Depuinnu capite sine confronto aver Depuis un quart de siècle, confronté avec d'une part et l'actualité de la révolution socialiste d'autre part, le stalinisme en Occident, désemparé, s'efforce de marier deux exigences : celle du réformisme de fait, c'est-à-dire d'une justification théorique de la pratique néo-réformiste qui a cessé depuis longtemps de viser le renversement révolutionnaire du régime capitaliste, y prépro de main le trance tri parant ses cadres et les masses qu'ils influence dans des pays comme la France et l'Italie (sans parler des petits partis des autres pays d'Europe capitalistel : celle
A L'ORIGINE,
A l'origine de cette thèse, il y a une équivoque qu'il est temps de mettre à nu. On sait que Lénine ne mentionne le « capitalisme monopoliste d'Etat> que dans un seul texte, La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer, brochure écrite en pleine révolution russe et publiée à la veille de la révolution d'Octobre. Il s'agit manifestement d'une brochure d'agitation, cherchant à mobiliser les masses ouvrières et paysannes, encore partiellement influencées par les conciliateurs mencheviks et socialistes-révolutionnaires, à l'aide de revendications transitoires, pour qu'elles passent à l'action en faveur de la remise du pouvoir aux soviets. En fait, au moment où la brochure fut écrite, les bolcheviks dé. tenaient déjà la majorité dans la plupart des soviets des grandes villes.
Il est important de préciser ce fait pour expliquer l'emploi par Lénine, dans cette brochure, de formules comme « Etat démocratique révolutionnaire » se substituant à « l'Etat des grands propriétaires fonciers et des capitalistes ». Lénine a en vue manifestement la situation de dualité de pouvoir en Russie, avec un puissant réseau d'organes de pouvoir d'ouvriers et de paysans pauvres, les soviets, qu'il cherche à amener à prendre tout le pouvoir, en écrasant l'Etat bourgeois. Il veut contraindre les membres non-bolcheviks de ces soviets à faire ce pas décisif. C'est en rapport avec cet objectif précis, révolutionnaire, que Lénine parle du « capitalisme monopoliste d'Etat » et affirme : « Le socialisme n'est autre chose que le monopole capidu dogmatisme, qui doit pouvoir trouver dans le texte des classiques les références nécessaires pour fonder cette théorie apologétique à laquelle nous venons de faire allusion.
Ainsi est née la thèse du « capitalisme monopoliste d'Etat » qui, après avoir connu des destinées diverses au cours des années 50 et au début des années 60, est à nouveau intronisée comme la pièce maitresse de l'explication de notre époque offerte aux membres et sympathisants du P.C.F. (1). L'AMBIGUITE taliste d'Etat mis au service du peuple entier et qui, pour autant, a cessé d'être un monopole capitaliste > (21.
Lénine, comme objectif, ne recherche évidemment pas une quelconque « coalition antimonopoliste » avec une aile de la bourgeoisie, mais la prise du pouvoir par les soviets. Ce n'est qu'en retirant ces paroles d'agitateur de leur contexte historique précis qu'on peut essayer de faire dire à Lénine le contraire de ce qu'il dit, à savoir que sans renversement de l'Etat bourgeois, sans expropriation de la bourgeoisie, sans prise du pouvoir par les travailleurs, sans révolution socialiste, le capitalisme monopoliste d'Etat peut conduire graduellement, par l'étape de la « coalition antimonopoliste › et « l'union des forces démocratiques », c'est-à-dire l'alliance avec une aile de la bourgeoisie, vers le socialisme. Transformer le révolutionnaire Lénine en un vulgaire réformiste est un nu-
(1) Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Eugène Varga présenta le • capitalisme monopoliste d'Etat • comme une nouvelle phase d'organisation du capitalisme dans son ensemble. Cette thèse n'enchanta guère les courants les plus droitiers du mouvement stalinien, car elle escamotait la base • théorique • de la • coalition antimonopoliste ». Plus tard, Varga s'adapta : le - capitalisme monopoliste d'Etat - n'agissait plus que dans l'intérét d'une • infime poignée de monopoleurs •. Cela permettait évidemment une alliance contre ces monopoles avec la majorité de la bourgeoisie elle-même...
(2) Lénine, Œuvres choisies en deux volumes, volume Il, P. 127. Editions en langues étrangères Moscou, 1947 méro de cette prestidigitation dans laquelle les staliniens mal repentis de stalinisme sont passés maîtres.
Pour se rendre compte du fait que les quelques phrases sur le « capitalisme monopoliste d'Etat » contenues dans La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer ne sont qu'arguments au service de l'agitation révolutionnaire, et non une formulation scientifique programmatique. quatre références suffiront :
- L'œuvre fondamentale de Lénine sur l'impérialisme. L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme. paraît en avril 1917, six mois avant que ne soit rédigée La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer. Le terme « capitalisme monopoliste d'Etat » n'y est pas mentionné, bien que Lénine connaisse parfaitement à ce moment les mesures d'économie de guerre en Allemagne impériale et ailleurs, qu'il désignera six mois plus tard sous cette formule :
Si la formule de Lénine est passagère et agitationnelle, si les théoriciens staliniens et poststaliniens créent une ambiguïté en effaçant ce caractère pour lui substituer celui d'une définition scientifique de toute une époque d'histoire capitaliste, l'ambiguité s'amplifie davantage dès qu'on examine la nature de cet « Etat » qui est partie intégrante du « capitalisme monopoliste d'Etat ».
Lénine, quant à lui, ne tolère pas la moindre ambiguïté à ce propos. Dans la brochure La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer, voici ce qu'il dit au sujet du « capitalisme monopoliste d'Etat » :
« Or, qu'est-ce que l'Etat? C'est l'organisation de la classe dominante; en Allemagne, par exemple, celle des hobereaux et des capitalistes. Aussi, ce que les Plekhanov allemands (Scheidemann, Lensch et autres) appellent le « socialisme de guer. re » n'est en réalité que le capitalisme de guerre - capitalisme monopoleur d'Etat ou, pour être plus clair et plus simple, un bagne militaire pour les ouvriers, la protection militaire des profits capitalistes.
En bien, essuyez un peu de substituer à Eh bien, essayez un peu de substituer à l'Etat des grands propriétaires fonciers et des capitalistes, l'Etat démocratique révolutionnaire, c'est-à-dire un Etat qui détruise révolutionnairement tous les privilèges quels qu'ils soient, qui ne craigne pas d'appliquer révolutionnairement le démocratisme le plus complet. Et vous verrez que le capitalisme monopoleur d'Etat signifie inévitablement, infailliblement, dans un Etat démocratique révolutionnaire véritable, la marche vers le socialisme » (3).
- L'œuvre fondamentale de Lénine sur l'Etat, L'Etat et In révolution, est rédigée deux mois après la brochure La catastrophe imminente : le terme « capitalisme monopoliste d'Etat > n'y est pas mentionné :
- Le nouveau programme du parti bolchevik, rédigé par Lénine pour le 8ª Congrès du parti communiste en 1919, qui ré. sume toute la doctrine marxiste-léniniste sur le capitalisme et l'impérialisme, ne souffle mot du & capitalisme monopoliste d'Etat » :
- Les documents programmatiques des quatre premiers congrès de l'Internationale Communiste, rédigés entre 1919 et 1922. soit par Lénine lui-même soit avec la collaboration étroite de Lénine, ne soufflent mot, non plus, du « capitalisme monopoliste d'Etat ».
