Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 43

Extraits de la résolution politique du congrès des G.C.R. (section italienne de la IVe Internationale)

Quatrième Internationale, n° 43 · mai 1970 · p. 51-58 · 5 834 mots

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L'année 1969 a été caractérisée par une croissance puissante des masses, une vague de grèves sans précédent depuis vingt ans, des mobilisations extrêmement combatives dues en de nombreux cas à des explosions spontanées, une grève générale qui a englobé même les couches les plus arriérées et les plus passives, des manifestations d'une ampleur exceptionnelle de couches ouvrières fondamentales, sous forme de luttes particulièrement militantes et des épisodes de type quasi insurrectionnel. La combativité s'est étendue, encore plus qu'en 1968, à des secteurs d'embourgeois (dont certains étaient mobilisés pour la première fois)

ployés de petits et les protagonistes d'épisodes remarquables.

Dans les campa sont parfois devenus qui évidents, des hauts et bas qui s'expliquent par des des déséquilibres gnes, avec on a observé, en particulier dans certaines régions, des mouveraisons structurelles, de fabriques, autre par des occupations ments très impétueux, caractérisés entre ferrées, etc. Le moude voies bâtiments administratifs, par le blocage de routes et fragmentation et à apparaitre étudiant, s'il réussi à surmonter sa n'a pas vement qu'il avait été au printemps et à l'automne 1968 comme le mouvement de masse

(en ce qui concerne les universitaires et les lycéens), n'a toutefois pas récupéré système par une politique réformiste, et, bien qu'épisodiquement et à l'intérieur du de façon fragmentaire pour certains centres, s'est à nouveau mobilisé sur une échelle événements cruciaux (par exemple, à Milan assez importante à l'occasion de certains et même après l'attentat de décembre)

après l'affaire Annarumma la crise de la direction bourgeoise du bloc politique diri-

Dans ce contexte social,

•geant était destinée à s'aggraver, étant donné l'incapacité du gouvernement et plus généralement de la burgeoisie à offronter résolument les problèmes posés par les explosions de montante de: origine soit leurs du patr sité des inté évidentes de mettait fin ( conçue pour une longue tion de la D au niveau di

