La crise du système monétaire international, que les marxistes avaient prévue à une époque où les apologistes du néo-capitalisme étaient convaincus que le mode de production capitaliste avait résolu l'essentiel de ses contradictions (1), s'exprime actuellement par des convul. sions qui se succèdent à un rythme de plus en plus rapide : crise de la livre sterling suivie de sa dévaluation en novembre 1967; crise du dollar en mars 1968, suivie de l'établissement du double prix de l'or; crise du franc français accompagnée d'une dévaluation camouflée de ce prix, d'une réévaluation camouflée du Deutsch Mark (DM) et d'une nouvelle crise du sterling en novembre 1968. Il faut examiner la nature et le fonctionnement du système monétaire international fondé sur l'exchange gold standard relier sa crise aux contradictions fondamentales qui déchirent le système capitaliste mondial à notre époque.
VALEUR DE L'OR, ETALON-OR
ET VALEUR DE LA
Les métaux précieux en général, l'or en particulier, peuvent servir de moyen d'échange et de moyen de paiement parce qu'ils ont une valeur, parce que ce sont des produits du travail humain. Une équation « une tonne de cuivre vaut un kilo d'or » signifie qu'il faut le même nombre d'heures de travail (de productivité moyenne) pour produire ces deux quantités. Dans un système monétaire fondé sur l'étalon-or, les prix des mar. chandises expriment des équivalences du même genre. Si dans un tel système, 1 dollar = 0,5 gr. or, l'affirmation qu'une automobile vaut en moyenne 5.000 dollars signifie qu'il faut autant d'heures de travail pour produire une automobile que pour produire 2,5 kg d'or.
Le régime capitaliste se caractérise par d'incessants bouleversements des techniques de travail, des révolutions multiples de la productivité du travail. Ces bouleversements s'effectuent par un développement inégal tant des entreprises que des secteurs industriels. Par la concurrence des capitaux et la péréquation du taux de profit, les entreprises et les branches industrielles où la productivité du travail s'élève au-dessus de la moyenne sociale s'approprient une partie de la plus-value
MONNAIE-PAPIER techniquement « en pointe » réalisent des surprofits en vendant au prix de marché, parce que leurs coûts de production sont inférieurs à ceux de leurs concurrents qui déterminent ces prix. Les entreprises et branches arriérées ne réalisent même pas le profit moyen ou vendent à perte, parce que leurs coûts de production sont supérieurs à ceux de leurs concurrents qui, travaillant à la moyenne sociale de pro. ductivité, déterminent les prix de marché.
La même règle ne s'applique cependant pas de manière identique à la production de l'or. L'emploi de l'or comme équivalent général, le fait que la valeur d'usage de cette marchandise la fait rechercher par tous les propriétaires de marchandises, a pour conséquence que la demande de cette marchandise est - jusqu'à un certain point - indépendante des fluc tuations de ses propres prix de production.
Lorsqu'une branche industrielle quelconque est frappée de retard technique par rapport à la moyenne sociale, lors. qu'elle « gaspille du travail social» au cours de sa production courante, une partie de cette production restera sans acheteur, malgré une forte baisse de prix ; une partie de la capacité de production devra même être supprimée (ce fut notamment le cas du charbon au cours de la dernière décennie). Mais lorsque l'économie le est en expansion, mentent en fonction indépendamment des capitaliste générale s besoins d'or augde cette expansion, fluctuations de la productivité du travail dans les mines d'or par rapport à celles du reste de l'industrie (2).
industrielles, où branches
Dances mastes en dessous de la moyenne productivité du travail. Le concret au moyen duquel transfert de plus-value ou on travaille sociale de mécanisme s'opère ce ou d'une branche industrielle vers d'autres, est celui de la formation des prix de marché. Les entreprises et branches produite dans d'autres entreprises
Pour les propriétaires de mines d'or, cela implique qu'ils s'approprient une forte rente (un fort surprofit) dans les périodes d'expansion générale de la production capitaliste, s'il y a retard de la productivité du travail dans ces mines sur celle du reste de l'industrie (ce qui est manifestement le cas depuis le début du siècle). Pour un système monétaire fondé sur l'étalon or, cela signifie qu'une tendance à la baisse « séculaire» de la valeur des marchandises se trouve fortement accentuée. Supposons l'équation, 1 automobile = 2,5 kg d'or = 5.000 productivité du travail double dans dollars 500 heures de travail. Si la l'industrie automobile, tout en restant la meme dans l'industrie de l'or, cette formule devient 1 automobile =250 heures = 1,25 kg d'or = 2.500 dollars.
On arrive ainsi à une conclusion qui semble à première vue paradoxale : un régime d'étalon-or condamne les prix à des chutes extrêmement sévères, pour autant que dure l'écart - grandissant — entre la productivité du travail en stagnation relative dans les mines aurifères, et la productivité du travail en expansion rapide dans le reste de l'indus. trie. Ce qui paralyserait en fait l'expansion capitaliste, ce ne serait pas, comme le croient MM. Rueff et Cie, le « bas prix de l'or », ou « l'absence de liquidités internationales », mais au contraire, la valeur anormalement élevée de l'or, et les prixor de plus en plus bas de la plupart des marchandises (3).
Le paradoxe n'est qu'apparent. Car du moment qu'on n'est, pas en régime d'étalon-or, mais en régime de monnaie papier la masse monétaire doit être rapportée d'abord à la masse d'or, avant qu'on puisse connaître l'évolution des prix marchandises exprimés par rapport au métal précieux. Or, la théorie quantitative de la monnaie, rejetée par Marx ce qui concerne la monnaie métallique, est en partie applicable en ce qui concerne la monnaie papier. Celle-ci est composée de signes de remplacement monétaires. Si une devise nationale est couverte par 1.000 tonnes d'or, et si la circulation monétaire passe de 35 à 50 milliards (de dollars, de francs, etc.), cela veut dire que chaque unité monétaire ne représente plus 0,03 g d'or mais seulement 0,02 g, c'est-à-dire qu'elle a perdu un tiers de sa valeur. L'expression « prix
Ce qui caractérise tout système fondé sur l'étalon-or - que ce soit un système métallique pur, ou un système de monnaie papier rattachée à l'or — c'est l'ajustement automatiquement de la masse monétaire à la masse métallique, aux « réserves de change ». Si la couverture légale d'or du dollar est de 25 % et que les réserves de change ne dépassent pas 25 % de la masse des billets de banque, toute
EME INTERNATIONALE de l'or », évidemment insensée en régime d'étalon-or, prend ainsi un sens indirect en régime de monnaie papier, quand elle enregistre les fluctuations de la masse monétaire, et les variations des diverses devises nationales en fonction des fluctuations de cette masse (4). Si on élimine l'énorme inflation en cours depuis plus d'un demi-siècle, à l'échelle universelle, on s'aperçoit qu'exprimés en prix-or, les prix de la plupart des marchandises ont effectivement baissé de manière très considérable.