La conclusion semble évidente : il s'agit. sous la plume de Lénine, d'une formule passagère d'agitation et non d'une description scientifique d'un stade précis du capitalisme ou de l'impérialisme.
Le point de départ du raisonnement est la destruction de l'Etat bourgeois. A cette condition, et à cette condition seulement, les mesures proposées par le programme de transition léniniste (nationalisation des banques et des monopoles ; contrôle ouvrier ; suppression du secret commercial et bancaire, ete.) seront une étape vers le socialisme.
A ce propos Lénine ne laisse de la place pour aucune équivoque. Il précise même : « Ici, pas de milieu ». Ou l'on substitue l'Etat « démocratique révolutionnaire> à l'Etat bourgeois, c'est-à-dire la prise du pouvoir par les soviets, et alors on ouvre une étape vers le socialisme. Ou l'on maintient l'Etat bourgeois, et alors on va vers le « bagne militaire pour les ouvriers >, vers «la répression bureaucratique réactionnaire des aspirations « démocratiques révolutionnaires » des masses. Pas de milieu » (4).
Mais les « théoriciens› du P.C.F. qui veulent se servir des formules de Lénine pour justifier la politique néo-réformiste de leur parti, sont obligés d'introduire l'ambiguïté là où Lénine était d'une clarté parfaite. Ils sont ainsi amenés à amplifier cette ambiguité en un révisionnisme patent. Voici ce que nous pouvons lire sous la plume de Paul Boccara :
« Le capitalisme monopoliste d'Etat (C.M.E.), annoncé par des transformations significatives dès le tour début du stade impérialiste, surgit pendant la guerre de 1914-1918, sous la pression de la lutte à mort entre les Etats capitalistes. expression du développement des antagonismes impérialistes. Il est nécessaire de pousser au
(3) Ibidem p. 126-127.
(4) Ibidem pp. 127-128.
L'AMBIGUITE S'AMPLIFIE EN REVISIONNISME
L'AMBIGUITE S'AMPLIFIE EN REVISIONNISME
QUATR maximum la production et pour cela de commencer à dépasser les limites des rapports du cupitalisme monopoliste simple, en mettant systématiquement la puissance de l'Etat, le pouvoir concentré de la socié. té qu'elle représente, au service de l'aceumulation capitaliste par les commandes. le financement et la programmation publiques.
Après une période de tassement, au len.
LEME INTER et profondément an lisme « obligé » de s'i du capitalisme mor pourrait de méme « obligé » de subir capitaux ou « obligé rialisme. Toutes ces sent évidemment à toires la concentrat la base sociale du lisme soulève des d'hommes contre lu nopoliste d'Etat » af nomique de couch bourgeoisie, ete.l. toujours estimé qu ces d'évolution inét tradictions internes sant par exacerber cara el ses professe tent maintenant les capitalistes avaient sissaient à leur cor « progressive » du pitalisme sous la p non seulement col des « luttes du m
Car c'est bien la 1 Pour Lénine, il y rente au capitalisme gne pour les travail ture est modifiée à vailleurs conquière Pour Boccara, Vare quement une tendan ces productives» 1 rapports de produc leurs imposent » au rait « neutre», c'est« utilisée » soit par par le « mouvement du « bagne militaire mocratique révoluti sans dire un mot s Voilà bien le fond toutes les tentatives [sic] pour raffermir et prolonger la vie Dans le même temps tenir compte du fai
NATIONALE timarxiste du capitanstaller dans la phase opoliste d'Etat : on sarler du capitalisme la concentration des
• de passer à l'impé-
« obligations » conduicentaines de millions a une tendance inhéqui représente un baleurs, mais dont la nacondition que les trant le pouvoir d'Etat. a et Cie, il y a brusce inhérente ‹ aux forsans relation avec les ion) que les « travailcapitalisme, et qui seà-dire qui pourrait être «les monopoles », soit ouvrier > (6). On passe 1→ à la « libération déonnaire > et vice versa ur la nature de l'Etat. du révisionnisme stalid'employer ces mesures pouvoir des monopoles du système capitaliste.
elle ne saurait ne pas que le développement du capitalisme monopoliste d'Etat crée une base matérielle favorable pour le socialisme •. (Victor
Tcheprakov : Le capitalisme monopoliste d'Etat.
Moscou. Editions du Progrés. 1969, p 450)
demain de la guerre. poliste d'Etat connait sidérable pendant la des années 1930... l. populaires contre la conditions de vie et couent profondément et les obligent à trour pression du système. gnation de la produ tandis que la planifi porte ses premiers st tique. Mais la solutio des d'armement débo Guerre mondinle. Au faite du fascisme. les et ouvrières imposer comme dans la plupa occidentale, des tran tiques dans le cadre rité sociale. nationa banques et industries lutter contre le malt et développer la proc ditions pacifiques. poles reprennent l'off de l'impérialisme amé division des forces or ques. Ils visent non s le développement de mocratiques, mais à n directement sous leur formations deja réal sont obligés [re-sic] rement dans la phas nopoliste d'Etat pour tre leurs profits et le défi mortel lancé au exigences des forces / par les luttes ouvriè de libération national économiques et socia formé le système soc
Passons sur les pay raient sortis de la er sion des années 1930 « solution nazie des ment » ; ce n'est en t Unis ni à la Grandedu Japon et de l'Itali pourrait s'appliquer. un échec en tant que Le chômage n'a dispa en Grande-Bretagne q pays impérialistes se politique de réarmen aussi sur la formule le capitalisme monoune progression con« grande dépression » es luttes des masses détérioration de leurs contre le chômage se. les pays capitalistes er, sous peine de supune solution à la staction et de l'emploi, cation socialiste remiccès en Union sovién nazie des commaniuche sur la Seconde lendemain de la déforces démocratiques it. dans notre pays, rt des pays d'Europe sformations démocradu capitalisme (séru. lisation de certaines de base, elc.l pour husianisme des trusts luction dans des conependant, les monoensive. avec « l'aide» ricain, profitant de la trières et démocratieulement à empêcher • transformations dé. tettre de plus en plus coupe [sic] les transsées. Néanmoins, ils le s'installer définiti• du capitalisme momaintenir et accroi. ir pouvoir, malgré le capitalisme par les productives modernes. res démocratiques et e, et par les progrès ax des pays qui ont inliste mondial> (5). • capitalistes qui seise et de la dépressans recourir à la commandes d'armeout cas ni aux EtatsBretagne (sans parler e) que cette formule Le New Deal a été • politique anti-crise. ru aux Etats-Unis et u'au moment où ces sont lancés dans la tent massif. Passons bassablement ridicule nien. néostalinien et poststalinien.
Peut-on dire que les « forces démocratiques et ouvrières» ont imposé en 1944 et 1946 des « transformations démocratiques › comme la nationalisation de certainer banques et industries de base au capi-
(5) Paul Boccara : • La crise du capitalisme monopoliste d'Etat et les luttes des travailleurs -, (Economie et Politique, décembre 1969, pp. 49.50).
