Documents de la IVe Internationale

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La revue › n° 42

Le journal des secrétaires de Lénine

Quatrième Internationale, n° 42 · mars 1970 · p. 25-33 · 7 253 mots

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Le centième anniversaire de la naissance de Lénine est exploité par les dirigeants soviétiques et leurs larbins pour défigurer, une fois de plus, la pensée du grandi révolutionnaire et calomnier ceux qui poursuivent le combat pour la victoire de la révolution socialiste mondiale inaugurée par Octobre 1917. Les Figuères et Cogniot de tous les pays ramassent tout bout de phrase détaché de son contexte pour opposer le « trotskysme » au léninisme. Mais ils font le silence sur la dernière période de l'activité politique de Lenine.

Dans la période où la « déstalinisation » se développait, on a publié à Moscou des textes dont la possession, du temps de Staline, entraînait la les camps ou la mort. Outre le « testament » de Lenine et ses notes sur la question nationale, se trouvait parmi ces documents un « Journal des mai 1922, qu'il retourna à son bureau le 2 octobre, qu'il eut alors une service auprès de Lenine». On sait que rechute le 13 décembre et que le 10 mars 1923 une nouvelle attaque le paralysa et lui fit perdre l'usage de la parole. Sa vie politique était désormais terminée.

• Le « Journal » des secrétaires, tel qu'il fût publié, fut tenu du 21 novembrej 1922 au 6 mars 1923. Faute de place, nous n'en donnerons ici que la partie qui va du 13 décembre, date de la seconde rechute de Lenine, au 6 mars. Il est formé de notes succinctes écrites au jour le jour par les secrétaires de Lenine, indiquant les cisiteurs, les problèmes que suivait Lenine, les articles ou notes qu'il préparait, ses réflexions et aussi des remarques des secrétaires sur son état de santé, ses intentions, etc. En raison de leur forme, ces notes ne peuvent être bien comprises qu'avec de larges explications, qu'on peut trouver tout d'abord dans La Révolution défigurée de Trotsky ainsi que dans son article Le « Testament» de Lenine. Quand ces textes furent écrits, ce « journal » était inconnu et certains doutaient de ce que Trotsky écrivait sur la dernière période de Lenine. Le « journal confirme intégralement ce qu'a écrit Trotsky ; nous renvoyons également le lecteur au livre de M. Lewin Le dernier combat de Lenine qui, se basant précisément abondamment sur ce journal, reconnaît l'authenticité du témoignage de Trotsky.

Dans cette note liminaire, nous ne ferons aucun commentaire sur les problèmes proprement politiques mentionnés sommairement dans journal ». Il y a d'abord celui du monopole du commerce extérieur qu'une décision du C.C. avait aboli, mais cette décision sera annulée le 18 décembre sur demande de Lenine appuyée par Trotsky. On verra aussi que Lenine, préoccupé de la croissance de la bureaucratie, s'affaire à recueillir des informations à ce sujet. Dans le « journal », la dictée du « testament » et des autres notes au Parti, restés si longtemps sous le boisseau, n'est mentionnée qu'en quelques lignes. La question qui jouera certainement un rôle très éminent dans les dernières prises de position de Lenine est celle des Géorgiens, duns laquelle Lenine prend le parti de la tendance Mdivani (un futur oppositionnel de gauche) contre les agissements de Staline-Ordjonikidzé. Lénine s'indigne avec une véhémence énorme sur le fait qu'Ordjonikidzé ait exercé un acte de violence contre un membre du Parti. « Cela a lourdement influé sur mon état de santé », déclare-t-il (voir le « journal », 30 janvier). L'enquête sur cet acte. il l'appelle dans ses propos à la secrétaire Fotieva son « affaire clandes. tine »; c'est en fait la préparation d'une attaque en règle contre Staline en vue du Congrès du Parti.

Mais, ce qui est plus particulièrement révélateur dans le « cahier », c'est l'atmosphère de surveillance dans laquelle vivait Lenine à cette période, non de sur. veillance médicale, mais politique : le secrétaire général Staline, chargé par le Comité Central de veiller aux soins à porter à Lenine, visait à isoler celui-ci des affaires politiques, à l'empêcher d'intervenir. Il commandait aux secrétaires Lenine. D'autre part, Lenine, dont le cerveau ne marquait aucun effet de la maladie,

Use tramait et, conscient de la surveillance dont il était l'objet; cherchait à passer outre par tous les moyens. « Vladimir Illitch eut l'impression devinait ce qui que ce n'était pas les médecins qui donnaient des instructions au CC mais que c'élait le CC qui donnait des instructions aux médecins » (12 février). « Le 24 janvier, VI. m'a dit : * Avant tout à propos de notre affaire clandestine : je sais que vous me trompez. » Y a-t-il quelque chose de plus lumineux que cet incident mentionné par L.A. Fotieva dans sa note du ler février : « V.I. a dit : « Ah, si j'étais en liberté ! [sa langue a d'abord fourché, puis il a répété en riant : « Ah ! si j'étais en liberté !] alors je pourrais facilement faire tout cela moi-même. » « Si j'étais en liberté », l'expression lui vient pour ainsi dire inconsciemment dans la bouche, il en est lui-même surpris, puis la trouvant adéquate, il la répète en riant. Ce « journal » est donc un témoignage historique incontestable de la situation niveau de la direction du Parti bolchevik dans la fin de l'année 1922 debut de lannée 1923 ; il montre qu'à ce moment là Lenine et Trotsky étaient pratiquement tous deux en minorité au Bureau Politique, que le danger bureaucratique grandissait, que Lenine se préparait à mener avec Trotsky une fractionnelle contre ce danger (lettre à Trotsky du 5 mars). Lenine, en minorité Bureau Politique, organisant, après le 10° Congrès, une lutte fractionnellle plus est, avec Trotsky contre Staline et le stalinisme naissant : cette vérité historique établie par les faits est à l'opposé complet de « l'histoire » stalinienne qui ne pourra jamais « rectifier » quoi que ce soit sur ce point.