Est-ce à dire qu'en régime de monnaie papier rattachée à l'étalon-or, toute expansion de la masse monétaire est automatiquement cause de hausse de prix? Ce serait seulement le cas si la masse de la production et la productivité du travail étaient parfaitement stables. A partir du moment où production et productivité augmentent, la masse monétaire peut gonfler considérablement sans que les prix augmentent.
Soit une production nationale représentée par 1 milliard de marchandises dont la production a coûté 1 milliard d'heures de travail et qui sont échangées contre 35 milliards de dollars, représentant 1.000 tonnes d'or. Si la production augmente en dix ans à 1,5 milliards de marchandises produites en 1,5 milliards d'heures de travail, la masse monétaire peut passer de 35 milliards de dollars à 52,5 milliards de dollars avec une réserve d'or stable, et prix unitaire des marchandises reste inchangé.
Il est vrai que chaque dollar ne représente plus 0,03 g d'or, mais seulement un peu moins de 0,02 g d'or. Mais si en même temps la productivité du travail a augmenté de 50 % dans toutes les autres industries sans avoir augmenté dans l'industrie de l'or, cette déprécia. tion de 33 % du dollar par rapport à l'or ne représente pas une dépréciation en pouvoir d'achat. Elle exprime simplement le fait que la masse des marchan. dises qui s'échange contre la même quantité de dollars (et d'or) est maintenant produite en 50 % de temps de travail socialement nécessaire de moins qu'elle ne le fût précédemment (5). Valeur de la monnaie papier en or, et valeur de la monnaie papier en pouvoir d'achat ne sont donc pas nécessairement identiques. Elles peuvent même évoluer en sens opposé. réduction de ces réserves aboutit à une • ' contraction de la masse monétaire. Elle implique en effet une déflation des billets de banque en circulation. La monnaie scripturale, quant à elle, dépend en dernière analyse de la masse des billets de banque. Tout le système monétaire devient dès lors une pyramide renversée qui se réduit automatiquement, des que sa base — l'or qui repose dans les coffres-
STANDARD GOLD EXCHANGE, BALANCES DES PAIEMENTS
ET CRISES ECONOMIQUES
STANDARD GOLD EXCHANGE, BALANCES DES PAIEMENTS
ET CRISES ECONOMIQUES forts de la Banque Centrale - se rétrécit.
L'expérience a montré aux capitalistes et à leurs économistes qu'il y a une relation certaine , entre la masse moné taire en circulation et le rythme de contraction des activités économiques en général. La relation n'est pas causale, comme l'estiment à tort de nombreuses écoles d'économie politique bourgeoise. Toute expansion des activités économiques est accompagnée forcément d'une expansion des revenus monétaires (tant salaires que profits) en régime capitaliste. Toute contraction des activités économi. ques (récession ou crise plus grave) aboutit à une tendance à la déflation des revenus monétaires (le chômage total et partiel réduit la masse monétaire; les bénéfices diminuent, etc.). Si, d'une manière autonome du cycle économique,
IONALE 29 Bretton Woods en 1944 ont décidé de passer au système dit du « gold-exchange. standard ». Dans ce système, l'automatisme des ajustements de la masse monétaire aux réserves d'or — donc la fluctuation automatique du pouvoir d'achat global disponible en fonction des fluctuations des réserves d'or - est supprimé.
En effet, dans ce nouveau système, la réserve de change de chaque Banque
Centrale n'est plus d'or; elle est com certain nombre de (avant tout le dollar Un mécanisme com Fonds Monétaire In lorsque les réserv diminuent, elles peu soit par les « mo (dollar et livre ste crédits internationa combinaison des deu
Au sein de chaqu liste nationale, ce s par le contrôle de par la Banque Cer divers instruments taux d'escompte et contrôle du crédit sources principales naie en régime capit ment des coefficients aux banques, etc.
Les pertes d'or balance des paiemen surtout de deux m en ce qui concerne l Elles peuvent rést commerciale déficita composée seulement posée d'or et d'un devises privilégiées et la livre sterling). ›liqué, assuré par le ternational, fait que es d'or d'un pays vent être compensées nnaies de réserve» rling), soit par des ux, soit par une x. e économie impériaystème est complété la masse monétaire trale, au moyen de : manipulation des des taux d'intérêt; bancaire (une des de création de monaliste) par le truchede liquidité imposés - le déficit de la .S - peuvent résulter uvements, du moins es pays impérialistes. iter d'une balance re, lorsque ce déficit n'est pas compensé par des revenus dits « invisibles », (intérêts et dividendes sur capitaux investis à l'étranger; revenus de la navigation maritime et aérienne internationale ; revenus du tourisme, etc.). Elles peuvent résulter d'une exportation de capitaux qui dépasse le boni de la balance commerciale. Le premier cas est celui de la Grande-Bretagne, le second celui des Etats-Unis. Le premier cas indique que le pays impérialiste vit audessus de ses moyens, qu'il liquide ses réserves. Le second indique que le pays impérialiste essaie, au contraire, transformer - dans une proportion excessive - des revenus courants et des excessive - des revenus courants et des ressources couramment produites en investissements à long terme (6).