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1968-1969, et même à définir une attitude commune face à la vague i luttes ouvrières. Les divisions internes de la bourgeoisie trouvent leur dans l'économie (diversité d'intérêts et de possibilités des différents seconat, etc.), soit dans la politique (diversité de conceptions liée à la diverêts des groupes et cliques politiques, etc.). Les manifestations les plus cette aggravation de la crise ont été la scission du Parti Socialiste, qui le la façon la plus spectaculaire et grotesque à l'ambitieuse manœuvre l'unification si vantée ; l'éclatement du groupe « dorcteo », qui pendant ›ériode avait constitué un élément fondamental du mécanisme de direcémocratie Chrétienne et, par conséquent, de l'exercice même du pouvoir • gouvernement. part, l'extrême-droite ne réussissait pas à gagner fondamentalement du parvenant pas à dévelcpper et à consolider en sa faveur certains ferétaient manifestés déjó fin 1968 dans certaines couches de la perite Pratiquement, elle n'allait pas au-delà de quelques provocations sporadiéclamations rhétoriques. En d'autres termes, aucune alternative concrète, an démocratico-parlementaire, ni sur le terrain extro-parlementoire, ne la formule, pourtant bien usée et vacillante, d'hégémonie qui s'était im: dernières années. et impétueuse mobilisation ouvrière de l'automne contribuait de façon ›difier les rapports de forces au désavantage des classes dominantes. Ceci par des conventions qui, bien que ne correspondant pas au potentiel vement, représentaient toutefois sur un plan revendicatif réformiste le it pos en avant probablement réalisé dons l'après-guerre, gráce à l'appaoute une série d'entreprises grandes ou moyennes, d'organismes directees masses, parfois en mesure d'exercer un contrôle ouvrier embryonnaire la confiance accrue des masses en leurs propres forces et aussi à une » de la fécondité des plate-formes les plus avancées et des méthodes de résolues. lusion, en 1969, particulièrement dans la seconde moitié de l'année, la iété italienne à tous les niveaux a abouti à une situation pré-révolutionnaire. des particularités et des différences évidentes, Mai 1968 en France et ivrière de 1968-1969 en Italie, constituent des expériences essentielles mination des formes et des moyens d'une montée pré-révolutionnaire et = dans les pays capitalistes avancés dans le contexte international de brique actuelle. En somme : a) Si des revendications de type économique urtout au départ, le ressort le plus immédiat, ces revendications fendent aux problèmes les plus brûlants de la condition ouvrière dans ne et dans la structure de la production et de l'économie, atteignant rtée objectivement et mème peu à peu subjectivement anticapitoliste l'organisation copitaliste du travail, à la logique et aux orientations de copitalisme). b) Les mouvements ouvriers sont caractérisés por une port • spontanéité, qui se traduit par le dépassement ou la rupture des desques ou des schémas revendicatifs des bureaucraties politiques et syndil'adoption de méthodes de lutte et d'action directe ouvertement opposées , imposées par les bureoucraties elles-mêmes. Le potentiel ouvrier s'exes fois totalement en dehors des voies traditionnelles, d'autres fois par tendant à utiliser dans une direction anti-bureaucratique certaines de ces voies ou à imposer aux organisations bureaucratiques elles-mêmes l'adoption d'objectifs et de méthodes qu'elles combattent et qui sont l'expression de la volonté et des aspirations des masses. Autrement dit, les mouvements acquièrent rapidement une portée à la fois anticapitaliste et anti-bureaucratique et, au-delà des coractéristiques formelles, représentent des faits éminemment politiques dans le sens le pius large du terme (les grèves de métallos ont été l'épisode central de la lutte politique en Italie au cours de l'automne dernier). La tendance de groupes syndicaux à attrituer aux syndicats les mêmes fonctions politiques d'ensemble (tendances anarchosyndicalistes renaissantes) et la tendance des centrales syndicales elles-mêmes à poser des problèmes de caractère général et à agir, pratiquement, comme une force politique d'opposition qui traite directement avec le gouvernement, et non seulement avec le patronat en dehors des formations politiques de partis ou parlementaires confirment ce fait. c) Les mouvements les plus avancés tendent à créer de nouveaux ins ruments et de nouveaux organismes qui vont au-delà de l'exercice des fonctions syndicales et qui expriment la volonté de la base hors de la contrainte des appareils. d) Les mobilisations de la classe ouvrière facilitent et stimulent la mobilisation des autres couches sociales, déterminant des convergences et des alliances de fait contre le grand capital et sa représentation politique. e) La vague ouvrière et la montée de larges couches sociales intermédiaires, non seulement placent la bourgeoisie sur une position défensive, paralysant ses initiatives, mais rendent beaucoup plus aigue sa crise idéologique, en dissolvant les tissus de la superstructure du système. Ainsi les contradictions de la société capitaliste et son absurdité historique sont mises clairement en évidence de façon directe et immédiate et des couches toujours plus importantes de la classe cuvrière et de lo petite bourgeoisie prennent conscience de la nécessité péremptoire de son renversement

En Italie, on a assisté au mûrissement progressif d'une situation pré-révolutionnaire qui, si elle n'a pas débouché sur uną véritable épreuve de force, est toutefois allée, sous certains aspects, au-delà du Mai français. Mais, arrivé à son point le plus élevé, le mouvement a été incopable d'aller plus loin car il n'est pas passé sur un plan politique plus général. | lui a manqué une direction politique ayant une influence réelle sur les masses, en mesure d'assurer cette táche et de tracer une perspective révolutionnaire pour la prise du pouvoir. Ainsi, même les phénomènes embryonnaires de contrôle ouvrier et les centres tendanciels de dualité de pouvoir dans les usines, n'ont pu s'étendre, se généraliser et ne se sont produits que de façon limitée. Même sur le plan syndical, quand on est passé des luttes à l'entreprise aux conflits nationaux, on a eu confirmation de l'absence d'une direction de rechange aux directions bureaucratiques troditionnelles; les modestes tentatives de coordination entre les coentre mités de bose, les groupes d'intervention, les nouveaux noyaux ouvriers d'avant-garde, se soldaient par une faillite évidente. Ce résultat était dû d'ailleurs aussi bien à ceux qui réagissaient à la reprise en main progressive par les syndicats bureaucratiques, par une fuite en avant (par exemple : tentatives velléitaires de lancer artificiellement de nouvelles revendications, plus * avancées » et * inassimilables »), qu'à ceux qui, interprétant de façon sectaire la nécessité d'une issue politique et d'une direction révolutionnaire, sous-estiment la portée spécifiques du mouvement, attendant en fait passivement sement de cette grande vague...

