Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 43

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, n° 43 · mai 1970 · p. 59-64 · 3 304 mots

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Victoire social-démocrate

La coalition social-chrétienne-social-démocrate, qui avait gouverné l'Autriche pendant plus de vingt ans après la deuxième guerre mondiale, avait été rompue lors des précédentes élections législatives par suite de la victoire électorale des sociaux-chrétiens qui obtenaient la majorité absolue. Après quatre années du gouvernement social-chrétien homogène de Klaus, celui-ci se trouve à son tour renversé à la suite des élections législatives de février 1970. Au cours de ces élections, la social-démocratie autrichienne, profitant de sa & cure d'opposition », a obtenu le pourcentage de voix le plus élevé de son histoire, frisant la majorité absolue au Parlement.

La cause immédiate de la victoire socialdémocrate doit être recherchée moins dans une radicalisation des masses laborieuses que dans la lourde défaite du P.C. qui perd les deux tiers de ses voix, en conséquence de l'invasion de la République socialiste tchécoslovaque, et de la résorption de la dissidence social-démocrate de droite de l'ancien chef syndicaliste Olah, qui avait fait perdre pas mal de voix au P.S. en 1966. Toutes ces voix ouvrières refluant vers le P.S. lui permettent de faire le plein des « voix de gauche », tandis que les sociaux. chrétiens n'ont pas pu en faire autant en ce qui concerne « les voix de droite », les libéraux-conservateurs conservant leurs suftrages.

aux élections législatives

Au delà de ces causes immédiates, les sociaux-démocrates ont profité de deux phénomènes plus profonds. L'industrialisation de l'Autriche modifie progressivement la structure sociale du corps électoral, en faisant baisser considérablement le nombre des électeurs paysans. C'est précisément dans les districts appelés jadis ruraux que les sociaux-démocrates enregistrent les progrès les plus prononcés. L'afflux aux urnes d'un grand nombre d'électeurs jeunes a incontestablement profité au P.S., celui-ci apparaissant comme un parti légèrement plus « moderne » que les sociaux-chrétiens qui sentent le moisi.

Le fait que ces fluctuations sociales

Use soient produites dans un climat d'apathie ouvrière encore fort prononcée expliquent les raisons pour lesquelles la social-démocratie victorieuse n'a pas rencontré de difficultés internes à proposer aux adversaires battus la reconduction de la « grande coalition ». Ce sont les autres partis qui viennent d'obliger la social-démocratie à faire un gouvernement de minorité.

Lorsque la reprise générale de combativité ouvrière et l'accentuation des contradictions sociales qui l'accompagne passeront du reste de l'Europe capitaliste à l'Autriche, la routine politique que les élections de février 1970 n'ont point ébranlée se trouvera autrement secouée.

BELGIQUE

La combativité ouvrière s'accentue

La grève des mineurs du Limbourg signalée dans le n° 42 de Quatrième Internationale, n'est pas restée un phénomène isolé. Outre un mouvement de solidarité envers elle dans la sidérurgie liégeoise et parmi des mineurs de Liège et du Hainaul, cette grève a joué le rôle de détonateur pour toute une série de mouvements d'arrêt de travail, notamment aux usines Ford. Genk, General Motors-Anvers, Chantiers navals Cockerill-Hoboken, Tubes de la Meuse-Jemappes, Caterpillar-Charleroi, F.N. Liège, Michelin-Bruxelles, etc.

Ce qui caractérise ces mouvements, c'est le rôle prédominant joué soit par une classe ouvrière relativement jeune du point de vue de l'âge dans l'entreprise, soit par des éléments jeunes du point de vue de l'âge. C'est une nouvelle génération ouvrière qui prend la relève de la génération marquée par la grève générale de 1960-61.

Les Jeunes Gardes Socialistes, organisation sympathisante de la IV® Internationale, ont réitéré, lors de ces grèves l'intervention énergique qu'ils avaient manifestée dans la grève des mineurs du Limbourg, et ont renforcé leur implantation dans de nouvelles régions et de nouvelles entreprises.

