Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 39

Les journées de mai en Argentine

Quatrième Internationale, n° 39 · septembre 1969 · p. 15-19 · 3 319 mots

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Au sujet des événements qui se sont produits en mai dernier dans les villes d'Argentine, nous publions : 1) un article paru dans le No du 11 juin de El

Combatiente, organe de l'organisation trotskyste argentine, le Parti Révolutionnaire des Travailleurs, qui donne une analyse de ces événements et leurs perspectives ;

2) le récit, paru dans le même organe, des combats de Cordoba.

Pour un gouvernement révolutionnaire des ouvriers et du peuple

Résistons activement à la

Parvenant péniblement à maintenir le contrôle militaire après la gigantesque explosion populaire qui ébranla la dictature dans ses fondations et lui porta une blessure mortelle, le gouvernement des monopoles cherche à animer tous ses instruments de répression et de déception. Il cherche à déguiser ces instruments principalement dans un effort pour regagner quelque peu de respect et de confiance de la part de l'oligarchie et de l'impérialisme.

Cette tentative vaine de la dictature se concentre sur un renforcement des monstrueuses lois anticommunistes et sur une dénonciation du plus grand soulèvement populaire dans l'histoire du pays comme ayant été provoqué purement et exclusivement par une force extrémiste organi.

Du 15 au 30 mai, le pays a connu la plus gigantesque explosion populaire spon. tanée de son histoire. Il n'y avait jamais encore eu une telle mobilisation intense dans les capitales des provinces et dans plusieurs autres villes, de Salta au Rio Negro et de Corrientes à Cordoba, embrassant tout le territoire de l'Argentine. Jamais encore toutes les couches populaires ne s'étaient dressées de cette façon, unies dans un sentiment commun de répudiation du gouvernement. Jamais encore la conjonction de toutes ces forces et de toutes ces régions n'avait produit un si haut dictature des monopoles sée pour créer une rébellion armée. Le message d'Ongania du mercredi 4 juin donna le ton au chœur de la presse « libre» qui est aux mains des exploiteurs indigènes et étrangers les plus réactionnaires, quand ce n'est pas aux mains d'actionnaires qui sont les garants du gouvernement.

Cette réponse d'Ongania au réveil héroïque d'un peuple dont la patience envers lui est épuisée est la seule réponse que la dictature peut aujourd'hui donner après trois années d'assauts incessants et persévérants contre le niveau de vie des ouvriers, contre l'économie du pays - dans le véritable sens du terme - et contre les droits et les libertés les plus élémentaires du peuple. niveau de combativité et de résistance active, d'une telle ampleur et d'une telle profondeur.

Aucun parti, aucune idéologie, aucun programme, aucune direction centralisée nationalement ou régionalement ne peuvent aujourd'hui prétendre être responsables de cette explosion. Sa spontanéité dépassa tout ce qui avait pu être prévu. Elle laissa certains à la traîne et enseigna à d'autres une leçon, notamment à ces opposants bourgeois qui, dans leur désir de sauver le régime de toute véritable interférence populaire dans la politique, peuvent être

CE QUE LES JOURNEES DE MAI ONT REPRESENTE

CE QUE LES JOURNEES DE MAI ONT REPRESENTE

QUATR tentés de faire des manœuvres soit par des élections, soit par un coup d'Etat pour donner au gouvernement un traitement facial préventif.

La dénonciation d'une préparation subversive dirigée par des extrémistes de gauche n'est rien d'autre qu'un true grossier de la dictature, quelque chose comme une tentative d'Ongania et des troglodytes qui lui servent d'avocats de faire preuve de subtilité. Elle fait sourire même les politiciens du régime.

Ce qui a vraiment produit l'explosion, ce fut une lente et constante accumulation d'actions, de crimes, de trahisons au profit de l'impérialisme, d'attaques, déceptions et de spoliations au moyen desquelles la dictature déroba aux ouvriers leur pain, leur travail et leurs droits, aux étudiants leurs universités, et aux classes moyennes leur niveau de vie et leurs droits et libertés démocratiques. Cela culmina récemment dans un décret élevant le prix de l'essence et des transports, affectant immédiatement le prix des biens de consom-

Cette explosion populaire spontanée assuma un caractère défensif d'un point de vue stratégique, bien qu'elle employa des moyens tactiques offensifs. Elle révéla un développement inégal dans les différentes régions du pays. Les méthodes de résistance active et de lutte armée, par cette explosion, sont devenues définitivement partie du conflit politique. Elle manqua d'une direction centralisée, bien définie, d'un programme et d'un but, la conquête du pouvoir. Elle se basa essentiellement sur une combinaison de revendications ouvrièгев et d'aspirations démocratiques.