13 décembre, matin (notes de L.A. Fotieva).

Les médecins sont venus à 11 heures. Ils lui ont recommandé un repos complet, Aux alentours de midi, il a convoqué Fotieva à son bureau pour liquider les affaires courantes. Il a dicté des lettres au Comité Central à propos de Rojkov, à Frumkin, à

Stomoniakov, et à Trotsky à propos du commerce extérieur, aux suppléants sur la division du travail. A 12 h. 30 est arrivé Staline qui est reparti à 2 h. 35 13 décembre, soir (notes de L. A. Fotieva).

A 5 h. 55 il a convoqué Fotieva. On lui a communiqué les réponses de Frumkin et de Trotsky. I a fixé un rendez-vous avec Krijanovsky pour le 14 décembre à 12 h. Il a dicté de 7 h. 30 à 8 h. 25 une lettre au plenum du Comité Central sur la question du commerce extérieur. Il voulait voir Frumkin, mais a annulé l'entrevue. Il était de bonne humeur, plaisantait. Il s'inquiétait seulement de la liquidation des affaires en suspens. 14 décembre, matin (notes de L. A. Fotieva).

Il a téléphoné à 11 heures, parlé avec Fotieva de la lettre de la veille sur le commerce extérieur et demandé de ne la communiquer à personne, étant donné qu'il y a un complément à ajouter. Il a demandé si Krijanovsky viendrait. Il a téléphoné encore une fois à 11 h. 10.

A 2 h. 10 il a demandé à être mis en liaison avec laroslavsky (2). On n'a pu trouver laroslavsky — il a relégué la conversation ou le rendez-vous avec lui à la soirée. A 2 h. 25 il a convoqué Fotieva et lui a donné le texte d'une note pour Avanesov (3) à lui envoyer en même temps que la lettre sur le commerce extérieur. Il a ordonné de renvoyer cette lettre, après réception, à Frumkin qu'il recevra, vraisemblablement, ce soir. Il était très content d'apprendre la résolution du Bureau politique sur Rojkov, il riait et disait que c'était une très bonne nouvelle. Il est extérieurement de bonne humeur, il plaisante 14 décembre, soir (notes de M. A. Voloditcheva).

V. I. (Vladimir Illitch) a téléphoné à 5 h 45. II a demandé le procès-verbal de la réunion du Bureau politique, il a déclaré qu'il avait l'intention de dicter quelque chose. Il a demandé à être mis en liaison avec laroslavsky (laroslavsky se trouvait chez lui). A 7 heures le médecin ! Frumkin est venu mais n'a pas pu voir. V. I. A 9 heures V. 1. a demandé à Lidia Alexandrovna de lui faire penser à lui demain à 12 heures, lorsque Frumkin se trouverait chez Tsiurupa. Il a demandé si tous les documents concernant le monopole du commerce extérieur avaient été envoyés à Trotsky et il lui a fait transmettre ceux qui se trouvaient chez lui. Il faut les montrer à Lidia Alexandrovna. La lettre V. I sur la lettre de Boukharine a été envoyée à Staline et à Trotsky à la demande de V. I. Il écrira, dit-il, le complément à part.

matin-là Lénine subit deux attaques. laroslavsky, à ce moment un des secrétaires du Parti.

(3) Le voici • Camarade Avanesov- VoUC ma lettre [au Comité Rendez-la vers 7 h savoir s'il y a lieu d'ajouter ou d'enlever quelque chose. Comment mener le combat? Votre Lénine. C'est le combat au sujet du du commerce extérieur.

(4) Lettre de Lénine contre les thèses de Bouckharira concernant le monopole.

Avant 8 heures il a déclaré à Lidia Alexandrovna qu'il dicterait Zinoviev sur la question de Rojkov à Pskov, 2) à Kamenev sur l'Union des Républiques Socialistes, 3) un complément à la lettre sur le commerce extérieur.

Il a répété vers 9 heures qu'il se réservait le droit de téléphoner jusqu'à 10 heures. Vers 10 heures Maria Ilinitchna a téléphoné et nous a dit que V. I. ne dicterait plus rien aujourd'hui. 15 décembre, matin (notes de L. A. Fotieva). .

Il a appelé à 11 h. 50. Il a demandé une copie des lettres d'hier. Il a convoqué Fotieva à son appartement et lui a donné une lettre qu'il a écrite à Trotsky (5), en la chargeant personnellement de la recopier à la machine et de l'envoyer elle-même, et de garder une copie sous enveloppe cachetée dans les archives secrètes. II lui est très difficile d'écrire, il a ordonné de détruire l'original; cependant il est conservé avec la copie aux archives secrètes.