En fait, le vide o été comblé par l'action réformiste ont objective et la dynamique et sans perspectives l'épuides syndicats qui, au-delà la fonction précisément politique d'un parti d'opposition. Les résultats dont ils se vantent en 1968 et 1969 - et dont se vantent aussi les partis ouvriers traditionnels ne doivent toutefois pas être considérés comme l'issue victorieuse d'un dessein réformiste développé organiquement, mais comme les sous-produits d'un grand mouvement de base, à dynamique anticapitaliste et antibureaucratique, et se développant dans le cadre d'une situation pré-révolutionnaire...

Le danger réel, à brève échéance, ne consiste pas dans un coup d'Etat fasciste ou militaire. Les forces conservatrices essaient en réalité de réaliser le projet d'un retour à la * normale •, comme avant le début du mouvement étudiont et les grandes luttes ouvrières. Dans ce sens œuvrent ceux qui visent à la réédition du centregauche, quelle que soit la variante adoptée, accompagnée de nouvelles tentatives réformistes. Dans cette perspective, une port importante serait accordée aux syndicats, dont le pouvoir de contrat et les fonctions ont été renforcés par certaines clauses des nouveaux accords d'une part, et par les normes en cours d'approbation du statut des travailleurs d'autre part. Le couronnement de l'opération devrait être l'isolement et l'élimination progressive de la gauche révolutionnaire, qui devrait être neutrolisée aussi bien par le renforcement des syndicats que par certaines concessions réformistes et une répression « sélective » dont on a déjà eu une série d'échantillons significatifs

Face à cette opération, au-delà des mots d'ordre et des initiatives particulières nécessaires, la garantie fondamentale sera le maintien de la combativité et de la disponibilité de la classe ouvrière et des secteurs de la petite bourgeoisie qui se sont mobilisés à ses côtés au cours des dernières années. La préoccupation fondamentole des révolutionnaires doit donc être de déterminer les objectifs et les méthodes qui peuvent rendre possible une nouvelle relance du mcuvement, en liaison avec le renforcement et la consolidation des positions que la classe ouvrière a arrachées par ses luttes récentes. Si le mouvement de masse continue avec la vigueur et le dynamisme qu'il a connus précédemment, les aventures totalitaires de droite, si elles sont tentées, seront vouées à la faillite, comme serent vouées à la faillite les tentatives plus subtiles de rétablir un équilibre conservateur; les directions bureaucratiques elles-mêmes ne pourraient pas s'inscrire dans les projets de la classe dirigeante, de castration du mouvement et de neutralisation de l'extrême-gauche, mais elles devraient au contraire continuer à tenir compte, comme pendant l'automne brúlant des puissantes pressions de la base, contribuant ainsi objectivement à maintenir une situation de déséquilibre et de tension. La constatation des profondes mutations intervenues avec l'apparition de nouvelles forces critiques ouvrières et le développement du mouvement étudiant, ne doit toutefois pas nous faire perdre de vue que les acquisitions durables du point de vue de leur fonction traditionnelle, ont tendu toujours plus à exercer la fonction plus des exigences fondamentales d'une lutte révolutionnaire contre le régime capitaliste, restent extrêmement limitées. Les nouvelles forces non seulement n'ont pas été capables d'assurer une direction nouvelle au mouvement ouvrier (résultat de toute façon irréalisable dans un temps aussi court), mais, en outre, elles n'ont pas pu en jeter les bases politiques et organisationnelles. Concrètement, le mouvement étudiant s'est divisé à l'extrême, ne s'unissant que de façon épisodique, les groupes ouvriers antibureaucratiques apparus au cours des luttes n'ont pas réussi à établir une luttes n'ont pas vriers antibureaucratiques a liaison nationale pas plus consistantes, les groupes e jamais divisés et susceptibl dance, si minime soit-elle, plus homogènes.

