pétrole, des électriciens, des
ONALE 33 cheminots et d'autres syndicats de moindre importance participèrent d'une façon ouverte organisée aux manifestations et aux meetings. Les médecins résidents et internes de divers hôpitaux de la ville se lancérent dans une grève solidarité, et parmi les maitres de l'enseignement primaire, apparaissaient des mouvements pour des augmentations de salaire, et pour une solidarité active avec les étudiants. La presse, malgré elle, dut donner une vision plus objective et impartiale, des faits. En même temps, l'opinion publique internationale, suivait pas à pas les évènements de. Mexico et dans de nombreux pays des actes de solidarité se produisirent. En peu de jours, le peuple prit conscience de nombreux problèmes et agit dans la mesure des possibilités de chaque secteur.
Chacun de ces phénomènes affectait quelques-uns des engrenages du mécanisme de contrôle et constituait un problème pour le gouvernement. Réunis, ils prirent des caractéristiques critiques qui mettaient en évidence la corruption du système dans sa totalité. La répression qui était demeurée sourde et sur le plan de l'intimidation (mitraillage d'écoles à partir des chars de la police, séquestration d'étudiants, coups, détentions arbitraires) devint publique et généralisée. La cité universitaire fut occupée par l'armée le 18 septembre et plus de 700 persorines furent arrêtées. Le 23 septembre, le quartier de Saint Thomas, fut occupé par l'armée après dix heures de résistance des étudiants aux assauts de la police. Les écoles techniques 7 et 4, furent occupées le 25. En même temps se déchaina une campagne furieuse pour öter tout prestige au mouvement et le recteur de l'UNAM choisi comme tête de turc, fut obligé de démissionner sous la pression d'une campagne calomnieuse, ouverte à partir de la Chambre des Députés. Les écoles étant occupées, les maisons particulières se transformèrent en centre d'opération des étudiants. Les brigades continuèrent à agir avec une énergie renforcée, et le pays tout entier réagit contre l'occupation des écoles, exigeant le départ des troupes, la libération des détenus, la solution des six points de la pétition, et refusant la démission du recteur.
Vers le 28 septembre, il était évident que la campagne répressive « limitée » loin d'arréter le conflit, le généralisait d'avantage. La démission du recteur ne fut pas acceptée par le conseil de direction de l'UNAM. Les troupes devaient abandonner l'occupation des écoles. De l'affrontement, le mouvement sortait fortifié, et la politique du gouvernement dans son ensemble en était affaiblie. Face à cela, les sphères gouvernementales, décidèrent le massacre du 2 octobre.
Un meeting pacifiste comme tant d'autres, avec des discours d'information, d'analyses et de perspectives, dans une ambiance de triomphe pour la dure épreuve que venait de supporter le mouvement et sous le regard impartial de dizaines de journalistes étrangers qui assistaient pour la première fois à un acte central du mouvement; les participants au meeting furent massacrés sans pitié par la troupe. Plus de dix mille personnes vécurent des heures d'angoisse, encerclées par le feu de centaines de fusils et de mitrailleuses et, sur la place de Tlatelolco e' dans les édifices voisins, furent tuées plus de personnes sans défense entre autres versions, selon celle publiée par le journal « The
Guardian »)
Immédiatement après, le gouvernement commença a regagner le terrain perdu, à l'abri de la terreur qu'il inspirait. La presse se disciplina, l'action syndicale devint silencieuse, les médecins grevistes renvoyés et emprisonnes.
Héroiquement, les étudiants poursuivirent la grève deux mois de plus, jusqu'au 4 décembre, et ne retournérent en classe, blessés, deçus, que quand il n'y eut plus de perspectives de victoire.
C'est ainsi que finalement s'accomplit un autre des objectifs du gouvernement en réalisant le massacre de Tlatelolco, celui d'abattre les étudiants par le terrorisme le plus impitoyable, en décapitant systématiquement leurs organisations et en poursuivant leurs propagandistes.
Le génocide n'aura jamais la justification qu'on prétend lui donner dans ce procès.
Le mouvement étudiant se maintint toujours dans les limites de l'exercice civique des droits les plus élémentaires. Ses caractéristiques principales furent la décision inebranlable de maintenir leurs requétes, fruits d'une participation vraiment démocratique et massive à la base et dans la direction du mouvement; l'intention de nettoyer l'ambiance politique avec des méthodes nouvelles, comme la demande d'un dialogue public qui se transforma en un véritable cauchemar pour le gouvernement, qui n'était pas habitué à agir franchement et qui voyait dans le dialogue ouvert un piège pour le ridiculiser ; le sens populaire des requêtes étudiantes qui signifia essentiellement une ouverture de courants démocratiques dans la vie politique nationale.