Il a pris une décision concernant les livres : mettre à part les livres techniques, ceux de médecine, etc., et les renvoyer ; les livres d'agriculture : passer à Maria llinitchna ; les livres sur la propagande pour la production, sur l'organisation du travail et les livres de pédagogie : transmettre à Nadejda Konstantinovna ; garder la littérature demande, et conserver pour lui les recueils d'articles, les ouvrages politiques, les mémoires, les souvenirs, etc En outre, il a décidé qu'il fallait lui remettre tous les procès-verbaux du Comité des Finances avec une notice du secrétaire, ni trop longue ni trop courte, qui lui permette représenter clairement en quoi a consisté le travail de ce Comité. Il n'est pas de bonne. humeur, il dit qu'il se sent plus mal et qu'il n'a pas dormi la nuit. 15 décembre, soir (notes de L. A. Fotieva).

Il a téléphoné à 8 h. 30. Il a dicté (d'abord au téléphone, puis il m'a convoquée à son appartement) des lettres à Staline et à Trotsky. A Staline sur son intervention possible au Congrès des Soviets, à Trotsky sur sa protestation catégorique contre le retrait du problème du commerce extérieur de l'ordre du jour du plenum, si un tel retrait était envisagé. Il a terminé vers 9 heures. 16 décembre, matin (notes de L. A. Fotieva).

De 11 h. à 11 h. 15 sont venus les médecins (Kramer et Kojevnikov). Nadejda Konstantinovna a envoyé une lettre aux suppléants qu'elle a écrite, visiblement, hier soir ou bien aujourd'hui avant l'arrivée des médecins. Pakaln (6) déclare que V. I. n'a pas envie de partir à Gorki, il explique cela parce que la route, en traineau à hélices, est fatigante alors qu'il est impossible de faire le trajet en voitures. Pakaln raconte que chaque jour à 9 h. 30 on lui amène un chien (Aida) avec lequel il joue et qu'il aime énormément. Un télégramme est arrivé de Förster (7), qui souligne qu'avant de faire une intervention au Congrès il ne faut pas moins de sept jours de repos. V. I. n'a pas téléphoné une seule fois et n'a pris aucune décision. 16 décembre, soir (notes de L. A. Fotieva).

Nadejda Konstantinovna a téléphoné, elle a demandé de signaler à Staline de la part de V. I. que ce dernier ne prendrait pas la parole au Congrès des Soviets. A la question sur la santé de V. I. elle a répondu que cela allait • comme ci comme ça », qu'extérieurement cela n'allait pas mal, mais que dans le fond c'était difficile à dire. Elle a demandé aussi de sa part de téléphoner clandestinement à laroslavsky pour le charger d'enregistrer les discours de Boukharine et de Piatakov, et en fonction des possibilités, d'autres aussi, prononcés au plenum sur la question du commerce extérieur. 18 décembre, matin (notes de N. S. Allilueva).

Le plenum du Comité Central siège (8). V. I. n'y assiste pas, il est malade - aucune décision, aucune disposition. 18 décembre, soir.

Le plenum siège. V. I. n'y assiste pas, le plenum s'achève par une séance de nuit. 23 décembre (notes de M. A. Voloditcheva).

Peu après 8 heures V. I. m'a convoquée à son appartement. Il a dicté pendant quatre minutes (9). Il se sentait mal. Les médecins étaient là. Avant de commencer à dicter il m'a déclaré : * Je veux vous dicter une lettre au Congrès. Notes. > Il a dicté rapidement ; mais on sentait bien qu'il était malade. Après m'avoir dicté sa lettre il m'a demandé quel jour nous étions. • Pourquoi êtes-vous si pâle, pourquoi n'êtes-vous pas au Congrès », il a regretté de me faire perdre le temps que je pourrais y passer. Je n'ai reçu aucune autre communication.

(5) Lénine dit à Trotsky dans cette lettre que l'entente entre eux concernant le monopole est Pakoln, chef de la garde personnelle de Lénine à Gorki.

7) O. Förster : neurologue allemand, médecin de Lénine. (8) Ce plenum antérieure sur la question du commerce extérieur. (9) Début des notes constituant le • testament ».

décembre (notes de M. A. Voloditcheva)

Le lendemain (24 décembre) V. l. m'a de nouveau convoquée entre 6 h. et 8 h.

Il m'a prévenue que ce qu'il m'a dicté la veille (23 décembre) et ce qu'il me dictait aujourd'hui (24 décembre) était absolument secret. Il a souligné cela plusieurs fois. Il exigé que tout ce qu'il dictait soit conservé dans un endroit particulier sous une responsabilité particulière et soit considéré comme rigoureusement secret. Il a alors ajouté encore une disposition.

On a retiré pour V. I. les Notes sur la Révolution de Soukhanov (tomes III et IV). 29 décembre.

V. I. a fait demander par Nadejda Konstantinovna l'établissement de listes des livres nouvellement parus. Les médecins l'ont autorisé à lire. V. I. lit les Notes sur la Révolution de Soukhanov. La littérature n'intéresse pas V. I. V. I. a demandé que les listes soient établies par genre. 5 janvier 1924.

V. I. a exigé les listes de livres nouvellement parus, depuis le 3 janvier, ainsi que le livre de Titlinov, La nouvelle église. 17 janvier (notes de M. A. Voloditcheva).

V. I. m'a convoquée de 6 à 7 h. pour une demi-heure. Il a lu en y apportant des corrections ses notes sur le livre de Soukhanov sur la Révolution. Pendant dix à quinze minutes il a dicté la suite de ses notes.