(6) - Le caractère contradictoire du capitalisme monopoliste d'Etat exige une analyse concrète de toutes les mesures appliquées par l'Etat monopoliste. La classe ouvrière lutte contre des résultats contradieion des capitaux réduit capitalisme : l'impériai; le « capitalisme mofaiblit l'autonomie écoes importantes de la
Mais les marxistes ont il s'agissait de tendanitables, issues des condu système, et finisres contradictions. Bocurs soviétiques présenchoses comme si les un e choix », et choips défendant une voie développement du caression d' « exigences» jectives », mais encore suvement ouvrier».
e nœud de la question.
nien. néostalinien et poststalinien.
Peut-on dire que les « forces démocratiques et ouvrières» ont imposé en 1944 et 1946 des « transformations démocratiques › comme la nationalisation de certainer banques et industries de base au capi-
(5) Paul Boccara : • La crise du capitalisme monopoliste d'Etat et les luttes des travailleurs -,
(Economie et Politique, décembre
(6) - Le caractère contradictoire du capitalisme monopoliste d'Etat exige une de toutes les mesures appliquées par l'Etat monopoliste. La classe talisme français. britannique, ete. ? (7). Présenter les choses sous cette forme, c'est avaliser encore, un quart de siècle plus tard, une escroquerie politique de première dimension. La nationalisation des branches d'industrie fournissant des matières premières et de l'énergie à l'industrie de transformation a été une aide et un subside indirects aux grands monopoles des industries de pointe. Elle a été une « réforme» allant dans le sens des intérêts des couches prédominantes. «expansives ». du grand capital (même si, pour des raisons de conservatisme politique et idéologique, la majorité de la bourgeoisie s'y était quelquefois opposéel. En France, res « réformes» ont permis à de Gaulle, aver la complicité des dirigeants du P.C.F. et de la S.F.L.O., de tromper les travailleurs sur la nature capitaliste de l'économie qui subsistait intégralement et la nature bourgeoise de l'Etat qui était en train d'être reconstruit, avec l'aide de la formule immortelle de Maurice Thorez : < Un seul Etat, une seule police, une seule armée > - ceux de la hourgeoisie, évidemment. On a ainsi canalisé un profond mouvement de révolution social de larges masses vers l'aménagement du régime capitaliste dans l'intérêt des principaux monopoles. On a fait miroiter aux yeux des travailleurs qu'on était en « démocratie nouvelle », alors qu'on reconstruisait le capitalisme des monopoles et l'Etat bourgeois. Et comme il n'y a & pas de milieu », pas plus aujourd'hui qu'en 1917, on a ainsi conduit, comme les « Plékhanov, les Dan, les Tehernov ». que Lénine fustige dans La Catastrophe imminente. tendaient à le faire en Russie, vers la « répression bureaucratique réactionnaire » des aspirations des travailleurs, c'est-à-dire vers le règne des C.R.S., le coup d'Etat de 1958 et le « pouvoir personnel > gaulliste. Voilà Thistoire réelle de l'après-guerre en France que les formules torturées et vides de sens de Boccara doivent camoufler ou faire oublier.
Dans le cadre de la société capitaliste, il existe aujourd'hui une tendance inévitable à ce que l'Etat devienne de plus en plus le garant du profit des groupes monopolistes prédominants du grand capital. Cela implique les mesures étatiques plus diverses, qui tendent toutes à accroître l'emprise directe de ces monopoles l'économie, la société et l'Etat. En période révolutionnaire, à la veille de la prise du pouvoir par le prolétariat, des mesures formellement analogues se retourneraient évidemment contre les monopoles et le grand capital si leur Etat était abattu et le pouvoir passait dans les mains des travailleurs. Entre les deux, une phase de transforma• tion révolutionnaire de courte durée peut s'intercaler, phase de dualité de pouvoir, pendant laquelle les deux pouvoirs, celui qui est sur le point de disparaître et celui
IONALE 29 qui est sur le point de triompher, coexistent sur le territoire d'un pays (pas pacifiquement, mais en lutte tenace l'un contre l'autre). Identifier la coalition aver la bourgeoisie à cette lutte entre deux pouvoirs antagonistes, r'est supprimer tous les enseignements d'un demi-siècle de révolutions en Europe et ailleurs, et dissoudre le léninisme dans le réformisme le plus vulgaire. Présenter les choses comme si le renforcement des pouvoirs de l'Etat bourgeois dans le cadre du « capitalisme monopoliste d'Etat > pourrait être, à l'occasion. un pas vers le socialisme, c'est tromper honteusement les travailleurs et travailler au profit du « bagne militaire». au rassemblement des C.R.S. qui frapperont de. main sur sa propre tête.
Feu Eugène Varga qui avait plus de routine et plus de flair politique que les Boccara et Kanapa de service - ce qui veut dire qu'il était à l'occasion encore plus cynique - a affirmé les choses sans ambages :
« Dans une situation historique concrète, l'attitude du prolétariat à l'égard des mesures, de nature monopoliste d'Etat, prises par un gouvernement quel qu'il soit. dépend avant tout de ceci : à quel point sont venues à maturité les conditions de la révolution socialiste. S'il est question [sic] de lutter pour le pouvoir, soutenir les mesures quelles qu'elles soient du gouvernement visant à renforcer le régime capitaliste serait une absurdité. Mais si la situation n'est pas révolutionnaire et si le pouvoir de la bourgeoisie semble consolidé pour un certain temps, la lutte pour limiter l'arbitraire du capital monopoliste, pour In nationalisation démocratique [?] d'importants secteurs de l'économie, peut étre un bon moyen pour mobiliser les masses s(81.
Les contradictions ne sont pas surmontées ici non plus. Les mesures de l'Etat bourgeois sont présentées comme étant dirigées contre « l'arbitraire du capital monopoliste », alors qu'il faudrait dire en réalité que ces mesures visent à défendre les intérêts globaux des groupes monopolistes prédominants contre l'arbitraire de certains d'entre eux. Une « mobilisation des masses ≥ qui viserait à défendre ces intérêts globaux des groupes monopolistes est un leurre : pour servir la cause des travail-
(7) En mêlant la Sécurité sociale aux • réformes démocratiques », Boccara embrouille encore davantage la question. La • Sécurité sociale • a autant à voir avec le • capitalisme monopoliste d'Etat - que la journée de huit heures ou l'interdiction du travail des enfants dans les mines.
(8) Eugène Varga Essais sur l'économie politique du capitalisme (Moscou, Editions du Progrés. 1967. p. 73)
QUATRI leurs, elle doit aggraver les difficultés du système et non lui permettre de les résoudre. C'est pourquoi les marxistes révolutionnaires revendiquent toujours des nationalisations sous contrôle ouvrier, sans indemnité ni rachat, ce qui n'aiderait en aucune façon la rationalisation du système. Mais, quelles que soient les contradictions de Varga, sa prise de position a du moins le mérite de mettre en évidence les deux points principaux de la politique de la
« coalition antimonopoliste». Les mesures de rationalisation de l'économie capitaliste allant dans le sens du « capitalisme monopoliste d'Etat » renforcent en fait le régime capitaliste. Ce renforcement est insensé lorsque le pouvoir de la bourgeoisie n'est pas consolidé, lorsque nous sommes en situation révolutionnaire (ou prérévolutionnaire. ajouterait un léniniste).