Le mouvement se présenta devant le gouvernement comme la force réelle et unique d'opposition capable de transformer le système rigide de contrôle politique des masses. Il en fut ainsi dans la mesure où le peuple prenait conscience surtout d'expériences concrètes qui signalaient un chemin d'action possible. || s'ouvrait un chemin de lutte des citoyens, de manifestations publiques, de critiques envers le gouvernement en la personne de ses plus hauts représentants, d'attaque directe à l'injustice et d'exigence du respect de l'opposition. Dans cette mesure s'affaiblissait le contrôle gouvernemental sur les syndicats, les organisations populaires, la presse et la vie de la cité. Les organisations qui suivraient le chemin indiqué pourraient éventuellement se rendre indépendantes et échapper au contrôle gouvernemental. Le mouvement ouvrait cette possibilité : a aucun moment, et c'était évident pour un quelconque observateur objectif, le triomphe du mouvement n'impliquait le renversement du gouvernement. Il n'eut un caractère insurrectionnel ni dans ses requétes, ni dans ses tactiques de lutte. La violence qu'arbitrairement on attribue aux étudiants, fut seulement officielle et répressive, et les étudiants ne firent que se défendre quand il furent attaqués. Cependant ce type de réponse, justifié par les événements ne fut pas la norm des actions étudiantes.
Pour éclaircir les buts que poursuit ce proces, il est très important de connaître en détail la vérité sur ce qui s'est passé le 2 octobre a Tlatelolco. Nous ferons d'abord une description de ce qui s'est passé et ensuite une analyse des objectifs immédiats du massacre.
Le meeting du 2 octobre se déroulait dans une ambiance de féte. Au bout de deux semaines, l'angoisse et l'incertitude provoquées par la répression commençaient à diminuer et de nouveau s'ouvraient des perspectives claires vers l'avenir. Au cours de ce meeting on vérifierait notre énergie, notre bon état d'esprit ; on y ferait le compte de ceux qui manquaient et qui douloureusement nous avaient abandonnés au Casco et dans les Ecoles
Techniques, et le compte des nouveaux renforts qui arrivaient. C'était un meeting identique à tous ceux que nous avions déjà tenus.
Informations, analyses, directives et orientations du Conseil. Le camarade Vega de l'école d'ingénieurs textiles de l'IPN terminait son intervention, quand on remarqua des mouvements de troupes. En effet, les soldats du côté de l'école technique 7, en avançant par la rue San Juan de Letran, au travers des ruines, approchaient en direction de l'Esplanade. A ce moment deux hélicoptères militaires survolaient la zone. De la tribune, on avait remarqué de nombreux individus suspects qui couvraient toutes les entrées de l'édifice Chihuahua, tout comme les escaliers et les couloirs.
Quelques-uns portaient un mouchoir roulé ou un gant blan à la maic à la main gauche. Il était
18h 10 quand on remarqua que les troupes avançaient sur le meeting. Le signal fut donné par deux feux de bengale verts tirés d'un hélicoptère.
La tribune était installée dans le couloir du troisième étage de l'édifice Chihuahua et de là on observa clairement les premiers mouvements des militaires. Les compagnons du Conseil annoncèrent aux assistants que l'armée approchait et qu'ils devaient conserver leur calme. « Du calme, compagnons, ne courez pas, du calme compagnons », fut répété plusieurs fois dans les hauts-parleurs. Quelques secondes après, ce furent les premiers coups de feu. D'abord quelques balles et tout de suite plusieurs mitrailleuses entrèrent en action violemment et de façon ininterrompue.
La place de « Las Tres Culturas » est un rectangle dallé dominant de 2 ou 3 mètres le niveau général du sol. Elle est entourée par les ruines de Tlatelolco, l'église de Santiago, l'édifice de l'école technique 7 de l'IPN et quelques maisons d'habitation de la Unidad. Les deux accès principaux sont deux couloirs étroits et un escalier central de 25 à 30 mètres de large. Il n'y a que du côté du nord où la dénivellation est moindre que l'on peut sortir facilement.
Quand le feu commença, les gens se précipitèrent vers les escaliers de la place, qui sont précisément situés en face de l'édifice de Chihuahua, en criant « Le Conseil, le Conseil ». Ils se dirigeaient vers les escaliers de l'édifice dans le seul but de protéger les camarades dirigeants. La les groupes d'agents secrets postés auprès des colonnes de l'édifice commencèrent à tirer sur la foule, la repoussant à coup de feu.