Lorsqu'un pays souffre d'une balance des paiements déficitaire, il liquide ses réserves, s'endette progressivement et finit par s'étrangler dans les mailles du filet. Lorsque les pays impérialistes qui fournissent les monnaies de réserve se placent à leur tour dans une situation de déficit chronique de la balance des paie. ments et règlent ce déficit au moyen de leur propre monnaie, deux réactions sont possibles dans les autres pays. Ceux-ci peuvent avoir besoin de dollars et de livres sterling à des fins commerciales ou militaires, ou simplement se trouver dans l'impossibilité de refuser cet afflux de réserve de change d'un genre particulier (7); dans ce cas, le système fonc. tionne sans trop d'accrocs. Ce fut le cas de la livre sterling avant Suez, du dollar l'Etat met en circu paiement supplémer les allocations de et subventions à l'i des d'Etat, etc.), l' ou de la crise est a manière autonome l'Etat accentue la monétaires (en réd des tonctionnaires, chômage et le cré l'effet de la récessi évidemment amplifi
Dans le premier ( global diminue m l'emploi et la produ dans le deuxième c global diminue plu emploi et cette prodi pour lesquelles la c si violente, c'est qu capitalistes-clés (no Unis, en Grande-Br gne), une politique des gouvernements chute de la produc qui s'était produite
Dans un système rattachée à l'étalonet gouvernements ci dant obligés de I monétaire en circu réserves de change donc aue l'éclatem lation des moyens de Itaires (en augmentant chômage, les crédits ndustrie, les commaneffet de la récession itténué. Mais, si d'une du cycle économique, déflation des moyens uisant les traitements les allocations de dit aux capitalistes), on ou de la crise est é. as, le pouvoir d'achat oins fortement que ction dans l'industrie ; as, le pouvoir d'achat S fortement que cet iction. Une des raisons rise de 1929.32 a été = dans plusieurs pays tammeni aux Etatsetagne et en Allemale déflation de la part a coïncidé avec une :tion et de l'emploi, antérieurement de monnaie papier or, Banques centrales apitalistes sont cepen'estreindre la masse lation dès que leurs diminuent. Il suffit ent d'une récession donc que l'éclatement d'une récession coïncide avec un déficit sérieux de la balance des paiements, pour qu'un gou. vernement soit obligé d'appliquer une politique de déflation — ce qui ne manquerait pas de précipiter une crise économique d'une extrême gravité. Si les gouvernements impérialistes avaient suivi les conseils de Rueff, et en étaient revenus à l'étalon-or, la fuite massive des réserves de change en France en mai-juin aurait imposé au gouvernement français une politique de déflation dès ce mois-là, indépendamment de la hausse des salaires et des coûts. On aurait rapidement connu en France des dizaines de milliers de faillites et plus d'un million de chômeurs.
C'est essentiellement en fonction de l'expérience de la crise de 1929.32, et de la peur de voir se répéter pareil cataclysme que les représentants de la plupart des pays capitalistes réunis à
ME entre la crise de Suez et les années 1964-65. Dans ce cas, le rôle de la monnaie en tant que moyen d'échange (y compris sur le plan politique) a priorité sur son rôle en tant que moyen de paiement.
Mais si des pays impérialistes considè rent que l'afflux de « réserve de change» exprime en réalité l'inflation qui règne aux Etats-Unis; que les monnaies • de change se dégradent et perdent constam. ment une fraction de leur pouvoir d'achat; que dès lors l'accumulation de réserves de change en dollars leur fait perdre à la longue une bonne partie de la valeur de leurs réserves (8), parce que cette dépréciation rend inévitable une dévaluation du dollar par rapport à l'or, alors ils cherchent à convertir une partie croissante des dollars qu'ils détiennent en tant que réserves de change en or, et tout le système monétaire entre en crise. Dans ce cas, le rôle de la monnaie de réserve en tant que moyen de paiement et stock de valeur (réserve) prend le dessus sur son rôle en tant que moyen d'échange.
Les pays qui ne fournissent pas monnaie de réserve doivent régler les déficits de leur balance des paiements en or ou en dollars; la masse des « liquidités internationales » reste ainsi inchangée. Mais les Etats-Unis peuvent régler le déficit de leur balance des paiements en dollars. L'afflux de ces dollars dans les autres pays impérialistes y élargit immédiatement la base de la pyramide moné. taire renversée (exactement comme le ferait un afflux d'or en régime d'étalonor). Par conséquent, l'inflation du dollar accroît la circulation monétaire de tous les pays impérialistes, c'est-à-dire alimente et amplifie l'inflation universelle.
Mais la cause de cette inflation, ne l'oublions pas, est, en dernière analyse, l'ensemble des techniques néo capitalistes tendant à éviter une crise économique catastrophique du type de 1929-32. cause de l'inflation du dollar, c'est la politique d'armement et de guerre, valse des crédits au secteur privé, l'endettement croissant de l'Etat, des entreprises et des particuliers (9). Or, une crise économique catastrophique aux
Etats-Unis s'étendrait automatiquement à tous les pays impérialistes. Vouloir donc à tout prix « étouffer » l'inflation américaine, c'est, pour les autres pays, un remède pire que le mal. C'est pour. quoi on peut prédire avec certitude que l'inflation persistera. Tout le débat concerne exclusivement son ampleur, et la répartition de ses charges entre les diverses puissances impérialistes.
Il y a donc une contradiction inextricable entre le dollar, instrument de lutte anti-crise aux Etats-Unis et dans le monde capitaliste d'une part, et le dollar, monnaie de réserve du système moné. taire international, d'autre part. Cette contradiction se double d'une seconde contradiction, celle entre le dollar, moyen d'échange international, et le dollar, moyen de paiement international. Dans le premier rôle, le dollar devrait être aussi abondant que possible (ce qui signifie en pratique que son approvisionnement est « souple » et sa valeur forcément instable). Dans le deuxième rôle, il devrait être aussi stable que possible, ce qui signifie que son appro. visionnement devrait s'adapter rigidement aux besoins (toute surabondance entame automatiquement la valeur des signes de remplacement monétaires).
Cette contradiction reflète un conflit d'intérêts au sein de la bourgeoisie mondiale. Ceux qui vendent et achètent des produits aux Etats-Unis, principal secteur du marché mondial, sont intéres.
à un approvisionnement abondant, voire inflationniste en dollars; les fluctuations de son pouvoir d'achat (sauf celles à court terme) ne les importunent guère. Mais ceux qui détiennent des avoirs en dollars (obligations publiques et privées, gros dépôts bancaires, grosses polices d'assurances) sont évidemment intéressés au maximum de stabilité du pouvoir d'achat du dollar. Les banques centrales du monde entier et la plupart des banques privées se trouvent dans la deuxième catégorie; une bonne partie des trusts industriels se trouvent dans la première (surtout s'ils se sont lourde. ment endettés en dollars!). tout des profits des capitaux britanniques investis à l'étranger.