Cette explosion populaire couvait depuis le moment même oi la dictature s'installa au gouvernement. Elle était défensive dans un sens stratégique parce qu'elle se produisit comme une réponse spécifique aux agressions économiques, politiques et sociales du régime et comme un produit du mécontentement qui s'était accumulé. Les revendications démocratiques et de classes combinées s'étendaient de problèmes comme le chômage, le coût de la vie, le blocage des salaires, la détérioration des conditions économiques pour la majorité de la population jusqu'à la négation totale des droits et garanties démocrati. ques.

Le caractère inégal de ce soulèvement s'est manifesté par le retard des masses dans les régions côtières, notamment dans le Grand Buenos Aires, par rapport aux centres urbains de l'intérieur. Cordoba, notamment, avec son prolétariat industriel moderne, combatif, a fourni l'épine dorsale des mobilisations et de la résistance active. L'incontestable rôle d'avant-garde qu'ont

IEME INTERNATIONALE mation. Dans cette accumulation de ressentiment, la dernière goutte d'eau fut l'assassinat d'un étudiant qui manifestait à Corrientes, mais cela aurait pu être n'importe quoi d'autre.

Le fait est que, dans les conditions présentes, la simple existence de la dictature des monopoles a engendré une résistance populaire dont la dynamique a abouti finalement à un sentiment de détermination unanime de la majorité de la population argentine à se débarrasser une fois pour toutes de cette dictature.

Cette détermination, et elle seule, a été l'élément. de cohésion unissant les centaines de milliers de manifestants qui ont déferlé dans les rues, qui les dépavaient pour construire des barricades, qui ont défait la police et fait face à l'armée, défiant ses interdits et ses armes de guerre. Commençant par des miguelitos (1) et des pierres, les manifestants s'élevèrent aux frondes, aux revolvers et aux fusils de 22 mm, avec lesquels ils dominèrent finalement les faubourgs de Cordoba. STRATEGIE REVOLUTIONNAIRE joué les centres urbains de l'intérieur a été marqué par le niveau extrêmement élevé de la participation populaire, de la conscience politique, et par l'emploi de mé thodes de lutte violentes allant jusqu'à des formes embryonnaires de lutte armée ouverte.

Le mouvement s'est développé sans une mouvement direction centralisée bien définie. Mais au fur et à mesure qu'il se déroulait, la C.G.T. de Paseo Colon (2) et les principales directions étudiantes notamment, ont ont vu croître leur rôle de directions politiques de masse et rendirent possible l'appa. rition sous une forme locale et embryonnaire de nouveaux instruments organisation. nels au cours de la lutte, comme les Juntas Coordinadoras à Tucuman et à La Plata ou la C.G.T. Unificada à Rosario et à Cordoba.

Comprendre cette caractérisation ne veut pas dire seulement comprendre les plus importantes leçons de mai, mais veut dire aussi comprendre leurs limitations et la nécessité de s'armer théoriquement contre toute illusion relative aux thèmes très discutés de l'action spontanée des masses,

(1) Clous tordus, destinés à crever les pneus des voitures gouvernementales.

(2) La C.G.T. argentine est scindée en une C.G.T. située à gauche dite C.G.T. «rebelle » ou C.G.T. des Argentins ou C.G.T. de Paseo Colon (nom de la rue où se trouve son siège), dirigée par Ongaro, actuellement emprisonné, et la C.G.T. « participationniste », dont le dirigeant Vandor fut assassiné peu après les événements de mai.

de l'insurrection de masse comme voie possible vers le pouvoir. Cela exige de nous armer théoriquement contre la dérobade grandiloquente qui, sous prétexte d'une pure lutte armée, ignore et sousestime les mobilisations de masse ou qui les considère comme un aspect distinct et séparé du processus de création d'une armée révolutionnaire.