Le même signal lumineux vert mobilisa les agents postés dans l'édifice. Les entrées et les escaliers furent bloqués pour empêcher la sortie des camarades du Conseil. Les individus au gant blanc grimpèrent jusqu'au troisième étage et, s'emparant de pistolets et de mitrailleuses, visèrent les jeunes qui se trouvaient la les obligeant à se mettre face au mur, les mains en l'air. Quelques camarades réussirent à fuir en grimpant les escaliers, et se réfugièrent dans les appartements des étages supérieurs, car les personnes qui y habitaient leur ouvraient courageusement les portes et les invitaient à entrer pour les protéger et les cacher. Tout de suite après, également du troisième étage, après avoir arrêté ceux qui s'y trouvaient, les agents commencèrent à tirer sur la foule qui courait, essayant de fuir ou de se protéger. centaines de personnes virent un grand individu en costume sombre qui tirait du 3ème étage, dirigeant son arme contre les personnes qui étaient encore sur l'esplanade. Il fut un des premiers à tirer.
10.000 soldats et policiers participérent au massacre. Dès les premiers instants, et pendant plus de deux heures, des centaines d'armes de tous calibres tirèrent simultanément. La place se dégageait rapidement. Les soldats tenaient toutes les entrées sous leur contrôle et obligeaient les gens a se retirer, selon les cas, en les poursuivant a coup de feu et à la pointe des baionnettes, ou en les entassant bien exposés aux balles, pour former d'autres groupes de détenus. En quelques minutes l'esplanade fut totalement vide et on y voyait seulement des dizaines de morts et de blessés et des soldats. Tous les lieux d'accès et la place elle-même étaient aux mains de l'armée, qui en outre avait complétement ceinturé la Unidad. De plus un cordon de grenadiers et de policiers protégeait les rues voisines et déviait le trafic des véhicules et les gens. Appuyant les actions de la troupe, les chars d'assaut intervinrent immédiatement, ainsi que les tanks légers et des camions de transport qui bloquaient les issues et occupaient les positions à l'intérieur de la Unidad ; sur l'esplanade de la place ils placèrent divers tanks.
Toutes ces actions durèrent à peine dix minutes, et ce fut pendant ce temps que tombèrent la plus grande partie, sinon la totalité de morts. Ensuite le feu dura plus de deux heures.
Les soldats tiraient sans cesse des rafales de mitrailleuses contre les fenétres des édifices voisins. Les murs et les façades étaient barrés systématiquement par le feu des armes automatiques. Des appartements et des couloirs de l'édifice Chihuahua, on écoutait les cris des agents : « bataillon Olympia, ici » « bataillon
Olympia, ne tirez pas » « bataillon Olympia, répondez ». Ensuite dans les couloirs et les corridors on n'entendait que les pas des bottes des soldats et des agents. A 20h 30 ils commencèrent à inspecter tous les appartements à la recherche des compagnons du Conseil qui s'y étaient cachés. ils les faisaient sortir à coups de crosse et les emmenaient dans un appartement du 5éme étage, ceci après avoir violé toutes les demeures.
Les personnes qui furent arrêtées au 3ème étage restèrent deux heures couchées sur le sol
ONALE 35 protégées par la rambarde du couloir qui avait a peine un mètre de haut, du feu des agents du bataillon Olympia - c'est là que fut blessée la journaliste Oriassa Falaci - A 23h ils commencèrent les transferts dans les prisons, et a 5 h le lendemain, le dernier groupe sortait en direction du pénitencier de Santa Marta Acatitla.
Tous les détenus du Chihuahua furent brimés de façon sauvage par la troupe et les officels, frappés, dévêtus, enchaînés et insultés grossièrement. Bien que n'ayant pas été capturés les armes à la main, ils subirent un traitement qu'on ne réserve même pas aux pires criminels, ni aux prisonniers de guerre.
La censure policière commença à fonctionner immédiatement. Au cours des informations de la nuit et dans les journaux du lendemain, on dit que l'armée s'était présentée dans le seul but de « dissoudre le meeting » et qu'en s'approchant, les soldats avaient été « reçus à coups de fusils » par « des franc-tireurs » postés dans les édifices. On appelait « combat » un crime qui rappelle ceux de Cananea et de Rio Blanco.
Nous donnerons maintenant une interprêtation des faits. Il convient, même brièvement de faire remarquer quelques faits significatifs qui montrent pleinement la fausseté de la version officielle. En premier lieu il faut rappeler que tous les meetings convoqués par le Conseil National de la Grève furent pacifiques, tenus dans une ambiance de responsabilité et d'ordre ; la preuve la plus évidente fut• la manifestation du 13 septembre à laquelle participèrent plus de 300.000 citoyens. Il est bien clair qu'un acte de cette nature, silencieux, peut seulement se réaliser quand il existe dans la conscience des citoyens une profonde et absolue convittion de la justesse de la lutte. Pendant plus de trois mois et demi, dans toute la ville, des centaines de brigades agirent, expliquant au peuple la situation, organisant des petits meetings, et ramassant des fonds, etc.. Des incidents violents n'eurent jamais lieu (cependant chaque fois qu'apparaissait l'armée ou la police, le contraire se produisit. C'est pourquoi on a signalé en maintes occasions qu'une « manifestation sans police est une manifestation pacifique ». Il est évident que si l'armée ne s'était pas présentée à Tlatelolco, le meeting se serait terminé pacifiquement et sans incidents.
