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La revue › n° 41

Les tensions s'exacerbent en Yougoslavie

XYZ · Quatrième Internationale, n° 41 · janvier 1970 · p. 15-19 · 3 215 mots

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Est-il possible qu'après plus de vingt-cinq années d'existence d'un Etat ouvrier et après vingt années d'autogestion ouvrière les travailleurs puissent se laisser légalement, pacifiquement, « exproprier » par des techniciens et des bureaucrates ? Telle est un des thèmes de discussion en Yougoslavie aujourd'hui. La discussion n'est pas née abstraitement de spéculations intellectuelles sur le « retour au capitalisme » : elle est le reflet d'un certain nombre de processus

* En exerçant l'autogestion, les travailleurs de l'organisation de travail dans son ensemble ou des organisations de travail associé qui en font partie déterminent les questions sur lesquelles ils statuent directement et confient certaines fonctions de gestion au conseil ouvrier ou, suivant la nature de l'activité de l'organisation de travail, à un autre organe de gestion correspondant, et certaines fonctions exécutives à des organes collégiaux et individuels élus par le conseil ouvrier et responsable devant lui.

« Les travailleurs de l'organisation de travail instituent les organes de gestion de l'organisation de travail et des organisations de travail associé qui en font partie, déterminent leur champ d'action et la durée de leur mandat et définissent les conditions et le mode de leur élection et de leur démission.

« La loi peut prescrire une procédure et un mode particuliers pour la nomination et la démission de l'organe exécutif indivi. duel de l'organisation de travail qui exerce une activité présentant un intérêt social particulier.

« Le présent amendement remplace les dispositions de l'article 90, alinéa 1, de l'article 92, alinéas 4 à 8, et de l'article 93 de la Constitution. »

Les prescriptions qui ont été supprimées, au moyen de cet amendement sont celles qui :

- prévoient constitutionnellement que le conseil ouvrier élit un comité de gestion ;

- prévoient l'élection des membres du conseil ouvrier pour deux ans (renouvelables par moitié chaque année) et des memdissolvants qui ont fait leur apparition au cours des dernières années dans la société yougoslave.

Ces phénomènes de dissolution, de désintégration de l'autogestion ont reçu leur couronnement partiel avec l'adoption, en fin 1968, d'un amendement à la Constitution de 1963 de la république socialiste fédérative de Yougoslavie, connu sous le nom d' « Amendement XV » et dont nous donnons ci-dessous la tradmetion : bres du comité de gestion pour un an ;

- interdisent d'être deux fois consécutivement membre du conseil ouvrier et d'être trois fois consécutivement membre du comité de gestion ;

- prévoient la nomination du directeur de l'entreprise par le conseil ouvrier sur proposition d'une commission de concours composée de représentants de l'entreprise et de la commune.

Les anciennes dispositions avaient pour but d'éviter que se forment dans les entreprises des groupes de gens qui auraient intérêt à détenir le plus longtemps possible le pouvoir au sein du conseil ouvrier et du comité de gestion et qui en profiteraient pour améliorer leur situation personnelle. L'existence du principe de rotation, ainsi que la régularité des élections, représentait un obstacle à ce que le conseil ouvrier s'érige en groupe social ayant ses propres intérêts, distincts de ceux des travailleurs (1).

Dans de nombreuses entreprises, les anciens comités de gestion ont été supprimés, pour être remplacés soit par des « comités d'affaires » qui sont souvent composés de cadres professionnels dirigeants proposés par le directeur de l'entreprise et élus par le conseil ouvrier, soit par plusieurs comités spécialisés.

En ce qui concerne la durée du mandat, se fait jour de plus en plus la tendance à leur donner un mandat de quatre ans, au lieu de les renouveler chaque année. comme c'était le cas pour le comité de ges-

(1) S. Vukmanovic Tempo, La Voie Yougoslave, Belgrade 1967. p. 49.

L'AMENDEMENT XV

L'AMENDEMENT XV

QUATRI tion, ou tous les deux ans, comme c'était le cas pour les conseils ouvriers (2).

