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La revue › n° 41

Les dimensions du combat (A propos de la vague de grèves en Italie)

Edgardo Pellegrini · Quatrième Internationale, n° 41 · janvier 1970 · p. 23-29 · 5 198 mots

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Edgardo PELLEGRINI Les dimensions du combat

(A propos de la vague de grèves en Italie) Avec le mouvement de Mai 1968 en France, le gigantesque mouvement de grèves englobant environ quinze millions de travailleurs qui a traversé l'Italie en 1969 et qui n'est pas du tout terminé, constitue la manifestation la plus éclatante du renouveae de la lutte de classe en Europe occidentale. Et de même que le Mai de France doit être soigneusement étudié, les caractéristiques de la vague qui a submergé l'Italie sont à relever afin de se mieux préparer pour les luttes qui suivront. Dans les pages ci-après, nous publions la traduction du dernier chapitre d'un livre qui vient de paraître à Rome, « La vague de fond ouvrière revendiquait le pouvoir », de Edgardo Pellegrini. Comme on le verra, cette étude accorde une place très importante aux organes qui se sont créés dans les entreprises italiennes, à la base, indépendamment du mouvement syndical traditionnel, ainsi qu'aux revendications et problèmes soulevés par ces organes de lutte.

La dramatique absence d'instruments de lutte révolutionnaires capables de conduire à ses conséquences extrêmes le puissant mouvement des masses, avec à leur tête les masses ouvrières, est ressentie vivement dans tous les secteurs de la gauche extra-parlementaire et provoque, vers la fin de l'automne, une série de considérations pessimistes au centre desquelles est placée la question de savoir ce qui se produira après la signature des contrats, lorsque se manifestera une baisse inévitable de la poussée ouvrière. Deux craintes dominent toutes les autres : que s'impose le • réformisme opportuniste » ou que prévale un • reflux réactionnaire ». On ne cerne pas, ici, la spécificité de la situation italienne - et aussi, comme nous le verrons, européenne - dans cette conjoncture exceptionnelle. Dans une péme un recours à une répression plus dure et à un autoritarisme plus fort sur l'ensemble de la société. Mais est-il possible, aujourd'hui, de prévoir une reprise sérieuse, une contre-attaque rigoureuse de la bourgeoisie italienne ? La crise actuelle qui concerne avant tout le rapport institutions-masses, mais qui est aussi caractérisée par la détérioration interne des institutions, par une incapacité de choisir et de diriger, par l'impossibilité de débouchés durables, présente le caractère d'un mouvement en spirale descendante, qui ne semble pas pouvoir être arrêté, du moins pour un certain temps, même pas dans le cas d'un relâchement momentané de la tension sur le front des luttes ouvrières.

Certes, on peut réaliser soit des tentatives réformistes et des tentatives de répression, mais de façon très limitée. Les carences du pouvoir et de perspectives, manifestées par la direction bourgeoise sont importantes. La faillite du réformisme est bien plus difficile à digérer que la faillite du centre-gauche. La possibilité d'utiliser le P.C. italien en tant qu'instrument de stabilisation - dans ou en dehors du gouvernement - est extrêmement fragile, en premier lieu à cause des contradicriode normale, l'affrontement détermine, en effet, des flux flux suivant un rythme de lorsque les luttes augmentent des classes et des rebalançoire ; le patronat est sur la défensive; lorsque les luttes baissent, le patronat passe à l'attaque. Attaque qui, naturellement, peut se développer soit comme une tentative de réorganisation à un niveau plus élevé au moyen d'instruments réformistes, soit com-

LUATR tions du P.C. italien lui-même (qui, pour prouver qu'il peut contenir les explosions sociales, doit en contre-partie en assumer au moins une partie des objectifs, qui créent des difficultés ultérieures pour le système),, et en second lieu par la présence, dans l'industrie italienne, d'un vaste secteur de petites et moyennes entreprises dont la survie, pour ne pas parler l'expansion, peut être assurée bien plus par un régime de bas salaires que par une extension ultérieure de la consomclasse ouvrière tion privilégiée, historique. Car, et lourds, comr et les formatio geoisie, lorsqu'i phase de désa ciles à reconst riode de temps pulvérisation de mocratie-chrétier justement à leu sibilité de se même après un gation provoqu toujours possib pression, dès q symptômes de