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De même, s'il ne semblement de la nouvel cependant aucune impossibil dans le système bureaucrat qui sont apparus les prem d'exercer une influence réel et des irresponsabilités sur négatifs que nous avons

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Les organisations traditionnelles ont traversé ces dernières années une crise sans précédent qui s'est concrétisée par la perte du monopole sur le mouvement des masses. Il s'agit d'une tendance historique qui a de profondes racines structurelles, qui se développe à l'échelle mondiale et qui, au-delà des vicissitudes conjoncturelles, ne pourra être ni annulée ni renversée.

Il faut toutefois combattre les positions qui considèrent les partis et les syndicats traditionnels comme effectivement liquidés ou destinés à une liquidation rapide ou à une perte d'influence irrémédiable parmi les masses...

En réalité, les syndicats ont des racines profondes dans la mesure ou, d'une part ils représentent une fonction du mouvement ouvrier que l'on ne peut supprimer (dé fense des intérêts immédiats, des conventions collectives), d'autre part qu'ils sont basés sur les intérêts et sur les exigences d'une bureaucratie qui ne peut renier son lien avec les masses et qui est structurée nationalement et internationalement. Jusqu'à ce que les avant-gardes révolutionnaires puissent offrir aux masses une alternative concrète brisant ainsi irrémédiablement les liens entre les masses et la bureaucratie, les appareils syndicaux continueront à exister et à exercer une influence notable... Définir en ce qui les concerne une attitude qui ne soit pas seulement un rejet idéologique velléitaire ou une haine sectaire stérile, est une tâche ardue, mais que les avant-gardes révolutionnaires ne peuvent ignorer.

Le P.C. itolien continue à apparaitre, même si c'est surtout maintenant sur le plan électoral, comme une alternative politique globale et c'est en cela que réside sa force d'attraction persistante, malgré toutes les crises et tous les changements des rapports de force déjà soulignés. Contrairement à ce qu'ont prétendu ceux qui, en fonction de quelques éléments et tendances réels, ont tiré des généralisations hâtives, l'élément de force du P.C. est encore son insertion dans un mouvement international. En réalité, une estimation des actions et des possibilités de la bureaucratie de ce parti ne peut se faire en oubliant l'estimation de la situation et des tendances du courant international bureaucratique placé sous l'hégémonie soviétique et parallèlement, son sort est lié à celui de ces forces internationales auquel il reste, en dernière analyse, lié Il serait donc illusoire de croire que les événements, pourtant importants, des deux dernières années et en particulier certains épisodes saillants, aient suffi à renverser radicalement les rapports de force à l'avantage des avantgardes et à paralyser ou à neutraliser une bureaucratie qui dispose en réalité de multiples ressources encore.

Il est évident enfin, que la bureaucratie a exploité et peut exploiter à son avantage toutes les erreurs et toutes les contradictions de la gauche révolutionnaire et surtout combler les vides que cette dernière n'est pas en mesure de remplir.

Pour toutes ces raisons, il faut répéter que la crise des partis ouvriers traditionnels est entrée dans une phose nouvelle, qualitativement différente des crises précédentes.

