Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 35

Autogestion et démocratie ouvrière

Quatrième Internationale, n° 35 · janvier 1969 · p. 37-38 · 815 mots

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Les événements de mai 1968 en France ont montré que les travailleurs, tout au moins une importante partie d'entre eux, sans négliger leurs revendications immédiates, avaient aussi d'autres aspirations, relatives à leur rôle dans la production. Ils ne voulaient pas n'y être que des machines ou des pièces de celle-ci, des instruments dont le fonctionnement est commande par d'autres pour une production décidée par d'autres en fonction d'intérêts particuliers. Les termes de « contrôle ouvrier », de « gestion ouvrière », d' « autogestion », ont alors acquis une audience grandissante. Des expériences furent même faites dans une mesure très faible au cours de cette période.

Le pouvoir gaulliste a compris qu'un problème important se posait. Il avait, pour reprendre un mot fréquemment employé depuis des mois, un société socialiste trouvait son expression. Aussi le pouvoir a-t-il cru nécessaire début de « contestation » de la fonction du capital; une aspiration à une d'établir contre-feu, vocable de « participation». Une telle manœuvre n'aurait guère la moindre chance de réussir si :

a) la direction de la C.G.T., en se plaçant dans la ligne de la politique strictement retormiste du P.C.F., ne déclarait que les seuls problèmes actuel. sont ceux des revendications économiques, laissant ainsi le champ libre à la confusion en matière de contrôle ou de gestion ouvrière; b) la direction de la C.F.D.T., qui n'est pas insensible à la question, ne dosset contre le compte une reporte de , lin d'aider les tra coleus a se donnait pour son compte une réponse, qui, loin d'aider les travailleurs à se contribue à enchaîner les travailleurs et leurs syndicats au capital.

Pour aider à la clarification de ce problème, nous publions ci-après de & articles s derresseur chécoslover 2e Fide lova su cou , parus au cour (Liberté nouvelle), le second dans le bulletin de la gauche Informacny Mate rialy (Matériaux d'information).

Dans des Etats ouvriers la question de « l'autogestion », du « contrôle ou vrier », est un sujet sorti du domaine spéculatif pour devenir un sujet lié à la vie quotidienne des travailleurs. Aussi est-il important de relever pour notre auteur, il n'existe pas un problème et une sołution indépendante de la nature sociale de la société. En régime capitaliste, le contrôle ouvrier ne peut sans dégénérer être institutionnalisé ; il ne doit être moyen de mobiliser la classe ouvrière sur des questions essentielles à existence dans le but non de trouver des solutions en accord avec le capital, mais de préparer les travailleurs à la conquête du pouvoir et à la gestion de l'économie. Dans un Etat ouvrier, l'autogestion à l'entreprise, pour ne pas être une coquille vide ou un instrument au service de la bureaucratie, doit être accompagnée de droits politiques de la classe à l'échelle nationale (donc du droit d'existence de partis ouvriers indépendants) et du droit de

On ne saurait sous-estimer les conclusions de cet auteur qui, dans textes, ne se place pas sur le simple plan, si important soit-il, du niveau de la production, de la réalisation du plan, etc., comme le font les technocrates, le plan des intérêts de la classe ouvrière comme classe sociale qui doit jouer un rôle dirigeant à l'étape actuelle de la transition du capitalisme au socialisme. Dans un prochain numéro de notre revue, nous ferons un compte rendu du livre extrêmement intéressant à de multiples égards de l'économiste polonais W. Brus « Problèmes généraux du fonction nement de l'économie socialiste », livre dans lequel le problème de l'auto gestion n'est posé qu'à la fin et d'une facon où n'apparaît en rien l'impor tance de la démocratie ouvrière comme facteur économique et pas seulement politique.

A nos lecteurs qui voudront approfondir cette question à la lumière de l'expérience historique, nous conseillons de lire dans la revue « Autogestion » (N° 4, décembre 1967) l'extrait d'un livre écrit en 1923 par l'historienne soviétique Anna Pankratova sur « les comités d'usine en Russie à l'époque de la révolution (1917-1918) ». On y verra comment les bolcheviks conçurent la question du contrôle ouvrier, à partir de fevrier et jusqu'en octobre, avant tout comme le moyen de contester le pouvoir du capital dans les entreprises, en tout premier lieu sur les problèmes de l'embauche et des licenciements, comment dans les secteurs ouvriers les plus avancés la « législation » décrétée par les conseils ouvriers était en opposition à celle qui était promulguée par les ministres du gouvernement provisoire. Ils y verront aussi comment, après Octobre, une « autogestion » limitée au cadre de l'entreprise pouvait rapidement dégénérer aux dépens des intérêts de la classe ouvrière dans son ensemble.

Notre revue ne manquera pas de donner chaque fois que l'occasion s'en présentera, des matériaux et des études pour apporter la lumière sur cette question de l'intervention des travailleurs dans la production, à divers niveaux, dans le cadre de la lutte pour renverser le capitalisme.

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