Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 38

Lutte des étudiants aux Etats-Unis

Quatrième Internationale, n° 38 · juillet 1969 · p. 12-13 · 1 181 mots

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Ce printemps a vu une montée sans précédent de la lutte des étudiants sur tout Campus après campus, y compris dans de nombreuses universités et facultés jusqu'alors non atteintes par le mécontentement des il y a eu des actions de masse des étudiants qui ont défié le rôle de l'Université comme institution au service des intérêts de la classe dirigeante. Les l'oppression ainsi que la croissance des sentiments antiguerre radicalisation qui s'approfondit des communautés noires sous-jacentes aux explosions des campus. La plupart des luttes de ce printemps ont été centrées sur la de l'université envers les besoins la communauté la plupart ont été conduites par des étudiants noirs et des étudiants des autres minorités opprimées des Etats-Unis Mexicano-Américains, Philippins, etc.). L'idée centrale derrière les revendications des étudiants du Tiers-monde est que les communautés du Tiers-monde doivent contrôler leurs institutions éducationnelles afin de surmonter l'éducation de troisième ordre donnée aux enfants et aux adolescents du Tiers-monde, et de transformer ces institutions qui aident à perpétuer l'oppression raciale par l'idéologie raciste et la carence à pourvoir aux besoins des hommes du Tiers-monde, en institutions au service de leurs communautés et des mouvements de libération. Le fait qu'un grand nombre d'étudiants blancs ont soutenu les étudiants noirs en lutte et se sont battus sur d'autres questions comme l'existence dans les universités de programmes spéciaux destinés au recrutement et à l'entraînement des étudiants pour devenir des officiers de l'armée impérialiste indique la puissance de l'éveil dans la masse des étudiants aux Etats-Unis. Un autre fait important à noter est l'expansion des luttes aux lycées.

Dans de nombreux cas, les autorités universitaires et les politiciens capitalistes ont fait appel à la police et même à la garde nationale pour réprimer les luttes étudiantes. Ceci a souvent donné un résultat opposé, des couches plus larges d'étudiants se trouvant impliquées dans la lutte contre la violence policière. Par exemple, ce qui a commencé comme une lutte isolée de quelques étudiants à Harvard est devenu une lutte massive avec des meetings de 10.000 personnes après que la police, appelée par autorités universitaires, eut attaqué vicieusement les étudiants. Dans certains cas, la police a employé des fusils. Dans la Caroline du Nord, la police a assassiné un étudiant noir au cours d'une protestation sur le campus. L'assassinat de Noirs par la police n'est pas quelque chose de nouveau dans les Etats du Sud — l'an dernier, trois étudiants noirs furent abattus de sang-foid par la police à Orangeburg en Caroline du Sud. Mais, cette année, les fusils furent également employés, pour la première fois, contre des étudiants blancs à Berkeley. Au début du printemps, Berkeley avait été la scène d'une lutte pour un programme d'études noires dirigée par les étudiants noirs. En mai, la police et la garde nationale recoururent à une violence de masse contre une activité apparemment inoffensive de quelques étudiants et de nonétudiants vivant sur le campus. Ces jeunes gens, ayant des vues quelque peu utopiques, avaient travaillé pour transformer en parc un terrain vacant appartenant à l'université. Ils plantèrent des buissons et installèrent des facilités récréationnelles pour enfants et adultes. Mais les officiels de l'université objectèrent à cette invasion d'une propriété rivée et, bien que le terrain n'était pas utilisé, ils intervinrent pour bloquer le projet.

La police, appelée, arracha les plantes, détruisit les facilités organisationnelles qui avaient été établies et empêcha les gens d'utiliser le lieu. Une marche de protestation rassembla 5.000 personnes. Alors que cette marche avançait pacifiquement le long de la principale avenue de la ville, la police, sans aucune provocation de la part de la manifestation, lança une attaque avec des grenades lacrymogènes et tira des coups de fusil. En un point, la police, alignée, tira sur des gens qui, d'un balcon, observaient la bataille entre les protestataires et la police. Quatre personnes furent journaliste fut blessé à la jambe. Un sculpteur fut rendu aveugle de façon permanente. Un jeune homme fut blessé mortellement. Il y eut des dizaines de blessés.

Une semaine plus tard, une marche de 3.000 personnes en mémoire du jeune homme assassiné fut entourée par la garde nationale qui avait été appelée dans la ville, et un hélicoptère répandit sur la foule un lacrymogène sous forme de poudre (qui posidentiels Des arrestations de maise dars tore les dans actes modes des te pouvait tuer). dans des secteurs violence inouie de la police déclencha une opposition massive des citoyens de la ville. Une manifestation monstre de protestation de 30.000 personnes, exigeant la fin de l'occupation et le retour du parc à la population, rassembla des gens venus de toute la Californie et reçut la sympathie de toute la population. L'opposition de masse obligea les autorités universitaires ainsi que les autorités de la ville et de l'Etat à renoncer, bien que le parc n'ait pas encore été rendu à leurs méthodes de « pacification ».

La radicalisation parmi les jeunes, notamment parmi les étudiants (il ne faut pas oublier qu'aux Etats-Unis plus de la moitié de ceux qui sortent des lycées vont dans les facultés), s'élève rapidement. Les luttes deviennent plus massives. Lorsqu'elles sont dirigées correctement, elles peuvent donner des gains et des succès partiels sur les campus aux mouvements antiguerre ou pour un « pouvoir noir » et aux mouvements révolutionnaires socialistes. Des tentatives de répression se retournent contre la classe dirigeante lorsqu'elles sont menées correctement, en mobilisant un soutien de masse et en démontrant concrètement la violence de la classe dirigeante au moyen de formulations défensives et pour. la défense des droits démocratiques.

Malheureusement, plusieurs campus ont été affaiblis et démoralisés par la tactique employée par la «Students for Democratic Society » (S.D.S.). Celle-ci a consisté à commencer des actions avec un petit nombre de militants, mais quand ces actions entraînaient la venue de la police sur les campus et qu'un mouvement de masse se produisait contre cette intervention policière, la S.D.S. a souvent refusé de travailler avec le mouvement de masse ou de lutter pour les droits démocratiques sous le prétexte que les étudiants, ainsi impliqués, étaient de « simples libéraux » et que la lutte pour les droits démocratiques était « réformiste ». Là où il n'existe pas une direction de rechange, le mouvement de masse tend à s'effondrer, laissant la S.D.S. isolée, avec des arrestations et des victimisations qui ne rencontrent pas suffisamment de résistance.

La « Young Socialist Allance », l'organisation de jeunesse révolutionnaire des Etats-Unis qui partage les vues de la IV° Internationale, a participé à de nombreuses actions sur les campus, en dirigeant certaines, défendant la ligne d'organisation d'actions de masse unies autour de revendications formulées sous une forme défensive et liant les luttes sur les campus à la lutte de classe et à la lutte pour le socialisme. Une réunion du Comité national de l'organisation tenue au cours du mois de juin prévoit qu'il y aura une intensification des luttes sur les campus au cours de l'automne et a préparé la participation accrue de l'organisation au lancement de ces luttes en vue de les orienter vers des confrontations massives avec un système d'éducation raciste et belliqueux.

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