Il est content de son nouveau support qui lui facilite la lecture des livres et des Pendant qu'il dictait la phrase : * A notre Soukhanov... », il s'arrêta sur le mot * et ne rêve pas •: pendant qu'il réfléchissait à la suite, il lança en plaisantant • Voyez quelle mémoire. J'ai tout à fait oublié ce que je voulais dire. Que le diable m'emporte. Quelle incroyable absence de mémoire. • Il a demandé que l'on recopie immédiatement ses notes et qu'on les lui rende.

En l'observant plusieurs jours de suite pendant qu'il dicte, j'ai remarqué qu'il lui était désagréable d'être interrompu au milieu d'une phrase, car alors il perd le fil de sa pensée.

18 janvier (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. ne m'a pas convoquée.. 19 janvier (notes de M. A. Voloditcheva). V. L. m'a convoquée aujourd'hui vers 7 h et peu après 8 h. Il a dicté sa deuxième version de son article sur l'Inspection ouvrière et paysanne (< Comment devons-nous réorganiser le Rabkrin? >) pendant environ 30 minutes. Il dit qu'il voulait en avoir achevé la rédaction le plus vite possible.

20 janvier. V. I. m'a convoquée aujourd'hui entre 12 h et 1 h. Il a lu son article : * Comment devons-nous réorganiser le Rabkin? » Il y a apporté des adjonctions et des corrections.

Il a dit que Nadejda Konstantinovna devait lui une partie de son article, et il a chargé Lidia Alexandrovna de se renseigner exactement sur le même point : quels sont les établissements, et combien sont-ils qui existent chez nous et sont chargés de l'organisation scientifique du travail. combien ont-ils tenu de congrès et quels groupes ont pris part à leur travail? N'y a-t-il pas quelques documents à Piter ? (Khlopliankin a envoyé les mêmes documents que ceux qu'avait Nadejda Konstantinovna, seulement un peu plus détaillés.)

Il a demandé une liste complète de livres. Je suis restée environ trente minutes. 21 janvier (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. ne m'a pas convoquée. 22 janvier (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. m'a convoquée pour vingt-cinq minutes (de 12 h à 12 h 25). Il a apporté des corrections à la deuxième version de son article sur le Rabkrin; il a adopté définitivement cette version. Etant donné qu'il était limité par le temps, il s'est beaucoup dépêché. Il m'a demandé de mettre l'article en ordre, de le retaper et de le lui donner vers la soirée. Nadejda Konstantinovna en me faisant entrer me dit qu'il avait encore pris quelques minutes pour examiner l'article, contrairement aux ordres des médecins. Nadeida Konstantinovna me signala que sa sœur (de permanence) ne voulait pas me laisser entrer dans sa chambre. Après que j'eus quitté V. I., Nadeida Konstantinovna passa au secrétariat et transmit la requête de V. I. : « Laisser un blanc aux endroits que je n'ai pas pu noter s'il y en a. Elle a dit que V. I. avait l'impression que, puisqu'il s'était dépêché, il avait été difficile de le suivre. Je lui ai fait dire que j'avais tout noté, mais que s'il y avait des doutes il serait fait comme il demandait.

23 janvier (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. m'a convoquée entre 12 h et 1 h. Il a relu encore une fois rapidement l'article dont il est falt mention plus haut et y a. apporté quelques changements mineurs. a demandé que ces changements soient portés dans son et dans le nôtre et de donner l'un d'eux à Maria linitchna pour la Pravda. L'article a été corrigé à Maria llinitchna avant 3 h. Il a demandé si Lidia Alexandrovna était revenue et si nos fêtes étaient terminées ?

30 janvier (notes de L. A. Fotieva). Le 24 janvier V. I. a convoqué Fotieva et l'a chargée de demander à Djerjinsky ou à Staline les documents de la commission d'enquête sur la question géorgienne et de les étudier en détail. Il a confié cette mission à Fotieva, Glasser et Gorbunov. Le but est d'établir un dossier pour V. I. qui en a besoin pour le Congrès du Parti. Il ne savait visiblement pas que le problème était discuté par le Bureau politique. Il a déclaré de la commission et de • A la veille de mon attaque, Djerjinsky m'a parlé du travail l'incident et cela a lourdement influé sur mon état de santé. »

Le jeudi 25 janvier, il a demandé si les documents étaient arrivés. Je lui ai répondu que Djerjinsky ne viendrait que samedi. Et c'est pourquoi je n'avais pas encore pu le lui demander.

Le samedi j'ai demandé à Djerjinsky, il m'a répondu que les documents se trouvaient chez Staline. J'ai envoyé une lettre à Staline, il apparut qu'il ne se trouvait pas à Moscou. Hier, 29 janvier, Staline a téléphoné et m'a dit qu'il ne pouvait pas donner sans l'avis du Bureau politique. Il m'a demandé si je n'avais pas dit à V. I. quelque chose de trop. D'où pouvait-il donc être informé des affaires courantes ? Par exemple son article sur le Rabkrin montrait qu'il connaissait un certain nombre de détails. J'ai répondu que je ne parlais pas et que je n'avais aucune raison de penser que Lénine était informé des affaires courantes. Aujourd'hui V. I. m'a convoquée pour connaitre la réponse et m'a dit qu'il se battrait pour recevoir les documents.

Le 26 janvier, V. I. a donné ordre de dire à Tsiuroupa, Svidersky et Avanesov que, s'ils étaient d'accord avec son article, ils devaient organiser une série de réunions et discuter à l'intention du Congrès pour déterminer s'il ne fallait pas établir un plan, un résumé des manuels (manifestement, à propos de la normalisation du travail). Connaissent-ils les livres de Kerjensev, d'Ermansky? Il existe un plan d'organisation scientifique du travail, il existe à l'Inspection ouvrière et paysanne une section de la normalisation.