C'est à partir dont nous n'avor les grandes ligr pousser cette dans la presse * Est-ce que l'or haut des comba sent article est 1969 : les cons et patronat sont le Ministre du Tr le contrat des o tiré du front de d'ouvriers en les gramme précis de travail. Mais il fau prononcer de juge ne pas confondre lutte de classes a contrats. Il ne fa des instruments

RNATIONALE in avant aussi une autre ilgré la dramatique abiction révolutionnaire, la se trouve dans une posiau début de cette période si les appareils colossaux ne les appareils étatiques ns politiques de la bourIs sont entrés dans une grégation sont bien diffituer dans une brève pé-

(il suffit de penser à la l'homogénéité de la déine en Italie, parvenue à reconstituer rapidement, de ces considérations - de toutes tendances :

en cours, arbitrées par lutte près d'un million enfermant dans un proréduction des coûts du t rester attentif, ne pas iments hâtifs et surtout le cycle actuel de la

Ivec les échéances des it aucun doute que si révolutionnaires, syndicaux et politiques avaient existé pour la classe ouvrière, le passage à l'action simultanée de cinq millions de travailleurs aurait entraîné une telle unification du front de lutte et une telle globalisation du combat que le processus révolutionnaire en aurait été vigoureusement accéléré ; il est vrai aussi qu'au contraire une gestion des luttes allant dans le sens de les canaliser" vers des solutions modérées, de les éparpiller par secteurs, de les utiliser en tant qu'instruments de pression en vue de solutions parlementaires réformistes, représente un frein puissant. Mais si la vague ouvrière ne doit pas être confondue avec mation, et qui jouent miste conséquent. En handicap fondamental réformiste vigoureux, un rôle anti-réfordernière analyse, le pour un tournant pour la rationalisation et l'homogénéisation de l'économie italienne, est représenté par la nécessité pour la bourgeoisie de maintenir les avantages qui découlent d'une conioncture qui tages qui decoulent d'une conjoncture qui lui est favorable sur le plan mondial, conjoncture qui, cependant - et c'est là la plus grande contradiction - est surtout basée sur le régime des bas salaires qui a caractérisé les deux derniers * boom » industriels en Italie.

Par ailleurs, la perspective d'un coup Par ailleure la perspective d'un coun d'Etat • à la grecque » ne semble pas devoir donner de plus grandes garanties de stabilité pour une période assez longue. Même en admettant qu'il réussisse, sans entrainer au contraire une réaction * frontiste » imparable, il ne résoudrait pas pour autant les problèmes de la bourgeoisie. Au contraire, il en créerait de nouveaux justement dans les secteurs industriels les plus modernes qui doivent encore jouer la carte du développement de la consommation des masses. Un régime qui, à cause des forces qui le soutiendraient, ne pourrait pratiquer qu'une politique de protectionnisme et d'austérité, nuirait de façon irréparable aux producteurs d'automobiles, de préfabriqués, d'appareils électro-ménagers qui ont besoin que les gens a) signent des traites : b) achètent continuellement les nouveaux modèles, restituant les anciens. Pour que cela puisse se faire, il faut un certain degré de tranquillité, de paix sociale et de confiance dans le système ce qui, naturellement, ne saurait être vrai avec un régime fasciste ou para-fasciste. rédime fasciste ou nara-fasciste

La variante la plus probable que l'on puisse prévoir, en présence des puissantes contradictions actuelles du capitalisme italien (communes, en partie au capitalisme international, et encore beaucoup plus, au moins dans les tendances fondamentales, au capitalisme européen) est que la crise va durer longtemps sans trouver de solution, avec une succession de moments de tension et d'explosion. Nous ne nions pas, ici, la possibilité d'une stabilisation temporaire à droite ou à gauche, mais nous soulignons justement son caractère provisoire et indécis.

son extrême degré avec la rupture survenue dans le courant • dorotea »), les premières formes des nouvelles organisations ouvrières qui se manifestent dans les luttes actuelles (comités de base, aroupes d'avant-darde) doivent en partie groupes d'avan i-garde) doivent en partie comité de base disparait, il s'en crée un autre ; il est bien difficile de raisonner de la même façon pour un appareil étatique ou pour un grand parti.