On n'a pu prouver en aucun cas, l'existence effective de propagande écrite ou parlée incitant à la violence, on n'a pu non plus prouver qu'un quelconque des nôtres ait fait usage d'armes à feu. Quelques observations permettent d'assurer que les troupes Tlatelolco étaient là dans le but délibéré de massacrer les participants. En effet cela est pleinement vérifié par les caractéristiques suivantes :
1) Si le gouvernement avait l'intention de ne plus permettre de meetings publics convoqués par les organismes du mouvement, il aurait dü l'annoncer largement ainsi que l'a prévu la loi, en faisant connaître par tous les moyens à sa portée, les raisons qui justifiaient une telle mesure. Dans les jours qui précédérent le 2 octobre, il n'y eut au contraire aucun avertissement, aucun indice qui laissait prévoir
36' 36 Q UATR les intentions gouvernementales. De même que le 18 septembre, quand la C.U. fut occupée, Ve gouvernement agit violemment à l'égard de citoyens confiants, de gens pacifiques qui envisageaient même une rapide solution. La presence de dizaines de journalistes nationaux et etrangers, de milliers de femmes et méme d'enfants, montrent bien qu'il s'agissait d'un meeting legal et pacifique. Des actions militaires preparees par des esprits militaires, considérèrent le facteur « surprise », et agirent au moment ou on s'attendait le moins à ce qu'ils le fissent, d'une manière rusée. En deux occasions l'armée intervint par surprise quand on supposait, en s'en tenant aux promesses officielles, que l'on pourrait arriver à un accord satisfaisant. Le 18 septembre, était déjà accepté 'implicitement le dialogue public écrit et, au cours de ce même jour, sans avis préalable, des milliers de soldats envahirent la C.U. Au matin du 2 octobre, commencèrent les conversations avec les représentants de la Présidence, et quelques heures plus tard, également sans préavis, l'armée attaqua férocement notre meeting, attaque qui se solda par un grand nombre de morts et de blessés.
2) Quand les troupes se présentèrent à
Tlatelolco, elles n'annoncèrent pas non plus leur intention de dissoudre le meeting. En d'autres occasions, par exemple le 27 septembre au Zécalo, les chefs de l'armée parlérent au mégaphone et demandèrent aux gens de se retirer pacifiquement, annonçant que, passé un certain délai, ils agiraient par la force. Indépendemment du fait qu'ils aient raison o3 non de vouloir déloger les gens des places et des édifices par la force des armes, le fait d'annoncer leur intention de donner un délai evitait que se produisent des évènements lamentables. En effet, si les gens décidaient de se retirer, ils le faisaient en ordre et de façon contrôlee. Si les gens décidaient de rester et de résister pacifiquement, ils le faisaient de façon organisee, comme cela se passa à la C.U. en s'asseyant, sans courir, et en évacuant les femmes et les enfants, etc.. A Tlatelolco les troupes arrivèrent simplement en tirant sur la foule.
3) Même en supposant qu'il y ait eu une résistance armée au moment où les soldats s'approchaient, si les chefs de l'armée avaient agi avec la plus élémentaire prudence, conscients de la supériorité et de l'avantage que leur conférent les armes, ils se seraient retires temporairement permettant ainsi que les gens évacuent la zone pour ensuite agir contre les agresseurs supposes. Cela ne se passa pas ainsi: pratiquement l'armée occupa la place et les édifices voisins dès le premier instant, on peut même dire dès les premières secondes, ce qui prouve qu'il n'y eut aucune résistance à leur avance. Nous avons déja dit que les premiers tirs vinrent des agents du « bataillon Olympia » postés dans les corridors et couloirs de l'édifice « Chihuahua », et qu'aussitôt après entrèrent en action des centaines d'armes automatiques. L'agression se déroula en deux étapes : pendant la première, c'est-à-dire pendant les premières minutes critiques, le « bataillon Olympia » en civil et en gants blancs, tira sur la foule réunie sur la place, cette action étant complétée par la
IEME INTERNATIONALE troupe en uniforme qui fermait l'enceinte. Pendant la seconde étape qui dura près de deux heures, la troupe se consacra à tirer sur les édifices proches de la place, sur toute personne se montrant aux fenétres. La troupe avait ordre de massacrer et le fait qu'il y ait autant de morts et de blessés à la baïonnette le prouvait. Des femmes de tous âges, des jeunes et des vieux, qui de toute évidence n'étaient pas des " guerilleros », résistant à l'armée, mais des gens faibles et sans défense qui ne purent fuir à temps, furent assassinés cruellement sous les coups sauvages des baionnettes.
