Documents de la IVe Internationale

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La revue › n° 45

Ceylan, résultat des élections et premières désillusions

B.U.M. · Quatrième Internationale, n° 45 · septembre 1970 · p. 35-40 · 4 444 mots

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La victoire foudroyante obtenue par le « Front Unique » dirigé par le S.L.F.P. et incluant deux partis ouvriers opportunistes, le L.S.S.P. et le P.C., exprime avant tout la radicalisation de la jeunesse ceylanaise, après une durée de luttes ouvrières ininterrompues.

Au moment de la dissolution de la Chambre des représentants, le 25 mai 1970, la position des partis et des membres individuels de la Chambre des Représentants s'établissait comme suit :

Le gouvernement de droite avait le soutien direet de 79 membres élus à la Chambre sur un total de 151, dont 73 de I'U.N.P.

Les deux partis Tamils, le Parti Fédéral et le Congrès Tamil, continuèrent à apporter leur soutien au gouvernement jusqu'au moment de la dissolution. (F.P. 14, T.C. 3).

La coalition de l'opposition c irigée par le S.L.F.P. comprenait 52 membres (S.L.F.P. 41, L.S.S.P. 8, P.C. 3). Deux autres membres votèrent toujours avec l'opposition (un indépendant et un membre S.L.F.P. qui a rejoint le P.C. pro-Pekin). R.G. Senanayake, qui a rompu avec le S.L.F.P. pour former le parti raciste S.M.P. (Sinhala Mahajana Pakshaya) est resté officiellement dans l'opposition.

Le gouvernement dirigé par l'U.N.P. avait ainsi le soutien de 96 députés, tandis que l'opposition n'en disposait que de 54, avec R.G. Senanayake entre les deux.

Le 27 mai, le Front Unique a obtenu i15 sièges sur un total de 137 qu'il postulait, (S.L.F.P. 90 sur 105, T S.S.P. 19 sur 23, P.C. 6 sur 9). L'U.N.P. n'a obtenu que 17 sièges sur les 128 auxquels il postulait, tandis que ses alliés minoritaires n'obtenaient aucun siège. Le Parti Rédéral a eu 13 sièges et le Congrès Tamil 3. Deux indépendants ont été élus, dont l'un appartenait à l'opposition dans la Chambre précédente.

Le Front Unique dominé par le S.L.F.P. dans le gouvernement, dispose ainsi d'une majorité supérieure aux deux-tiers dans la Chambre des Représentants, et le S.L.F.P.

lui seul, possède la majorité absolue.

Le chiffre absolu de voix que TU.N.P. et ses alliés obtinrent le 27 mai, était de 1,77 million, alors qu'il était de 1,68 million pour l'UNP et ses alliés en 1965. Le SFLP et ses alliés de « gauche » comptabilisèrent 2,29 millions de voix le 27 mai (S.L.F.P. 1,75 million, L.S.S.P. 410.000 et P.C. 130.000) alors qu'en 1965, les chiffres étaient de 1,59 million pour l'ensemble de la coalition (S.L.F.P. 1,2 million, L.S.S.P. 300.000 et P.C. 80,000).

Ainsi, tandis que l'U.N.P. et ses alliés conservaient pratiquement leurs voix de 1965, le Front Unique dirigé par le S.L.F.P. obtint un demi-million de voix de plus que I'U.N.P. et ses alliés, augmentant de plus de 700.000 voix, ses propres résultats de 1965.

Les principales conclusions à tirer des résultats des élections à la lumière des faits précédents sont les suivantes :

a) Il n'y a pas eu de changement substantiel dans la base électorale de l'U.N.P. au profit du Front Unique dirigé par le S.L.F.P., à l'exception d'un changement limité dans la Province méridionale.

b) La victoire foudroyante du Front Unique dirigé par le S.L.F.P. fut obtenue principalement grâce à l'accroissement de sa base électorale et qui provient princip:lement des nouveaux électeurs, (enregistrés après 1965), qui votaient pour la première fois le 27 mai.