Il faut mettre e considération. M sence d'une dire son extrême degré avec la rupture survenue dans le courant • dorotea »), les premières formes des nouvelles organisations ouvrières qui se manifestent dans les luttes actuelles (comités de base, aroupes d'avant-darde) doivent en partie i-garde) doivent en partie r faiblesse d'avoir la posreflux, après une désagréée par des extrémismes les ou une vague de ré-

'apparaissent les premiers reprise de la lutte. Si un comité de base disparait, il s'en crée un autre ; il est bien difficile de raisonner de la même façon pour un appareil étatique ou pour un grand parti.

ns bien entendu tracé que les - que l'on doit requestion souvent posée i a atteint le point le plus ts en Italie ? ». Le pré-

: écrit le 20 novembre

¡ultations entre syndicats avail ; depuis peu de jours avriers du bâtiment a re- les échéances des contrats, il ne faut pas non plus faire coincider mécaniquement la

ONALE seconde réponse c'est que, dans toutes les phases de reflux, mêmes brèves, les signature des contrats avec la fin de la gue, avec le reflux définitif.

Il peut y avoir reflux si les contrats métallurgistes et ceux des ouvriers l'industrie chimique ne sont pas satis sants comme celui des ouvriers du timent. Mais il pourrait aussi se prod une riposte rageuse, avec des grèves : vages et une nouvelle radicalisation la lutte. Au contraire, une signature torieuse des contrats pourrait reprod les caractéristiques des luttes de deux dernières années, c'est-à-dire vades de sfaibâuire saude ViCuire ces leur syndicats et les bureaucraties politiques de gauche sont partiellement bénéficiaires car elles représentent tout au moins la défense immédiate contre la répression et la possibilité de continuer quelques petites luttes pour la défense d'intérêts élémentaires, contingents, même au niveau limité de l'usine. Mais reconnaitre ce fait - et en tirer les conséquences nécessaires sur le plan tactique — ne peut en aucune façon faire perdre de vue le rôle effectif joué par les bureaucraties dans cette phase historique : en renonçant aux objectifs d'un mouvement potendereproduction immédiate et un n part avec des objectifs plus éle ouveau dévés. Mais, e de bentiellement révolutionnaire, en restreignant les objectifs au cadre des institutions repeut-on demander, est-il réalist ser que les ouvriers poursuivron indéfiniment sans avoir de p claires ? Le fait est que, par mode de développement de tion capitaliste, les ouvriers d'hui une perspective d'intens l'infini de l'exploitation. Et c'est refusent. Les luttes précontrac démarré sans avoir un progra et une perspective bien définie. a surtout mises en mouvement, incitation certainement limitée moins très profonde : le refus ‹ tation dans les usines devenue table maintenant. Les mots d' l'on retrouvait à ce niveau du particulier tous ceux qui s'opp liaison paye-productivité, à l tion des rythmes, à l'éventail de ont été accueillis et adoptés p iarges secteurs ouvriers, par absolue des ouvriers en lutte, aient été formulés par des peti d'avant-garde dont l'influence s vriers est très irrégulière et de çon très réduite. Mais là se tement le fait nouveau : pour l fois, après des dizaines d'anné veloppement de la lutte de c rythme et ses procédés dépen de la capacité des avant-gard tionnaires à interpréter le sens ouvrières, à traduire cette orie des mots d'ordre précis, à at minimum de structure organ pour en assurer la diffusion dar teurs-clés de la classe.