4) Ce qui précède concorde remarquablement avec le fait que le meeting fut encerclé empêchant ainsi la fuite de milliers de personnes qui y étaient réunies. D'autre part nous avons signalé qu'il s'agissait d'un triple encerclement militaire et policier : le premier autour de l'édifice « Chihuahua » par des membres du bataillon Olympia, vêtus en civil, qui avaient pour objet de capturer les dirigeants du CNH; le deuxième, formé par la troupe et les tanks, autour de la place pour entourer la foule et la bloquer ; et le troisième autour de la « Unidad » pour empêcher toute possibilité d'issue et capturer les rares groupes qui réussissaient à échapper aux deux premiers.
L'existence de pleinement vérifiée personnes arrétées différentes prisons de cet encerclement est par des milliers de ce jour-la. Dans les la ville, furent enfermées plus de 2000 personnes, et si on considère en outre, que beaucoup d'autres furent détenues temporairement sur les lieux mêmes des faits, pour étre mises en liberté quelques heures plus tard, le nombre des gens arrêtés s'élève environ a 5 ou 6 mille. Ces faits donnent une idée de l'ampleur des forces publiques déployées pour réprimer le meeting et montrer de toute évidence que l'ordre n'était pas de tirer sur les assistants, chose qui aurait été injustifiable, mais au contraire de les encercler et de les bloquer. Les unités de l'armée se déployèrent autour de la foule comme des tentacules et en quelques minutes toutes les issues furent fermées.
5) A la suite de l'expérience qu'ils firent lors de l'occupation du C.U. où ils échouèrent en essayant d'arrêter les membres du Conseil dans la Faculté de Médecine, les « stratéges » policiers en vinrent à raffiner leurs méthodes et eurent l'idée d'utiliser le « bataillon Olympia ». Cet organisme était composé de soldats et d'officiers choisis dans les corps des gardes présidentielles et des bataillons de diverses armes et renforcés par des agents de police. lI agirent en utilisant des tactiques de « commandos » et furent chargés de s'emparer de l'édifice « Chihuahua » d'arréter les membres du Conseil qui s'y trouvaient, de commencer la provocation en tirant les premiers coups de feu sur la foule et la troupe, et, en dernier lieu, de sélectionner les détenus pour former un groupe « spécial » où se trouvaient les membres du CNH, des journalistes étrangers, et d'une façon générale, n'importe quelle personne qui pouvait leur paraitre suspecte. L'arrestation immédiate de la majorité des membres du CNH, au 3ème étage du « Chihuahua » repousse toute hésitation au sujet de la résistance armée que ces derniers auraient pu opposer. Plus tard, quand nous, membres du Conseil qui avons assisté à la façon dont le « bataillon Olympia » a tiré d'abord sur des hommes, des femmes et des enfants désarmés, et ensuite sous forme de provocation directe sur la troupe qui resserrait le cercle, lorsque donc nous avons voulu en faire état dans nos déclarations devant le Ministère public, on a empêché par tous les moyens que cette affirmation soit précisée dans le rapport.
6) Le point de vue du gouvernement maintient comme seul argument pour démontrer la participation de « franc-tireurs », le fait que le général Hernandez-Toledo aurait été blessé au cours des actions ce jour la. Cependant quelques détails significatifs détruisent cet argument. En premier lieu, le général Toledo fut blessé dans le dos, on peut en déduire que le coup vint de son arrière-garde, probablement de ses propres hommes, ou bien de l'un des hélicoptères qui à ce moment-là collaboraient au massacre, en mitraillant d'en haut la foule immobilisée et encerclée. En second lieu, cette hypothse/est renforcée par le fait que le calibre de la balle employée correspond à un fusil AR18, arme nouvelle employée presque exclusivement par l'infanterie de marine des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam. D'autre part, bien qu'on ne connaisse pas encore avec exactitude les circonstances de la blessure du général Toledo, le fait de supposer que les coups partirent de quelque immeuble voisin, et qu'on ne connaisse pas celui ou ceux qui tuèrent, oblige à penser à un ou plusieurs tireurs spécialisés, sürement bien entraînés, et capables d'assurer leurs coups de feu dès le premier instant. Tous les appartements des édifices voisins de la place furent soigneusement inspectés par l'armée et la
ONALE 37 a reçu une requête de la police demandant l'appui de l'armée, sous prétexte qu'un tir provenant des étudiants avait commencé ». Toys les journaux sont d'accord sur l'heure du début : 18h 30, et la version du tir des étudiants n'est même plus soutenue par le gouvernement. Finalement le jour même, 3 octobre, ou apparurent les déclarations du secrétaire de la Défense, fut publiée la version de la police : le général Cueto après avoir affirmé que les premières balles étaient parties du « Chihuahua » établit clairement que la police n'a pas demandé l'intervention de l'armée, mais qu'elle l'a informée de ce qui se passait, et que «'la décision d'intervention fut prise par l'armée elle-même ». Et qu'arriverait-il si maintenant le gouvernement lui-même affirmait que tout débuta à cause de l'agression que subit l'armée, alors que personne ne peut expliquer ce qu'elle faisait à cet endroit ?