Cela a soulevé la crainte que petit à petit les travailleurs ne se laissent déposséder du droit à l'autogestion (3). Depuis quelque temps, on remarque d'ailleurs que le poids des ingénieurs et des cadres supérieurs dans les conseils ouvriers devient plus grand, tandis que l'intérêt pour la gestion parmi

DESINTEGRATION

On peut citer plusieurs exemples extrêmement dangereux de ce point de vue :

— On assiste à des tentatives, encore isolées, de développer des initiatives privées : ainsi, en 1968, la presse a évoqué (avec discrétion) la création, avec un capital de 200 millions de dinars, par des investisseurs privés, d'une fabrique textile à Slavonska Orahovica, qui devait occuper 120 travailleurs (4). La loi fondamentale sur les entreprises (adoptée en 1965) permet en effet aux collectivités socio-politiques, aux communautés locales, aux organisations de travail (c'est-à-dire aux entreprises), aux associations d'organisations de travail, aux associations de citoyens et aux citoyens de fonder des entreprises. Certes, tous les moyens fournis pour fonder l'entreprise deviennent propriété sociale. Mais quelle est exactement la signification de cette propriété sociale lorsque ces citoyens peuvent fixer des conditions à la charge de l'entreprise, telle que la restitution de la valeur des moyens fournis et le paiement d'intérêts ?

— Les syndicats de la République socialiste de Slovénie ont dû récemment s'élever contre une proposition qui avait été faite par les instituts de médecine de cette république d'ouvrir, dans les cliniques, des services médicaux spéciaux où des spécialistes exerceraient une médecine privée, sous le couvert de la loi fédérale qui laisse aux républiques fédérées une large initiative dans ce domaine (5).

- La fameuse entreprise « Crvena Zastava » (Drapeau Rouge), fabriquant les automobiles Fiat à Kragujevac, a commencé la vente d'obligations au public. Il ne s'agit bien entendu pas encore d' « actions » conférant un droit de propriété sur l'entreprises, mais seulement d' « obligations » donnant un droit de créance. Il s'agit ici d'une décision du conseil ouvrier lui-même, à la recherche de fonds supplémentaires pour les investissements. Les titulaires des obligations bénéficient d'une priorité pour l'achat d'une voiture. Il ne semble d'ailleurs pas que ce système ait eu un grand succès, mais comment ne pas voir dans de telles initiatives un démembrement de l'autogestion, permettant à de petites communautés de se conduire en propriétaires, aux lieu et place de la communauté large (la nation).

EME INTERNATIONALE les travailleurs est stationnaire ou en régression. Depuis la réforme économique de 1965, le nombre de jeunes travailleurs dans les conseils ouvriers et les comités de gestion n'a fait que diminuer.

Les phénomènes inquiétants que nous venons de mentionner ne sont pas les seuls : ils ne sont que l'expression institutionnelle d'une désintégration de l'autogestion. DE L'AUTOGESTION dont la propriété sociale devient toute théorique ?

En l'absence d'un Plan obligatoire, adopte par un organisme national (fédéral) émanant des conseils de travailleurs (congrès des conseils ouvriers), les directions des entreprises se conduisent comme autant de féodalités autonomes.

Le plan fédéral ne définit plus que les grandes options du développement économiques : les rapports fondamentaux dans la répartition du revenu national, la structure des investissements, le volume des échanges extérieurs, les instruments fiscaux de la politique économique, les éléments de base de la politique d'élévation de la productivité du travail et du mouvement des revenus personnels, les bases du développement à l'échelon régional. lion désine de ta décorialise de de celle- La désintégration croissante de l'autogesci, de la confusion entre démocratisation et décentralisation, de la confusion entre pouvoir des travailleurs et pouvoir de déci. sion sur la répartition du revenu au niveau de l'entreprise ou d'unités plus petites encore : elles-mêmes résultant du monopole de la bureaucratie dirigeante sur l'interprétation de ce qu'est l'autogestion, et de la dépolitisation de l'autogestion elle-même: toutes choses qui ont été maintes fois soulignées par les marxistes révolutionnaires (6).

