(fésolution adoptée par le Parti ouvrier revolutionnaire, Section bolivienne de la
IVe Internationale)
1. LE DEVELOPPEMENT DE LA REVOLUTION MONDIALE ET LES
MESURES DEFENSIVES DE L'IMPERIALISME.
ii est indispensable, pour comprendre correctement les événements qui se sont produits en Bolivie depuis le 26 septembre 1969, de les replacer dans leur contexte, er tant qu'ils sont partie prenante de la situation latino-américaine et mondiale, et expression du rapport de forces entre la révolution montante et la contre-révolution qui se défend. Celle-ci utilise tous les moyens à sa portée, depuis la guerre, le terrorisme, jusqu'à la « révolution • ellemême dans quelques colonies et semicolonies, pour éviter de plus grandes révolutions.
La grande offensive de l'impérialisme qui s'est intensifiée au début des années 60, en particulier avec la guerre du Vietnam, n'a pas pu arrêter la lente désagrégation de sa domination sur le monde colonial et semi-colonial. Son extraordinaire pouvoir économique et militaire a subi des défaites à Cuba et au Vietnam. Les revers partiels de la révolution en Amérique latine avec l'avènement des dictatures militaires et la stagnation du mouvement ouvrier, la chute de Nkruma au Ghana, la contre-révolution en Indonésie, la défaite arabe face à Israël, l'élimination de Odinga Oginga au Kenya, la défaite de la guérilla de 1967 en Bolivie, et l'assassinat du Che, coups qui furent bien des fois sérieux, ne sont pas parvenus néanmoins à altérer le rapport de forces favorable à la révolution. Après ces coups, avec Cuba et le Vietnam, la révolution coloniale reprend sa marche en avant, cette fois-ci combinée avec la maturation de la révolution dans les métropoles impérialistes elles-mêmes.
La défaite de l'impérialisme au Vietnam est déjà un fait accompli, et elle implique de grandes répercussions à l'échelle mondiale. L'impérialisme qui cherchait à donner une leçon aux révolutionnaires par la terreur militaire en Asie doit maintenant battre en retraite devant la poussée indomptable des masses vietnamiennes, au prix de son prestige devant les peuples non seulement d'Asie mais de tout le monde colonial. Par ailleurs, cette guerre et la défaite américaine ont des implications économiques et politiques internes aux Etats-Unis mêmes : l'inflation, la crise du dollar, et la radicalisation des masses noires et étudiantes permettent l'apparition d'une nouvelle avant-garde révolutionnaire qui constitue en quelque sorte une bombe à retardement au cœur même de la citadelle impérialiste la plus puissante.
Il est aussi évident que l'offensive impérialiste, surtout au travers des régimes militaires, est en train de subir une défaite en Amérique latine. La guérilla n'a été écrasée ni au Venezuela, ni en Colombie, ni au Guatemala, où, après un arrêt dû avant tout à des crises internes provoquées par la capitulation des partis communistes, elle connait maintenant une nouvelle impulsion. Dans d'autres pays, comme le Brésil, le Chili, l'Uruguay, l'Equateur, elle fait son apparition en assénant des coups spectaculaires aux oppresseurs impérialistes et à leurs laquais nationaux. En Argentine et au Mexique, le mouvement de masses combiné à des actions directes de type insurrectionnel ébranle les fondements du capitalisme.
L'impérialisme américain, battu sur le plan militaire en Asie, ve au Proche-Orient, en Amérique latine, nécessité impérieuse tique pour l'Amérique soumis à dure épreusecoué et débordé se trouve devant la de réajuster sa polilatine. Au sein même de la ploutocratie yankee s'élèvent des cris d'alarme devant la montée révolutionnaire qui ne peut être contenue et encore moins écrasée par les seuls moyens militaires ; ces voix recommandent prudemment des changements pour apaiser le mécontentements des masses latino-américaines en même temps que pour blanchir les gouvernements bourgeois afin qu'ils retrouvent un minimum de crédit devant leurs propres masses. • La tournée en Amérique latine de Rockefeller, émissaire de Nixon, a rempli d'inquiétude les sphères gouvernementales
QUATRI yankee : elle leur a permis de comprendre la précarité des gouvernements bourgeois et des dictatures militaires qui, dans de nombreuses régions, n'ont pu assurer son accueil, et dans d'autres le reçurent seulement dans des aéroports ou dans des lieux isolés au milieu des baionnettes et avec un déploiement de mesures de sécurité impressionnant. L'envoyé de Nixon ne fut pas reçu par les populations comme un ami, mais comme l'ennemi public le plus détestable. Le rapport de Rockefeller à la fin de son voyage reflète cette inquiétude ; il tire la sonnette d'alarme sur les dangers qu'encourt dans cette partie du monde le capital investi par les entreprises impérialistes et le soi-disant • mode de vie occidental •. Inspiré par la crainte que l'impérialisme ne perde ses positions, ses recommandations vont dans le sens assainissement des relations et d'un affermissement de l'alliance avec les bourgeoisies latino-américaines, corrigeant les limitations de /'Alliance pour le Progrès, qui se transformerait en • Action pour le Progrès ».
Au travers du rapport Rockefeller et du discours de Nixon sur l'Amérique latine, se dessine une tendance effrayée par défaites de l'impérialisme, qui cherche à conserver ce continent en s appuyant sur deux piliers, l'un militaire, l'autre économico-social. S'il est vrai que l'idée de combiner la contre-insurrection armée et la contre-insurrection par le développement existait déjà dans l'Alliance pour le Progrès, il n'en reste pas moins que c'est l'offensive militaire qui a été le plus énergiquement utilisée, le deuxième axe étant très faiblement mis en œuvre.
Les recommandations de Rockefeller furent d'ordre politique d'une part (création d'un Conseil de sécurité latino-américain, réarmement des armées nationales, suppression des amendements Hickenlooper, Syminton et Roess) ; d'ordre économique d'autre part (préférences tarifaires pour les pays en voie de développement, augmentation des taxes pour les pays de la région, stabilisation des prix à un niveau qui reflète des salaires justes, appui aux marchés et aux banques régionales, révision des tarifs de transports maritimes, nouveaux accords sur le café, assistance financière à plus long terme, financement de programmes complets et non de projets, financement de l'infrastructure, baisse du taux d'intérêt, suppression des clauses additionnelles, restructuration des services de la dette extérieure, etc.). Elles correspondent à une mentalité plus élastique qui se fait jour dans les métropoles impérialistes sous les coups de la révolution et qui prétend masquer l'exploitation coloniale par quelques programmes de bienfaisance et quelques concessions destinées à consolider les gouvernements bourgeois latino-américains
EME INTERNATIONALE branlants. C'est la nouvelle droite, la droite moderne, qui a mis à profit l'expérience de l'échec de la théorie de McNamara -maintenir la stabilité et le calme à l'intérieur de chaque pays uniquement au moyen de mesures de sécurité (armée, police, forces de sécurité spéciales) - et qui propose des changements audacieux, y compris des • révolutions », pour prévenir des explosions plus graves, dangereuses pour la domination impérialiste. En un mot, lacher quelque chose pour ne pas tout perdre.