7) Quelques petits faits et quelques actions postérieures montrent que le gouvernement avait préparé le coup en s'attachant aux moindres détails. Par exemple, quelques jours auparavant, le dortoir No 4 de la prison de Santa Marta Acatilla fut complètement vide afin d'y faire tenir les centaines de détenus que l'on attendait. La même chose s'est passée à la Prison Militaire du Camp Militaire No 1 où furent vidées plusieurs « écuries » pour attendre les détenus. A Santa Marta on a conduit plus de 700 personnes et a la prison militaire, plus de 800. Un autre exemple : les agents du bataillon Olympia et les agents secrets embusqués dans les environs avaient une fiche imprimée avec les photographies des principaux dirigeants du CNH dans le but de les identifier et de les arrêter immédiatement. Encore un autre exemple : ceux qui étaient détenus a la prison de Santa Marta commencèrent à déposer devant les représentants du Ministère Public quelques heures à peine après leur arrivée.
L'action-surprise de l'armée, la participation de corps de choc comme le bataillon Olympia, l'existence de cercles policiers et militaires, le grand nombre de morts et de blessés, le nombre élevé d'arrestations. le contrôle immédiat par la élevé d'arrestations, le contrôle immédiat par la police des hôpitaux civils, la rapidité avec laquelle fonctionna la censure politique, la rapidité et la coordination des agissements des procureurs, et la coordination extraordinaire des services gouvernementaux qui intervinrent directement - différentes polices, Secrétariat de la Défense, procureurs, Secrétariat de la Présidence, Secrétariat du gouvernement, chefs de presse, etc... montrent simplement que le gouvernement avait préparé un coup définitif contre le mouvement. Le massacre du 2 octobre fut un acte préparé froidement et cruellement par des fonctionnaires gouvernementaux spécialisés; ce fut un crime massif qui comporta trois éléments d'aggravation : préméditation, traitrise et supériorité.
La responsabilité complète de ce qui est arrivé incombe et uniquement aux plus hautes autorités du pays. Le Président de la
République, Gustavo Diaz Ordaz est responsable, car c'est lui qui décida de liquider le mouvement étudiant à n'importe quel prix.
Le secrétaire du gouvernement Luis Echeverria police et on ne trouva pas d' on ne indiqué.
Il est certain que, dans une 80.000 personnes vivant
_on n'a pu chasse. Ce qui démontre qu'il réserve d'armes et qu'il n'y
Il est certain que, dans une 80.000 personnes vivant Tlatelcolco, on n'a pu arme du type population de dans l'Unité trouver en n'y a pas eu a pas eu de population de dans l'Unité trouver en perquisitionnant tous les domiciles, que vingt pistolets de calibre 22 et quelques années de
Il est certain que, dans une population de 80.000 personnes vivant dans l'Unité Tlatelolco, on n'a pu trouver en perquisitionnant tous les domiciles, que vingt pistolets de calibre 22 et quelques armes de chasse. Ce qui démontre qu'il n'y a pas eu réserve d'armes et qu'il n'y a pas eu de résistance à l'armée.
Maintenant, le gouvernement, toujours soucieux de protéger les apparences banales, ne se gênera pas pour déclarer l'état d'urgence ; si cela avait été réellement nécessaire à son avis, la Constitution prévoit un procédé tant pour déclarer l'état d'urgence que pour demander l'intervention de l'armée. Loin même de penser aux procedes que la Constitution indique, le secrétaire de la Défense déclara : « à 17h 30 on
Tlatelcolco, perquisitionnant tous les domiciles, que vingt pistolets de calibre 22 et quelques années de perquisitionnant tous les domiciles, que vingt pistolets de calibre 22 et quelques années de
QUATR est responsable : c'est à lui que revient de prendre les décisions qui affectent l'ordre intérieur de la nation. Le secrétaire de la Défense Nationale, le général Marcelino Garcia
Barragan est responsable : il a pris l'armée à sa charge pour des fonctions différentes de celles qui sont assignées à ce corps en temps de paix et ce, pour planifier et exécuter le massacre sous ses ordres directs. Les procureurs du district général et fédéral de la République sont responsables par leur complicité dans les atrocités commises et pour avoir ordonné la fabrication de « preuves » artificielles arrachées au moyen de tortures dans les prisons et les c achots du camp militaire No 1. En outre ont une responsabilité spéciale les généraux José Hernandez Toledo et Crisoforo Mason' pineda, commandant et commandant adjoint de l'« opération de Tlatelolco », le général Raoul Mendiola Cerecero qui assuma en pratique le commandement après la blessure du général Hernandez Toledo, et le colonel Ernesto Gomez Tagle, commandant du bataillon Olympia, tous en tant qu'exécuteurs du génocide. Sont également responsables tous les chefs policiers de toutes les hiérarchies et corporations, par leur participation directe aux faits de Tlatelolco et en outre par les tortures infligées à des centaines de jeunes. detenus, par les perquisitions et par des séquestrations innombrables. Tout au moins, ces personnes sont celles qui devraient étre jugées pour le crime de Tlateloico, elles devraient rendre des comptes sur leurs agissements comme fonctionnaires et sur les abus de pouvoir qu'elles ont commis.
