Actuellement, nous en sommes arrivés à porter la discussion (mais pas encore à la mettre en pratique) sur l'élément le plus important du processus de démocratisation : l'autogestion ouvrière. A l'ori. gine, la conception • marxiste du socialisme reposait sur l'idée que l'autogestion ouvrière dans les usines serait le fondement du pouvoir des travailleurs dans le domaine économique et politique.
On comprend ainsi que la revendicaiton d'autogestion ouvrière surgisse à nouveau aujourd'hui à notre stade de développe. ment. Cette période se caractérise par une tentative de réaliser un processus de démocratisation et de créer une réelle démocratie socialiste, qui doit se défendre à la fois contre les éléments conservateurs et les tendances antisocialistes.
La revendication d'autogestion ouvrière ne peut être comprise abstraitement. Tout le monde sait qu'aujourd'hui, même le gouvernement gaulliste avance l'idée qu'une certaine forme de prétendue « autogestion » doit être instituée. La signi. fication de l'autogestion ouvrière est fondamentalement différente selon le système social où elle est appliquée.
Un exemple historique tout à fait important la Yougoslavie montre que là où l'économie de marché (avec ses besoins) prédomine - c'est le cas envisagé par notre nouveau système économique (1) - les institutions relatives à l'autogestion ouvrière deviennent rapi. dement des instruments dociles de gestion technocratique par les directeurs d'usine. De plus, il n'est pas vrai que, dans la structure sociale yougoslave, les intérêts des directeurs d'usine coïncident automa. tiquement avec ceux des ouvriers.
(1) C'était le système économique préconisé par le professeur Ota Sik, basé sur la décentralisation économique et utilisant les mécanismes du marché pour faire fonctionner l'économie.
Les entreprises yougoslaves sont censées être exploitées conformément aux désirs des ouvriers. Pourtant, les directeurs exploitent les ouvriers par milliers pour faire augmenter la productivité du tra.
vail. Ils font le silence sur le chômage roissant dans le pays. Et ls ne disent rien à propos de l'émigration de travail. leurs qui, du point de vue de l'Etat yougoslave, est devenue l'un des meilleurs moyens pour rétablir l'équilibre de sa balance des paiements.
Pour nous, le programme d'autogestion ouvrière doit avoir un contenu totale. ment différent. Nous devons clairement comprendre l'autogestion ne peut être une institution purement formelle. Nous ne devons pas oublier que, pour Marx,. le principe d'autogestion n'était effectif que lorsque la totalité du système politique de la société était aux mains des travailleurs ou du moins de leur représentation politique, qui ne peut être autre chose qu'un authentique parti révolutionnaire.
Au stade de développement actuel, un problème important commence à être posé. La question est de savoir si, au-delà de la revendication pour l'autogestion, sera aussi formulée la revendication (en tant que première étape) de garanties effec. tives du droit de grève. En tait, si le nouveau système économique préconisé par le professeur Oto Sik est mis en application, les travailleurs n'auront aucune garantie sociale. (Ce problème a été correctement traité par Robert Kalidova à la conférence du parti à Prague, Cf. Rude Pravo, 5 mai 1968.)
Les garanties des droits sociaux travailleurs doivent être fermement reven. diquées. A vrai dire, sans garantie que les intérêts économiques des travailleurs se. ront satisfaits, il ne peut y avoir aucune garantie que leurs intérêts politiques se. ront réalisés. La démocratie ainsi que les libertés politiques et civiles, qui ne serarent pas tondees sur une réelle satis. faction des besoins et des intérêts vitaux des plus larges couches de travailleurs, ne peuvent être ni stables ni durables. Cette démocratie et ces libertés bénéfi. cieraient seulement aux groupes sociaux privilégiés; ce ne seraient pas les libertés réelles attendues du processus de démocratisation. Ce ne serait qu'une caricature libérale.