Cette droite yankee est liée ou plutôt associée aux mouvements bourgeois réformistes latino-américains ; c'est elle qui oriente ces courants et ces gouvernements qui parlent de lutter contre le communisme en s'attaquant au malaise social, qui soutiennent que la défense du continent et la création d'un système interaméricain doivent être assumées non seulement jai des moyens militaires, mais aussi par des mesures de développement économique et social. En réalité, tout ce que cherchent ces courants, c'est préserver le système capitaliste, le défendre dans de meilleures conditions. Les transformations qu'ils mettent en avant varient d'un pays à l'autre suivant ses caractéristiques propres, la profondeur de sa crise et le niveau de maturation de la révolution, mais elles se situent toujours dans le cadre du régime d'oppression impérialiste. Une chose est claire : la révolution montante oblige l'impérialisme et ses laquais nationaux à utiliser de nouvelles tactiques, à affiner et à rendre plus subtiles leurs méthodes d'exploitation coloniale, mais ceci ne peut tromper les masses et l'avant-garde révolutionnaire d'Amérique latine. L'impérialisme reste l'impérialisme, et beaucoup des réformes qui ont été claironnées restent diluées dans les mécanismes bureaucraticoadministratifs, frustrant de leurs espoirs des secteurs bourgeois eux-mêmes. D'autre part, tant que se maintient le rapport de forces favorable à la révolution, contre l'impérialisme, même les plus petites concessions, les rares miettes, au lieu de satisfaire une fois pour toutes les masses, servent plutôt à alimenter l'incendie révolutionnaire latino-américain. Chaque conquête donne aux masses conscience de leur propre force, et relance inexorablement le processus de marche au socialisme. Face à cela, l'impérialisme redeviendra bientôt ce qu'il a toujours été, le gendarme de l'exploitation coloniale, s'appuyant résolument sur le pilier de la force militaire ; il s'y prépare déjà par l'organisation du Conseil de sécurité et de réarmement des armées nationales. Mais si l'offensive exclusivement militaire d'abord, puis lá combinaison de la force et de leur soi-disant programme de développement ne réussissent pas à déman- teler la révolution, un autre changement de tactique n'y pourra rien, puisque son destin historique est tracé : s'effondrer pour laisser la place à la nouvelle société socialiste.
Il faut donc placer le gouvernement militaire bolivien dans ce contexte mondial, et plus particulièrement latino-américain : à savoir que, pour se défendre, l'impérialisme a recours à des mesures préventives.
Le jugement sur les causes préventives qui ont présidé à la mise en place du gouvernement Ovando est confirmé par ce qui est écrit dans l'introduction au • Mandat Révolutionnaire > des Forces Armées, et dans les premières déclarations, réitérées des nouveaux ministres et des chefs de l'armée.
En effet, dans les premières déclarations du général Ovando dans son introduction au • Mandat Révolutionnaire », la destitution de Siles Salinas est justifiée de la manière suivante :
a) l'attitude des forces armées a été dictée par le danger dans lequel se trouvaient les institutions de la nation, vu la progression des forces d'extrême-gauche et l'intervention croissante des guérillas; b) par l'intervention étrangère sous forme de guérillas ; c) par l'incapacité du gouvernement Siles de livrer bataille à l'aventure terroriste ; d) pour éviter la vietnamisation de la Bolivie ; e) par la nécessité d'affronter l'anarchie sous un angle « révolutionnaire », et non par l'usage pur et simple de la violence qui s'épuise elle-même.
Ceci est bien clair et montre les fins réelles du nouveau gouvernement civilomilitaire. Comme en novembre 1964, quand l'insurrection populaire mettait pareillement en danger les institutions de la societe capitaliste, les généraux doivent affronter avec les moyens qu'ils croient les mieux appropriés une nouvelle montée de la mobilisation du peuple, des masses ouvrières et paysannes, universitaires, etc., dont l'expression la plus énergique et dynamique est la guérilla.
Peu avant l'éviction de Siles Salinas, les chefs militaires déclarèrent que la guérilla n'avait pas disparu malgré les corps reçus par I'E.L.N. et l'assassinat d'Inti Peredo, ce qui était avouer l'échec des plans militaires. La répression n'a pas réussi à briser les révolutionnaires : voilà pourquol maintenant, après l'offensive po-
L'apparition du gouvernement Ovando est la réponse préventive intelligente de la bourgeoisie à la situation instable en Bolivie. C'est la plus sérieuse tentative du régime pour contenir la révolution qui mûrit et qui monte de la base par le biais d'une * révolution • manipulée d'en haut, même si c'est aux dépens de certains intérêts financiers particuliers, mais préservant toujours la structure de domination impérialiste. licière et militaire, on essaiera d'autres méthodes. On peut voir là la préoccupation profonde de l'armée de sauver le régime en isolant la guérilla. Le commandant en chef des Forces Armées, le général Torrez, éclaire encore mieux la situation quand il dit dans un de ses discours : • L'armée a repris les drapeaux de la guerilla . >
Il faut insister sur le fait que l'armée pense que le salut du système capitaliste en Bolivie est sous sa responsabilité. Mais, dans l'état de crise où se trouvent la bourgeoisie et ses partis, avec l'extension de la révolution armée grâce à la guérilla de T'E.L.N., on ne peut pas attendre ce salut de la répression exclusivement qui a par ailleurs déjà échoué, mais d'un plan de développement économique. C'est cela la nouvelle philosophie du noyau de militaires qui a hérité du pouvoir du président Barrientos.
Pour comprendre le profond désarroi des chefs militaires qui voient s'effrondrer l'Etat capitaliste, il faut se souvenir de la très grave crise de pouvoir qui existait déjà pendant la dictature de Barrientos, la crise profonde de l'appareil d'Etat bourgeois qui menaçait d'entrainer dans son sillage toutes les institutions nationales. Comme expression de cette crise, on a pu voir la conduite du ministre du gouvernement Antonio Arguedas, la rébellion de celui qui était alors chef de l'état-major de l'armée, le général Vasquez Sempertegui, les heurts et les frictions dans les sphères gouvernementales ellesmêmes (Parlement, Justice, Exécutif), et les scandales de la mine : Matilde, de la construction du gazoduc vers l'Argentine, parmi bien d'autres qui permirent à une partie des hommes au pouvoir de s'enrichir. Tout ceci avec comme toile de fond la crise économique endémique du pays, marquée par un budget en déficit chronique, une dette extérieure consommant 15 % du montant des entrées annuelles, comme le fait bien remarquer le rapport Rockefeller, un revenu annuel par habitant
2. LA GUERILLA ET LA MONTEE OUVRIERE POUSSENT LES GENE-
RAUX A PRENDRE DES MESURES DEFENSIVES.
2. LA GUERILLA ET LA MONTEE OUVRIERE POUSSENT LES GENE-
RAUX A PRENDRE DES MESURES DEFENSIVES.
QUATRI en constante régression (150 dollars U.S. en 1950, et 80 dollars U.S. en 1968, selon le rapport fait au Parlement par le chancelier Medeiros). Mais ce qui était plus grave, c'est que la situation objective servait d'aiguillon à la lutte des masses, provoquant la radicalisation de larges secteurs de l'Eglise et de l'intelligentsia.
EME INTERNATIONALE là où un combattant tombe, un autre se : lève, inspiré par sa foi et son assurance en la victoire.
Les mesures purement répressives, exclusivement militaires, se révèlent donc insuffisantes. Continuer dans cette voie, dans les conditions décrites, c'était rapprocher l'échéance d'une explosion catastrophique et amener du côté des guérilleros la plus grande partie des masses.