La conclusion politique la plus importante à tirer de ces résultats est que la majorité écrasante de la jeunesse du pays qui a atteint l'âge électoral après 1965, désirait un changement de gouvernement, à la suite du sérieux mécontentement qui prévalait en son sein par rapport à l'éducation et en ce qui concerne l'emploi sous le régime de IU.N.P. et dans l'espoir des promesses de changements radicaux sur le plan social, tenues par le Front Unique dirigé par le S.L.F.P.

Le fait qu'aucun changement substantiel ne se soit produit dans l'électorat U.N.P. le

27 mai en

1965, mène couches de

I'U.N.P. et comparaison avec ses voix de aussi à la conclusion que les la population qui soutinrent ses alliés en 1965 n'ont pas préféré l'alternative du Front Unique d'irigé par le S.L.F.P., malgré le coût élevé de la vie et les difficultés qui proviennent de la

QUATR politique économique du gouvernement que dominait I'U.N.P. durant les cinq dernières années.

Il est ainsi évident que le Front Unique dirigé par le S.L.F.P. n'a attiré aucun soutien frais dans la Province Orientale de la part des Tamils de Ceylan ou des musulmans de cette province, comme il ne recevait presque aucun soutien des Tamils de la Province du Nord, que ce soit au travers du L.S.S.P. ou du P.C. (Moscou).

La coloration de gauche de la coalition a incontestablement contribué à la rendre plus attirante pour les jeunes électeurs que le conservatisme de l'U.N.P. Les résuitats indiquent aussi que plus d'un mil-

La composition du nouveau gouvernegouvernement de Mme Bandanaraike et la distribution de nouveaux portefeuilles font ressortir clairement le fait que la direction du S.L.F.P. a délibérément utilisé sa position hégémonique dans la coalition pour limiter le rôle du L.S.S.P. dans le gouvernement à une totale subordination à l'aile droite de celle-là. Bien que N.M. Perera ait reçu une nouvelle fois le portefeuille des Finances, le coup le plus amer porté aux intérêts du L.S.S.P. est le fait que la fonetion publique, qui a été toujours placée sous le contrôle du ministère des Finances a été délibérément retirée de ce ministère pour être placée sous le contrôle de Felix Dias Bandanaraike, le plus à droite de ceux qui dans la direction du S.L.F.P. s'opposent au L.S.S.P. Ce coup a été rendu plus sérieux encore par le fait que la création des « Comités Populaires » a été placée sous le contrôle du même Felix Dias, de telle manière que le L.S.S.P. n'aura pas seulement peu à dire dans l'administration mise en place, mais aussi en ce qui concerne la promesse faite, à grande publicité, de placer l'administration à portée du peuple par le biais des Comités Populaires consultatifs.

Le L.S.S.P. chercha à s'assurer le portefeuille nouvellement créé de l'Administration publique pour le remettre à Bernard Soysa ; après avoir échoué, il tenta moins de lui obtenir celui des affaires municipales. Une nouvelle fois, la déception fut portée à son comble du fait que Felix Dias Bandanaraike se vit à nouveau remettre ce portefeuille en plus de celui de l'Intérieur, Il est ainsi devenu, une nouvelle fois, le plus important ministre du gouvernement, après Mme Bandanaraike elle-même. Elle détient les portefeuilles des Affaires étrangères et de la Défense, de la Planification et, ce qui est significatif, de l'emploi.

Le P.C. (pro-Moscou) a cherché à obtenir

IEME INTERNATIONALE lion et demi d'électeurs qui apportèrent leur soutien à la coalition en 1965, maintinrent leur opposition au régime U.N.P., et sont désireux pour le moins de certains changements sociaux radicaux. Dans re contexte, et en considérant la démagogie

* socialiste » de la plupart des dirigeants de la coalition durant la campagne électorale, et qui allèrent même au-delà des prétentions « socialistes » du programme de la coalition, il y a toutes les raisons de prévoir pour la période qui s'annonce, des conflits importants entre la classe ouvrière, les étudiants radicalisés, et la jeunesse en chômage du pays, d'une part, et le gouvernement, de l'autre. le portefeuille de l'Electricité et de lirrigation pour son vieux président S.A. Wickremasinghe. Ce portefeuille cependant a été attribué au député dirigeant du S.L.F.P., Maitripela Senanayake, et il dut se satisfaire du portefeuille du Logement et de la Construction attribué à Pieter Keunemann, devenu le premier communiste ministre à Ceylan.