Une démocratie octroyée « d'en haut », une démocratie qui ne s'efforce pas de stimuler au maximum l'activité et l'ini. tiative des plus larges couches de la population, ne pourrait jamais subsister. Elle ne pourrait aucun cas donner les résultats que tout le monde exige du renouveau actuel. Le Comité Central du parti a posé le problème de la démocra. tie socialiste trep abstraitement en le
La démocratie socialiste doit être effec. tive; elle ne peut rester sur le papier. La démocratie socialiste formelle n'a auprésentant comme une question préoccupant le peuple tchécoslovaque dans son entier. En fait, la période que nous avons en vue avant tout se caractérise par un regain d'activité des groupes libéraux dé. sorientés qui ne représentent que des minorités dans la société.
L'autogestion ouvrière est certainement une prémisse essentielle pour la construetion d'une démocratie socialiste dans notre société. Pourtant, il est clair qu'elle ne peut faire grand chose à elle seule. Les travailleurs doivent avoir un authentique parti ouvrier révolutionnaire, seul un tel parti peut représenter les intérêts de la plus grande masse des ouvriers. Nous craignons que le processus de dévelop. pement d'une réelle démocratie socialiste soit bloqué jusqu'à ce que le sommet du parti se débarrasse de ses éléments conser. vateurs.
Pour être capable de nous défendre ef. fectivement contre les attaques des éléments droitiers, qui ne reflètent les vues que d'une infime minorité de notre peuple, la direction du parti doit défendre avant tous les intérêts de la classe ouvrière. La mise en place de l'autogestion ouvrière pourrait effectivement atteindre ce but.
Un réel danger existe que l'autogestion ouvrière devienne un camouflage aux directeurs pour manipuler les travailleurs. Notre propre expérience l'a montré (par exemple ce qu'il est advenu des syndicats), de même que les expériences yougoslave et polonaise. Pour éviter que cette éventualité se réalise ici, il faut que soit accordée la liberté d'expression tant en ce qui concerne les formes d'au. togestion qu'en ce qui concerne les for. mes d'autodéfense ouvrière.
Parallèlement au programme de mise en place de l'autogestion ouvrière et parallèlement aux efforts pour susciter l'ini. tiative et l'effort créateur en vue de développer une réelle démocratisation socia. liste de bas en haut (c'est.à-dire basée sur les plus larges couches d'ouvriers, d'employés, d'intellectuels, de paysans), nous devons nous efforcer de créer des fonds de grève. C'est ce qui se fait déjà dans les entreprises les plus avancées.
Il est certain qu'une autogestion vrière basée sur le principe de la plus large démocratie et dotée des pouvoirs les plus étendus et les plus effectifs, est le fondement du système socialiste tel qu'il était compris par Marx et Lé. nine. Cependant, ce n'est pas un remède providentiel, car en lui-même, il ne ré. sout pas le problème du pouvoir d'Etat.
Ce problème ne peut être résolu que par une organisation révolutionnaire de la classe ouvrière. Une telle organisation doit être mise en place.
30 mai 1968. cune valeur et aucun sens. Telle était la démocratie bourgeoise; bien que sir le papier elle garantissait le pouvoi' au
Q UATRI peuple, dans la réalité elle ne le permettait jamais. Quiconque se sent concerné par les intérêts de tout le peuple dans notre pays, ne peut désirer revenir à cet état de choses.
Ce dont a besoin la démocratie socialiste, ce n'est pas d'un système libéral (bourgeois) de partis politiques qui rivalisent pendant de parus ponuques qui rivansent penaant les campagnes électorales mais qui, dans la coulisse ou après les élections, se partagent entre eux le pouvoir, si bien que la volonté populaire est frustrée.
Les exigences de la démocratie socialiste sont d'un ordre différent. La démo. cratie socialiste requiert initialement deux choses : la démocratie de la société en tant que tout doit être fondée sur des « organes auto-gérés des producteurs eux-mêmes » (Marx) ; le pouvoir politique de la société doit être aux mains d'un parti révolutionnaire de la classe ouvrière. Ces deux prémisses fondamentales de la démocratie socialiste formulées par Marx, puis complétées et vé. rifiées ensuite par Lénine ne sont absolu. ment pas dépassées. Au contraire, partout où l'on s'efforce d'atteindre la démocratie socialiste, il s'est confirmé que celle-ci ne pouvait être réalisée et encore moins maintenue, si ces deux conditions ne se retrouvent pas ou si leurs rôles sont altérés.