Tout cela résulte du dogme selon lequel l'autogestion se développe quand se développe sa « base matérielle » au niveau de l'entreprise ou de l'unité de travail. Il est fait grand cas, dans ce cadre, de l'augmentation de la part des organisations économiques (des entreprises) dans le cadre du produit net : 50 % en 1964; 54,8 % en 1965; 59,7 % en 1966; 57,6 % en 1967 et 57,3 % en 1968.

Mais le corollaire de ces chiffres est le

(2) Syndicats Yougoslaves, n° 60, septembreoctobre 1969, p. 5.

(3) Voir par exemple l'intervention de Dusan Bogdanov, président des syndicats de Serbie, lors de la Table Ronde organisée par l'hebdomadaire Komunist sur l'amendement XV (Komunist du 13 novembre 1969).

(4) Borba, 1er juin 1968.

(5) Syndicats Yougoslaves, n° 60, septembreoctobre 1969.

(6) XYZ, * Où va la Yougoslavie ? » Quatrième Internationale, n° 29, novembre 1966.

rapport entre les investissements en capital fixe, et le revenu national a continuellement diminué : 21,7 % en 1964; 16,8 % en 1965; 16 % en 1966 et 15,4 % en 1967. En 1968, la part du revenu national consacrée à l'accumulation et aux fonds est devenue, pour la première fois, plus petite que celle des rémunérations.

Autre conséquence de la décentralisation : des industries entières ne sont utilisées que pour la moitié ou les deux tiers de leur capacité de production (l'industrie des machines électriques et de l'équipement à 47 %; la métallurgie à 25 %; l'industrie du cuir à 62 %...).

En 1968, l'emploi dans l'industrie a continué à diminuer : 1.348.000 travailleurs contre 1.352.000 en 1967. Si l'emploi général a légèrement progressé, cela est dû à la construction, aux transports, au commerce et à l'hôtellerie.

La moyenne annuelle du nombre de demandeurs d'emploi ne fait qu'augmenter. 1964 : 212.000; 1965 : 237.000; 1966 : 258.000; 1967 : 269.000; 1968 : 311.000 (dont 113.000 personnes cherchant un emploi pour la première fois) (7). Il faut y ajouter le chômage caché des campagnes et l'émigration des travailleurs yougoslaves à l'étranger.

Devant l'ampleur du phénomène, le syndicat propose actuellement d'augmenter les allocations de chômage (5 % du salaire moyen aujourd'hui; on propose de permettre aux républiques de l'augmenter de 50 %) et de réduire le délai nécessaire pour l'ouverture du droit aux allocations (de 12 à 9 mois).

On peut craindre de nouvelles fermetures d'entreprises, dans la mesure ont un tiers d'entre elles ne peuvent faire face à leurs obligations financières.

Le système actuel fait la part belle aux entreprises dont la situation sur le marché permet de bénéficier d'une position de monopole : dans l'industrie électrique, le pétrole, etc. Il ne s'agit en fait de rien d'autre que du phénomène que Marx a appelé la réalisation de la plus-value supplémentaire

: grâce à une productivité du travail supérieure, moins d'heures de travail qu'au-

Les indications sur les grèves qui ont licu en Yougoslavie montrent toutefois que les travailleurs ne restent pas passifs devant les agissements des bureaucrates des entreprises : pendant ces dernières années seulement, on signale plus de 2.000 grèves en Yougoslavie, et tout indique que le nombre de grèves n'a fait que croître ces derniers mois.

On note (10) que les grèves ont touché de très nombreux secteurs :

- En janvier, les mécaniciens de l'automobile, les conducteurs, les artistes com-

IONALE 17 paravant entrent dans chaque produit; la valeur individuelle de chaque produit diminue et tombe sous la valeur sociale; mais l'entreprise vend à un prix supérieur à la valeur individuelle du produit, quoique inférieur à sa valeur sociale, réalisant ainsi une plus-value supplémentaire. Dans la mesure où une position de monopole permet à une entreprise, dans l'économie « socialiste-marchande », de vendre au-dessus de la valeur individuelle du produit — et m-me parfois au-dessus de la valeur sociale - l'entreprise se conduit en exploiteur collectif (la seule intervention étatique à l'encontre de ces situations se fait au moyen de l'impôt).