Le ministère de l'Industrie et de la Recherche Scientifique a été donné à T.B. Subasinghe, membre du S.L.F.P., exsecrétaire du L.S.S.P. et ancien ambassadeur à Moscou.

Les deux dirigeants de l'aile « gauche › du L.S.S.P. en 1965, qui refusèrent de siéger au premier. gouvernement de coalition à participation L.S,S.P., Leslie Goonawardene et Colvin R. de Silva, se sont vu attribuer respectivement des portefeuilles d'importance relative moindre, ceux des Communications et des Plantations. Leslie Coonewardene a pour tâche de fournir en premier lieu des transports ferroviaires et routiers adéquats au public, non seulement sans accroître les tarifs, mais aussi sans faire des appels injustifiés à son camarade ministériel N.M. Perera pour des crédits supérieurs. Colvin R. de Silva qui détient les plus gros intérêts privés de tous les membres du cabinet en matière de plantations, s'est vu assigné la tâche de contrôler les agences de gestion, puissamment dominées par l'impérialisme, ainsi que de participer à l'application correcte du Pacte Shastri-Sirima, c'est-à-dire de participer à ce à quoi il s'était radicalement opposé dans le passé : le rapatriement de près d'un demi-million de travailleurs des plantations d'origine indienne, au lieu de leur garantir la citoyenneté ceylanaise | Il a fait de Doric de Souza son secrétaire personnel permanent.

LA COMPOSITION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT

LA COMPOSITION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT

LES MASSES REAGISSENT SPONTANEMENT

Bien qu'il fût évident que l'U.N.P. avait été battu par le Front unique aux élections dès la nuit du 27 mai, la journée suivante fut marquée à Colombo et dans la majeure partie du pays par un calme lourd. La nouvelle de la démission de Dudley Senanayake comme de celle des autres membres du cabinet U.N.P. n'était pas encore généralement connue, et ceci jusqu'au 29 au matin. Ce ne fut qu'ensuite, et après l'annonce de la demande du Gouverneur Général à Sirimavo Bandaranaike de constituer un nouveau gouvernement, que la joie populaire commença à s'extérioriser. Dans la nuit du 27, un très réel danger plana de voir instaurer brusquement l'état d'urgence, sous un prétexte ou un autre ; les masses l'ont ressenti instinctivement, conséquemment aux avertissements d'une menace de coup d'Etat lancés par les dirigeants du Front unique, renforcés par l'appel du camarade Bala Tampoe à une grève générale pour l'écraser.

Cet appel du secrétaire du C.M.U. lancé à l'adresse de la classe ouvrière en vue d'une action de masse nécessaire pour contrecarrer toute tentative d'empêcher un changement de gouvernement a rehaussé qualitativement l'influence politique du L.S.S.P. (R), (Section ceylanaise de la IV° Internationale) au sein du mouvement de masse. La situation dans laquelle il intervint était si cruciale que même certains secteurs du L.S.S.P. précédemment, parmi les plus sectaires et les plus hostiles à l'égard du L.S.S.P. (R) modifièrent leur attitude et devinrent même amicaux. Tous les effets résiduels du vote d'Edmund Samarakkody et de Meryl Fernando le 3 décembre 1964 au Parlement, qui avait contribué au renversement de la première coalition gouvernementale S.L.F.P.-L.S.S.P. sur un amendement au Discours du Trône, furent balayés, et un climat de bonne volonté à l'égard du L.S.S.P. (R) fut créé . dans les rangs de la coalition.

