Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 41

La répression en Israël

Quatrième Internationale, n° 41 · janvier 1970 · p. 13-14 · 617 mots

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La montée de la vague révolutionnaire au Moyen-Orient, son écho dans l'avant-garde européenne, mettent les responsables sionistes dans une situation de plus en plus insoutenable. Leur démagogie de « gauche » est désormais battue en brèche quotidiennement.

Ne disposant pas de moyens leur permettant d'annuler, de briser l'activité militante d'avant-garde pour le soutien à la révolution arabe, le gouvernement israélien - chef de file du sionisme - s'en prend maintenant à l'Organisation Socialiste Israélienne (O.S.I.) mieux connue sous le nom de son journal Matzpen.

Depuis quelques mois, il était clair que le gouvernement israélien avait décidé de rendre impossible le fonctionnement de l'O.S.I. (Matzpen) sans oser pour autant, jusqu'à présent, interdire purement et simplement le mouvement, de crainte d'alerter l'opinion ouvrière internationale. C'est ainsi qu'après avoir fait interdire par la censure militaire l'édition arabe du mensuel Matzpen (alors que les mêmes articles avaient reçu le visa du censeur dans l'édition hébraique), il vient d'interdire l'impression « pour raison de sécurité » de tous les articles du dernier numéro du Matzpen, édition hébraïque, y compris les rubriques de politique internationale n'ayant aucun rapport avec la question palestinienne. Le sens de l'opération est clair : interdire la parution du journal, entraver le fonctionnement (et surtout de nouvelles adhésions) de l'organisation par des arrestations, des brimades, des mesures policières.

Tout cela n'empêche pas des porte-parole du parti Mapam (soit-disant « sioniste de gauche ») de qualifier l'O.S.I., de « regroupement négligeable de farfelus », lors d'interventions en tant que représentants en Europe du Mapam.

Parmi les camarades du Matzpen récemment touchés par la répression, Jabra Nicola est assigné à résidence à Haiffa par ordre du gouverneur militaire, reprenant l'infâme législation coloniale britannique de 1945, toujours en vigueur. Avant de rejoindre les positions marxistes révolutionnaires, Nicola Jabra, qui traduisit le Manifeste Communiste en arabe, fut le rédacteur en chef de l'organe arabe du P.C. palestinien : Al-Itthiad. La mesure répressive, prise à son égard, s'explique par la volonté des autorités sionistes d'étouffer à tout prix la voix du Matzpen.

Depuis plusieurs semaines maintenant, les arrestations arbitraires se multiplient tant à l'égard du Matzpen (notamment les colporteurs qu'en ce qui concerne le P.C. Rakah, les nationalistes du mouvement Al-Ard et des intellectuels arabes qui refusent de plier l'échine devant la terreur sioniste.

Des centaines d'Arabes israéliens sont aujourd'hui emprisonnés ou assignés à résidence en application de cette législation coloniale dite « d'urgence » promulguée par les Britanniques du temps du mandat et renforcée depuis par les autorités israéliennes.

Ce ne sont pas les mesures policières qui empêcheront les jeunes Arabes d'Israël de rejoindre en nombre croissant les commandos palestiniens, pour la conquête de leur identité nationale.

La « réponse » sioniste à ce développement est on ne peut plus traditionnelle de la part d'un gouvernement colonialiste, et rappelle sans masque la France en Algérie :

destruction systématique des quartiers d'habitation arabes dont les habitants s'empressent goût des sionistes, dénoncer à l'armée la présence commandos arabes; des cas de tortures sont désormais signalés, notamment la torture à l'électricité dans les camps de détention de Latroum et de Sarapaul.

La lutte des militants antisionistes en Israël doit être soutenue, comme partie de la révolution au Moyen-Orient. Les conditions de son développement proviennent de la puissance de la vague combative palestinienne, mais aussi de l'effort d'information en sa faveur que l'avant-garde marxiste-révolutionnaire internationale peut seule prendre en charge, les autres courants manifestant un silence criminel à ce sujet, comme la totalité des courants nationalistes arabes.

Une campagne d'information sur la répression en israël, pour la défense des organisations et des militants antisionistes, de soutien aux camarades internationalistes de l'O.S.I. doit désormais s'insérer dans la campagne de soutien à la révolution arabe.

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