Certains, surtout dans les s gauche des partis traditionne aussi la question : mais les après la signature des contra tourneront-ils pas nécessairen les syndicats, même s'ils ont du fait que ces derniers ont e de pent leur lutte erspectives • suite du la producint aujourification à cela qu'ils tuelles ont mme clair Ce qui les c'est une nais néande l'exploiinsupporordre que refus (en osent à la intensificais salaires) ar de très a majorité bien qu'ils is groupes ur les ou: toute farouve jusa première es, le délasse, son dent aussi es révoludes luttes station par teindre un sationnelle is les sececteurs de Is, posent ouvriers, ts, ne relent dans conscience manqué le présentant l nettement d'hui, le bur pour ne pas en lutte : mi vaucher ind faire siens s d'ordre sorta car le tigre n'est pas ce

Reconnaitre indéniable d signifie pas sibilités de syndicats, d' ses. Il n'est signature de renforcement nelles : en f De nombreus tainement pa ou décourag cats. Mais tions ? Avec cat, de faire s'agit évidem pas compte bureaucraties qui est, con ment contreaussi des prouver qu'i façon dispos syndicat ne d'augmentati digérer cette tendre parlel d'attaque dir il a été oblic gence ouvriè on peut utili Il serait abs de le conv théoriques

= capitalisme, leur rôle est ontre-révolutionnaire. Aujoureaucrate chevauche le tigre, perdre contact avec la base ais il ne pourra pas le chefiniment, il ne pourra pas uccessivement tous les mots ant de la poussée ouvrière court dans une direction qui ille du bureaucrate. jainrato - tout ceci comme un fait ans la situation actuelle ne que l'on sous-estime les posrécupération, de la part des un certain contrôle des maspas nécessaire d'attendre la s contrats pour constater un des organisations traditionait, cela est déjà une réalité. * ouvriers, qui ne sont cers des ouvriers conservateurs és, entrent dans les syndipourquoi, avec quelles inten: l'intention d'utiliser le syndipression sur le syndicat,!! iment d'un choix qui ne tient de la stratégie générale des i ou de leur choix définitif ame nous l'avons vu, réelle-révolutionnaire. Mais il y a motifs précis, capables de in ouvrier qui agit de cette e de quelques arguments: le voulait pas entendre parler on égale pour tous, et il a dû notion ; il ne voulait pas en• d'intensification de la lutte, ecte contre la production, et gé de digérer aussi cette exiire. Ainsi, pense le travailleur, iser, conditionner le syndicat. urde, dans ce cas, d'essayer raincre avec des arguments ¡ = plus ou moins correctedu fait que ces derniers ont manqué le coche ? Une première réponse consiste à dire que le coche des syndicats n'est théoriques ment exprim instruments i * plus ou moins correcteés. Il est important que les apparus dans cette période pas celui des combats révolutionnaires. de contrats parviennent à remplir encore

C'est un autre coche, et les ouvriers une fonction; que, s'ils dépérissent, ils s'en aperçoivent toujours davantage. La puissent repartir avec un nouveau départ

UATRI de luttes ; qu'ils maintiennent des liaisons nationales ; qu'ils puissent jouer le rôle de pôle de rechange. Ceci est indispensable surtout en fonction du problème qui serait posé par une phase plus généralisée de la lutte, au cours de laquelle l'affrontement engloberait non seulement les plus importantes catégories ouvrières mais aussi d'autres secteurs sociaux. C'est pour cela que le sectarisme de groupe, à l'intérieur des organisations unitaires de base et de leurs organismes locaux et nationaux, doit être combattu à tout prix. Seul un solide pôle d'attraction, basé sur les avant-gardes ouvrières, pourrait déterminer une homogénéité de l'ensemble du front de lutte et dépasser les moments corporatits.

Il faut penser ensuite que, contrairement à l'hypothèse exprimée ci-dessus, on peut se trouver face à la variante d'une impasse imprévue pour les syndicats. Ceci s'est déjà produit, dans la phase qui a précédé les contrats, au niveau de l'usine : lorsque la revendication économique coincide avec une nécessité politique plus profonde et plus mûre, la réponse syndicale n'est plus suffisante et la main passe à des instruments de tendance typiquement soviétique ; l'important est que ces instruments réussissent aussi à jouer un rôle purement syndical, car ce sont ces fonctions qui permettent aux ouvriers d'obtenir des succès partiels qui, en plus de tenir des succes partels qui, en plus de leurs avantages indéniables, « regonflent » les ouvriers et ne permettent pas que le découragement et la fatigue se répandent.