Le choix des orientations pour notre mouvement doit partir de la constatation, plus que jamais confirmée par les événements des derniers mois, que nous sommes entrés dans une phase qualitativement nouvelle. Les bureaucraties, grâce à la montée révolutionnaire, ont perdu leur hégémonie monopoliste; elles ont, avec les masses, un type de rapports radicalement différent de celui qu'elles avaient il y a quelques années, même si elles sont encore en mesure d'exercer une très large influence et de canaliser très puissants mouvements issus de la base. Parallèlement, des forces critiques importantes des couches d'une nouvelle d'une vigueur sans précédent, sont très actives sur la gauche des formations traditionnelles, en premier lieu du P.C. italien, même si elles sont encore incapables de polariser et de diriger des forces sociales décisives

Deux hypothèses, de natures bien différentes qui ont été exprimées au cours de différentes phases, se sont effondrées. La première est celle des grandes ruptures verticales des organisations traditionnelles en tant qu'élément déterminant du processus de formation du parti révolutionnaire. La deuxième est est celle selon laquelle le mouvement spontané balayerait toutes les organisations et groupes préexistants, créant au cours de son développement même une nouvelle idéologie et un nouvel encadrement organisationnel, imposant une nouvelle solution au problème des formes de lutte du prolétariat pour le renversement du régime capitaliste...

...Au-delà des causes et des jugements qui peuvent être formulés, la pluralité des organisations et des groupes d'extrême gauche — souvent avec des tendances extrêmistes et infantiles dans le sens léniniste de l'expression — est destinée à être une des carac téristiques de cette phase, avec des oscillations concernant l'influence et le rôle de tel ou tel mouvement en fonction de facteurs conjoncturels, intérieurs ou internationaux.

Dans un tel cadre général, il est évidemment difficile de préciser dès maintenant une hypothèse organique de développement et une orientation pour la construction parti révolutionnaire. On peut toutefois prévoir que trois éléments peuvent converger :

La) le regroupement de groupes de gauche sur des plate-formes homogènes à la suite de vérifications dans l'expérience des luttes;

Mb) la polarisation dans la direction elle-même de forces nouvelles qui feront leur apparition au niveau de la classe ouvrière et parmi les étudiants au cours de nouvelles mobilisations de masse ;

Gc) la libération de secteurs ouvriers qui subissent encore l'influence de la bureaucratie.

Be grands événements internationaux ne manqueront pas d'exercer une influenc ans certains cas déterminants, provoquant des ruptures brutales, des processus imprévu accélérés et même des bonds qualitatifs.

• Le point de départ nécessaire - est-il écrit dans la brochure sur le Parti Révolutionnaire (page 19) - ne peut pas ne pas être une bataille politique ou théorique pour réaffirmer les conceptions du léninisme contre les négations du néo-spontanéisme et les déformations sectaires et bureaucratiques du maoisme. d'une organisation marxiste-révolutionnaire, trotskyste, trouve avant tout sa justification dans cette nécessité. »

Après les expériences de 1969, cette bataille apparait plus que jamais comme une nécessité impérative, si l'on veut créer les premières issues victorieuses à luttes et rendre possibles de nouveaux regroupements et de nouvelles convergences, condition d'une mutation radicale des rapports de force entre la bureaucratie et les secteurs révolutionnaires. S'il reste évidemment vrai que la construction du parti révolutionnaire toujours plus peut-être conçue évidente, en dehors sans une théorie révolutionnaire du mouvement réel, apparait toutefois, organique il n'est pas façon possible de construire un mouvement révolutionnaire. c'est-à-dire de créer l'instrument indispensable pour la victoire de la révolution socialiste.

de propagande constant, infatigable - propagande dans le sens léniniste du terme — est une condition sine qua non et, dans un certain sens, préalable. pour la construction du parti révolutionnaire. Ceci doit comporter la défense intransigeante des conceptions fondamentales — et non seulement des méthodes — du marxisme, conceptions qui conservent en substance leur validité dans la mesure où la société capitaliste, malgré toutes les variations et toutes les péripéties quantitatives, n'a pas subi de modifications dans ses mécanismes et ses structures caractéristiques, la confirmation des prolongements apportés par le léninisme en particulier à propos de la phase de décadence du capitalisme et des modalités de passage au socialisme, l'affirmation des contributions fondamentales de Trotsky et du trotskysme, en premier lieu pour la définition de la dynamique des révolutions modernes (théorie de la révolution permanente) et l'interprétation des phénomènes de dégénérescence de la phase transition (théorie de la bureaucratie et de la révolution politique antibureaucratique). Cette bataille pourra être conduite efficacement que dans la mesure où ces conceptions seront constamment enrichies par des analyses constamment reprises et des généralisations renouvelées concernant les processus et les mouvements contemporains, les tendances du capitalisme le plus développé aux contradictions actuelles des pays néo-coloniaux et à la dialectique interne des Etats collectifs bureaucratisés...