Ce n'est que lorsque la possibilité de la révolution socialiste est mise entre parenthèses pour une longue période historique que la stratégie de la « coalition antimonopoliste » a un sens — réformiste, évidemment. Lorsqu'on est dans une époque
UNE DEFINITION
Mais la formule du « capitalisme monopoliste d'Etat > a encore une autre fonetion, en dehors de celle - principale de servir de justification à toute l'orientation réformiste des partis communistes en pays impérialistes. Elle sert aussi de feuille de vigne pour couvrir la désolante nudité de ces partis en matière d'explication de ce qui s'est passé dans les pays impérialistes depuis un quart de siecle. Les théoriciens néo-staliniens ne contestent plus qu'il y a une nouvelle étape dans l'histoire du capitalisme : pour eux, le « capitalisme monopoliste d'Etat » constitue cette nouvelle étape.
Comment la définir ? La définition « classique » est celle de Varga, rebâchée d'innombrables fois par d'innombrables auteurs soviétiques, des pays des « démocraties populaires » et des partis occidentaux :
« La nature même du capitalisme monopoliste d'Etat réside dans la conjonction des forces des monopoles et de celles de l'Etat bourgeois dans un double objectif : I) sauvegarder le régime capitaliste en luttant contre le mouvement révolutionnaire intérieur et contre le camp socialiste et 2) procéder par l'intermédiaire de l'Etat à une nouvelle répartition du revenu national en nouvelle répartition du revenu national en faveur du capital monopoliste > (10).
Boccara, quant à lui, donne une explication un peu plus sophistiquée en cinq points : l) le financement de type public de l'accumulation et de la production pri-
EME INTERNATIONALE de crises révolutionnaires et contre-révolutionnaires qui se succèdent rapidement -c'est le sens de l'époque impérialiste depuis 1914, telle que Lénine l'avait caractérisée — une telle stratégie sert effectivement à renforcer l'Etat bourgeois et le régime capitaliste contre les menaces de révolution. C'est ce qu'ont fait les Noske et Scheidemann en 1918-1923, les Thorez et Togliatti en 1944-1948, c'est ce que Séguy, Waldeck Rochet et Cie ont cherché à refaire en 1968.
Pour justifier cette politique révolutionnaire, il fallait nier l'évidence. nier que le pouvoir de la bourgeoisie est profondément ébranlé, nier qu'un processus révolutionnaire est possible. Et, après Staline et Khrouchtchev, Brejnev a formulé la philosophie de cette orientation de la manière brillante et succincte qui lui est propre : en Europe occidentale. pendant cinquante ans, il n'y a pas de révolution socialiste possible (9). Les militants des partis communistes d'Europe occidentale doivent bien se pénétrer du fait que c'est cette « vérité » profonde qui est sousjacente à toute leur « stratégie et tactique ». NON MARXISTE vées. 2) Le financement de type public ou collectif de certaines consommations et services. 3) Le prélèvement sur les revenus et l'intervention dans les circuits financiers. 4) La « programmation » publique et les e plans ». 5) L'exportation de capitaux publies encadre désormais, de plus en plus, l'exportation de capitaux privés et de marchandises par du capital dévalorisé publiquement, permettant d'assurer et de relever les taux de profits (11).
Si nous examinons la définition de Varga, nous voyons que sa première caractéristique du « capitalisme monopoliste d'Etat › relève de la superstructure, sa deuxième de la sphère de distribution et d'elle seule. Quant aux caractéristiques dégagées par Boccara, elles relèvent toutes de l'intervention de la superstructure pour « régulariser » des processus économiques. Mais en aucun cas, ni chez Varga ni chez Boccara, un fonctionnement modifié du mode de production capitaliste ne résulte de modifications dans le processus de production lui-même ou, pour nous exprimer autrement, d'une nouvelle phase de contradictions entre les rapports de pro-
(9) Voir une référence significative dans Pavel
Tigrid : L'Irrésistible (Paris, Calmann-Lévy.
(10) Eugène Varga siècle (Editions p. 98).
(11) Paul Boccara. passim.
chute d'Alexandre Dubcek
1969, p. 180).
: Le capitalisme du XX•
Progrès, Moscou,
1964, op. cit. cit. pp. 57-60, duction capitalistes et le niveau de développement atteint par les forces productives (12).
Or, aussi bien Marx et Engels que Lémine, des qu'ils cherchent à distinguer des étapes dans l'histoire du capitalisme. partent toujours des transformations qui se produisent dans le processus de production. Pour Marx, le passage du capitalisme manufacturier au capitalisme industriel est déterminé par la révolution industrielle de la deuxième moitié du XVIII siècle. Pour Engels, l'apparition des trusts et des cartels ton dira plus tard : du capitalisme des monopolest est déterminée par une nouvelle phase de la concentration du capital. Lénine procède de même quand il définit l'impérialisme comme la phase du capitalisme déterminée par un nouveau bond en avant de la concentration du capital, la fusion entre le capital industriel et le capital ban. caire (naissance du capital financier). l'essor des exportations des capitaux et l'asservissement d'un grand nombre de pays coloniaux et semi-coloniaux par ces rapi. taux impérialistes, etc.
Pour procéder de la même manière. il faudrait donc définir les caractéristiques fondamentales de la troisième phase dans l'histoire du capitalisme (13) en partant des transformations qui se sont produites dans l'organisation du processus de production ldi-même et de l'accumulation du capital. Nous obtiendrons des lors les caractéristiques fondamentales que voici :
1i L'accélération du rythme d'innovation technologique et le raccourcissement du cycle de reproduction du capital fixe. sous l'effet de la troisième révolution industrielle lénergie nucléaire, cybernétique. usines automatisées).
21 La tendance à la « planification » de plus en plus précise des investissements et des coûts (y compris des coûts salariaux) par les trusts monopolistiques, qui en découle nécessairement et qui conduit tant à la « programmation économique › nationale qu'à la pression en vue d'une intégration croissante des syndicats dans l'Etat bourgeois (« programmation sociale ». politique des revenus. ‹ économie concertée ». ete.).