L'apparition de brusques déficits de la balance des paiements dans des pays qui n'ont pas un déficit chronique de la balance commerciale peut avoir des causes diverses :
a) Il peut résulter d'une brusque poussée inflationniste beaucoup plus forte que chez la plupart de ses princi. paux partenaires commerciaux impéria. listes. Dans ce cas, il y a un brusque déficit de la balance commerciale qui cause essentiellement le déficit de la balance des paiements. Ce fut le cas en Italie en 1963 et au Japon en 1963-64 b) Il peut résulter de dépenses « invisibles » chroniquement déficitaires. C'est
Lorsque le déficit de la paiements résulte du déficit lance commerciale, il n'y discussion possible sur les balance des de la baa pas de causes des pertes de réserve de change. Notons simplement en passant qu'un tel déficit de la balance commerciale n'exprime pas nécessairement la faiblesse fondamentale d'une économie capitaliste.. Au 19e siècle, le capitalisme britannique a pu longtemps se permettre le luxe d'une balance commerciale déficitaire; ses exportations de produits industriels manufacturés étaient chroniquement inférieures à ses importations de vivres et de matières premières. Mais ce déficit était plus que compensé par les rentrées « invisibles» provenant avant
LES GROS TRANSFERTS INTERNATIONAUX DE CAPITAUX
LES GROS TRANSFERTS INTERNATIONAUX DE CAPITAUX une des causes du déficit chronique de la balance des paiements des Etats-Unis. Parmi les dépenses « invisibles», il faut avant tout mentionner pour cette puis. sance impérialiste les dépenses militaires à l'étranger.
c) Il peut résulter d'un excédent chro. nique des exportations de capitaux par rapport à la balance commerciale encore créditrice, mais pas assez crédi-
IONALE se passe dans reflète, en de passe dans la La « méfiance l'égard d'une ment - en g l'évolution fu paiements, c'e future de la prévoyant qu'i la sphère de la circulation rnière instance, ce qui se sphère de la production. :» des « spéculateurs » à monnaie exprime un juge. énéral assez fondé - sur ture de la balance des st-à-dire sur la solidité monnaie en question. En ine monnaie se dépréciera, trice pour fir lancer de telles exportales déte gros débarrassent, tions. C'est, actuelle aux E d) Il peut mouvement de
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Depuis mai, de l'industrie détériorée, à des coûts sal se, ce nest pas antici. t la cause de la chute, vement lui-même. ›n récente autour du franc DM illustre parfaitement venons d'affirmer. Si de vements de capitaux (déolume l'équivalent de 3 ›lars dans les seules direcurich et Paris Francfort i8) ont occasionné la crise novembre 1968, ils ne sée; ses causes sont bien la situation compétitive française s'est fortement .a fois par l'accroissement ariaux a fin de la deuxième guerre mondiale.
La seconde catégorie de mouvements de capitaux est liée à l'apparition des grands trusts multinationaux, de la multinational corporation. Puisque, par définition, celle-ci a des ramifications dans un grand nombre de pays, et que ses dimensions sont gigantesques (son chiffre d'affaires annuel peut facilement dépasser le budget d'un Etat capitaliste de moyenne importance), elle peut se trouver amenée à transférer d'un seul coup l'équivalent de dizaines de millions de dollars, d'un pays à l'autre. De tels mouvements de capitaux peuvent provo. quer d'importantes fluctuations du cours des devises, qui oscillent autour des taux de change officiels d'après la loi de l'offre et de la demande.
Par ailleurs, ces trusts mondiaux détiennent d'importantes réserves en argent liquide, et ont intérêt à trans. férer rapidement ces réserves d'un pays à l'autre lorsque la moindre menace de dépréciation monétaire se profile à l'horizon. Même une fluctuation du taux de change de l'ordre de 2 % peut repré. senter un gain ou une perte d'un demimillion de dollars pour une firme qui possède une réserve liquide de 25 mil. lions de dollars, répartie sur cinq pays importants. On voit donc que le premier mouvement - le mouvement dit « spéculatif » - et le second mouvement, qui se rattache directement à la concentration internationale des capitaux, ne sont pas totalement différents l'un de l'autre, des coûts sal accélérée. Un balance comme table : voilà « méfiance », 1 humeur du gr mentation des quelques impô (mesures que son sens subli térisées après
Par contre, sion de 1966.67, se trouva dan: privilégiée. Les stables, c'est.à. rencielle s'acc rapport aux co la Grande-Bre et l'Italie, mai Etats-Unis (de l'index des p augmenté de occidentale, de points aux Et France et de Bretagne). La à 1967 (fin d'a taux de dépas sance du pr Allemagne occ que ce taux 15 % en Fran et improductiv sont plus légèr quelle grande c'est dire que l'inflation auto ariaux et par l'inflation déficit accentué de la erciale était dès lors inévi. la source réelle de la lée aussi à une mauvaise os capitaliste devant l'augdroits de succession et de ts frappant la bourgeoisie La presse bourgeoise, avec me de l'à-propos, a caraccoup de «maladresses). au lendemain de la récesl'économie ouest-allemande ; une situation triplement prix y sont pratiquement dire la capacité concurroît non seulement par incurrents « naturels » tels agne, le Japon, la France s même par rapport aux juin 1965 à juin 1968, irix de consommation a 7 points en Allemagne 9 points en Italie. de 10 ats-Unis, de 12 points en 14 points en Grandemasse monétaire, de 1962 nnée), n'a pas changé son sement du taux de crois. oduit national brut en identale — 5 % — alors de dépassement a atteint ce. Les charges militaires es qui grèvent le budget es que celles de n'importe puissance impérialiste, le mécanisme interne de matique est plus modéré mais ont tendance à s'interpénétrer (11). qu'ailleurs. Finalement, le DM n'est pas
Ces deux mouvements ne peuvent pas et ne sera pas monnaie de réserve, et être considérés comme étant autonomes est dès lors mieux à l'abri de futurs de la situation fondamentale de chacune mouvements spéculatifs que d'autres des puissances impérialistes, et du système devises. Voilà la raison réelle pour laquelle capitaliste pris dans son ensemble. Ce qui les capitaux qui se sont détournés du
QUATR franc français et du sterling se sont orientés vers l'Allemagne.
On peut d'ailleurs affirmer qu'en dernière analyse — sans donner à cette formule un sens mécaniste — les rapports de force entre les devises des pays impérialistes (les fluctuations à moyen et long terme de leurs taux de change) reflètent les rapports de force économi.
LES REFORMES DU
La bourgeoisie mondiale ne reste évidemment pas passive devant la dégra. dation constante de son système monétaire international. Depuis des années, des projets de réforme se succèdent. Divers projets ont même été discutés à un niveau semi-gouvernemental ou gouvernemental, notamment lors de la dernière réunion annuelle du Fonds Monétaire Internatio. la la vellle de la bourrasque de novembre en septembre-octobre à Washington 1968 qui, soit dit en passant, n'y était point prévue). L'analyse de ces divers projets de réforme permet de cerner de plus près et les contradictions qui frappent l'ensemble de l'économie capita. liste internationale, et les contradictions inter-impérialistes.
1. Le retour à létalon-or. - C'est la thèse défendue par Jacques Rueff en France qui jouit de l'appui du régime gaulliste. Nous en avons déjà indiqué le risque, bien perçu par le Grand Capital et par ses économistes. Il n'y a aucune chance que cette réforme soit admise par la bourgeoisie internationale, à commencer par celle des pays anglo-saxons La mentalité d'un petit rentier conserva teur reflète dans cette confiance aveugle en un « métal à valeur immuable » que manifeste de Gaulle. Par voix, c'est l'ancêtre paysan qui parle, occupé à son accumulation primitive en enfouissant des pièces d'or dans un bas de laine.