L'élément fondamentalement nouveau de notre orientation après l'abandon l'entrisme, c'est la recherche de la part des marxistes révolutionnaires d'une insertion directe au niveau des forces sociales. Ceci n'implique pas l'illusion de pouvoir exercer une fonction dirigeante sur ce plan à brève échéance, mais constitue une condition nécessaire pour établir la liaison avec les nouvelles forces ouvrières qui contribueront à la formation du parti révolutionnaire, et exercer dès maintenant un rôle positif dans les luttes, là où le cadre actuel de l'organisation permet d'intervenir. Ce second aspect ne doit pas être sous-estimé car, dans la situation nouvelle de ces dernières annees avec ses tensions sociales explosives et où les appareils n'exercent plus un contrôle tout puissant, des groupes minoritaires bien orientés, animés d'un esprit militant, ont effectivement la possibilité de stimuler et d'orienter des actions servant d'exemple même au niveau des masses.

L'intervention directe au niveau des forces sociales - ouvrières en priorité étant donné la nécessité concentrer les efforts doit tendre à faire se développer luttes plus avancées sur la base des revendications qui correspondent aux besoins les plus profonds et aux aspirations des masses. Sur ce terrain, ainsi que l'expérience l'a indiqué, se présentent les premières différenciations importantes, les premières oppositions des masses aux appareils. Toutefois, révolutionnaires ne pourront pas se limiter à reconnaitre au fur et à mesure les points de rupture : ils devront intensifier la lutte pour des objectifs qui abcutissent à une dynamique anticapitaliste ou qui tendent à rendre durable l'écart entre ouvriers et bureaucrates. En même temps, tout en ne perdant pas de vue les particularités de la situation nécessité de faire mûrir les masses ou certains de leurs secteurs sur la base de l'expérience, ils devront mettre en évidence la nécessité d'une perspective politique globale, en l'absence de laquelle même les luttes les plus dures risquent inévitablement particularisme et de s'épuiser avec comme inévitable conséquence les désillusions et de désèchement sectaire.

Les masses étudiantes doivent être considérées désormais comme l'une des composantes de l'alignement révolutionnaire contre le système Nous devons donc confirmer notre conception du mouvement étudiant en tant que mouvement politique de masse, susceptible d'influer de par sa nature même sur le fonctionnement et le méca- nisme politique du système et par cela même d'apporter une collaboration substantielle à la classe ouvrière, en tant que lieu de regroupement et de maturation d'avant-gardes révolutionnaires et que force capable porter de de façon constante la contestation dans ces centres névralgiques que constituent les universités et les écoles en général. Nous devons lutter aussi bien contre les conceptions selon lesquelles le mouvement étudiant est exclusivement limité à un milieu dans lequel on recrute des cadres révolutionnaires, que contre les conceptions diamétralement opposées, mais également fausses, selon lesquelles, en pratique sinon en théorie, il pourrait être un produit de remplacement du mouvement ouvrier dans sa lutte contre le régime capitaliste...

Les revendications sur lesquelles nous devons le plus insister dans cette phase dans proposant dans notre propagande et notre agitation aux différents présents doivent faire ressortir le plus clairement plus consciemment les tendances anticapitalistes présentes dans les masses et dans les secteurs les plus avancés. Ce sont : la nécessité d'augmentations de salaire égales pour tous la suppression de toutes les différences de traitements entre ouvriers et employés: la revendication d'une réduction ultérieure des horaires de travail sans réduction des salaires (seule façon de compenser en quelque sorte l'accroissement de l'usure psychophysique du travailleur) ; lo suppression des systèmes complexes de subdivisions en catégories divisant la classe ouvrière; l'élimination du travail aux pièces et de tous les systèmes qui tendent à intensifier constamment les rythmes de travail et d'exploitation. périodes à tendances inflationnistes, faut exiger l'adoption d'un système d'échelle mobile qui permette de suivre valablement et rapidement l'augmentation des prix. Une plate-forme qui comporte de telles revendications n'est pas en elle-même anticapitaliste, mais sa réalisation impliquerait des tensions et des contradictions graves dans le fonctionnement « normal » du système