Ces situations se doublent souvent d'inégalités criantes sur le plan de la situation des travailleurs de certaines entreprises par rapport à d'autres, dans des domaines qui devraient normalement être égalisés par les autorités supérieures à l'entreprise : par exemple le logement. Un impôt pour les logements, égal à 4 %, est prélevé sur les salaires : depuis plusieurs années, cependant, cet impôt n'est plus centralisé mais laissé aux entreprises, ce qui a pour résultat que les travailleurs aux salaires les plus bas sont les plus défavorisés, les sommes réservées à la construction de logements pour des travailleurs du textile étant égales à moins de la moitié de celles réservées aux logements pour les travailleurs de l'industrie du pétrole, par exemple.

Il semble que ces tendances à la différenciation ne puissent que se renforcer avec le mouvement vers l' « intégration » des entreprises qui est encouragé depuis quelque temps : fusions d'entreprises après référendum des travailleurs des entreprises concernées (il y a eu quelque 1737 intégrations et fusions de 1965 à 1967; on vient d'annoncer la fusion des entreprises « Radnik » et « Rade Koncar » de Zagreb (9) : associations d'affaires et communautés d'affaires créées par des entreprises existantes : investissements conjoints avee des firmes capitalistes étrangères (celles-ci pouvant investir des ressources allant jusqu'à 49 % des sommes investies dans une organisation économique yougoslave). merciaux;

- En février, les industries du bâtiment. du métal, du textile;

- En mars, les employés du tribunal de Subotica et les ouvriers de la construction du trust Jugostroj;

— En avril, les travailleurs des aciéries et les acteurs du théâtre de Zagreb ;

(7) Statisticki Kalendar Jugoslavije, 1969

(8) Capital, Livre I, tome 2, pp. 11-12.

(9) VjesniR, 20 décembre 1969.

(10) Der Spiegel, 22 septembre 1969 : Intercontinental Press, 13 octobre 1969.

VAGUE DE GREVES

VAGUE DE GREVES

- En mai, les travailleurs du bois, les ouvriers de la fabrique de moteurs de Rakovica;

- En juin, les dockers croates, les enseignants du degré secondaire et les étudiants;

- En août, les sidérurgistes de l'entreprise Celje en Slovénie et les ouvriers du textile de l'usine Hasan Brkic à Livno;

- En septembre, les machinistes de locomotives d'une ligne de Bosnie.

Plusieurs de ces grèves nous sont connues dans leurs détails (11) :

A) L'industrie des moteurs belgradoise Kakovica, située dans la banlieue de la capitale, connut en mai une grève de 500 hommes d'une même pause (2.700 travailleurs travaillent dans l'usine), motivée par la réduction du fonds des revenus individuels de chaque « unité de travail » par suite de la non-réalisation du plan de production. Le conseil ouvrier avait décidé de réduire au minimum légal les indemnités de congé maladie (!), de payer les heures supplémentaires comme du travail normal (!) et de réduire les indemnités de voyage (mesures frappant essentiellement les cadres). La grève fut dirigée contre les deux premières mesures et contre les privilègres dont jouissent certains lors de la répartition des postes de travail, des logements et des revenus élevés.

Dans cette usine où les travailleurs ont une haute conscience ouvrière (première usine autogérée en Yougoslavie) et sont parmi les mieux rémunérés (600 travailleurs ont une automobile), la grève fut caractérisée par un conflit entre le syndical, qui se rangea du côté des travailleurs, et le conseil ouvrier central de l'usine. Elle se termina par une victoire, obtenant également la promesse de filtrer les cadres dirigeants.

B) La grève des dockers de Rijeka au mois de juin fut extrêmement violente. Elle était motivée par de bas salaires. Elle se termina par une défaite et par la répression (condamnation pénale des dirigeants de la

Le développement de la vague de grèves montre que des luttes ouvrières très dures auront lieu en Yougoslavie et que les éléments qui tendent à une restauration du capitalisme auront affaire à de fortes résistances. On peut prévoir que les deux ou trois années à venir conduiront à une polarisation des forces et à des affrontements décisifs.