31 Le changement des principaux courants d'exportation des capitaux privés. Ceux-ci, au lieu de se diriger des pays impérialistes vers les pays coloniaux et semi-coloniaux principalement, prennent la forme prépondérante d'exportation des capitaux privés entre pays impérialistes à différents niveaux de technologie et de productivité du travail, d'on découle une nouvelle phase d'internationalisation des capitaux, avec l'apparition de la ‹ compagnie multinationale › comme forme prédominante des trusts monopolistiques, et avec comme corollaire lapparition d'une tendance à des ‹ Etats bourgeois supranatio-
IONALE 31 naux », le tout correspondant à un niveau de développement des forces productives qui a depuis longtemps dépassé les limites de l'Etat bourgeois national. 4) La tendance à la « surcapitalisation » lau dégagement des surplus permanents de capitaux dans les mains des trusts monopolistiques), en partie voilée par la tendance à l'inflation permanente qui accentue l'autofinancement des grands trusts, et la formation des « conglomérats » de telle sorte qu'elle facilite par ailleurs l'accélération de l'innovation technologique et les montées et déclins rapides de branches industrielles et de régions entières axées sur celles-ci. Les deux tendances tendent à déplacer le centre de gravité de l'activité des sommets de la bourgeoisie monopoliste, de l'organisation de la production proprement dite, vers l'organisation de la reproduction. 5› Le rôle croissant de l'Etat en tant que garant des profits et surprofits monopolistiques, tant dans le domaine des commandes léconomie d'armements) que dans celui de la limitation des fluctuations conjoncturelles à l'aide de dépenses publiques. Les deux tendances accentuent le courant permanent d'une inflation, nourrie par ailleurs par le système des prix monopolistiques et l'autonomie croissante du système bancaire (substitution croissante de la monnaie scripturale à la monnaie de papier directement émise par les banques centrales). L'articulation de ces cinq caractéristiques qui est plus fidèle à la méthode marxiste-léniniste classique permet aussi de mieux expliquer les phénomènes cités par Boccara lui-même fet qui entrent presque tous dans le point cinq) par la logique du mouvement et les contradictions internes du mode de production capitaliste, plutôt que par l'intervention d'un deus ex machina (12) I! est vrai que Boccara mentionne en Dessant • les progrès de la socialisation des forces productives • qui seraient sous-jacents quelques-uns phénomènes décrits (op. cit. p. 61 par exemple). (13) Nous disons • troisième phase • du capitalisme industriel. Si, production capitaliste phase pré-industrielle turier qui va du 16ª c'est d'une quatrième Chacune de ces phase anз l'histoire du mode de on inclut celle de la du capitalisme manufacau milieu du 18* siècle. phase qu'il faudrait parler. s est liée à une révolution technique (c'est-à-dire à une révolution particulière des forces productives) : révolution manufacturière : première révolution industrielle (machine à vapeur. machinisme): deuxième révolution industrielle (électricité. moteur expiosion, travail semi-automatisé à la chaine): troisième révolution industrielle (énergie nucléaire. cybernétique, usine automatisée). Boccara fait une contribution intéressante en introduisant, dans l'analyse théorique. des phases à long terme dites de accumulation conforme à dès 1964, et par Trotsky sur-accumulation et de
• 3OUS-
Il s'apercevra cela est que une hypothèse que nous avancions qui avait d'ailleurs été pressentie
1921 des
QUATR extérieur, ou par réaction au ‹ renforcement du camp socialiste ». Elle permet aussi de dégager une conclusion extrêmement importante, qui manque complètement chez Varga et presque complètement chez Boccara, à savoir que la troisième phase dans l'histoire du capitalisme, tout en maintenant les contradictions du mode de production capitaliste sur lesquelles se concentraient dans le passé crises économiques et sociales, tout en modifiant forcément le poids spécifique de chacune de ces contradictions (14), y ajoute une nouvelle et suprême source de crise pour la survie du capitalisme : la crise des rapports de capitalistes eux-mêmes, aussi bien au niveau le plus élémentaire (celui de l'entreprise) qu'au niveau le plus éle vé (celui du maintien de l'économie de marché et de l'économie monétaire à l'échelle internationale se manifestant notamment par la crise permanente du système monétaire international).
Nous ne cherchons done pas une simple querelle de mots à Varga, Boccara, Tcheprakov et Cie : du moment où l'on reconnaît qu'une troisième phase de l'histoire du capitalisme industriel s'est effectivement ouverte vers 1940-45, peu importe en soi qu'on l'appelle « capitalisme monopoliste d'Etat », « néo-capitalisme », ‹ capitalis-
GARAUDY : UN PAS EN
Le livre de Roger Garaudy Le grand tournant du socialisme constitue une tentative de répondre au problème que nous venons de traiter : quelle est la nature et quelles sont les contradictions de la troisième phase du capitalisme industriel ? Mais sa réponse est viciée à la base. Elle aboutit une stratégie encore plus ouvertement réformiste que celle des partis communistes officiels (15).
L'analyse est viciée à la base parce qu'elle part d'une révolution scientifique-technique considérée de manière quasi-autonome par rapport au mode de production dans lequel elle s'insère. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous préférons utiliser le terme « troisième révolution industrielle › plutôt que la formule « révolution scientifiquetechnique ». Le terme « révolution industrielle » maintient au centre de l'analyse la production de marchandises. A chacune des révolutions industrielles, la productivité moyenne du travail fait un bond en avant, la masse des marchandises à écouler s'agrandit considérablement, mais les contradictions inhérentes au système s'aggravent du même fait.
Le bond en avant réalisé par la productivité du travail lors de la deuxième révotrouillar la le lution industrielle (électricité, moteur à explosion, travail à la chaîne) avait inspiré les considérations révisionnistes gradualistes et utopiques de Bernstein, parce qu'il
IEME INTERNATIONALE me tardif > (Spätkapitalismus) ou « capitalisme en déclin › ; l'essentiel est le contenu de cette troisième phase. Pour nous, cette troisième phase aggrave la crise générale du système capitaliste, aboutit à une lutte de classes exacerbée tant sur le plan mondial qu'au sein des pays impérialistes eux-mêmes, multiplie les crises révolutionnaires périodiques dans ces pays et facilite la coïncidence de facteurs objectifs et subjectifs favorables à la victoire de la révolution socialiste.
Dans la mesure où les définitions et acrobaties théoriques des Boccara voilent cette tendance fondamentale et sont en fait fondées sur l'hypothèse d'une consolidation à long terme du régime capitaliste en Occident, elles débouchent sur la stratégie de « l'alliance antimonopoliste », c'est-à-dire de la coalition avec la bourgeoisie « libérale », de l'abandon de l'objectif révolutionnaire, le renversement du régime capitaliste, ainsi que de la stratégie des revendications transitoires qui doit préparer ce renversement. Dans cette même mesure elles constituent le soubassement d'une stratégie réformiste servant objectivement à sauver le capitalisme de ses crises sociales, périodiquement profondes et potentiellement mortelles, comme celle de Mai 1968 en France. AVANT, DEUX EN ARRIERE n'avait pas compris le caractère profondément antagoniste de l'introduction de cette révolution technique au sein du mode de production capitaliste. Le bond en avant réalisé par la productivité du travail lors de la troisième révolution industrielle (énergie nucléaire, électronique, automation) inspire de même les considérations révisionnistes, gradualistes et utopiques, de Garaudy, qui a oublié le caractère profondément antagoniste de l'introduction de cette révolution « scientifique-technique > au sein du mode de production capitaliste. En veut-on des démonstrations ?
(14) Crises périodiques de surproduction, appe lées aujourd'hui pudiquement • recessions • : crises périodiques de mise en valeur du capital par suite des fortes poussées de lutte des ouvriers pour accroitre leur part dans la valeur nouvelle qu'ils mondial Produite éclatement ont produite crise du système impérialiste de la chaine impérialiste dans ses chainons les plus faibles, et une succession de révolutions antiimpérialistes dans les pays coloniaux et semicoloniaux ; crise générale du système capitaliste par l'éclatement périodique de crise prérévolutionnaires et révolutionnaires dans les pays impérialistes eux-mêmes.