Il est évident que, même si l'explosion de mai avait eu un caractère insurrectionnel conscient et avait abouti à une tenta. tive consciente de prise du pouvoir, ses possibilités réelles auraient été inévitablement limitées par l'absence d'un parti, d'une direction, d'une organisation et d'un programme. Ses possibilités auraient été limitées aussi par l'absence d'une armée révolutionnaire capable de battre militairement l'armée capitaliste, dernière instance du régime, dans une confrontation totale.

C'est une telle armée — qui malheureuse. ment n'existait pas à Cordoba — qui rendra possible une prise du pouvoir. Nous ne devons pas attendre, comme le proclament les défenseurs du spontanéisme, pour construire cette armée le moment où les masses descendront dans la rue dans un soulèvement produisant de nouvelles explosions insurrectionnelles. Cette armée doit être construite sur une base quotidienne ferme, même pendant les périodes où la lutte de classe est calme. Cette tâche n'admet pas d'improvisations. Par cette armée, et avec elle, l'inspiration des barricades

UNE ETAPE NOUVELLE

Une fois que se trouve clarifiée la perspective stratégique pour la prise du pouvoir, prouvée juste par les journées de mai, il est important de souligner le fait que ces journées ont ouvert une nouvelle étape. Une nouvelle étape dans les rapports entre les classes et dans leurs rapports avec la dictature, une nouvelle étape qui impose des tâches nouvelles, des formes d'organisation nouvelles et des mé. thodes nouvelles.

Ce changement a été produit par l'incorporation massive du peuple dans l'opposition militante à la dictature. Cette opposition populaire a été inébranlablement consolidée par la grève générale di vendredi 30 mai qui fut suivie unanimement par les ouvriers, les étudiants et par les couches les plus diverses des classes moyennes.

Cette nouvelle étape à son tour a assuré une rupture définitive de l'unité du régime, portant à un paroxysme ses contradictions économiques, politiques et socia. les. Tout l'appareil politico-administratif de l'Etat est devenu la proie de la crise et de l'épuisement. Toute tentative de boucher les fissures qui se sont ouvertes

TIONALE 17 pourrait soutenir les organisations populaires émergeant du processus insurrectionnel en vue de défier le pouvoir capitaliste.

Mais il serait criminel d'attendre la « construction » d'une telle armée avant de promouvoir le développement de mobi. lisations populaires et d'intervenir au cours de celles-ci. Au contraire, il est nécessaire d'accompagner et d'orienter les masses au cours de leurs expériences vivantes, réelles, concrètes.

Une mobilisation est plus éducative qu'une centaine de programmes et, en dernière instance, l'armée révolutionnaire, pour qu'elle se construise et soit réellement l'armée du peuple, doit surgir des luttes du peuple et se nourrir d'elles, bien qu'une armée révolutionnaire ait ses formes d'opération organisationnelles et techniques propres, distinctes de celles que le peuple adopte spontanément.

Les révolutionnaires doivent donc expliquer patiemment cette conception de la prise du pouvoir à la nouvelle avant-garde qui prit part à la résistance dans les journées de mai et qui même prit des armes. Cette avant-garde comprendra mieux que quiconque, parce qu'il est plus facile d'arriver à la nécessité d'un parti et d'une armée révolutionnaire en partant du ni. veau atteint au cours d'une mobilisation et de la technique apprise par un détachement armé que par des journaux révolutionnaires et des tracts de propagande, si clairs ou si bien écrits qu'ils puissent êlre. S'EST OUVERTE EN MAI aujourd'hui entre la dictature et les secteurs des exploiteurs ne manquera pas de provoquer de nouvelles fissures et de nouvelles scissions. Toute mesure qui donnerait satisfaction à un secteur ne le ferait pas sans en exaspérer un autre. Et aucun exploiteur ne sera en état de réaliser sa propre « solution » qu'aux dépens de tous les autres.

Paradoxalement, la base de soutien de la dictature est l'incapacité du système capitaliste à la remplacer, le système étant définitivement discrédité. En fait, les secteurs de l'oligarchie qui sont furieux de l'incompétence du gouvernement ne peuvent maintenant que le tolérer. Ils doivent le faire, compte tenu du plus grand danger qui menace le système, celui d'une violente irruption des masses sur la scène politique.

