Avec lá constitution du gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud-Vietnam, le 10 juin 1969, la guerre contre-révolutionnaire que l'impérialisme a déclenchée contre la révolution vietnamienne et, à travers elle, contre la révolution coloniale dans son ensemble, a franchi une nouvelle étape vers sa défaite. L'offensive du Têt du F.N.L. en 1968 avait démontré que la révolution vietnamienne était déjà capable de passer à l'attaque militaire provisoire, elle passe maintenant à l'offensive générale sur le plan politique et diplomacontre l'envahisseur impérialiste. Avec la constitution du gouvernement révolutionnaire tique. tique L'articulation des deux offensives se dégage clairement de la suite des événements ; elle montre que le F.N.L. s'en tient à l'estimation des forces motrices de la révolution vietnamienne qui a été celle de Ho Chi-Minh depuis un quart de siècle.
Contrairement à une thèse généralement répandue dans les milieux impérialistes, l'offensive du Têt 1968 n'avait pas pour but de provoquer un soulèvement général dans les villes (soulèvement qui aurait provoqué un massacre effroyable, vu la résolution de avait pour but d'obliger l'ennemi à replier le gros de ses forces militaires vers les centres l'ennemi de jeter dans la balance sa supériorité aérienne et son artillerie navale). Elle urbains et les bases adossées à la côte, qui s'étaient brusquement TOUS révélés vulnérables et directement menacés. Dès que ce repli se précisa, le F.N.L. pouvait généraliser la mise en place du nouveau pouvoir d'Etat révolutionnaire, les comités populaires révolutionnaires élus par la population laborieuse, dont les premiers furent créés dès février 1968 dans la province de Hué. La constitution du gouvernement révolutionnaire provisoire est l'aboutissement de ce processus. Elle signifie que le nouveau pouvoir contrôle plus de 80 % des villages et du territoire du Sud-Vietnam.
Voilà Nixon pris au piège d'une politique vietnamienne fondée sur la duplicité. Afin de calmer l'impatience de la majorité des électeurs américains, qui veulent qu'on en finisse avec cette guerre, il faut quelques gestes pour tromper les naifs : ouverture des négociations de Paris, arrêt des bombardements du Nord-Vietnam, retrait de 25.000 soldats. Il a voulu créer l'impression que des gestes de cette nature suffiraient à arrêter progressivement la guerre civile du Sud-Vietnam, sans renversement du gouvernement fantoche Thieu-Ky, et sans retrait général des forces impérialistes du Vietnam. Par sa rencontre avec la marionnette Thieu, à Midway, il a même confirmé qu'il tenait à maintenir au pouvoir à Saigon ses laquais. Le fait que la constitution du gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud-Vietnam intervient au lendemain de la rencontre de Midway prend ainsi une valeur symbolique. Nixon est maintenant au pied du mur.
Il n'est pas exclu qu'avant de s'avouer battu au Vietnam, l'impérialisme américain tente une dernière fois d'intensifier son effort militaire. Mais l'énorme succès des manifestations antiguerre d'avril 1969 aux Etats-Unis révèle le prix qu'il devra payer en échange d'une telle aventure sanglante : UNE NOUVELLE ESCALADE de l'opposition contre la guerre dans son propre pays, une nouvelle étape dans le pourrissement de ses propres forces armées, des G.I. rejoignant en nombre toujours croissant les mouvements contre la sale guerre du Vietnam. Si cette éventualité devait donc se vérifier, elle ne représenterait qu'un épisode limité dans le temps. Les risques qu'elle entraîne aux EtatsUnis mêmes sont tels qu'ils font de toute manière réfléchir une fraction importante de la bourgeoisie américaine.
La conquête du pouvoir est ainsi devenue un but à court terme du F.N.L. du SudVietnam. Tous les révolutionnaires de par le monde doivent saluer avec enthousiasme et reconnaissance l'indomptable combativité des masses laborieuses vietnamiennes, qui ont infligé une défaite cuisante à l'offensive mondiale de l'impérialisme
Ces masses héroïques sont armées, et d'armes physiques dont l'efficacité a été démontrée, et d'une expérience révolutionnaire vieille de plus de vingt ans, qui comporte notamment l'épisode doyloureux de la répression barbare de Ngo Dinh Diem, au lendemain des accords de Genève de 1954. On peut faire confiance à ces masses pour qu'elles poursuivent jusqu'au bout et réalisent tous les objectifs de leur combat, qui ne se rapportent pas seulement à la libération nationale, à l'expulsion de l'impérialisme et au renversement du régime de Saigon, mais encore à la révolution agraire, à l'expropriation des classes exploiteuses et à la réunification du Vietnam dans un seul Etat ouvrier.