Aujourd'hui il a demandé ce qu'avait répondu Tsiuroupa, s'il était d'accord avec l'article, lui, ainsi que Svidersky, Avanesov, Reske, et les autres membres du collège ? J'ai dit que je n'en savais rien. Il a demandé si Tsiuroupa n'hésitait pas, s'il ne tentait pas de faire trainer en longueur, s'il parlait franchement avec moi. Je lui ai répondu que je n'avais pas encore eu la possibilité de parler avec lui, que je lui avais seule: ment transmis le message de V. l. qui fut enregistré pour exécution.

Le 24 janvier V. I. m'a dit : • Avant tout à propos de notre affaire clandestine : je sais que vous me trompez. • A mes protestations il a répondu : • Sur ce point j'ai mon avis personnel. ›

Aujourd'hui 30 janvier, V. I. a dit que le docteur avait répondu par la négative à sa question sur la possibilité pour lui de prononcer un au Congrès le slus tard, on lul permet la lecture des ouau le pour a a den gorgien 30 mars, mais il lui avait promis qu'à cette date-là il pourrait se lever et qu'un mois il dit en riant : * Ce ne sont pas des journaux ça, donc je peux lire ce dossier. = Il a visiblement assez bon moral. Il n'a pas de compresse sur la tête.

yer février (notes de L. A. Fotieva).

V. I. m'a convoquée aujourd'hui (à 6 h 30). Il m'a informée que le Bureau politique lui avait permis de recevoir les documents. Il m'a indiqué à quoi faire attention et comment les prier de . avoir le donu mi tell en indige sa la radant une puis il a répété en riant :* Ah, si j'étais en liberté | =], alors je pourrais facilement faire tout cela moi-même. * Nous avons supposé que quatre semaines étaient nécessaires pour étudier ces documents.

Il m'a interrogée sur l'attitude de Tsiuroupa et des autres à l'égard de son article.

J'ai répondu, conformément aux indications de Svidersky, que Svidersky était pleinement d'accord. Tsiuroupa approuve la partie qui concerne duction de membres du Comité central, mais a des doutes sur les possibilités d'accomplir toutes les fonctions de l'actuelle Inspection ouvrière et paysanne avec un réduit à 200 ou 400 hommes. Je ne connais pas le point de vue d'Avanesov. Demain il y a réunion de tout le collège.

Il m'a demandé s'il avait été question de l'article au Comité Central. J'ai répondu que je n'en savais rien. V. I. a été satisfait de ces renseignements.

2 février (notes de M. A. Voloditcheva).

V. I. m'a convoquée à 11 h 45. Il m'a dicté son article : * Mieux vaut moins mais mieux. • | a terminé à 1 h 30.

Il a demandé à Lidia Alexandrovna de passer le voir dans deux jours. A la question • A quelle heure? *, il a répondu qu'il était maintenant un homme libre. Il a ajouté en passant que ce pouvait venir à 6 h

Je ne l'avais P nette amélioration :

temps d'arrêt, avec la lui était seulement impossible de 2 à 5 h; il a dit que l'on ou bien se mettre d'accord avec sa sœur.

›as vu depuis le 23 janvier. Son aspect extérieur témoigne d'une le teint frais, l'air vif. Il dicte, comme toujours, admirablement : sans quelques très rares difficultés dans le choix des expressions, ou plutôt il ne dicte pas, il parle en gesticulant. Il n'a pas de compresse sur la tête.

3 février (notes de L. A. Fotieva). V. I. m'a convoquée à 7 h pour quelques minutes. Il m'a demandé si nous avions jeté un coup d'œil sur les documents. Je lui ai répondu que nous n'avions jeté qu'un coup d'œil rapide, extérieur, et qu'il ne paraissait pas y en avoir autant que nous le supposions. Il m'a demandé si cette question avait été discutée au Bureau politique. Je lui ai répondu que je n'avais pas le droit de parler de cela. Il m'a demandé : < On

La interdit de parler précisément et spécialement de cela? — Non, en général, je n'ai pas le droit de parler des affaires courantes. - Donc, c'est une affaire courante ? » Je compris que j'avais commis une gaffe. Je répétai que je n'avais pas le droit de parler. Il dit: * J'ai été mis aussi au courant de cette affaire par l'intermédiaire de Djerjinsky, avant ma maladie. La commission a fait un rapport au Bureau politique ? — Oui, elle a présenté un rapport, le Bureau politique dans l'ensemble a confirmé ses décisions, pour autant que je me souvienne. › Il me dit : « Bien, je pense que vous ferez votre rapport d'ici trois semaines et alors je rédigerai une lettre. » Je répondis : • Peut-être que nous n'aurons pas le temps de le faire d'ici trois semaines. > Les docteurs sont arrivés alors (Förster, qui venait d'arriver d'Allemagne, Kojevnikov et Kramer) et je suis partie. || avait un air gai et vif, peut-être était-il quelque peu excité par la venue de Förster qui ne l'avait pas vu depuis longtemps.