Ceci, le Haut Commandement militaire l'a compris. Pour éviter la catastrophe, plutôt que d'affronter le peuple, à la place des encerclements militaires et de la répression impitoyable, plutôt que d'employer la violence qui s'épuise d'elle-même sans provoquer de changements, il fallait • faire une révolution > d'en haut, libéraliser le régime, relâcher l'emprise des entreprises capitalistes qui asphyxient l'économie du pays. Comme le reconnait le général Torres, il fallait reprendre le drapeau qua les guérilleros brandissaient aux yeux du peuple. Il fallait cacher avec un programnie de développement et le mot de • révolution » le garrot et la mitraille meur• trière qu'on avait employés contre les mineurs. Pour affronter une maladie terrible et catastrophique, il faut des remèdes héroiques. C'est le choix devant lequel fut placé le régime bourgeois en Bolivie. important : ce n'étaient plus les vieilles forces armées, la vieille armée. Ce phénomène spécifique consiste en une politisation des militaires et de leur institution pour jouer le rôle de parti, ce qui engendre à son tour une militarisation de l'activité politique à l'échelle nationale.
L'Armée-Parti, ou parti politique armé, a monopolisé sans interruption le pouvoir politique depuis 1964; il a gouverné le pays sous diverses physionomies : Junte Militaire (Barrientos-Ovando), Gouvernement Constitutionnel (Barrientos-Siles) et maintenant Junte civile-militaire.
Ces différentes physionomies qu'a prises le Parti-Armée au pouvoir ne sont que formelles, dictées par les besoins tactiques des rapports de force, intérieurs et internationaux. Quelle que soit sa forme, derrière elle se trouve toujours la même force armée. Jamais comme aujourd'hui l'Etat capitaliste n'a autant ressemblé à un simple détachement armé. Le commandement militaire, après s'être emparé de la totalité des pouvoirs, peut se vanter de dire : * L'Etat, c'est moi l =
Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait plus de différenciations à l'intérieur de l'Armée-Parti, y compris les clans. fermés
Dans ce contexte, la guérilla comme le prolongement du révolutionnaire des masses, dans son développement et ses perspectives par les répression et l'encerclement mines. S'il est vrai que la apparaissait mouvement interrompu ronqué dans assacres, la militaire des guérilla du
Che bénéficia d'un large soutien populaire en 1967, sa réapparition en 1969 avec Inti Peredo s'est faite dans une conjoncture beaucoup plus mûre, dans laquelle des universitaires, des prêtres, des ouvriers, les secteurs radicalisés des couches moyennes n'hésitent plus et acceptent la lutte armée comme la seule voie de libération nationale jugement populaire, sienne la guérilla, l'alimente. La frayeur lée, la peur n'a pas et sociale. C'est ce qui admet et fait qui la soutient el ne s'est pas instalparalysé le peuple.
Pour le peuple, les guérillas sont à l'image des premiers chrétiens exterminés par les fauves dans les cirques romains:
TIQUE DE LA BOURGEOISIE.
En novembre 1964, les Forces Armées prirent le pouvoir en Bolivie. Les partis bourgeois traditionnels avaient perdu leur validité historique. Ils s'étaient montrés incapables de comprendre la situation mondiale et nationale et le nouveau rapport de forces existant. Vieillis, ossifiés, divisés et subdivisés, ils s'étaient montrés inaptes à défendre l'ordre établi par l'impérialisme et le capitalisme local face à Bla révolution populaire et ouvrière.
Ce vide politique, comme Ovando l'appela parfois, a été rempli par l'armée qui a commencé à opérer comme un parti politique de la bourgeoisie.
En effet, tout l'appareil militaire assuma les fonctions propres à une organisation politique. Des généraux aux sergents, ils reçurent, en plus de l'entrainement antiguérilla et contre-insurrectionnel dans les villes assuré par des techniciens yankee, une instruction politique spéciale, avec comme primes de nombreux privilèges, des postes administratifs bien rétribués et des augmentations de solde de 300 %-
L'état-major des Forces Armé venu un Comité Politique
Central de l'Armée-Parti. Les mées ont subi un changeme es est deou Comité
Forces Arnt qualitatif
3. LES FORCES ARMEES AU POUVOIR DEVENUES LE PARTI POLI-
3. LES FORCES ARMEES AU POUVOIR DEVENUES LE PARTI POLI- voulant prendre les meilleurs postes, a commencer par la Présidence de la République. Mais ces composantes agissent comme des fractions dans un parti politique, avec un dénominateur commun : la volonté de sauver la structure capitaliste, les divergences ne portant que sur les méthodes pour y arriver.
A aucun moment le gouvernement de Siles Salinas n'a interrompu la continuité de la dictature militaire. Siles n'a pratiquement pas gouverné, il a été un président fantoche n'ayant même pas le pouvoir de nommer des fonctionnaires subalternes dans les administrations locales (cas Valenzuela à Cochabamba). Son goût démesuré pour les rôles de façade 4. HISTOIRE ET NATURE SOCIALE
• Nous serons connus par nos œuvres », a dit le général Ovando. C'est une lapalissade. A vrai dire, nous les connaissons déjà par leurs actes, et nous savoris
IONALE 25 l'a conduit à tolérer une telle situation. La force dirigeante restait l'Armée-Parti -qui, avec ses divisions régionales, sa force aérienne et navale, contrôlait le pays et appliquait ses propres décisions dans le dos de Siles.
L'Armée-Parti, suivant les nécessites, a créé et dissous des groupes politiques civils, ou s'est attaché de vieux micropartis, pour base sociale passés par représentant nisée, n'ont se donner l'air d'avoir une d'appui. Les civils qui sont les cabinets ministériels ne aucune force politique orgajamais eu aucun poids et leur rôle s'est borné à celui que leur avait assigné l'Armée-Parti, au gré de sa tactique changeant. DE L'ARMEE-PARTI. instruites militairement, techniquement ei politiquement, et armées par le Pentagone ; cette assistance militaire continue aujourd'hui, après la nationalisation de la Gulf Oil Company, et après que le géneral Ovando eut déclaré qu'il se trouvait en guerre contre l'impérialisme.
Par son rôle de rouage du régime, sa mentalité de privilèges, sa formation, la caste militaire bolivienne a garanti et défendu • l'ordre établi ». L'histoire militaire bolivienne est une histoire de massacres d'ouvriers et de paysans, de coups d'Etat pour bloquer le progrès des •masses. Rien que depuis 1964, il y a eu les deux massacres de Catavi-Siglo XX en 1965, celui de Milluni et de Alto La Paz la même année, celui de la Saint-Jean à Siglo XX et Huanuni en 1967, les fermetures de locaux syndicaux, la destruction des stations de radio ouvrières, etc., tout cela sous le commandement du généra! Ovando, à l'époque commandant en chef des Forces Armées boliviennes et de l'actuelle équipe de militaires au pouvoir.
Si c'est cela l'histoire des Forces Armées, aujourd'hui Armée-Parti au pouvoir, il peut paraitre étrange que, tout d'un coup, sans discussions ni crises internes sérieuses, toute cette institution change ses idées, prétende gommer son passé et devienne progressiste, révolutionnaire, anti-impérialiste. Quel est donc ce miracie ?