Nous examinerons maintenant la. version juridique de cette même politique répressive qui s'est abattue sur le mouvement étudiant à Mexico ; il serait nécessaire de définir un nouveau terme pour désigner les activités du gouvernement. Ce n'est pas de l'hypocrisie parce que c'est quelque chose de plus tortueux, on parle trois langages et même plus, simultanément. D'une part, le gouvernement accepte seulement la mort d'un peu plus de trente personnes à Tlateloico ; cependant, les fonctionnaires eux-mêmes, les militaires et juristes etc.. admettent en privé les versions des journaux qui donnent des chiffres bien supérieurs. Il est vraiment étonnant et ridicule à l'extrême que le Ministère Public, dans son désir de cacher comment il a permis les crimes gouvernementaux, nous accuse seulement de la mort de deux soldats. Nous allons expliquer en détail cette aberration.
Le Ministère Public soutient aux pages 8, 9 et 10, des conclusions de l'accusation quê « pour réaliser un plan subversif projeté internationalement, toutes et chacune en particulier des personnes aujourd'hui accusées ont participé ... à des meetings, des manifestations et des agitations... en se munissant d'une grande quantité d'armes à feu ... pour attaquer grâce à celles-ci, à des pierres et des gourdins les agents de l'autorité, provoquant lésions et homicides ... ». Dans ce paragraphe il suggère insidieusement - tant ce qui est écrit est vague que nous sommes responsables de toutes les morts de Tlatelolco ( quel que soit leur nombree, 30,100, 150,300 ). Le nombre dépend de ce que chacun
IEME INTERNATIONALE considère comme certain, car le chiffre réel est jalousement caché comme un secret d'Etat.
Plus loin, page 206, en relatant les éléments du délit de « blessures et homicide contre les agents de l'autorité » celui dont nous sommes accusés, il dit que ce délit figure dans les actes de décès des soldats Constantino Corrales Rojas et Pedro Gustavo Lopez Hernandez. Ces deux seules personnes sont les représentants de l'autorité qui moururent à Tlatelcoto. Les autres éléments configuratifs sont des cas de blessures de militaires et de policiers préventifs.
Dans la partie de responsabilité pénale des , conclusions où l'on analyse la responsabilité individuelle de chaque détenu, il est dit que sont vérifiés par les déclarations de José Hernandez Toledo, Ernesto Morales Soto, Sergio Alejandro Agular Lecero et autres militaires blessés qui rapportent en détail dans leurs déclarations, la forme et les circonstances de leurs blessures. Il est suggéré que la lecture de ces actes démontrera indubitablement la responsabilité des accusés.
La lecture de la déclaration faite par le général Hernandez Toledo, prouve de toute évidence une seule chose : ils ont blessé le général. Comment, et par qui, cela n'est établi nulle part. La déclaration du sergent Jesus Bantista prouve qu'il « a entendu plusieurs coups d'arme à feu qui provenaient du haut de divers édifices » et qu'ensuite le coup est parti tout seul de son fusil et qu'il s'est blessé au pied droit. Le soldat Antonio Vargas déclare qu'il fut blessé par un coup de feu tiré du haut d'un édifice. Ensuite il refuse de signer la déposition, « parce que cela ne convient pas à ses intérêts ». Raphaël. Martinez Ortega, soldat du 44ème bataillon d'infanterie déclare qu'« ils commencèrent à tirer du haut de l'un des édifices et qu'en courant pour se protéger derrière des obstacles il tomba sur des pierres » ; il se fractura l'avant-bras. Ces déclarations ont en commun deux circonstances importantes : tous les militaires affirment qu'ils ne purent voir leurs agresseurs et que les coups venaient du haut d'un édifice. Ce qui précède est absolument certain. Voyons deux autres déclarations qui nous expliqueront qui furent les provocateurs et les responsables du massacre. Tout cela de la bouche de militaires.
Le capitaine Ernesto Morales Soto affirme qu'il appartient au bataillon Olympia et que la veille (2 octobre) il reçut l'ordre d'aller à l'unité de Tlateloico. Lui et les hommes qui étaient sous son commandement étaient en civil et s'identifiaient comme militaires au moyen d'un gant blanc; il affirme qu'après le lancement d'un f de bengale, comme signal convenu préalablement (sic), il devait empêcher que n'entre ou ne sorte aucune personne de l'édifice « Chihuahua », que le signal ayant été donné, on commença à entendre de nombreux coups de feu qui provenaient du haut de l'édifice et étaient dirigés sur les personnes qui étaient réunies. Le lieutenant Sergio Alejandro Aguilar Lucero rapporte également qu'il appartient au groupement Olympia et qu'il fut blessé en arrivant à l'édifice Chihuahua.