Les marxistes révolutionnaires devront toutefois mettre l'accent sur un aspect essentiel ignoré ou même explicitement nié par les maoïstes et les spontanéistes : la nécessité de mots d'ordre transitoires. de cette orientation faveur du contrôle ouvrier. L'actualité de ce thème a été mise en lumière par les expériences significatives de 1969, qui ont exprimé la tendance de secteurs ouvriers à se battre concrè tement dans ce sens et vu naître des formes embrycnnaires de contrôle et des organismes travaillant objectivement dans cette direction. Des indications utiles pcur une orientation correcte et une mise en place concrète de cette lutte sont contenues dans des documents de notre organisation qui conservent leur valeur fondamentale (brochure sur le programme de transition et dans des contributions récentes des camarades francais de la Ligue Communiste et d'autres membres du marxisme révolutionnaire européen, en plus d'une documentation de diverses origines, concernant en particulier faites à Turin et dans du matériel de groupes d'intervention (par exemple : « Pour l'Unité Ouvrière » de Bari)...

Les marxistes révolutionnoires doivent soutenir la notion de délégués ouvriers, de délégués de départements, etc., c'est-o-dire de délégués qui ne sont pas l'expression des organisations syndicales cu des membres inscrits à ces syndicats, mais qui sont élus directement par tous les ouvriers, avec des tâches qui vont au-delà de la pratique syndicale. Les expériences faites en 1969, en premier lieu chez Fiat, sont riches en enseignements et prouvent la valeur des tentatives faites en ce sens

L'un des critères essentiels pour le choix du terrain et des instruments d'intervention est l'établissement d'une liaison avec les nouveaux cadres révolutionnaires qui apparaissent, si sommaire que puisse être leur formation à l'origine

Pour cela, les marxistes révolutionnaires deivent soutenir et stimuler des organismes du type comités de base, comités qui ne• doivent être ni des organismes de type syndical para-syndical s'ils peuvent remplir exceptionnellement des tâches que les syndicats ne réalisent pas à cause de leur sclérose bureauni des cellules du futur parti révolutionnaire, mais des organismes de lutte, de recomposition et de mobilisation de la classe sur une base anticapitaliste et antibureaucratique. Ils impliquent participation militants différentes orientations révolutionnaires, facilitant la confrontation diverses dans l'expérience pratique...

Ice qui syndicats, révolutionnaires repoussent les positions apologétiques qui voient dans les syndicats des instruments valables pour l'action ouvrière, les conceptions qui nient la fonction même des en tant que tels, ainsi que celles qui considèrent irrémédiablement compromis aux yeux des masses et incapables de les mobiliser.

de la conception marxiste et léniniste de la fonction indiscutable du syndicat, en tant qu'instrument nécessaire du mouvement ouvrier, et de ses infranchissables dans le cadre de la société capitaliste. Nous insistons sur la bureaucratisation actuelle des syndicats les rend inefficaces une mobilisation dans le cadre de la lutte révolutionnaire d'ensemble contre le système, mais pour la conduite conséquente des luttes économiques dans cette période et l'expression des aspirations les plus naturelles de la base (même si, pour ne pas perdre le contact, ils peuvent réaliser de vastes opérations). Nous retenons enfin comme entièrement privée de réalisme dans la phase actuelle la constitution d'organisations syndicales révolutionnaires : toute tentative dans ce sens serait condamnée à une pénible faillite.

La conclusion pratique à tirer de ces éléments objectivement contradictoires, révclutionnaires doit se développer aussi bien à l'intérieur qu'à l'exté que l'action des rieur des syndicats et que l'élément d'unification doit être la plate-forme commune et la méthodologie commune antibureaucratique. les périodes et les circonstances spécifiques, l'accent devra être mis sur un aspect ou l'autre, en tenant compte toutefois que la constitution d'organismes de classe autonomes doit être considérée comme prioritaire dans la phase de montée du mouvement et que toute activité ou présence dans le syndicat ne doit comporter aucune tolérance envers les directions bureaucratiques aucune réticence dans la critique systématique de leur politique et de leurs méthodes.