BOLIVIE

Les prisonniers politiques déclarent qu'ils n'ont pas demandé d'amnistie

Un groupe de prisonniers politiques a envoyé la déclaration suivante à la presse :

Dans son numéro du 28 décembre, le journal Hoy a publié un rapport selon lequel les familles des prisonniers auraient adressé un appel au gouvernement pour leur accorder l'amnistie. Nous voudrions préciser ce qui suit. A aucun moment nous, soussignés, n'avons autorisé nos familles ou relations à engager des démarches, négociations ou appels quelconques au gouvernement en faveur de notre libération. Nous sommes parfaitement conscients du fait que la raison principale de notre emprisonnement réside dans la lutte ouverte que nous avons lancée. ensemble aver le peuple bolivien. contre l'impérialisme yankee et ses laquais indigènes dans notre pays. Voilà pourquoi nous sommes persuadés que nous resterons en prison aussi longtemps que l'appareil d'Etat est manipulé par l'ambassade des Etats-Unis. Un gouvernement réel. lement révolutionnaire aurait décidé de nous libérer tout de suite, démontrant ainsi son indépendance par rapport à l'impérialisme et aux groupes réactionnaires nationaux…

Quelque deux ceats syndicalistes, pour la plupart des cadres moyens de divers syndicats, se sont réunis les 13 et 14 mars à Toronto pour discuter le problème du contrôle ouvrier. Parmi les orateurs, il y avait des militants du syndicat des ouvriers sidérurgistes comme Murray Cotterill, Chris Tower, Wally Rose et Charles Millard. deux militants du syndicat des services publies Gil Levine et André Bekerman, ainsi que deux professeur» d'université, Leo Roback et Jacques Doiny, de l'université de Montréal. Bien que des positions fort divergentes aient été mises en avant au cours de cette conférence — d'aucuns identifiant le contrôle ouvrier avec la participation, d'autres rejetant tout le concept de contrôle ouvrier comme « utopique › -la ronférence a marqué l'intérêt croissant de l'avant-garde syndicaliste pour la straté.

Le fait que le communiqué de Hoy ne mentionne pas les noms de Juan Rodriguez. Antonio Celas et Luis Perez. nous parait très suspect. Ces trois camarades sont accusés d'avoir participé à l'exérution du traitre et mouchard Honorato Rojas. L'appareil d'Etat chargé d'administrer la ‹ justice » a caractérisé cet acte comme un cri. me de droit commun. s'efforçant ainsi de voiler le fait que l'Armée de Libération Nationale (E.L.N.) a pris publiquement la responsabilité politique et morale de cette action de justice.

Signé : José A Moreno, O. Busch, Vietor Cordoba, B. Coronado, C. Demiguel, J.F. Melgara. Tomas, Chambi, Roberto Moreira, E. Ortega. G. Oroza, Julio Dagnino, Jorge Pol, Juan Sanchez. Rocabado, Jurgen Sehutt, Felipe Vasquez, prisonniers politiques de la prison de San Pedro. a la Paz. »

Les camarades José Moreno, Felipe Vasquez, Tomas Chambi et E. Ortega sont membres du Parti Ouvrier Révolutionnaire (section bolivienne de la IV° Internationalel. gie du contrôle ouvrier. Différents militants, tels Lloyd Olsen, président d'une section iocale des métallurgistes non ferreux, et Vie Hugh d'une section du syndicat des ouvriers du caoutchouc, ont avancé des positions proches des nôtres à cette orcasion.

Une poussée oppositionnelle se fait jour simultanément au sein de la Confédération syndicale canadienne IC.L.C.ı dont le congrès doit avoir lieu du 18 au 23 mai à Edmonton. Les militants qui sont les por• te-parole de l'opposition réclament notamment une indépendance plus forte par rapport aux syndicats américains (les grands syndicats canadiens sont des sous-sections des « syndicats internationaux » des EtatsUnis), plus de démocratie syndicale et plus d'activité politique indépendante de la part des syndicats.

CANADA

Dans le mouvement syndical

CANADA

Dans le mouvement syndical

CEYLAN

Manifestation de masse contre les brutalités policières

Comme nous l'indiquons par ailleurs dans ce numéro, la grande grève des doekers ceylanais a pris fin le 12 février. La grève de solidarité du syndicat C.M.U. prit fin le même jour. Mais le lendemain, une section d'entreprise du C.M.U. déclencha une grève de protestation de 24 heures contre l'emploi de deux agents de sécurité par le patron. Lorsque le piquet de grève devant rette entreprise se mit à scander des slogans, la police l'attaqua brusquement avec les matraques. blessant divers travail. leurs dont le trésorier du syndicat, membre du LSSP (R). section reylanaise de la IV Internationale.

