Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 36

La question palestinienne

Quatrième Internationale, n° 36 · mars 1969 · p. 28-28 · 554 mots

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Avant la guerre des six jours au Moyen-Orient, en juin 1967, il n'était possible de traiter de la question d'Israël et le la Palestine que dans ses aspects historiques et sociaux généraux, en liaison avec la révolution arabe et ses perspectives de révolution permanente, le fond de la question palestinienne se trouvant largement dissimulé par les canflits et manœuvres des Etats arabes, en relation avec le jeu des grandes puissances du monde.

Cette guerre a particulièrement mis à nu à la fois les directions féodo-capitalistes des pays arabes farouchement hostiles à tous mouvements d'émancipation des masses arabes et la direction nassérienne qui y exposa ses limites, provenant de sa nature petite bourgeoise.

Mais les résultats de cette guerre ont surtout entrainé de grands changements en Palestine. L'organisation dirigée par Choukheiri a été pratiquement éliminée de la scène politique. Les Palestiniens s'éveillant de plus en plus à une conscience nationale et commencent à s'organiser d'une façon indépendante des directions des Etats arabes. Ayant décidé de prendre leur sort dans leurs mains, ils n'ont pu le faire qu'en commençant à progresser sur le plan social. Ils se trouvent également dans une situation nouvelle du fait que, par suite de l'occupation par les troupes israéliennes de territoires arabes divers (Cisjordanie, bande de Gaza, etc.), les Arabes ne constituent plus, comme précédemment, une minorité très faible parmi les Juifs d'Israël, mais une collectivité sous l'autorité du gouvernement israélien d'une force numérique sensiblement voisine de celle de la communauté juive et tendant à la dépasser.

Dans cette situation nouvelle, les mouvements palestiniens commencent à déployer une résistance qui, d'ores et déjà, s'est montrée plus efficace que ne le furent les armées arabes dont les soldats ne se trouvaient nullement intéressés par les objectifs de leurs gouvernants. Les attentats sont l'inévitable début d'une résistance, et déjà se produisent les premières manifestations de masse (femmes, écoliers, etc.). Les gouvernants d'Israël commencent à goûter l'envers de la victoire : les fruits qui étaient doux dans la bouche deviennent aigres dans /estomac.

Mais il était nan moins inévitable que la progression des Palestiniens sur le plan politique ne se fasse pas d'une façon uniforme et nous nous trouvons en présence actuellement de deux organisations de résistance : le Front populaire de Libération de la Palestine, et l'organisation Al Fatah. Cette dernière est actuellement la plus forte. Jusqu'à une période récente, les positions politiques des uns et des autres n'étaient pas claires, du moins par la connaissance que l'on pouvait en avoir en dehors du Moyen-Orient. Nous publions ci-après une déclaration programmatique du Front Populaire de Libération de la Palestine. Nous publierons à l'avenir d'autres documents.

Nous publions également dans ce numéro une déclaration faite par le Matzpen, l'Organisation Socialiste Israélienne, qui groupe ensemble des Juifs et des Arabes sur une base marxiste révolutionnaire, et qui mène une lutte très courageuse en Israël - où sévit un chauvinisme rendu d'autant plus agressif que les victoires n'aboutissent à rien - pour • désioniser › Israël et préparer une cohabitation des deux communautés dans le respect de la personnalité de chacune d'elles, ce qui ne sera réellement possible que dans un cadre socialiste.

Nous avons demandé à un de nos amis israélien de commenter le texte cidessous du Front Populaire de Libération de la Palestine; nous publierons dans un prochain numéro ces commentaires.

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