EME INTERNATIONALE dans les organisations bureaucratiques? C'est une opinion qu'il est difficile de soutenir. Pour les syndicats, il est assez facile de se déchainer démagogiquement dans un secteur plus combattif et de s'arranger dans un autre, plus arriéré. Mais une tentative d'organisation autonome des luttes ouvrières doit être partout un pôle d'attraction. Tenant compte aussi du renouvellement des générations ouvrières, inévitable dans chaque secteur et dans chaque zone, de la crise générale de confiance envers les bureaucraties et de la force d'attraction des secteurs avancés, il faut conclure que même les forces critiques à l'intérieur des syndicats, dans les secteurs particulièrement situés à l'arrière-garde, doivent œuvrer pour accélérer la prise de conscience des ouvriers, pour démasquer le réformisme opportuniste, pour se placer aux points de rupture et pour favoriser la création d'instruments efficaces articulés sur la base ouvrière.

Un nouveau contrat direct nait à partir du moment ou les syndicats et les partis sortent du terrain purement limité à l'usine pour dema grande impor des réformes ves pour le transports, pr d'ordre sont ces « équitabl porte quelle lent du profit l'exploitation Longo. Pour Longo. Pour con dont il prob'èmes gé des mots d'o pouvoir de m une raison d vrière et à s sons ci-desso ment préparat tre les membi ouvrière » de tie, le docum des prix, les le rôle des ir poursuit ensui

« Mais est-i inder des mesures d'une plus tance sociale : la stratégie • avec l'ensemble des grèlogement, pour le prix des sur l'école, etc. Ici les mots vraiment risibles : redevanles. au'il c'adisse de n'im. es »; qui sagisse de n'imredevance, c'est l'équiva« équitable », c'est-à-dire de équitable *, si cher à Luigi donner une idée de la tadonner une idée de la faest possible d'affronter les néraux de la société, avec irdre concrets qui aient le obiliser et qui, surtout, aient 'être face à la vague oua sensibilité, nous reproduius la conclusion d'un docupire pour une discussion enres du groupe « Pour l'unité Bari. Dans sa première parient explique le mécanisme raisons de la dévaluation, npôts directs et indirects. Il te : I possible de faire vraiment quelque chose pour arrêter la hausse des prix? *

• Nous serions tentés de répondre coriane tontóe do rénondranon, tant que le capitalisme existe, on ne peut rien faire. Il faut donc abattre le capitalisme. Donner les usines aux ouvriers et aux employés, la terre à ceux qui la travaillent, éliminer le vieil appareil de l'Etat modelé par les patrons pour défendre leurs intérêts et donner à tous les travailleurs la tâche de diriger tous les secteurs de la société. »

La reprise syndicale dans le reflux ou le maintien des force des syndicats même ments où la classe ouvri l'attaque sont plus favorab façon, dans les secteurs ou sont habitués à des rapport avec les appareils, ou dan syndicat représente encore de transmission rigide par r pareil du parti stalinien, ou a pas encore eu une forte jeunes dans la production. tions se trouvent combinées dosages différents mais av analogues, dans des zones analoques, dans des zones rie, de la Toscane et de l' réalité, le contrôle des syndic coup plus étroit et où ne es moments de positions de dans les moère passe à les, de toute i les ouvriers s plus rigides s lesquels le une courroie apport à l'aplorsqu'il n'y immixtion de

Ces condi, suivant des ec des effets de la Ligude la LiauEmilie où, en :ats est beause sont pas vérifiées des manifestations autonomes des ouvriers.