Il est clair que, d'ores et déjà, les différentes forces sociales, y compris la direction de la Ligue des communistes yougoslaves se préparent pour ces chocs: la dernière réunion de la présidence de la Ligue, qui s'est tenue à Zagreb le 15-12-69, a fait figure

EME INTERNATIONALE grève). La violence des travailleurs se manifesta aussi bien à l'égard des directeurs et du conseil ouvrier que du syndicat.

C). La grève des cheminots de Slavonski Brod (300 travailleurs) en septembre était dictée par la peur des chauffeurs de locomotives à vapeur de perdre leur travail par suite du remplacement de ces locomotives par des locomotives électriques. Elle se termina par une victoire. Le syndicat des cheminots se solidarisa avec les travailleurs. Il y eut des grèves de solidarité des cheminots de plusieurs nœuds ferroviaires (Vinkovac, Doboj).

La plupart des grèves sont dictées :

— par l'opposition à des mesures de rationalisation entraînant des licenciements injustifiés;

- par l'opposition à des mesures antisociales de la direction des entreprises.

Les grèves sont courtes : rares sont celles qui durent une journée entière. Presque toutes se caractérisent par une remise en question des autorités : direction, conseil ouvrier, comité de gestion, commune, plus rarement par une remise en question du syndicat. Selon Dusan Petrovic, président de la confédération des syndicats, 1.700 grèves sur 2.000 étaient dirigées contre des mesures bureaucratiques.

Le soutien de la section syndicale locale est souvent d'un grand poids pour l'aboutissement des revendications immédiates.

Officiellement, la « grève » n'existe pas en Yougoslavie. Même les syndicats ne parlent pas de grèves, mais d' « arrêts de travail ». Selon l'opinion officielle, les travail. leurs ne peuvent faire grève « contre euxmêmes ». Mais, dans ce cas, pourraient-ils faire un arrêt de travail dirigé contre euxmêmes ? Pourtant, ceux-ci sont tolérés à cause de leur fréquence persistante et des conséquences qu'entraînerait une répression.

Une revendication essentielle est que le droit de grève - appelé comme tel - soit autorisé en tant que garantie contre l'empiètement de la bureaucratie. d'une sorte de conseil de guerre, préparant la répression tant à droite (des éléments réactionnaires et « anarcho-libéraux ») qu'à gauche (la gauche étant baptisée, ce qui est devenu une tradition maintenant, de « conservateurs » et d' « ennemis de notre société socialiste d'autogestion »). Ceux qui s'imaginaient que la bureaucratie politique centrale s'est elle-même laissée prendre au jeu de la « décentralisation » devront se rendre à l'évidence : plus qu'aucune autre couche sociale, il s'agit d'une caste prête

(11) Voir Der Spiegel, 22 septembre 1969 Syndicats Yougoslaves n° 59, juillet-août 1969 Syndicats Yougoslaves n° 60, septembre-octobre 1949.

VERS DES AFFRONTEMENTS

VERS DES AFFRONTEMENTS à défendre ses privilèges avec rage, tant vis-à-vis des travailleurs que des nouveaux profiteurs issus des entreprises. La direction est passée maîtresse dans l'art de frapper des deux côtés à la fois : on le verra bientôt sur le plan de la presse où l'on s'apprête à « épurer » en frappant tout à la fois les feuilles de droite qui ont fait leur apparition (spécialement en Croatie), la pornographie (qui a abondamment fleuri ces derniers mois) et... la presse de gauche telle que le journal Student des étudiants de Belgrade qui est, depuis quelques mois, sous la menace perpétuelle d'une interdiction.

IONALE 19 Déjà la condamnation à six mois de prison d'un rédacteur du journal des écrivains qui avait publié un article antisoviétique et même carrément anticommuniste à propos de la situation en Tchécoslovaquie (fait assez curieux : il avait été délégué auprès de ce journal peu de temps auparavant; on parle d'une provocation délibérée) a tout à la fois permis d'opérer un rapprochement partiel avec l'U.R.S.S. et d'établir un dangereux précédent vis-à-vis d'une presse dont la liberté est sans commune mesure avec celle des autres Etats ouvriers.

25 décembre 1969.

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