Il y a plus d'un siècle que les capitalistes industriels, en opposition aux rentiers et aux usuriers, savent, comme le disait Marx, que la quantite de travai social qui sert à produire des moyens d'échange et de paiement métalliques ne représente que des faux frais de la production sociale, et réduit donc les forces productives réelles; il serait dans l'intérêt du système de réduire cette quantité et non de l'augmenter (12).
2. La réappréciation de l'or. - Dans l'esprit de Rueff, le retour à l'étalon-or devrait être accompagné d'un accroissement du prix de l'or, si possible du simple au double (de 35 à 70 dollars l'once) Cela stimulerait la production d'or d'une part, et du même coup son afflux vers coffres des banques centrales (13). Cela permettrait, d'autre part, à ces ban ques centrales de supprimer l'emploi des monnaies de réserve, puisque toute la circulation monétaire actuelle des
IEME INTERNATIONALE ques réels, c'est-à-dire leurs niveaux différents de productivité et leur capacité compétitive sur le marché mondial. Ainsi, l'affaiblissement du dollar, quels que soient ses aspects contradictoires, reflète bel et bien un déclin relatif de la puissance de l'impérialisme américain dans l'ensemble du système capitaliste mondial, avant tout par rapport à ses concurrents (et alliés) immédiats. SYSTEME MONETAIRE puissances impérialistes - et même une nouvelle expansion de ces moyens de circulation — pourrait s'asseoir sur la masse d'or actuelle, fortement réappréciée. Il est clair que cette solution, sans être accompagnée d'un retour à l'étalon-or, tente fortement les puissances impéria listes. C'est sans doute dans cette voie qu'on s'oriente par étapes. L'établissement d'un double prix de l'or (prix sur le marché libre privé, et prix payé par les banques centrales) en mars 1968 à marqué une première étape vers l'aban. don du prix de 35 dollars l'once, établi en 1934.
Comment apprécier pareille réforme? Elle chercherait simplement à exprimer l'inflation généralisée, sans en supprimer le moins du monde les ressorts et les causes essentielles, et sans même la camoufler. Depuis trente.cinq ans, dit-on, tous les prix ont monté (en monnaie papier), alors que le prix de lor est resté stable. On oubile, un peu vite, que pendant la même période, il y a eu un essor prodigieux de la productivité du travail dans presque toutes les branches industrielles, sans que rien d'équivalent
Use produise dans l'industrie de l'or (14). Exprimés en valeur, c'est.à-dire en quantités de travail socialement néces saires pour les produire l'un et les autres, les rapports entre l'or et les autres marchandises ont donc évolué fortement dans le sens d'une baisse de la valeur des marchandises, exprimée en or. En réappréciant le « prix de l'or », on finirait sants relais entre la valeur de ret celle des autres marchandises. Mais on y aboutirait en «légalisant» en quelque sorte la hausse des prix ou en la stimulant même (il n'y a pas de doute que la hausse du prix de l'or déclencherait un processus d'accroissement général de la masse monétaire). La baisse de la valeur des marchandises — par rapport à celle de l'or - s'exprimerait donc par une hausse accentuée de leurs prix. On ne pourrait mieux dire que le moyen d'échange — la monnaie papier - se trouve en état d'inflation prononcée.
Ajoutons d'ailleurs que s'il y a manifes. tement sous-évaluation de l'or dans les conditions actuelles, personne ne peut dire d'office quel serait le prix normal du métal sur le marché en l'absence d'un cours officiel établi par les banques
INTERNATIONAL PROPOSEES
INTERNATIONAL PROPOSEES centrales. Les cours actuels sur le marché libre sont fortement teintés par la spécu. lation c'est-à-dire par l'anticipation retevement adi prid chat parties dan ques centrales. Une comparaison effective de valeur - le calcul de la quantité de travail à la productivité moyenne mondiale nécessaire pour produire une once d'or - pourrait provoquer pas mal de surprises (15).
3. La dévaluation du dollar. - L'accroissement du «prix de l'or» serait en réalité une dévaluation générale de toutes les monnaies se rattachant au même exchange gold standard. Mais à l'occasion de cette dévaluation, les rapports réciproques entre les devises impérialistes pourraient être revus. Ce serait par exemple l'occasion pour l'impérialisme américain d'obtenir une dévaluation du dollar, notamment par rapport à quelques devises comme le DM, le franc suisse, le florin, voire le yen et la lire. La fraction industrielle de la bourgeoisie americaine pourrait, par ce biais, réduire l'énorme écart de ses couts salariaux par rapport à ceux de ses concurrents immédiats, et de ce fait arrêter la montée inquiétante des importations sur le mar. ché américain, tout en stimulant les exportations américaines. Pour les raisons réciproques, les concurrents de l'impéria. lisme américain sont évidemment réticents. Cette réticence se mue en indigna. tion lorsqu'on évoque des projets de ce genre devant des bourgeois, banquiers ou rentiers, qui détiennent de forts paquets d'obligations libellées en dollars.
4. L'unification des monnaies du Marché commun, et leur emploi en tant que monnaie de réserve. — La création d'un «eurofranc » est à l'étude depuis longtemps. Pour qu'elle devienne une réalité, il ne suffit pas d'une unification des réserves de change à l'échelle européenne; il faudrait encore la création d'un Pauvre sont inconcevables sans une etape européen. beaucoup plus avancée d'interpénétration européenne des capitaux. Pour que les capitalistes européens abandonnent l'idée de la «souveraineté nationale» et l'emploi de l'Etat national comme instru. ment de défense et de garantie des profits des grands monopoles, 1l taudrait que leurs intérêts, c'est-à-dire la propriété de ces monopoles, se soient préalablement européisés.