Mais, même dans ces situations ou pendant un reflux provisoire des travailleurs dans les organisations traditionnelles, peuton considérer comme une tactique adequate à ce cycle des luttes ouvrières ie travail par des canaux internes, dans le but de déterminer un courant « avancé »

« Mais même si c'est vrai, cela ne suffit pas. Pour le faire, il ne suffit pas qu'une petite minorité en soit consciente; il faut que la majorité de la classe ouvrière en soit convaincue et soit disposée à lutter pour ces objectifs. Mais, en attendant, devons-nous laisser tout en place, sans tenter de commencer à arracher quelques positions aux patrons ? »

- Se'on nous, il est possible de lutter dès au ourd'hui pour les objectifs concrets suivants, acceptables pour tous les travailleurs:

1) Contrôle ouvrier (c'est-à-dire par les ouvriers, les techniciens et les employés) non seulement sur les temps, les cadences de travail, sur les conditions de travail, mais aussi sur la gestion économique et financière, sur les coûts, sur les investissements. Si un patron se trompe sur sa politique financière, ce n'est pas lui qui en cubit les conséquences (il s'enfuit dans les villas qu'il possède au Liban, comme l'a fait Riva), ce sont ses ouvriers qui se rireuvent en chômage. Il n'est donc pas juste que ce soit lui qui fasse les calculs, aui procède aux investissements, qui établisse les prix. Ce sont les ouvriers avec les employés d'administration et les techniciens qui doivent le faire. L'instrument idéal pour ces nouvelles tâches, c'est le conseil ou comité des délégués des différents départements, unitaire, élu directement par les travailleurs, département par département, sans liste, sur la base des capacités et du prestige et non de l'appartenance à tel ou tel syndicat, et dont les membres doivent être révocab'es à tout moment (parmi les défauts les plus graves du parlementarisme, on trouve le fait que l'élu est inamovible dans toute la période pendant laquelle il est en fonctien). »

• Puisque chaque produit, d'une façon générale, est passé par différentes phases de travail dans différentes usines (le coût d'une automobile ne peut être évalué seulement sur la base des coûts de montage dans l'usine Fiat Mirafiore, mais aussi en connaissant les coûts de production de l'acier, de la fonte, du caoutchouc, des vernis, du plastique ou du tissu, etc.) il est indispensable qu'il existe une coordination entre les diverses usines afin de pouvoir déterminer les coûts réels et déterminer les prix sur cette base au lieu de celle qui tient compte du profit maximum à réaliser (comme cela se fait aujourd'hui). =

2) Contrôle des comités ouvriers et paysans sur les prix agricoles. Si l'Etat veut aider les paysans, il ne doit pas le faire en relevant artificiellement les prix agricoles, ainsi que cela se fait actuellement.

Aujourd'hui, un quintal de blé dur se vend au Marché commun à onze mille lires alors que sur l'ensemble du marché mondial il vaut quatre mille lires. Un quintal de beurre dans le Marché commun vaut 42.000 lires, au dehors 25.000 lires ; un quintal de sucre 23.500 lires en Italie, 14.000 dans le Marché commun et 4.000 dans le reste du monde. Si l'Etat veut aider les paysans, il doit leur fournir le matériel pour rationaliser l'agriculture italienne et diminuer les prix de revient.

•Mais pour éliminer l'écart scandaleux actue! entre les prix au producteur (très bas) et les prix au consommateur (très élevés) dans le secteur de l'horticulture et des fruits, il faut éliminer les grossistes spéculateurs qui s'emparent à bas prix des produits, chez les petits paysans qui n'ont pas les moyens d'en assurer la distribution, confier la distribution à des coopératives mixtes de producteurs et de consommateurs, éliminer l'actuel monopole de l'industrie des produits surgelés détenu par le groupe Unilever-Nestlé (auquel Fiat s'est récemment lié). L'industrie des produits congelés, en permettant de revendre même hors saison, les surplus de la production, pourrait fonctionner comme stabilisateur des prix, en éliminant les spéculations sur les primeurs, alors qu'aujourd'hui elle ne sert qu'à accumuler des profits oui se chiffrent par milliards.