Une manifestation plus concrète de la volonté du S.L.F.P. de ne pas provoquer un conflit immédiat avec le syndicat militant C.M.U. fut fournie respectivement par

Une semaine après la formation du nouvean gouvernement, et dans le contexte contexte de l'extension des manifestations d'enthousiasme des masses qui en résultèrent, N.M. Perera, en tant que ministre des Finances, donna la première indication publique du cours véritable que le gouvernement suivra. Il déclara que le nouveau gouvernement se voyait obligé d'opérer des coupes sombres dans le programme les ministres de la Pêche, et de la Radiodiffusion et de l'Information, juste quelques heures avant qu'ils aient été assermentés, le 31 mai. Ils intervinrent pour apporter une solution aux grèves prolongées qui affectaient deux corporations d'Etat placées sous leur contrôle. Tous les ouvriers limogés ou licenciés furent réintégrés inconditionnellement et sans formalité; Bala Tampoe fut appelé pour parler aux travailleurs dans chacune des deux corporations, et ils retournèrent triomphalement au travail.

La réaction des masses vint tout de suite après la désignation de Mme Banda ranaike comme Premier ministre. Des mil. liers de personnes manifestèrent à Colombo contre la presse pro-impérialiste et mirent à sac un de ses locaux. Des chômeurs ruraux occupèrent des terres, notamment dans la Province Centrale, où la police et l'armée entreprirent immédiatement de les en chasser. Dans la circonscription électorale de Leslie Goonewardene, il y eut également l'occupation des terres d'un propriétaire foncier U.N.P. Leslie Goonewardene publia un tract, dénonçant l'occupation, appelant les masses à respecter « la loi et l'ordre » (law and order).

Une réaction parallèle des masses consiste à créer de nouveaux syndicats dans le secteur privé. Dans la fameuse usine de tricotage Velona — où le premier gouvernement de coalition en 1965 brisa une grève dirigée contre un vieux patron de combat — les travailleurs constituèrent un syndicat L.S.S.P. et comme en 1965 réclamèrent la nationalisation de l'usine. Le patron « suspendit > 24 « meneurs » et embaucha des jaunes. Les militants de base du L.S.S.P. en retirèrent une impression de frustration.

Dans le Ceylan Transport Board, les militants de base L.S.S.P. constituèrent un « comité populaire ». Mme Bandaranaike immédiatement imposa ses conditions : pas de pouvoir de décision ; même pas de droit consultatif en matière d'embauchage et de licenciement. Les ministres L.S.S.P. s'inelinèrent. La base se sentit à nouveau frustrée. actuel des dépenses à cause de l'état grave de la balance des paiements, que le pré. cédent gouvernement avait caché au peuple : il lança un appel à la patience populaire * tandis que des mesures de redressement sont prises pour éviter la banqueroute ». En même temps il fit appel aux gouverne. ments étrangers, incluant expressement les Etats-Unis, à aider le gouvernement en retardant le remboursement des prêts, ainsi

L'ORIENTATION DU GOUVERNEMENT FRONT POPULAIRE

L'ORIENTATION DU GOUVERNEMENT FRONT POPULAIRE qu'aux capitalistes locaux en acquérant des

Le camarade Tampoe s'abstint délibérémem de dire quoi que ce soit qui put apparaître comme une provocation à l'égard du nouveau gouvernement. Mais il déclara que contrairement à Aziz, du Congrès Démocratique des Travailleurs, qui parla avant lui, il ne lui était pas possible d'offrir sa collaboration au nouveau gouvernement, et que ce n'était possible que dans le cas d'un gouvernement ouvrier, selon sa conception politique de l'indépendance de la classe ouvrière. Il ajouta cependant être prêt à collaborer avec le gouvernement pour promouvoir toute mesure ou toute tentative allant dans le sens du progrès des intérêts de la classe ouvrière ou du mouvement de masse, et qu'il ne perdait pas de vue le fait que, bien que la majorité de la classe capitaliste s'était opposée au Front Unique durant les élections, alors que la majorité de la classe ouvrière l'avait soutenu, il était maintenant manifeste qu'une grande partie de la classe capitaliste et même les impérialistes lui offraient leur collaboration. Il attira l'attention sur un fait lié à cela : N.U. Jayawardene, président de l'Association des Industriels de Ceylan, l'un des plus gros hommes d'affaires du pays, avait lancé un appel public à ses confrères, le jour même reproduit par les journaux, pour qu'ils « versent généreusement des fonds » pour acquérir des Certificats de paiement anticipé des Impôts, de même que pour acheter des Bons du Trésor et contribuer largement au « Fonds pour la Sauvegarde du Pays ».