(15) Roger Garaudy : Le grand Tournant du Socialisme (Paris, Gallimard, Collection - Idées ».
1969). Nous ne traiterons livre de
Garaudy du et réfutations : sur les du stalinisme:
sur
Prague; sur l'autogestio ici d'autres aspects pas méritent réflexions qui origines et la nature événements les yougoslave :
la sur léniniste d'organisation, théorie etc.
1) Partant de la constatation juste que la troisième révolution industrielle - la cybernétique — permet dans certaines conditions sociales précises de renverser la tendance à la parcellisation du travail. Garaudy présente les choses comme si ce renversement était déjà la tendance prédominante dans les pays capitalistes les plus avancés, allant jusqu'à affirmer qu'en Occident le chômage diminue et la déqualification décroit (pp. 28, 30, 31), alors que la tendance fondamentale dans le régime capitaliste est en sens inverse: la période 1965-1975 connaîtra un taux de chômage fortement supérieur à celui de la période 1955-1965 en Europe, la période 1968-1978 à celui de la période 1958-1968 aux Etats-Unis.
Pour que l'automation soit compatible avec une réduction du chômage et une requalification générale de la classe ouvrière, elle devrait aboutir à un accroissement colossal de la production et de la consommation et à une réduction radicale de la durée du travail impossibles à atteindre dans le triple cadre de l'économie marchande, de la production pour le profit et de l'Etat l'Etat national. Garaudy considère ces contradictions comme secondaires : nous les croyons fondamentales.
2) Partant de la constatation juste que la troisième révolution industrielle est grosse d'abondance, à condition que la production soit socialement planifiée par les producteurs associés et que l'économie marchande dépérisse, Garaudy aboutit à la conclusion inspirée de l'économiste américain bourgeois Galbraith que « les grands monopoles, notamment dans les secteurs de pointe de l'industrie, cherchent à s'en affranchir [du marché, EM] et, dans une large mesure, y parviennent > (16).
Pour « s'affranchir » du marché, il faudrait non seulement régulariser la consommation de dizaines de millions de consommateurs — ce qui est même impossible après l'établissement de la dictature prolétariat - mais encore la faire croître dans des proportions insoupçonnées, ce qui est entièrement contraire à la logique du capitalisme. Les grands monopoles américains, aujourd'hui comme il y a un demisiècle, sont mûs par la logique de la mise en valeur et de l'accumulation du capital, dans le cadre de la propriété privée des moyens de production, c'est-a-dire de la concurrence. Cette logique non seulement rend impossible tout « affranchissement » par rapport au marché, mais encore toute atténuation des contradictions que l'économie de marché déploie pleinement sous le régime capitaliste.
Le fait que, malgré une longue période d'expansion, le capitalisme américain ait dú ériger une colossale pyramide renversée de plus de mille milliards de dollars de dettes privées pour que la machine industrielle fonctionne tant bien que mal (avec une capacité excédentaire de production considérable, c'est-à-dire une partie inutilisée de l'appareil de production), devrait enseigner à Garaudy que, sous la forme antagoniste que prend la « programmation » économique dans le capitalisme, les monopoles ne « s'affranchissent » du marché d'un côté que pour être soumis plus durement encore à sa tyrannie de Tautre.
3) Partant de la constatation juste que le nombre des travailleurs intellectuels tend à croître plus rapidement que le nombre des travailleurs manuels, Garaudy arriye à des conclusion role dimenti erronée ve à la conclusion profondément erronée cadres, un grand nombre techniciens, d'intellectuels joueront un rôle primordial » au sein du « grand rassemblement » qu'il appelle de ses vœux aux Etats-Unis (17). Il oublie ainsi que, pour des années sinon pour plusieurs décennies, le nombre de ces « ingénieurs, techniciens, cadres et cadres » restera inférieur au nombre des travailleurs manuels proprement dits. Il voile du même fait que ce qu'il réclame au sein de ce « rassemblement » c'est au fond une subordination des objectifs de la masse ouvrière aux objectifs des cadres (dont il souligne pourtant lui-même le danger de technocratie). Ce qu'il cherche à suggérer comme solution de la « plus grave crise politique » que les Etats-Unis connaissent dans leur histoire, c'est « de nouvelles finalités » pour le colossal appareil de production, un « capitalisme finalisé », une « humanisation du système > (18). Ce qu'il ne réussit pas à envisager, c'est que le talon d'Achille du système so-
(16) Garaudy (ibidem p. 61).
(17) Garaudy (ibidem p. 81). Parlant d'une
• expicsion révolutionnaire improbable - aux
Etats-Unis - parce qu'il n'y a pas de misère grandissante, Garaudy oublie que les travailleurs peuvent réagir contre une réduction même légère de leur niveau de par des luttes trẻs dures. Par décennies, le nombre de grévistes aux Etats-Unis est passé de 4 millions pour la période 1923-1932 à 16 millions pour la période 1936-1945 à 26.5 millions pour la période 1946-1955. Dans la période 1956-1965.
il a reculé à 14 millions, mais pour la période
1966-1969 seule, on atteint déjà millions grévistes (avec annuelle de journées de travail pour fait de grève qui est le triple moyenne décennale précédente). Il est probable que la moyenne période 1966-
1975 dépassera les 20 sinon les millions de grévistes. C'est le produit immédiat des réperau sein de la société et de l'économie cussions.
américaines, poids des guerres coloniales et de la concurrence inter-impérialiste. c'est-à-dire de toutes les contradictions du système capitaliste international.
(18) Garaudy, ibidem p. 93.
QUATRI cio-économique des Etats-Unis se trouve non dans l'aliénation des travailleurs en tant que consommateurs, mais dans leur aliénation en tant que producteurs, et que le capitalisme américain n'a réussi et ne peut réussir aucune « intégration › de la classe ouvrière à ce propos. C'est également, soit dit en passant, la faiblesse fondamentale de l'analyse de Marcuse.
Pour assurer l'émancipation des travailleurs américains en tant que producteurs, il faut leur permettre d'être les maîtres à l'usine, dans le processus de production, et ne pas les soumettre à une tyrannie technocratique qui, sous prétexte de « fins de production > plus « valables » que les fins actuelles, voudrait les pousser à une « rationalisation » identique ou encore plus poussée, à un rythme de travail encore plus infernal. Or, tout système d' « autogestion » isolé à l'entreprise, tourné vers le marché et axé sur la bureaucratie technocratique, recèle tous ces dangers, comme le démontre à merveille l'expérience yougoslave. Plus une classe ouvrière est culturellement el techniquement avancée, moins elle acceptera cette soumission d'un type nouveau que Garaudy essaie de lui suggérer.