Ces deux prémisses ou exigences forment une unité qui ne peut être détruite sans impunité. Si le pouvoir politique de la société n'est pas fermement aux mains d'un parti révolutionnaire de la classe ouvrière, les organes ou organismes d' « autogestion » seront alors incapables de se développer ou bien dégénéreront.
Ceci se voit tout aussi bien dans l'Etat bourgeois classique que dans l'Etat bourgeois moderne (qui évolue vers un capi. talisme d'Etat, vers une structure n'existe qu'un seul propriétaire monopolis. tique des moyens de production et donc qu'un seul monopole exploiteur - l'Etat - alors que la majorité écrasante de la population demeure un objet exploité). Dans les Etats bourgeois, de type classique ou moderne, les organisations chargées de défendre les intérêts économiques des travailleurs deviennent rapidement des structures non démocratiques parce que le pouvoir politique de la société n'est pas aux mains de la classe ouvrière, . qui seule a intérêt au progrès rapide de la démocratie.
Mais si, après avoir pris le pouvoir politique, le parti revolutionnaire de la classe ouvrière néglige de mettre en place des organes démocratiques aux échelons les plus bas, c'est-à-dire dans les usines, le parti lui-même peut alors fa. cilement dégénérer. Sa direction et son activité politique pratique entrent de plus en plus en contradiction avec les intérêts et les revendications élémentaires des travailleurs, et violent de plus en plus systématiquement les principes de démocratie aussi bien dans la société tout entière qu'à l'intérieur du parti lui. même.
Des individus et un appareil bureaucratisé finissent par l'emporter dans la direction et dans le travail du parti. Cet
EME INTERNATIONALE appareil bureaucratique recherche d'im.
portants privilèges matériels, de loin supérieurs au standard de vie de la majo-
, la base des posirité des ouvriers. Sur tions qu'elle bureaucratie au détriment res pour un obtient dans la societe, la défend alors ses privueges des revendications populai.
renouveau révolutionnaire dans le domaine social.
Si nous nous rendons compte que ce processus désastreux ne s'est pas produit seulement dans notre pays, nous devons comprendre qu'il n'est pas survenu accidentellement, mais qu'il est le résultat d'un certain processus régulier. Son ori. gine n'est pas dans le caractère mauvais de certains individus; elle n'est pas non plus dans une incapacite quelconque de la classe ouvrière de créer un ordre social meilleur à tous égards et plus libre que tous les autres qui l'ont précédé, ni évidemment dans un défaut de notre théorie; mais elle provient simplement d'un manque de respect des principes marxistes-léninistes et des deux prémisses de la démocratie socialiste, du retus de maintenir l'unité, l'unité absolument inviolable des deux éléments dont nous avons parlé. Les deux doivent aller de pair; ils doivent être développés simul. tanément et de façon coordonnée. On ne doit pas négliger l'un pour l'autre. C'est seulement ainsi qu'il y aura garantie réelle que la démocratie socialiste fonc. tionne.
Dans les rapports dominants de la so. ciété capitaliste, la base de la démocra. tie est une simple égalité formelle devant la loi. Dans la société bourgeoise, la démocratie se réalise seulement dans des actes « rituels », aux élections pour désigner des organes sur lesquels le citoyen moyen n'exerce qu'un minimum de contrôle direct effectif. Et cette démocratie ne concerne absolument pas les rapports de travail.
Mais, dans le socialisme, le fondement de la démocratie est la démocratie dans les ateliers et les usines, c'est-a-dire dans le domaine des « producteurs eux-memes » (ouvriers, techniciens, travailleurs intellectuels, etc.), dans le domaine de la vie et de l'activité quotidienne réelles des hommes, où ils sont plus concrètement associés et où leurs besoins, leurs intérêts, leurs revendications naissent et se satisfont effectivement. C'est pourquoi Marx appelait cette démocratisation fon. damentale, sous le socialisme, la loi de « l'auto-réalisation de la classe ouvrière », auto-réalisation décisive au moins dans le domaine politique.