Il n'est pas question de nier la possibilité d'un changement dans certains secteurs de l'armée sous l'influence des victoires techniques, scientifiques et milltaires du • camp socialiste • et de la défaite de l'impérialisme devant les masses révolutionnaires en marche. Il est certain que la lutte de classes n'épargne aucun organisme, si monolithique soit-il, et que l'armée ne sera pas une exception. Mais seule la révolution, la lutte révolutionnaire armée désintégrera l'armée oppressive et libérera ses secteurs indéjà ce dont sont
Armées boliviennes.
Les déclarations raient à révéler les capables les Forces des généraux suffivraies causes de la réorganisation du gouvernement. En matière juridique * la confession partielle constitue une preuve totale •. Mais en politique ce critère est insuffisant. Ce qui est décisif pour comprendre la nature d'un Etat, mesurer un processus révolutionnaire et jauger les possibilités de ses meneurs, c'est de déterminer sa nature sociale ou de classe. Ceci permet d'éviter des erreurs dans des situations conjoncturelles parfois contradictoires et confuses.
Les Forces Armées sont une composante de l'Etat; dans notre pays elles représentent la classe bourgeoise dominante étroitement subordonnée à l'impérialisme. Dans cette période de guerre mondiale entre le socialisme et l'impérialisme, elles sont en fait partie intégrante de l'armée internationale de l'impérialisme dont la tête est le Pentagone. C'est une vérité si élémentaire que même les enfants la connaissent.
Après sa défaite par le peuple en armes en 1952, l'armée bolivienne a été reconstruite par l'impérialisme : le générai Ovando a reconnu qu'elle a reçu des armes yankee à l'insu du gouvernement M.N.R. lui-même. Ses hauts chefs militaires, comme ses cadres moyens, ont reçu des cours spéciaux à Panama. Dans la forteresse de Miraflores, à côté des bureaux de l'état-major bolivien, fonctionne la commission militaire nord-américaine. Ce sont les conseillers yankee qui entrainent les unités spéciales contre la guérilla et l'insurrection urbaine. Les Forces Armées de Bolivie ont été construites,
QUATR fluencés par le peuple et qui s'intégreront dans la nouvelle Armée de Libération née au sein même du peuple. Avec Lénine, nous ne croyons pas à une volte-face de l'armée et de son commandement militaire par un simple acte de persuasion, ni à un réveil de leur • conscience =. Ce sera la guérilla, la lutte révolutionnaire qui divisera et démoralisera cette armée et gagnera le secteur progressiste qui pourrait se trouver en son sein. C'est la l'enseignement historique de toutes les révolutions.
Mais il est nécessaire de bien préciser qu'un instrument tel que l'Armée-Parti n'est pas qualifié pour prendre la tête et diriger une révolution conduisant à la libération nationale et sociale de la Bolivie. Dans l'actuelle situation mondiale, de transition entre deux systèmes et modes de production, la révolution signifie la lutte directe pour le socialisme. Le chemin de la civilisation et du progrès pour les peuples sous-développés passe nécessairement par le renversement de la classe capitaliste au pouvoir et par la défaite de l'impérialisme qui est son soutien.
Par ailleurs, les militaires au pouvoir affirment eux-mêmes qu'ils n'ont pas pour but de construire une société socialiste. qu'ils ne se proposent pas de porter la classe ouvrière au pouvoir. Nous le soulignons, l'Armée-Parti s' est substituée aux partis bourgeois traditionnels en crise, et a pris sur elle la tâche de préserver le système capitaliste, dans le cadre des structures de domination impérialiste. Mais
TIONNAIRE ».
Cette conclusion se confirme à. la lecture du document programmatique lancé par les Forces Armées sous le nom de • Mandat Révolutionnaire *. L'effort de théorisation politique qui y est fait arrive à peine au niveau d'un programme bourgeois réformiste, dont le verbiage populiste typique sert à cacher les buts.
Les idées centrales et directrices de ce plan peuvent en effet être résumées dans les points suivants :
1. Modèle national d'organisation de l'Etat. * Ni exclusivement capitaliste, ni exclusivement socialiste ». Coexistence de différents types de propriétés (étatique, coopérative, privée).
2. Souveraineté nationale sur les souices d'énergie et de matières premières, en récupérant les richesses livrées à des conditions désavantageuses ou réajustement de la participation de l'Etat à leur exploitation.
3. Industrie lourde à partir des mines et révolution industrielle à la campagne.
EME INTERNATIONALE ce sauvetage du capitalisme ne peut être fait qu'avec des mesures extrêmes, en sacrifiant une partie des classes exploitueuses et oppressives, étant donné les conditions politiques actuelles de la Bolivie et la crise économique catastrophique qui réduit l'Etat à être un mendiant international, asphyxié par le contrôle des entreprises capitalistes et des multiples organismes nord-américains, situation où l'armée au pouvoir elle-même manquait de crédits pour son entretien et, donc, d'autant plus pour sa modernisation. L'insurrection à la tête de laquelle se trouvait la guérilla menaçait de détruire les échafaudages du système ; la politique d'étranglement et de massacres avait échoué. Dans ces conditions, en accord avec la nouvelle droite américaine, il fallait reprendre quelques mots d'ordre populaires et • faire une révolution › anti-impérialiste. C'est ainsi que nous voyons les militaires formés par le Pentagone et dirigés par Ovando, qui avait été quelques mois auparavant invité aux Etats-Unis par cet organisme, apparaitre comme des • nationalistes de gauche ».
Ceci n'est pas nouveau : dans certaines circonstances, les classes exploiteuses se voient obligées de se • gauchir » et de faire quelques concessions, pour mieux défendre leurs intérêts. Mais ces classes exploiteuses, gardant le pouvoir entre leurs mains, précisément grâce à ces manœuvres, récupèrent bientôt ce qu'elles ont lâché et augmentent encore leurs bénéfices une fois les difficultés passées.
4. Protection de l'industrie et du capital nationaux et garanties pour l'investissement privé étranger.
5. Mise à l'étude d'une majoration salariale et d'une participation aux bénéfices.
6. Droit à l'autodétermination et relations avec les pays socialistes.
7. Unité nationale et alliance de classes.
Comme on peut le voir, ces points ne sont pas nouveaux, la droite du M.N.R. les avait déjà popularisés; ils correspondent à un programme bourgeois, dans une situation de crise dangereuse du régime.
La mise en place d'un Etat asexué, ni capitaliste ni socialiste, est, du point de vue de la science politique, une absurdité. Tout le monde sait que l'Etat est un corps historique répressif qui surgit pour garantir les privilènes ou les intérêts de la classe dominante. L'Etat capitaliste protège la bourgeoisie dans son appro-
5. CONTENU THEORIQUE ET POLITIQUE DU « MANDAT REVOLU-
5. CONTENU THEORIQUE ET POLITIQUE DU « MANDAT REVOLU-
Q VATRIEME INTE. RNAT priation de l'excédent social produit par les travailleurs.
L'Etat ouvrier ou socialiste protège les intérêts de la classe ouvrière au pouvoir, détruit les racines de l'exploitation capitaliste et crée les conditions pour l'édification du socialisme. Il ne peut pas exister un Etat intermédiaire ni capitaliste ni socialiste. Ceci est l'a.b.c. de la théorie de l'Etat, admise même par les théoriciens du capitalisme. Si on fait appel à ce genre de formulation, c'est par par nécessité de tromper les masses. D'autre part l'existence de la propriété étatique, coopérative et privée, ne change pas la nature de l'Etat puisque l'essence du régime bolivien reste basée sur l'exploitation salariale et l'appropriation de la plus-value par les entreprises. Aussi bien la propriété étatique que la propriété coopérative restent soumises aux lois du capitalisme, et le pays tout entier continue d'être un maillon de la chaine impérialiste.