Garaudy ne comprend pas les formes antagonistes - c'est-à-dire débouchant sur une lutte de classe exacerbée - auxquelles conduit l'introduction de la troisième révolution industrielle au sein du mode de production capitaliste. Cette incompréhension est d'autant plus curieuse qu'il avait pourtant lui-même offert la clé de la solution. Mais on peut saisir ici, pour ainsi dire au microscope, comment sa pensée trébuche du marxisme vers l'évolutionnisme gradualiste et vulgaire :
• Il serait fallacieux d'objecter qu'un dixième environ de la production totale des Etats-Unis est automatisé, et que l'on peut donc, pour longtemps, analyser leur économie et leur système social selon les catégories de l'industrialisation de type classique. Ce raisonnement mécaniste serait aussi absurde que celui d'un médecin disant : seuls le cerveau et le cœur de mon malade sont gravement atteints, mais ces organes ne représentent que 10 % envi. ron du poids de l'organisme total, je peux donc tenir cela pour pratiquement négligeable dans mon diagnostic, et traiter les 90 % qui restent comme s'ils étaient régis par les lois habituelles d'un corps normal...
Ce serait oublier qu'une formation économique et sociale, comme un être vivant, est une structure dont tous les éléments sont interdépendants et que, dans le cas qui nous occupe. les conséquences de la
EME INTERNATIONALE nouvelle révolution scientifique et technique s'étendent bien au-delà du secteur des usines automatiques déjà en service et des activités régies par ordinateurs.
De proche en proche, c'est l'ensemble de la formation économique et sociale qui entre en métamorphose sous l'impact de cette irruption massive de la science dans La production, et de cette mutation des forces productives, sans commune mesure avec les mutations antérieures » (souligné par nous EM) (19).
Il est exact que toute formation économique et sociale, comme tout être vivant, est une structure dont tous les éléments sont interdépendants. Mais il est exact aussi qu'une structure ne peut pas se métamorphoser dans n'importe quelle direction et de n'importe quelle manière. Il faut établir quels sont les éléments qui peuvent « se métamorphoser », et quels sont les éléments-clés de la structure qu'on ne peut changer graduellement et dont tout changement cause leffondrement de cette structure elle-même et son remplacement par une autre structure.
Or, il est faux de dire que ce sont les forces productives ou les usines de pointe qui constituent « le cerveau et le cœur» de l'organisme social. Les forces productives en expliquent la naissance, les origines, le développement ; mais elles ne constituent pas en elles-mêmes la clé de voûte du système. Cette clé de voûte, ce sont les rapports de production ou, ce qui revient au même, le mode de production. Nés d'un degré de développement déterminé des forces productives, les rapports de production peuvent entrer en conflit avec un développement ultérieur de celles-ci ; mais ils ne se métamorphosent pas, ils ne se modifient pas graduellement. Ils résistent jusqu'au moment où ils sont renversés. Une époque historique comme celle que nous vivons s'explique précisément par le conflit croissant entre les exigences des forces productives et la survie de rapports de production capitalistes qui résistent à ces exigences. Un sophiste dira que l'adaptation fait partie de la résistance. C'est un sophisme parce que. par résistance, nous entendons évidemment la conservation de l'essentiel, à savoir la subordination du Travail au Capital, le maintien de l'appropriation privée, de l'économie marchande géné. ralisée. Toute adaptation de formes secondaires laisse précisément subsister cet essentiel ; sinon, elle ne serait pas résistance mais auto-immolation.
L'illusion de Garaudy, comme celle de Boccara, c'est de croire que « les progrès scientifiques-techniques » pour l'un, capitalisme monopoliste d'Etat » pour l'au-
(19) Garaudy, ibidem pp. 58-59 tre, modifient ce terme fondamental du problème : l'impossibilité de changer graduellement les rapports de production capitalistes (20). Garaudy fait un pas en avant par rapport à Varga-Boccara dans la mesure où il réintroduit au moins la logique interne du capital dans l'analyse du capitalisme contemporain et ne se limite pas essentiellement à décrire des phénomé. nes de la superstructure ou de la sphère de circulation des marchandises. Mais il fait deux pas en arrière dans la mesure tait deux pas en arriere dans la mesure où il oublie constamment ce qu'il rappelle pourtant en passant (pp. 257-259), à savoir que l'Etat est aujourd'hui plus que jamais l'instrument des monopoles, plus que ja-
L'analyse évolutionniste vulgaire de Garaudy débouche sur une stratégie réformiste : il faudrait plutôt dire que celle-là a pour but d'introduire celle-ci. Cette stratégie, il est vrai, fait aussi un pas en avant sur la pratique réformiste du P.C.F. en dévalorisant, comme elle le mérite, ‹ la lutte électorale et parlementaire ». Mais c'est pour faire, à ce propos également, deux pas en arrière, non seulement en saiser de la conquête du pouvoir dEet s'accrochant à la voie pacifique non plus la clé du renversement du capitalisme mais une vague « phase finale » qui commencerait dans le domaine de la culture et au sein des usines, et en introduisant en outre la notion de « bloc historique » qui ravale singulièrement le poids de la classe ouvrière au sein de la « coalition » qui devrait amener la victoire de la révolution socialiste dans un pays comme la France.
Disons tout de suite que les théoriciens du P.C.F. ont mené contre Garaudy à ce propos une querelle passablement hypocrite et malhonnête. Voici des années qu'ils justifient leur ‹ coalition antimonopoliste » par le besoin de « trouver des alliés ». « L'alliance avec les classes moyennes » a été la tarte à la crème pour justifier la liquidation des possibilités révolutionnaires de juin 36, des luttes de 1944 à 1948, et de mai 1968. Mais lorsque Garaudy & met à jour » cette notion des « alliances » et des « classes moyennes » et rappelle qu'il y a en France aujourd'hui plus d'employés, d'intellectuels et de cadres salariés qu'il n'y a de paysans et de commerçants — ce qui est incontestahle les dirigeants du P.C.F. est incontestable — les dirigeants du P.C.F. crient à l'hérésie ! (21).
La distinction entre le « bloc historique » et l' « alliance antimonopoliste » nous paraît secondaire ; se disputer à ce propos serait tomber dans la scolastique pure et simple. Par contre, il n'est pas secondaire de déterminer la tendance fondamen-
IONALE 35 mais • un instrument de répression, plus que jamais un garant du profit des couches dirigeantes du grand capital. Comment pourrait-on, dans ces conditions, et sans renverser cet Etat, donner une & finalité nouvelle » à la production, « humaniser » l'économie, commencer une « révolution culturelle et économique », c'est-àdire arracher les moyens de production au Capital sur la périphérie, et commencer le dépérissement de la production marchande morceau par morceau. C'est une question de Bernstein ment manqué l'histoire. on à laquelle les réformistes, à Garaudy, ont singulièrede réponse. A la lumière de comprend ce silence !
tale qui se dégage de la troisième phase du capitalisme, du point de vue de l'alignement des forces sociales. Est-ce l'apparition, à côté de la classe ouvrière, d'une force sociale de plus en plus importante, celle des intellectuels, dont Garaudy dit lui-même qu'il s'agit d'une catégorie très diverse — « les uns déjà presque intégrés à la classe ouvrière, les autres encore tres proches des classes moyennes, en particulier les « professions libérales > (22) ? Ou est-ce l'intégration dans la classe ouvrière d'une partie croissante des anciens étudiants ayant terminé ou non leurs études ? Les électroniciens - c'est-à-dire ceux qui produisent des marchandises à l'aide de moyens de production télécommandés et automatisés - sont-ils des producteurs de plus-value exactement comme ceux qui manient des pelles mécaniques ou des grues ? Nous répondons évidemment oui. Nous pensons donc que là où Garaudy n'entrevoit que la « diversité », il y a une tendance historique fondamentale et des tendances contradictoires condamnées à être refoulées par l'histoire (comme l'accroissement du nombre de cadres dits « des services », qui sont simplement le produit du retard de la mécánisation dans une série de domaines de la vie socio-économique).