La riposte vint le 19 février, sous forme d'une grève-éclair de tous les membres de la C.M.U. à Colombo. qui quittèrent soudainement leurs lieux de travail et forme-

Pour la première fois en Colombie. un livre de Léon Trotsky, La récolution fri-

Pour protester contre le projet de loi réactionnaire sur l'administration des universités. à présent déposé au Parlement par le gouvernement bourgeois de droite. 8.000 étudiants ont manifesté dans les rues de la capitale danoie le 9 mars, et des milliers d'étudiants ont temporairement occupé l'université le même jour. Une motion adoptée lors d'un meeting de masse tenu au cours de l'occupation met en avant trois revendications centrales : (1) La recherche scientifique et l'éducation doivent s'effectuer au profit du peuple et non au profit des chefs d'entreprises : (2) Liberté d'organisation illimitée dan» l'Université : 13)

L'International Marxist Group (Groupe Marxiste International). section britannique de la IV° Internationale, a tenu son congrés annuel les 25. 26 et 27 mars à Lonrent un cortège de 15.000 manifestants parcourant le centre de la ville pendant trois heures. Le thème de la manifestation : ‹ Arrêtez la violence de l'Etat contre le peuple ! » fut repris en chœur par les manifestants, qui bloquèrent tout le trafic sur leur passage et firent eux-mêmes la police de la circulation. La manifestation qui avait été préparée sans qu'aucune information soit parvenue préalablement à la presse ou au gouvernement, prit les forces de répression complètement au dépourvu et impressionna profondément la population de Colombo.

Le camarade Bala Tampoe, secrétaire de la section ceylanaise de la IV" Internationale, fut l'organisateur et le dirigeant principal de la manifestation. hie, a été publié par une maison d'édition 50% de représentants élus des étudiants au sein de tous les conseils administrant l'Université et capables de prendre des décisions effectives.

Les étudiants danois cherchent consciemment à lier leur lutte à celle des travailleurs qui se déroulent depuis deux mois dans le pays. Les membres de l'organisation des Socialistes Révolutionnaires (R.S. Irection danoise de la IV" Internationale) et du Forum des Jeunes Socialistes (S.U.F.), au sein duquel les R.S. exercent une influence politique considérable, sont à l'avant-garde du mouvement étudiant. dres, en présence de cent délégués et invités. Le congrès enregistra les progrès importants de la section depuis l'an dernier. qui se manifestent notamment par la paru-

COLOMBIE

Première édition d'un livre de Trotsky colombienne.

DANEMARK

L'agitation étudiante s'amplifie

GRANDE-BRETAGNE

Congrès de l'International Marxist Group

COLOMBIE

Première édition d'un livre de Trotsky

DANEMARK

L'agitation étudiante s'amplifie

GRANDE-BRETAGNE

Congrès de l'International Marxist Group

Q VATRI tion d'un premier bulletin industriel (pour les ouvriers du transport), d'une participa tion croissante aux luttes étudiantes (telles les récentes occupations d'universités) et par le fait que le comité de rédaction du journal Red Mole. paraissant à plus de

Publication d'un

Pour la première fois depuis l'établissement du régime stalinien en Hongrie, un texte de Trotsky y a paru légalement. Il s'agit d'un récit de la révolution d'Octobre par Trotsky qui parait, ensemble avec des

(section italienne de

Les 19, 20, 21 et 22 mars s'est tenu à Rome le congrès des Groupes Communistes Révolutionnaires, section italienne de la IV* Internationale, en présence d'une soixantaine de délégués. Ce congrès a marqué la reprise vigoureuse de la section italienne de la IV° Internationale, après la crise que l'organisation avait subie en 196768, un groupe de militants jeunes ayant été attiré par le spontanéisme (les principaux fauteurs de cette scission ont depuis lors sombré dans des groupuscules maoïstes).

Le congrès a pu enregistrer le recrutement, important de militants ouvriers par la section italienne, dont un groupe de travailleurs de la Fiat de Turin (y compris des membres du conseil des délégués d'atelier, élus par l'ensemble des travailleurs), des travailleurs de l'industrie sidérurgique

Après la défaite électorale subie par le PS japonais (voir n° 42 de Quatrième Internationale), le tournant à droite de ce parti que nous avions prévu s'est produit sur une grande échelle. Prétextant d'une crise financière, la direction bureaueratique du parti a licencié 60 fonctionnaires du Burcau national du PS à Tokyo, dont sept militants appuyant le Comité des

EME INTERNATIONALE 10.000 exemplaires, est composé d'une majorité de membres de II.M.G.