Etant donné l'influence que le Parti communiste exerce encore, ses problèmes ne peuvent être négligés dans le processus de construction du parti révolutionnaire. Cec non seulement, et pas tellement, à cause des cadres subjectivement valables qui y sont encore, mais surtout parce que même à l'avenir des fractions de la nouvelle génération, aussi longtemps qu'une alternative révolutionnaire concrète fera défaut, feront leurs premières expériences dans les rangs et la zone d'influence du P.C. lui-même.

Notre intervention devra essentiellement se développer de l'extérieur et, par conséquent, suivant des critères radicalement différents de ceux adoptés pendant l'entrisme. Elle devra être axée essentiellement sur deux plans :

surtout les problèmes du mouvement a) le plan théorico-propagandiste, en visant international et les problèmes stratégiques de la révolution en Italie ;

Mb) le plan de l'action politique, en essayant d'entrainer dans l'action commune au niveau des forces de classe les éléments critiques de gauche et en leur permettant de cette façon de vérifier pratiquement les orientations du P.C. d'une part et celles des marxistes révolutionnaires d'autre part.

faut mener une polémique particulièrement résolue contre les groupes qui, sortant du P.C., tendent à s'accrocher à des positions propagandistes-culturelles plus souvent par réaction au conformisme, en dernière analyse émotionnelle et infontile, à remettre de façon impressionniste et peu responsable tout en question, comme le mouvement ouvrier devait zéro, ignorant tout l'apport d'un siècle et demi de luttes, d'élaborations et de conquêtes....

Nctre mouvement n'a jamais péché qu'il ne s'est jamais considéré comme une fin en soi et qu'il a toujours évalué sa propre fonction suivant sa capacité à s'inscrire dans des processus réels et à y exercer une influence positive. D'autre part, il est conscient plus que jamais de ne pas être le parti révolutionnaire, mais un noyau qui contribuera à sa constitution. d'une préoccupation excessive de ne pas tomber dans le sectarisme, a conduit dans le passé à une conception insuffisamment rigoureuse de l'organisation, sous-estimant la nécessité de la compacité opérationnelle et de l'efficacité des structures organisationnelles elles-mêmes. Sur la base de l'expérience et du bilan des expériences des groupes d'extrême-gauche en général, c'est précisément pour réaliser les tâches tracées dans ce document et stimuler efficacement le processus de formation du parti révolutionnaire, que nous devons être pleinement conscients du fait notre organisation est irremplaçable et qu'il est, par conséquent, nécessaire d'agir pour la renforcer et la rendre plus fonctionnelle dans tous les sens...

En plus de leur intervention et de leurs objectifs indiqués dans le mouvement des masses, nos groupes devront développer une activité spécifique en tant qu'organisation de la IV• Internationale aussi bien par sa participation personnelle aux manifestations, luttes, etc., que par la distribution de son propre matériel devant les usines, dans les universités, les écoles, etc., et l'organisation de conférences, débats, séminaires, etc.

Les G.C.R. approuvent en substance les thèses du document proposé par le Secrétariat Unifié pour le Congrès Mondial sur la fonction des organisations de jeunes qui, bien que n'appartenant pas de façon organique aux sections de la IV° Internationale, acceptent les conceptions et les orientations fondamentales du trotskysme et permettent à ceux de leurs adhérents qui le désirent d'appartenir aux sections officielles...

Si ceci doit être l'orientation fondamentale, sa concrétisation est cependant liée à des conditions, en l'absence desquelles ne se réaliserait qu'une opération artificielle, sans possibilités réelles de dévelcppement. A présent, ces conditions n'existent pas et nous pouvons donc prendre une décision dans ce sens. Toutefois, la Conférence autorise le Comité Central à prendre cette décision le cas où se vérifieraient, avant une nouvelle conférence, des conditions plus favorables...

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