Ces déclarationsfaites par des membres du bataillon Olympia (bataillon qui, par hasard n'est jamais mentionné dans les conclusions du ministère public, ni dans aucun autre document officiel qui ait été offert à la publicité)
concordent dans l'ensemble et dans chacun des details avec les déclarations faites par les étudiants arrétés, qui affirment que ce furent des policiers et des militaires du bataillon
Olympia qui commencèrent à tirer sur la foule au seme etage de l'edifice Chihuahua.
U n une particuliere importance: pendant les interrogatoires effectués au camp No 1, l'agent du ministère public s'est refusé à faire préciser dans les actes, chaque fois qu'un détenu du 3ème étage faisait exactement la même déclaration que le capitaine Ernesto Morales Soto, le gant blanc, le feu de bengale, et le costume civil, comme éléments qui prouvent la préparation du massacre.
Le fait qu'on nous accuse seulement de la mort de deux soldats rend évidents plusieurs faits. D'abord : qu'il y ait seulement deux soldats morts prouve que les coups n'étaient pas dirigés contre la troupe mais principalement contre la foule. Ensuite, le ministère public n'ose pas nous rendre responsable de la mort de civils, du fait que les cadavres, civils et militaires, présentaient des blessures de baïonnettes et de balles de calibres militaires. Dans le journal El Universal du 4 octobre 1968, parut un article intitulé « pénible identification des victimes » nous en transcrivons le passage suivant : " au service médico-légal... les autopsies montrèrent que la plupart des victimes moururent... des suites de blessures de baionnette... d'autres de coups d'armes à feu tirés à petite distance... trois cas attirèrent particulièrement l'attention des médecins: un enfant d'environ 13 ans qui mourut des suites d'une blessure de baïonnette au crâne... le deuxième, une vieille femme qui succomba après avoir reçu un coup de baïonnette dans le dos... le troisième, une jeune fille qui présentait une blessure de baïonnette au côté gauche ; la lésion naissait à l'aisselle et se terminait à la hanche.
Ces échantillons publics rendent évidentes l'extrême cruauté et la couardise des exécuteurs du massacre. Et en troisième point, il est clair que le ministère public essaie délibérément et traitreusement de dissimuler la vérité qui aurait surgi d'une enquête honnête : les coups tirés de l'édifice Chihuahua furent l'oeuvre des membres du bataillon Olympia seulement.
Ce procès, comme on le voit par ce qui précède, prétend être une couverture des crimes gouvernementaux. Mais il est plein de trous. Il est clair qu'il s'agit de modifier les termes de la réalité. On prétend faire apparaître comme coupables les victimes de la répression.
Historiquement, le mouvement étudiant a été symbolisé par la date du 2 octobre, et Tlatelolco comme un lieu de martyres. Ce 2 octobre, à Tlatelolco, entre le fracas des balles et l'impuissance et le courage des agresses, surgit le cri définitif pour la liberté du peuple. Ce 2 octobre symbolisa toute une génération de Mexicains. Des centaines de jeunes, pour quelques-uns presque des enfants, • entrèrent dans les prisons et apprirent à penser et à se comporter comme des hommes. Les tortures physiques et morales auxquelles ils furent soumis, loin de les briser, les fortifièrent ; les calomnies et les outrages dont ils furent l'objet n'ébranlèrent pas leur moral et leur confiance dans les idéaux qu'ils ont défendus. Nous sommes convaincus que l'engagement que ces jours,la nous avons pris avec notre peuple est encore vivant. Cette génération ne rompra pas les espérances que l'on a déposées en elle. Malgré tous les obstacles passagers, malgre les persécutions, les prisons, les assassinats, nous ferons tous les efforts nécessaires pour trouver le chemin qui nous conduira à un régime de justice et de démocratie, où l'opinion populaire sera strictement respectée, ou les travailleurs les étudiants et les professionnels construiront consciencieusement leur propre histoire, n'existera ni la misère, ni l'exploitation et où la culture sera le patrimoine de tous les citoyens.
A propos de cette responsabilité concrète, tous les jeunes ont un rôle que nous ne pouvons pas éluder. Dans chaque acte de notre vie, ou que nous soyons, nous devrons confirmer l'existence des principes pour lesquels nous luttons, et notre conduite personnelle devra correspondre fidélement à l'image que le peuple a forgée de cette génération née le 2 octobre a forgée de cette génération née le 2 octobre.
Raoul Alvarez Garin