4 février (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. m'a convoquée aujourd'hui vers 6 h. Il m'a demandé si je n'avais pas d'objections à ce qu'il me convoque aussi les jours de fête (- Evidemment, vous aussi, enfin, vous avez envie de vous reposer de temps en temps =). plus d'une demi-heure. Il avait le teint frais, une voix alerte. Sans compresse. a Il a dicté la suite de son article : « Mieux vaut moins mais mieux * pendant terminé par les mots : * Bon, c'est assez pour le moment. Je suis un peu fatigué. • II m'a demandé de déchiffrer et de lui téléphoner lorsque j'aurai achevé, c'est-à-dire vraisemblablement qu'il va encore continuer son article aujourd'hui; il m'a dit que chez lui c'était une vieille habitude d'écrire en ayant devant lui son manuscrit, dont il lui est difficile de se passer.

Nadejda Konstantinovna m'a signalé que le docteur allemand (Förster) se trouvait chez lui et lui avait dit beaucoup de choses agréables, lui avait permis la gymnastique, avait ajouté des heures pour la dictée des articles, et que V. I. était très content.

A 8 h il m'a de nouveau convoquée. Mais il n'a pas dicté, il a revu ce qu'il avait déjà dicté et il a apporté des compléments. Cela fait, il m'a dit qu'il avait l'intention, avant de donner l'article à l'impression, de le montrer à Tsiuroupa et, peut-être encore, à quelques autres membres de son collège, et qu'il pensait ajouter encore quelque avait une compresse sur la tête. Son visage avait pâli. Visiblement, il était fatigué. chose à ces réflexions. Le rythme de la dictée a été plus lent que d'ordinaire. Il

5 février (notes de M. A. Voloditcheva).

Aujourd'hui V. I. m'a convoquée à 12 h. Je suis restée quarante-cinq minutes. Le rythme de la dictée a été lent. Comme il peinait, à un moment, pour trouver ses mots, il m'a dit : * Aujourd'hui il y a en moi quelque chose qui cloche, quelque chose de lourd (il a appuyé sur ce mot) ». Il a demandé son article : * Comment nous devons réorganiser le Rabkrin? » Il l'a relu lui-même trois ou quatre minutes en silence. Puis il a continué un peu et il a décidé de le terminer en me disant qu'il me convoquerait aujourd'hui à 4 h 30 ou peut-être à 6 h.

5 février, soir (notes de M. I. Glasser).

V. I. a convoqué à 7 h (moins 10) Lidia Alexandrovna, mais comme elle n'allait pas bien, il m'a convoquée.

Il m'a demandé si nous étions déjà attelés à l'examen des documents de la commission géorgienne que nous qui concernait les avions classé les et délais, nous comptions avoir besoin du dans quel délai nous pensions documents et que nous commencions à les lire; en achever ce travail. J'ai répondu délai qu'il nous avait luieffectuer la lecture. Je lui ai dit que nous en étions venus à la conclusion qu'il fallait même fixé, c'est-à-dire trois semaines. m'a demandé comment nous comptions que chacun de nous le lût. • C'est votre décision unanime ? - Oui. = V. I. s'est mis alors à calculer combien de temps il restait jusqu'au Congrès. Lorsque je lui ai dit qu'il restait un mois et vingt-cinq jours, il a déclaré que c'était un délai après tout suffisant, mais que si l'on avait besoin de renseignements complémentaires, ce délai pouvait apparaitre mince, encore pour aller au Caucase. Il m'a demandé combien chacun de nous travaillait, et surtout si l'on prenait en considération qu'il faudrait plus m'a dit qu'en cas de nécessité, nous pouvions adjoindre à ce travail Voloditcheva et nous que chacun devait tout lire. Je lui ai répondu que cette décision n'avait été ins- Tchoumanika Manutchariank. Puis il m'a demandé si c'était une décision formelle pour décision n'avait été inssi, peut-être, il avait quelque chose contre cela ? crite nulle part, et je lui ai demandé Il m'a répondu qu'il désirerait, évidemment, que nous lisions tous tout, mais que les tâches de notre commission étaient tout à fait imprécises. D'un côté il ne voudrait pas trop nous surcharger, mais de l'autre il faut prendre en considération le fait que dans le cours du travail il peut se révéler nécessaire d'élargir nos tâches. Peut-être recevrons-nous des documents supplémentaires. Il a demandé où nous gardions les documents, comment nous les utilisions, si nous établissions un court résumé de tous les documents et si nous le tapions à la machine (- cela ne va-t-il pas vous surcharger ? »). Enfin, V. I. a décidé que nous déterminerions, dans le courant de la semaine prochaine, de combien de temps nous aurions besoin et sous quelle forme nous traiterions ces documents, et qu'au cours de ce travail nous nous laisserons guider par la nécessité d'établir une vue générale de toutes les données concernant les problèmes que la commission s'est donné pour tâche d'examiner, et aussi concernant les problèmes qu'il nous posera dans le cours de ce travail.

Ensuite V. I. m'a chargée de demander à Popov (10) où en était l'étude des documents concernant le recensement de la Direction centrale de la Statistique à Petrograd, Moscou et Kharkov (si le recensement a bien été effectué dans ville), dans quel délai il envisageait d'achever leur dépouillement et de les faire publier. V. I. aurait voulu les voir publier avant le Congrès du Parti; il trouve documents devraient être publiés étant donné l'extrême importance de ce recensement, bien que les résultats des précédents recensements n'aient pas été publiés, alors que Popov a seulement envoyé les tableaux à V. I.; c'est pourquoi il faut faire pression tout particulièrement sur Popov, en lui envoyant sur ce point une requête officielle, après être tombé d'accord au préalable oralement avec lui.

Je suis restée en tout vingt minutes. C'est la première fois que je voyais V. I. depuis sa maladie. Il a, à mon avis, bonne mine et il a l'air vif, il est seulement un peu plus pâle qu'auparavant. || parle en gesticulant du bras gauche et en remuant les doigts de la main droite. Il n'a pas de compresse sur la tête.