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IONA réserve
(comme la Nouv semi-col à la sit
LE 33 pour de petits pays impérialistes les pays scandinaves, l'Australie, elle-Zélande) et surtout des pays oniaux, ce ne serait qu'un retour uation du début des années 1950, qui aba un certa implacal moins c préfèrer 1929. E réserve crise du
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Cette monnaie resterait poussées inflationnistes n serait régie par un conse gouverneurs de banques ce ministres des Finances), q une discipline stricte : son é drait exclusivement des commerce mondial, et no propres d'une quelconque p nale. Elle serait « bonne co puisqu'émise en quantité limitées et mesurées, elle problème de la penurie internationales et évitera crises du système actuel. d'autres termes d'un proje d'une « monnaie mondiale ». «droits de tirage spécia en mars dernier sont un fort modeste il est vrai, d
La première propositio dans ce sens a été faite P 1943 ; il avait même trou cette monnaie mondiale, Bretton Woods, les Americ: le projet, qui fut oublie : j la crise du système monét nal le ramena à la surf monnaie entre en dehors des ationales. Elle il mondial de ntrales (ou de 1i appliquerait mission dépenbesoins du n des besoins uissance natiomme de l'or », S strictement résoudrait le des liquidités it toutes les
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Ces propositions se heurtent à deux difficultés insurmontables. D'abord, il n'est pas vrai qu'un tel système serait à l'abri de l'inflation des diverses monnaies « nationales». En effet, si la balance des paiements d'un pays est déficitaire, et si ce pays refuse la déflation pour éviter la crise économique, il finira par se défaire de tout son or s'il n'obtient pas une quantité supplémentaire de «monnaie de réserve mondiale». L'infla. tion universelle finirait ainsi par chasser l'or hors des réserves de change.
Leurs réserves seraient composées de plus en plus exclusivement de « monnaie
A l'occasion de livre sterling on a livre sterling, n d'une fusion entre franc ». La nouvelle les fonctions de mo la livre remplit de plus insatisfaisante évidemment l'entrée gne dans le Mar participation de la b à la création de gr péens en face d américains. Mais m étaient remplies, e fonction de la place Europe occidentale le marché mondial ment remplir le la dévaluation de la soulevé la possibilité soulevé la possibilité elle et cet « euromonnaie reprendrait nnaie de réserve que manière de plus en
Cela présuppose : de la Grande-Bretaché commun et la ourgeoisie britannique ands monopoles euro. e leurs concurrents ême si ces conditions t si l'euro-franc, en prépondérante qu'une occuperait encore sur (16), pouvait effectiverôle de monnaie de
QUATRI mondiale » ; la quantité émise de celle-ci devrait son tour s'enfler dans une proportion plus forte que les échanges mondiaux, sous peine de condamner les pays impérialistes à la déflation qu'ils refuseraient à coup sûr. L'inflation des monnaies « nationales » finirait donc par se répercuter sur la « monnaie mondiale ».
Ensuite, une telle « monnaie mondiale », gérée par un «conseil mondial», pré suppose soit un cénacle d'experts « indé.
pendants » de tout gouvernement et de toute puissance impérialiste précise, ce qui est une fiction, soit une solidarité totale et sans faille entre les puissances impérialistes, ce qui est une chimère.
Sans aucun doute, il y a une certaine dose de solidarité entre ces puissances, devant une « menace commune » (non seulement les Etats ouvriers bureaucratisés, ou la révolution socialiste, comme en mai 1968 en France, mais encore la menace d'effondrement de tout le système monétaire international). Mais la réalité est plus complexe; elle est l'unité dialectique de solidarité et de concurrence entre puissances impérialistes.
Aussi longtemps qu'il y a divergence d'intérêts et concurrence, la « neutralité »
SIGNIFICATION
A l'échelle historique, le développement des forces productives se rebelle de plus en plus, non seulement contre la propriété privée des moyens de production mais encore contre les limites étroites de l'Etat national dans lesquelles il étouffe de plus en plus. De même que les guerres inter-impérialistes - pratiquement impossibles aujourd'hui du fait des menaces qui pèsent sur l'ensemble du système — la tentative d'intégration économique de l'Europe capitaliste, la propagande pour la « communauté atlantique », lapparition d'institutions telles le « club des dix » (qui réunit les principales puissances impéria. listes) ou le « pool de l'or », l'agitation en faveur d'une monnaie mondiale, expriment les tentatives de la bourgeoisie impérialiste de résoudre ces contradictions à sa manière. Elles reflètent en même temps l'impossibilité d'arriver à des résultats stables dans cette voie.
Le monde est mûr pour une planification économique à l'échelle du globe, ce qui impliquerait une seule monnaie mondiale, qui pourrait supprimer au maximum les faux frais qu'entraîne la fabrication de l'or à des fins monétaires. Mais seul le socialisme est capable de réaliser ces possibilités et les promesses qu'elles renferment. Pour le capitalisme, elles ne resteront qu'un éternel fata morgana. monnaie a luc pile mondiale, centadire peut planifier globalement la monnaie à la sphère de la circulation, sans planifier simultanément la production. La combinaison d'une « monnaie dirigée » et de l'anarchie de la production a abouti à
EME INTERNATIONALE du «conseil de gestion » est parfaitement illusoire; il ne ferait que refléter les rapports de force sans cesse mouvants entre puissances. Un « conseil de gestion de la monnaie mondiale au-dessus de la mêlée »
(de impérialistes entre forces suppose en mondial», c la mêlée des conflits inter.
s'entend, non des conflits sociales antagonistes) préréalité un « gouvernement est-à-dire un
« super-impérialisme », une fusion des intérêts impérialistes par la co.propriété des principaux monopoles à l'échelle mondiale. On est très loin d'un tel état de choses.
La conclusion est claire : toutes les réformes du système monétaire mondial applicables ne représentent que du bois de rallonge de l'inflation internationale.
Celle-ci ne peut être réellement étouffée qu'au prix d'un retour à l'étalon-or orthodoxe, c'est-à-dire qu'au prix d'une nouvelle crise économique d'une extrême gravité. Le sens des réformes est tout au plus celui d'atténuer la crise du système monétaire international, non de la supprimer. Cette crise durera aussi longtemps que le mode de production capitaliste réussira à survivre. DE LA CRISE l'inflation permanente dans chacun des pays impérialistes. On voit mal pour quelles raisons elle aboutirait à un autre résultat à l'échelle internationale.
Or, la propriété privée des moyens de production, c'est.à-dire la décentralisation des décisions importantes d'investissements, implique l'inévitabilité de s fluctuations économiques et l'anarchie de la production. L'écart entre l'augmentation de la capacité de production qu'implique le capitalisme, et les limites qu'il impose à la capacité de consommation solvable des masses donne à ces fluctuations et à cette anarchie la tendance à des crises périodiques de surproduction. Le néocapitalisme ne peut pas éviter ces fluctuations et ces crises, pas plus que ne pouvaient le faire le capitalisme de la libre concurrence et l'impérialisme classique. Il peut seulement amortir les crises les plus graves en récessions plus modérées, au prix d'une inflation permanente.
