Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 35

Les pourparlers sur le Vietnam

Quatrième Internationale, n° 35 · janvier 1969 · p. 8-9 · 845 mots

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Commencés en mai, les pourparlers de Paris sur la guerre du Vietnam prennent un nouveau depart en décembre, sept mois plus tard, à la suite de l'arrêt des bombarde. ments du Nord Vietnam et de l'acceptation par les Etats-Unis de la présence du FNL derniers résultats sont dus essentiellement à la la résistance héroïque du peuple vietnamien constituent indiscutablement une révolution. On ne pourrait le contester qu'en oubliant l'énorme disproportion des forces strictement militaires, qu'en absolument le droit de la révolution oasser des compromis et qu'en voulant faire la guerre totale avec la peau des autres

Les Vietnamiens une victoire qui négocier dans conditions favorables, mais ce n'est pas une victoire militaire totale et, par conséquent, les négociations peuvent être aussi pleines d'embûches que la guerre, embûches sanglantes mais non moins dangereuses pour cela. précédent, officiellement, il y a ce qui est discuté et décidé dans la coulisse, et dont on ne sait officiellement s'orienter, on ne dispose que d'éléments insuffisants. Essayons de faire quelque peu le point.

l'indomptable résistance du peuple vietnamien, les Américains ont été obligés d'arrêter l'escalade et de commencer une désescalade en raison difficultés que suscitait à l'intérieur du territoire des Etats-Unis la lutte des Noirs.

Leurs problèmes intérieurs ont pris le pas sur leur politique extérieure au Vietnam apparaît nettement campagne électorale, bourgeois ont mis l'accent sur « la loi et l'ordre» et une sourdine sur la guerre. Mais une chose est de ne plus poursuivre l'escalade et autre chose de reconnaître le droit du peuple vietnamien à s'unifier dans un régime débarrassé du capitalisme. Washington voudra t-il retirer ses troupes du Vietnam, fut-ce d'une façon échelonnée, ou bien laissera-t-il des troupes au Vietnam sans s'engager dans de grandes opérations avec l'espoir de trouver à un moment donné une solution meilleure pour lui dans l'existence prolongée d'une division du pays en deux? Tel est l'un des points cruciaux des négociations en cours.

Un autre aspect plus crucial encore est, pourrait-on dire, la réciproque du premier : le FNL accepterait.il de promesses électorales par exemple? Il nous paraît commettent une telle erreur qui serait fatale, car ils n'ont certainement pas oublié ceux du sud forte qu'ils se virent contraints de reprendre le combat, indépendamment de l'opinion des dirigeants du Nord.

Les gens qui, aujourd'hui, font office de gouvernement à Saigon eux-mêmes ne représentent rien de solide; les déclarations d'un Ky ou d'un Thieu n'ont aucune signification, et eux le savent mieux que quiconque.

L'attitude des Soviétiques peut contenir de grands dangers : même au plus fort de la bataille, ils n'ont jamais abandonné leur recherche d'un accora general avec les Etats Unis. C'est en fonction de cet objectif, et non pour assurer la victoire du Vietnam, qu'ils ont envoyé une aide aux Vietnamiens qui apparaît d'autant plus mort dement pion cen les en la tes costal ancoLescen les sont rees a tare hors de proportion avec les nécessités quand l'on compare ce que les Soviétiques ont fait militairement pour Soviétiques sont prêts à faire énormément de pression sur les Vietnamiens, s'ils peuvent obtenir pour eux quelque chose de Washington.

Un autre élément dans l'affaire est constitué par la Chine. Le poids de celle-ci auprès des Vietnamiens a considérablement diminué dans les dernières années, pour diverses raisons. Le gouvernement chinois ne peut pas ne pas se désintéresser des négociations et de leurs éventuels résultats. Il n'est certainement pas ignorant de ce qui se trame dans la coulisse, aussi peut-on penser que sa décision de reprendre des conversations à Varsovie, en février 1969, avec l'ambassadeur américain ville n'est pas sans rapport avec les négociations. l'attitude Chinois pourra peut-être donner quelques éclaircissements sur ce qui se prépare dans les négociations.

Il n'est pas aisé de prévoir l'issue dune partie où entrent des éléments si importants. Cependant, on peut d'ores et déjà les négociations extrêmement longues indépendamment seront probablement réduites par rapport åue du résultat opérations militaires dans le ce qu'elles furent avant l'offensive du Têt, que l'affaire est loin d'être conclue et que les dangers pour la révolution vietnamienne sont loin d'avoir disparu.

Dans un sens, un nouveau danger risque d'apparaître. Du fait que la menace des arment depre dans pas acet gr me gre pest le pes o, tes ms. armes n'apparaîtra pas aussi grosse que par le passe, les mouvements

Or, même au cours des négociations, plus précisément pour éviter que ces négociations ne tournent désavantage des Vietnamiens, il faut que la révolution vietnamienne continue à recevoir un large soutien des masses du monde entier. Dans les années précédentes, les formations d'avant-garde avaient réussi, par leur action au moyen de comités créés à cet effet, à mobiliser un large soutien populaire en faveur du Vietnam. Cette action doit se poursuivre, car si la révolution vietnamienne a remporté une sérieuse victoire, la partie — répétons-le — n'est pas encore gagnée.

Au moment où s'imprime cette revue, nous apprenons l'ouverture du nouveau procès contre Kuron et Modzelevsky, les deux leaders de l'opposition communiste en Pologne.

De lourdes peines les menacent. Une campagne et des actions pour leur libération s'imposent.

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