Nous ne pouvons pas nous passer de cet élément de base de la démocratie socialiste, à savoir des organes démocratiques auto-gérés dans les usines, si nous voulons une garantie que la démocratie socialiste est réellement maintenue. Cet élément de base de la démocratie socialiste est en fait sa composante centrale. Les droits démocratiques des organisa. tions autogérées ne peuvent être élagués.
Si le pouvoir dans la société est réel. lement aux mains d'un parti révolutionnaire, ces droits ne doivent pas être amputés sous prétexte qu'ils gênent la construction d'une économie moderne complexe et ses entreprises, ou qu'ils contrarient les nécessités sociales. L'autogestion ouvrière, fondement de l'organi.
sation démocratique de la société, ne peut entrer en conflit fondamental le parti. Les intérêts du parti sont précisément ceux.là : faire progresser et défendre un ordre démocratique au moyen de structures sociales démocratiques.
L'ordre ou la structure socialiste démocratique évidemment, des caractéristiques distinctes. Il n'a, par exemple, rien de commun avec structure de la démocratie bourgeoise. Tandis que la démocratie bourgeoise crée des mécanismes de transfert compliqués et des sub_ terfuges légaux les plus divers pour soustraire des mains des véritables produc. teurs l'administration de la société tous les contrôles sur celle-ci, la démocra. tie socialiste doit logiquement œuvrer dans le sens contraire jusqu'à ce qu'elle soit reconnue.
Les mécanismes et la structure de la démocratie socialiste et de toutes les organisations édifiées et gérées conformément aux principes de démocratie so. cialiste ne peuvent et ne doivent pas être trop compliqués ou incompréhensibles. Ils doivent être, comme le disait Marx, « transparents » aux yeux tous les ouvriers. Sinon, l'expérience le prouve, les producteurs eux-mêmes au. ront du mal à les utiliser.
Ce que nous devons faire, c'est supprimer toutes les institutionnalisations excessives et hypertrophiées. Au lieu de favoriser la démocratie, comme il pourrait sembler à première vue, cet excès d'institutions l'accable et la transforme en un simple formalisme. Ce que nous devons faire, c'est introduire les formes les plus pures de démocratie ouvrière directe. Cette vieille revendication émise par Marx est aujourd'hui encore le cen. tre d'attention de la gauche marxiste, par exemple dans la lutte des classes actuelle en Europe occidentale.
Du point de vue des principes de la démocratie socialiste, deux types d'orgathsation sont possibles, que nous pouvons caractériser l'un comme vertical. l'autre comme horizontal.
Le type vertical se trouve principale. ment dans un échelonnage ascendant. Il y a l'échelon des unités organisationnelles les plus basses. les échelons du départe. ment, du district, de la région, et ainsi de suite jusqu'au Comité Central. Les dirigeants ou comités des différentes organisations aux différents échelons sont élus conformément aux principes du centralisme démocratique. Cependant, en pra. tique, en dépit d'un respect formel du centralisme démocratique, il est facile, dans ce type d'organisation, de transformer les cadres eux-mêmes en de simples appareils payés, dirigés par un cercle restreint au sein de la direction, et devenant finalement un instrument aux mains de dirigeants individuels, qui agissent sans consulter les membres.
La possibilité pour les membres de per. dre le contrôle d'une telle organisation croît proportionnellement à la complexité de l'appareil. Une telle organisation court perpétuellement le danger de perdre son caractère réellement socialiste, si l'activité bureaucratique de l'appareil prédomine sur l'initiative et le contrôle des membres.
En même temps, en outre, une orgaisation de ce type recele une tendanc décourager l'initiative des membres. d la freiner et finalement de la supprimer.
A vrai dire, dans un type d'organisation vertical, existe un danger sous-jacent que la priorité soit donnée au travail de l'ap.
Pactivite et de la libre participation de anonyme, payé, au détriment de tous les membres dans l'administration et la conduite du travail de l'organisation.
Ceci survient dans un intérêt de simpli. fication des tâches internes à l'organisa. tion, pour faciliter son fonctionnement tranquille, et simplement parce que c'est plus confortable d'agir ainsi et qu'on n'a pas besoin du plus haut degré de responsabilité.