Se référant au programme du nouveau gouvernement, comme il fut présenté dans le Discours du Trône le 14 juin, qui ne faisait que reproduire le manifeste électoral du Front Unique, Bala Tampoe déclara que le Conseil général du C.M.U. avait décidé de l'étudier attentivement, dans la mesure où il promettait un changement de la Constitution parmi d'autres questions importantes pour la classe ouvrière et le mouvement de masse. Sous ce rapport, il mentionne qu'il y avait dans le Discours du Trône des points sur lesquels la elasse ouvrière pouvait coopérer avee le gouvernement, mais aussi d'autres qui ne le permettaient pas. Il fit référence en particulier au Pacte Sirima-Shastri, et déclara que la classe ouvrière ne pouvait pas envisager de coopérer à la déportation en Inde de tout un secteur du prolétariat des plantations, alors que des capitalistes indiens et pakistanais, ainsi que des impérialistes, se voyaient autorisés à maintenir la propriété de leurs plantations à Ceylan !

Les implications de son intervention ne furent pas perdues pour Colvin R. de Silva qui parla immédiatement après lui. Son discours eut un effet de surprise sur l'assistance, dans la mesure où il avait été complètement décontenancé par ce que Tampoe avait dit. Il proféra une menace

« Certificats de pôt >.

Un « Fonds Pays » fut lancé de N.M. Perera, grande publicité breux capitalistes gers, et un très ont versé sur de buées, - non seul politiques du g par des directic vriers ont versé dans la plupart cela n'a pas tou à tel point que dans la nécessité selon laquelle il tion de la part fonds. Les verses liers de roupies si manifestement tes que le fon discrédité parmi nement. Le P.O publiquement da pour le fonds, d pays ne peuvent donations.

Devant le pu a généralement es sur sa gauche l le 27° anniversai le président de e priation des plar alors que Colvin Plantations et de une délégation d des plantations parti (L.S.S.P.), de nationaliser le le gouvernement « de manière à s'y produisent p à un autre syndi paiement anticipés d'impour la Sauvegarde du peu après l'appel public les journaux donnant une aux donateurs. De nomceylanais ainsi qu'étrangrand nombre d'ouvriers 's listes qui furent distriement par des partisans ouvernement, mais même ns d'entreprise. Les ouune journée de salaire des cas. Mais souvent, jours été très volontaire, Mme Bandaranaike se vit de publier une déclaration n'y avait aucune obligade personne à verser au nents de dizaines de milpar des capitalistes étaient hypocrites et opportunis. ds est maintenant assez les partisans du gouver. pro-Moscou a critiqué as son journal la collecte isant que les finances du pas être soutenues par des ›lic, le P.C. pro-Moscou sayé de tourner le L.S.S.P. ›rs du meeting célébrant re du P.C., le 2 juillet, e parti réclamant l'exproitations et des industries, R. de Silva, ministre des •s Industries, avait dit à a syndicat des travailleurs contrôlé par son propre qu'il n'était pas question s agences de gestion, que doit seulement contrôler empêcher les méfaits qui résentement ». Il déclara cat qu'il n'était pas question que les plantations soient nationalisées.

La première apparition publique de Colvin R. de Silva à une tribune syndicale, où Bala Tampoe l'avait précédé comme orateur, eut lieu à Kandy, le 19 juin, lors de la 50° assemblée générale annuelle du Syndicat des Employés des Plantations de Ceylan. Ce syndicat est étroitement lié au C.M.U., par le biais du Comité Unifié des Syndicats de Ceylan, et son président et son secrétaire général apportèrent un soutien publie au Front unique durant les élections, bien que leur dirigeant le plus qualifié, qui est maintenant vice-président (Kirti Seneviratne) s'en abstint, partageant nos conceptions politiques. Plus d'un mil. lier de membres du syndicat étaient présents, et saluèrent de la manière la plus chaleureuse l'entrée de Colvin R. de Silva.