En ce qui concerne les projets de défense de la souveraineté nationale, les contradictions du programme de l'ArméeParti sont évidentes ; elles mettent en lumière ses limites et sa débilité. D'un côté on affirme qu'on récupèrera les richesses livrées à des conditions désavantageuses ou qu'on imposera une juste participation. Puis on affirme qu'on protègera l'investissement étranger qui viendra assurer le développement du pays. Nous voilà devant une nouvelle absurdité démagogique. Aucune entreprise étrangère impérialiste n'investit dans un pays arriéré dans le but de le développer. Ce que cherche l'investissement étranger, c'est un taux de profit élevé et sa politique est celle du pillage. Par conséquent toutes les concessions faites par les semi-colonies pour l'exploitation des richesses na-turelles lèsent l'intérêt national ; et aucune ne reconnait une • juste participation en faveur de l'Etat. L'histoire de la Bolivie et de l'Amérique latine, de tout le monde colonial et semi-colonial, le prouve tragiquement. Quand on protège l'investissement étranger, on méconnait cette expérience, et dans les faits on ouvre les portes du pays à la colonisation impé* rialiste.
Les discours sur l'industrialisation, la protection de l'industrie et des capitaux nationaux, font partie de • l'arsenal bourgeois, et présupposent un utopique développement capitaliste indépendant de la Bolivie.
La souveraineté et le sous-développement sont deux problèmes interdépendants qui ne peuvent être résolus dans le cadre du régime capitaliste-impérialiste. Le sousdéveloppement ou le retard des pays coloniaux et semi-coloniaux a permis d'accroitre le développement des métropoles.
IONALE 27 Nous sommes un pays pauvre, sous-développé, parce que la métropole impérialiste accapare l'excédent social produit dans le pays non seulement grâce à l'exploitation directe, par les entreprises étrangères, mais aussi par l'intermédiaire de toute la structure économico-politique créée par l'impérialisme, structure où les relations d'échange jouent un rôle très important. Une politique révolutionnaire, sérieuse et responsable, qui cherche effectivement à développer la Bolivie, doit rompre ce cercle de dépendance et d'exploitation. Il ne peut y avoir développement dans une économie liée au système impérialiste.
Les programmes bourgeois comme le • Mandat Révolutionnaire > ont échoué avec le M.N.R. en Bolivie, Frei au Chili, Betancourt au Venezuela, Belaunde au Pérou, etc. Après avoir échoué avec ia répression terroriste militaire, l'armée lance ce programme de gouvernement qu'elle avait combattu en 1964, et elle le ressort maintenant paré d'un langage populiste.
L'Armée-Parti qui sauvetage du régime, la bourgeoisie et de aussi parce qu'il n bilité de véritable o pendance nationale, crise chronique, en impérialiste. D'autre les masses n'accepte fier pour une indu dépendance et l'exp ne renoncent pas classe: il y a de aboutiront dans leur affrontement avec le do. Lorsque sa m régime avec un pau geois sera mise en de nouveau recour comme en 1965.
La nationalisation pany, à laquelle a ét nement Ovando par l impérialiste d'élever que, est une mesure telle qu'elle a été dans les filets de la *sans apporter des peuple, comme cela pour la nationalisatio
Il faut être consc sation de la Gulf une mesure * héroi mée-Parti pour faire catastrophique du ré vrai que cette mes particuliers d'un co pris en charge le remplissant le rôle de ses partis, échouera y a pas de possiéveloppement, d'indéde solution de la restant dans le cadre part, il est clair que iront pas de se sacriistrialisation dans la loitation. Les masses à leurs intérêts de jà des conflits qui développement à un gouvernement Ovanission de sauver le vre programme bouréchec, l'armée aura 's à la répression, de la Gulf Oil Comé contraint le gouvere refus de l'entreprise la participation étatibourgeoise qui, isolée dictée, restera prise i structure capitaliste, avantages réels au a déjà été le cas 1 des mines. ient wre la nationaliOH Company a été que • prise par l'Ar: face à la débâcle gime bourgeois. est ure lèse les intérêts nsortium impérialiste, mais il est aussi évident qu'elle à servi à désamorcer momentanément les forces révolutionnaires sur le point d'éclater. Des porte-parole de l'impérialisme ont justifié cet acte, quoiqu'il leur déplaise: parmi eux Rockefeller pour qui il faut maintenant
QUATRI choisir entre la • nouvelle race de militaires progressistes • qui fait son apparition en Amérique latine, et les • barbudos », c'est-à-dire les révolutionnaires.
Théoriquement, le - Mandat Révolutionnaire » ne va pas plus loin que le réformisme bourgeois et le révisionnisme, qui appuient leurs théories sur l'exister.ce utopique d'une bourgeoisie progressiste et sur la division du processus révolutionnaire en deux étapes différentes et séparées. Ces théories ont déjà été condamnées par l'histoire. Dans cette période de domination impérialiste, le capitalisme et la bourgeoisie nationale ne peuvent jamais sauver un pays du retard et du sousdéveloppement, il n'existe pas de telle bourgeoisie révolutionnaire *. raison pour laquelle la mission de libérer ies peuples et de les amener au progrès
EME INTERNATIONALE res. Les gouvernements du M.N.R. se sont eux aussi déclarés • pluri-classistes », mais tous les travailleurs savent que leur politique fut bourgeoise, anti-ouvrière, et qu'elle a fini au service des intérêts impérialistes.
Le gouvernement Ovando réclame l'appui des masses ouvrières, mais dans son programme n'est inscrit aucun problème spécifique de la classe ouvrière. Il offre seulement d'étudier l'augmentation des salaires et la participation aux bénéfices. Alors qu'il garantit le capital national et protège les investissements privés étrangers, le gouvernement Ovando se hâte de bloquer les salaires. Ce n'est rien d'autre que la répétition de la politique économique en passant à faire sul quences de
En ce q nationale, liste avec ont depuis mesure rév présence de versant des tes, représ modérées, c T'U.R.S.S. p tence pacifi guérillas et la prise du qu'elle sout sage au so accords éce loppées par quement au bourgeoisie loppement eu recours Les relations de I'U.R.S.S geois secou me l'a dit Fi aide au soc
La conclu Révolutionna les mesures Ovando, ap bourgeoisie catastrophiqu treprendre rence radica but de frein cessus revo par la gueri financière m tion la met essaie de importe si c intérêts.