Un compte rendu plus détaillé du Congrès de I'I.M.G. a paru dans Rouge (n° du 13 avril 1970). texte de Trotsky textes de Lénine et d'autres témoins oculaires, dans une anthologie consacrée au 50° anniversaire de la révolution d'Octobre. la IV Internationale) de Tarente (la plus grande entreprise de l'Italie méridionale) qui ont un poids important dans l'entreprise, ainsi que des travailleurs d'autres régions de l'Italie du Nord et de l'Italie centrale. Des militants du mouvement étudiant ont également été recrutés.

Le congrès a consacré de longues discussions à une résolution politique centrale (dont nous reproduisons des extraits dans ce numéro de Quatrième Internationale), ainsi qu'aux rapports de trois commissions : une commission du travail d'entreprise, une commission du travail étudiant et une commission de la presse. Le congrès a décidé de régulariser la parution de l'organe de la section Bandiera Rossa sur 8 pages tous les mois, en attendant la parution tous les quinze jours. Jeunes contre la guerre, la principale organisation anti-impérialiste japonaise en mi. lieu ouvrier. Un comité ad hoc a été constitué pour protester contre ces licenciements. Il a occupé une partie des locaux du Bureau. •

Au Congrès national du PS japonais, convoqué pour le 20 avril, le Comité exé. cutif central a décidé de présenter une

HONGRIE

ITALIE

Congrès des G.C.R.

JAPON

Tournant à droite accentué du Parti Socialiste

HONGRIE

ITALIE

Congrès des G.C.R.

JAPON

Tournant à droite accentué du Parti Socialiste résolution qui coupe tous les liens entre le PS et le Comité des Jeunes contre la guerre, rétablit l'autorité de la bureaueratie du PS sur l'organisation féminine du Parti, assez « gauchiste », et exelut des Jeunesses socialistes et du PS tous les membres de la fraction dite « Libération » ainsi que d'autres tendances appelées « gauchistes ». Il est certain que le Congrès du 20 avril entérinera ces décisions.

Ainsi, le Parti socialiste japonais achève sa mutation d'une formation social-démocrate « kautskyienne » classique en un parti réformiste « moderne », brisant le pont avec le verbalisme marxiste de lutte de classe (qui dissimula longtemps une pratique réformistel.

La tendance « Libération » au sein des Jeunesses socialistes est de nature idéolo-

Arrestation du

Mario Menéndez Rodriguez, directeur de l'hebdomadaire d'opposition Por Qué?. a été arrêté à Mexico le 14 février dernier. Il est accusé d'avoir été impliqué dans la préparation d'attentats terroristes à la bombe.

Mario Menéndez Rodriguez a vigoureusement nié avoir participé à de quelconques activités de ce genre. Il est clair que le gouvernement cherche à se venger du courage politique dont ce journaliste op positionnel honnête a fait preuve, notamment lorsqu'il a publié un reportage sur le massacre des étudiants du 2 octobre 1968. Des centaines de milliers d'exemplaires de ce numéro de Por Qué? furent

Manifestations de

Le 18 février s'est tenue une manifestation de 17.000 étudiants et travailleurs Plaza Miranda à Manille, capitale des Philippines, pour protester contre le meurtre de cinq étudiants par la police le 30 janvier, lors d'une manifestation devant la résidence présidentielle. Dix-huit groupes ré. volutionnaires participèrent à cette manifestation qui, selon le New York Timex

IONALE 63 gique luxembourgeoise, mais en pratique. centriste. Elle se bat contre les mesures répressives de la bureaucratie social-démocrate sur une plate-forme hésitante, qui ne vise qu'un seul but : préserver le droit de rester membre du PS. La condition posée par la bureaucratie réformiste, c'est que cette tendance cesse de participer au « Co. mité des Jeunes contre la guerre ». Cel ultimatum a provoqué une grave crise au sein de cette tendance.

La Ligue communiste révolutionnaire, rection japonaise de la IV* Internationale, voit ainsi confirmée son orientation vers la création d'une organisation révolutionnaire de la jeunesse indépendante du PS el du PC. Les préparatifs pour la construction de cette organisation sont déjà en bonne voie. vendus à cette occasion. paralysant les efforts du gouvernement pour dénaturer les faits et accuser les victimes d'avoir « provoqué > leur propre assassinat.

Après l'ignoble attaque du ler janvier 1970 contre les prisonniers politiques de la prison de Lecumberri engagés dans la grève de la faim, Por Qué? publia une lettre ouverte dénonçant cette brutalité. son doute. le gouvernement de Diar Ordaz craint-il que cet hebdomadaire courageux commence à jouer le rôle d'organisateur d'un large mouvement d'opposition dans le pays: voilà pourquoi il essaye aujourd'hui de poursuivre le directeur de cette publication. masse successives du 19 février, « prêchèrent la révolution comme seule voie de salut pour le peuple des Philippines ».