3) - Pour donner des instruments de contrôle adéquats aux comités de contrôle ouvriers et paysans, il faut éliminer ce que l'on appelle le secret bancaire. Pour le faire, il suffit de nationaliser toutes les banques en ne touchant pas aux dépôts des petits, moyens et grands épargnants. En n'y touchant pas, mais en les soumettant à un contrôle public I... Et ce contrôle ne doit pas être confié à des organismes bureaucratiques ou, pis encore, à des parlementaires très éloignés des problèmes réels, mais à des comités composés d'ouvriers, de paysans et de travailleurs des banques. »

• Celui qui a déposé à la banque de l'argent honnêtement gagné n'a rien à perdre : il s'agit d'une passation de gestion, du passage d'un contrôle privé à un contrôle collectif, d'un contrôle effectué dans l'intérêt de quelques milliardaires à un contrôle effectué dans l'intérêt de tous. .

« Cette mesure peut sembler irréalisable aujourd'hui, aussi irréalisable que l'élimination du capitalisme, mais en réalité c'est une mesure qui peut être immédiatement comprise par tous les travailleurs. Alors qu'un ouvrier, un employé, un fonctionnaire doit remplir le formulaire Vanoni pour déclarer ses revenus, ne pouvant y échapper car il doit fournir. ses fiches de

UATR paie ou de toute façon déclarer une rétribution facilement contrôlable même quand il travaille dans une entreprise privée, pourquoi les Pirelli, Agnelli, Falck, Costa, Valerio, Calabrese et Scianatico (ces deux derniers étant des industriels des Pouiiles) peuvent-ils se dissimuler derrière des appellations diverses (la Fiat a des intérêts, au moins, dans soixante grandes et moyennes entreprises italiennes), derrière des bilans conventionnels, derrière le secret bancaire ? >

« Seul le contrôle exercé sur les banques - ce centre, ce mécanisme essentiel de la circulation capitaliste - permettrait d'organiser sérieusement, et non en paroles, le contrôle sur l'ensemble de la vie économique, sur la production et la distribution des principaux produits, et d'organiser cette « réglementation de la vie économique » qui, sans cela, serait inévitablement condamnée à rester une phrase ministérielle destinée à tromper les travailleurs. »

4) * Quelques mesures législatives immédiates peuvent aussi contribuer en liaison avec les autres mesures, à faire obstacle au cours actuel de hausse des prix :

a) élimination de l' IGE pour tout ce qui concerne les produits de première nécessité :

b) élimination des impôts actuels sur l'essence qui pèsent, non seulement sur les particuliers aux revenus modestes et qui utilisent leur voiture pour se rendre a leur travail, mais aussi sur les transports publics et sur les transports de marchandises, augmentant notablement l'incidence des coûts de transport ; c) forte progression des impôts directs avec exemption totale pour les revenus du travail inférieurs à deux millions de lires par an) pour compenser la diminution du rendement fiscal des impôts indirects.

5) En outre, une nette amélioration des conditions de vie des familles des travailleurs peut être assurée par des mesures capables de garantir la gratuité de l'instruction à tous les échelons et sous tous les aspects (livres, pré-salaires, etc.), l'assistance vraiment gratuite et complète pour tous (ce qui existe déjà dans des pays capitalistes comme la Grande-Bretagne), la gratuité des transports publics : ces derniers connaissent déjà un déficit effrayant, autant les considérer comme un service essentiel pour le fonctionnement de la société et les mettre directement à la charge de l'ensemble de cette société au lieu de celle des seuls usagers. Par exemple : la police est un service public qui défend surtout la propriété, mais personne ne songe à la faire payer par les utili-

EME INTERNATIONALE sateurs, c'est-à-dire les propriétaires qu'elle protège contre les voleurs et contre les travailleurs frustrés par les bas salaires..