L'Armée-P de la guérill en vigueur depuis le M.N.R., par Barrientos, qui consiste sir aux travailleurs les conséla crise. i concerne la politique interes relations d'un pays capita'U.R.S.S., sur le plan politique longtemps cessé d'être une olutionnaire. Au contraire, la + I'U.R.S.S. dans des pays tracrises révolutionnaires violenante un appui aux tendances onservatrices, étant donné que roclame et pratique la coexisque, qu'elle est l'ennemi des de la révolution violente pour pouvoir par les masses, et lent la vole pacifique de pascialisme. Indépendamment des nomiques, ces positions déve• rU.R.S.S. conviennent politiI gouvernement Ovando. La colombienne, devant le dévede la guérilla, avait elle aussi à des relations avec I'U.R.S.S. • et la coopération économique avec les gouvernements bourés par des révolutions, comdel Castro, n'apportent aucune ialisme. sion est claire. Le • Mandat ire », comme programme, et prises par le gouvernement partiennent à l'arsenal d'une acculée, traversant une crise le, qui se voit obligée d'encertaines réformes en appailes et audacieuses, dans le er et de désorganiser le prolutionnaire dévastateur dirigé lla, et d'échapper à une crise ortelle. Avant que la révolute en pièces, la bourgeoisie prolonger son existence, peu est au prix de certains de ses arti, secouée par les progrès a et par la radicalisation des masses, a adopté un langage gauchisant, mais ses prétentions ne dépassent pas revient aux forces listes, à la classe
Le triomphe de c'est l'enterrement révolutionnaires sociaouvrière.
la révolution cubaine, du réformisme bourgeois et du révisionnisme. Les paroles de Fidel Castro à la clôture de la Première Conférence de l'O.L.A.S. sont définitives à ce sujet : * Les documents politiques dits marxistes donnent l'impression de sortir d'archives où l'on pourrait demander un modèle, le modèle 14, le modèle 13, le modèle 12, tous pareils, avec la même phraséologie... En quoi se différencient-ils d'un catéchisme, d'une litanie ou d'un rosaire ?... Il y a des thèses vieilles de 40 ans. Par exemple, pour n'en citer qu'une, la fameuse thèse sur les bourgeoisies nationales. Combien de travai! a-t-il fallu pour arriver à se convaincre que c'était un schéma absurde pour ce continent ? Que de papier, que de phrases, que de palabres dans l'attente d'une bourgeoisie libérale, progressiste, anti-impérialiste. Et vraiment nous nous demandons s'il reste quelqu'un pour croire encore aujourd'hui au rôle révolutionnaire d'une quelconque bourgeoisie sur ce continent.
Notre position est claire. Le retard et le sous-développement de la Bolivie ne seront pas résolus par des mesures partielles d'un programme bourgeois, mais par la révolution socialiste une Armée Révolutionnaire
Nationale et Sociale, en guerilla, révolution ayant dirigée par de Libération partant de la de pour but créer en Bolivie un Etat nouveau et une société nouvelle dans la voie ouverte par Cuba Socialiste, processus qui culminera par l'expulsion de l'impérialisme de toute l'Amérique latine.
Le • Mandat Révolutionnaire * des Forces Armées, pour soutenir ses postulants, comme c'est normal, appelle à la formation d'une Alliance Sociale ou front de classes réunissant la bourgeoisie, les classes moyennes et les masses ouvriè- la modernisation de l'Etat bourgeois, son rajeunissement par le haut, le ravalement de sa façade, sans pour autant s'attaquer aux véritables causes de l'arriération nationale. Les discours éloquents des chefs militaires ne touchent pas à la structure de l'exploitation nationale et impérialiste. Ovando déclare par exemple qu'il mène une guerre à mort contre l'impérialisme ; mais quel genre de guerre est-ce, si l'impérialisme continue d'entrainer l'armée bolivienne et si les • Peace Corps » et les missions militaires impérialistes continuent d'opérer en Bolivie ? Cette guerre est une farce, comme les combats de boxe com-
OVANDO.
Comme nous l'avons dit, l'opération * sauvetage de l'Etat capitaliste » montée par l'Armée-Parti, cherche à désarmer politiquement les masses et les groupements oppositionnels dits de gauche.
Le premier résultat a été l'expectative du peuple et l'espoir qui a pointé dans de larges secteurs. Ceci a permis aux militaires, sans courir de risques, d'alléger l'encerclement des mines, donnant ainsi l'impression d'un retour à un climat démocratique.
Avec ces mesures et la nationalisation de la Gulf Oil Company, le commandement militaire a commencé sa lutte pour prendre la tête de la mobilisation des masses, comme l'a montré la manifestation du 21 octobre dernier. L'armée accepte la mobilisation des masses, mais sous sa direction et son contrôle.
A l'occasion de ce processus, quelques déviations favorables aux manœuvres militaires se font jour déjà, et il est nécessaire de les démasquer :
a) Les partis bourgeois et petits-bour-. geois s'empressent de témoigner leur appui sans réserve au gouvernement Ovando. Ils s'efforcent de s'y intégrer au travers des Fronts de la Gauche Nationale. Ainsi l'attitude des partis F.S.B., M.N.R., P.R.I.N., P.D.C. En même temps le gouvernement crée et fait fonctionner ses . propres partis: A.N.R. et P.R.N. Ils ont tous en commun leur opposition au socia. lisme, à la révolution prolétarienne et aux guérillas. Ces courants défendent, en dernière analyse, le statu quo capitaliste. Agrippés aux basques des militaires au pouvoir. ces groupements ont pour ambition de s'introduire dans l'appareil d'Etat sous couvert de canaliser et de diriger la mobilisation des masses. Ils s'offrent comme soutien populaire. De plus, ce sont eux qui prennent à leur charge la théorisation politique de la • Révolution Ovandiste na-
IONALE 29 binés à l'avance dont on connait déjà le gagnant.
La lutte pour l'indépendance nationale de la Bolivie est une question beaucoup plus sérieuse qui ne se règle pas par la nationalisation de la Gulf Oil Company. La libération nationale est indissolublement liée à la Révolution sociale, et seul le renversement du capitalisme, la défaite de l'impérialisme et la construction du socialisme peuvent permettre sa réussite. C'est ce qu'a montré Cuba. Le chemin que doivent suivre notre pays et l'Amérique latine est celui de la révolution cubaine victorieuse I tionaliste de gauche ».
Ces jeux d'équilibre d'opportunistes connus, désireux de tirer profit des avantages du pouvoir, n'ont pas plus d'importance, et dès maintenant les masses s'en démarquent sur des critères sürs.
b) Plus graves sont les déviations qui peuvent se faire jour dans le mouvement ouvrier de la part des bureaucraties syndicales et de la vieille direction de la C.O.B. Il y a dans ces directions un mélange de révisionnistes soviétiques et de réformistes socialisants, soutenus par des militants du P.C. et du P.R.I.N.
Ces déviations opportunistes sont loin de satisfaire les intérêts de la classe ouvrière et les nécessités d'un réel développement économique et social du pays à travers une révolution de libération nationale et sociale. Ils commencent par admettre, sans aucune analyse sociologique, mais en se fiant uniquement aux déclarations officielles, que le gouvernement Ovando incarne une véritable révolution à laquelle il manque seulement le peuple, la mobilisation des masses. La révolution, ont-ils déclaré, est verticale, c'est là sa faiblesse ; on la surmontera en rapprochant le peuple d'elle, en faisant entrer les masses au gouvernement. C'est pourquoi leurs mots d'ordre ont été : - les ouvriers au pouvoir >, • le peuple au pouvoir », c'est-àdire que les militaires introduisent les travailleurs au Pouvoir. Ils complètent ceci, en donnant à Ovando un programme pour qu'il le réalise, lui, pensant que du nationalisme des militaires on passera au socialisme. Pour eux, la défense de la nationalisation de la Gulf Oil Company passe par l'appui et la confiance politique accordés au général Ovando.