Il s'en dégage une conclusion des plus
(20) Voir aussi, chez Garaudy (ibidem pp. 262 et fol.) la théorie sur - inversion • de révolution politique, économique et culturelle dans les pays impérialistes.
(21) En 1954, les couches salariées non ouvrières
(21) En 1954, représentaient en France active: les paysans, etc. 34,3 % (sans les entreprises capitalistes, En 1968. ces rapport première catégorie est
20,4 % de la population commerçants, artisans, dirigeants des grandes cadres supérieurs, etc.). S sont inversés la montée à 30.5 %. la seconde descendue à 21 %.
(22) Garaudy, op. cit. P. 247
251, 272-4.
(23) Garaudy op. cit. pp.
DEUX STRATEGIES
DEUX STRATEGIES
Q UATRI importantes, sur le plan stratégique et tactique. Lorsque Garaudy parle d'une « participation [!] effective et démocratique à la gestion de l'entreprise » comme slogan de son « bloc historique », lorsqu'il esquisse une « étape intermédiaire › entre la démocratie bourgeoise et la démocratie socialiste, grâce au & mandat impératif › et au « contrat de législation » (23), il exprime exactement la mentalité réformiste des cadres qui oscillent encore entre la classe ouvrière et la bourgeoisie. Mais mai 1968 a révélé la présence d'un nombre croissant de techniciens, de savants et d'artistes prêts à participer à part entière à un mpuvement révolutionnaire de masse — un mouvement de près de dix millions de travail. leurs — non pour « participer » au pouvoir du capital, mais pour renverser ce pouroir dans l'économie et dans l'Etat.
Et c'est tout le choix qui se pose devant le mouvement ouvrier français et d'Europe occidentale. Ou bien comnrendre ane occidentale. Ou bien comprendre que la troisième phase du capitalisme augmente les chances d'une authentique révolution socialiste, en intégrant des millions de travailleurs intellectuels dans la masse prête à cette révolution, en élevant le niveau de qualification moyenne de la classe ouvrière ; ou bien trouver dans cette troisième révolution industrielle, dans cette nouvelle phase du capitalisme, des raisons et des illusions nouvelles de bavarder sur une « démocratie rénovée », des « étapes intermédiaires », des « pouvoirs › à conquérir graduellement, - et ainsi laisser passer, comme en 1936, en 1944-1948 et en mai 1968, la chance de la future explosion.
Le capitalisme « monopoliste d'Etat ». ou « des monopoles › ou « de la révolution scientifique-technique › ne peut être renversé « graduellement ». Il ne sera renversé que par un grand mouvement de masse révolutionnaire du type de celui de mai 1968. Préparer les cadres qui se disent communistes à ce renversement, c'est les convaincre que le renversement du capitalisme est à la fois possible et nécessaire depuis plus d'un demi-siècle déjà (24). Préparer les cadres et les masses au renversement de ce capitalisme, c'est leur enseigner avant la crise révolutionnaire les objectifs transitoires à réaliser immédiatement par l'action de masse, dès la prochaine grève générale. C'est leur faire perdre le dernier atome de confiance dans l'Etat bourgeois. C'est leur inculquer encore et toujours que l'essentiel est de couvrir le pays d'un réseau d'organes de pouvoir d'un type nouveau, d'un réseau de conseils ouvriers, à la prochaine occasion. C'est leur apprendre, en d'autres termes, à prendre leur libération en leurs propres mains.
La « logique » de la « révolution scientifique », de la troisième phase du capitalisme, conduit assurément sur cette voie, à condition de se libérer auparavant de toute stratégie d'alliance avec une aile de la bourgeoisie, de toute stratégie de « réformes démocratiques » ou d'« étapes transitoires » à réaliser dans le cadre du capitalisme. A condition, en d'autres termes, de liquider une fois pour toutes les fondements menchevistes de la politique du P.C.F. depuis 35 ans, et de revenir au léninisme. Espérer réaliser ce tournant au sein du P.C.F., après toutes les expériences historiques que la classe ouvrière française a payées si chèrement, serait la pire des illusions.
25 février 1970.
(24) Des sectaires qui, comme le disait Trotsky, ont toujours peur de succomber à la tentation, affirment froidement qu'« admettre » un développement des forces productives, ce serait remettre en question le caractère parasitaire de l'impérialisme, donc la crise générale du capitalisme et la maturité des conditions objectives pour la révolution socialiste. Il s'agit évidemment d'un non-sens. Ni pour Lénine, ni pour Trotsky ces conditions objectives-ci n'étaient mécaniquement liées à un déclin absolu et durable des forces productives.
Lénine affirmait dans L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme : « Mais ce serait une erreur de croire que cette tendance à la putréfaction exclut la croissance rapide du capitalisme. Non, telles branches d'industrie, telles couches de la bourgeoisie, tels pays manifestent à l'époque de l'impérialisme avec une force plus ou moins grande, tantôt l'une, tantôt l'autre de ces tendances. Dans l'ensemble le capitalisme se développe infiniment plus vite que naguère ; mais ce développement ne devient pas simplement plus inégal en général, cette inégalité se manifeste en particulier dans la putréfaction des pays les plus riches en capital (Angleterre). » (Lénine, Œuvres Choisies, Editions en langues étrangères, 1947).
Quant à Trotsky, voici ce qu'il affirmait, dans un de ces éclairs prophétiques qui lui sont propres, en 1921 : « Si nous admettons — et admettons-le pour un moment — que la classe ouvrière ne se dresse pas dans la lutte révolutionnaire mais permet à la bourgeoisie de gouverner les destinées du monde pour une longue période d'années, disons deux ou trois décennies, alors, sans doute, une nouvelle sorte d'équilibre sera établie. L'Europe sera rejetée violemment en arrière. Des millions d'ouvriers européens mourront de chômage et de sous-alimentation. Les Etats-Unis seront obligés de se réorienter sur le marché mondial, de reconvertir leur industrie et de subir des restrictions pendant une période considérable. Ultérieurement, après qu'une nouvelle division mondiale du travail aura été établie au cours d'un martyre de 15 ou 20 ou 25 années, une nouvelle époque d'essor capitaliste pourrait peut-être s'ensuivre » (Léon Trotsky : Rapport sur la crise économique mondiale et les nouvelles tâches de l'Internationale Communiste au 3e Congrès de l'Internationale Communiste).
Ajoutons : 1°) Que la prophétie s'est réalisée presque au jour près et dans les formes prévues ; 2°) qu'il ne s'agissait évidemment pas d'un quelconque « automatisme économique » mais du résultat des défaites subies par le prolétariat international dans la lutte de classe et du relèvement du taux de plus-value qu'entraînèrent ces défaites ; 3°) que ce nouvel essor dont parle Trotsky ne change rien à la crise générale du capitalisme qui continue de plus belle, provoquant périodiquement de nouvelles crises révolutionnaires sur tout le globe.