Il est par conséquent possible que la solution d'un coup d'Etat, qui n'a jamais été aussi « justifiable» que maintenant, soit considérée comme une tactique de suicide même par ses dirigeants possibles. En fait, seul un aventurier militaire risquerait d'amener les tanks dans la rue, maintenant où ils pourraient être réquisi-

QUATRI tionnés pour leur propre usage par des manifestants non soupçonnés.

C'est à cela qu'a été réduite la stabilité si vantée du régime. C'est pourquoi nous disons qu'avec l'entrée des masses populaires dans la lutte, l'étape qui s'est ouverte dans les journées de mai est celle de la préparation pour un renversement révolutionnaire de la dictature.

Il importe peu que cette étape soit encore dépourvue d'un programme et que les masses dans leur conscience n'aient pas encore comme but clair la prise du pouvoir. La dynamique de sa spontanéité n'a pas encore créé ce produit de la conscience révolutionnaire qui va de pair inséparablement avec la compréhension de la nécessité d'une armée révolutionnaire. Et c'est pourquoi c'est une tâche inéluctable que de dresser le drapeau d'un gouvernement révolutionnaire des ouvriers et du peuple comme la seule solution possible qui puisse empêcher que la chute de la dictature ouvre la voie à une duperie nouvelle des intérêts de la classe ouvrière, et des droits, garanties et libertés de toute la population.

Mais nous ne pourrons parvenir à ce gouvernement révolutionnaire et éviter les pièges (élections ou pronunciamentos) de l'opposition bourgeoise autrement que par une mobilisation militante active des ouvriers, avec leurs propres formes d'organisation surgissant au cours de confrontations directes, et avec les méthodes et les techniques que la résistance de Cordoba a mises à l'ordre du jour.

Le caractère de tout changement gouvernemental destiné à répondre à la nouvelle

PREPARONS LA VOIE DE LA

Il est typique pour les sectaires et les opportunistes de considérer les grandes batailles politiques menées par les masses du point de vue stratégique de comment renforcer leurs propres organisations. Du fait que c'est là leur objectif essentiel, il est logique qu'ils subordonnent toute leur activité à « se différencier » des autres courants.

Les sectes s'efforcent d'empêcher que des éléments perturbateurs, obstinés et généralement impurs, ne s'infiltrent dans leurs rangs. A leur tour, les opportunistes ont recours à un purisme grandiloquent et à un exclusivisme organisationnel pour tenter de dissimuler toutes leurs incongruités politiques et toutes leurs faiblesses théoriques qui sont soumises à l'épreuve de la lutte de classe.

Parce que cette lutte de classes dans notre pays l'exige, il est urgent que de telles conceptions erronées ne parviennent pas à frustrer les chances que possè-

EME INTERNATIONALE situation — un coup d'Etat, une farce électorale ou un changement de ministres sera déterminé selon que cette mobilisation mûrira et se développera ou qu'au contraire elle cèdera du terrain et laissera l'initiative aux directions bourgeoises dans le gouvernement qui voudront se servir du mécontentement populaire pour ne procéder qu'à des changements de la façade du régime.

Le fait de diriger notre feu sur la dictature aujourd'hui comme l'ennemi principal immédiat ne signifie pas que nous devons atteler les forces des ouvriers et des masses populaires au char électoral ou pronunciamentiste des opposants bourgeois. Mais dans certains épisodes parti. culiers, concrets, de confrontation avec la dictature, nous pouvons nous trouver luttant ensemble avec les radicaux populaires ou les opportunistes du Parti communiste. La chose essentielle aujourd'hui n'est pas de nous différencier verbalement de ces forces, en s'adonnant à des déclarations de principe abstraites sur des objectifs différents de la lutte de classe. Ce qui est essentiel, c'est de démontrer ces différences dans les actions, les méthodes de lutte, les formes d'organisation, et dans les solutions politiques gouvernementales que les masses sont en état d'exiger en résultat de leurs mobilisations. Il n'y a pas d'autre voie pour empêcher que le renversement de la dictature ne s'accomplisse dans un « style bourgeois».