Restant prisonniers de ce schéma, chacun a ses caractéristiques propres de groupe, le P.C. pro-soviétique, le P.R.I.N., de gauche et d'autres groupes petits-
6. REORGANISATION DES PARTIS FACE AU GOUVERNEMENT
6. REORGANISATION DES PARTIS FACE AU GOUVERNEMENT
UATRI bourgeois. Les communistes y ajoutent leur vieux cliché (formulaires 12, 13, 14, dirait Fidel) de la contradiction principale, qui se place au-dessus de la lutte de classe, entre nation opprimée et métropole impérialiste exploiteuse, avec laquelle ils justifieront toujours leur théorie vouée à l'échec de la « révolution par étapes • et sur le rôle de la • bourgeoisie progressiste ». Les relations diplomatiques avec I'U.R.S.S. ont comblé tous les désirs des communistes, et ils apparaitront rapidement. comme les meilleurs défenseurs d'Ovando.
Quant au groupuscule de Lora, qui est un instrument de provocation depuis des années, il s'emploie comme il le fit par le passé à rabaisser le prestige des guérillas. Pendant la répression qui a débuté en juillet dernier, ce bourgeois poltron s'offrait le luxe de se promener en condamnant les guérilleros dans de petits communiqués que publiait la presse, et donnait des conférences où il ridiculisait l'héroique et vaillante conduite des combattants de I'E.L.N. Objectivement, la conduite de ce jaune, ex-révolutionnaire, est au goût des contre-révolutionnaires : sous couvert de « valoriser » les guérillas, il a toujours essayé de les diminuer aux yeux des masses. Sa position actuelle, comme par le passé, est politiquement jaune et lâche, elle se réduit à un simple activisme syndical, économiste. Il persiste dans sa théorisation de « l'insurrection de masse =, dans l'abstrait et pour une date lointaine, imprécise, parce qu'aujourd'hui « les conditions ne sont pas mûres » et que « les masses ne sont pas à la hauteur du programme révolutionnaire ». Pour cet exmarxiste, ex-internationaliste, ex-trotskyste,
NATIONALE POUR PRENDRE LE • Le gouvernement Ovando et l'ArméeParti, avec leur - Mandat révolutionnaire », leurs déclarations et leurs messages, n'incarnent pas la révolution populaire et ouvrière. Ils ne sont pas partie prenante de la révolution de libération nationale et sociale qui progresse en Amérique latine et dans le monde entier. Au contraire, ils représentent un sous-produit de la bourgeoisie aux abois qui se refuse à périr, ils représentent un obstacle, une barrière, que la société capitaliste en décomposition dresse pour freiner la révolution en marche. Ils sont par là même une manifestation de l'impuissance et du recul de la bourgeoisie.
Nous, les révolutionnaires marxistesléninistes, trotskystes, devons nous démar-
EME INTERNATIONALE les conditions ne sont jamais mûres. Lora, comme tout bourgeois poltron, a peur de la révolution, et encore davantage du bruit d'armes produit par les guérillas. Le destin de Lora est de finir comme Tristan Marof, comme écrivain médiocre et malhonnête. Il a déjà dans ses jugements contre-révolutionnaires sur les guérillas un bon compagnon en Ricardo Anaya.
L'autre groupuscule, personnifié par l'exmembre du P.O.R. et ex-trotskyste Amadeo Vargas, n'a d'autre existence que celle que lui donne et reconnait le gouvernement. Manipulant et usurpant le nom du P.O.R. et de la IVe Internationale, cet agent de la bourgeoisie appuie et glorifie ouvertement la caste militaire et Ovando qui, pour lui, est • partie prenante du courant révolutionnaire mondial >. Au comble de sa dégénérescence politique, il nie la nécessité même de la Révolution en affirmant que « le pouvoir se prend petit à petit ». Avec son culte des masses et de ses mobilisations spontanées, qui au fond cache son impuissance à être un acteur du processus révolutionnaire, il réduit le programme révolutionnaire à un simple énoncé de conquêtes économiques. Il est devenu maintenant un coordinateur actif des partis bourgeois et petits-bourgeois qui appuient Ovando. Cet agent de la bourgeoisie n'a rien à voir avec le P.O.R. et la IVe Internationale.
Les masses radicalisées, les travailleurs révolutionnaires n'ont rien à voir avec toutes ces déviations opportunistes, suivistes et capitulardes. Depuis le début de la guérilla en 1967, ces groupuscules ont perdu tout rôle historique pour devenir des croûtes du mouvement ouvrier qu'il faut nettoyer. POUVOIR. quer par une ligne de feu de ce gouvernement et de toutes les tendances opportunistes qui font chœur avec lui. Notre devoir est d'empêcher les travailleurs et les masses boliviennes d'être trompés et conduits à la défaite. Nous, les révolutionnaires, ne pouvons pas contribuer à duper les masses, pour éviter qu'elles servent d'appui à un gouvernement qui n'est pas le leur.
La position révolutionnaire de principe que nous proclamons devant les masses, est faite d'indépendance et d'absence totale de confiance politique vis-à-vis du gouvernement Ovando, de son programme bourgeois, de l'Armée-Parti et de ses manœuvres de sauvetage du régime capitaliste.
7. PROMOUVOIR UNE MOBILISATION INDEPENDANTE DES MASSES
A LA TETE DE L'ARMEE REVOLUTIONNAIRE DE LIBERATION
7. PROMOUVOIR UNE MOBILISATION INDEPENDANTE DES MASSES
A LA TETE DE L'ARMEE REVOLUTIONNAIRE DE LIBERATION
Mais il n'y a pas que cela. Nous, les marxistes-léninistes, trotskystes, en liaison avec les masses, nous nous dressons comme l'alternative de pouvoir, révolutionnaire et indépendante, opposée au gouvernement militaire.
C'est cela qui nous différencie de manière tranchée des autres courants qui se disent ouvriers. Alors que ces courants mettent tous leurs espoirs dans Ovando et les militaires qu'ils appellent • nationalistes », à qui ils demandent sans cesse de devenir révolutionnaires, nous, nous appelons une vraie révolution à contenu socialiste.
Ovando étant un représentant de la bourgeoisie, il est tout à fait naif, voire stupide, de lui demander d'accomplir des tâches dont la réalisation revient au prolétariat révolutionnaire et à son avant-garde. Demander à Ovando qu'il fasse participer les ouvriers au gouvernement correspond à une trahison, car ce serait les soumettre au contrôle et à la direction de la bourgeoisie. Avancer le mot d'ordre de « la classe ouvrière au pouvoir », sous la direction de son avant-garde et par une révolution armée, est tout à fait différent. C'est là la stratégie marxiste révolutionnaire de prise du pouvoir. Le reste n'est que suivisme honteux de la part de signataires de pétitions impuissants qui attendent que quelqu'un, mais surtout pas eux, fasse la révolution par intérim. La différence est nette : les opportunistes s'en tiennent à une politique de pression tout en restant attachés au char de la bourgeoisie; nous, nous mettons en avant une alternative propre, indépendante, pour organiser la révolution et prendre le pouvoir.
Nous, les révolutionnaires, n'abdiquons au profit de personne notre rôle de diriger le peuple jusqu'à la victoire. Noust sommes convaincus que le socialisme ne se construit pas avec des morceaux et des miettes mendiées à l'impérialisme. Aux naifs qui, aveuglés par les mesures de sauvetage dictées par Ovando, croient voir en lui une alternative de libération, il faut rappeler que le régime d'exploitation impérialiste, le pouvoir de la bourgeoisie ne seront jamais détruits par de petites conquêtes. Pour briser ce pouvoir, il faut une vraie révolution qui suppose la destruction des structures de tout le système d'exploitation. Car si on ne le brise pas, et si la bourgeoisie garde le pouvoir, l'impérialisme saura absorber ces petites conquêtes. L'histoire bolivienne est riche d'éxpériences qui enseignent cette leçon.