Une nouvelle manifestation de masse s'est produite le 4 mars, pour appuyer la grève des chauffeurs de minibus, qui protestaient contre leur exploitation par les compagnies pétrolières américaines.

MEXIQUE directeur de l'hebdomadaire

«Por Qué? »

PHILIPPINES

MEXIQUE directeur de l'hebdomadaire

«Por Qué? »

PHILIPPINES

SUEDE

Agitation contre la répression en Tchécoslovaquie

Les camarades trotskystes suédois ont distribué 5.000 tracts comportant l'Appel du Secrétariat Unifié de la IVe Internationale, protestant contre la répression qui sévit en Tchécoslovaquie à l'égard des militants révolutionnaires. Ces tracts ont été distribués notamment lors du meeting de commémoration du centenaire de la naissance de Lénine organisé par le PC, et lors de diverses manifestations grévistes.

TURQUIE

Publication d'un livre de Trotsky

Leçons d'Octobre de Léon Trotsky vient d'être publié en turc par une maison d'édition libérale. Le livre a été saisi par les autorités presque immédiatement après sa sortie des presses, mais un nombre important d'exemplaires est néanmoins parvenu au public.

GRECE

Des trotskystes condamnés à de lourdes peines

Fin février, neuf militants de la résistance anti-dictatoriale venaient d'être condamnés à de lourdes peines par le tribunal militaire de Salonique. La presse de l'opposition libérale dans l'émigration a voulu cacher le fait qu'il s'agissait de militants accusés d'avoir diffusé l'organe de la section grecque de la IVe Internationale, Ergatiki Pali (Lutte Ouvrière). Quatre étudiants, les camarades Liakos, Mytafidis, Derbekis et Katsaros, ont été condamnés à la peine de prison à perpétuité, pour les punir de leur attitude exemplaire devant les juges. Ces camarades ne se sont pas contentés de dénoncer la dictature militaire, mais ont aussi condamné le régime capitaliste qui l'a produite et ont appelé les masses laborieuses à créer un gouvernement d'ouvriers, de paysans et d'étudiants, pour construire une République grecque des Conseils.

FRANCE

Lutte contre l'intensification de la répression

Nous avions signalé (voir N° 42) l'écho de la campagne menée par le Comité pour la défense des soldats emprisonnés. Inquiet, le gouvernement décida d'interdire les meetings de ce Comité. Cette interdiction suscita une réplique immédiate sous forme d'un meeting à Paris qui rassembla l'extrême-gauche et la gauche, y compris le P.S., à l'exception du P.C.F. qui expliqua que tout en étant pour les droits des soldats, il refusait de se trouver à côté des gauchistes.

A Vernon, trois ouvriers qui, en janvier, avaient collé des affiches du Comité, sont poursuivis pour atteinte au moral de l'armée, alors que les auteurs de l'affiche (Sartre, Rocard, Krivine, etc.) ne le sont pas. Les syndicats locaux, à l'exception de l'Union locale C.G.T., ont pris la défense de ces ouvriers.

Le projet de loi scélérate présenté par le gouvernement vise en premier lieu l'extrêmegauche, mais ses termes sont si élastiques que tous les droits et libertés démocratiques sont menacés. La résistance à cette loi est très large. Mais l'atout du gouvernement, qui vise a dissocier la gauche, parlementaire, de l'extrême-gauche révolutionnaire, ce ne sont pas les stupidités en paroles ou en actes de certains spontanéistes, mais la politique du P.C.F. qui, sur ce point, concorde avec celle du gouvernement.

Le 1er mai, pour isoler les révolutionnaires, le service d'ordre C.G.T. a fait un barrage qui, à la fin, s'est aussitôt dérobé pour laisser les révolutionnaires aux prises avec.la police.

Depuis. C.G.T. e. P.C.F. d'une part, C.F.D.T. et P.S.U. d'autre part, ont polémiqué sur l'attitude du service d'ordre C.G.T. Le fond du problème, c'est que la direction du P.C.F refuse toujours le droit de cité dans le mouvement ouvrier aux trotskystes, tandis que les autres organisations ne peuvent pas accepter cette prétention stalinienne. Les dirigeants du P.C.F. sont d'autant plus farouches que le terrain commence a se dérober sous leurs pieds.

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