C'est pourquoi nous disons que l'étape présente est celle de la préparation de la chute de la dictature tout en appelant en même temps à la mobilisation et à une résistance active armée du peuple. DEFAITE REVOLUTIONNAIRE dent les directions existantes et les directions de masse, à la fois dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement étudiant, de participer au processus révolutionnaire dans le moment présent.

La C.G.T. « rebelle », bien qu'elle ne puisse prétendre être la direction révolutionnaire du prolétariat, a contribué à ce processus en appliquant de manière conséquente son programme du ler mai. Par suite de cette application du programme et de l'impulsion que cette C.G.T. a donnée aux mobilisations populaires, le mouvement ouvrier a réalisé «l'unité dans la lutte » au niveau régional dans plusieurs villes de l'intérieur. Ceci a constitué oxemple et un progrès objectif dont le gouvernement n'a pas manqué de reconnaître l'importance. Le régime a été sensible à ce développement surtout parce que cette unité a été réalisée dans la lutte contre la dictature et avec pour but de poursuivre cette lutte.

DE LA DICTATURE

DE LA DICTATURE

D'autre part, dans le mouvement étudiant, des organisations comme la Fédération Universitaire Argentine (F.U.A.) qui prétend être la principale direction de la lutte anti-impérialiste la plus conséquente, n'ont encore montré aucun signe de cette « unité dans la lutte». C'est comme si l'exelusivisme de cette direction - qui est en outre menacée d'un isolement progressif — la dispensait de reconnaître l'existence d'autres courants et directions qui luttent contre la dictature. Mais, le Front Etudiant National (F.E.N.), Humanismo et d'autres le mouvement étudiant, si groupes dans ce n'est en raison de leur programme du moins en raison de leur influence et de leur rôle de direction parmi certains secteurs des étudiants, constituent un facteur actif et important dans la lutte.

Cela a été montré il y a quelques jours lorsqu'une masse d'étudiants, réunis dans une assemblée à l'école de philosophie et de lettres, a vu comment les principales directions étudiantes ont transformé ce qui aurait dû être une expression massive d'un front unique contre l'impérialisme et la dictature en une lutte pour l'hégémonie. La lutte n'avait rien à faire avec une stratégie visant à impulser et à faire progresser la lutte de classe au moyen de mobilisations du mouvement étudiant. Il en résulta de la démoralisation.

Des révolutionnaires qui aujourd'hui s'emhourbent dans de telles querelles renoncent en principe et en pratique à jouer un rôle d'orientation et de direction dans les luttes que les ouvriers et les masses populaires ont commencées à Cordoba.

Nous ne sommes ni des sectaires ni des opportunistes mais des révolutionnaires conséquents. Nous ne dissimulons pas nos positions. Nous nous différencierons à la fois des sectaires et des opportunistes par la méthode léniniste, trotskyste, de travail commun pour des objectifs communs contre un ennemi commun dans le but de faire progresser les mobilisations de masse et de transformer la « théorie» en pratique révolutionnaire authentique.

C'est pourquoi, dans le travail pour préparer la voie à l'élimination du système capitaliste, nous en appelons à une active résistance à la dictature par toutes les organisations de masse du mouvement ouvrier et du mouvement étudiant, la C.G.T. < rebelle », la C.G.T. « participationniste », la F.U.A., la F.E.N., Humanismo et tous les autres mouvements qui prétendent jouer un rôle d'avant-garde. Nous proposons :

1) Une coordination régionale ou nationale des fédérations ouvrières et étudiantes, développant et approfondissant une résistance active des ouvriers, des étudiants et d'autres secteurs populaires.

2) L'organisation de commandos de ré. sistance, de groupes d'autodéfense et de détachements armés de militants pour protéger les mobilisations populaires contre la violence répressive du régime, pour organiser la violence du peuple en opposition à la violence du gouvernement, et pour commencer à préparer les bases de la future armée révolutionnaire.

3) Une campagne de propagande en di. rection des soldats et des sous-officiers des organismes de répression du régime, police et forces militaires, pour les appeler à fraterniser avec le peuple et à ne pas tirer sur lui.

A bas la dictature des monopoles !

Ni coup d'Etat, ni farce électorale !

Pour un gouvernement révolutionnaire des ouvriers et du peuple !

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