voilée à l'adresse de tout syndicat qui essaierait de s'opposer à la politique définie par le gouvernement, disant que le dernier orateur avait jeté le gant au gouvernement et qu'il était prêt à le relever. Il avertit que le gouvernement prendrait des mesures pour sa propre protection contre les syndicats qui se mettraient en travers de son chemin, et qu'il ne faudrait pas alors que les syndicats disent de lui qu'il est e antisyndical ». Il donna une explication en détail du Pacte Sirima-Shastri, le décrivant comme un accord entre les gouvernements indien et ceylanais pour une période donnée, que le nouveau gouvernement pensait l'appliquer de manière satisfaisante, que le rapatriement serait volontaire plutôt que forcé pour les travailleurs « de récente origine indienne », caractérisant ainsi ceux concernés par le Pacte. Faisant référence aux comités populaires consultatifs, il déclara qu'il en serait organisé un pour les travailleurs des plantations et qu'ils pourraient désigner qui ils voulaient, même ceux hostiles au gouvernement.

De telles remarques, ainsi que le ton et la teneur de son discours, transformèrent complètement l'ambiance de la réunion. L'enthousiasme disparut et, bien que des applaudissements occasionnels se produisirent, ils furent plus polis que chaleureux. Colvin R. de Silva réalisa vers la fin l'effet que fit son discours, car il en changea le ton, disant qu'il espérait que, dans les années à venir, les syndicats qui avaient soutenu la politique du gouvernement de Front Unique n'auraient aucune raison de la regretter. Ce qui est important, dit-il, en citant quelqu'un, ce n'est pas le ‹ pas final », mais le « pas suivant ». Incidem-

LA DESILLUSION DES

Cet exemple montre avec quelle rapidité une nette tendance à la désillusion vis-à-vis du gouvernement, et de la direction du L.S.S.P. en particulier, émerge dans la classe ouvrière. Cela s'est manifesté dans différents secteurs, et la base du L.S.S.P. elle-même exprime de plus en plus ouvertement son mécontentement de la manière dont déjà vont les choses. La destruction, le 15 juin, par la police, du local du L.S.S.P. de Borella (Colombo), dans une circonscription oi le L.S.S.P. était sorti vainqueur, et la mort d'un membre des jeunesses du L.S.S.P., dont le crâne a été fracturé par un coup de bâton de la police durant l'atlaque, a créé une tension considérable dans la région et une assez grande préoccupation pour les dirigeants du L.S.S.P., qui calmèrent leurs gens à l'aide de la promesse du Premier ministre de nommer une personne extérieure à la police pour mener une enquête complète. L'élue L.S.S.P.

IONALE 39 ment, il dit que le gouvernement aurait à « manœuvrer > et ferait des « zigzags », et qu'il y aurait alors des gens qui diraient : < Nous vous l'avions bien dit », mais que le gouvernement devrait être jugé sur les résultats finaux de sa politique globale.

A la suite de la réunion de Kandy du 19 juin, une délégation du Syndicat des Employés de Plantation de Ceylan rencontra officiellement Colvin R. de Silva, au sujet de certaines grèves concernant les plantations et des problèmes en résultant. Cela se tenait done peu après la déclaration catégorique de Colvin R. de Silva à la réunion de Kandy : « Ma tâche est de maintenir en ordre le fonctionnement les plantations », et dans le cadre de la polémique avec le ministre du Travail, relative aux termes et conditions d'emploi des travailleurs des plantations. Au cours de son entretien avec la délégation du Syndicat, il lui enjoigna une fois de plus d'aller porter ses problèmes auprès du ministre du Travail. Le président du Syndicat fit alors remarquer que ces problèmes provoquaient des grèves qui affectaient le fonctionnement des plantations, dont il avait dit qu'il était sa responsabilité propre. Colvin R. de Silva lui répondit alors de ne pas essayer de « faire pression sur lui ». Cette réplique eut pour effet de provoquer le président qui déclara à Colvin R. de Silva que son syndicat en conclurait qu'il s'identifiait avec les propriétaires de plantations, s'il pensait qu'ils étaient en train de faire pression sur lui avec leurs références à l'impact des grèves sur le fonctionnement des plantations ! MASSES COMMENCE de Borella rapporta elle-même que ceux qui étaient à l'intérieur du local du L.S.S.P au moment de l'attaque de la police lui ont raconté qu'ils n'avaient pas pensé un seul instant pouvoir être attaqués sous « leur › gouvernement, sinon ils auraient pris leurs propres précautions !