La pratique courante dans les organi. sations de type vertical conduit très souvent à créer chez les gens une atmosphère de passivité, d'indifférence, d'inactivité, de manque d'initiative et de soumission apathique en toutes circonstances.
La conséquence la plus importante de ceci, c'est qu'évidemment, une telle orga. nisation perd la capacité de se contrôler et de corriger son style de travail effec. tivement et à temps. Seule une participation active et démocratique des mem.
bres (une organisation qui est démocratique pas seulement sur papier) peut assurer un auto-contrôle et une auto-gestion de l'organisation, de façon continue.
En même temps, une organisation de type vertical, précisément dans la sure où elle est une structure hiérarchique où les éléments de rang élevé gravissent perpétuellement des échelons toujours plus hauts et montent en « importance », peut facilement amener le sommet du parti à se couper de sa base. Elle peut facilement entrainer la disparition de la signification importante qu'a l'organisation à l'échelon le plus bas mais le plus fon. damental - principalement l'organisation dans les usines, dans les lieux de travail quotidien - et par conséquent de faire oublier les intérêts et les besoins des producteurs eux-mêmes.
Avec un type d'organisation vertical, les intérêts et les positions des échelons supérieurs — les échelons du district, de la région et, bien entendu, l'échelon central - bénéficient d'une primauté injus. tifiée. Dans ces conditions, il est plus qu'aisé de violer le principe du centra. lisme démocratique, au détriment complet de la démocratie. En même temps, au nom des échelons supérieurs, un simple appareil de fonctionnaires rémunérés prend parfois même la place des assemblées plénières de district, régionales ou centrales.
Les phénomènes qui se manifestent dans les organisations de type vertical aboutissent aussi à une suppression déplaisante et en fait dangereuse de toute connaissance idéologique, de toute vie idéologique, de tout progrès et de toute activité intellectuels au sein des cercles de membres les plus larges. La majorité écrasante des campagnes « idéologiques » les plus diverses est orchestrée de telle sorte que des leçons idéologiques, entièrement préfabriquées, sont transmises de haut en bas. Cette caractéristique de l'éducation du parti se traduit par une passivité idéologique aussi bien de la part de ceux qui « transmettent » ces leçons, que de la part de ceux qui les reçoivent.
L'appareil considère avec suspicion toute initiative de la part des membres, étant donné que celle.ci représente une déviation par rapport aux habitudes confortables. Une initiative de la part des membres créerait, pour l'appareil, une tâche qui pourrait montrer - à Dieu ne plaise - que la direction est inadéquate et qu'en conséquence, elle doive étre remaniée ou révoquée en totalité. Un tel appareil désire toujours que toute l'éducation idéologique soit un pêlemêle de jugements et de phrases connues par cœur, desquels il est recommandé de ne pas s'éloigner. En vérité, c'est cela que s'efforce de réaliser l'appareil.
Si un tel travail « idéologique » se poursuit sur une période de plusieurs années, le seul résultat possible, c'est l'aggravation de l'apathie à répéter les fondements idéologiques, la destruction de l'idéologie et de la théorie, et le remplacement de l'idéologie et de la théorie en un anonnement vide et morne. Ainsi, l'une des armes la plus fondamentale, la plus importante et la plus efficace de la classe ouvrière révolutionnaire et de son organisation est détruite.
Donc, les conditions régissant le travail au jour le jour de l'appareil bureaucratisé ne conduisent qu'à affaiblir cette capacité d'organisation du travail et de l'autodéfense. Si ensuite l'appareil se plaint de l'apathie et de la passivité des membres, cela ressemble à un homme en train de voler et qui crie : « Au voleur! »
Tout ceci - et tout ce que la réalité nous montre en plus - constitue un danger. L'expérience que nous en avons eue a été considérable. Et maintenant, nous avons plus que raison de prendre en considération un type d'organisation dont la structure interne offrirait des garanties plus substantielles pour que le parti ne se dresse pas au-dessus de toute démocratie ouvrière, au-dessus de toute possibilité de critique et de correction de la part des membres de base.