Si l'inflation — aussi longtemps qu'elle reste modérée - n'est pas incompatible avec un fonctionnement plus ou moins normal du capitalisme des monopoles dans les principaux pays impérialistes, elle risque de perturber de plus en plus les échanges mondiaux dès qu'elle provo. que une crise grave du système monétaire international, par le biais de l'inflation des monnaies de réserve internationales. C'est l'étape qui s'ouvre maintenant dans l'histoire du néo-capitalisme. Les puissances impérialistes chercheront et appliqueront des remèdes partiels, reflétant chacun, outre le désir de réformer le système lui-même, des intérêts particuliers à chaque étape précise. L'inflation ellemême ne sera pas jugulée.
La position privilégiée que le dollar a occupée pendant deux décennies dans le système monétaire international reflétait la situation exceptionnelle de l'économie américaine et la puissance de l'impérialisme américain au sein du système capitaliste international. Cette situation s'est graduellement modifiée; cette puissance est en déclin relatif. Toute réforme tant soit peu viable du système monétaire international reflètera donc forcément les rapports de force au sein du nouveaux système, c'est_à dire réduira fortement ou même supprimera le rôle de la livre, réduira le rôle du dollar, réduira également le rôle de l'or. Les rapports force trancheront en définitive la question de savoir si ce sont des devises européennes unifiées expériences partielles de «monnaie mondiale» qui se substitueront au rôle déclinant de l'or, de la livre sterling et même du dollar en tant que moyen de paiement international (17).
Tout ajustement du système monétaire international, de même que toute modi. fication des parités monétaires nationales, n'est pas seulement une arme de concur. rence inter impérialiste; elle est aussi un instrument de lutte de classes, nationale et internationale. L'effort concentré du grand capital consiste toujours à faire supporter par les travailleurs les frais de l'inflation monétaire et de sa « réfor. me ». La crise du système monétaire international tend donc à accentuer les conflits de clasess au sein des pays impé. rialistes, puisqu'elle reflète une exacerbation de la concurrence inter-impéria. liste : chaque classe bourgeoise est amenée à assainir sa situation compé. titive sur le dos de ses propres ouvriers. Les manifestations de cette tendance se multiplient depuis quatre à cinq ans en Europe ; elles traverseront bientôt l'Atlan. tique pour frapper d'abord les Etats-Unis et le Canada, ensuite le Japon.
La question de savoir si à la longue tous les artifices qui maintiennent debout la colossale pyramide renversée de crédits, de dettes et de monnaie de papier inflationniste finiront par s'effondrer, et si au bout de x récessions nous finirons par connaître de nouveau un krach à la 1929 est à l'étape actuelle sans intérêt majeur pour le mouvement révolutionnaire. Le marxisme n'a jamais relié la perspective de la révolution socialiste à celle d'une crise économique d'une exceptionnelle gravité comme celle de 1929 (en fait unique dans toute l'histoire du capital). Il a simplement relié cette pers ective à celle des contradictions écono. miques et sociales du système. Ces contradictions, y compris l'impossibilité d'éviter crises des fluctuations • économiques, sont aujourd'hui comme hier visibles et sensibles, même si les crises sont moins graves que celles de 1929 ou de 1937 (les récessions ne sont que cela : des crises moins graves que ces deux crises-là, surtout par nombre de chômeurs qu'elles provoquent).
En exaspérant les conflits sociaux, la crise monétaire internationale révèle la maladie du système global. Elle crée en même temps des occasions de plus en plus propices à des combats de classe qui ouvrent des périodes prérévolutionnaires, comme ceux que la France a connus en mai-juin 1968 (18). Aux révolutionnaires d'utiliser ces contradic. tions, ces conflits et ces récessions afin de réaliser le renversement du capitalisme qui est objectivement possible. Pérorer sur le « grand krach comme en 1929 » cache trop souvent le refus de comprendre ce qui est déjà possible, et le refus • de s'engager pour le réaliser.
1er décembre 1968 (traduit de l'International Socialist Review)
(1) • Le dilemme devant lequel est placé l'Etat à l'âge du capitalisme en déclin, c'est le choix entre la crise et l'inflation. La première ne peut être évitée sans que la seconde soit accentuée... La capacité de résistance monétaire — qui est par définition limitée dans le temps - paraît ainsi l'obstacle insurmontable auquel se heurte à la longue l'intervention modératrice de l'Etat dans le cycle économique. La contradiction entre le dollar, instrument anticyclique aux Etats-Unis, et le dollar, monnaie de compte sur le marché devenue insurmontable écrivions-nous en (Traité d'Economie marxiste, tome II, PP. 192-193, Editions Julliard, Paris).
(2) Cf. Karl Marx, ‹ Das Kapital », tome II, chapitre 6, I, 3, Pp. 106-7 de l'édition par Engels (Hambourg, Osso Meissner Verlag; 1921). En périodes de crises économiques aiguës, quand les besoins d'or diminuent radicalement, que métal précieux reflue du marché pour être thésaurisé, cette tendance est évidemment interrompue. Alors de nombreuses mines d'or dites marginales peuvent être fermées, comme ce fut le cas pendant la crise de 1929-32.
(3) < Les prix des marchandises ne baissent tous, que lorsque la valeur de la monnaie [de l'or EM] reste égale, que si la valeur des marchandises tombe > (K. Marx, Das Kapital, livre I, chapitre 3 p. 64 de l'édition Engels mentionnée plus haut).
(4) En régime d'étalon-or, l'or est l'instrument de mesure des ceux-ct s'expriment par rapport à une quantité Lene quar dé porise dexprime ait dans ces condi
Le & prix de tions de la manière suivante : 1g d'or vaut 1/500 d'une livre d'or, ce qui est une tautologie mani-
En régime de monnaie de papier sappuyant niri on 1 datarologie sor, expresion 4 le pris entière. Si par défi- g d'or, l'expression « le prix de l'or est de 28 dollars l'once (de 28 g) > n'a pas de sens; il ne s'agit pas d'un prix, mais du résultat d'une couverture-or déterminée de monnaie de papier. Il n'en va évidemment plus de même lorsque les billets de banque sont émis en quantité supérieure à la masse d'or présente à la Banque centrale. Lorsqu'il s'agit de taires, leur valeur, par rapport à l'or, se mesure à leur quantité. Le « prix de l'or » est, dans conditions, la réciproque de la valeur de la monnaie de papier. Dans le régime actuel d'exchange gold standard, le • prix de l'or > représente la valeur du dollar fixée par Reserve System des Etats-Unis par rapport à l'or.
(5) Nous simplifions évidemment. La masse monétaire ne sert pas seulement comme moyen d'échange des marchandises, mais encore comme moyen de paiement.
(6) Le déficit courant de la balance de paiements exprime toujours un état d'inflation. La masse de pouvoir d'achat en circulation dans le pays est supérieure à la valeur des biens et des services offerts. L'excédent de pouvoir d'achat aspire des produits étrangers supplémentaires vers ledit pays.