6 février, soir (notes de M. A.Voloditcheva). V. I. m'a convoquée entre 7 h et 9 h. Je suis restée environ 1 h 30. Il a commencé d'abord par relire son article : « Mieux vaut moins mais mieux. Les corrections portées à l'encre rouge manière de les porter !) mais l'ai simplement porté sur le premier exemplaire déchiffe n'ai (pas les mirent V. I. dans une humeur joyeuse. A sa demande corrections elles-mêmes corrections que V. I. y pas recopié l'article, avait introduites au cours de sa lecture. Mais étant donné que je n'avais pas porté secrétaires, cela a gêné V. I. lors de sa relecture. II m'a corrections à la manière des correcteurs, mais traditionnelle des propre pour la prochaine fois. En parcourant l'article, V. I. a fait de tout recopier au dicter; qu'il comprend maintenant pourquoi les sténographes ne le digressions, il a parlé sa vieille habitude d'écrire lui-même, satisfont pas (il a dit : « ne me satisfaisaient pas ›) : qu'il était habitué à avoir son manuscrit sous les à réfléchir dans les cas difficiles sur l'endroit lequel il • sés'arrêter, chait », à marcher dans la chambre, ou même tout simplement à courir quelque part se promener : que maintenant encore il a souvent envie de prendre un crayon et d'écrire et de noter lui-même des corrections.

Irote y des 1908 et convait, orage de ditair gun de ses artes au stugrane de Trotsky dès 1918 et

(10) P. I. Popov, directeur de l'Office central des Statistiques.

• fonçait » toujours plus loin avec une rapidité incroyable et comment cela le mena finalement à jeter au feu tout son manuscrit, après quoi il s'était mis à écrire lui-même Le

Renégat Kautsky dont il était satisfait.

V.I. parlait de tout cela d'un air très joyeux, en riant de son rire communicatif.

Je n'avais pas encore observé chez lui une telle bonne humeur. Il a encore dicté une partie de cet article; la dictée a duré quinze à vingt minutes. Il a de lui-même interrompu la dictée.

7 février (notes de L. A. Fotieva). V. I. m'a convoquée. Il m'a parlé de trois problèmes : 1) Des résultats du recensement (il m'a donné une mission : lui montrer les épreuves du volume sur le recensement. Je lui ai dit que pour cela il fallait la permission de

Staline) ;

2) De la Commission géorgienne. II m'a demandé où en était le travail, quand nous aurions fini de lire, quand nous nous réunirions, etc.;

3) De l'Inspection ouvrière et paysanne. Le collège se dispose-t-il à prendre aujourd hui une décision quelconque, à • effectuer un pas d'importance tale , ou bien à différer toute décision jusqu'au Congrès. Il m'a dit qu'il écrivait un article, mais que cela ne collait pas, que pourtant il l'achèverait et que, sans le donner à l'impression, il le donnerait à lire à Tsiuroupa. Il m'a chargée de demander à

Tsiuroupa s'il lui fallait se hâter pour cet article ou non.

Aujourd'hui Kojevnikov m'a dit qu'une énorme amélioration s'était manifestée dans la santé de V. I. Il remue déjà le bras et il commence lui-même à croire qu'il pourra bientôt le manier.

7 février, matin (notes de N. A. Voloditcheva). J'ai été chez V. I. vers 12 h 30. Il m'a dit qu'il dicterait sur des sujets différents et que l'on s'occuperait de la mise en ordre plus tard. Il a dicté sur les thèmes sui-

1) Comment peut-on unifier les institutions du Parti et celles des Soviets ? 2) Est-il opportun d'unir l'activité pédagogique à l'activité de fonctionnaire ? Il s'arrêta sur les mots • et plus cette révolution est brusque... », les répéta plusieurs fois, en éprouvant visiblement des difficultés; il me demanda de l'aider, en relisant ce qui précédait, éclata de rire et me dit : • Alors, là l Je me suis embourbé complètement à ce qu'il parait; notez-le ainsi : - s'est embourbé à ce même endroit >.

A mes paroles, que je n'étais pour lui qu'un mal inévitable pour une courte période de temps, étant donné qu'il pourrait bientôt écrire lui-même, il me dit . Oui, mais quand ? * Il avait une voix fatiguée, avec une résonance maladive.

7 février, soir (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. m'a convoquée entre 7 h et 9 h. Je restai environ 1 h 30. Il finit la phrase sur laquelle il était resté la veille. Il me dit : « Je vais maintenant essayer de développer le thème suivant. > Il m'a interrogée sur les thèmes qu'il avait déjà indiqués plus tôt ; lorsque je lui en ai lu la liste, il remarqua qu'il en avait oublié un (les relations

Direction de l'Enseignement professionnel et le travail culturel dans le peuple). Il a dicté en entier la partie générale de son article : « Mieux vaut moins mais mieux. -Il dictait vite et avec facilité sans trébucher, en gesticulant.

Après avoir achevé il me dit qu'il essaierait ensuite de lier cette partie avec tout l'article dans son entier. Il était fatigué. Ce appris de Nadejda Konstantinovna que demain V. I. ne dicterait pas : il se prépare à lire.