La bourgeoisie semble avoir déjà pris la mesure du nouveau gouvernement. S'étant rapidement remise du choe de la défaite écrasante de I'U.N.P., qu'elle n'avait nul. lement prévue, elle a adopté une politique très astucieuse en offrant de coopérer avec le gouvernement pour la réalisation de son programme ! J.R. Jayawardene, le nouveau dirigeant du groupe U.N.P. au Parlement, qui est indubitablement plus capable que Dudley Senanayake et qui avait prédit publiquement dans un article paru le 26 mai dans les Daily News, qu'il se pourrait qu'une guerre civile ait lieu si le Front Unique était élu, a depuis dé-

QUATRI claré que son parti était en accord avec la plupart des propositions contenues dans le Discours du Trône du 14 juin. Il a déclaré aussi que le gouvernement U.N.P. fut battu parce qu'il avait failli dans la solution du problème du chômage et de l'abaissement du coût de la vie, et que son parti serait content si ces problèmes étaient résolus par le nouveau gouvernement. Un autre député U.N.P. déclara au Parlement que le nouveau gouvernement comprenait d'étranges compagnons de chambrée, à la fois capitalistes et socialistes, et qu'il serait curieux de voir qui serait poussé hors du lit.

Les membres de la nouvelle Chambre des Représentants ont été convoqués par le Premier ministre le 19 juillet, pour le vote d'un nouveau projet de Constitution.

Il apparaît avec évidence dans le journal du P.C. pro-Moscou, Attah (La Vérité), et dans les discours des dirigeants du P.C., que la ligne de ce parti est de faire de la propagande d'une manière démagogique, en faveur d'un changement de la structure capitaliste, plutôt que de faire campagne pour ce changement. Il est aussi évident qu'ils visent particulièrement N.M. Perera, Colvin R. de Silva et Co, du fait de leurs craintes de prendre des mesures sérieuses contre les capitalistes, nécessaires si on veut empêcher un soulèvement de la droite. Cette ligne tend à les faire apparaître plus à gauche et plus anticapitalistes aux yeux de la jeunesse, la plus impatiente de changements radicaux. Pour eux, leur coalition avec le L.S.S.P. et le S.L.F.P. est essentiellement une tactique politique, alors

EME INTERNATIONALE que pour la direction du L.S.S.P., la coalition est devenue une stratégie.

Le consensus général de l'opinion publique à droite comme à gauche est que le problème du chômage chez les jeunes, surtout dans problème le sif auquel le

L'impatience les régions agricoles, est le plus pressant et le plus explogouvernement doit faire face.

des jeunes désireux de changements sociaux concrets est plus grande qu'au sein de la classe ouvrière qui, bien qu'affectée par le coût élevé de la vie, veut donner au gouvernement du temps pour réaliser les promesses faites. Même les députés S.L.F.P. des régions rurales, et particulièrement les députés jeunes, réclament des changements anticapitalistes. et plus radicaux que ceux envisagés dans le programme commun. La dynamique de la situation est ainsi nettement à gauche.

L'apparition d'une tendance dite & guevariste » dans les universités et les écoles, et même aussi parmi les travailleurs, est un signe de mécontentement à l'égard des directions et des lignes officielles des deux P.C. (pro-Moscou et pro-Pékin). Elle n'a aucune confiance dans le Front Unique et considère la classe ouvrière elle-même trop conservatrice pour une action révolutionnaire contre l'ordre établi. Malheureusement elle manifeste aussi une attitude Sinhala petite-bourgeoise raciste à l'égard du prolétariat d'origine indienne-tamil, qu'elle exprime par son opposition à ce qu'elle appelle « l'expansionnisme indien ».

Le mouvement ouvrier ceylanais traverse une expérience décisive, appelée à faciliter la formation d'une nouvelle avant-garde révolutionnaire à audience de masse..

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