La structure sociale de la population d'Okinawa, dans ses aspects sociaux, économiques et politiques, est maintenant obligée d'affronter une crise fondamentale et les assauts d'une intégration impérialiste par la bourgeoisie japonaise. La « patrie », qui a été une « espérance » pour le peuple d'Okinawa pendant de longues années, est maintenant une notion intégrationniste impérialiste contre le peuple. Après avoir combattu contre la puissance militaro-coloniale des Etats-Unis, le peuple d'Okinawa doit affronter deux ennemis sur ses deux flancs : par derrière l'impérialisme américain, par devant l'impérialisme japonais. Les attaques bilatérales des deux impérialismes ont à peine commencé à détruire le rapport de forces et chaque droit socio-politique gagné par le peuple d'Okinawa dans ses luttes de résistance dures et isolées depuis plus de 20 ans. La première tentative est le renvoi massif des travailleurs des bases militaires par l'armée américaine.
Dans la mesure où le « retour d'Okinawa au Japon » signifie la reconnaissance du droit de domination sur les îles et le peuple par l'Etat japonais, il implique seulement que la bourgeoisie japonaise et son Etat vont réaliser une domination impérialiste sur le peuple d'Okinawa. Comme le montrent les renvois massifs de travailleurs des bases militaires, la réalisation du droit de domination de l'Etat japonais sur le peuple d'Okinawa ne peut empêcher de signifier une suppression agressive de tous les droits socio-politiques gagnés par le peuple d'Okinawa. C'est la question la plus fondamentale qu'a posée la déclaration commune de Nixon et de Sato en novembre 1969. La revendication du droit de domination sur le peuple d'Okinawa par l'Etat japonais sera-t-elle reconnue ou non ? Il est complètement vain d'espérer qu'il y aurait une quelconque expansion de la marge réformiste par suite de la réalisation de la domination impérialiste par la bourgeoisie japonaise et son Etat. Combattre sans compromis toutes les tentatives d'intégration impérialiste japonaise d'Okinawa, c'est-à-dire proclamer le droit inconditionnel du peuple d'Okinawa à l'autodétermination et combattre pour la réalisation de ce droit, c'est la seule voie qui reste au peuple. Sans le refus complet de la revendication du droit de domination sur Okinawa par l'Etat japonais, la lutte d'Okinawa contre le militarisme et le colonialisme ne pourra jamais progresser sans interruption. Contre la revendication du droit de domination impérialiste par lequel la bourgeoisie japonaise et son Etat cherchent à détruire et à supprimer la lutte d'Okinawa contre le militarisme et le colonialisme, ouvriers et paysans d'Okinawa doivent opposer leur droit d'auto-détermination inconditionnel et combattre la structure militaro-coloniale d'Okinawa qui est la cause fondamentale des conditions de vie dures et cruelles pour le peuple. Maintenant, juste autour de cette position, une très vaste différenciation politique progresse parmi les masses populaires sur une échelle très profonde. C'est là que réside la raison fondamentale de la profonde passivité et de l'hésitation politique des directions actuelles du syndicat des ouvriers de la base militaire et de la fédération des syndicats d'Okinawa, du syndicat des enseignants et de l'Association d'Okinawa pour le Retour à la Patrie. Ces directions des ouvriers et des paysans d'Okinawa essaient de trouver une possibilité étroite pour un réformisme de gauche dans l'intégration impérialiste d'Okinawa par la bourgeoisie japonaise. Mais cette orientation ne conduit qu'à un désastre complet, puisque la lutte pour la réalisation du droit de l'auto-détermination est maintenant impossible sans lutte pour le renversement du présent gouvernement de Yara Ryutyu sous contrôle colonial américain et sans instauration d'un gouvernement antimilitariste et anticolonialiste des ouvriers et des paysans d'Okinawa. Ceci n'est possible qu'à travers la formation d'un nouveau front uni antimilitariste et anticolonialiste des ouvriers et des paysans d'Okinawa résultant d'une active différenciation politique, sur une large échelle, de leurs directions actuelles.