9 février (notes de L. A. Fotieva). Ce matin V. I. m'a convoquée. Il a confirmé qu'il porterait devant le Congrès le problème de l'Inspection ouvrière et paysanne. En ce qui concerne le recensement il se demande avec inquiétude si les tableaux seront imprimés comme il est nécessaire qu'ils le soient. Il a été d'accord avec ma proposition de confier la mission de supervision par l'intermédiaire de Kamenev ou de Tsiroupa. Confier la mission à Khrijanovsky ou à Svidersky. Humeur et aspect excellents. Il m'a dit que Förster inclinait à lui permettre plutôt les visites que la lecture des journaux. Comme je remarquais que du point de vue médical cela paraissait effectivement meilleur, il réfléchit et me répondit très sérieusement qu'à son avis ce serait pire du point de vue médical étant donné lirait le matériel imprimé un point c'est tout, alors que les rendez-vous suscitaient un échange.

9 février, matin (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. m'a appelée à 1 h. Il m'a dit que le texte dernièrement retranscrit de son article le satisfaisait davantage. Il lut une partie de l'article, dictée hier, et n'y apporta presque aucune correction. Cela fait, il déclara : * Ce que j'ai écrit là, à ce qu'il semble, est assez sensé. • J'eus l'impression qu'il était très content de cette partie article. Il me demanda de prendre en note la fin : * Voici comment je relie....

etc. • Il était environ 1 h.

9 février, soir.

V. l. a convoqué Lidia Alexandrovna. Nadejda Konstantinovna demandé qu'on lui donne la partie générale de l'article, étant donné que V. I. l'a chargée de la lire.

10 février (notes de L. A. Fotieva). Il m'a appelée à 7 h. Il m'a chargée de transmettre à Tsiuroupa l'article : * Mieux aut moins mais mieux • pour quil le lise, si possible dans un délai de deux jours

Il a demandé des livres selon les listes. il a l'air fatigué, parle avec beaucoup d difficulté, en perdant le fil de sa pensée et en embrouillant les mots. Il a une compresse sur la tête.

12 février (notes de L. A. Fotieva). V. I. va plus mal. Il a un fort mal de tête. Il m'a convoquée pour quelques minutes D'après les paroles de Maria Ilinitchna, les médecins l'ont tellement ébranlé

Uses lèvres en tremblaient. La veille Förster lui avait dit que les journaux, les rendez-vous et les informations politiques lui étaient rigoureusement interdits. Interrogé par V.I. sur ce qu'il entendait par informations politiques, Förster a répondu : - Eh bien, par exemple, en ce moment vous vous intéressez au problème du recensement des fonctionnaires soviétiques. > Visiblement l'information des médecins ébranla V. I. Visiblement, en outre, V. I. eut l'impression que ce n'étaient pas les médecins qui donnaient des instructions au Comité central mais que c'était le Comité central qui donnait des instructions aux médecins.

Il a discuté avec moi toujours sur les mêmes thèmes, il a fait allusion à ses maux de tête. Je lui ai dit en plaisantant que je le guérirais par l'hypnotisme et que dans deux jours ses maux de tête auraient disparu.

14 février (notes de L. A. Fotieva). V. I. m'a convoquée à 1 h. Il n'a plus mal à la tête. Il m'a dit qu'il était tout à fait en bonne santé, c'est-à-dire qu'il avait la tête parfaitement claire; et que parfois il allait plus mal. C'est pourquoi nous devons remplir rapidement ses instructions, car il veut absolument préparer quelque chose pour le Congrès et il espère qu'il le le pourra. nous trainions et si, par là, nous faisions capoter l'affaire, il en serait extrêmement mécontent. Les médecins sont arrivés et il a fallu interrompre l'entretien.

14 février, soir. Il m'a de nouveau convoquée, Il avait de la peine à parler, il était visiblement fatigué. Il me reparla des trois points de ses instructions. Il me parla particulièrement en détail de ce qui le bouleverse le plus, c'est-à-dire l'affaire géorgienne. Il a demandé de nous hâter. Il m'a donné quelques instructions.

5 mars (notes de M. A. Voloditcheva). V. I. m'a convoquée vers 12 h. Il m'a demandé de prendre en notes deux lettres : l'une à Trotsky, l'autre à Staline (11) ; transmettre la première par téléphone personnellement à Trotsky et lui communiquer la réponse dès que possible. Il a demandé différer la seconde en disant qu'aujourd'hui quelque chose ne marchait pas en lui.

6 mars (notes de M. A. Voloditcheva). Il m'a interrogée sur la réponse à sa première lettre (la réponse a été sténographiée par téléphone). Il a relu la seconde (à Staline) et m'a de la lui remettre en main propre et de transmettre la réponse de la même façon. Il a dicté une lettre au groupe Mdivani (12). Il se sentait mal. Nadejda Konstantinovna a demandé de ne pas envoyer cette lettre à Staline, ce qui fut fait pendant la journée du 6. Mais le 7 je déclarai que je devais remplir les instructions de V. l. Elle en discuta avec Kamenev et la lettre fut transmise à Staline et à Kamenev, puis à Zinoviev lorsqu'il revint de Piter. Nous reçúmes la réponse de Staline juste après qu'il eut reçu la lettre de V. I. — je transmis personnellement la lettre à Staline et sa réponse à V. I. me fut dictée à moi. La lettre n'a pas encore été transmise à V. I. car il est tombé malade.

(11) Lettre à Trotsky pour qu'il entreprenne la défense des Géorgiens. Lettre à Staline pour exiger de lui des excuses pour sa grossière conduite envers Kroupskaia.

(12) Groupe des Géorgiens oppositionnels attaqués par Staline.

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