(7) Il ne faut pas oublier qu'au lendemain la deuxième guerre mondiale, les pays impérialistes se sont plaints non de l'inflation de dollars mais
EME INTERNATIONALE fortement stimulé la thésaurisation de l'or depuis plusieurs années. En 1966 et 1967, l'équivalent de toute la production d'or du toute abouti monde capitaliste a dans les coffres-forts des spéculateurs, plutôt que dans les réserves des banques centrales.
est intéressant de rappeler que paragraphe qui suit celui que nou à la note (12), indique que, du systome du crédit ee dese signes monétaire (monnaie de crédit), liste aurait trouvé ses limites la production des métaux précieux. accru la productivité moyenne du secteur.
(1) A plusieurs reprises, des rialistes américains avaient menacé ser l'or ». Ils croient que si les cessaient d'acheter de l'or,
Marx, dans le $ venons de citer le développement de remplacement e régime capitatravail dans ce dirigeants impéde « démonétibanques centrales stocks sur le marché, le prix de l'or - qui destrie des los andre au pare les position aurait par les utilisateurs in que naient les leuse ers de or ondial sUnis pre plus réaliste à l'époque où les
Etats-Unis détenaient les par hasard qu'ils ne l'ont pas faite à ce moment-là.
Aujourd'hui, il gouvernements ceux des Etats position. Dès serait toujours naies de papier n'y a pas de chance que tous les capitalistes (sans même parler de ouvriers) accepteraient pareille prolors, toute « démonétisation ne que partielle, et l'inflation des monaidant, l'or contihuerait à être acheté, tant par des gouvernements que par des particuliers, comme garantie contre une dévaluation périodique des devises.
(16) Les pays capitalistes d'Europe prennent plus (16) Les pays capitations mondiales et les coompte. Même si on élimine de , cette somme les échanges intra-Marché Commun (et il n'y a point de justification à une telle soustraction), ce pourcentage est supérieur à 40 %.
(17) Il faut souligner que l'économie capitaliste internationale connaît une véritable « crise de liquidités internationales », qui frappe d'ailleurs les pays semi-coloniaux plus fortement encore que les pays impérialistes. Avant 1940, le montant total des réserves de change de tous les pays était plus ou moins égal à la valeur des importations annuelles mondiales. En 1964, ces réserves (dont 60 % seulement étaient de l'or) ne représentaient plus que 43 % des importations mondiales.
(18) Si les étudiants ont joué le rôle de détonateur en mai-juin 1968 en France, c'est parce que la matière explosive était présente. Cette matière explosive était constituée de manière précise — outre les causes générales produites par, les néo-capitalisme, mais qui n'expliquent pas pourquoi cette explosion s'est produite maintenant, et non en 1961 ou en 1973 — par le reliquat des revendications ouvrières non-satisfaites, résultant du « plan de stabilisation » de Giscard d'Estaing, de la récession qu'il avait provoquée en 1964 et de la « relance › par les ordonnances de 1967, ainsi que par la montée du chômage des jeunes depuis un an. Ces trois phénomènes sont étroitement liés à l'inflation et aux tentatives de la limiter dans le cadre de la concurrence inter-impérialiste. (Voir à ce propos Daniel Bensaïd et Henri Weber : • Mai 1968 : une répétition générale », Paris, Maspero, 1968, pP. 147-151).
de la pénurie de dollars sur Le déficit de la balance des Unis - créé notamment par en Europe et en Asie sous létranger a permis pénurie et d'alimenter les rés montant largement supérieur duction annuelle d'or aurait impérialistes et connaissant en semi-coloniaux, étant bien plus grave que celle du sie considère encore aujourd'h une manne bénie ,et non cor de singe ».
(8) Cette mésaventure est gouvernements de pays sem dans la zone d'influence de l' que, notamment quelques pay tateurs de pétrole. Lors de 1 livre sterling de novembre 1 réserves de change qu'ils avaie d'un seul coup sérieusement ar
(9) Il ne faut pas confon flation monétaire et causes de nières ne se réduisent pas au y joindre la politique des pri poles (politique dite des « pr des « investissements par les
] notamment de toute augmenta rachée par les travailleurs por ges bénéficiaires.
(10) Nous disons en fraction importante des inve taux américains à l'étranger, t dentale que dans les pays sionne pas de réels transfer Etats-Unis, mais est financée empruntés sur place. Le « c Etats-Unis est pratiquement
Her portations effectives de capitau qui occasionnent un départ d Unis) sont compensées par un de dividendes et intérêts que ra américains antérieurement inves
(11) Sur la concentration in taux, la société multinationa avec l'instabilité croissante du international, voir notre livre « et la concurrence Europe-Amér prochainement en français aux le marché mondial. paiements des Etatsun afflux de dollars forme d' «aide à de surmonter cette erves de change d'un • celui que la pro1 fournir. Quant aux tributaires des pays général une inflation dollar, leur bourgeoiui le dollar comme nme une « monnaie arrivée à plusieurs -coloniaux gravitant impérialisme britannii arabes gros expora dévaluation de la 967, la valeur des int accumulées a été aputée. ire sources de l'invie chère; les derx premières. Il faut x des grands monoix administés », ou ›rix ») qui profitent tion des salaires arir élargir leurs marpartie », car une stissements de capiant en Europe occimi-coloniaux, п'оссаts de capitaux des par des capitaux ompte capital • des équilibre. Les eXx (c'est-à-dire celles e dollars des Etatse rentrée équivalente pportent les capitaux is à l'étranger. ternationale des capile et ses rapports I système monétaire Le Marché Commun Ique › qui paraîtra Editions Maspero.
(12) • Toute la somme de force de travail et de moyens de production sociaux qui est dépensée dans la production annuelle d'or et d'argent en cant qu'instruments de circulation, constitue poste lourd des faux frais du mode de production capitaliste, et en général du mode de production fondé sur la production marchande. Elle soustrait une somme équivalente de moyens de production et de consommation potentiels, supplementaires, c'est-à-dire de richesse réelle, à l'utilisation sociale. Dans la mesure où les frais de cette machine de circulation chère sont réduits à un niveau donné et restant égal de la , production ou à un degré donné de son expansion, la force productive du travail social s'en trouve accrue. Dans la mesure où le développement de moyens de substitution, travers le crédit, aboutit à cet effet, ils augmentent directement la richesse capitaliste... > (K. Marx Das Kapital, tome II, chapitre. XVII, Pp. 319-320 dans l'édition citée plus haut).
(13) L'attente d'une augmentation du ‹ prix de l'or » (c'est-à-dire d'une dévaluation du dóllar) a