De cette position révolutionnaire découlent deux tâches fondamentales:
1) Promouvoir, impulser et diriger la mobilisation indépendante des masses par un programme de transition.
Les mancuvres militaires de sauvetage de la bourgeoisie et de son Etat l'ont forcé
IONALE 31 à relâcher la répression syndicale. Le gouvernement, qui a échoué dans sa i tentative de détruire les syndicats, essaie maintenant de lier leur fonctionnement au système. Ceci permet une certaine marge de manœuvre démocratique dont il faut profiter au maximum. Il faut impulser la réorganisation de l'ensemble du mouvement ouvrier, depuis le syndicat jusqu'à la COB, sur une ligne indépendante et de classe. Mais la réorganisation syndicale doit être menée conjointement avec la lutte pour un programme de revendications économiques, sociales et politiques. Il faut reprendre la lutte au niveau où elle en est restée en 1965 au moment où s'est déclenchée la répression. Ce n'est pas une lutte nouvelle qui part de zéro, mais, au contraire, elle intègre à son acquis toutes les conquêtes et expériences des années antérieures, auxquelles s'ajoutent les enseignements tirés par les travailleurs durant les cinq dernières années de terreur militaire. Sur le plan organisationnel, la mobilisation des masses se fait à partir de la COB, en tant que centre unificateur de la classe ouvrière, de la paysannerie, des étudiants et des secteurs pauvres de la classe moyenne.
Le rétablissement du contrôle ouvrier sur toute l'industrie, privée et nationalisée, l'expulsion des entreprises impérialistes exploitant les richesses nationales, la restitution aux mineurs de leur salaire d'avant mai 1965, combinée avec une augmentation générale des salaires pour tous les travailleurs du pays, la réintégration des 3.000 ouvriers licenciés pour des motifs syndicaux et politiques, et du travail pour les chômeurs, la promotion d'une véritable révolution agraire qui sorte les paysans de la misère, l'ouverture des écoles, des lycées et des universités aux centaines de milliers de jeunes qui ne reçoivent ni instruction ni formation professionnelle : autant de points à mettre au centre du programme de transition qui impulse la mobilisation des masses. Ce programme doit être compris comme étant le pont qui conduira le peuple au pouvoir ouvrier, au socialisme, et il doit être utilisé en liaison avec la stratégie révolutionnaire.
2) On impulse la mobilisation des masses en portant la lutte de classe à son plus haut niveau dans la perspective de déclenchement de la révolution et de la prise du pouvoir. La révolution n'est ni un fruit qui tombe du ciel, ni une idée qui fait son chemin sans l'intervention des hommes. La révolution est un processus monnayé par la lutte des classes, qui a besoin de révolutionnaires en chair et en os et d'un instrument organisationnel capable de prendre le pouvoir. I s'agit maintenant de construire l'instrument approprié pour cette têche.
Nous vivons une période révolutionnaire qui réunit la majorité des conditions signa-
QUATRI lées par les classiques du marxisme pour la prise du pouvoir. Il s'agit maintenant de construire l'instrument approprié pour cette tâche.
Elément du processus latino-américain, la situation actuelle en Bolivie qui connait une militarisation de la politique et un contrôle absolu du pays par l'Armée-Parti, fait que le moyen de construire cet instrument et de prendre le pouvoir est la lutte armée, plus concrètement la guérilla.
La guerilla est toujours à l'ordre du jour.
Peu importent les coups reçus, les pertes en hommes et en armes. Même si c'est douloureux, tout cela L'important est de constater qu'il n'y a pas d'autre vole pour des révolutionnaires authentiques. Les illusions Ovando disparaitront bientôt et les coups de fusils tirés par l'armée sur les masses crépiteront à nouveau. Le processus conduit à un affrontement. Il en sortira la victoire ou la défaite, selon que l'issue correcte aura été ou non organisée.
Les révolutionnaires et l'avant-garde ouvrière doivent se rappeler 1964 et 1965. Prend le pouvoir celui qui, confiant en ses propres forces, détient les armes et qui est décidé à le prendre.
Une mobilisation insurrectionnelle des masses, si large soit-elle, finira par être vaincue par les armées modernes exerçant le rôle de partis politiques de la bourgeoisie. Exemple : Mexico, Cordoba. La C.O.B., à l'époque du M.N.R., centralisa le pouvoir et la force des masses boliviennes. Mais cette puissance a éclaté en morceaux, a disparu devant le coup d'Etat préventif de l'armée dirigée par Ovando et Barrientos. Il y en a qui, sans rien apprendre de la réalité, voudraient répéter de vieux schémas éculés. Les insurrections de masse Mexico, de Cordoba, de la C.O.B. en Bolivie, ont été battues parce qu'il leur man-quait deux éléments a) Préparation et décision pour prendre le pouvoir par elles-mêmes. Elles n'ont cherché qu'à faire pression sur le régime capitaliste pour obtenir quelques avantages. Une simple politique de pression n'arme ni idéologiquement ni matériellement les masses, et ouvre la voie à la défaite.
b) L'instrument armé ou organisation militaire. On ne peut pas prendre le pouvoir avec des tracts, des refrains de rue ou des discours. Il faut un organisme militaire, préparé, entrainé, capable de répondre sur le même terrain aux armes de l'armée capitaliste.
Et une nouvelle défaite se produira en Bolivie si nous laissons les opportunistes et les capitulards s'emparer des organisa-
EME INTERNATIONALE tions syndicales et les endormir avec leurs chants pacifistes.
Le trait spécifique de la période, c'est la guerre. Les armées se sont substituées aux partis traditionnels de la bourgeoisie et se sont transformées en partis politiques armés. Pour les affronter, nous, révolutionnaires, devons construire une armée révolutionnaire, faute de quoi les masses mobilisées se heurteront sans défense aux fusils bourgeois. Si en Bolivte, aujourd'hui, l'Armée-Parti a fait une pirouette, prétendant être du côté du peuple et à la tête d'une révolution, tout cela n'est dû qu'à des mesures d'ordre tactique, destinées à éviter une explosion révolutionnaire plus grande, comme nous l'avons expliqué plus haut. Quand le plan aura échoué, la répression reprendra.
Mais on ne peut pas organiser dès le début cette armée du peuple en de grandes unités possédant un armement lourd On doit obligatoirement commencer par de petits noyaux de guérilleros qui, au feu des défaites ennemies, se transformeront dans la grande armée rebelle qui prendra le pouvoir à côté des masses urbaines et naysannes.
C'est dans cette perspective, ayant assimilé l'expérience bolivienne et les nécessités des masses encerclées militairement, qu'ont fait leur apparition les guérillas dirigées par le Che en 1967, qui ont réapparu en 1969 avec Inti Peredo.
Malgré les défaites, la guérilla est toujours à l'ordre du jour. Donc le devoir de tout révolutionnaire marxiste-léniniste c'est d'adhérer à cette conception. Le renforcement de la guérilla et de l'armée révolutionnaire est intimement lié à la mobilisation révolutionnaire des masses. Celle-ci sera le bouillon de culture du guérillero, comme disait le Che. La guérilla est la continuation de la lutte de classes par d'autres moyens, elle est le couronnement du mouvement de masses.