Il est tout à fait clair que la phase présente de lutte est extrêmement difficile pour les ouvriers et les paysans d'Okinawa. Objectivement, et quelquefois contre leur propre volonté, les directions actuelles sabotent le combat des travailleurs des bases militaires contre les renvois massifs, à cause de leur position centriste et opportuniste envers la revendication impérialiste du droit de domination sur le peuple d'Okinawa par la bourgeoisie japonaise et son Etat. Maintenant, seule la position programmatique du droit inconditionnel du peuple à l'auto-détermination, qui combattra toutes les tentatives d'intégration impérialiste, peut engager le combat contre les renvois massifs sans compromis, rassemblant les grandes colères spontanées des ouvriers et des paysans. La structure militaro-coloniale est la cause fondamentale des cruelles difficultés des ouvriers et des paysans d'Okinawa ; sans combat contre le trait le plus ouvert et le plus nu des profondes souffrances qui sont journellement reproduites par la plus grande contradiction d'Okinawa, il est impossible de développer la lutte de libération antimilitariste et anticolonialiste d'Okinawa. C'est dans cette voie que s'est développée la lutte massive de résistance d'Okinawa. « Pour l'abrogation inconditionnelle des renvois massifs des travailleurs des bases militaires ! », sur ce slogan devrait être organisée la grève générale d'Okinawa qui a été promise par les directions du mouvement syndical d'Okinawa et qui jusqu'à maintenant a été sabotée par elles.
— Retrait inconditionnel et immédiat des bases militaires américaines d'Okinawa ! Retour de la terre au peuple d'Okinawa !
— Refus inconditionnel de la revendication impérialiste du droit de domination sur Okinawa de l'Etat japonais ! A bas le gouvernement Yara Ryukyu sous contrôle colonial américain !
— Pour le droit inconditionnel d'auto-détermination et d'auto-gouvernement des ouvriers et des paysans d'Okinawa ! Pour un gouvernement antimilitariste et anticolonialiste des ouvriers et des paysans d'Okinawa !
— Confiscation des propriétés américaines et japonaises à Okinawa, pour leur contrôle par les ouvriers et les paysans ! Contre l'intégration de l'économie d'Okinawa par la bourgeoisie japonaise ! Contrôle inconditionnel des ouvriers et des paysans d'Okinawa sur les dépenses financières du gouvernement japonais pour Okinawa ! Deux fois, trois fois plus de finances du gouvernement japonais pour Okinawa !
— Contre la « japonisation » des systèmes socio-politiques d'Okinawa ! Contrôle des ouvriers et des paysans d'Okinawa sur l'éducation, la santé et la sécurité publique, etc.
— Dissolution du système de police gouvernementale de Ryukyu et démantèlement des gangs de droite fascistes ! Etablissement de comités d'auto-défense des ouvriers et des paysans ! Contre l'introduction de la police et de l'armée japonaise à Okinawa !
— Pour un front uni des ouvriers japonais soutenant l'auto-détermination d'Okinawa et défendant la lutte des ouvriers et des paysans d'Okinawa contre ses structures militaro-coloniales !
— Vive la révolution unificatrice de Corée ! Retrait des armées américaines de Corée ! A bas le gouvernement militaire Pak de la Corée du Sud ! Abolition du pacte nippo-sud-coréen ! Pour un gouvernement des ouvriers, des paysans et des soldats de Corée du Sud !
— Pour le Front Uni anti-impérialiste des trois peuples d'Extrême-Orient : Corée, Okinawa et Japon ! Pour les Etats-Unis socialistes d'Asie, par la révolution anti-impérialiste de l'Extrême-Orient asiatique !
Nous, section japonaise de la Quatrième Internationale, combattrons pour les ouvriers et les paysans d'Okinawa, contre le gouvernement bourgeois japonais et l'impérialisme américain, en accord avec la Quatrième Internationale. 23 mars 1970 Ligue Communiste Révolutionnaire (section japonaise de la IVe Internationale).