• Ce programme peut -- à brève échéance - être la base d'un vaste mouvement de lutte anticapitaliste qui peut aussi obtenir de façon transitoire quelques succès. Toutefois ce serait vouloir tromper que de faire croire que des conquêtes de ce genre peuvent être obtenues tranquillement dans une société capitaliste. L'expérience historique nous apprend que, quand le capitalisme est aux abois et craint de tout perdre, il peut faire aussi quelques concessions importantes sur le plan du pouvoir, accepter momentanément une situation de dua

« Dès qu'il est en cher une offensive, dû concéder et il fait travailleurs les plus ilité du pouvoir.» condition de déclen-

I reprend ce qu'il a payer très cher aux actifs toute concession passée. L'exemple le plus récent et le plus brûlant est celui des conseils de gestion qui furent instaurés après la dernière guerre dans de nombreuses grandes usines du Nord, comme Fiat ou Olivetti, que les travailleurs avaient sauvées de la destruction par les nazis. Ils furent enfermés dans une position de collaboration subalterne par rapport à la bourgeoisie par la politique d'« unité nationale » du P.C. italien proposée par Togliatti au moment du « tournant de Salerne * en 1944. Mais, du fait qu'ils étaient tout de même un embryon de pouvoir ouvrier face au pouvoir bourgeois, et qu'ils étaient souvent compris dans ce sens par les ouvriers les plus évolués, ils furent détruits dès que la bourgeoisie se fut suffisamment reprise et considéra plus prudent d'éliminer ces instruments du pouvoir ouvrier qui lui faisaient peur, même « dressés » par les bureaucrates. »

« C'est pourquoi nous ne devons jamais oublier que la seule véritable solution définitive, c'est l'élimination du capitalisme. »

Tout ce qui précède, naturellement, ne devient une hypothèse de travail que dans la mesure où se révèle juste l'analyse qui conduit à penser que l'Etat italien, avec toute sa structure dirigeante, au sommet et aux échelons intermédiaires, est entré dans une crise profonde qui nécessitera un temps très long pour se stabiliser à nouveau, et certainement sur de nouvelles bases.

Nous décelons un premier élément de cette crise, ainsi que nous le disions plus haut, dans les contradictions du bloc catholique. Il y avait bien depuis quelques années des dissensions entre les différents groupes capitalistes qui inspiraient tel ou tel secteur démocrate-chrétien, entre les diverses couches des classes opérant à l'intérieur du parti et entre les différentes tendances religieuses ou théologiques. Il s'agissait de crises au niveau de l'idéologie : il était donc toujours possible de trouver une motion qui, sur la base d'un paternalisme sectaire commun, n'empêchait pas la reconstitution de l'unité. Au'ourd'hui, les divergences dans le monde catholique sont solidement organisées dans les ACLI (groupes d'action catholique), dans une partie de la CISL (centrale syndicale), dans des groupes spontanés et ceci crée continuellement de nouvelles brèches et de nouvelles ruptures. Fanfani, lui-même, a... sermonné ses collègues parce qu'ils avaient élu Forlani comme secrétaire de la démocratie chrétienne, pratiquement à l'unanimité, alors que les divergences étaient évidentes d'un côté et de l'autre.

Tout cela ne signifie pas que la démocratie chrétienne soit à la , veille de tré-

IONALE 29 passer ; mais il est vrai qu'elle se trouve dans l'impossibilité totale de jouer un rôle vraiment hégémonique dans la politique italienne, surtout qu'elle est incapable d'élaborer la moindre plate-forme même en prévision des prochains mois qui seront pourtant très brûlants. Des phénomènes analogues apparaissent dans d'autres formations : depuis la nouvelle scission social-démocrate jusqu'à la crise dans le P.C. italien autour de la question du Manifeste. Cette instabilité générale contribue à renforcer l'hypothèse d'un cycle encore long de tensions et de continuelles ruptures, de regroupements momentanés et de nouvelles tensions et ruptures. On commence à entrevoir un processus de déchirements et de nouveaux mélanges dont aucune composante des formations actuelles ne pourra sortir indemne à la fin du cycle. Surtout parce que l'automne « chaud » italien s'est prolongé fort longtemps, parce qu'il tend désormais à s'unir à un mouvement de caractère mondial dont les caractéristiques sont déjà tracées.

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